Comme promis, voilà la suite :D Bonne lecture! Après celui-là encore trois chapitres je pense...

Pauvre Lilly :/


PASSÉ DOULOUREUX

CHAPITRE 5 : A couteaux tirés

Etant pleinement conscient que Lilly se tiendrait tranquille tant que Stillman risquait sa vie à chaque instant il préférait le garder sous la main. Il lui fit subir le même sort qu'à Lilly. La crosse de son arme s'abattit sur John. Assommé sous la violence du coup, il luttait cependant pour ne pas s'évanouir, car garder un œil sur Lilly était son seul objectif. Le problème « John » écarté, Jack sortit une seconde fois le canif de son étui. La lame semblait affreusement bien aiguisée.

« Je vais enfin pouvoir te marquer à vie. Tu choisis : soit, j'inscris mon prénom en entier ou je ne mets que mes initiales. A toi de voir ! Moi, je préférerais mettre mes initiales ! En plus, je pourrais les enlacer, comme des serpents ! Oh ouais ! »

Impatient, il commença à entailler le dos de Lily. Un fin filet de sang lui parcourut le dos et fini sa course sur le sol. Elle se débattait comme elle pouvait mais la force de Jack était impressionnante.

« Ah ! mais bouge pas, il me reste plus que le D à écrire. »

Il recommença le tracé. Cette fois, la douleur trop vive, elle cria. Stillman, qui était parvenu à rester conscient ressentit ce cri fut plus violemment que le coup que Jack lui avait porté au visage. Il voulait que ça cesse. Jack venait de lui infliger la seconde torture et il lui en restait alors 3. Au fur et à mesure, John remarquait qu'il devenait de plus en plus violent. Rien qu'à l'idée de devoir, une fois encore assister à une scène identique, il avait la nausée. Il se résigna pourtant au silence, ayant peur d'avancer son prochain excès de folie. Quoique, après tout, il savait que cet homme était malade. Alors, sa résolution fut rapide. Mais Lilly le fut plus encore.

« Laissez-le partir ! cria-t-elle.

- Qu'est-ce qu'on a dit déjà, Lilly ?

- Très bien, laisse-le partir.

- C'est gentil de le demander ainsi mais je ne suis pas aussi stupide. Je n'ai nullement envie que ton chef apprenti-papa aille prévenir ses copains les flics, et encore moins qu'ils débarquent ici. Alors s' il doit partir, se sera les pieds devant. »

Sur ce, il sortit en laissant les deux enquêteurs seuls dans la pénombre. A l'extérieur, le soleil pointait son nez. Jack fut ébloui par la splendeur du paysage. Il regarda le fleuve et ses yeux pétillèrent, son regard prit une expression de totale satisfaction. Après avoir passé un long moment derrière les barreaux il ne pouvait qu'être heureux. Il profitait donc du paysage qui s'étalait devant ses yeux. En s'approchant du bord, il vit la rivière, étonnamment puissante. L'association fut rapide dans son esprit : cette rivière lui ressemblait de par sa force, sa détermination et sa fougue. Il prit le temps de fumer une cigarette. Il était aux anges. La personne qui avait mis fin à ses agissements, l'unique personne qui lui avait résisté était sous son joug. Lilly avait pris une place particulière dans la vie de Jack, comme elle l'avait fait dans celle de Georges. Toutes ses précédentes victimes étaient devenues désuètes, elles n'avaient été à la rigueur qu'un moyen de s'exercer. Seule Lilly lui importait. Comment, comment une petite fille avait pu s'en sortir face à lui ? Mais le fil de ses pensées dérailla quand il entendit des murmures en provenance de la cabane. Et quand il rentra, il remarqua que Lilly s'était approchée de John et qu'ils parlaient.

« Oh ! comme s'est touchant. On dirait un père et sa fille. Ah ! mais il manque quelqu'un au tableau familial. Bah oui, une maman. Lilly elle est où ta maman ?

- LA FERME ! cria Lilly. Me parle pas d'elle !

- Oh, doucement ! Qui y a-t-il ? Un problème peut-être ?

- Elle est…est morte, dit-elle en sanglotant.

- Ah ! l'alcool sans doute ?

- …

- Tu n'as pas su la sauver !

- Arrêtez ! vous savez très bien qu'elle n'aurait rien pu faire.

- Si vous le dites, c'est votre avis, pas le mien. Après un troisième petit jeu, on verra si Lilly sera du même avis que vous ».


Au central, l'ambiance était tendue. Pour l'instant, les affiches plaquées en grand nombre sur les murs, dans les magasins ne donnaient rien. Scotty, à bout de nerfs, était sorti sur le balcon, histoire de prendre l'air. Il ne pensait plus qu'à Lilly. Il était éperdument amoureux de Lilly. Et les rares fois où il avait failli la perdre n'avaient fait qu'accentuer ses sentiments. Mais il n'osait pas faire le premier pas. Il pensait que Lilly le considérait simplement comme un ami. Dans sa tête donc, s'opérait toujours le même raisonnement. Toute une multitude d'émotions le submergea. Mais alors qu'il était sur le point de craquer, il entendit Kate :

- Scott, on a du nouveau !

Scotty déboula dans la pièce et se dirigea droit vers Kate. Cette dernière lui expliqua que la mère de Jack était dans la salle d'interrogatoire. Will et Nick se chargeaient de l'entretien. Ils allèrent donc assister à la scène derrière la grande baie vitrée, où eux seuls pouvaient voir les personnes en train de se faire cuisiner. Rien que de revenir dans cette pièce, Scotty en avait des frissons. Même s'il cachait bien ses émotions, il n'en souffrait pas moins. Quand il était venu au secours de Lilly ce jour là…elle l'avait remercié, mais pour Scotty, cela n'était pas nécessaire, et même complètement inutile. Il s'en voulait beaucoup de ne pas être intervenu plus tôt. Peut-être Lilly ne se serait pas pris cette balle dans l'épaule s'il avait réagi avant. Mais, il fut interrompu par les éclats de voix provenant de la salle d'interrogatoire.

- Puisque je vous dis que je ne lui parle plus à mon fils !

- Admettons un instant que se soit la vérité. Pourquoi ?

- Parce qu'il est malade, complètement fou. Parce qu'il a tué son père…sa sœur ! Parce qu'il a violé des jeunes filles !

- Elle était en larmes. Estomaqué par la réponse de Mme Downs, ils durent néanmoins reprendre leur aplomb.

- Vous êtes au courant pour les viols ?

- Je regrette, vraiment, mais il me fait tellement peur que…

- Calmez-vous, nous avons besoin de votre aide. Est-ce que vous connaissez un lieu que votre fils aime particulièrement ? Un endroit dans lequel il se sent en sécurité ?

- Non, il ne s'attache à rien. Je vous le dit, il est fou !

Will et Nick essayèrent encore une bonne heure d'obtenir des informations sur Jack. Mais la mère ignorait tout de son fils. Ils revenaient à leur point de départ. Scotty, dépassé par les évènements, se replongea dans le dossier de Lilly. Il survolait des bouts de papier mais il avait l'impression de pénétrer dans la vie privée de Lilly, ce qui le rendait mal à l'aise. Il referma le dossier. Quand il releva la tête il regarda ses collègues : Will en train de faire les cents pas, dossier en main, Nick pendu au téléphone, écoutant bon nombre de personnes pensant avoir vu la voiture. Nick qui semblait d'ailleurs d'désespéré les gens délirant totalement au téléphone. Enfin, Kate, qui s'occupait de raccompagner Mme Nicholson. Scotty se mit donc à aider Nick, débordé par tous les appels.


Elmerlelephant