Chapitre 2

Quinn était restée avec Santana pour la consoler. Il était dur pour elle de voir sa meilleure amie dans cet état et elle faisait tout pour l'aider à se changer les idées. Elle avait décidé de passer la nuit avec elle pour la soutenir et être là lors d'une prochaine crise de larmes. La blonde avait appelé sa petit-amie, Rachel Berry, pour le l'en informer. Il n'était pas rare qu'elle dorme chez sa meilleure amie depuis le drame et Rachel la comprenait très bien.

Elles étaient donc dans le lit de la brune, celle-ci s'était assoupie dans les bras de sa meilleure amie. Elles n'avaient pas pris la peine de se changer ou de se mettre des vêtements plus confortables pour dormir. L'avalanche de larmes avait été stoppée au bout de quelques heures, une fois que la brune avait criée toute sa peine. Elle était vraiment mal en point, les jours et les semaines passaient, et la blonde voyait que son état ne s'améliorait pas, elle sombrait dans son malheur.

Santana n'était pas quelqu'un, qui, d'habitude exprimait ses sentiments aux autres, mais Quinn était sa meilleure amie et depuis la mort de sa femme quelques mois plus tôt, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Quinn était alors plus présente que jamais, mettant souvent son couple entre parenthèses. Elle voulait le bien de sa meilleure amie et elle savait que seule le temps et la présence des gens qui l'aimaient pourrait l'aider un peu.

Quinn la regardait dormir. Elle ne s'étonna même pas de voir le visage de la latine tourmenté ses sourcils étaient froncés, le nez retroussé et ses yeux s'agitaient sous ses paupières. La blonde avait vraiment du mal de à la voir comme ça, mais elle pouvait imaginer l'enfer dans lequel elle était, s'il était arrivé la même chose à Rachel elle ne s'en remettrait pas. Elle serait dans le même état que Santana. Bien que leurs histoires ne soient pas les mêmes, qu'elles ne se ressemblent pas du tout, la blonde était éperdument amoureuse et attachée à sa copine.

Les deux jeunes femmes avaient eu tellement de mal à être ensemble. Elles s'étaient tournées autour pendant plusieurs années, sans jamais franchir le pas, de peur d'être rejetée par l'autre. Leur amitié était devenue solide comme un roc, mais la peur que les sentiments amoureux ne soient pas partagés les avait bloquées toutes les deux.

La blonde sortit de ses pensées lorsqu'elle sentit la brune bouger contre elle. Sur son visage des larmes commençaient à apparaitre, traçant des sillons. Cette image lui faisait mal, terriblement mal. Sa meilleure amie refaisait un cauchemar, ce cauchemar. Chaque fois que la brune fermait les yeux elle revoyait l'accident, Quinn le savait très bien. Elle devait la surveiller, suivre ses gestes attentivement, elle connaissait presque par cœur ce qu'entraînait le cauchemar : des larmes, des sueurs froides, des cris, des tremblements, des gestes brusques.

Elle se mit elle aussi à pleurer, elle était là lors du drame. Elle a assisté à tout. Elle était même aux premières loges. Les images défilaient dans sa tête, elle s'en voulait terriblement. C'était elle qui était là ce jour-là, c'était elle qui l'avait vue vivante pour la dernière fois, et elle se sentait coupable. La latine lui en avait voulu un temps, elle s'était enfermé chez elle sans en sortir pendant presque trois semaines. Chaque jour elle venait sonner à sa porte, mais Santana lui demandait de partir, ce qu'elle faisait. Elle voulait l'aider, être là pour elle mais la brune refusait catégoriquement que quelqu'un soit là. Elle voulait simplement rester seule. Et la blonde le comprenait mais au bout de trois semaines, elle en avait eu assez de se faire rejeter, assez de voir que Santana refusait d'avoir de l'aide de quelqu'un et un soutien. Elle ne l'avait pas vue depuis le jour de l'accident et elle s'inquiétait de l'état dans lequel elle pourrait la retrouver. Elle avait même peur que celle-ci fasse le pas qui lui permettrait de rejoindre sa femme.

Elle regarda le visage torturé de Santana, elle l'avait déjà vu quelques mois auparavant. Le souvenir d'un jour en particulier lui remonta en mémoire.

Ce jour-là, comme les trois semaines précédentes, elle était devant la porte de la brune. Elle sonna et une voix étouffée par des sons fort lui parvint, lui demandant de partir. Elle s'était retournée, avait commencé à marcher le long du couloir pour rejoindre l'ascenseur qu'elle avait quitté quelques minutes plus tôt, puis se ravisa au bout de quelques pas. Elle sorti de son sac un trousseau de clés, elle avait celle de l'appartement. Elle devait ouvrir, voir son amie, qu'importe ce qui allait se passer. Elle pouvait même encaisser des coups, elle était rétablie, son état physique s'était amélioré.

