Note de l'auteur : désolé pour le retard mais j'enchaîne entretien sur entretien donc difficile de rester à jour côté mise à jour. Voici le dernier chapitre de cette fiction. Je vais directement enchaîner sur une autre fiction dans un autre style. Sur ce, chapitre 7 : nouvelle vie, nouveau départ.


Je n'oublierais jamais ce soir-là. Le soir où mon père m'a mise à la porte. La raison ? Une de nos camarades de classes nous a surpris, Natsuki et moi, en train de nous embrasser. Elle nous a pris en photo et l'a transmise à son père. Il s'est empressé de lui montrer et voilà le résultat. Je me retrouve devant la porte de Natsuki en larmes et sans réponse. Après plus de deux heures d'attente, je la vois arriver, casque en main. Elle me fixe avec un regard de compassion, distinguant quelques affaires que j'ai pu récupérer avant que mon père ne me chasse. Elle se contente d'ouvrir la porte et de saisir les différents sacs. Je n'ai pas eu besoin de lui expliquer. Elle n'a pas posé de questions et s'est juste assurée que je vais bien. Douleur … C'est le seul sentiment qui avait surgi lorsque mon père m'a giflé et m'a jeté dehors en me traitant de tous les noms. Après cela, je suis restée à la porte pendant environ une demi-heure puis ai entendu du bruit à l'arrière. Quand je suis partie voir, ma mère me regarda un instant, m'enlaça et me tendit quelques sacs ainsi qu'une enveloppe où plusieurs billets dépassés. Elle n'a pas dit un mot, peur que mon père ne vienne et ne devienne violent contre sa désobéissance. Je ne lui en veux pas et la remercie d'ailleurs. La douleur a continué durant tout le trajet vers l'immeuble de Natsuki. C'est le seul endroit où je pouvais aller. Mais lorsque que j'ai cogné et qu'elle ne m'a pas répondu la tristesse et la peur se sont ajoutées à la douleur. La peur qu'elle me rejette, la tristesse qu'elle ne m'aime pas assez pour me laisser une place chez elle. Pour autant, je suis actuellement dans un lit, un corps chaud endormi m'enlaçant par la taille. Elle m'a rassuré en me murmurant des mots et des phrases me signalant tout son amour. Le sentiment, que je ressens, a alors changé. J'ai essayé de mettre un nom dessus depuis que Natsuki s'est endormie. Joie ? Non je n'irais pas jusqu'à me réjouir de la situation. C'était quelque chose de plus fort. Je regarde la forme endormie et caresse doucement son visage. Mes mouvements semblent la réveiller et je m'en veux pour cela. Elle me fixe un instant puis m'embrasse chastement sur les lèvres. Cette douceur me permet de mettre un nom sur le sentiment que je ressens. Elle est surprise que je lui souris malgré la situation. Je me colle davantage à elle et tout en lui rendant son baiser, je murmure doucement.

- Je suis enfin libre de vivre ma vie.


J'ai aujourd'hui 25 ans et suis en train de donner le biberon à ma fille. Après l'acte de mon père, Natsuki est toujours restée auprès de moi. Suite à une nécessité financière, nous avons chacune eu la nécessité de travailler en même temps que nos études. Natsuki en tant que magasinière et moi en tant que caissière. Nous avons toutes les deux étaient diplômées. Natsuki s'est spécialisée dans les finances alors que j'ai préféré la gestion d'entreprise. Je n'ai pas eu des nouvelles de mon père ni de ma mère depuis ce jour mais n'avais pas été reniée, me suggérant que j'hériterais de l'entreprise à la mort de mon père. Je ne voulais pas de cela mais avec l'âge, je me suis rendue compte que cela était dans l'ordre des choses et qu'il serait stupide de refuser un héritage. Ma fille a été conçue par insémination artificielle. La mère de Natsuki a trouvé un moyen pour que nous ayons un enfant … notre enfant. J'ai été accepté par la famille de Natsuki et ai eu le privilège de rencontrer les parents de Nao ainsi que la copine de celle-ci. Notre vie était enfin claire et saine.

Une après-midi, alors que je ne travaillais pas, je me retrouvais chez moi, bouquinant un livre que j'affectionne particulièrement. Le carillon de l'entrée sonne et je reste sous le choc face à la personne me faisant face. Ma mère est là, me regardant fixement. Après plusieurs minutes à nous fixer, je la laisse rentrer et me hâte à la préparation d'un thé. Elle me fixe pendant plusieurs minutes.

- Natsuki-han n'est pas ici ?

- Elle travaille Mère.

Je la vois déposer sa tasse.

- Je suis vraiment désolée Shizuru … Pour tout.

Je secoue la tête essayant de retenir les larmes me venant aux yeux.

- Vous n'avez rien fait de mal. Je vous remercie pour votre aide.

