Mes chères lectrices adorées, je suis tellement navrée de vous avoir laissé tomber. J'avais tellement de projet cette année et l'année précédente aussi d'ailleurs… Eventuellement, certains d'entre eux se sont concrétisés alors que d'autres non. Je me bats encore pour réaliser les autres restants… J'ai aussi eu une sérieuse mésaventure avec la langue anglaise, ayant poursuivi un apprentissage intensif, ce qui fait que je suis un peu perdue dans ma deuxième langue. Trop d'anglais a presque tué mon français. X') Mais en attendant, je vous poste un nouveau chapitre.

J'appréhende un peu vos réactions (si vous êtes encore là) et je m'excuse encore pour ma désertion.

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Chapitre 5 : Réunion de crise, Crise de réunion

A quoi est ce que j'ai pensé, honnêtement ?

Lorsqu'il m'a donné ses clés pour accéder à toutes ses propriétés… Quel genre de tâches foutrement glorieuses m'étais je imaginé ?

-Bon, ok. Panique pas surtout. Ce n'est rien de plus qu'une toute petite bêbête… Alors respire. Me serinai-je doucement alors que j'attendais nerveusement dans le hall de l'immense immeuble.

Evidemment, sa majesté Uchiwa vivait un quartier complètement hors de prix et son appartement se trouvait, comme par hasard au dernier étage mais le concierge m'a dit qu'il n'était pas nécessaire que j'y monte pour aller chercher… Ma mission du jour.

Appuyée sur le comptoir d'accueil, je soupirai lourdement en rejetant ma tête en arrière. Cela faisait maintenant trois semaines que j'étais en possession de ses clés et un mois donc que j'étais officiellement l'assistante malmenée de Monsieur Uchiwa. Un mois, quatre longues et lourdes semaines. Mais l'atmosphère était nettement plus légère entre nous sans que je n'en saisisse la cause. Peut être était ce parce qu'il m'acceptait enfin au sein de son entreprise ? Peut être aussi parce qu'il reconnaissait enfin mes capacités ?

Oui. Sans aucun doute car durant ces trois dernières semaines, j'ai eu des choses plus intéressantes à faire que d'aller récupérer les vêtements de Monsieur au pressing ou encore livrer son déjeuner dans son bureau… Maintenant, il me laissait le soin de vérifier les papiers qu'il devait signer, d'étudier certains dossiers parmi les demandes fluctuantes, d'organiser ses réunions, d'appeler certains clients importants à sa place… Oh, cela ne voulait absolument pas dire que les emmerdements en tout genre avaient cessé ou que ces nouvelles responsabilités étaient de la petite bière à côté des précédentes –ce serait un rêve bien haut en couleur- mais disons qu'il me prenait… Un peu plus au sérieux.

Et alors que je commence à maitriser le plus gros de mon travail, je commence également à percer à jour les vrais travers de ce patron en pleine puissance. Entre autre que Monsieur Uchiwa aimait bien emmerder les gens. Ce n'est pas vraiment nouveau, me direz vous mais j'entends surtout par là qu'il s'agit d'un passetemps officiel chez lui, qu'il ne faut pas chercher et que, tant que je prendrai ses demandes farfelues pour de la mauvaise farce, je peux être contente de ma condition. Et puis, il n'est plus constamment sur mon dos, du coup, je peux travailler plus sereinement et de façon plus autonome. Je suis autorisée à donner des ordres à sa place tandis que, en dehors de Monsieur Uchiwa, personne n'a le droit de m'ordonner quoi que ce soit…

En fait, il ne me l'a pas dit ouvertement mais je crois qu'il commence vraiment à me faire confiance.

Un début de sourire faillit naitre sur mes lèvres avant que je ne me souvienne pourquoi je me trouvais dans le hall de son immeuble.

-Il doit bien aimer se foutre de moi… Soupirai-je, laconique.

J'étais calme. Assez calme. Pseudo-calme. Et le pseudo-calme, ça me réussissait. Souvent. Enfin… Seulement lorsque je n'avais pas reçu pour ordre de promener un putain de molosse qui devait faire le même poids que moi.

-Il aime vraiment se foutre de ma gueule, ce connard… Marmonnai-je alors que le gardien des lieux ramenait à bout de laisse le nouveau fléau de ma vie.

-Mademoiselle Haruno, je vous présente Onikage !

Onikage. Bah tiens. Faut bien nommer les choses comme ils sont !

Déjà que je n'aimais beaucoup les chiens, il fallait que l'animal soit énorme, arborant un pelage noir effrayant et de grands yeux injectés de sang. Il avançait vers moi en me scrutant dangereusement. Ce n'était pas un animal domestique, c'était un prédateur, un fauve, une bête sauvage en liberté. Et Sieur Uchiwa voulait que j'aille me promener avec ça.

Magnifique ! Brillant ! La meilleure idée du siècle !

Je dégainai mon cellulaire et appelai tout de suite le malade de service. Il décrocha dès la première sonnerie… A croire qu'il m'attendait au tournant.

- Oui, Sakura ? Répondit il d'une voix neutre.

Mais je pouvais déjà deviner son sourire moqueur, sadique.