Elle venait d'entrer chez Santana. Celle-ci était allongée sur le canapé, la tête sur un oreiller et une couverture lui recouvrait le dos. Elle regardait la télé. Quinn reconnu un dessin animé, mais pas n'importe lequel, elle regardait le préféré de Brittany, Le roi lion. Elle se reconcentra sur la brune. Ses cheveux étaient en bataille, jamais Q ne l'avait vue comme ça. Quand elle vit le désordre de l'appartement elle poussa un petit cri de surprise. Santana daigna enfin lever les yeux de l'écran, elle fit un mouvement rapide pour se retourner vers la blonde et laissa en même temps échapper une grimace. Faire le moindre mouvement était devenu douloureux pour elle. Quand la blonde posa ses yeux sur le visage de son amie elle avait failli se décomposer. Santana avait des cernes violettes qui descendaient presque sur ses joues, celles-ci étaient affreusement creusées, le visage avait pris une teinte blafarde et ses yeux étaient rouges et gonflés par un excès de larmes. Elle était vraiment dans un état pitoyable.

Quinn ne voulait même pas imaginer l'état du reste du corps de la latine. Elle avait déjà un corps digne d'un grand mannequin, mais si elle en croit son visage, son corps ne devait pas être dans un meilleur état. Elle était triste de la voir comme ça.

« Santana… »

« Dégage Fabray ! Je ne veux pas te voir. Tu ne comprends vraiment pas quand je dis que je ne veux voir personne ? PER-SON-NE ! Donc maintenant, dégage de mon appart ! » avait-elle dit durement.

« Non ! Je- »

« Non ? Ce n'était pas une question. Sors d'ici. »

« Non, je suis ta meilleure amie et je dois rester auprès de toi. » répond calmement la blonde.

« Tu ne l'es plus ! Plus depuis ce jour-là. » quelques larmes commençaient à rouler le long de ses joues. « Alors pars ! Pars ! Pars loin et ne reviens jamais ! Jamais tu comprends ! »

Quinn était blessée par les mots de la brune mais voyant que qu'elle était à bout elle ne voulut pas aggraver les choses. Elle se dirigea vers la porte puis revint sur ses pas et se retourna face à la brune.

« Je t'ai apporté quelque chose. »

« Ah ouais ? Tu m'as ramené ma Britt ? » lâcha-t-elle froidement.

« Santa-»

« Non ! Tu ne peux pas venir ici et te comporter comme ça. Tu n'en as plus le droit. Tout est de ta faute. TOUT ! Elle n'est plus là à cause de toi. Alors ne remet plus les pieds ici, tu n'es plus la bienvenue. Oublie-moi ! Oublie même que j'existe. »

« 15 ans, je ne peux pas ! Tu es mal tu ne peux-»

« Tu ne peux pas ? Et comment je suis censée faire moi ? Je dois aller mieux c'est ça ? Comment je fais quand j'ai perdu 24 ans de ma vie ? Elle est morte ! Personne ne me la ramènera alors, s'il-te-plaît, ne reviens plus ici ! Chaque fois que je te vois je la vois elle, tu me rappelles son accident ! » cria Santana avec rage.

C'en était trop pour la blonde. Elle partit en courant de l'appartement en claquant la porte. Elle n'attendit même pas l'ascenseur et se dirigea vers les escaliers qu'elle dévala pour sortir en trombe de l'immeuble. Elle s'arrêta essoufflée, posa ses mains sur ses cuisses pour reprendre son souffle et essuyer les larmes qui noyaient ses joues. Elle passa rageusement sa manche devant ses yeux pour les essuyer puis repris sa course effrénée. Elle courut vite, ne regardant pas où elle se dirigeait. Elle voulait simplement fuir et partir loin de la latine. Elle voulait s'éloigner de celle qui lui avait dit des mots horribles.

Plusieurs fois des voitures l'ont klaxonnée lorsqu'elle traversait sans regarder devant elle. Elle pouvait se faire renverser qu'elle s'en moquait. Santana venait de lui briser le cœur en quelques minutes. En quelques phrases elle lui avait infligé des reproches. La brune la prenait pour responsable de la mort de sa femme. Sa meilleure amie lui en voulait, c'était de sa faute si Brittany était morte. Il fallait un coupable et Santana l'avait désignée. C'était entièrement de sa faute, pas que ça le soit réellement, mais parce que c'était elle qui était avec elle à ce moment-là, c'était donc à elle de veiller sur la blonde aux yeux bleus. Elle avait failli son rôle et elle en payait les conséquences.

