Après avoir lu vos reviews, je crois que je dois me répéter, mais il me semble important de le faire.

Je publie mes chapitres de façon très inégale. Je le sais. Mais je me suis fait la promesse de toujours finir ce que j'ai commencé. Je vous assure donc que je n'abandonnerai ni Les dés du destin, ni Tous dans le même bateau. Peut-être mettrais-je un peu de temps (surtout que j'ignore le nombre de chapitres que je ferai) mais mes deux histoires (et toutes celles que j'écrirai peut-être par la suite) auront une fin digne de ce nom. Par conséquent même si je délaisse pendant deux mois ou plus leur publication, soyez certains que ce n'est que temporaire.

POV Soldat

- Seigneur, il nous faut partir maintenant!

- Non, nous devons tenir notre position!

- Nous allons bientôt être encerclés, il n'est plus temps de combattre mais de fuir. En restant ici vous ne servirez que leurs intérêts. Votre tête vaut de l'or, la rançon sera élevée. Il nous faut partir MAINTENANT! Répétai-je en tirant sur le bras de mon supérieur.

- Comment cela se fait-ce? Ce côté de la frontière est la mieux gardée de tout le pays! Comment ont-ils pu arriver jusque là? D'où vient-il que nous ne nous sommes aperçus du danger qu'une fois la partie perdue?

- Sir, nous devons profiter de la nuit pour nous échapper, les questions viendront en temps et en heure. Pour le moment nous devons agir, non réfléchir.

POV Bella

Je regardai pour la énième fois autour de moi. Ma nouvelle chambre était si grande que cela en devenait ridicule. Je soupirai et m'affaissai sur le lit.

Angela était restée seule avec moi. Mes affaires avaient été montées et, aussitôt que cela devint possible, j'avais demandée qu'on me laissa seule pour me remettre du voyage.

Mon amie continuait de ranger le peu de possessions que j'avais emmenées avec moi. Je l'observai un temps avant de me lasser, et soupirai plus fort. Son attention se tourna enfin vers moi. Je lui fis signe de venir s'asseoir à mes côtés, le lit étant proportionné à la pièce la place ne manquait guère.

- As-tu vu tes appartements?

- Ils sont juste à côté de votre chambre, je pense avoir été officiellement proclamée "femme de chambre de la Reine"! J'ignore où sont passées les autres, mais aux dernières nouvelles Suzon était transférée aux cuisines. Avec un peu de chance nous ne reverrons plus jamais Jessica, le château est tellement grand!

Le rire d'Angela était communicatif, mais je devais la reprendre sur un point.

- Je ne suis pas encore Reine… Les choses peuvent changer, et justement il n'y a rien d'"officiel".

- Est-ce de l'espérance que je perçois?

- Ne ris pas de moi Angie, il y a encore de grandes chances que…

- Le Roi a la réputation de ne jamais revenir sur ses décisions, me coupa-t-elle.

- Alors à moi de le faire changer d'avis.

Cela mit fin à la conversation, et nous restâmes dans le silence un certain temps…quand quelqu'un vint frapper à la porte. Il semblait que mon temps de répit était terminé.

Je fis signe à Angela d'aller voir et je remis un peu d'ordre dans ma présentation.

Jaillit alors devant moi ce que je pris pour une petite fille. Cependant quand elle ouvrit la bouche et se mit à parler, il n'y avait rien d'enfantin dans sa voix.

Sa taille était ce qui la rendait à première vue si jeune, mais son comportement apparaissait tout aussi trompeur. Elle semblait sautiller sur place et son enthousiasme était tel que j'en restais coi.

Si j'avais été étonnée qu'Angela l'ait fait entrer sans l'annoncer au préalable, j'en comprenais maintenant la raison.

Cette petite personne était plus bavarde qu'une domestique. Mon amie n'avait pas dû pouvoir placer un mot, et mon "invitée" avait physiquement l'aptitude pour se glisser dans l'entrebâillement d'une porte.

Par son flot de paroles j'avais appris qu'elle se nommait Alice, qu'elle était la compagne d'un des généraux du Roi et qu'elle avait décidé de ne plus me laisser respirer, ou selon ses propres termes "nous allons devenir inséparables, et notre amitié sera légendaire!".

Et soudain elle se tut, et je pus redécouvrir la sensations si plaisante du silence.

C'est alors qu'elle sortit de nulle part un grand sac qu'elle posa délicatement sur le lit, les yeux brillants.

Elle se mit ensuite à me tourner autour, m'étudiant. Mal à l'aise je jetai un regard à Angela qui retenait son fou rire. Je grimaçai en imaginant de quoi nous avions l'air.

C'est alors qu'Alice sortit de sa transe contemplative et se jeta sur moi en appelant ma "femme de chambre" en aide.

Le sac était rempli de robes d'un ouvrage exemplaire et, étrangement, tous à ma taille. Les essayages durèrent un certain temps, et malgré le désagrément j'étais consciente de la nécessité de la chose.

