Tiens, tiens, une revenante… Huhu. Et non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi avec un nouveau chapitre pour votre plus grande joie. M'enfin. Pour ça, faudrait peut être qu'il me reste encore une lectrice. J'espère que vous n'avez pas trop désespéré de ma looongue absence. En tout cas, je vous souhaite une très bonne année. J'espère que vous avez passé d'excellentes fêtes de fin d'année, car moi, l'excès, ça m'a presque tué. xp…

Brefouille, cette année, votre chère auteure a pris quelques résolutions pour éviter de se faire troncher avant l'heure. L'une d'entre elles est bien sûr de toujours finir quelque chose que j'ai décidé de commencer. Eh oui… Cela s'applique aussi et surtout aux fics, je crois. Alors voici un truc pour commencer.

Je vous remercie pour votre soutien, cela me touche vraiment.

Oh et réponses aux anonymes qui ont été, je crois, plutôt nombreuses… Merci beaucoup, j'espère que vous êtes toujours là. Et petit rappel : pour celles qui m'envoient des demandes sur FB, veuillez marquer votre pseudo parce que sinon, j'ignore, hein.

Siah : Je suis ravie que tu adore mon Sasuke. ^^ Moui, oui, il est comme ça mais attention les yeux, il risque de te surprendre. )

Jess : Alors la première phrase de ta review, elle me plait. x) Merci beaucoup, je suis trop contente que mes histoires te plaisent, ça fait toujours plaisir que quelqu'un apprécie ce pour quoi on se donne à fond. Et la suite arrivera plus souvent maintenant (je crois)… J'ai juste eu un moment de flottement.

Maroussa : Merci, merci, merci. :) Faire rire les lecteurs, je crois que c'est un des trucs que j'aime le plus ^^ malheureusement, ça arrive assez rarement. :s Je suis heureuse que ça t'ait plu, et j'espère que tu vas encore me lire avec plaisir.

Natsu18 : Contente que ça te plaise et la suite, c'est maintenant. )

Rosy : Ma chère Rosy… Tu es probablement celle qui me commente le plus et je tenais à te remercier spécialement, je suis vraiment désolée de ce retard monstrueux, j'espère que tu me lis toujours. :) En ce qui concerne ta question… Heu… Ecrire un livre, je dois te dire que j'y songe chaque jour, chaque heure, chaque minute mais le fait est que… J'en sais trop rien. J'ai bien écrit quelques prologues et fait quelques recherches mais je n'ai pas souvent le temps en fait. Et puis, je n'ai pas choisi la meilleure filière pour pouvoir devenir écrivaine. Mais ça me flatte que tu me poses la question. Et la réponse est : j'en meurs d'envie. x') Enfin, tu le sauras si je me décide à pondre un livre dans les années qui viennent, en espérant que mon profil soit toujours là… xD Merci de ton soutien. Bisous.

Shashiin : Merci pour ta review, ça m'enchante que ça t'ait plu et encore plus que ça t'ait fait rire… En effet, beaucoup de monde ont comparé cette histoire avec « Le diable s'habille en Prada » et je n'ai rien contre mais ce n'est pas vraiment cette histoire qui m'a inspiré. En fait, c'est une série indienne que j'ai suivi malgré les répliques que je trouvais –en toute humilité– peu imaginatives parce que la fille, elle répondait pas ou très peu. En tout cas, merci d'avoir pris quelques minutes pour parler de tes impressions, j'apprécie, vraiment.

Irne : Merci beaucoup, j'espère que tu es toujours aux premières loges, ça fait longtemps quand même… :D Voici la suite.

Mayuri-chan : Merci de ta review. Et oui, c'est bien une réplique en hommage à Edward, la p'tite crevette dont je suis follement dingue (ça veut rien dire en plus, follement dingue ^^). Enfin, voici la suite…

KiKi : Heureuse que ça t'ait fait marré, vraiment, j'espère que tu es toujours là car je reprends ENFIN du service. Merci.

En tout cas, je vous préviens hein… J'ai un peu cassé le rythme pour faire accélérer les choses. Pas la peine de mettre un chapitre pour chaque jour de travail. Notre Sakura est spéciale, elle ne vous communique ses pensées que s'il se passe des choses spéciales. )

Enjoy.


Chapitre 4 : Vendredi soir, tu mourras.

-Votre café, monsieur…

Comment peut-il encore avaler ça il fait un peu trop chaud pour ça, non ?

-Hn. Non, non, c'est parfait(1)… Je n'y vois aucun inconvénient… Dès mardi, ce sera fait… –Sakura, ce que je vous avais demandé–…

-Tout de suite, Monsieur.

Ouais, il fait bizarrement chaud ici…

-Une équipe va s'en charger. Nous vous offrirons toujours les meilleurs services possibles, Monsieur…

Et ragnagna… Je ne savais pas que c'était aussi un lèche c-… botte.

-Bien évidemment… –Un peu plus haut… Sakura, plus haut !–… Oh, ne vous inquiétez surtout pas, mon ami, votre immeuble sera le plus sécurisé de tout Floride. –Sur votre gauche… Encore… Voilà–… Il sera équipé de technologie dernier cri concernant les alarmesNous pourrons éventuellement vous faire cette faveur, en effet. –Non, le classeur bleu–.

-Je sais, je sais.

Saleté de chaleur. Saleté de boulot. Saleté de classeur. Et surtout… Saleté de patron de fait chier de merde !

Non, le classeur bleu. Sans blague.

Tu vas voir où je vais te le mettre, moi, ton précieux classeur bleu. En plus… En plus, c'est très haut et je… J'y arriverai pas. Bon sang.

