Ahem.

*Mains en l'air et drapeau blanc*

Mea Culpa, les filles. Vraiment, je suis vraiment, vraiment désolée. Je sais que j'ai promis ce chapitre pour le weekend dernier mais je n'avais plus de connexion et c'était quelque chose que je n'ai pas pu prévoir, vraiment. Donc du coup… Me voici, un beau mardi après midi à m'excuser auprès de vous avec cette nouvelle publication. J'ai même rallongé le chapitre pour pas que vous me tuiez de vous avoir fait attendre pour une daube. :) Alors je vous laisse apprécier (ou pas) ce chapitre 5 qui est en fait la deuxième partie du chapitre quatre. Attention, c'est long (environ 24 pages word).

Réponses aux anonymes :

mouaaya: Merci, je suis contente que cela te plaise. Je sais bien que Sakura n'est pas très "Sakura" dans cette fic mais je suis contente qu'elle te fasse rire. Voici la suite.

skyllu: Ouh, merci merci. C'est gentil, tout ça vraiment. Un peu plus et j'aurais pris la grosse tête. 8D Je suis vraiment ravie que le style te plaise et pour les fautes... Euh. Là j'ai pas d'excuses mais je fais toujours de mon mieux. :)

Rosy: Chère fane n°1, me revoilà à nouveau revenue d'entre les morts! :) Merci de me soutenir autant! Sérieux, je pensais vraiment arrêter les fics mais... Non. J'aime trop écrire. Sans ça, je ne serais plus qu'une intello ennuyeuse, réparatrice électroniques. C'est franchement moins drôle! x) Je suis consciente que je publie très rarement mais ce n'est pas parce que j'écris pas. Au contraire, je ne fais que ça mais au bout d'un moment, je n'arrive plus à être satisfaite avec ce que j'écris. Donc... T'en fais pas... Tant que je serais pas mariée, je risque pas d'arrêter! XD

Anae: Merci, ce que tu me dis me flatte beaucoup. :) Et ne pas tomber dans la précipitation... Je crois que ça compte pas sur cette fic, vu comme mes chapitres sont très longs. Je compense! :) J'espère que tu aimeras encore ce nouveau chapitre!

marieb: Merci beaucoup. Ravie que tu aimes et que tu trouve ça drôle surtout. Je pensais que ça ne faisait rire que moi, au début! x)

Anonymous: Merci d'avoir pris le temps de commenter. Bon, côté envie de meurtre, il se peut que tu te calme un peu avec ce nouveau chapitre! :)

Assez de blablas, maintenant, place à la lecture!


Chapitre 5 : Vendredi soir, tu mourus bis.

A mon avis, vous devriez effacer tout ce que j'ai pu penser de bien à propos de lui… Et remplacer le mot « sourire » par « grimace », « charmant » par « dégoutant », « canon » par « d'une grande laideur non dissimulable » bref… Tournez le tout au négatif car en fin de compte, son sourire sincère… Il n'a jamais existé. Sasuke Uchiwa ricane, émet des sourires narquois, parle avec un ton cassant… Tâchez de vous en souvenir, la prochaine fois. Car moi, je me rends compte que je n'ai vu qu'un de ses deux profils, ça m'a dupé. Le rictus, qui est en fait sa véritable marque de fabrique, devait certainement s'étaler de l'autre côté.

Croyez-moi, il est juste… Détestable.

Pourtant, ces hommes s'amassaient autour de lui comme un troupeau de vaches ayant trouvé un peu de verdure en plein reg. J'imagine que c'est un peu ce qu'il est aussi… Une bonne pâture bien verte au beau milieu d'un désert hostile.

Tous les membres du conseil se dirigèrent sans tarder tout au fond, les murmures de leurs discussions faisant écho dans les couloirs en verres, avant que la lourde porte de la salle de conférence se referme derrière eux dans un bruit mat. Laissée en arrière, je soupirai un bon coup. Je me décidai d'abord à déposer mes affaires dans mon bureau avant d'aller m'aventurer à la recherche de cet expert comptable parti je ne sais où… Vraisemblablement, il n'est pas dans son box… Génial. Maintenant, le truc, c'est que je vais devoir redescendre… Et bien sûr, sa Majesté n'aura jamais la gentillesse de me dire qu'il fallait la présence de ce crétin à cette réunion. Enervée, je m'affalai un instant sur ma chaise…

J'entendis quelqu'un frapper légèrement ma porte vitrée grande ouverte et je me retournai sur un Naruto Uzumaki tout souriant…

-Tout va bien, Sakura ? Demanda t il d'une voix qui se voulait probablement amicale.

-Ah. Monsieur Uzumaki. Murmurai-je en essayant d'émettre un sourire pas trop hypocrite.

-S'il vous plait, appelez moi Naruto. Je ne vous ai pas vu de toute la semaine… Vous n'êtes pas trop débordée en ce moment ? S'enquit-il avec un autre de ses sourires chaleureux, à l'inverse du mien.

Cette discussion ne sert à rien… Parler du beau temps et de la pluie, ce n'est vraiment pas mon truc, encore moins lorsque mon interlocuteur y ajoute allègrement des étirements labiaux par intermittence. Je crois que suite à l'épisode du Sourire sincère de sa Seigneurie, je suis dégoutée de la niaiserie pour au moins dix ans. Oui, sourire, c'est niais. En plus, c'est fou ce que gars est naïf, l'incarnation même de cette mièvrerie qui me dégoute… Je seconde le PDG, alors qu'est ce qu'il va croire ? Bien sûr que je suis toujours trop débordée.

-Eh bien, oui, je le suis mais c'est ça, mon boulot. Vous aussi, vous êtes occupé si je ne m'abuse. Répondis je habilement en voyant l'énorme porte document qu'il se trimballait.

Il baissa les yeux sur ses affaires et haussa les sourcils pendant que je fixais un point invisible sur mon bureau avec lassitude.

-Oh, ça, ce n'est rien, juste quelques paperasses… Faire les courses pour Sasuke doit être nettement plus compliqué.

Je relève brusquement les yeux vers lui, surprise : il venait de l'appeler Sasuke

Je devins tout d'un coup beaucoup plus intéressée par la conversation.

Allez quoi, pensez pas de travers, je vous signale que même moi, je n'ose pas l'appeler « Sasuke » que ce soit entre collègues ou même en pensée. J'ai toujours l'impression qu'il va me tomber sur le dos si je fais ça. En même temps, je trouve ça complètement absurde… Ce n'est pas Voldemort, tout de même. Mais voilà, je n'arrive pas à m'y faire, son prénom est trop moche alors…

-Sasuke? Vous… Vous semblez bien le connaitre. Ça fait longtemps que vous travaillez pour lui ? Demandai je, attentive.

-Et comment que je le connais. On a pratiquement grandi ensemble et je ne travaille pas pour lui, je travaille avec lui… M'enfin, ça, il faut que je le lui rappelle de temps en temps parce que croyez moi, son sale caractère ne date pas d'hier… Répondit-il fièrement sur le ton de la confidence.

Est-ce que j'ai… Bien entendu ?

Waouh. Je m'attendais vraiment à tout sauf ça. Franchement… J'en ai la mâchoire complètement décrochée.

Ben, ça alors…

Bon, d'accord, ça n'a rien d'un scoop mais… Que quelqu'un d'aussi hostile que Sasuke Uchiwa ait de vrais amis de longues dates, qui lui soit volontairement fidèle et qui, en plus, travaille pour lui –désolée, mais Monsieur Uzumaki n'est même pas le vice président, il peut pas techniquement travailler avec lui–… Avouez quand même que c'est à la limite de l'impossible.

-En fait… J'ai remarqué qu'ils étaient en réunion, qu'est ce qu'il vous a encore demandé pour que vous n'y soyez pas ? S'enquit-il en regardant à gauche et à droite comme pour chercher une réponse à sa propre question.

Je secouai légèrement la tête afin de ne pas lui donner une réponse trop stupide suite à cette révélation…

-Eh bien… Je recherche le chef comptable qui doit aussi être présent à la réunion mais je n'ai aucune idée de l'endroit où il peut être. Alors je médite… Peut être que j'arriverai à distinguer sa présence parmi mille cinq cents employés. Lançai je, sarcastique.