Mes propres habits n'étaient pas indiqués pour la Cour. Or je me devais de faire bonne impression. La réputation de mon nom et de ma famille reposait en grande partie sur moi. J'étais après tout la dernière des Swan, si on excluait mon père.

Je me retrouvai finalement dans une robe en velours bleu avec une cape assortie.

Ma nouvelle amie me fit alors comprendre qu'il était temps de sortir de ma tanière.

Je laissai donc Angela-la-chanceuse dans la chambre et partis à la découverte de ma nouvelle demeure. Décidément les choses s'accéléraient un peu trop à mon goût.

J'ignorais cependant comment me comporter et surtout à quel titre me présenter. Officiellement qui étais-je? Comment allais-je justifier qu'on me donna une des chambres principales?

La présence d'Alice sur ce point me rassurait, elle semblait savoir ce qu'elle faisait, et pour le moment j'avais l'impression d'avoir gagné une alliée dans ce lieu qui, je m'en doutais, me réservait de nombreuses épreuves…du moins le temps de convaincre sa Majesté de la folie de son choix.

- La Reine-Mère est malheureusement en déplacement et s'est désolée de ne pas être en pouvoir de venir vous accueillir. Bien sûr je me suis aussitôt proposée!

Nous marchâmes quelques temps,, avant d'emprunter des escaliers menant dans un endroit très différent de celui que nous venions de quitter. La date de sa création semblait être postérieure.

- Nous voici dans l'aile de la noblesse. Toutes les grandes familles ont un lieu qui leur est réservé ici. Seuls la famille royale et les proches du Roi sont logés dans l'aile où sont vos quartiers. C'est notamment mon cas, Jasper est le meilleur ami de Sir Edward, termina-t-elle un grand sourire sur le visage.

En la voyant aussi éprise je la trouvai soudain très sympathique. A mon sens seule une personne avec un bon fond avait la capacité de réellement aimer, l'Amour était un sentiment trop divin pour être à la portée des méchants.

Commença alors les rencontres.

Plusieurs dames jouaient aux dominos dans un petit salon où grondait un beau feu.

- Nous sommes au premier étage, il est décrété lieu commun. C'est ici que la noblesse se rencontre et passe la majorité de leur temps. Le Roi n'apprécie guère qu'elle se promène dans le reste du château en dehors de leurs devoirs quotidiens. C'est sa façon de les garder sous contrôle, chuchota mon guide de façon à n'être entendue que de moi.

Le lieu était hospitalier, mais la présence de ces quatre femmes me crispa. Je pris une profonde inspiration et entrepris de suivre Alice jusqu'à leur table.

- Lady Carmen, Irina, Tanya, Kate! J'ignorai que vous étiez de passage. Cela fait si longtemps.

- Eleazar est reparti hier, nous avons décidé de rester jusqu'à ce que le temps nous permette de repartir sans danger. Je suis Carmen, voici mes filles Tanya, Irina et Katia, et vous êtes? Je suis certaine de n'avoir jamais eu le plaisir de faire votre rencontre, en disant cela elles s'était tournée vers moi et me regardait avec curiosité.

Les trois autres s'étaient elles aussi arrêtées de jouer pour mieux me contempler. Je devais faire bonne figure.

- Isabella Swan, fille du chevalier Charles Swan de la Colline d'Or. Le voyage est long et je n'avais donc pas encore eu le privilège de venir à la Cour du Roi Edward. Mais désormais le mal est réparé, terminais-je avec une petite révérence.

J'espérai pouvoir éluder ainsi la raison de ma venue et le lieu où je dormais. Mais je n'eus pas cette chance.

- Et pourquoi aujourd'hui? Me demanda la plus grande avec un air suspicieux au visage. Son impolitesse me laissa sans voix.

Elle était imposante par sa taille, mais aussi par le reste de son physique. Ses longs cheveux blonds, ses grands yeux bleus provocateurs, sa moue d'enfant gâtée et ses formes généreuses devaient attirer tous les regards. Je me sentis soudain inférieure à elle et cette pensée me mit en colère.

Mais avant d'avoir l'occasion de lui expliquer gentiment que cela ne la concernait en rien, Alice intervint.

- Sir Charles a placé sa fille sous la protection du Roi. La Colline Rouge par ces temps de guerre n'est point sûr pour une demoiselle de son rang.

Cela ne sembla la convaincre qu'à moitié.

- Et où logez-vous, Isabella?

Je remarquai le ton employé et l'utilisation de mon prénom sans titre le précédent. Je pris donc mon air le plus méprisant.

- Dans les quartiers des proches du Roi évidemment. Les liens entre mon père et la famille royale remonte à la jeunesse de feu le père de sa Majesté, et mon séjour risque d'être long, me loger à un autre endroit aurait été insultant.

Un éclair de rage passa dans les yeux de "Tanya", et je devinai qu'il y avait là quelque chose de plus profond que j'ignorais encore, mais qui allait très certainement m'apporter des ennuis.

Lady Carmen se dépêcha de parler pour mettre fin à notre conversation.

- J'ai rencontré votre père en de maintes occasions, il a toujours été charmant, c'est un plaisir de rencontrer sa fille après toutes ces années. Voulez-vous nous rejoindre en cette partie de dominos?