Je me retourne vers lui, croise les bras sur ma poitrine et le darde de mon regard, assez furieuse qu'il ait placé ce satané dossier exactement là où moi, je ne pourrai jamais l'atteindre. Vous le reconnaissez sans doute : Sasuke Uchiwa, roi des emmerdeurs en titre, avis aux amateurs. Il est bien évidemment assis sur son trône en cuir, bien à l'aise dans sa chemise Lacoste blanche, à m'ignorer royalement. Le téléphone à l'oreille, son front était légèrement plissé, signe qu'il était particulièrement contrarié, j'imagine. Apparemment, il est en ligne avec un de ses gros clients américains aux idées aussi rocambolesques que stupides. Tout à fait le genre de personne à aménager une piscine entièrement remplie avec de la neige fondue importée de l'Everest, si vous voulez mon avis. Monsieur Gray Coleman. D'après ce que j'ai pu comprendre, ce dernier prévoyait de réhabiliter une ancienne bâtisse à Daytona Beach, en Floride, afin d'agrandir sa chaine de centres de loisirs pour canins –croyez moi, je me suis bien marrée, moi aussi– et ça fait des jours qu'il pompe l'air à sa Majesté, qui, lui, n'était pas du tout content de recevoir de tels appels. Mais bien évidemment, Monsieur Uchiwa n'irait jamais engueuler un milliardaire qui ne sait plus quoi faire de sa fortune, ce serait une faute stratégique plutôt conséquente. Je sens que le DG de la filiale américaine va bientôt avoir des ennuis… Et moi aussi si je reste trop longtemps ici.

-Ca vient ce dossier ? S'impatienta t il en obstruant le micro de son combiné avec sa main.

-C'est pas de ma faute, il est trop haut. Braillai je en me mettant sur la pointe des pieds pour l'atteindre, en vain.

-Bien sûr, Monsieur Coleman, je parlerai de ce détail avec le chef de projet… En attendant, j'aimerais assez que vous appeliez directement Monsieur Hatake Kakashi en cas de problèmes, c'est lui qui représente Akatsuki Corporation aux Etats Unis… Non, non, je peux vous assurer que c'est une personne très fiable... Eh bien, vous m'en voyez flatté, mais je vous assure que l'on peut se fier à lui… Merci. A bientôt, dans ce cas. Continua t il avec un accent anglais tout à fait impeccable.

Ahahahaha… Son client exigeant ne veut pas de son DG pour faire le sale boulot. Un emmerdeur, deux emmerdeurs, mais dites moi, la concurrence est rude, ces temps ci.

Il raccrocha doucement et à mon plus grand étonnement, je ne l'entendis pas soupirer. Je suppose qu'il veut faire bonne figure, rien de plus… Je me retournai vers lui pour vérifier mes dires et vis qu'il s'était déjà levé pour venir « m'aider » (ouais, tu parles !).

Le visage fermé, probablement parce qu'il était toujours énervé, il passa son bras par-dessus ma tête, attrapa le fameux classeur sans faire le moindre effort et me toisa légèrement. C'est vrai que Monsieur avait une tête et demi de plus que moi, ça pourrait être intimidant… Mais ce n'est absolument pas le cas.

D'un simple coup d'œil, je remarquai qu'il avait toujours une ridule sur son front… Cela le rendait assez irritable à regarder car il avait l'air nettement plus sérieux. Et plus vieux aussi. Or ce n'était vraiment qu'une toute petite ride, marquant une discontinuité dérangeante sur sa peau lisse et diaphane, tel un lit de rivière asséchée en plein désert. Inutile mais remarquable. En fait, c'est probablement la seule chose qui marque ses ém-…

Bordel… Pourquoi est ce que je… ? Réveille-toi, bon sang, ce n'est qu'une putain de ride !

Alors que j'allai me retirer avant de me faire prendre à le fixer comme pas permis, un homme que je n'avais jamais vu à notre étage, ni dans l'entreprise d'ailleurs, entra directement dans le bureau directorial. Sans frapper.

Mauvaise idée.

Son costume bleu nuit laissait présager que soit c'était un gars de l'entretien, soit… Le livreur –livreur de quoi ? –.

Je ferais mieux de sortir d'ici. Et vite.

-Bonjour, Monsieur… Euh. Je suis le technicien, on m'a signalé que l'air conditionné ne fonctionnait plus. Alors… Euh. Je suis là. Bredouilla t il alors que je sentais une aura négative sans précédente emplir la pièce, la source se trouvant bien sûr juste derrière moi.

Pauvre petite nouille.

Je me tourne vers Monsieur Uchiwa pour voir, avec horreur, le petit air amusé qu'il arborait. C'est vraiment, vraiment mal parti. Oh, ne vous méprenez pas, c'est pas que je n'aime pas le voir sourire, c'est juste qu'entre nous, il faut noter que ce qui pourrait l'amuser à cet instant… N'amusera certainement personne d'autre que lui-même. Je le sais car il m'a souvent servi cette tête toute la semaine durant. Et avant que ça ne me retombe dessus encore une fois, moi, je sors.

-Technicien, vraiment ? C'est quoi votre nom ? S'enquit le Maitre suprême de ces lieux, avec son ton doucereux, l'odeur agréable qui précédait celle du roussi, j'ai envie de dire.

-Kotetsu, Monsieur, Kotetsu Kanaï. Répondit le technicien avec nervosité…

Ah, t'es fait. Tu viens de ruiner toute ta carrière, ainsi que celle de tes enfants.

-Une minute, Mademoiselle Haruno. M'interpela t il alors que j'avais presque franchi le seuil de la porte dans mon empressement.

Fais chier. Qu'est ce qu'il me veut encore ? C'est bon, non ? Il a trouvé une autre souffre douleur. Mais le lui faire remarquer, ce serait vraiment me passer la corde au cou alors je me retournai sans faire d'histoire, un léger sourire sur les lèvres. Sourire faux bien évidemment.