-Oh… Vous voulez dire Shikamaru? Il est descendu à la cafétéria il y a un quart d'heure environ.

Je soupirai de désespoir. Bien sûr, il fallait qu'il soit à la cafétéria, au rez-de-chaussée… Il ne me reste plus qu'à y descendre, la mort dans l'âme.

-Si vous voulez, je peux lui demander de remonter tout de suite. Proposa t il.

Hum. En fin de compte, ce bavardage n'est peut être pas aussi inutile que ça…

J'acceptai alors sa proposition dans la seconde en essayant d'être la plus gentille possible. Puis il me dit qu'il doit passer le coup de fil dans son bureau et me demande d'attendre Monsieur Nara avec lui ce qui m'arrangeait bien parce qu'il me semblait que ce Naruto savait bon nombre de choses intéressantes au sujet de l'entreprise. Des choses que je ne connaissais certainement pas et Dieu seul sait combien je détestais être paumée dans mon milieu de travail.

Une fois arrivée dans son office qui se trouvait à peine à deux pas du mien, je m'installai confortablement sur un canapé orangé en L, au coin de cet espace particulièrement lumineux, pendant qu'il effectuait l'appel tout en rangeant quelques bouts de papiers dans son tiroir. Il prononça deux, trois phrases et raccrocha rapidement en souriant. Il me proposa un café, ce que j'ai accepté avec plaisir. Quelques minutes plus tard, il me tendit une tasse en porcelaine blanc remplie du liquide noir et vint s'asseoir près de moi sur le canapé.

Il avait sa propre machine à café…

Expliquez moi pourquoi je suis obligée d'aller en chercher chez Domino's, à l'autre bout de la ville chaque matin alors que le DRH possède une machine en bonne et due forme dans son bureau?... Non, mais c'est à chier, là, franchement. Il aurait pu, lui aussi, acheter sa propre machine et faire lui-même son café matinal ou tiens, me le faire faire dans son bureau, ça m'aurait pas dérangé. Mais un café italien, qui en plus n'a pas de parking et où les taxis refusent de se garer…

Oui bon, Sakura, reconcentrons nous sur la conversation… Après, nous aurons tout le temps qu'il faut pour râler après ce dictateur en puissance.

-Dites… Je peux vous poser quelques questions ? Au sujet de l'entreprise, je veux dire… Ajoutai-je innocemment, en avisant son froncement de sourcil méfiant.

Innocemment… Et il y croit, l'imbécile.

-Oh, bien sûr. Accéda t il en buvant une gorgée de son café. Qu'est ce que vous voulez savoir ?

J'eus un sourire presque sadique en voyant devant moi tout un tremplin de questions…

-Eh bien… Avant d'entrer ici, j'ai lu beaucoup d'articles sur Akatsuki et j'avoue que j'ai été assez désorientée en rencontrant Sasuke Uchiwa en tant que PDG. Son nom n'a été mentionné nulle part et en plus… Il était écrit noir sur blanc que le dirigeant était un certain… Itachi Uchiwa.

Naruto grimaça légèrement… On dirait que c'était le nom tabou. Je me souviens très bien de la tête que Sa Seigneurie avait faite lorsque j'ai demandé s'il était Itachi Uchiwa et c'est en partie à cause de ça que je veux à tout prix que l'on m'explique…

-Ah, ça… Souffla t il avant de prendre un air pensif, on aurait dit qu'il en était… Triste ?

Un long silence s'ensuivit tandis que je fixais toujours mon voisin. Il semblait plongé dans de lointains souvenirs et l'air mélancolique qu'il arbora à ce moment là était tout ce qu'il y avait de plus… Alarmant. J'eus soudain envie de retrouver un de ses sourires niais se dessiner sur son visage…

-Monsieur Uzumaki ? Persévérai-je en penchant légèrement ma tête sur le côté afin de mieux étudier ses réactions.

Il déglutit difficilement et revint peu à peu à la réalité. Puis il se tourna vers moi, le visage assez blanc.

-Je ne crois pas que Sasuke apprécierait que l'on en parle… C'est une très longue histoire. Commença t il en s'humectant les lèvres, tant son hésitation était palpable. En fait, c'est surtout à lui qu'il ne faut pas en parler… Il peut en devenir très désagréable. Mais vu comme vous êtes nouvelle ici et que votre poste soit assez élevée, on ne peut pas non plus vous laisser dans l'ignorance…

Il semblait quand même assez perplexe… Il était probablement en plein combat intérieur. Devait il me raconter ou se taire ? Enfin, je m'en fiche pas mal de sa détresse neuronale. C'est pourquoi je me contentai d'hocher gentiment la tête afin qu'il puisse continuer de se laver tranquillement la conscience.

C'est clair que si Sasuke Uchiwa ne voulait pas qu'on en parle, c'est qu'il devait y avoir une raison précise. Et celui qui a lâché le morceau, il va mal finir même si, bon… Je ne suis pas une balance non plus. Enfin, tant que ma peau n'est pas en jeu, je ne balancerai rien ni personne quand il ne le faut pas…

Voyant que j'étais tout ouïe –et c'est dire–, il poursuivit :

-Je ne peux pas tout vous révéler, ce serait comme trahir mon meilleur ami… Mais je crois que tout ce que je peux faire, c'est… Vous parler de Sasuke. Afin que vous puissiez comprendre.

Hein, QUOI ?

-Je… vous demande pardon ?

-Eh bien oui, de Sasuke Uchiwa, de ses débuts et tout ça… De sa vie quoi.

Quoi ? Non, non, non, non, non… Non. NON. Je n'ai que trop entendu parler de Sasuke Uchiwa toute la semaine, que ce soit en long en large, de travers, à gauche à droite, de haut en bas… Non. J'en aurai encore d'autres à l'avenir, des semaines imbuvables à l'Uchiwa alors… Merci bien mais me gargariser de ses histoires passées, aussi intéressantes soient elles… Je m'en passe !

-Euh… Tout compte fait, vous pouvez faire court et m'épargner toutes les péripéties burlesques de votre meilleur ami. Je crois que… Je serai capable de deviner toute seule, en ce qui concerne les détails et… Le reste. Essayai je de refuser poliment.

Il sourit. Je sais qu'il n'est pas dupe. Et il sait que Sasuke Uchiwa est loin d'être un enfant de cœur.

-Vous savez, il n'est pas toujours comme ça…

Et voilà, la phrase miracle. La défense ultime qui ne sert absolument à rien.

-Ah oui ? C'est vous-même qui avez dit que son sale caractère ne datait pas d'hier, non ?

Tu parles que je vais le croire ! Sasuke Uchiwa est tellement cynique que ça ne peut pas ne pas être quelque chose d'innée chez lui.

-Oui mais cela ne veut pas dire qu'il a toujours été désagréable. Sasuke est un homme très juste, vous savez. J'espère que vous resterez assez longtemps pour vous en apercevoir.

Juste ? JUSTE ? Alors ça, c'est la meilleure, vraiment, c'est la meilleure. Sasuke Uchiwa est tout sauf un homme juste…

Vous trouvez ça juste, vous, de réduire une pauvre femme sans défense –et belle qui plus est– en esclavage ? Vous trouvez ça juste de la faire lever aux aurores pour qu'elle puisse faire vos petites courses ? De la faire rentrer tard pour ranger des paperasses ou faire des photocopies sans intérêts ? De l'obliger à s'asseoir à son bureau pendant six heures d'affilée à répondre essentiellement au téléphone ? De la dénigrer parce qu'elle est petite ? Où est la justice là dedans, hein ? Elle est où ?

Et puis, qu'est ce que ça veut dire ça : « J'espère que vous resterez assez longtemps pour vous en apercevoir. » ? Parce qu'il croit que je ne vais pas arriver à survivre à ses sauts d'humeurs peut être ? C'est qu'il croirait en Dieu…

-Ça va ? Vous avez bien papoté ? S'éleva une voix froide survenue de nulle part, nous faisant sursauter, moi et Naruto.

Oh, oh. Problème à dix heures.

