Désolée pour l'attente, malheureusement certaines obligations doivent passer avant le plaisir
Je sais que beaucoup trouvent ces chapitres trop courts. Mais un chapitre d'une grande taille représente une vingtaine de page Word. Quand on sait qu'une seule page représente parfois une heure de boulot…bref faire davantage n'est pas possible pour le moment à moins que je gagne au loto!
Dans ce chapitre…un coup foudre aura lieu, mais lequel?
POV Isabella
Instinctivement je portai les mains à mon visage pour me protéger.
Les crocs de la bête se refermèrent sur mon bras droit
Je tombai en arrière, laissant le loup me dominer de toute sa taille. La situation m'apparut alors dans toute son ampleur. J'étais seule au milieu des bois et mes compagnons de voyage ignoraient tout de mon escapade.
La réalité me frappa comme un coup de fouet. Je ne pouvais pas mourir ici, pas ainsi!
Mes rêves, mes espoirs, tous ceux que j'aimais, me vinrent à l'esprit.
Je devais me battre et je devais vaincre!
De ma main gauche je tirai de toutes mes forces sur son oreille droite. Il me lâcha pour attraper mon autre bras. Je reculai vivement, toujours à terre au milieu des champignons.
Je sentis alors une branche sous l'une de mes mains.
La saisissant telle une épée, je m'apprêtais à défendre chèrement ma vie.
De nouveau, mon adversaire s'élança sur moi. Je roulai sur le côté et le frappai sur le museau avec mon arme.
Mon geste sembla être une erreur tactique car l'animal se mit à grogner, clairement énervée.
La peur commençait à me paralyser. Je luttai pour garder le contrôle de mon corps, mes mains commençant à trembler, mes dents à claquer, mes yeux à pleurer.
Je frappai encore et encore à l'arrière de ses oreilles, sur son dos, sur sa tête…
Sous le coup de l'étonnement, le monstre ne réagit pas immédiatement.
Soudain, la rage prit possession de lui. Il recula, montra les crocs et bondit la gueule béante.
Je lui enfonçai le bâton dans la gorge, aussi profondément que je pus, me levai en appelant à l'aide à grands cris et courus droit devant moi, gênée dans mes mouvements par ma robe et par la neige au sol.
Un grognement féroce retentit dans mon dos. Je tournai la tête pour voir la bête plus furieuse que jamais. Cette fois elle attaquerait pour tuer du premier coup.
Je courais plus vite, relevant les pans de ma robe, je criais plus fort, espérant être entendue. Sans doute me cherchait-on? La Providence ne pouvait pas m'abandonner ainsi!
Tout se passa en un instant.
Une prière sortie de mon enfance me vint à la bouche. J'étais essoufflée par l'effort fourni et par la peur qui me serrait les entrailles.
Je n'avais plus la force de crier et courir me semblait vain.
La clairière était grande et je n'avais nulle place ou me cacher, je m'étais éloignée des arbres en cherchant les meilleurs champignons.
Je m'arrêtai. Les yeux clos, je me retournai doucement pour faire face à la bête.
J'inspirai un grand coup avant d'ouvrir les paupières.
Comme au ralenti, je vis le monstre fléchir les pattes les yeux fixé sur ma personne. Les babines retroussées, il s'élança.
Soudain, un bruit de galop parvint à mes oreilles.
Un cavalier surgit de l'orée de la forêt, brandit son épée et trancha la tête du loup au moment où il allait m'atteindre.
Du sans de l'animal m'éclaboussa, mais je ne réagis pas.
Mes jambes lâchèrent sous mon poids et je m'affaissai à terre, les joues noyées sous mes larmes.
Etait-ce des larmes de peur, de soulagement ou de reconnaissance? Certainement un peu de tout cela, et cent fois plus.
Une main se tendit alors devant moi. Je relevai la tête et rencontrai deux yeux inquiets appartenant à l'un des hommes de mon escorte.
- Sir Benjamin, madame, écuyer de sa Majesté le Roi.