-Oui, Monsieur Uchiwa ?

-Montrez donc à ce cher Kotetsu la sortie tout en lui expliquant les rudiments du savoir vivre ici. Plaqua t il froidement avant de retourner derrière son bureau pour ouvrir calmement son dossier.

Ledit Kotetsu pâlit à vue d'œil suite à ces paroles et quelque part, je le plains sincèrement. Il ne devait vraiment rien comprendre à ce qu'il se passe mais soit c'était lui, soit c'était moi. Et honnêtement… Ahem. Quitte à choisir.

Je redirige alors le pauvre technicien viré vers la sortie et lui explique le pourquoi du comment de la situation, comme Monsieur l'avait si bien demandé. Puis, je retournai dans mon bureau sans m'attarder devant l'antre du diable.

Quoi, je n'allais tout de même pas y retourner afin qu'il puisse me torturer ?

-Sakura, revenez ici. Tout de suite.

Faut croire que si…

Il n'avait même pas parlé fort, c'est juste parce qu'il régnait un silence de mort à notre étage, je ne pouvais décemment pas faire la sourde en poursuivant mon chemin.

Abattue, je marchai à nouveau en direction de son bureau tout en fixant le mien avec mélancolie. Et non, je ne me plie pas à sa volonté.

-Je peux faire quelque chose pour vous, Monsieur ? Minaudai je presque en entrant.

Presque… J'ai envie de lui vomir dessus. Et de me vomir dessus aussi, en passant. Minauder, j'avais vraiment pas un autre ton en stock ? Bon sang.

-Oui, appelez un autre technicien. Il fait une chaleur insupportable ici. Ordonna t il avec tout le naturel du monde.

Je crois que j'ai mal entendu.

-Vous vous moquez de moi, n'est ce pas ? Tentai je en espérant sincèrement que ce soit sa première et dernière plaisanterie. Mais il ne répondit pas il se contenta de boire son café, continuant tranquillement de lire, tandis que je regardai, complètement effarée, là où Kotetsu était sorti.

Alors, lui, il est vraiment de mauvaise foi…

-Je… Monsieur Uchiwa. Je peux toujours rappeler ce technicien qui était là, il ne doit pas être parti bien l-…

-Il ne savait déjà pas que l'on devait frapper avant d'entrer dans mon bureau, comment pouvez vous croire une seule seconde qu'il puisse régler cette panne ? Me coupa t il sèchement en tournant plusieurs pages de son document. Je sais reconnaitre un débutant quand j'en vois un, dites vous bien, ma chère.

Ce type… Et dire qu'il était devenu presque sympa depuis quelques jours mais en fin de compte, il est encore plus… Gnnh.

Calme toi, Saku, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Il ne veut pas que ce technicien touche à sa conduite d'aération parce qu'il croit fermement que c'est un débutant. Et si cela s'avérait être la vérité, rien ne sera réparé, tu travailleras dans une atmosphère brûlante et cet imbécile va te pourrir la vie un peu plus. Alors, tu te calmes. Tu retournes dans ton bureau, tu prends ton combiné et tu demandes au service technique de t'envoyer un autre dépanneur. Ce n'est pas si grave, n'est ce pas ? Plus vite cette atmosphère s'apaisera, plus vite ce Monstre redeviendra vivable et là, tu pourras enfin respirer.

-Je ne veux pas savoir comment vous vous y prendrez mais je veux que ce problème soit réglé en un clin d'œil. La compétence. C'est tout ce que vous devez repérer, qu'importe s'ils doivent passer un à un sous votre nez. Rajouta t il en relevant ses yeux impassibles.

Je levai les yeux au ciel. Nous ne sommes pas dans Pop Star, par l'amour du ciel, pas la peine d'organiser tout un casting.

-Et comment est ce que je saurais, moi, si ce sont des débutants ? Demandai je, exaspérée.

-Facile. Les débutants savent se reconnaitre en leurs semblables. Répliqua t il, un brin sarcastique.

Euh… Il a osé insinuer quoi, lui ?

-Pardon ?

-Oui, vous m'avez bien compris. Alors faites ça vite, je conçois très mal la réunion de cet après midi sans la climatisation.

Oh ? Voyez-vous ça ? Vous savez ce que moi, je conçois très mal, Monsieur Uchiwa ? C'est l'idée que quelqu'un de normalement constitué puisse bien vouloir de vous et de votre caractère de merde. Faut croire que le monde est mal fait puisqu'on dirait bien que c'est le cas. Mais vous savez quoi ? Un jour, la tendance s'inversera et ce sera à mon tour de vous piétiner sans aucune pitié, vous et votre satanée arrogance. Plus personne ne se pliera à vos ordres stupides, à vos idées stupides, à votre stupide grande gueule puante. Bon, j'exagère, vous avez de belles dents bien alignées et atrocement immaculées derrière vos lèv-…

STOP !

Réplique trop longue, ça commence à dévier un peu n'importe comment là. Non mais ! De belles dents bien alignées et atrocement immaculées… Et puis quoi encore ? Je ne les ai jamais vus, ses dents, d'abord !

Il referma ses documents d'un coup sec, se leva puis regarda sa précieuse Rolex…

-Ce sera bientôt la pause déjeuner, vous devriez vous dépêcher… Je ne voudrais pas vous voir débordée en pleine réunion. Nargua t il en récupérant d'autres paperasses sur son étagère…

Sasuke Uchiwa est certainement l'homme le plus lunatique que j'ai jamais connu. Une minute, il est sérieux, silencieux, presque agréable… Et l'instant d'après… Bang ! Il laisse place à un autre personnage sadique, narquois, odieux à la limite de la méchanceté. Schizophrénique, va !

-Bien, Monsieur. Me contentai je alors de répondre platement tout en amorçant un pas vers la sortie.