- Trois mots, Monsieur Uchiwa : Morte De Rire ! Vous pensez sérieusement que je ne vois pas clair dans votre jeu ?

- Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler. Je suis juste un patron flexible ! Je vous autorise à prendre la matinée pour vous ressourcer, je vous demande juste d'emmener mon chien avec vous… Ce n'est pas plus compliqué que ça ! Expliqua t il posément mais le fond sarcastique ne m'avait pas échappé.

- Eh bien, voilà qui est très gentil de votre part. Puis je faire autre chose pour vous pendant que j'y suis, Monsieur Uchiwa ? Noyer un poisson rouge ? Enterrer un ver de terre ? »

- Humm… Des idées de blondes. Pourquoi vous ne vous offririez pas la teinture qui va avec ? Dit il avec faux sérieux et je pouffai de rire malgré moi.

- Vous n'abandonnerez donc jamais ?

- Je reste optimiste. Surtout que vous allez passer la journée avec Onikage. Je suis sûr qu'il saura vous convaincre que porter des cheveux roses n'est pas la meilleure idée du siècle.

- Qu'est ce que…

- Bonne journée, Sakura ! Chantonna t il avant de me raccrocher au nez.

Bon sang ! Il m'envoie ramasser les crottes de son chien, il ne pourrait pas me témoigner un peu plus de… Respect ? Histoire que je ne le rembarre pas direct ?

D'ailleurs, je regardai le clébard en question… Qui me regarda en retour mais d'une manière assez horrifiante maintenant qu'il se trouvait à moins de deux mètres de moi.

- Euh, dites, pourquoi il me regarde comme ça ? Demandai je, un léger tremblement dans ma voix.

Le gardien des lieux –un quinquagénaire aux cheveux poivre et sel- m'offrit un sourire indulgent et me tendit la laisse à bout de bras…

- Oh, celui là est un petit curieux… Il ne sort pas souvent et il doit être en train de vous jauger. Mais ne vous en faites pas. C'est un chien très agréable et bien élevé.

J'hésitai à prendre la laisse. Très agréable et bien élevé ? J'en doute ! C'était quand même le chien de ce satané Uchiwa, ne dit on pas : ''Tel chien, tel maitre'' ?

- Ce beau labrador a beau n'avoir que deux ans et demi, Monsieur Uchiwa l'a très bien dressé, croyez moi. Sourit le concierge. Regardez !

Je crus défaillir lorsqu'il détacha le collier du chien et que ce dernier d'élança sur moi. Comme au ralenti, je le vis bondir sur ses pattes avant de me renverser comme une quille.

Un bruit immonde, une sensation humide et désagréable sur le front, une grosse goutte de bave tombant sur ma joue et je sus que j'allais tuer Sasuke Uchiwa. D'une mort lente et douloureuse.

- Mademoiselle Haruno, vous êtes sûre que vous allez bien ? Me demanda le concierge pour la énième fois avec une expression profondément concernée.

- Mais puisque je vous assure (que ça ne va pas), ce n'est rien vraiment (comparé à ce que je vais faire à ce maudit enfoiré). Encore merci de m'avoir prêté votre salle de bain (et d'avoir eu la stupide idée de lâcher le chien sur moi). Je vais y aller cette fois.

- Vous êtes sûre ? Enfin, je veux dire… Vous pouvez laisser le chien. Je suis certain que Monsieur Uchiwa comprendrait.

Oui, il comprendrait surtout que sa petite blague avait marché et il oserait ensuite me traiter de chochotte. Je pouvais le laisser faire, ce n'était rien comparé à ses critiques acides… Mais cette fois, il était hors de question que je lui donne cette satisfaction, quitte à me prendre une nouvelle flopée de bave de la part du canidé. Et puis, ça m'apprendra à baisser ma garde.

Une relation moins tendue. Non mais vraiment…

- Cela ira, je vous assure. Et puis, je n'en aurai pas pour longtemps. Je vais juste l'emmener au parc du coin, ensuite je retournerai aux bureaux. Après tout, ce chien n'a pas l'air bien méchant… Il a juste l'air… Affectueux. Mentis je avec un sourire assuré.

- Bien, puisque vous êtes sûre de vous… Bon. Bonne promenade dans ce cas. Mais au moindre problème, revenez immédiatement, d'accord ? Onikage n'est pas comme ça, normalement. Il est joueur mais rarement aussi turbulent. Je me demande bien pourquoi.

- Oh, je crois bien que Monsieur Uchiwa saura me le dire, lui. Marmonnai je dans ma barbe.

Après que le concierge se soit finalement résigné à me laisser partir, je quittai enfin l'immeuble de Monsieur Uchiwa avec Onikage devant moi, ouvrant solennellement la marche. Au début, il suivit gentiment mon rythme, ralentissant l'allure lorsque nous devions traverser une rue, mais au fur et à mesure que nous nous éloignions des immeubles luxueux de Mapuku, il commença à trotter de façon saccadée, balançant joyeusement sa queue touffue derrière lui. A un moment donné, il se mit à pousser un feulement bizarre avant d'accélérer le pas plus sérieusement. Au bout d'un moment, je réalisai que j'étais en train de courir alors je tentai de le retenir, tirant sur sa laisse. Et là, et je vous jure que c'est vrai, il me lança un regard aussi noir que celui de son maitre dans ses mauvais jours. Je pinçai des lèvres et tira sur la laisse d'un coup sec.

