C'était Jack ! Il fit reculer Stillman. Il était si pressé de retrouver Lilly que ses yeux pétillaient, de haine, bien sûr, mais surtout de jubilation, du fait de retrouver celle qui au contraire de ses autres victimes, lui avait résisté. Il avait rêvé d'elle chaque soir passé en prison, imaginant ce qu'elle pouvait devenir. Il n'avait pu s'empêcher de raconter ses aventures à ses compagnons de cellule, ce qui lui avait donné un rang plus que satisfaisant dans la hiérarchie pénitencière. Autant dire qu'il s'était fait beaucoup d'alliés. Il avança encore d'un pas et la vit, confortablement installée dans un fauteuil, devant la télé. Il adorait ce moment, celui pendant lequel il pouvait épier tout à loisir sa proie sans qu'elle en ait conscience.
« Je t'avais dit qu'on se reverrait, mon chou. »
A ces mots, Lilly trembla et un frisson parcourut tout son corps. A la voie rauque et sifflante, elle comprit tout de suite qui lui adressait la parole. Elle se retourna cependant rapidement, préoccupée par le sort de Stillman. Quand elle vit le canon de l'arme se poser sur la tempe de son chef, elle ne put se retenir :
- Espèce de !…
- Chut…voyons Lilly, tu ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose. J'avais pas prévu qu'il t'héberge. Ca ne me facilite pas le travail. J'ai dû changer mes plans. Normalement, après avoir été un détenu exemplaire, et une fois sorti, il ne me restait plus qu'à me débarrasser de ce bracelet électronique. Heureusement, une de mes vieilles connaissances m'en devez une ! Mais je vois que ça ne t'intéresse...
- Laissez-le partir !
- Seulement à une condition : tu me tutoies. Bah oui ! on se connaît depuis longtemps, y a pas de raison qu'on se parle comme des inconnus.
- LAISSE-LE PARTIR ! hurla-t-elle.
- D'accord.
Il baissa le canon de son arme et s'écarta, laissant le champ libre à Stillman. Ce dernier alla directement se poster devant Lilly.
« Tiens, ça me rappelle un truc, pas vous ?... Quand je suis sorti du tribunal et que tu t'es placé exactement comme tu le fais là. Sauf qu'aujourd'hui, c'est moi qui commande et que, là, vous êtes sur mon chemin.
- Vous ne la toucherez pas !
- Oh que si ! si je suis venu ce n'est pas pour causer mais bel et bien pour recommencer notre petite soirée. Je l'ai trouvée trop courte la dernière fois...pas toi ? »
Lilly ne répondit rien. Elle avait les larmes aux yeux.
« Si tu ne viens pas Lilly, je serai dans l'obligation de tirer une petite balle dans le torse de ton nouveau papa. Mais bon, après celle qu'il s'est prise au central, faudrait mieux éviter une nouvelle blessure!
- A ce que je vois, vous êtes bien renseigné, constata Stillman.
- Oh non, je ne me suis pas renseigné comme vous dites. J'ai juste appris ma leçon. Vous connaissez George n'est-pas ?
A ce nom, Lilly frémit de plus belle. Elle pensait au jour où George, dans le grenier, la forçait à raconter l'histoire de la « petite Lilly » et au moment où il lui avait dit qu'il n'y avait pas une si grande différence entre eux deux.
« Vous vous demandez peut-être comment je suis au courant ? Et bien, figurez-vous que Georges avait lu ton dossier entier et, bien sûr, il y a vu mon nom. Il s'est fait passer pour un ami lointain et a demandé une visite. Il l'a eue et on a parlé longtemps de toi. Il m'a dit ce qu'il avait derrière la tête. Je lui avais pourtant dit de ne pas te sous-estimer mais vu comment il a fini, il n'a pas dû m'écouter. »
Lilly, qui avait compris le plan de Stillman lorsqu'il lui avait tendu son portable eut le temps d'envoyer un message à Scotty. Quand ce dernier le reçut, il paniqua mais son instinct d'inspecteur reprit vite le dessus. Il contacta rapidement tout les membres de l'équipe et ils se fixèrent rendez-vous le plus vite possible au central. Kate arriva la dernière, toute essoufflée.
- Scotty, montre-nous le message de Lilly ! dit vivement Will, pour ne pas perdre de temps.
Il sortit son portable et le portable passa de main en main. Le message était bref mais exposé bien la situation. Tous pâlirent à sa lecture :
John et moi otages. Jack Downs. Maison chef.
« Très bien, on connaît la situation, commença Nick, il ne nous reste plus qu'à comprendre pourquoi il s'en prend à Lilly et à Stillman. Dans tous les cas, cette affaire devient prioritaire. On oublie celles en cours.
- Peut-être que c'est un frère ou un père, bref, un membre de la famille de quelqu'un qu'on a envoyé en prison supposa Kate.
- Si on doit replonger dans toutes les affaires qu'on a résolues, on perdra trop de temps.
- Il faut que l'un d'entre nous fasse des recherches sur ce Jack Downs. Moi, je me charge de commencer à fouiller dans les cartons.
- Nan, attendez, vous vous souvenez de l'attitude bizarre de Lilly et John ? interrogea Will. Ça n'a pas dû vous échappez. C'était même flagrant.
- Oui, eh bien quoi, quel rapport ? demanda Nick.
- Scotty, tu m'as bien dis qu'à ton arrivée, Lilly était dans son bureau et avait une lettre à la main. Tu m'as même précisé qu'ils étaient figés, comme s'ils étaient ailleurs.
- C'est vrai, maintenant que j'y pense. La lettre doit sûrement être en rapport avec cette prise d'otage. Quand Lilly l'a lue, elle est devenue toute pâle.
- OK, même si ça paraît un peu gros, on peut vérifier. »
Ils se dirigèrent vers le bureau de John et cherchèrent la lettre. Introuvable ! Il avait dû la cacher, et ceci renforçai leurs soupçons. Oui, s'il l'avait mise à l'abri pour que personne ne la lise, ce devait être important.
« Ah ! je l'ai. Il l'avait planquée au-dessus de son armoire, dans ce carton, dit-il en le pointant de l'index.
- Il y a quoi d'autre dedans ?
- Euh... un dossier.
- Il concerne qui ? demanda Will.
- …
- Alors ? insista Scotty.
- Lilly. »