Je n'ai pas de raison de rester ici plus longtemps ni de répondre à ses provocations, si tant est que c'en est une… Il faut se taire quelques fois.

-Ah et j'aimerais savoir… Commença t il, m'arrêtant dans ma démarche.

-Mh ? (Quoi encore ?) Répondis je en me retournant pour –je l'espère– la dernière fois.

Il marqua une pause, me détailla de haut en bas, l'air sceptique puis il demanda, de but en blanc et d'un air tout à fait égal:

-Vous avez l'air de quoi en robe de soirée ?

Hum.

...

Moi ?

...

C'est à moi que tu demandes ça?

Je vais te le dire, moi, de quoi j'ai l'air en robe de soirée !

J'aurai l'air… De la femme que touts les communs des mortels rêveraient d'épouser. Oui. Même les femmes s'agenouilleraient devant moi, vireraient bi rien que pour me servir, me voueront un culte digne d'une déesse –car je le suis, fatalement– et ne parlons même pas de vous, les hommes. Pauvres hommes. Si faibles, si corruptibles, si avides, si possessifs… Vous ramperiez tous à mes pieds, vous en premier, Uchiwa Sasuke. Oui, vous. Vous me supplierez de vous épouser et vous voudrez vous suicider lorsque je vous dirais que non, non, je ne veux pas vous épouser, Sasuke.

Je serai si illustre que les étoiles feront ternes à côté, si lumineuse que le soleil en rougirait de honte, si belle que j'éclipserai la planète entière et même la galaxie.

Voilà. De quoi. J'ai l'air. En robe. De soirée. Hm.

-Alors ?

-Oh, eh bien… Je… Disons que… Je me défends pas mal.

C'EST QUOI CETTE REPONSE A DEUX BALLES ? Bordel, je crois que j'ai jamais rien dit d'aussi STUPIDE !

Et voilà qu'il se retourne vers moi avec son sourire arrogant… Pu-... rée de radis au gingembre et au noix coco!

-Tiens donc, votre réponse me surprend… Je croyais que vous alliez stupidement vous comparer à je ne sais quelle constellation ou autre déesse. Mais bon… Si ça avait été le cas, vous deviendriez certainement la femme la plus… Bête que je n'ai jamais connue. Articula t il avec une pointe de cynisme.

Il n'a pas pu lire dans mes pensées… N'est ce pas ? Il n'a pas pu comprendre la définition que je me donnais à moi-même dans ma tête à l'instant vu que c'est humainement impossible. Pas vrai ?

Il me fixa, ses orbes noires me transperçaient de partout comme s'il voulait sonder mon âme pour vérifier ses dires.

-Bien sûr que vous alliez vous comparer à une déesse. Finit il par conclure avec une voix calme, presque douce.

Autrement dit : bien sûr que vous êtes la femme la plus bête que j'ai jamais connu.

Mon sang se glace rapidement dans mes veines… Pour la énième fois, je me sens vraiment, vraiment cassée.

-Tout va bien, Sakura ? Vous palissez, je trouve… Railla t il, en montrant cette fois totalement ses dents dans un sourire sadique.

Sasuke Uchiwa, vingt quatre ans, un mètre quatre vint un, brun à la peau blanchâtre. Heure du décès : onze heures vingt. Cause du décès : strangulation.

Et oui, il a été certifié que la victime avaient de belles dents bien alignées et atrocement immaculées.


Je suai à grosses gouttes pendant que je me triturai sur ma chaise en cuir noire, cherchant une position plus confortable… Je suis en train de lire –ou d'essayer de lire– le rapport provenant du département de développement, assez agacée par ce flux d'eau salée qui sortait de tous mes pores… Ma jupe collait, ma chemisette collait, mes sous vêtements collaient, sans parler de mes cheveux… Bref, c'est vraiment loin d'être agréable, alors personne n'aura intérêt à la ramener lorsqu'on s'apercevra que, faute de concentration, je ne suis pas arrivée à bout de ces fichus rapports.

Après tout, ce n'est pas à moi de lire ces papiers…

« Non, je préfèrerais que vous les lisiez d'abord et que vous mémorisiez… Dorénavant, les rapports seront lus de cette manière. »

Tu parles ! Je paris qu'il peut les lire lui-même, si ce n'est déjà fait. Après tout, ce n'est pas pour rien qu'il n'a pas eu d'assistantes, ces derniers temps.

Je me demande ce que ce dépanneur est en train de foutre. Cela fait quand même plus d'une heure qu'il est allé « y jeter un coup d'œil », et comme par hasard, aujourd'hui, il ne fait pas moins de trente degré à l'ombre… En avisant ce léger détail –potentiellement problématique, j'aurais du le lui préciser–, on aurait pu croire qu'il se dépêcherait d'en finir avec ça mais non, Monsieur le réparateur-faiseur-de-miracle-en-tout-genre a décidé que tout le monde pouvait bien se mettre sur pause et que mon boulot pourrait passer après le sien… Après tout, ce n'est pas comme si j'avais un patron odieux mais on va dire que ce n'est pas grave.

Bordel, les sbires, je vous jure.

Je jetai des coups d'œil assez affolés autour de moi, cherchant désespérément un moyen quelconque d'apaiser un tant soit peu cette canicule mais il se trouve que je suis à court d'imagination pour une fois. J'aurais bien aimé pouvoir faire une petit tour au centre de loisirs, à plus de vingt étages plus bas, et prendre une bonne douche bien froide mais voila… Pour pouvoir m'éclipser en douce, je peux toujours rêver ! Le boss a été net : j'ai intérêt à visser mon cul sur ce fauteuil, il pourrait avoir besoin de moi à n'importe quel moment.