-Stop ! Arrête toi, sale bête ! M'écriai je en ancrant mes pieds solidement au sol.

Il s'arrêta, me jeta un autre regard étrangement humain et feula à nouveau.

-Désolée, je parle pas le chien ! (1) Répliquai-je comme une idiote.

Un passant pouffa de rire et me traita distinctement de timbrée mais je n'eus pas le cœur à l'envoyer sur les roses. J'étais trop exaspérée…

Je soupirai. Y'a pas à dire, c'est vraiment le chien de cet Uchiwa de malheur… Mais je fus soulagée en voyant une espace verte s'étendre de l'autre côté de la rue. Le premier parc venu fera l'affaire, je n'ai jamais convenu que je l'emmènerais à Disney Land…

Arrivée à destination, je m'assis sur le premier banc public qui croisa mon chemin et détachai rapidement le chien. Il alla aussitôt courir derrière un buisson. Ah, alors c'était ça les feulements ! Je grognai, m'étirai et m'affalai un peu plus sur le banc en sentant mes jambes s'alourdir suite à notre petite course.

Bon, après tout, c'était pas si mal. Si l'on omettait notre première rencontre plutôt baveuse et le fait que je n'aimais pas beaucoup les chiens… Ce n'était pas si mal. Parce que je réalise seulement à l'instant que cela fait presque un mois que je n'étais pas sortie prendre l'air. Moi, qui pourtant détestais le confinement par-dessus tout… Et il aura fallu que je promène un chien pour que je m'en rende compte… Il faudrait que je pense à sortir Chibi de temps à autre, même si elle n'aime pas vraiment les promenades. C'est un petit animal très indépendant mais je trouve que je l'ai quand même un peu délaissé ces derniers temps. Et aujourd'hui, c'est au profit d'un chien. Quelle honte. Si Chibi se mettait à me griffer en rentrant à la maison, je la laisserai sûrement faire.

Je soupirai et rejetai ma tête en arrière, regardant la lumière filtrée par l'épais feuillage verdoyant au-dessus de moi. Le printemps était à son summum, les oiseaux chantonnaient et les cerisiers étaient en fleur tout le monde semblait prendre du bon temps au parc. En fait, tout semblait aller dans le meilleur des mondes malgré mes malheurs aux bureaux. C'en serait presque injuste !

Mais j'étais bien, là, détendue et isolée, à l'abri d'un soleil trop enthousiaste et caressée par une légère brise…

Une matinée pour me ressourcer. Oui. Ce n'était vraiment pas si mal.

Enfin jusqu'à ce je sentis quelque chose tirer mes cheveux !

-Mais qu'est ce que… Argh !

Le… Sale enfoiré de clébard de merde ! Il vient de mâchouiller la pointe de mes cheveux, ce fils de... Chacal ! Mes cheveux, oh, mes pauvres cheveux ! Je fusillai le chien du regard et il osa prendre un air innocent.

Est-ce que ce serait mal vu si j'égorgeais ce chien avant de le jeter dans l'étang d'à côté ?

-Onikage, mais qu'est ce que tu fais ? Rigola une voix masculine au loin.

Je vis une silhouette élancée, habillée de noir, venir vers moi d'une démarche mesurée et nonchalante. Une démarche qui m'était vaguement familière mais ce ne fut que lorsque l'homme se planta devant moi que l'évidence me frappa. Je me redressai brusquement. Ces yeux, cette carnation pâle, ces cheveux sombres... Horriblement familiers.

-Euh… Vous allez bien, mademoiselle ? Demanda t il d'une voix de velours alors que je le détaillai bêtement.

Et pour cause : j'avais vu cette tête sur plusieurs journaux, je l'avais détaillé pendant des jours, des semaines, des mois durant… Je m'en serais presque amourachée.

L'homme qui était censé être à la tête du plus grand empire immobilier du Japon, à la place d'une certaine personne bien trop jeune et trop odieux pour le rôle.

Itachi Uchiwa.

Je ressentis soudainement une répulsion inexplicable et je me levai brusquement tout en me mettant deux bons mètres entre nous.

Il fronça les sourcils et je pris sur moi pour essayer de rattraper mon indélicatesse.

-Monsieur Uchiwa. Le saluai je en m'inclinant vers lui.

-Euh, je… Nous nous connaissons ? Répondit il, confus.

-Non. Mais je travaille à l'Akatsuki, Monsieur. Fis je tout simplement.

Au mot Akatsuki, je vis une voile sombre passer sur son visage pâle. Mais ce fut bref et elle fut bien vite chassée par un petit sourire en coin.

-Je vois… Alors c'est vous qui promenez Onikage ? J'ai cru qu'il s'était échappé comme d'habitude.

-Echappé ?

-Oui, cela lui arrive souvent. Mais en même temps, avec un maitre comme Sasuke, on peut le comprendre, n'est ce pas ? Plaisanta t il.