POV Angela
Après m'être renseignée sur le temps qu'il nous fallait attendre en ces lieux, je laissai mon regard vagabonder sur la forêt alentour, et un frisson me parcourut.
Il ne faisait pas bon de rester trop longtemps en cet endroit. Les arbres étaient resserrés les uns sur les autres, empêchant de discerner ce qu'il pouvait se passer tout autour de nous.
Nous étions maintenant à l'intérieur des terres et loin de la frontière, mais les bandits et les bêtes sauvages pullulaient dans ces régions.
Je décidai finalement de rejoindre ma maîtresse dans la voiture. Depuis le début de ce périple nous avions eu peu d'occasions de nous parler car nous étions sans cesse en présence de Jessica et ses comparses.
Arrivée dans l'habitacle, mon sang se figea. Personne.
Je sortis aussitôt et me mis à rechercher Lady Isabella dans les environs.
Je dus me rendre à la raison: elle était partie.
Je n'avais aucun doute sur la nature temporaire de cette fugue…comme toutes les autres. Certainement avait-elle voulu faire un tour.
Mais cette forêt et cette région lui étaient inconnues. Il s'agissait d'inconscience pure!
Tout pouvait arriver.
Je devais agir le plus vite possible. Je me dirigeai vers les hommes de notre garde.
Durant le voyage, nous avions à peine échangé quelques mots avec eux. Il était impropre pour une jeune femme non-mariée de converser avec des inconnus. De plus, nous étions restées dans la voiture à l'abri du froid.
Cela n'avait bien sûr aucunement empêché nos compagne de voyage de minauder en leur présence; ce qui avait le don de nous exaspérer, Bella et moi-même, mais aussi de nous amuser grandement…les distractions manquant fortement à ce voyage.
Ne sachant ni leurs noms, ni leurs grades, je m'approchai du premier soldat que je vis et lui demandai le nom du responsable de notre escorte.
On me désigna un homme se trouvant de dos qui semblait surveiller la bonne marche du travail.
Je respirai un grand coup et lui touchai l'épaule.
Il se tourna et je restai figée. Il était plus jeune que sa posture et son grade ne le suggéraient. Ses grands yeux semblaient plonger au plus profond de mon âme. Je croîs que mon cœur manqua quelques battements quand il me sourit pour m'encourager à parler.
Je finis par me ressaisir et lui rapporta en quelques mots la situation, précisant que Lady Isabella était coutumière du fait et qu'il ne s'agissait donc pas d'une fuite.
Je le vis se redresser de toute sa taille et héler plusieurs soldats. Il leur donna des directives et, avant que je puisse réagir, ils avaient disparu, engloutis par les arbres.
Après avoir donné d'autres instructions, mon interlocuteur se retourna vers ma personne et, bien malgré moi, le rouge me monta aux joues.
- Veuillez m'excuser de vous abandonner ainsi, mais je suis certain que vous me pardonnerez de vous quitter pour rechercher votre maîtresse disparue.
Avec un dernier salut, et sans me laisser l'opportunité de lui répondre, il siffla son cheval et s'enfonça dans les bois par une ouverture un peu plus large.
L'attente s'étira dans le temps. Je me rongeais les sangs. La culpabilité m'envahissait au fil des minutes qui passaient. Je m'étais toujours senti responsable de Bella et j'avais le sentiment d'avoir aujourd'hui failli à la mission que je m'étais donnée de la protéger.
Soudain, je vis du mouvement. Je me redressai et vis les hommes partis à la recherche de ma maîtresse reparaître, mais les mains vides. J'ignorais ce que cela signifiait, mais avant de pouvoir de nouveau sombré dans le désespoir, mon mystérieux chef d'escorte arriva avec dans les bras… Lady Isabella, recouverte de sang.
Je poussai un cri et me précipitai vers eux. J'entrainai ma maîtresse le plus vite possible dans notre véhicule. Pour nous protéger du froid et nous donner de l'intimité, des draps avaient été tendus aux portes de notre voiture.
