A ceux qui n'ont pas relu le premier chapitre: j'ai changé des éléments dans le but de m'éloigner le plus possible d'une autre fic (dont je m'étais inspirée). C'est aussi la raison de l'apparition du prologue. Ainsi, Edward a encore sa mère, Isabella n'est plus fiancée à Sir Jacob mais à Sir Mike, et Emmett est le fils de Carlisle. Je tiens à rappeler ces changements afin que vous ne soyez pas perdus. Il est par conséquent conseillé de relire le chapitre I si vous en êtes restés à la première version.
Merci pour vos reviews.
Et surtout, pardon pour les éventuelles fautes d'orthographe.
POV Angela
L'heure du déjeuner avait sonné, et je me retrouvais de nouveau dans le village de la Bûche d'Or, à observer maîtresse donner du pain aux enfants et aux infirmes.
Le village semblait vide sans ses hommes, mais une nouvelle offensive de l'ennemi à nos frontières avait obligé le Conseil Royal à faire appelle à tous les hommes encore alertes. La faim gagnait tous les ventres de la région et on craignait l'arrivée prochaine du choléra. La dernière épidémie avait vidé le village de moitié. Il s'agissait du patelin le plus proche du château.
Comme à son habitude Lady Isabella n'en faisait qu'à sa tête, inconsciente du danger pour les femmes de sortir seules en temps de guerre. La région de la Colline Rouge était proche des frontières et éloignée du Comté Royale. Si une attaque avait lieu avant le retour de Sir Charles, seul noble des alentours à n'avoir pas été envoyé à la guerre, Dieu ait pitié de nos âmes!
Je n'avais hélas aucune autorité sur la fille de mon seigneur. Il lui fallait toujours aller par monts et pas vaux, au-delà de toute prudence, surtout pour une personne de son rang. Je me disais souvent qu'elle était née dans la mauvaise demeure, les règles et les devoir de la noblesse lui pesait, alors qu'une vie de paysanne l'aurait certainement (aussi étrange que cela puisse paraître) comblée.
La mort de sa mère, Lady Renélise, quelques années plus tôt, n'avait en rien amélioré son désir de solitude. Cette perte l'avait tant affectée qu'elle s'était rapprochée de la seule famille qui lui restait, son père, jusqu'à concevoir pour lui un attachement quasi fusionnel. Une peur démesurée de le perdre s'était emparée d'elle, lui faisant redouter tout éloignement. L'idée d'épouser Sir Michaël (aucun domestique n'était autorisé à l'appeler Mike) lui avait alors paru plus douce, sachant qu'il n'habitait qu'à une lieue de la demeure paternelle.
En regardant Lady Isabella cajoler les enfants et plaisanter avec les infirmes, je ne pouvais être plus comblée d'avoir une maîtresse si généreuse. Bien sûr, beaucoup de domestiques, en particulier les servantes, la méprisaient pour sa gentillesse. Certaines personnes ont besoin d'êtres battues et rabaissées pour éprouver du respect envers leur maître. La seule fois où j'avais perdu mon calme, et Dieu sait que je suis quelqu'un de pacifique, j'avais surpris Jessica traiter Bella de "Sainte-Nitouche".
La majorité, comme elle, se disait que son bon cœur ne pouvait que cacher en profondeur une âme sombre et vile. Ils semblerait que l'être humain cherche toujours les choses les plus sordides chez son prochain pour se dédouaner de ses propres bassesses.
Cela m'attristait, mais ne m'empêchait pas de profiter de chaque jour avec elle. Nous avions grandi ensemble, et si notre condition n'était pas la même, elle m'avait toujours traitée sur un pied d'égalité. L'amitié n'est guère recommandé entre un serviteur et un noble, mais comment aurait-il pu en être autrement...Non, cela allait au-delà, pour ma maîtresse, j'étais prête à donner ma vie.
POV Edward
Trois jours que je me triturais les méninges, et le problèmes semblait toujours sans solution. La candidate idéale pour me rejoindre sur le trône ne devait pas exister. Je me devais pourtant de faire un choix, pour mon peuple et pour ma lignée. Tout reposait sur moi.
Je soupirai. Décidément la vie d'un roi était bien compliquée.
Pour la millième fois, je changeais de côté, appelant de toute mes forces le sommeil. Mais cela ne servait à rien, j'étais bel et bien parti pour faire une nuit blanche. Je me levais donc de mon lit et enfilait une robe de chambre. C'est joli un château mais qu'est-ce qu'il y fait froid!
Je commençais à me demander si la princesse d'un autre pays ne serait pas la candidate idéale. Cette idée me gênait tout de même, je souhaitais quelqu'un qui ferait du bien-être de mon pays une de ses priorités. Or, une femme étrangère à ce royaume, venue ici en terre inconnue pour épouser un homme lui aussi inconnu, ne serait certainement pas capable d'aimer ce pays autant qu'une de ses natives. Bref, j'étais revenu à mon point de départ.
Je déambulais dans les couloirs du château, et j'avais l'impression de parcourir les méandres de mon cerveau: dans les deux cas j'avais affaire à un véritable labyrinthe dont l'issue m'était invisible. L'obscurité m'empêchait de voir à dix pas, seuls les couloirs principaux étaient éclairés par des torches.
Soudain, j'arrivai dans la salle du trône. Je ne pus m'empêcher d'en sourire, je restai roi, même dans mes actions les plus inconscientes.
Je m'assis donc à ma royale place, fermai les yeux et me vidai l'esprit. La solution était quelque part, juste sous mon nez, j'en étais convaincu. Si elle devait m'apparaître ce ne pouvait être qu'en ce lieu.