Pour une quelconque raison, cela ne me fit pas rire. Oui, je trouvais Sasuke Uchiwa odieux, oui, je m'en arrachais parfois les cheveux tellement il était agaçant et oui, je le tuais au moins cent fois par jour dans ma tête. Alors normalement, cette plaisanterie devrait me faire rire pour les cent ans à venir… Mais je demeurai stoïque. Je n'arrivai tout simplement pas à me réjouir à l'idée d'avoir trouvé quelqu'un ayant le même avis que moi concernant mon boss. Et en soit, c'était tout à fait anormal.

L'Uchiwa en face de moi sembla avoir remarqué mon humeur et se racla bruyamment la gorge – pour essayer de dissimuler son malaise sans doute.

-Vous devez être drôlement proche de mon frère pour qu'il vous confie son chien…

Sa phrase sonnait comme une constatation banale, lancée juste comme ça… Mais je sus qu'il n'en était rien. En le dévisageant scrupuleusement, on pouvait voir qu'il attendait une quelconque réaction de ma part, une réponse bien précise ou alors un étonnement face à l'information disséminée dans ses paroles peut être… Bien sûr, il serait normal que je sois étonnée par le fait qu'il soit le frère de Sasuke Uchiwa. Après tout, Monsieur Uchiwa ne m'avait jamais parlé de lui et aucune presse n'avait jamais exposé ce dernier en tant que frère d'Itachi Uchiwa quand bien même celui-ci avait droit à trois pavés de louanges tous les mois… Mais encore une fois et pour une raison qui m'échappait toujours, je ne ressentis aucune espèce d'envie de réagir normalement.

-Je suis l'assistante personnelle de Sasuke Uchiwa. D'ailleurs, je dois retourner aux bureaux. Voulez vous faire parvenir un message à votre frère ? Répliquai je d'une voix professionnelle en feignant de regarder ma montre.

J'entendis un ricanement moqueur. Je relevai les yeux, le fusillai du regard.

-C'est bien aimable à vous, Mademoiselle l'assistante-personnelle-de-Sasuke-Uchiwa, mais je pense connaitre assez mon petit frère pour savoir qu'il n'a pas besoin qu'on lui fasse parvenir… Mes messages. Ceci étant, je ne vous ai jamais vu en sa compagnie… Ni à la Compagnie d'ailleurs. La dernière assistante de Sasuke était une blonde avec une forte p-… Bref, comment se fait il que je ne vous ai jamais rencontré ?

-C'est parce que je viens tout juste de commencer. Et puisque vous n'avez pas de message pour Mr Uchiwa, si vous le permettez, je vais…

-Est-ce que je me trompe si je pense que vous essayez de me fuir ? M'interrompit il avec un sourire en coin. Les bureaux de l'Akatsuki sont à l'autre bout de la ville et vous devez encore ramener Onikage. Ce serait bête de ne pas essayer de profiter de ma présence, n'est ce pas ?

Un sarcasme tellement familier. Un visage tellement familier. Et une pertinence agaçante tellement familière… Je soupirai d'exaspération.

-Vous êtes en voiture ? Aboyai je presque, ce qui le fit rire doucement.

-Bien sûr. Quel serait l'intérêt de la question, sinon ? Chantonna t il.

-Bien sûr. Marmonnai je entre mes dents serrées.

Les sourires sardoniques devaient être un trait commun aux Uchiwa.

-Permettez ? Fit il en me prenant la laisse des mains.

Il s'attela ensuite à y attacher Onikage qui n'avait pas bougé d'un pouce durant notre petite conversation puis il me fit signe de le suivre. Je me calquai prudemment à ses pas.

-Et sinon, vous n'avez pas peur de monter dans la voiture d'un inconnu, Mademoiselle ? Me lança t il avec un petit air de défi.

-A cet instant, c'est moi qui suis l'inconnue, Monsieur Uchiwa. A votre place, je n'essayerais pas trop de faire le malin.

-Je n'oserais jamais, Mademoiselle… Bon, dites moi au moins votre nom de famille, vous avez évité la question par trois fois, déjà !

-Avancez, Monsieur Uchiwa.

Donner un ordre à un Uchiwa semblait étrange, surtout en connaissant un en particulier… Mais Itachi Uchiwa semblait bien différent de son frère malgré leur ressemblance physique indéniable. Ils n'ont pas vraiment le même « aura », si vous voyez ce que je veux dire…

Avec un sourire en coin breveté Uchiwa, le brun me mena vers le parking et une fois devant sa voiture, je me figeai net. Sa voiture. Noire, agressive, puissante –même à l'arrêt. Je la reconnus immédiatement ! C'était cette fichue coupée-sport de la mort de Sasuke Uchiwa.

Par simple reflexe, je sortis mon trousseau de clé et cherchai rapidement les petits boitiers noirs… Car il y avait des clés de voitures parmi celles là. Je regardai le logo de la marque –un bouclier dans les tons orange, or et rouge (2)- et repérai rapidement la même marque sur un des boitiers. J'appuyai sur un bouton. Et la voiture bipa, faisant sursauter Itachi Uchiwa. Il me lança un regard incrédule et je réalisai à l'instant que si Sasuke Uchiwa m'avait confié ses clés comme ça, ce n'était pas seulement pour que je puisse promener son chien, non. Il avait des plans bien plus élaborés… Je me demandai alors si surveiller son frère en faisait partie.