Je sentais la sueur glisser de ma nuque vers mon décolleté et repassais mon kleenex pour la énième fois avec des gestes las. Ma chemisette était trempée par endroit… J'ai essayé d'ouvrir les fenêtres –croyez moi, ces architectes sont barges, ce ne sont pas des fenêtres–, mais c'est à peine si elles se sont soulevées de trois, quatre centimètres. J'étouffai, littéralement même.

« D'après les chiffres de l'année dernières, il serait plus judicieux de faire en sorte que la filiale installée en Chine se consacre uniquement à la construction de la station balnéaire Aozora débutée en...»

Hmf. Je bloque sur cette phrase de merde depuis je ne sais combien de temps… C'est clair que moi et la lecture, ça fait deux, encore plus lorsqu'il s'agit d'un rapport aussi saoulant qu'une vieille série sans couleurs ni sons. C'est terne, c'est moche, c'est… Oh et puis zut !

Je me saisis de la petite pile de feuilles, la pliai légèrement en deux, jetai un coup d'œil à gauche et droite puis je m'en servis finalement comme éventail… Ah, au diable, les traces de mains moites sur le vélin, la petite brise, ça fait tellement du bien ! De toute façon, je suis sûre que je me fais juste chier à lire ce truc, je sais pertinemment que ce paranoïaque d'Uchiwa connait déjà la situation de l'entreprise dans les moindres détails. Plus pointilleux que lui, tu meurs !

Soulagée, je me laissai alors complètement aller en fermant les yeux et en me ventilant encore plus. J'en arrivai même à m'aérer le buste en tirant légèrement sur le décolleté de ma chemisette.

Par tous les Saints, ce que ça fait du bien…

« Joli plan anti-caniculaire… »

Je me figeai… Comme si quelqu'un avait appuyé sur pause. La bouche grande ouverte, les yeux grands ouverts, le décolleté très à découvert et le patron qui était adossé à l'entrée de mon bureau, je sus que j'étais mal. Les bras croisés, un sourcil levé, sa voix avait tout de narquoise mais en fait, son regard était sévère. Tout à fait le genre de situation où l'on pourrait dire « Merde» avec un grand M.

Il ria légèrement…

-Vous devriez voir votre tête, c'est tellement culte ! Fit il avant d'entrer promptement dans mon bureau tout en le scrutant presque dans les moindres détails.

Je soupirai imperceptiblement et posai mon éventail de fortune sur mon bureau en silence. Oui, car encore une fois, il n'y avait rien à dire. C'est clair que si l'on ne veut pas aggraver son cas, on se la ferme. Cette phrase prend d'autant plus de sens que lorsqu'on est nouvelle dans un environnement hostile. Alors je me contentai de le suivre discrètement du regard avec un visage neutre… Même si bon, au fond, je sais que je… Ahem… Redoutais un peu son humeur –pendez moi ! –.

-Il semblerait que vous n'ayez pas fait assez attention à vos choix, Sakura. Articula t il lentement tout en continuant de détailler mon bureau.

Et voilà. Je suis faite. Et que suis-je censé dire, dans ce cas ?

-Savez vous quel jour on est ? Me demanda t il toujours aussi calmement.

Je me retenais de lui demander en retour si j'étais vraiment censée répondre à cette question…

-Vendredi, Monsieur… Répondis je en sachant parfaitement à quel point j'étais ridicule.

-Mais encore ?

-Oh, eh bien, vous avez une réunion, comme à chaque fin de semaine, je suppose.

-Faux. Ce soir, un de mes amis ouvre son restaurant, et vous, vous m'y accompagnerez.

Une invitation à diner… Et je ne sais pas pourquoi je me mets à rougir comme une collégienne, bordel.

Je secouai légèrement la tête… Eh oh, elle est passée où la Sakura qui est censée triper après une telle invitation ?...

-Je… Je ne crois que ce soit marqué dans l'agenda, Monsieur. Bafouillai je légèrement…

Complètement disparue, on dirait, cette Sakura là…

-Eh bien, maintenant, ça l'est pour chaque vendredi. Plaqua t il sans m'accorder un seul regard.

-Ne me dites pas que votre ami ouvre un restaurant tous les vendredis… ? Lançai je, sarcastique, en retrouvant peu à peu possession de mes moyens, car oui, c'est honteux mais je les ai perdus à un moment donné…

Il se retourna brusquement vers moi… Il avait l'air… Vexé ? C'est vrai que j'ai sorti, sans m'en rendre compte, deux excuses pour ne pas y aller avec lui… Mais sa tête est vraiment plaisante à regarder. Il ne supporte donc pas qu'on lui refuse une invitation ? Ah… J'ai maintenant sa faille…

-Vous savez que soixante quinze pour cent des femmes ont rencards le vendredi soir, Monsieur ? Ajoutai je en me délectant de ses futures réactions.

Il rit jaune…

-Et vous avez rencard avec qui ? Hm ? Votre affreux petit ami à pelage noir et aux yeux jaunes ?

Mais de quoi est ce qu'il… Oh… Le…

Son doigt était pointé sur la photo qui me représentait avec mon chat…

-Ce n'est pas parce que vous me voyez uniquement au bureau que je n'ai pas de vie en dehors ! Explosai je derechef, mes joues rouges de colère.

Non, mais pour qui il se prenait ? Et surtout, pour qui est ce qu'il me prenait ? Ce n'est pas parce que je me consacrai totalement au travail qu'il fallait croire que je ne recevais jamais d'invitation… Et ce n'est certainement pas parce que j'ai un chat que l'on doit croire que j'suis déjà une vieille fille. Sale goujat !

-Vous irez diner tout seul, Monsieur Uchiwa. Votre invitation n'a rien d'intéressant de toute façon. Décidai je finalement avec dédain et supériorité.

Prends ça dans ta gueule.