Quand je relevai les paupières je faillis tomber de mon siège. Ce qui semblait à première vue être un elfe des bois se trouvait devant moi et m'observait. Au deuxième regard, je reconnus Alice. L'erreur était pardonnable, de petite taille, les cheveux courts en épis, les yeux d'un vert brillant, elle avait un physique inhabituel.
Ses origines restaient un mystère. Un jour, Jasper revint de mission avec ce lutin installé à l'arrière de son cheval. Il ne m'a jamais un mot sur leur rencontre. Mais, il n'a jamais été un grand bavard, et ne se livrait que très peu. J'avais toutefois pleinement confiance en lui. Il m'avait sauvé la vie suffisamment de fois pour que je le suive les yeux fermés.
Alice était le seul nom qu'on lui connaissait. On la voyait peu, même si on la savait dans le château. Elle sortait rarement de ses quartiers. Jasper semblait la surprotégée du reste du monde, me faisant me demander ce qui avait bien pu lui arriver avant son entrée dans nos vies.
Les gens du palais l'évitaient. Elle n'était pas d'ascendance noble, bien qu'instruite, et partageait la vie de mon général sans les liens du mariage. Elle était mal vue. Beaucoup la méprisaient, d'autres en avaient peur. La sorcellerie effrayait la population depuis que les Volturi en usaient pour tyranniser les Vallées de l'Est et nous faire la guerre. Elle possédait en effet le don de voyance. Je lui devais plusieurs de mes victoires. Ses conseils m'étaient toujours d'une grande aide.
Elle s'était approchée discrètement, sans que je l'entende.
Je la consultai du regard, attendant qu'elle me dise ce pour quoi elle était là. Mais le silence durait, et elle ne se décidait pas à parler.
- Alice...
- Votre Majesté...
- C'est une heure plutôt étrange pour une promenade.
- Le clair de lune est magnifique et les couloirs moins fréquentés. Et vous?
Cela avait été dit avec un sourire moqueur dansant sur son joli visage.
- Je réfléchis.
- Les paris sur le nom de la future reine vont bon train...
- Si tu viens pour me demander un coup de pouce afin de t'enrichir c'est raté, je ne le connais pas moi-même.
Je ne pus m'empêcher de pousser un soupir.
- Le choix est certes difficile. Toutefois si je peux me permettre...
- Une vision? As-tu un nom à me donner?
- Plutôt...un conseil...un conseil d'amie.
- Fiable?
Elle me lança de nouveau un sourire narquois.
- C'est à vous de le prendre comme vous le désirez. Je n'ai pas de nom, pas de visage. Mais à mon sens, il vous faut la fille de l'un de vos chevaliers.
Je la regardais stupéfait. Les chevaliers étaient nombreux dans le pays, tout noble ayant l'âge d'aller se battre était proclamé "chevalier". Il en était différemment autrefois, mais la guerre n'en finissant pas, des mesures avaient dû être prises.
Je n'avais pas cherché mon épouse parmi eux, leur ascendance était souvent incertaine au-delà de deux ou trois générations. La dot était inexistante, tout comme l'appui politique et militaire que la famille pouvait apporter.
- Mais...
Elle me coupa d'un geste de la main.
- L'or n'est pas un problème pour le roi du royaume du Nord. Les alliés les plus surs sont ceux qui sont derrière vous depuis le premier jour. Tout noble vous doit obéissance, vous disposez de tous les hommes que vous souhaitez pour les envoyer au front. Votre femme devra être fidèle à son mari et à son roi. Il est donc préférable qu'elle ait été élevée loin de la Cour, du pouvoir et de l'argent. Mais cela, vous le savez déjà.
Quand elle eut terminé, elle tourna les talons sans un regard en arrière et quitta la pièce, sans un bruit.
J'assimilai les éléments qu'elle venait d'apporter à ma réflexion. Oui, bien sûr, la fille d'un chevalier correspondait aux critères, mais à condition que ses origines nous soit connues. Il fallait de plus que j'ai toute confiance en son père. Un tri devait être fait, mais la réponse se trouvait bien là.
Pour la première depuis des jours, je me mis à sourire.
Demain, le Conseil pourrait se réunir pour la dernière fois.
POV Mike
Je respirais à plein poumons pendant que je lançais mon cheval au galop. Les années au front avait été dur. Je rêvais souvent de mon château, du confort de mon lit, des assiettes pleines, de la douceur du foyer, et de Bella.
L'image du visage de ma fiancée m'avait aidé à surmonter toutes les épreuves, à gagner tous les combats, à survivre.
Mon retour était inespéré, et j'avais la chance d'échapper à un autre hiver sur les champs de bataille. Le froid s'annonçait mordant cette année. Je me souvenais de chaque saison depuis mon départ. Là-bas il s'agissait d'une question de vie ou de mort.
J'avais devant mois au moins un an de repos, peut-être deux. Mon mariage et ma nouvelle épouse prendront tout mon temps. J'avais même l'espoir de produire un héritier à mon sang avant de repartir.
J'attendais ce moment depuis que j'avais posé mes yeux sur Bella, j'étais encore jeune, et elle n'était qu'une enfant, mais j'avais su, sans aucune hésitation, que mon avenir tenait dans son sourire. Je m'étais promis de lui laisser toute la liberté possible. Ma seule requête était qu'elle me soit fidèle et qu'elle me procure des héritiers à mon comté.
Je fermai les yeux. Revoyant ses traits, tentant de deviner les changements apparus avec le temps.
J'étais bien décidé à organiser le mariage le plus tôt possible. J'avais suffisamment attendu, et en ces temps de guerre il ne fallait pas remettre les choses au lendemain.
Je galopais sur la route du retour et j'accourrais droit vers elle. Je serai bientôt là, Bella!