Le cœur battant, je relevai courageusement les yeux vers Monsieur Uchiwa et pour la première fois de ma vie, je sentis clairement mon sang se glacer dans mes veines. Son regard noir et coléreux me foudroyait carrément sur place tandis que ses mâchoires se contractaient régulièrement d'une manière qui ne laissait rien présager de bon…

-Sakura, vous n'avez pas compris ce que vous devez faire ou votre signe zodiacal, c'est le moineau ? M'agressa t il directement, sans prendre en compte la présence de Naruto qui, en passant, semblait totalement outré.

Mais, cette fois, je n'allais pas me laisser faire…

-Il arrive, Monsieur, je ne faisais juste que l'attendre en compagnie de Monsieur Uzumaki. Répondis je avec un calme qui contrastait durement au semblant de peur qui régnait à l'intérieur.

Oui, de peur… D'accord, il ne va rien me faire mais quand même. Il a le pouvoir de me faire perdre pas mal de choses très importantes. Comme mon boulot, par exemple. Par conséquent, les trente milles dollars par mois. Ou encore ma fierté –bon, ça, il fait vraiment tout pour que je la perde-.

Son regard intraitable passa de moi à mon voisin qui, lui, eut droit à une aura carrément meurtrière…

-Je ne crois pas te payer pour tenir compagnie à mes assistantes, Naruto… Lança t il à nouveau, son austérité se faisant encore plus ressentir que d'habitude.

-Arrêtes, ce n'est pas un crime non plus ! Répliqua Naruto avec une nonchalance qui ne lui seyait pas vraiment.

Le brun le fusilla su regard.

-Et puis, je trouve ça dommage que tu ne lui ais rien dit. Fallait bien que quelqu'un s'y colle, non ? Ajouta t il alors que je sentais clairement le relent fétide de sa mauvaise humeur croitre, encore et encore.

Honnêtement, je ne sais pas ce que cet Uchiwa là cache mais je ne crois pas me tromper en pensant que c'est pas du joli. Il en fait vraiment une tonne pour rien, là…

-Sakura, allez dans mon bureau, prenez les dossiers entreposés dessus et attendez moi dans la salle de conférence. Tout de suite. Ordonna t il sans m'accorder le moindre regard, étant donné qu'il fixait Naruto avec fureur.

Je ne me le fis pas dire deux fois et déguerpis très vite de cette situation embarrassante. Une fois sortie, je me retournai légèrement pour voir que Monsieur Uchiwa venait de refermer la porte orange derrière moi.

Il n'allait pas le tuer, tout de même ?


Dieu bénisse la climatisation…

Oui. Car la salle de conférence est comme qui dirait… Hermétique ? Aucune fenêtre, aucun moyen de rafraîchissement… Rien. La lumière du jour y pénétrait à peine. Enfin, non, là j'exagère un peu…

La réunion commençait à se faire longue, environ deux heures et ce n'était pas encore terminé. Je me retenais violemment pour ne pas bailler devant eux.

Mes vieux tics commençaient à apparaitre… Je déteste rester assise, sans rien dire ni rien faire… A bien réfléchir, je ne vois pas vraiment ce que je fais ici. C'est une réunion réservée exclusivement aux membres du conseil administratif, il n'est écrit nulle part que cela nécessite la présence de l'assistante au PDG… Ou encore celle du chef comptable. Seuls les actionnaires devraient êtres présents –et Dieu seul savait que je suis encore loin d'en être une- car c'est normalement durant cette assemblée qu'ils se partagent leur butin, si je puis dire.

Le président du conseil, Yahiko Hishitsu, continuait de déblatérer sur les gains de l'entreprise –je crois-, félicitant ouvertement la capacité de Monsieur Uchiwa à gérer et à diriger Akatsuki Corporation. Moi, franchement, ces tonnes de compliments à son égard, ça me donne envie de vomir. Si ce goujat arrogant d'Uchiwa savait autant faire marcher cette boite, c'était bien parce qu'il savait faire peur à ses employés. Il n'impose pas le respect mais bien la terreur… Une terreur omniprésente. Suffocante. J'imagine que cela fait son effet sur les esprits faibles –en notant bien que je n'en suis pas un…

Je gribouillai quelques notes parfaitement inutiles sur mon bloc-notes lorsque soudainement, je sentis un pied frôler le mien. Est-ce que c'était ce que je pensais que c'était ? Je relève instinctivement les yeux vers Sasori Akaino et vis ce que je redoutais le plus : un sourire salace. Eurk. Je reculai sagement et promptement mes pieds sous ma propre chaise, pliant mes genoux un maximum, tandis que je le fusillai du regard. Mais il sourit de plus bel. Quelle plaie ! Il fallait bien sûr que je tombe sur un obsédé. Depuis le début de la réunion, j'ai senti son regard lubrique s'appesantir de plus en plus sur ma petite personne… Bon Dieu. Pourquoi a-t-il fallu qu'il soit juste en face ? En plus… Faire du pied, c'était dégueulasse. Surtout lorsqu'on est supposé être un riche homme d'affaire responsable et débordé… Ou un homme tout court. Imaginez : une chaussure Armani –masculine et peu discrète- qui remonte le long de votre jambe sculpturale, la chaussure en question ayant foulé toutes les rues malfamées de Kyoto et probablement les toilettes pour homme les plus crades qui aient jamais existé… Bonjour la sensualité.

Monsieur Uchiwa a du entrevoir ma crispation car je crus voir sur son visage un petit sourire moqueur. Mais c'était probablement à cause des néons. La seconde d'après, son visage pâle était plus fermé que jamais, alors j'écoutai un peu plus ce que le PCA était en train de raconter.

- … C'est regrettable mais nous allons devoir le remplacer. Et le plus tôt sera le mieux. Sasuke.

Je vis ledit Sasuke fermer les yeux puis soupirer. Je n'avais pas tout suivi, en bonne assistante que j'étais, mais je devinai aisément que ce devait être un sujet épineux.

-Je suis prêt à reprendre toutes ses fonctions, Yahiko. J'en suis capable et je le sais.

Il y avait une telle lassitude dans sa voix. Comme s'il avait du dire et redire ces mêmes phrases toute sa vie. La tension entre les deux hommes aussi était palpable.

Mais de quoi parlaient ils ?

Monsieur Hishitsu acquiesçât mais poursuivit :

- Je ne doute pas de tes capacités. Mais je trouve que ce serait plus juste si l'on procédait à un vote, non ?

- Parce que tu trouves qu'il y a plus à même que moi pour diriger Akatsuki ? Ricana Monsieur Uchiwa, amer.

Un silence gêné s'installa en emphase avec les dernières paroles du Grand Chef.

Et moi, je ne comprenais toujours pas ce que tout ce charabia voulait dire. Est-ce qu'ils étaient en train de parler d'un éventuel remplacement pour le poste de DG ? Je n'aime pas particulièrement cet Uchiwa mais cette semaine auprès de lui –ou à travailler sous ses ordres- m'a permis de comprendre comment la société fonctionnait et tout ce que j'ai pu en tirer, c'est que, malgré son caractère de chien, Sasuke Uchiwa accomplissait un travail plus qu'impeccable ! Alors pourquoi fléchirait il devant le conseil administratif ? En plus, c'est bien sa famille qui possède la majorité des actions, non ?

Et c'est là que l'évidence me frappa : non, les Uchiwa étaient minoritaires. Et je comprenais maintenant l'amertume de leur descendant.

- Levez la main ceux qui se sentent capable de maintenir à flot cette compagnie. Lança Sieur Uchiwa alors qu'il levait sa propre main tout en fixant le Président du conseil Administratif sans ciller.

Dans un premier temps et à ma grande surprise, tout le monde baissa la tête. Mais cela devait être du au choc car quelques secondes plus tard, l'homme d'en face leva aussi la main tout en me fixant avec envie.

Merde, merde, merde, merde !

A ce train là, je préfère encore travailler sous les ordres de ce tyrannique d'Uchiwa que ce gros pervers… Monsieur Uchiwa baissa la main et regarda ce dernier avec amusement, comme s'il était face à un objet curieux. Il le sonda de son regard onyx puis regarda la main levée en l'air de Monsieur Sasori. Ce dernier me fixait toujours et Monsieur Uchiwa suivit son regard avant de ricaner bruyamment.

- Sasori... Vraiment ? Lança t il à Monsieur Hishitsu sur un ton cassant.