Mais à mon plus grand désespoir, il ricana et vint se planter devant mon bureau. Il posa ses deux mains dessus et se pencha légèrement vers moi.

-Qui vous a dit que c'était une invitation ? Chuchota t il presque, comme si c'était une évidence que je n'aurais pas du louper…

Il ricana de plus bel en voyant ma mine déconfite.

Mais je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche car le nouveau technicien revint enfin dans mon bureau. J'espère bien qu'il m'apporte une bonne nouvelle.

-Excusez moi. Madame, j'ai fini, vous n'avez plus qu'à appeler le service technique pour remettre votre climatisation en route. Articula t il avec un léger sourire.

Enfin ! Ce n'est pas trop tôt…

-Merveilleux. Merci beaucoup, Kankuro. Répondis je, me surprenant moi-même d'avoir retenu le prénom d'un sous fifre.

-A votre service, Madame. S'inclina t il légèrement.

Voilà, ça, c'est quelqu'un de poli. Il est tellement poli qu'il sortit très vite de la pièce en avisant le regard torve de Sieur Uchiwa… Regard qui se reporte très vite sur moi avant de reprendre une lueur narquoise.

-Alors comme ça, on a un admirateur secret… Railla t il, le sarcasme suintant dans chacun de ses mots.

Je haussai un sourcil de dégout. Comment peut il se montrer aussi gamin… ? Et ça se dit PDG intransigeant après !

-Vous savez, Sakura, lui, c'est parfaitement le genre d'imbécile qui vous inviterait à diner rien que pour vous emmener diner…

Dans ce cas, vous, vous devez être un imbécile dans un tout autre genre…

-La seule raison pour laquelle vous irez diner avec moi, c'est que le vendredi… Nous rentrons plus tard que d'habitude. Alors soit on sort pour diner, soit c'est vous qui allez me chercher mon diner et reprendre le boulot pendant que je mange. Expliqua t il pendant que mon mâchoire tombait plus bas que terre.

C'est moi ou il a tout calculé pour faire en sorte que je ne puisse pas refuser ? J'ai l'impression de m'être fait piégée… S'il veut diner avec moi, ça le tuerait de l'avouer tout simplement ? On aurait juste dit qu'il voulait se réserver tous mes vendredis soirs.

-Bien, ceci étant. Commença t il en amorçant sa sortie. Je vous accorde trente minutes supplémentaires de pause. Il reste encore une heure avant la réunion… Vous devriez en profiter pour rentrer chez vous, prendre une tenue de rechange et éventuellement, un bain… Parce que vous voyez, vous sentez un peu la sueur là. M'acheva t il en faisant une petite grimace.

Il sortit de mon bureau avec sa démarche majestueuse puis lorsqu'il fut hors de mon champ de vision, je reniflai le col de ma chemise.

Oh…

La honte.


« Salut, Sakura. Alors… Tu es toujours vivante ? Je n'arrive plus à te joindre avec ton cellulaire, qu'est ce qu'il se passe ?... Bon, toujours est-il que tu me manquais. J'ai envie de passer un peu de temps avec toi… Ca te dirait un petit diner au resto, ce soir ? T'inquiète, je connais un endroit sympa et c'est moi qui invite. Rappelle-moi. »

La fameuse invitation à diner… Ha. Cet imbécile croit tellement en ce qu'il dit que cela me parait ridicule. Même si bon, Lee Rock est très, très loin d'être un copain que l'on pourrait se vanter d'avoir. La preuve en est que j'ai du restreindre mes appels entrants à cause de ses missives qui ressemblaient plus à des harcèlements à mon humble avis.

Je suis rentrée très vite, juste le temps de choisir une tenue pour la soirée et de prendre un bain rapide. Je ne suis pas en train d'appliquer à la lettre tout ce qu'il dit, détrompez vous c'est juste pour me sentir plus à l'aise.

Mais je ne pouvais vraiment pas me relaxer dans des conditions pareilles et au final, ce bain n'a eu aucun effet sur mon humeur… Je ressortis de ma baignoire toujours tendue puis je m'enroulai dans une grande serviette de bain couleur pêche. Le truc positif depuis que je travaille chez Akatsuki, c'est que je n'ai plus besoin de passer trois siècles devant ma garde robe avant de me décider, vu que j'optais la plupart du temps pour une jupe droite à taille haute et une chemisette couleur claire dans l'optique de rester aussi classique que possible au bureau. Je veux que l'on me prenne au sérieux quand même. Mais de toute façon, je serai toujours belle quoi que je porte !

En ce qui concerne le diner, je décidai d'emporter une robe de rechange plutôt sobre ainsi que d'autres accessoires dans mon fourre-tout en cas de besoin… Il ne m'a toujours pas dans quel genre de restaurant nous allions diner mais étant donné qu'il allait garder son joli petit costume à deux cent mille dollars sur le dos, je suppose qu'une robe en satin noir passerait partout. J'ajoutai également une autre paire de chaussure à talons aiguilles et un petit sac à perle assorti, sans oublier les colliers, les boucles, les bracelets… Enfin bref. Que ce la soit clair, hein… Ceci. N'est pas. Un rendez-vous. Je suis assistante d'un PDG de multinationale, je suis en quelque sorte son faire valoir… Il aurait l'air de quoi franchement si je décidai de m'habiller n'importe comment ? C'est normal que je veuille prendre soin de mon apparence…

Je jetai un coup d'œil à l'heure… Il me restait encore un quart d'heure. J'ai fait si vite que ça… ?

Bon, très bien… Je vais voir ce qu'il me reste à faire dans l'agenda en attendant… Ce qu'il y a, c'est qu'il y marque tellement de chose que je suis obligée de lire au fur et à mesure je ne peux pas me souvenir de touts ses trucs quand même…

Alors… Vendredi…

Matin, 8H00 : rendez vous avec le groupe Hayate pour le projet de construction dans les îles Kerama.