Elle semble déconcertée et fixe un instant mes mains. Je sais ce qu'elle regarde.

- Vous vous êtes mariées ?

- En Allemagne. Le mariage n'est pas reconnu ici.

- Combien de temps ?

- Un peu moins de quatre ans.

Je la vois se mordre la lèvre inférieure. Je n'ai jamais vu ma mère aussi faible. Je m'apprêtais à la rassurer quand ma fille décida d'user un peu de voix. Je la vois me fixer avec étonnement. Je me contente d'aller à l'étage et de revenir quelques minutes plus tard en tenant fermement contre moi ma fille. Ma mère la fixe et pose une main tremblante sur ses lèvres.

- Tout va bien Mère.

- Est-elle …

- Elle est de nous deux. La mère de Natsuki nous a fait ce cadeau. Elle s'appelle Shizuki.

Ma mère fixe ma fille et se lève pour se placer à côté de moi.

- Puis-je ?

Je me contente d'hocher la tête et lui tends ma fille.

- Elle a deux mois.

Ma mère caresse doucement le visage de ma fille et murmure tout en berçant l'enfant.

- Elle ressemble à Natsuki-han même si vous lui avez transmis vos yeux.

Elle continue à bercer ma fille et fredonne la berceuse qu'elle me chantait pour m'endormir dans mes plus jeunes années. Ma fille s'endort après quelques minutes sous le regard réjouit de ma mère. Celle-ci continue à caresser le visage de Shizuki.

- Il est mort la nuit dernière.

Je ne suis pas sûre d'avoir compris mais à voir le regard froid de ma mère, je sais de qui elle parle.

- Anata Viola est mort la nuit dernière d'une crise cardiaque.

Cela ne semble pas l'affecter mais elle continue doucement pour ne pas réveiller ma fille.

- J'ai repris mon nom de jeune fille et ai quitté la demeure familiale. Je voudrais juste vous demander une chose ma fille.

- Qu'en est-il ?

- Accepteriez-vous que je loge dans les environs et que nous nous voyions régulièrement ?

J'ai été surprise de la demande de ma mère. Elle continue tristement.

- J'aurais dû le quitter et vous suivre mon enfant. Croyez-bien que je suis désolée pour ma lâcheté.

- Vous aviez peur mère. Je ne vous blâme pas. J'accepte votre demande. Shizuki aura la chance d'avoir deux grands-mères.

Ma mère tremble légèrement et je décide de reprendre ma fille pour la remettre dans son lit. Quand je reviens au salon, j'entends ma mère sangloter. En m'approchant vers elle, je ne peux que la prendre dans mes bras et la tenir fermement. Même si nous n'étions pas proches, je sais que c'est entièrement à cause de mon père. Aujourd'hui, elle est seule et peu enfin redevenir celle qu'elle était avant de se marier. Ma mère va prendre un nouveau départ à l'âge de 43 ans. Et je serais là pour lui apporter mon aide. J'entends la porte s'ouvrir et suis heureuse de voir Natsuki sur le perron. Elle me fixe un instant, surprise de voir une femme dans mes bras. Ma mère se relève et s'incline devant Natsuki qui reste bouche bée.

- Natsuki-han. Vous n'avez pas changé.

Natsuki nous fixe un instant puis émet difficilement.

- Il est mort c'est ça ?

Ma mère incline la tête. Natsuki prend délicatement la main de ma mère.

- Vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous le désirez. Nous avons une chambre d'ami.

Natsuki se concentre sur moi.

- Tu lui as dit pour notre bébé ?

Je me contente d'hocher la tête et fais face à un sourire lumineux de la part de ma femme. Ma mère nous fixe un instant et murmure doucement.

- Je suis vraiment heureuse pour toi Shizuru.

Après cela, ma mère et moi avons décidé de revendre les parts de la société que nous possédions pour oublier l'ensemble de notre passé. Ma mère s'est trouvée une complice en la mère de Natsuki. Nos mères partaient souvent ensemble pour des fêtes, des congrès ou des voyages, laissant le père de Natsuki seul. Celui-ci ne semblait pas être gêné par la situation, pouvant profiter de sa tranquillité selon ses propres mots. Nous avons petit à petit trouvé notre équilibre et pris goût à notre vie. Je sais que tout n'est pas figé et que nous pouvons du jour au lendemain perdre ce que nous avons acquis. Mais à l'heure d'aujourd'hui, je sais que je ne regretterais jamais le choix que j'ai fait il y a six ans. Ce choix m'ayant permis de vivre ma vie comme je le sens auprès de la femme m'ayant offert un nouveau départ, une nouvelle vie.


Indice pour la prochaine fiction : Elle mêlera romance, douleur et reconstruction. Elle sera sur plusieurs chapitres, au moins 20 chapitres. ^^