- Nous vous en remercions, mais la visite de lady Isabella ne fait que commencer. Certainement un autre jour, mesdames.

Et Alice m'entraîna dans une autre pièce tandis que Lady Carmen poussait un soupir de soulagement et envoyé un regard sévère à Tanya.

Je rencontrai ainsi une grande partie des nobles présents ce jour là, du moins les femmes, la guerre et leurs devoirs journaliers les avaient fait déserter cette partie du château. La curiosité était grande, et je me doutais de sa raison. Tout le monde attendait le nom de la promise du Roi et j'apparaissais sans être véritablement annoncée alors que je n'avais jamais mis les pieds dans le Comté Royal.

L'après-midi fut tout de même agréable, ma nouvelle amie me racontait les potins et autres ragots au fur et mesure des personnes que nous croisions. Nous fûmes prises de nombreux fous rires :

-…et c'est alors qu'elle tomba tête la première dans la fontaine, incapable de se libérer de sa robe et ses bas à la vue de tous!

La visite m'entraîna finalement près de la salle du Trône. J'étais épuisée, et je prévoyais de demander à Alice de remettre au lendemain la suite de ce périple plus épuisant que mes fuites dans les champs et forêt de ma province natale.

- Ma Dame, puis-je vous parler en tête à tête, nous n'en avons pas eu l'occasion aujourd'hui et pourtant nous avons des choses à nous dire.

Je me retournai, surprise, et me retrouvai face au Roi. Alice s'excusa rapidement et partit encore plus vite, me prenant au dépourvu et me laissant seule avec Sir Edward. J'eus l'étrange sentiment qu'elle n'était pas étrangère à cette rencontre, mais je chassai cette pensée aussitôt pour me concentrer sur la conversation qui allait suivre.

- Seigneur, dis-je en faisant une révérence.

Il me présenta son bras, que je pris, et nous nous mîmes à marcher.

- J'espère que vous vous plairez ici.

- Ce que j'en ai vu est en effet très plaisant.

- J'ai entendu parler de votre aventure lors de votre voyage. Certainement cette rencontre avec un loup vous a-t-elle fait comprendre le danger d'une telle attitude. Vous ne devez jamais vous promener seule et sans prévenir quiconque! D'autant plus que bientôt vous serez Reine, et une Reine se doit d'être en sécurité, c'est son devoir envers le peuple et le Roi!

- Justement, Majesté, je crois que votre choix a été pris sur une impulsion!

- Le regard qu'il me lança me fit faire marche arrière et utiliser davantage de diplomatie.

- Seigneur, je suis consciente que mon comportement lors de cet arrêt dans la forêt était imprudent, et je le regrette sincèrement.

Son visage s'adoucit.

- Mais il est preuve de mon tempérament. Je suis une personne qui aime sa liberté plus que tout. J'aime courir dans les bois, nager dans les sources et dormir dans les près. Je suis imprévisible, même pour moi-même. Je fonctionne par pulsions.

Je l'entendis soupirer distinctement et porter sa main dans ses cheveux. Mon discours portait ses fruits. Je continuai donc sur ma lancée.

- Mais vous pouvez encore faire marche arrière! Rien n'a encore été officiellement annoncé. Le plus important pour vous est de choisir une Reine appropriée et je ne suis pas cette personne.

Il secoua la tête un leva une main pour que je fasse silence.

- Lady Isabella, cela prouve uniquement que vous avez besoin de vous brider. Le comportement que vous décrivez est celui d'une enfant, maintenant il vous faut grandir.

J'ouvrais la bouche pour protester mais il m'en empêcha.

- Rien n'a été dit officiellement pour que vous puissiez arriver sans encombres, mes ennemis auraient pu vous utiliser contre moi. Maintenant que vous êtes en sécurité nous annoncerons nos fiançailles dans deux jours lors du banquet prévu à cet effet. Nous apprendrons à nous connaître et nous essaierons de faire au mieux pour notre peuple. Etant la fille de Sir Charles, je ne doute pas que vous soyez une jeune femme sensée qui sait où est son devoir. Je suis conscient que ce ne sera pas facile au début, ce lieu étant très différent de votre maison natale mais vous vous y ferez et vous grandirez plus vite que vous ne le pensez.

Je l'observai attentivement ; l'assurance avec laquelle il avait dit ces mots ne me permettait plus d'espérer le gagner à ma cause, j'étais bel et bien la future Reine du Royaume du Nord, que je le veuille ou non. Il me regardait intensément et je me contentais de hocher la tête. Il m'intimidait : les histoires que l'on disait sur sa personne, le respect que mon père lui portait, la charge qu'il avait sur ses épaule, me donnaient l'impression d'être toute petite face à lui. Si je haïssais le fait qu'il m'imposa sa décision, il n'empêchait qu'il s'agissait du Roi et un très bon Roi, je ne savais pas comment réagir face à lui. Je finissais par baisser les yeux, incapable de soutenir plus longtemps son regard. Si seulement il ne m'avait pas choisie…