Et même celui ci parut mal à l'aise, se tortillant sur sa chaise et détournant le regard.

Mais c'était quoi leur problème avec Monsieur Uchiwa ? Apparemment, c'était un minoritaire et en plus, il était le plus jeune de toute l'assemblée mais il semblait quand même exercer un pouvoir indéniable sur eux… Comme si… La société ne serait rien sans lui. Mais d'un autre côté, je voyais aussi que le conseil ne le portait pas beaucoup dans son cœur.

- Je devine donc que le sujet est clos, Yahiko. Et la réunion aussi peut…

-Pas si vite, Uchiwa. Interrompit l'autre pervers. Crois tu vraiment être le seul à pouvoir… Profiter de ta position ?

Il avait mis un certain accent terrifiant sur le mot 'position' et lorsqu'il se retourna une nouvelle fois, je sus alors qu'il parlait de moi. Le…

Oh, nom d'un chien…

Uchiwa souriait légèrement.

Pourquoi n'ai-je pas pu être plus sympa avec Uchiwa depuis le début ? Si l'on s'était bien entendu, il pourrait me sortir de cette mauvaise passe en un rien de temps ! Et là, je suis juste à 99% sûre qu'il serait plus que d'accord pour me faire vivre ce calvaire.

Ses yeux vrillèrent les miens. Comprenait-il ma détresse ?

Bon sang de bonsoir !

- Laisse-moi au moins essayer pendant deux semaines, après si ça ne marche pas, tu reprendras ton poste… Proposa Monsieur Sasori alors que je rassemblais rapidement toutes mes pensées autour de deux mots : Harcèlement Sexuel. Et deux semaines seraient largement suffisantes pour essayer de me peloter aux bureaux

Oh bon sang ! Qu'est ce que j'allais faire ? Démissionner ? M'enfuir ? Pleurer ? Pathétique ! Et ce crétin de patron qui ne réagissait pas. Je ne voulais pas perdre mon job. Pas celui là. Pas dès la première semaine, je n'ai même pas encore reçu un cents pour tout le boulot que je me suis tapée durant ces cinq jours de dingue !

- Si tu le veux, Sasori. Concéda cet imbécile.

Merde ! Triple merde !

- Mais… Hum. Comment dire ? Reprit il, faisant semblant d'hésiter puis, poursuivit lentement : Sakura est mon assistante personnelle. Elle travaille pour moi de manière exclusive et elle ira là où moi, j'irais. N'est ce pas, Sakura ?

Son ton… Ce petit sourire. Cette assurance merdique. Je…

Pourquoi fallait-il que mon cœur fasse des ratés suite à ses paroles ?

Je sentais mon corps se liquéfier sur place alors qu'il me dévastait sans aucune pitié avec son putain de regard onyx!

C'est quoi, ça ? Je ne peux plus penser correctement et je sens mes oreilles chauffer au fur et à mesure que touts les regards se concentrent sur moi.

Il arqua un sourcil, un peu narquois, puis, je me souvins qu'il m'avait posé une question.

Reprends toi, Saku et dis quelque chose !

Je relevai la tête vers mon patron et essayai de soutenir son regard. En vain. Cela ne faisait que glacer mes entrailles tout en brûlant ma peau.

Ses yeux, c'est des allume-cigares ou quoi ?

Au final, je bredouillai une réponse que je ne compris même pas et je le vis sourire, encore plus moqueur que d'habitude.

Qu'est ce qu'il s'était passé ?

Je regardais anxieusement autour de moi, à la recherche d'un autre sourire moqueur mais au vu du visage désappointé de Monsieur Sasori, je devais avoir dit la chose qu'il fallait pour me sortir de cette galère.

A partir de là, je ne pris plus conscience de la tournure qu'avait pris la réunion, tellement mes pensées avaient été désarçonnées par ce qu'il venait d'arriver. Jamais, je dis bien jamais je ne m'étais sentie aussi gênée de toute ma vie. Et pourtant, il ne semblait pas y avoir de raison apparente. C'est juste… Je ne l'avais pas encore vu s'exprimer de cette façon. Ou me regarder de cette façon. Aussi intensément, je veux dire et c'était juste… Indescriptible. C'était… Contradictoire. A la fois grisant et terrifiant. Je crois que je comprends mieux maintenant pourquoi Sasuke Uchiwa arrivait à intimider tout le monde : on ne sait pas exactement ce qu'il pense et on se prend toujours une grande claque lorsqu'il ouvre la bouche.

Ce que je dis n'a aucun sens. Bon sang. J'ai juste le tournis.

Lorsque la réunion prit fin, je fis exprès de m'éclipser dans mon bureau afin de remettre un peu d'ordre dans ma tête. Ce que je ressens, ce n'est pas de la gêne provoquée par Uchiwa… Je crois que c'est juste du à… La reconnaissance. La reconnaissance parce que malgré notre collaboration difficile, il s'était donné la peine de me préserver de certaines choses, comme le traumatisme de devoir travailler sous les ordres peu professionnels de Sasori Akaino… Je lui en étais reconnaissante et c'était ça, qui me faisait me sentir gênée. Je l'avais presque imploré du regard pour qu'il me rende ce service.

Qu'est ce que j'essaye de me dire exactement ? Je divague vraiment.

Eh, oh ! Reprends tes esprits ! Il t'a rendu service, et alors ? C'est d'une normalité banale, non ? Et puis, jamais il ne laisserait sa place à… Oh. Oh.

Oh !

Oh, alors c'est comme ça? Il a dit ça juste parce qu'il avait vu que Sasori Akaino était plus intéressé par moi que par le poste de DG ? Parce qu'il ne voulait pas céder son poste de haut rang à quelqu'un d'autre ? Il s'était servi de moi pour que ce pervers se désiste ? Son 'Vous m'appartenez' depuis du début ne comptait donc plus ? Ce n'était pas parce qu'il refuse que je sois à un autre homme ? Un autre que… Lui ?

Je m'écroulai sur ma chaise, une nouvelle fois chamboulée. Etais je sérieusement en train de penser -non, de souhaiter que Monsieur Uchiwa soit… Possessif envers moi ?

Je me pris la tête entre mes mains moites. Qu'est ce qu'il m'arrivait, à la fin ? Sasuke Uchiwa était un homme exécrable ! Honnête, sérieux et travailleur, certes, mais exécrable. Exécrablement beau, de surcroit.

Faut vraiment que j'arrête ça !

Le combiné sur mon bureau sonna et je décrochai à la quatrième vitesse, désireuse d'outrepasser le bazar dans mes pensées. Seulement, je ne fus que plus fébrile lorsque j'entendis la voix grave et profonde de Monsieur Uchiwa m'ordonner fermement de venir dans son bureau. Même ses ordres sont agréables, maintenant, c'est dingue !

Bien sûr, il ne me fallut pas plus de cinq seconde pour traverser le couloir et rentrer dans le bureau directorial. Je m'arrêtai à mi chemin et le regardai sans vraiment le voir. Bizarrement, je me calme un peu.

- Vous comptez rester plantée là ou dois je vous envoyer une invitation par la poste ?

Paf ! Le retour en force. Uchiwa, un, Haruno, zéro !

-Non, euh, je…

- Asseyez-vous et mettez vous au travail. Me coupa t il sèchement sans prendre la peine de me regarder.

Ce ne fut qu'à cet instant que je remarquai ce qu'il faisait : il était assailli par quatre piles de paperasses bien distinctes et pianotait agilement sur son ordinateur portable, un stylo à la main et un air à la fois concentré et contrarié collé au visage. Je ne fis aucun commentaire. Un autre laptop couleur blanche semblait m'attendre à l'autre bout de son bureau, ainsi qu'une autre chaise et quatre autres piles de dossiers.

Je compris tout d'un coup pourquoi je devais diner avec lui tous les vendredis soirs.

Après deux heures trente de saisie, de rédaction de lettres administratives en tout genre, de coups de fils, de vérification de comptes, de planifications pour la semaine prochaine et surtout de silence mortellement ennuyeux, je décidai que bailler ne serait pas un acte illégitime. C'était plus que je ne peux supporter mais en même temps, je ne voulais pas flancher. Pas devant lui ! Il était presque vingt heures à présent et j'étais quasiment sûre et certaine que nous étions les seuls à être encore au bureau.