-Ca, c'est fait… Marmonnai je toute seule, Chibi sur mes genoux alors que je me suis confortablement installée sur mon fauteuil crème.

9H30 : rendez vous avec les nouveaux architectes et ingénieurs en bâtiments sortant de Kyodai

Ca aussi, c'est fait.

10H30 : vidéoconférence avec les actionnaires européens.

J'aurais bien aimé y être à celle là.

11H00: Livraison des rapports complets sur le projet Gray Coleman.

Et même qu'il s'est fait chié avec ça… Ah, c'était le bonheur total.

11H30 à 12H30 : pause déjeuner et pour finir, l'après midi, 14H30, réunion avec le conseil administratif…

S'il y a un truc que je ne comprends pas, c'est : pourquoi y a-t-il un conseil administratif dans cette société? A la base, et je ne crois pas m'être trompée, Akatsuki corporation était censé être une entreprise familiale… Sinon, ce ne serait pas un Uchiwa qui la présiderait et donc, le conseil administratif n'a pas lieu d'être puisque la famille contrôlait totalement la société. J'imagine qu'elle a du prendre des proportions énormes en devenant une multinationale mais cela n'explique pas pour autant pourquoi autant de personnes ont mains mises sur les gains de la boîte. Avant d'entrer ici, j'ai lu des tonnes et des tonnes d'articles sur l'entreprise. Aucun n'a parlé d'un changement de statut, comme quoi Akatsuki serait devenu une société anonyme ou même qu'elle vendait des actions… Ce qui est quand même assez difficile dans ce cas de figure, déjà, c'est pas évident de disloquer une entreprise familiale en plusieurs parts pour les vendre à des inconnus. En général, les familles veulent garder leur entreprise sous leur emprise totale jusqu'à sa faillite ou jusqu'à ce qu'ils la vendent entière or, là non plus, je n'ai rien trouvé.

Pas une seule fois, les journaux n'ont mentionné le nom de Sasuke Uchiwa alors que je trouve que c'est l'un des plus jeunes de touts les riches entrepreneurs de Kyoto. Un des plus jeunes parce que je sais qu'au moins, chez Himura, le concurrent d'Akatsuki Corp, on a parlé d'un certain Sai Himura qui viendrait à peine d'avoir vingt quatre ou vingt cinq ans… Sasuke doit le détester à mort. Mais bon… Revenons en à nos moutons… Je veux dire… Comment a-t-on pu faire croire durant autant de mois –ou d'années ? – qu'une seule et même personne dirigeait l'Akatsuki : Itachi Uchiwa alors qu'en fait, c'était un autre qui faisait tout le boulot ? Et puis d'abord, il est où le vice président ? Je n'arrive pas à le retrouver sur le livre de la mort que Sasuke Uchiwa m'a gentiment prêté. Il y a bien un SG, mais sinon, à part, entre le PDG et lui, il y a rien… Pourtant, c'est indispensable un Vice président, non ?

Pff. Ca va finir par me faire tourner la tête tout ça mais en tout cas, une chose est sûre : Sasuke Uchiwa est vraisemblablement le pire patron que l'on peut avoir. Il fait du bon boulot, a des idées brillantes, certes, mais… Question personnalité, c'est encore à revoir. Il pourrait finir vieux garçon, s'il continue d'être aussi odieux. Quoi que, non, en fait, je suis sûre qu'il va finir avec une pouf' matérialiste qui ne l'aimera que pour son fric, ses relations et son physique.

Roh, c'est bon, râlez pas, c'est que c'est vrai en plus… Il n'y a qu'à voir ses rendez vous avec les femmes, le soir, je paris que ce sont toutes des mannequins en plein essor avec qui il pourrait facilement s'arranger. Aussi pointilleux qu'il l'est, je suppose qu'il ne voudra jamais d'une mocheté en sa compagnie.

C'est peut être d'ailleurs pour ça que je suis devenue son assistante et non son expert comptable… Eurk.

Ouais, bon, je devrais peut être y aller maintenant si je ne veux pas me faire griller encore une fois. Ne pas recevoir d'appel venant de sa part durant une heure, je vous le dis, ça relève du miracle. Et je ne dois pas avoir des problèmes de ponctualité si je ne veux pas qu'il me rappelle à l'ordre.

Les quelques étages de mon immeuble furent vite fait traversés et je me retrouve rapidement devant la berline qui devait me reconduire au bureau. Le chauffeur me fait un léger sourire que j'ignorai royalement…

Non mais qu'est ce qu'ils ont ces petits employés, ces derniers temps ?

Heureusement pour moi, l'enseigne argenté de l'Akatsuki Corp ne tarde pas trop à rentrer dans mon champ de vision, ce qui me permit d'échapper au petit numéro de charme minable que ce minable de chauffeur me servait. Je n'attends même pas que le Minable m'ouvre la portière pour me faufiler vers l'entrée.

D'une démarche énergique, je foulai le sol en marbre blanc, des gens s'écartant sur mon passage. Beaucoup de monde se retournait sur moi mais je m'en fichais. Je sais que c'est parce que je marchais vite malgré l'énorme sac que j'avais sous le bras et que mes formidables chaussures claquaient formidablement sur le parquet, me donnant l'air tout à fait… Formidable.

Ouais, bon, je redescends un peu sur terre… Je sais surtout que c'est à cause de mes cheveux roses… Ils ne doivent pas encore s'y faire. Pauvre petits employés de bas étages… Une telle merveille ne doit pas souvent passer sous leurs yeux.

