Comme à chaque début de chapitre (ça devient une habitude!) je souhaite vous remercier pour vos reviews (je commence à retenir certains noms!). Je sais ainsi que la direction que je prends est la bonne. J'avais en effet peur que de vous ennuyer avec le couple Carlisle/Esme, cependant (je vous préviens^^) je souhaite développer les quatre autres couples en dehors de Bella/Edward.

Vos commentaires (positifs comme négatifs) sont donc les bienvenus, j'en prendrai compte s'ils sont pertinents.

Si un jour vous vous apercevez qu'un chapitre a disparu, ne vous inquiétez pas, c'est que je suis en phase de correction. En relisant les chapitres précédents (histoire de ne pas écrire n'importe quoi) j'y découvre des fautes d'orthographe ou de temps!

Horrifiée, il me faut aussitôt corriger ces infamies! Ainsi certains chapitres seront changés pour les mêmes...avec moins de fautes :)

Je vous demande encore pardon de vous soumettre des textes souvent relus trop vite.

POV Isabella

La pluie tombait drue et le vent soufflait fort. J'avais dû renoncer à mon excursion quotidienne. Ne voulant pas rester enfermée entre quatre murs, je m'étais réfugiée dans l'écurie.

Cette place avait toujours été pour moi un refuge quand il m'était impossible de quitter la maison. Au milieu des chevaux, respirant l'odeur si caractéristique du lieu, j'absorbais un peu de leur fougue et de leur liberté.

J'avais compris depuis longtemps que je ne serai jamais complètement libre. Il y aura toujours au-dessus de moi quelqu'un qui prendra les décisions à ma place: mon père, mon mari ou mon fils. Toutefois, une femme pouvait être satisfaite du choix fait pour elle. C'était mon cas. Les contraintes ne me plaisaient guère, et je savais que Sir Mike ne souhaitait pas m'en imposer plus que de raison.

Je soupirai et m'assis dans le foin, ayant vue sur l'extérieur. Avec ce temps, personne ne trainait dehors, j'étais seule avec moi-même et heureuse de l'être.

La nouvelle du retour éminent de mon fiancé m'était parvenue quelques jours plus tôt. Cependant, s'étant trouvé déployé à la frontière opposée de celle qui bordait notre région, il était probable que mon père arrive avant lui.

Le Conseil s'était en effet achevé, libérant Charles de ses obligations. Cela avait été un soulagement, bientôt la Colline Rouge deviendra difficile d'accès depuis le centre du pays. Durant ces temps très durs, nous ne pourrons pratiquement compter que sur nous-mêmes pour la défense de nos gens, ainsi que pour le ravitaillement. Grace à mon alliance avec la famille Newton, j'étais assurée de pouvoir aider celui qui m'avait tout donné dans ses devoirs de suzerain, en mettant les domestiques et autres biens de Mike à sa disposition.

Tout sera bientôt parfaitement en ordre. Je souris d'aise.

C'est alors que me parvint le son d'un cheval au galop. Je me relevai et m'écartai rapidement pour ne pas me trouver sur le chemin d'une bête en furie. La minute suivante, un superbe Bai clair entra. Son cavalier tira les rênes de toutes ses forces. L'animal à l'arrêt, je pus enfin distinguer le visage du nouveau venu.

Mes yeux s'écarquillèrent, après trois longues années d'absence, Sir Mickaël Newton se trouvait devant moi en chair et en os...et trempé. Pour quelqu'un qui avait vécu au front depuis tout ce temps, il semblait encore jeune, en bonne santé et heureux, même si les cernes sous ses yeux trahissaient son épuisement. Pour être arrivé si vite, il devait avoir galopé sans aucune halte depuis son départ.

Je ne savais quoi dire. Un moment passa durant lequel rien ne fut dit. Nous nous sommes ainsi observés un certain lapse de temps, notant les changements qui avaient eu lieu dans nos physionomies depuis notre dernière rencontre. Son visage poupon avait pris de la maturité, il portait désormais les cheveux long, et il y avait un je-ne-sais-quoi dans son air qui m'était indéchiffrable.

Je m'apprêtais à prendre la parole, voyant qu'il ne se décidait pas, quand il ouvrit enfin la bouche.

- J'ai fait ce chemin jusqu'à vous sans m'arrêter, prenant à peine le temps de boire et de manger. Je ne suis pas encore rentré chez-moi, car je désirais avant toute chose vous revoir.

Je lui répondis par un sourire, seule réponse valable devant un si beau compliment. J'avais toujours été flattée par les sentiments de Sir Mike à mon égard, bien que je ne les partageais pas. Je m'étais cependant promise d'être une bonne épouse pour lui témoigner ma gratitude. Son comportement envers moi avait en effet toujours été irréprochable.

- Alors, racontez-moi ce que j'ai manqué durant mes années d'absence...

Je me rassis à la place que j'occupais avant son arrivée; très vite il m'y rejoint.

C'est ainsi, installés dans le foin, les yeux suivant la pluie qui tombait comme si elle n'allait jamais s'arrêter, que je tentais de lui résumer les dernières années écoulées.

Ce n'est qu'à la fin de la journée, quand le jour commença à décliner, qu'il se releva pour partir. Il avait encore une lieue à faire avant d'arriver chez lui, et sa famille l'attendait déjà depuis trop longtemps.