Je jetai un coup d'œil vers mon voisin et grimaçai en avisant ce même air concentré que j'avais vu sur son visage depuis le début de la soirée.

Sérieusement, est ce qu'il était humain ? Comment faisait-il pour ne pas avoir de cernes avec toutes ces heures qu'il passe derrière son ordinateur sans ciller? Et ses pauses pipi ? Il n'en prenait jamais ? Moi, j'y suis allé au moins trois fois depuis que je suis là.

-Restez concentrée. M'indiqua t il alors qu'il commençait à éplucher son dernier dossier.

J'acquiesçai et entamai avec lassitude mon troisième lot avec fatigue.

Encore une vérification de comptes, de budget à rétablir pour un complexe hôtelier à construire sur Kagoshima ainsi que quelques demandes à étudier… Il me fallait des dossiers supplémentaires pour le dossier Kagoshima alors je me levai pour aller les chercher sur l'étagère, décrispant en même temps mes jambes endolories.

Je me mis sur la pointe des pieds pour atteindre le classeur gris que je recherchais et maudis le goujat de service de savoir toujours placer les choses là où je ne pourrais jamais l'atteindre. J'entendis le roulis de sa chaise racler la moquette et me retournai vers lui, m'attendant à recevoir encore un peu d'aide, comme la dernière fois mais il était de nouveau au téléphone.

Cela semblait plutôt personnel vu qu'il avait pris la peine de sortir du bureau pour prendre l'appel. Et croyez-moi quand je vous dis que je n'avais vraiment pas l'intention d'écouter. Il avait juste choisi de s'appuyer contre la paroi extérieure de son mur en verre et de là où j'étais, ben… C'était inévitable.

Au début, son ton était aussi dur que d'habitude, alors j'essayai un maximum de ne pas comprendre ce qu'il était en train de raconter, ne voulant pas me chopper de migraines supplémentaires. Mais au bout de quelques secondes, je me figeai en entendant son timbre trembler puis s'adoucir. Même s'il n'avait mentionné aucun nom, il n'y avait que deux ou trois personnes à qui de tels hommes parleraient de cette manière : leur mère, leur sœur… Ou leur femme.

- Je suis débordée, il ne faut pas que tu penses de cette manière… Plaida t il avec une voix douce. Je verrais ça plus tard, tu veux ? Ce n'est pas le plus important… Je sais, je sais, mais je me débrouille mieux comme ça…

Et le reste de la conversation m'échappa tandis qu'il s'éloignait un peu plus vers les ascenseurs. J'espère qu'il ne s'était pas rendu compte que je l'écoutais – non, que je l'entendais, plutôt ! Son ton… J'aurais voulu qu'il me parle de cette manière. Enfin, je veux dire… Gentiment. Sans me brusquer. Mais je ne suis pas en train de vouloir être sa mère, hein, ni sa sœur… Surtout pas sa femme. C'est juste… Oh… Oubliez ça !

Je regardai avec énervement le classeur gris qui semblait me toiser depuis sa hauteur. Oh, très bien. Pestant entre mes dents, je décidai d'employer les grands moyens : si tu ne veux pas venir à Haruno, Haruno viendra à toi. Avec détermination, je fis rouler ma chaise jusqu'à l'étagère, soufflai puis, je montai dessus, atteignant facilement le classeur récalcitrant. Cela aurait pu être plus facile s'il n'était pas coincé entre deux autres gros classeurs. Je tirai dessus avec toute la force dont j'étais capable mais rien ne bougea. J'essaya une deuxième fois. En vain.

Ok, puisque c'est comme ça.

Je pris alors appui sur la chaise avec mon pied droite et mis mon pied gauche contre l'étagère, histoire d'avoir un bon contrepoids puis, je tirai sur le classeur tout en utilisant la force de ma jambe gauche.

Tout se passa très vite… La chaise avait roulé en avant, mon pied droit partit avec, tous les classeurs volèrent en éclat, mes mains se refermèrent sur le vide insaisissable tandis que ma bouche s'ouvrait grand sans qu'aucun cri ne sorte. Je suffoquais et fermais les yeux alors que je me sentais précipitée vers le sol, appréhendant déjà le bruit d'une côté cassée. Mais la chute n'eut pas lieu.

Au lieu de ça, c'est autre chose qui me cassa. Complètement.

- On ne vous a jamais dit d'enlever vos chaussures pour faire des acrobaties de ce genre ? Ricana une voix grave. Spectaculaire en passant. Ajouta t il.

Mon pouls s'affola. Son souffle, tiède et régulier, était dangereusement près de mon oreille, de mon visage, mon dos était totalement collé contre son torse chaud et –oh bon sang !- ses mains me retenaient fermement contre lui. Mais si c'était seulement ça, je n'aurais pas rougi aussi violemment. L'emplacement de ses mains, bien que je devine qu'il n'avait pas fait exprès, était tout sauf reposant : la gauche se crispait à quelques centimètres en dessous de ma poitrine tandis que la droite se trouvait plus bas sur mes hanches, remontant indécemment ma jupe jusqu'à mi cuisse dans la précipitation de ses gestes.

Je me redressai si vite que j'en eus le tournis, rougissant jusqu'à la racine de mes cheveux.

Il me regarda en fronçant profondément les sourcils et je réarrangeai machinalement ma coiffure. C'était devenu un reflexe depuis le temps. Mais il se racla la gorge, comme si j'avais raté quelque chose, puis il se retourna légèrement en grognant :

-Votre jupe.

Oh-mon-dieu-pourquoi-est-ce-que-je-n'ai-pas-replacé-ma-jupe-en-premier !

On voit presque mes fesses !

-Hum… Je crois que nous ferions mieux de ranger ce bazar et aller diner. Fit il remarquer tandis que je me rendis compte qu'il me tournait le dos, évitant ainsi de regarder mon déshonneur.

Je lui en fus encore une fois reconnaissante alors que je remettais mes vêtements en place.

Ensuite, je suivis son consigne, repris toutes les feuilles qui s'étaient éparpillées sur la moquette sombre et les replaçai dans les classeurs adéquats. Monsieur Uchiwa m'aida en silence, respectant une nouvelle fois ma gêne.

Cette journée était incroyable, vraiment.

Tout bonnement une journée… Incroyable. Gênante. Etrange. Mais incroyable. Comme si je découvrais un nouveau côté de Sasuke Uchiwa. Un côté gentleman qui pourtant, je croyais quasi-inexistant chez lui.

Il remit les classeurs sur l'étagère et un sourire en coin étira narquoisement ses lèvres.

- Rappelez-vous de faire installer un escabot, la prochaine fois. Commenta t il.

Je roulai des yeux. Pour un gentleman, il aimait plutôt bien la ramener sur le fait que je sois vraiment minuscule.

Une fois que tout fut en place, il me proposa d'emporter mon boulot chez moi et de les finir pendant le weekend. Ce que j'acceptai sans rechigner, n'ayant pas envie de passer deux autres heures de silence gênant en sa compagnie. Il rangea ses affaires dans son attaché-case et je ne pus m'empêcher de remarquer ses mains blanches, fines, longues et habiles. On aurait dit des tarentules albinos. Je pouffai discrètement et il releva aussitôt les yeux, circonspect.

- Qu'y a-t-il de si drôle ? S'enquit-il.

- Rien. Vraiment rien, Monsieur Uchiwa.

Pour la première fois, je voyais bien qu'il avait envie de prolonger le débat mais il se ravisa, faisant glisser sa mallette de la table.

- Je vous laisse vous changer dans mon bureau, je vous attends devant l'ascenseur. Déclara t il.

Avant même que je n'eus le temps de demander pourquoi je devais me changer dans son bureau, je compris : son bureau à lui avait des stores. Pas le mien.

- Vous devriez songer à me donner un peu plus d'intimité, Monsieur Uchiwa. C'est injuste de ne pas avoir de stores dans son bureau, surtout pour une femme. Râlai je.

- Malheureusement, Sakura, je ne vous paye pas pour que vous ayez de l'intimité. Sourit il avant de passer la porte.

Je soupirai puis allai récupérer mon sac dans mon bureau avant de revenir sur mes pas et fermer la porte de son bureau à double tour, baissant les stores.