J'entre rapidement dans l'ascenseur, appuies sur le bouton désignant mon étage et attends. Les battants de la porte allaient se fermer lorsqu'une mallette noire s'y interposa. Je faillis sursauter lorsque je vis l'armée d'homme, Sasuke Uchiwa à leur tête, qui s'apprêtait à monter avec moi.

Je les reconnaissais tous. C'était les membres du conseil administratif.

-Messieurs, je vous présente mon assistante, Sakura Haruno… Mademoiselle Haruno, je crois que vous les reconnaissez. Déclara Monsieur Uchiwa en m'adressant un léger rictus.

Je savais ce que ce rictus voulait dire.

«Si vous n'avez pas encore lu le calepin, vous êtes dans de beaux draps ».

Mais je l'ai lu à la virgule près et je me souviens parfaitement de chacun des membres du conseil. J'acquiesçai alors et émis un sourire poli.

-Enchantée de faire votre connaissance. Répondis je d'une voix que je voulais ferme.

Un roux aux yeux noisette que je reconnus comme étant Sasori Akaino me tendit immédiatement la main, un sourire étrange flottant sur ses lèvres. Je serrai sa main en restant sceptique puis, sans tarder, je me retrouvai à serrer vigoureusement la main de tous les autres membres de conseil, les uns après les autres, certains me murmurant leur nom que je connaissais pertinemment.

Neji Tanaka (2), le secrétaire général… Ses longs cheveux bruns et ses yeux blancs terrifiants me rappelaient vaguement quelqu'un mais je n'arrivai pas à le remettre. Gaara Sabakuno, le conseiller, qui était, je dois dire, un fichu canon… En plus de son physique plutôt avantageux, ses yeux bleus électriques étaient tout ce qu'il y avait de plus... Hmm. On se calme avant de dire des bêtises.

Mais il ne faut pas m'en vouloir non plus, les autres n'avaient vraiment rien d'alléchants… Hidan Yûbena était certes plutôt charmant si l'on omettait ses sourcils beaucoup trop fin pour un homme et ses cheveux couleur parme –c'est même pas violet, c'est parme– un peu trop brillants pour que cela soit naturel. Il était drôlement efféminé, mais peut être pas autant que Deidara Sushiro, qui lui, avait coiffé ses longs cheveux intensément blonds en un demi-queue de cheval ridiculement haut. Yahiko Hishitsu et Kabuto Yakushi semblaient les deux seules personnes normales parmi eux. Enfin, eux, n'avaient pas l'air trop gays quoi mais entre les piercings omniprésents du premier et les cheveux mi long gris clair du second, je n'ai pas vraiment fait tilt…

La montée vers le dernier étage commençait à se faire trop longue à mon gout… En effet, ils s'étaient tous mis à discuter les uns avec les autres, me laissant seule dans mon coin à me faire reluquer lourdement par Monsieur Sasori Akaino. En fait, son sourire étrange était plus un sourire pervers qu'autre chose et cela me révulsait au plus haut point. Pour échapper à son inquisition visuelle, je ne pouvais que regarder quelqu'un d'autre… Et bien évidemment il fallait que je tombe sur lui. Parfait. Au moins, lui, il ne me regarde pas. Monsieur Uchiwa discutait activement avec son conseiller et son SG. De là où j'étais, je pouvais aisément voir sa posture droite, fière, presque hautaine, son profil avec son nez fin et légèrement en pointe, sa mâchoire carrée et ses lèvres bougeant au rythme de ses paroles que je ne saurais discerner… Soudain, il sourit en riant légèrement et je fronçai les sourcils… Apparemment, il avait des affinités avec Monsieur Sabakuno et Monsieur Tanaka. C'était forcé car ce n'était pas un sourire normal. Loin de là. Ça, c'était le genre de sourire qu'il n'offrira pas à ses employés. Le sourire qu'il ne m'offrira jamais, je le sais.

Un sourire sincère.

La seule chose qui lui manquait et qui me faisait nier ce qu'il était : Sasuke Uchiwa est… Charmant. En plus d'être plus canon que Gaara Sabakuno.

Merde, je suis…

Ding !

-En fait, Sakura, je vais sans doute devoir vous demander d'aller chercher l'agent comptable Nara… Mais ne soyez pas trop longue, on dirait que Monsieur Akaino a hâte que vous lui fassiez du pied sous la table…

Conne.


(1) Comme Sasuke discute avec son client américain, Monsieur Coleman, les dialogues en italiques, vous l'aurez compris, ce sont les conversations en Anglais. Je vous l'aurais bien écrit vraiment en anglais mais je pensais que ça gâcherait la fluidité de la lecture. Et puis, vous lisez en POV Sakura, cela veut clairement dire que vous écoutez ce qu'elle écoute et que vous comprenez ce qu'elle a compris. :)

(2)Neji Tanaka : Ca, je vous l'explique plus tard. )


Note de l'auteure : Vous avez vu comme elle se calme peu à peu notre flamant rose nationale ? M'enfin, c'est la fin de semaine aussi, Monsieur Uchiwa aussi peut être fatigué, hein, mais je vous assure, il ne le sera pas pour longtemps.

Alors, concernant ce chapitre… En fait, ce n'est que la première partie du chapitre 4 parce que oui, j'ai divisé le chapitre en deux. J'avais en tête une fin bien précise mais en cours de route, y'a eu plein de trucs que je devais introduire afin de mettre un peu d'intrigue à l'histoire et du coup, ça a été trop long. Ce chapitre est donc plutôt relégué au rang de chapitre de transition. Je ne m'attends donc pas à ce que vous le trouviez grandiose mais il ya des tonnes d'indices que j'ai laissé trainé. Je crois.

En tout cas, vos avis et vos pronostics sont toujours les bienvenus !

A bientôt pour un nouveau chapitre (oui, oui, avec le fameux diner du vendredi soir en prime) et encore bonne année à toutes.

Yuri.