Elle courait toujours à travers la ville, elle ne savait pas où elle était. Plusieurs fois elle avait dû s'arrêter pour essuyer les larmes qui lui brouillaient la vue. Elle voyait les gens s'agiter, elle ne compris pas de suite pourquoi et puis au bout d'un moment elle avait eu froid, elle tremblait. Il s'était mis à pleuvoir, mais plongée dans ses pensées et à fond dans sa course elle ne s'en n'était pas aperçu. Les new-yorkais se pressaient pour se mettre à l'abri, certains appelaient des taxis pendant que d'autres sortaient leur parapluie pour se protéger. Quinn ne fit rien pour se couvrir et continua sa course. Elle ne savait pas très bien depuis combien de temps elle courait comme ça, sans destination précise. Tout ce qu'elle voulait c'était s'éloigner de tout ça, elle aurait voulu que l'accident ne se soit jamais produit et que sa vie soit la même qu'avant où toutes les quatre étaient heureuses.

Elle avait fermé les yeux quelques instant sans pour autant freiner sa course et avait bousculé quelqu'un. Les deux personnes s'étaient retrouvé au sol, Quinn dessus l'autre personne. Elle se releva rapidement et s'excusa rapidement avant de repartir. Quelques minutes plus tard, essoufflée elle s'arrêta pour retrouver un rythme cardiaque et respiratoire normal. Elle respirait difficilement tout en regardant autour d'elle pour essayer de savoir où elle se trouvait, mais elle ne reconnut aucun bâtiment. Les noms des rues lui indiquaient qu'elle se trouvait presque à la sortie de la ville. Il fallait qu'elle rentre chez elle, Rachel l'attendait.

C'est trempée qu'elle avait appelé un taxi et lui avait donné l'adresse à laquelle se rendre. Elle n'a pas dit un seul mot de plus, le silence dans le taxi était reposant pour elle. Vingt minutes plus tard, le taxi se rangea sur le côté de la route et lui annonça qu'elle était arrivée. Elle le paya et sortit du véhicule. Il pleuvait toujours dehors, les gouttes s'étaient intensifiées depuis tout à l'heure. Elle entra le numéro pour ouvrir la porte de l'immeuble et s'y engouffra avant d'appeler l'ascenseur. Elle se demandait ce que sa femme allait bien pouvoir penser d'elle en la voyant comme ça.

En entrant chez elle, elle découvrit sa petite amie sur le canapé avec une couverture sur ses genoux. La télé n'était pas allumée ni même la chaine hifi, et cela n'annonçait rien de bon. Rachel l'attendait et elle avait l'air inquiète.

« Bon sang Quinn, où étais-tu ? » commença-t-elle avant de poser les yeux sur les cheveux trempés de la blonde « Pourquoi tu es trempée ? Il y a du nouveau avec Santana ? »

Quinn ne répondit pas. Elle était là, droite comme une statuette à fixer la petite brune.

« Quinn ? Répond moi. » avait-elle commencé doucement avant de se lever et de se diriger doucement vers la blonde.

Elle comprit que Quinn ne lui répondrait pas et l'enlaça. Les habits de la blonde allaient la tremper mais elle s'en fichait, elle devait être là pour elle. Elle voulait comprendre ce qui avait pu mettre sa petite amie dans cet état.

L'étreinte dura quelques minutes, aucun mot n'avait été prononcé, seul la respiration saccadée de Quinn faisait écho dans le salon. Le brune lui chuchota des mots à l'oreille pour essayer de l'apaiser mais rien y faisait, la blonde laissait échapper ses larmes dans le cou de Rachel. Cette dernière desserra l'étreinte de façon à voir le visage de sa chérie, mais Quinn l'en empêcha, rapprocha rapidement leurs deux corps.

« Quinn… Parle-moi. Dis-moi ce qu'il se passe ? Je veux bien t'aider en te prenant dans les bras, mais je veux comprendre ce qui t'a mise dans cet état. C'est Santana ? » demanda-t-elle calmement.

Elle attendit une réponse mais aucune ne vint.