Je me déshabillai rapidement, pliai mes vêtements avant de mettre ma robe en satin noire et les chaussures hautes perchées qui allaient avec : des escarpins Emilio Pucci qui allongeaient mes jambes de façon remarquable. Je mis ensuite tous les accessoires que j'ai emporté, mon collier et mon bracelet fin en argent, mes boucles d'oreilles en perles. Je décidai de relever mes cheveux en un chignon rapide et lâche, puis les fixai avec des pinces. J'étais prête. Pas besoin de me remaquiller, j'étais parfaite ! Je rangeai les classeurs dans mon sac au même titre que mes précédents vêtements puis je sortis promptement du bureau, refermant derrière moi.

Monsieur Uchiwa se tenait raide devant l'ascenseur alors que je m'approchai de lui à grand pas. La moquette du bureau directorial étouffait grandement les claquements de mes escarpins mais ce n'était plus le cas dans le couloir dont le sol était en marbre. Tant pis, il se fera à mes 'clac ! clac !' fabuleux.

Une fois que je fus à sa hauteur, il scanna ma tenue des yeux, complètement impassible, et je ne pus m'empêcher de me sentir à nouveau gênée. Je sentais clairement ses yeux me brûler la peau, de la tête aux pieds.

- Les incorrigibles escarpins. Soupira t il au bout d'un moment puis il appela l'ascenseur.

J'entrai à sa suite et nous descendîmes presque en silence. Presque. Parce qu'étant donné que les parois de l'ascenseur étaient réfléchissantes, je m'aperçus que je n'étais pas si parfaite que ça, finalement. Ma bouche était… Eh bien, un peu trop pâle.

Je jetai un coup d'œil à mon patron, il était toujours aussi stoïque. Allez, il ne remarquera rien.

Je sortis alors mon tube de rouge à lèvre de mon sac ainsi que mon poudrier et allai commencer à me peinturer la bouche lorsque je sentis une main puissante s'emparer de la mienne, m'arrêtant dans mon geste.

Hey, bas les pattes !

Je lui jetai un regard interrogateur et il expliqua :

-Vous êtes déjà trop maquillée. Je ne veux pas diner avec un clown.

J'arquai un sourcil de manière féroce puis dégageai ma main de la sienne. Bon sang, il ne pourrait pas se montrer un peu plus délicat envers une femme ?

Ding.

Nous étions arrivés… Au sous sol. Je fronçai les sourcils, sceptique.

L'ambiance qui y régnait était tout sauf rassurante. Un décor gris presque irréel, un silence de mort glacé… Tout au fond, une lampe à néon grésillait dans un bruit vraiment angoissant et ne parlons même pas des rangées de voitures noires et uniformes qui s'étalaient devant moi. Toutes des berlines de l'Akatsuki Corporation, garées là, comme des soldats androïdes. C'était à vous ficher la chaire de poule !

-Pourquoi les sous sol ? Demandai je, un peu inquiète.

- On prend ma voiture. Dit il tout simplement alors qu'il avançait un peu plus vers le fond, là où la lumière se faisait plus rare.

Je m'arrêtai, figée. Il n'était pas sérieux ?

Il se retourna lorsqu'il se rendit compte que je ne le suivais plus.

- Quoi ? Vous avez peur que je vous viole et que je vous tue après ? Railla t il.

Je secouai légèrement la tête et chassai cette idée de ma tête. C'est vrai que j'y avais pensé. J'avais déjà vu trop de films se dérouler comme ça mais là, c'était mille fois plus effrayant. Je voyais déjà d'ici le slogan : « Suivrez vous une si belle créature dans les fins fonds des ténèbres ? ». Je délire. Je secouai la tête une nouvelle fois.

Et puis, comment ça, sa voiture ? Il avait déjà son chauffeur personnel.

Puis, en le voyant sortir un trousseau de clés, je compris…

- Vous… Vous allez conduire ? Balbutiai je en me remettant sur ses talons.

Son petit sourire en coin et son hochement de tête de gauche à droite me firent comprendre qu'il me trouvait vraiment pathétique.

Oui, pour ça, je l'étais car au fin fond du sous sol était garée une coupée-sport noire rutilante. Je ne connaissais pas la marque mais c'était forcément européen vu le design fluide, effilé et agressif... Il ouvrit la portière côté passager et m'invita à me glisser dans l'habitacle.

-Sakura ? Commença t il une fois que nous fûmes tous les deux à l'intérieur.

-Hum ?

-Vous savez que la relation entre un PDG et son assistant repose surtout sur la confiance, n'est ce pas ? Dit il, un peu pensif.

J'acquiesçai silencieusement. C'était vrai. Et en dehors de son caractère tordu… Je devais avouer que je pouvais avoir confiance en lui, professionnellement parlant. Bien sûr, il restait encore quelques lacunes, comme toute à l'heure, lorsque j'ai cru qu'il allait me faire du mal mais maintenant, cela allait. J'étais plus tranquille à ses côtés.

-Bien, mettez votre ceinture. Nous avons un peu de route à faire avant d'arriver au restaurant.

Non, Sasuke Uchiwa, PDG de l'Akatsuki Corporation n'avait pas planifié mon assassinat.

Pas de la manière dont je pense du moins.

-Arrêtez ! Mais vous êtes malade ! M'égosillai je alors que Monsieur grillait son quatrième feu rouge.

Son coupé ronronnait paisiblement au fur et à mesure qu'il appuyait sur le champignon. L'aiguille du tableau montait incroyablement vite et le décor dans le noir se faisait continu, effiloché. Mes mains moites s'enfoncèrent dans le cuir de mon siège, mes ongles arrachant des lambeaux de tissus.

Sasuke Uchiwa était malade !

-Oh mon Dieu, Oh mon DIEU, c'est rouge, rouge, ROUGE ! STOOOOP !

J'avais beau crier, c'était comme s'il ne m'entendait pas. Oh mon dieu, j'allais mourir. A chaque feu, j'avais la même sensation. J'allais mourir.

Je n'osais pas le regarder, de peur que j'en vienne à me jeter sur lui et le frapper afin qu'il reprenne conscience. Mais le frapper, ce serait tout aussi dangereux, il quitterait la route des yeux et ça, il en était hors de question.

Le cœur au bord des lèvres, je fermai hermétiquement les yeux. Je voyais un camion qui se ramenait à notre gauche, le feu était rouge mais nous foncions tout de même. Je ne savais même plus si j'étais en train de crier ou de pleurer.

Oh mon dieu.

Je me sentis soudain projetée en avant puis, je fus brutalement ramenée contre mon siège par ma ceinture de sécurité. Nous nous étions arrêtés au feu rouge. Le camion passa devant nous et je me sentis pétrifiée, tremblante comme une feuille et incapable de prononcer le moindre mot.

Je tournai mes yeux écarquillés vers lui et alors que je m'attendais à ce qu'il ait l'air d'un con fier de lui, j'eus droit à un froncement de sourcil bien net. Comme s'il était contrarié, ou quelque chose dans le genre.

Je ne pus même pas lui poser la question. Ma gorge était totalement bloquée.

Il reprit la route et je pris une profonde inspiration, fermai à nouveau les yeux. Je sentais son regard sur moi mais étonnamment, nous n'étions pas repartis aussi vite que toute à l'heure. Sa conduite devint alors plus calme, plus douce. J'ouvris les yeux de stupéfaction.

- Vous étiez censée avoir confiance en moi, Sakura. Me dit il sur un ton lugubre.

Comme si… Comme si je l'avais… Déçu ? Vraiment, c'était ça ? Ma réaction terrifiée l'avait déçu ? Mais à quoi est ce qu'il s'attendait franchement ?

Je me retournai vers lui pour vérifier ma théorie et retrouvai encore une fois son visage foutrement fermé ! Comment est ce que j'étais censée réagir ? Il s'attendait à ce que je puisse mettre ma vie entre ses mains sans crainte lorsque j'ai dit que j'avais confiance en lui? Il rêve !

Nous arrivâmes bien assez tôt devant le fameux restaurant et je repris une autre profonde respiration. Mes joues devaient être drôlement colorées et mes cheveux complètement arrachés en ce moment mais je n'avais pas tellement envie de voir. Je suis beaucoup trop fâchée pour me soucier de problèmes aussi primaires. Pour la première fois de ma vie, je voulus être moche pour lui faire honte et faire jaser la presse.