- La promenade a été bonne, Haruno ?

Je m'arrêtai devant la porte ouverte de son bureau, fis volteface et arquai un sourcil.

Ah, c'est Haruno maintenant ?

- Vous m'avez l'air bien…Prompt, Monsieur Uchiwa. Vous m'attendiez ? Minaudai je.

- Bien sûr que je vous attendais. Les photocopies ne vont pas se faire toutes seules.

Son ton était ridiculement mielleux. Et sarcastique, bien sûr. Il était penché sur son ordinateur et affichait un horrible sourire en coin sans même relever les yeux vers moi. J'eus un début de sourire en secouant ma tête. Je commençais à avoir l'habitude de Sarcasme Uchiwa, quand bien même il était irritant. Dans ma tête, j'interprétais son sarcasme comme étant sa bonne humeur.

Il finit de taper quelque chose sur son ordinateur avant de relever les yeux vers moi, me détaillant comme s'il me voyait pour la première fois. Je commençais à avoir l'habitude de ça aussi.

- Alors… Onikage est un grand fan de barbe à papa, je vous l'avais dit ? Lança t il sur un ton badin mais je voyais parfaitement qu'un coin de ses lèvres tiquait.

Ce sadique se retenait d'éclater de rire.

Sale …

Avant que je n'ai pu ouvrir la bouche pour cracher une réplique bien acide, Monsieur Uzumaki débarqua en trombe dans la pièce.

- Sasuke, on a un problème ! Déclara t il avec un air grave.

Notre patron se redressa immédiatement, alerte, toute trace d'amusement disparu de ses traits.

-Euhm… Je vais vous laisser. Décidai je.

-Non, Sakura. Restez. C'est très important. Contra le blond avant de se précipiter vers le bureau de Monsieur Uchiwa.

Il y déposa un peu abruptement un épais dossier et Monsieur Uchiwa fronça les sourcils.

-Qu'est ce que c'est ?

-A ton avis ?

J'étais toujours choquée de voir comment Monsieur Uzumaki parlait à notre patron. Et de voir comment Monsieur Uchiwa réagissait stoïquement face à autant de manque de professionnalisme.

Je suppose qu'ils devaient être réellement proches.

Monsieur Uchiwa feuilleta rapidement les premiers papiers du document et il se rembrunit au fur et à mesure qu'il lisait. Lorsqu'il en eut fini, il releva la tête vers Monsieur Uzumaki, ses traits si durs que je me sentis glacée sur place.

-C'est moi-même qui ait demandé l'audit. Tout ça, c'est ridicule. Conclut il en reposant les feuilles de papiers dans le dossier.

-Je sais bien mais cela n'empêche que ce crève la faim t'accuse de quelque chose de grave, Sasuke. Détournement de fond, pot de vin, abus de pouvoir… Je déteste dire ça mais ils peuvent te mettre hors circuit rien que pour le premier motif.

Je ne comprenais rien de leurs charabias mais je vis Monsieur Uchiwa soupirer puis porter sa main à son visage pour se masser légèrement une tempe. C'était la première fois que je le voyais faire ça. Des migraines, j'imagine qu'il en avait avec toutes les affaires qu'il devait traiter. Mais c'était vraiment la première fois qu'il montrait ce genre de signe. L'heure devait être grave.

-Il a des preuves ?

-Fabriquées sans doute. Il vaut mieux que tu te prépares… C'était le meilleur expert-comptable de tout Kyoto, il ne va pas lâcher prise.

-Je suppose que tu as raison. Soupira t il, en fermant les yeux, comme si tout d'un coup il était trop fatigué pour les garder ouvert.

Comme une automate, je lui proposai un café et il rouvrit difficilement les yeux, me regardant fixement, comme si je venais tout juste de débarquer dans son bureau. Encore une fois. Il prit une profonde inspiration puis se lança dans une tirade rapide et précise :

-Sakura, faites venir mon avocat ainsi que Monsieur Nara, Monsieur Tanaka et Monsieur Sabakuno dans mon bureau. Immédiatement. Contactez également le cabinet Sabakuno & Yamagara, qu'ils nous envoient au plus vite le compte rendu de l'audit que vous imprimerez en quatre exemplaires. Annulez tous mes rendez-vous pour le reste de la journée et veuillez vérifier tous mes comptes bancaires.

-Euh, vos comptes bancaires, monsieur ? M'enquis je, perdue.

-Les transactions qui y ont eu lieu ces trois derniers mois. S'agaça t il, comme si c'était une foutue évidence.

Je fronçai les sourcils, ne captant pas du tout le cheminement de ses pensées et j'ouvris la bouche pour lui poser la question lorsqu'il me lança le regard le plus noir qu'il avait en réserve. Je refermai sagement mon clapet et acquiesçai avant de tourner les talons.

Monsieur Uzumaki me suivit de près en marmonnant dans sa barbe.

J'aurais pu lui demander de répéter ce qu'il disait mais je n'en voyais pas trop l'intérêt, d'autant plus que j'avais à faire.