Quinn était toujours dans les bras de Rachel. Elle respirait son odeur, celle qu'elle aimait depuis tant d'années. Elle déposa délicatement ses lèvres dans son cou et sentit que la brune voulait se détacher d'elle, sûrement pour lui demander des explications sur son comportement, mais elle ne la laissa par faire en la maintenant fermement contre elle. La brune ne retenta pas un autre éloignement, ce qui rassura Quinn. Elle continuait toujours de parsemer son cou de tendres baisers et sentit la brune frissonner. Elle savait pertinemment que ses baisers avaient un effet dévastateur chez Rachel, et elle ne pourrait bientôt plus résister à son invitation. La blonde entreprit alors de tirer un peu sur le t-shirt de la brune afin de découvrir son épaule droite et avoir ainsi accès à plus de peau. Ses simples lèvres avaient laissé place à sa langue. Elle parcourait les centimètres de peau qui se présentaient à elle avec une lenteur déconcertante. Chaque parcelle de peau avait été goutée. Soudain, elle ressentit comme un vide, Rachel s'était dégagée de son corps et se trouvait maintenant en face d'elle, un demi-mètre séparant leur deux corps. Sans qu'elle ne s'y attende, la brune se jeta sur ses lèvres avec envie. Quinn avait gagné, Rachel désirait maintenant la faire sienne.

Quinn descendit une de ses mains lentement, en suivant les courbes de sa petite amie, jusqu'à ses fesse. Elle fit ensuite monter une de ses jambes jusqu'à l'entrejambe de la brune. Le baiser s'accentua, devenant un combat pour la domination. Puis, Rachel sauta sur Quinn, enroulant ses jambes autour de ses hanches, ce qui brisa quelques instants le duel que se livraient leurs langues.

Quinn repartit à l'assaut de son cou, reprenant ses doux baisers. Elle lui mordilla la peau fine de la clavicule, ce qui fit pousser un gémissement de la part de Rachel.

La blonde décida qu'il était temps de se diriger vers leur chambre afin de profiter pleinement. Connaissant parfaitement leur appartement, le chemin du salon jusqu'à la chambre se fit sans heurt.

En arrivant, Quinn déposa délicatement la brune sur le lit. Elle enleva elle-même son gilet et son t-shirt mouillé, découvrant à Rachel son soutien-gorge en dentelle. Elle vit les yeux de la brune briller de luxure lorsque celle-ci posa les yeux sur la peau à peine recouverte. Tout doucement, Quinn se rapprocha de la brune et se mit à califourchon sur elle, entourant ses hanches de manière possessive. Rachel ne disait rien, elle admirait juste le corps de la blonde. Quinn reprit possession des lèvres qui lui faisaient tant envie. Elle commença à descendre ses mains le long du corps de son amante afin de trouver le bas du vêtement pour le lui retirer. Rachel se souleva un peu pour laisser à Quinn le soin de la découvrir.

La blonde admirait la poitrine de Rachel, elle l'aimait tant. Elle lui donna un rapide baiser sur les lèvres avant de se déplacer à côté de la petite brune afin de lui ôter la jupe qu'elle portait. Tout doucement, elle la fit glisser sur ses longues jambes avant de la jeter plus loin dans la pièce.

Rachel n'était plus qu'en sous-vêtement et Quinn la désirait plus que tout à cet instant. Elle revint s'assoir sur son bassin et vint l'embrasser, mais la brune ne lui rendit pas. Elle releva la tête et la toisa, lui demandant silencieusement pourquoi.

« Quinn… On ne peut pas … Non, oui j'ai envie de toi, mais tes habits trempés m'ont rappelé comment on en était arrivée là… »

Quinn se releva et alla s'assoir sur le bord du lit.

« Tes vêtements trempés… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Mais la blonde n'avait pas la force ni l'envie de lui en parler. Elle voulait juste oublier cet événement pendant quelques heures, mais voilà que sa brune remettait ça sur le tapis.

« Répond-moi ! Ce n'est pas en faisant l'amour que tu seras mieux. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé avec Santana mais je veux t'aider et comprendre. Laisse-moi t'aider. Accepte mon aide. » avait-elle dit en se rapprochant d'elle.

« Non, tu ne peux pas m'aider ! Tout est de ma faute et je mérite ses mots, je mérite cette culpabilité qui me ronge. » répondit-elle avec une petite colère dans la voix.

Rachel, ce jour-là n'avait pas compris l'ampleur des mots de la blonde. Elle n'avait pas compris pourquoi elle lui avait dit ça. Quinn savait bien que même sans savoir ce qui avait été dit chez la latine, une part de la brune détestait Santana pour l'avoir mise dans cet état.

Quand plus tard, Quinn lui avait tout raconté elle avait d'abord été horrifiée, puis surprise et enfin triste. La blonde avait même l'interdiction d'essayer de revoir la latine. La petite brune souffrait, elle partageait la peine de sa copine.

Pourtant, aujourd'hui, quelques mois après cet après-midi, elle était chez Santana et veillait sur elle. Les mots de la latine revenaient parfois en mémoire mais elle essayait de plus y penser. Elles s'étaient expliquées et la blonde lui avait pardonné ses mots.