- J'avais confiance en vous pour ne pas faire ce genre chose. Lui dis-je froidement.

Il se tourna vers moi et parut encore plus contrarié. Ce diner promettait vraiment d'être charmant.

Le maitre d'hôtel nous accueillit avec un sourire supérieur avant de s'apercevoir en face de qui il se trouvait. Multipliant courbettes et révérences, il nous mena jusqu'à notre table, près de la fenêtre, tout au fond de la salle. Une place intime, privilégiée si je puis dire.

Nous nous assîmes silencieusement puis, un serveur nous apporta la carte et je décidai de commander le premier plat qui s'inscrivait tout en haut de la liste. Je voulais vraiment finir cette soirée au plus vite.

- Je ne voulais pas vous effrayer. L'entendis je murmurer mais je n'en étais pas sûre.

Il n'avait même pas relevé ses yeux de la carte. Cela ne s'apparentait pas encore à des excuses et j'étais toujours fâchée. Tremblante. Horrifiée.

- Comment pouviez vous, ne serait ce qu'une seule seconde, ne pas deviner que cela terrifierait n'importe quelle femme ? Crachai je.

Il se tendit puis consentit enfin à relever ses yeux onyx vers moi.

- Vous prétendiez être différente.

Son ton était calme, posé mais accusateur. Et il avait raison. J'avais dit que j'étais différente de ses anciennes assistantes. Etait ce donc un test ? Ma différence était elle censée se trouver là, dans cette épreuve ?

- Ecoutez, Sakura. Je n'ai pas particulièrement besoin de quelqu'un pour m'assister, en général, je me débrouille très bien tout seul comme vous pouvez le voir. Commença t il avec dédain. Mais il se trouve que l'entreprise… Traverse une période difficile en ce moment, tout le monde pense que je ne peux pas rechigner à recevoir un peu d'aide. Seulement… Je n'arrive pas à supporter toutes les assistantes que Naruto embauche.

Il avait dit sa dernière phrase en riant légèrement, comme s'il était en proie à un souvenir particulièrement comique. Mais je ne me sentis pas concernée pour autant. Ce sont les assistantes qui n'arrivent pas à le supporter plutôt. Alors je restais froide, distante. Je n'avais pas à rire et plaisanter avec lui. Je suis juste en colère.

Mais il reprit tout de même :

- Lorsque je vous ai rencontré… Vous étiez si….

Il s'arrêta, scruta mon visage puis continua :

-… Téméraire.

Je le fusillai du regard. Il souriait en coin. Mais c'était quoi son putain de problème, aujourd'hui ?

- Ecoutez, Monsieur Uchiwa, ne vous forcez pas pour faire la conversation. Le silence me convient parfaitement alors servons nous de nos bouches seulement pour déguster la cuisine très prometteuse de votre ami qui vient d'ouvrir son restaurant. Lançai je dans un débit saccadé et énervé.

Il se retint de sourire encore plus. Le serveur était revenu avec une bouteille de vin rouge mais je refusais d'un geste de la main. Il servit donc Monsieur Uchiwa. Il ne tarda pas à siroter son vin, toujours avec un sourire amusé aux lèvres.

- Quoi ? M'énervai je.

- Tellement téméraire. Répéta t il.

Je rêve ou il vient d'utiliser un ton appréciateur ? Est-ce qu'il est en train de me… Draguer ? Ugh.

Non, reviens sur terre, Sakura.

Puis, sans prévenir, il glissa sa main sur la mienne. Mon souffle se coupa instantanément, ressentant une décharge électrique de haut voltage me traverser le corps. Oui, il était en train de me draguer. Et je me laissai faire. Bordel. Il retourna ma main de la sienne et déposa finalement quelque chose de métallique et froid aux creux de ma paume. Son trousseau de clés. Mais…

- Ce sont les clés de mon appartement, de mes voitures, de mon bureau et… Même de ma maison à Tokyo. Expliqua t il.

Eh bien, il s'avance plutôt vite pour un premier rencard, non ?

Rencard ? Sakura, c'est quoi aussi ton problème aujourd'hui ?

- P-Pourquoi faire ? Nous allons vivre ensemble ? Tentai je de plaisanter.

Pitoyable. Il sourit légèrement mais ne répondit pas pour autant. Cela m'ébranlait. Me dépassait. Jamais un homme ne m'avait donné ses clés de cette manière.

- Vous allez commencer votre vrai travail, à partir de la semaine prochaine. Ce sont des outils basiques.

-Pardon ?

Il roula ses yeux, exaspéré.

- Cette semaine n'a été qu'un test. Marmonna t il, contrit. Il fallait d'abord que je vois à quel point je pouvais vous faire confiance.

Ma mâchoire se détacha, net. C'était quoi encore ces conneries ? Ce n'était qu'un test ? Parce qu'il y avait encore autre chose ? J'allais travailler plus que ça ? Bordel.

-Et vous me faites confiance à quel point, Monsieur Uchiwa? M'enquis je, un peu irritée.

Il me regarda droit dans les yeux et répondit :

-Pas beaucoup. Plaqua t il. Vous êtes très… Changeante.

-Comme toutes les femmes. Maugréai-je.

Cela me fait chier de l'admettre mais sa réponse m'avait déçue.

-Non, pas comme toutes les femmes. Je veux dire… En faisant référence à vos performances. Vous êtes changeante. Un jour, vous êtes productive, le jour d'après, vous faites de grossières erreurs. Enfin, je suppose seulement. Jusque là, je n'ai vu que les erreurs.

Je me mordis la lèvre inférieure pour ne pas lui cracher au visage tout les gros mots que j'avais en réserver pour lui.

- Vous n'êtes pas assez concentrée, pas assez constante. Pas assez fiable. Continua t il.

- Eh bien alors, virez-moi. Le contrecarrai-je. Je ne vois pas pourquoi vous vous entêtez à garder des personnels incompétents.

C'est vrai, quoi, autant en venir aux conclusions au lieu de faire des préludes aussi rabaissant.

- Eh bien dites moi, avec vous, c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Me rétorqua t il avec mauvaise humeur. Mais si vous me le demandez aussi gentiment, peut être que je pourrais considérer cette option.

Il était… Il redevenait exécrable. Dire que la journée m'était apparue comme incroyable. Quelle idée, vraiment ! Je me suis vraiment laissé emportée là. Il fallait que je me calme. Malgré tout ce que je pouvais raconter, je ne tenais pas vraiment à perdre mon emploi sur un tel coup de tête. Alors je repris là où cela devait reprendre :

- Donc, vous ne me faites pas beaucoup confiance mais vous me confiez les clés de votre appartement…C'est bien ça ?

Il soupira, se détendit.

- C'est bien ça. Acquiesçât-il.

- Pourquoi faire ?

-Vous n'avez tout de même pas oublié que vous deviez vous occuper de mes… Petits problèmes quotidiens ? Répondit il en levant un sourcil.

Quoi ? Mais n'était ce pas ce que j'étais en train de faire depuis mardi ? M'occuper de faire livrer ses déjeuners, récupérer ses vêtements à la blanchisserie, annuler ses rencarts, aller lui chercher ses classeurs… Qu'y avait-il d'autre à faire en dehors de ces conneries et qui nécessitaient ses clés ?

Bon, je le découvrirai certainement, la semaine prochaine mais pour l'instant, il valait mieux ne pas s'en faire des cheveux blancs. Tout ce que je savais, c'était qu'il mentait à propos de la confiance qu'il plaçait en moi… Allez savoir pourquoi.

Notre serveur revint à nous assez vite et nous servit. Mais je me moquai un peu du contenu de mon assiette car en suivant le mouvement du serveur, je remarquai une tête particulière à l'entrée.

- Est-ce que c'est… Sai Shimura ? Demandai je, assez incrédule.

Monsieur Uchiwa fronça les sourcils puis suivit mon regard. Son expression changea instantanément du tout au tout, de l'indifférence à une hostilité féroce. C'est vrai que les entreprises Shimura étaient depuis l'aube des temps les rivaux d'Akatsuki Corporation mais je ne m'attendais pas à une telle haine.