- Mes obligations m'empêcheront de revenir vous voir avant quelques temps. Mais je vous prie de m'envoyer un messager dès que votre père sera rentré afin que lui et moi puissions nous rencontrer pour fixer une date à notre mariage que j'espère très prochain.

Au revoir Isabella je serai dans l'attente de notre prochain entretien.

Et il partit.

La journée avait été longue et forte en émotions, je pris donc le chemin pour rentrer et me restaurer avant d'aller me coucher, dans l'espoir que le lendemain ramènerait mon père à la maison.

...

...

Plus tard...

Je me réveillai en sursaut. Au vu de la lune qui brillait haut dans le ciel, l'aube était encore loin. Pendant quelques secondes je m'émerveillai devant cette nuit pure qui avait pris place après une journée de bourrasques...comme si rien ne s'était passé.

Des bruits au rez-de-chaussée me tirèrent de ma rêverie. Curieuse de savoir ce qui m'avait réveillée à une heure si tardive, j'enfilai une robe de chambre par-dessus mon pyjamas, sortis de ma chambre et descendis les escaliers.

Une exclamation de joie m'échappa lorsque je vis la silhouette de Charles se dessiner devant le feu de la cheminée.

Il se retourna en m'entendant et me serra fort dans ses bras, bras dans lesquels où je m'étais aussitôt précipitée.

Notre étreinte dura quelques secondes de trop. Si je n'avais pas été aussi euphorique, je me serais certainement rendue compte plus tôt que quelque chose n'allait pas. Ce ne fut pas le cas, et je profitai pleinement de nos embrassades.

Puis, il se réinstalla devant la cheminée, et je m'assis sur le tapis, adossée contre ses jambes. Je me laissai aller, mes yeux suivant la danse des flammes, profitant du bonheur de nos retrouvailles silencieuses. Entre nous, les mots n'avaient jamais été aussi forts que par leur absence.

Mon père se remit à manger son pain et son fromage. Je ne me retournai pas et gardai les yeux fixés sur le feu, manquant ainsi l'air soucieux qui avait envahi le visage de mon géniteur.

J'étais sur le point de me rendormir, bien au chaud et me sentant de nouveau totalement en sécurité sous le regard de Charles.

Mais soudain un grand fracas mit fin à ma somnolence.

Le bruit venait de la cuisine. Je m'y précipitai sans écouter l'exclamation de mon père voulant me retenir.

Devant moi, notre doux et calme office, seulement dérangé habituellement par les ragots des servantes, était envahi par des gardes royaux. Nos domestiques se pressaient autour d'eux, vérifiant qu'ils ne manquaient de rien.

Je vis que certaines flirtaient honteusement avec les envahisseurs, notamment Jessica. Je n'étais pas suffisamment naïve pour croire que leur situation chez nous était idyllique. Nous étions isolés, la faim se trouvait souvent à notre porte, moi-même je l'avais déjà connue, les frontières étaient trop proches et les hivers étaient plus rudes que dans le centre du pays. Nombreuses étaient donc les femmes non nobles de la Colline Rouge à rêver d'un homme fort qui les épouserait et les emmènerait vivre dans le Compté Royal, là où la vie était plus facile, même si elle n'y était pas parfaite.

Il me fallut quelques minutes pour réagir. Je refermai la porte, et revins sur mes pas, bien décidée à obtenir une raison à tout ce remue-ménage.

En me voyant revenir, les questions prêtes à surgir de ma bouche à tout instant, il soupira et ferma les yeux, se tenant l'arête du nez entre son pouce et son index.

Sa réaction me prit au dépourvu: je m'arrêtai net dans mon élan.

Le voir aussi bouleversé ne me rassura pas. Je m'agenouillai face à lui et posai ma joue gauche sur ses genoux, la tête entre les bras, le regard fixé sur lui, attendant qu'il relève la tête et réponde à mon questionnement muet.

Après un trop long moment durant lequel ma patience fut mise à rude épreuve, il se décida enfin à me regarder. Je lus sur son visage de la tristesse mais aussi de la résignation.

- Bella...

Il s'arrêta, comme si les mots étaient trop durs à prononcer.

- Bella...

Il semblait prendre plaisir à prononcer mon nom, comme une friandise qu'on savoure et qu'on fait rouler sous la langue avant d'y renoncer pour toujours.

- Le roi a choisi la future Reine.

Un soupir de soulagement m'échappa.

Ainsi, ce n'était que cela. Pourquoi un tel cirque pour une chose aussi simple? Surement Charles avait pris la route du retour avec les gardes royaux car allant dans la même direction, il leur aurait alors proposé de se reposer une nuit chez nous avant de repartir pour aller chercher la fiancée du Roi.

Cela ne nous regardait pas. Notre vie n'en sera pas transformée. Quelque soit le choix de sa Majesté, tout cela se passait beaucoup trop loin et trop haut pour nous. Même si mon père était membre du Conseil, nous n'étions que de pauvres gens essayant de survivre comme nous pouvions, nous et nos gens.

Je lui souris et lui caressai la main.

- Cela n'a pas d'importance.

Mais il fit ce que jamais jusque là il n'avait fait: il retira sa main de la mienne. Il prit une grande inspiration et saisis de ses deux mains mon visage. Nous nous retrouvâmes donc les yeux dans les yeux, nos nez à quelques centimètres l'un de l'autre.

- Isabella...

L'utilisation de mon prénom entier me fit froncer les sourcils. J'ouvris la bouche pour répliquer mais...

- La future Reine, c'est toi.