Je contactai donc toutes les personnes que Monsieur Uchiwa avait demandé, bouclant rapidement la conversation de façon professionnelle. Monsieur Sabakuno était en route, Monsieur Tanaka également. L'avocat, Juugo Adashi, était déjà dans l'immeuble et devait être dans un ascenseur et Nara, notre expert comptable, était déjà dans le bureau de Monsieur Uchiwa. Je devais recevoir le compte rendu et quelques documents de la banque dans quinze à vingt minutes mais il y avait encore un détail que je devais aborder avec Monsieur Uchiwa.

Je pris le combiné et appuyai sur le premier bouton, la ligne du boss.

-Sakura ? Aboya t il presque.

Je roulai des yeux.

-Oui, j'ai fini d'appeler tout le monde, Monsieur. Juste…

-Et les comptes rendus de la banque ? Me coupa t il.

-Ils m'ont fait patientés quinze à vingt minutes pour –

-Insistez. Ça ne peut pas attendre !

-Ils allaient me faire poiroter pendant une heure, j'ai déjà insisté, Monsieur.

Oui, j'étais agacée.

-Pas assez apparemment. Cracha t il. Faites imprimer leur mail avec les comptes rendus de l'audit. D'ailleurs, le cabinet ?

-J'allais justement vous en parler, merci ! Fis je, révoltée.

-Et bien, faites donc !

Je fermai les yeux, soupirai et jurai silencieusement, les dents serrées. Un de ces jours, je jure que je lui arracherai la tête.

-Eh bien, Madame Yamagara a insisté pour venir aux bureaux…

-Madame Yama-… ? Karin? S'étonna t il.

-A ce que j'ai cru comprendre, oui. Comme vous n'avez pas demandé à ce qu'elle vienne, je lui ai dit que ce n'était pas nécessaire mais elle n'a rien voulu écouter alors…

-Non, c'est bon. Elle est la bienvenue.

-Elle est en route mais je peux toujours-… Quoi ?

-Vous m'avez entendu. N'oubliez pas d'apporter du café lorsque tout le monde sera présent. Un grand Macchiatto Caramel pour Mademoiselle Yamagara.

Il raccrocha. Je soupirai rageusement.

C'était quoi, son foutu problème ? Un moment il aboie et grogne comme un chien enragé et l'instant d'après, il s'attendrit comme un agneau cuit à la cocotte-minute. Non, mais je vous jure, le changement d'humeur à l'annonce de l'arrivée de cette Yamagara était totalement palpable… Et soudain, une idée germa dans mon esprit, me faisant froncer les sourcils : est-ce qu'il y avait… Un truc… Entre eux ?

Je soupirai nerveusement… C'était envisageable. Après tout, Monsieur Uchiwa a eu pas mal de rendez vous galant ces derniers jours… Bon, peut être pas forcément galant vu que toutes les filles avec lesquelles ils dinaient avaient forcément un quelconque rapport avec telle ou telle entreprise qu'il voulait comme partenaire… Mais je n'avais jamais vu le nom de Yamagara dans son agenda. C'était donc une connaissance personnelle, voire intime s'il la laissait venir au bureau à l'improviste avec autant de… D'enthousiasme.

L'écran de mon ordinateur me notifia l'arrivée d'un nouveau mail et je me rendis compte avec consternation que je venais de passer plus de dix minutes à essayer d'analyser si oui ou non, Monsieur Uchiwa avait une relation plus que professionnelle avec Karin Yamagara.

Et je me haï pour ça. Et ce fut pour ça que je trimballai une humeur massacrante jusqu'à la fin de la journée et pour aucune autre raison.

Il était plus de dix huit heures lorsque le sommet des cerveaux prit fin et je regardai depuis mon bureau les hommes d'affaires sortir du bureau directorial l'un après l'autre, éreintés mais visiblement satisfaits.

Pour une quelconque raison, Monsieur Uchiwa avait insisté pour que je reste dans mon bureau afin de gérer ses autres clients. Je n'ai donc pas pu assister à cette fichue réunion improvisée qui m'avait valu des regards noirs et des ordres aboyés à 100km/h. Au final, je devais écouter Monsieur et Madame Coleman pépier sur la construction de leur nouveau centre canin, exprimant leur satisfaction à l'égard d'Akatsuki Corp et louant Monsieur Uchiwa comme s'il était une espèce de divinité païenne.

Je soupirai une énième fois. Ma mauvaise humeur ne s'était pas dissipée mais je n'attendis pas plus de temps pour me diriger vers le bureau du PDG. Ramasser et ranger les dossiers trainant, jeter les gobelets de café… Je tenais à finir ça au plus vite et passer outre cette réunion inopinée qui a chamboulé tout un emploi du temps dument planifié par mes soins. J'étais bien décidé à en toucher un mot à Monsieur Uchiwa, comme quoi on devra accélérer les choses la semaine prochaine vu qu'il a annulé deux rendez vous très important aujourd'hui –deux gros contrats, s'entend- mais je fus coupée dans mon élan par la scène qui se jouait devant moi.