Comme s'il avait remarqué qu'on le regarde, Sai Shimura se retourna vers nous et sourit grandement après avoir reconnu Sasuke.

Je venais de l'appeler Sasuke ?

Mes yeux s'écarquillèrent de surprise lorsque je vis ce brun, au visage d'un blanc farineux, s'approcher de nous à grandes enjambées. Son attitude avait tout d'enthousiaste, comme si Monsieur Uchiwa était l'un de ses vieux amis mais ce n'était pas le cas. Enfin, que sais-je ?

-Restez calme, Sakura et surtout, ne dites rien. Pesta Monsieur Uchiwa entre ses dents alors que l'autre brun n'était plus qu'à deux tables de nous.

Je me contentai de lui obéir sans protester, de un, parce que j'étais censée avoir confiance en lui et deux parce que son ton était quand même assez inquiétant. Comme si l'on était face à un serpent venimeux qui attaquerait au moindre mouvement brusque.

Lorsque Sai Shimura fut assez proche, je ne pus m'empêcher de lui trouver une ressemblance assez frappante avec Monsieur Uchiwa. Bien sûr, il était plus pâle que ce dernier, ce qui était vraiment bizarre, mais ils avaient tout deux les mêmes cheveux noirs, les mêmes yeux et presque la même posture. Si Sasuke Uchiwa était l'indifférence incarné, Sai Shimura, par contre semblait afficher un semblant d'émotion. Un sourire étrangement poli. Pas la peine de faire remarquer que son costume était griffé haute couture.

A ma grande surprise, il me salua d'abord, tendant la main :

- Permettez moi de me présenter, Madame : Sai Shimura.

- Oh, enchantée. Sakura Haruno. Répondis je en prenant sa main, prise au dépourvu.

Il baisa légèrement ma main et je vis Monsieur Uchiwa rouler des yeux.

Lorsque Monsieur Shimura se redressa, il jetait lui aussi un regard mauvais à mon patron.

-Tu prends du bon temps, Sasuke ? Dois je comprendre que tu as déjà trouvé la solution pour t'ancrer à ton entreprise ?

Je fus surprise par sa voix grave, dénuée de toute émotion mais en même temps, très dédaigneux.

- Au moins, je suis là où j'en suis parce que je travaille. Je n'ai pas demandé à mon père de me filer les rennes. Répondit Monsieur Uchiwa, ses yeux jetant des éclairs.

Cela devait vraiment avoir offensé Sai puisque je vis ses poings se serrer, blanchissant ses jointures encore plus si c'était possible. Monsieur Shimura jeta un coup d'œil en ma direction puis sourit.

- Et regarde donc qui tu as amené ce soir. Petit veinard. Lança t il, soudain plus détaché.

Je fronçai les sourcils, pas sûre de vouloir comprendre ce qu'il voulait dire par là.

- Sakura est mon assistante. Reprit froidement Monsieur Uchiwa.

- Oh ? Mais bien sûr… Tu aimes bien être en étroite collaboration avec ton équipe. Tu sais y faire avec les assistantes. N'est ce pas, Uchiwa ?

Je vis le nez de Monsieur Uchiwa se retrousser sous l'effet de la colère et je me sentis affreusement mal à l'aise. Quand allait ont cesser d'insinuer ce genre de chose ?

- Samui te passe le bonjour, d'ailleurs. Continua Monsieur Shimura tout en se délectant de la réaction contenue de Sasuke.

Cette fois, ce n'était plus de la colère qui crispait ses traits mais bien de la douleur. Une douleur telle que je n'en avais jamais vu et je compris qu'il y avait plus qu'une rivalité commerciale entre ces deux là.

Alors, c'était une histoire de femme ? Toute cette haine, c'était pour une femme ?

Et puis, c'est quoi cette allusion débile au fait que Monsieur Uchiwa savait y faire avec les assistantes ? Il les détestait !

Puis, soudain, je réalisai.

Oh bon sang.

Il était déjà sorti avec une de ses assistantes !

-Autre chose, Sai ? Cracha Monsieur Uchiwa, les mâchoires contractées.

Le protagoniste eut un sourire sardonique et rajouta :

- Ouais, essaye de ne pas couler avec ta flotte. On dit que les requins sont féroces avec les petits minables dans ton genre.

Ma bouche s'ouvrit grand tandis que j'observai d'un coin de l'œil la réaction de Monsieur Uchiwa. Je fus presque soulagée qu'il ait pu garder son masque de froideur.

-Bonne soirée, Sai. Siffla t il entre ses dents sans démonter.

Comment pouvaient-ils supporter un tel échange visuel ? Ils n'avaient presque pas cillé durant toute leur conversation –pour le peu que c'en était-, se fusillant mutuellement du regard. Apparemment, ce Sai Himura était tout aussi doué que Monsieur Uchiwa à ce petit jeu.

-Hum… Toi aussi. Et euhm… (Il se retourna vers moi tout en gardant son interlocuteur à l'œil)… Si jamais vous vous faites jeter dehors par ce… Goujat insensible. L'entreprise Shimura sera ravie de vous accueillir, Mademoiselle… ?

- Haruno. Et non, merci. Mon poste me convient parfaitement. Répondis je avec une froideur surgi de nulle part.

Sai Shimura fronça les sourcils mais ne se démonta pas pour autant : il glissa sur la table sa carte de visite.

-J'insiste. Souligna t il.

Je le fusillai du regard. Ce qu'il faisait, c'était aussi ignoble que voler le rencard de quelqu'un ! Je n'aime pas beaucoup Monsieur Uchiwa mais je trouve que personne ne devrait avoir à subir ça !

Je tournai légèrement pour trouver une idée efficace pour le rembarrer puis, je me rendis compte que nous avions des chandelles sur notre table. D'un geste lent et délibéré, j'approchai sa carte de la flamme et sourit théâtralement :

- Je vous ai dit non, Monsieur Shimura.

Son visage farineux se décomposa alors que je vis d'un coin de l'œil Monsieur Uchiwa se retenir de rire. Je laissai sa carte de visite brûler tranquillement dans une petite cupule à côté de mon verre tout en lui jetant un regard noir. Je ne le fis pas bien longtemps car il fallait avouer que ses prunelles noires chargées de colère étaient vraiment… Flippants.

Je l'entendis ricaner un instant puis il s'adressa à nouveau à mon patron.

-Vous êtes mignons tous le deux. Commenta t il amusé avant de repartir dans une démarche souple.

Je soupirai, énervée. Je déteste officiellement Sai Shimura.

Je pris ma fourchette et mangeai enfin mon saumon –oh, tiens, c'était du saumon, en fait ?- en silence. Monsieur Uchiwa ne bougeait pas d'un poil alors je relevai mes yeux vers lui. Il me fixait encore une fois. Il faisait beaucoup ça, aujourd'hui.

- Impressionnant. Commenta t il.

Je souris. Il avait vraiment l'air étonné et alors que je continuai à manger, je savais que nos conversations allaient désormais prendre un autre ton.


Voila, voili, voilu. Hum… Z'avez vu comme Sakura a arrêté de crâner dans ce chapitre ? Et comme Sasuke sourit à tout bout de champ ? Bon, me jetez pas de pierres si vous préfériez les joutes verbales mais il faut être lucide. Avec les collègues, au boulot, il y a souvent des hauts et des bas. Et là, c'est le summum de leur entente… Et si vous avez étudié la physique, vous saurez certainement que ce qui monte… Doit forcément redescendre.

Bon, je me tais.

C'est le moment de vous demander : j'ai droit à ma rédemption ou je mérite d'être lapidée, crucifiée et enterrée dans les règles ?

Qu'importe votre réponse, je suis bien curieuse de savoir quelle a été votre scène préférée. Pour ma part, c'était la presque chute dans le bureau. C'est cliché comme tout mais j'ai adoré l'écrire! x) J'ai demandé à ma sœur si c'était possible de tomber comme ça, elle m'a dit d'essayer… Et en effet, ça marche. xD

Enfin bref.

La suite à… ? Moi-même en personne je l'ignore. Je pensais plutôt m'occuper de Deux princes quatre roturières après cette mise à jour.

Bon. A plus, les filles !

Yuri.