Je lui enlevai son manteau et ses gants. Après examen, je me rendis compte que ses blessures se cantonnaient aux bras et aux mains.
Soulagée, je pris un chiffon et de l'eau, et entrepris de nettoyer tout ce sang.
Bella ne réagissais pas, et je supposai rapidement qu'elle devait être en état de choc.
Pendant tout ce temps où j'avais attendu anxieuse, j'avais imaginé une longue tirade sur son inconscience, mais il semblait finalement que cette aventure (quelle qu'elle soit) lui ait servi de leçon.
Elle parut revenir à elle petit à petit.
- Forêt…champignon…loup…sang…
Elle claquait des dents tout en grelottant, mais j'avais compris l'essentiel. Je passai une couverture autour de ses épaules. Elle soupira et me désigna de la tête un petit panier.
Au fil du temps, et à force de gambader dans la nature, ma maîtresse avait appris, et moi aussi par la même occasion, quelques rudiments sur les plantes médicinales. Nous ne nous en vantions pas, bien évidemment, cette science étant souvent attribuée aux sorciers et aux guérisseurs.
C'était notre petit secret.
Avec la rapidité que donne l'habitude, je disposai sur ses plaies un emplâtre à base de verveine. Ce remède appliqué, je la pris dans mes bras et la berçai doucement jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Je fermai moi-même les yeux, repensant à notre enfance partagée et aux moments de joie qu'il nous restait encore à vivre ensemble.
Le voyage reprit son cours avec sa monotonie.
Lady Isabella me raconta comment l'écuyer du Roi, Sir Benjamin, l'avait sauvée. A ce récit mon cœur s'était mis à tambouriner dans ma poitrine et mon amie, qui s'en étant rendu compte, s'était gentiment moquée de moi.
Je n'avais rien répondu, lâchant juste un sourire timide, mais l'image de cet homme n'avait plus quitté mon esprit depuis.
Et puis le moment tant attendu de la fin du voyage arriva et nous fûmes bientôt en vue du château.
Ma maîtresse s'était rembrunie.
Quand je descendis de la voiture je fus malgré moi impressionnée par la taille de la demeure.
Peu de personnes étaient présentes pour nous accueillir, mais je devinais facilement que le Roi n'avait sans doute pas voulu faire l'annonce officielle de ses fiançailles avant d'avoir rencontré la future épouse.
La porte d'entrée s'ouvrit alors, et deux hommes vinrent à la rencontre de Sir Benjamin. Je fus frappée par la prestance et la beauté du plus jeune.
Un éclair de lucidité me traversa : j'étais en présence du Roi du Royaume du Nord! Son écuyer faisait tout simplement un rapport sur le voyage à son maître.
C'est ce moment que choisit Bella pour daigner descendre du véhicule. Le trajet l'avait épuisée et ses blessures, quoique presque cicatrisées, la faisaient encore quelque peu souffrir.
Sa Majesté, ayant fini d'écouter son serviteur, vint à notre rencontre. Je me dépêchai aussitôt de lui faire une profonde révérence, émue de me trouver face à lui.
Ma maîtresse me regarda avec étonnement avant de comprendre ce que cela impliquait. Elle se tourna alors vers le nouvel arrivant et lui fit une rapide courbette en le fixant droit dans les yeux.
Je me mordis la lèvre inférieure, espérant que le Roi ne se formaliserait pas de son attitude.
- Ma Lady, vous êtes arrivée chez vous. Je vous souhaite la bienvenue. Lady Caroline, ici présente, va vous conduire dans vos appartements pour que vous puissiez vous reposer de votre long périple.
Avec un signe de la tête Bella fit comprendre à "Lady Caroline" qu'elle était prête à la suivre. Et c'est sans un mot ni un sourire qu'elle prit congé du Roi, non sans toutefois l'avoir fusillé du regard avant de lui tourner le dos.
Je poussai un profond soupir, fis une dernière révérence à sa Majesté avec un sourire d'excuse aux lèvres et me dépêchai de rejoindre ma maîtresse.
Cela promettait d'être de très longues fiançailles…