Monsieur Uchiwa était debout devant son bureau, dos à moi et penché en avant. Sauf qu'il n'était pas seul, non. Son corps élancé encadrait une plus petite silhouette, fine et pâle, qui devait être appuyée –ou même assise sur son bureau. Je n'étais pas bête. C'était Mademoiselle Karin Yamagara. Et le fait que la main de Monsieur Uchiwa touchait maintenant le bras de la jeune femme confirmait ma théorie d'il y a quelques heures. Il y avait quelque chose entre eux et clairement que je tombais au mauvais moment. Je devais m'éclipser, leur laisser un peu d'intimité et peut être repasser plus tard pour ensuite faire comme si je n'avais rien vu. Oui, je devais faire ça.

Je le devrais.

Seulement, voilà. Je ne me sentais pas du tout charitable. Alors je me raclai bruyamment la gorge avec mauvaise foi et Mademoiselle Yamagara sursauta tandis que mon boss se retournait pour me poignarder d'un nouveau regard noir.

-Veuillez m'excuser, Monsieur mais la filiale chinoise a envoyé des requêtes supplémentaires en rapport avec la station balnéaire. Ils ont dit que c'était urgent.

Faux. Et le regard noir intensifié de Monsieur Uchiwa m'informa qu'il savait que ce n'était pas urgent. Honnêtement, je ne sais pas trop ce qu'il m'a pris de dire une telle chose.

-Eh bien, ils attendront demain. Dit il sèchement.

-Demain, on sera samedi, Monsieur.

-Eh bien, lundi alors ! Passez leur un coup de fil et faites les patienter !

-Euh… Tu es sûr, Sasuke ? On peut toujours reporter notre diner si c'est important… Fit la voix fluette de Mademoiselle Yamagara et je me tournai vers elle.

Ses cheveux rouges pétant me choquèrent autant que la première fois que je les ai vus, soit quatre heures auparavant… Elle avait peut être l'air éreintée, sous ses lunettes arrondies et sa chemise parme légèrement froissée, mais ses cheveux sanguinaires lui donnaient une espèce d'aura énergique, lui donnant un air infatigable… Un peu comme Naruto avec ses cheveux jaunes, en fait.

Monsieur Uchiwa me tira de ma contemplation en disant que non, il ne reporterait pas leur diner et qu'il reprendrait les affaires lundi.

Ah. Alors comme ça, il avait un diner improvisé.

Monsieur Uchiwa, perfectionniste et maniaque du timing, avait improvisé un diner avec une collègue venue à l'improviste pour une réunion inopinée.

J'essayai d'occulter l'étrangeté d'un tel fait en me penchant sur la table basse afin de commencer mon rituel de nettoyage post réunion. Mais alors que j'empilai feuilles de papiers volantes et autres document, je sentais toujours le regard de Monsieur Uchiwa me brûler la nuque. Du moins, jusqu'à ce que Mademoiselle Yamagara ne dise quelque chose à propos Monsieur Uzumaki qu'elle voudrait voir avant d'y aller. Elle sortit du bureau en trombe, dansant presque sur ses escarpins plus vertigineux que les miens, me laissant seule avec mon boss dans un silence assourdissant et menaçant de colère.

Et là, je réalisai enfin pleinement la portée de mes actes. Mais au lieu d'être nerveuse, je continuai de ranger les dossiers et de classer les notes prises durant cette réunion comme si de rien n'était.

-Que croyez-vous être en train de faire, Mademoiselle Haruno ? Persiffla finalement Monsieur Uchiwa.

-Mon travail, monsieur ? Fis je d'une voix contrôlée, placide.

-Je croyais avoir été clair à ce propos, vous deviez rester dans votre bureau jusqu'à la fin de la réu-…

-Et la réunion est terminée, je viens tout simplement nettoyer. N'est ce pas ce que je suis censée faire à chaque fois ?

Il écarquilla les yeux et c'était vraiment de mauvaise augure mais une fois encore, bien qu'une sueur froide commença à traverser mon dos, je ne me sentis pas vraiment paniquée.

-Ne. Jamais. Me. Couper. La. Parole. Ponctua t il les dents serrées.

Je souris avec un certain dédain.

-N'est-ce pas ce que vous avez fait toute la journée, Monsieur ? Couper la parole à tout le monde ? Et bien alors, nous ne sommes que de simples employés, je vous l'accorde mais les relations professionnelles et les règles de l'éthique… ça va dans les deux sens, vous ne pensez pas ?

Je fus moi-même soufflée par ma propre audace. Et au vu du regard maintenant meurtrier de Monsieur Uchiwa, j'étais bien partie pour perdre mon job dans les heures qui suivent.

-Etes vous en train de me dire comment je devrais gérer mon personnel ? Comment je devrais vous gérer ? Susurra t il d'une voix dangereusement basse.

J'allais perdre mon job, à présent, c'était une certitude. Mais je continuai. Encore et toujours.

-Oh, rien de tel, Monsieur Uchiwa. Juste… Respectez vos propres règles et ayez au moins l'obligeance de bien vouloir expliquer les fils de vos pensées lorsque des employés se plient en quatre pour remplir le moindre de vos désirs. Et je vous rappellerais également que des dossiers de la semaine attendent sagement sur vos étagères. Dossiers qui devraient être traités aujourd'hui même mais bien sûr, en plus d'annuler des rendez vous importants, vous allez rajouter des écarts sur votre agenda surchargé.

