Voilà la suite. J'ai mis du temps pour la simple raison que je ne suis plus très motivée en ce moment et surtout que je croule sous le travail. J'ai besoin de vacance...

Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à commenter !


Avril est arrivé. Quatre mois ont passé depuis le débarquement surprise de Bone dans ma vie. Cette petite peluche est devenue une de mes raisons de vivre et surtout de sortir.

Tegoshi avait raison en disant qu'avec lui je serai obligé de quitter mon domicile deux fois par jour. Ce qu'il n'avait sans doute pas prévu c'est que je serai également dans l'obligation de faire de la marche rapide avec lui ! C'est une vraie boule de nerfs qui n'écoute rien ni personne. Si il a décidé de tourner à droite il le fait et se moque de mon avis. Je me fais dominer par un animal... Comme avec les mecs de toute façon... Rien ne change...

J'aimerais critiquer la décision de Yuya mais je ne vois pas vraiment pourquoi j'en dirais du mal. Depuis que ce petit être autoritaire (Bone, pas Tego même si on pourrait se tromper) est apparu dans mon existence, je me sens beaucoup mieux. Je n'ai rien à faire pour obtenir son amour. Il me suffit d'être moi pour qu'il soit heureux. Enfin je suppose que si je ne lui donne plus autant à manger alors il sera beaucoup moins content de me voir rentrer le soir.

Il m'apporte plus d'affection que quiconque sur cette Terre et parfois ça me rend un peu dubitatif sur la capacité des Hommes à aimer leurs prochains. J'aime savoir que je suis le centre de son monde. Sans moi il serait malheureux. Il me regretterait. Ça réconforte de se savoir indispensable.

Bone étant là je suis forcé de sortir de chez moi tous les jours même si je ne travaille pas. Il me promène plus que je ne le promène. Il tire sur sa laisse comme un fou et si je n'avais pas un minimum de force je me retrouverais à courir comme un dératé dans les rues de Tokyo.

Sa frimousse adorable fait de l'effet à tout le monde. Très souvent mes voisins me demandent de ses nouvelles et il a même droit à une sucrerie de temps en temps. Apparemment être un chien c'est le bon plan. On ne fait rien de la journée. On dort sur le tapis du salon, on va se balader plusieurs fois par jour, on nous caresse et on nous donne des friandises... Dis comme ça ça fait un peu gigolo avec le sexe en moins !

Je pense que les gars ont vu mon changement de comportement car maintenant on me sourit beaucoup plus à l'agence. Je n'en suis pas encore au stade de la franche camaraderie mais je me force de temps en temps à aller au restaurant de la mère de Keiichiro avec les autres. Ils sont contents alors moi aussi.

Tegoshi a l'air fier de ce changement. Ce démon sait bien qu'il en est en grande partie responsable. Je ne sais pas trop comment je ferais si je n'avais pas un ami comme lui dans ma vie. Il est un rayon de soleil capricieux mais c'est comme ça que je l'adore.

La température commence à augmenter peu à peu et elle ne se contente pas de réveiller la nature. Je sens en moi une envie un peu plus présente de m'éveiller au monde qui m'entoure. Je regarde les passants sans ressentir autant de tristesse qu'avant. J'arrive à me réjouir des petits bonheurs de la vie présente et je me surprends de plus en plus à surveiller les cerisiers. Je suis impatient à l'idée de voir les premiers bourgeons apparaître. C'est le signe de la renaissance du printemps. Tout recommence à zéro... C'est romantique... Mon dieu je crains totalement et pendant ce temps Bone semble me lancer des regards interrogatifs. Il doit se demander pourquoi je contemple les branches encore nues d'un arbre avec un sourire idiot. Si il savait à quel point j'ai besoin de voir les douces fleurs roses de cet arbre. J'ai envie de voir les pétales voltiger au vent et les apercevoir se déposer sur le doux courant de la rivière Meguro.

Faire un pique-nique sous ces branches ça serait tellement amusant... Et pourquoi pas ? Peut être que les gars voudront venir avec moi ? Je dois en parler avec eux tout à l'heure ! Tout de suite même !

Je sors mon téléphone fébrilement et je compose le numéro de Tego. Il décroche à la première sonnerie et je m'empresse de le prévenir.

- Tego !

- Quoi ? Qu'est ce que tu as ? Tu as un problème ?

- Tu dois venir ! Tout de suite ! Je suis dans le parc près de chez moi ! Dépêche toi !

- Massu tu...

Je n'ai pas entendu la suite car j'avais déjà raccroché. J'étais reparti dans l'admiration de ces branches encore vierges complètement excité par mon idée mais avec la vague impression de ne pas avoir été très clair dans mes propos vis à vis de Tegoshi.

Je le vis arrivé courant comme un fou, semblant totalement paniqué et hurlant mon prénom à plein poumons. Qu'est ce qui lui prend ? Il est devenu dingue ? Dingue mais sacrément mignon...

En me voyant il court dans ma direction et je ne peux m'empêcher de l'admirer. Ses joues sont rougies par l'effort et le froid. Son tee-shirt, apparent sous une veste qu'il n'a pas pris la peine de fermer, s'est collé sur son torse sous l'effet de la sueur. Ses cheveux sont en bataille et lui donnent un air enfantin absolument adorable. Son regard... il me fixe avec tellement d'inquiétude que pendant un instant j'ai l'impression de voir le regard de Bone quand je le laisse seul à la maison.

Il s'arrête devant moi, le souffle court et sans que je ne comprenne pourquoi, il me serre dans ses bras. Il a tout chaud. C'est agréable, réconfortant.

- Massu ! Tu vas bien ? J'ai tellement eu peur !

- Peur ? Pourquoi ?

- Tu te fous de moi ? Tu te souviens de ton appel ? J'ai pensé que tu avais un problème ! Que des gens voulaient t'agresser ou que tu allais mourir ! J'ai eu peur de ne plus te revoir abruti !

- Je... je suis désolé Tego. Je ne voulais pas t'effrayer. J'étais juste trop content de mon idée et je voulais t'en parler !

- Ton idée ? Et c'est quoi cette idée de génie qui m'a fait traverser la ville en courant ?

Avec un grand sourire j'ai alors pointé du doigt l'arbre devant nous.

- Regarde !

- Regardez quoi ?

- Là ! Juste devant toi !

- … Ok, Masuda c'est un arbre ! Tu en as déjà vu avant je te signale et moi aussi !

- Ce n'est pas juste un arbre ! C'est un cerisier ! Tu comprends ?

- Je comprends qu'avec le froid tu as attrapé un rhume du cerveau. On devrait aller au docteur maintenant.

Il me saisit le bras et commence à me tirer derrière lui mais je résiste.

« C'est pas ça Tego ! Écoute ! Faisons un pique-nique ici quand il fleurira ! Promets le moi! »

Il s'est arrêté, m'a fixé et il est parti dans un énorme fou rire. Le voir, plié en deux, des larmes de joie perlant aux creux de ses yeux m'a remué plus que je ne l'aurais crû. Soudainement, sans en comprendre la raison, j'ai pris son visage entre mes mains et j'ai déposé un léger baiser sur ses lèvres.

Il a arrêté de rire et quand j'ai vu son expression de surprise, j'ai alors réalisé ce que je venais de faire. Moi, Masuda Takahisa, j'ai embrassé mon ami Tegoshi Yuya.