-Qu'est ce que vous voulez dire par-…

Il s'interrompit, plissa les yeux vers moi et un nouvel éclair jaillit de ses yeux mais cette fois, ce fut complètement différent. Ce n'était pas de la colère. Plutôt un choc du à une compréhension brutale de la situation mais honnêtement, je n'en espérais pas tant…

-Qu'est ce que tu me fais, Sakura, une scène de jalousie ?

Et ce fut à mon tour de le fusiller du regard, autant de colère que de choc. De colère parce qu'il était totalement à côté de la plaque et de choc parce que… Merde. Il venait d'employer un registre familier, le descendant de son piédestal de DG tyrannique. Le mélange des deux fit que ma mâchoire tomba à mes pieds, comme si je venais de rentrer dans une dimension parallèle.

Une scène de jalousie ?

Une scène de jalousie ?!

Mes joues chauffèrent malgré moi. De colère. Mais il prit cela comme une espèce de confession intime et tout d'un coup, il souffla puis pouffa légèrement. Oui, il pouffait foutrement de rire. Comme ça, sans préavis. Cet homme était un grand schizophrène.

-Vous êtes fatiguée, Haruno. Tout comme le reste d'entre nous. Rentrez chez vous ou mieux… Sortez avec des amis. Du moins… Je vous libère pour ce vendredi ci.

Il sortit du bureau avec un horrible sourire en coin, me laissant pantoise dans le bureau.

Merde. On était vendredi. Il croyait vraiment que je voulais passer ma soirée avec lui à traiter des dossiers jusqu'à y'a pas d'heure pour ensuite diner dans un restaurant ridiculement cher ?

En même temps, c'est ce que vous faites tous les vendredis depuis un mois… Me souffla ma voix intérieure et ce fut là qu'un vent de panique s'empara de moi et que le doute s'insinua sournoisement.

Etait ce pour ça que j'étais aussi en colère ? Parce que c'était notre vendredi ? Foutaise ! Notre vendredi ? Tssk. Rien que le fait de penser à ce jour comme étant le ''nôtre'' me donna envie de vomir en arc en ciel.

Non, définitivement, ce n'était pas pour ça que j'étais en colère. C'est parce qu'il se permet de faire toutes ces entorses à ses propres règlements. Tous ses règlements à une seule exception : être odieux avec moi. Il n'aurait pas pu être plus aimable aussi, pour changer ?

Il t'a bien libéré, ce soir non ? Et puis aux dernières nouvelles, tu n'es pas encore virée.

Cette dernière constatation tomba comme une enclume dans mon estomac et je dus m'accrocher à une chaise pour me retenir de tomber.

J'ai failli perdre mon job et je n'ai même pas cillé. Qu'est ce qu'il m'était passé par la tête, bon sang ? Comment est ce que j'ai pu oser balancer autant de choses au PDG d'une multinationale quand bien même il était jeune, con et arrogant ?

Je respirai par à coup.

Tout va bien, Sakura. Il ne t'a pas viré. Tu apprendras juste à fermer ta gueule la prochaine fois et tout se passera bien.

Je sortis du bureau directorial en titubant légèrement et me rattrapai misérablement contra la porte de mon bureau que je refermai faiblement. Maintenant que mon humeur était retombée, j'eus l'impression d'être vidée de toute énergie et pour la première fois de ma vie, je me sentis stupide. Horriblement stupide.

Car j'avais beau mettre la faute sur le dos de Sieur Uchiwa pour cette crise de colère soudaine, je savais que j'avais aussi ma part de responsabilité là dedans : je l'ai écouté. J'ai écouté Sasuke Uchiwa malgré moi et pendant à peine un mois, j'étais devenue, comme qui dirait, sa propriété, comme il l'a si bien fait remarquer à notre première rencontre.

Je n'avais aucune interaction sociale à part celles que j'avais au bureau et qui se limitaient donc souvent à Monsieur Uchiwa et Monsieur Uzumaki, voire Nara, quelques fois mais sans plus. Je ne rencontrais jamais quelqu'un de nouveau, tellement pressée de me mettre au travail. Et ce, depuis un long mois. Et encore, la seule nouvelle personne que j'ai rencontré ce mois ci était Itachi Uchiwa, le frère de mon boss.

Merde.

Je devais reprendre ma vie sociale en main ! Et vite !

0o0

Désolée je parle pas le chien : copyrighted Yuhi Potter. Sis, c'est pour toi ! Hehehe.

Alors voilà pour ce chapitre. Rencontre avec Ita et arriveé de Karin. Première dispute bizarre avec un Sasuke amusé face à ce qu'il croit être une scène de jalousie.

Je travaille d'ors et déjà sur la suite qui consistera en une reprise en main magistrale de la vie sociale de notre Sakura adorée. J'espère ne pas avoir trop perdu la main et ne pas vous avoir perdu, vous, surtout.

Merci de m'avoir lue.

Bisous,

Yuri ~