Coucou tout le monde!

Merci à toute celle qui laissant des reviews, me follow et me mettent en fav' C'est super et ça motive à fond! (Toutes celles qu'écrivent, vous savez de quoi je parle) Vous êtes toutes des amours, Bisous baveux!

Par contre... Vous ne savez pas comment je me sens quand j'en lis certaines.. Vous avez toute un avis différent sur les couples, les prénoms du Panda et du Geek, la publi... Je ne peux apparemment pas faire plaisir à tout le monde pour cette histoire!

Me revoilà avec le troisième chapitre de ma fiction. Au programme: .. Pour le savoir, il faudra lire x) Je vais quand même pas vous spoilez ;)

Par contre je tient à m'excuser envers les fans du Matoine, ni Mathieu ni Antoine ne seront très présent dans ce chapitre. C'est surtout concentré sur le Patron, le Hippie, et le Panda. C'est un peu plus psychologique quoi.

En espérant qu'il vous plaise autant, voir plus, que les autres, Voici le chapitre 3 !

Chapitre 3: La ou le cœur balance rien n'est pris en compte.

Il ne s'était pas vraiment attendu à le trouver là, en fait. C'était un de ses nombreux petits rituels du soir. De se poser là, sur le balcon, et de s'en griller une.

Comme au bon vieux temps. Ouais, comme au bon vieux temps.

Si seulement il avait existé, ce putain de bon vieux de temps.

Il n'était pas particulièrement malheureux, non. Il était juste.. Vide. Il lui manquait un truc. C'était con pourtant. Il avait tout ce qu'il voulait. Une belle baraque -parce qu'il faut pas croire, le Gamin l'avait pas payé tout seul-, de quoi boire, de quoi bouffer, de quoi baiser.

Il avait même une famille.

Une vraie famille.

Enfin, c'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler une "Vraie famille" mais au fond, ça voulait dire quoi? Les conventions sociales et le bien pensant commun avait décidé qu'une famille, c'était un père, une mère, et un, deux, voir trois gamins.

Rien que le nombre de bambin, c'est important.

Dîtes que vous attendez votre cinquième gamin, par exemple, et vous la verrez. Cette petite étincelle, qui s'allume tout au fond des yeux des gens. C'est pas vraiment descriptible. C'est une sorte de surprise un peu déçu, qu'on camoufle d'une hypocrisie habile et immonde. Merde. On est pas dans le bien pensant de la société. On à le pied hors de la case, on suit pas le bon bout de la carotte.

Dite que vous faites des vidéos d'humour sur youtube et que vous vivez avec six doubles de vous-mêmes complètement barges, personne ne vous ouvrira sa porte. Vous pouvez en être sûr.

C'est con quand même, quand on y pense.

C'est bien pour ça que Le Patron disait tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Il rigolait bien des gens qui le trouvait sans cœur et immoral. Bien évidemment, il l'était, mais tout aucun qu'eux. Le monde était trop noir, trop pourri.

Certains diront que ça n'a pas de rapport, mais c'est la plus évidente liaison entre sa personnalité et ce que l'Humain adulte avait fait de lui.

Si tout le monde était pourri, alors il serait le plus pourri d'entre eux. C'était sa seule règle. Son seul moyen de défense.

Il ne violait et tuait pas les gamins par réel plaisir, cette façade, c'était juste pour l'émission de Mathieu. Il en avait fait des choses, bien sûr, dégueulasse et immonde. Mais c'était tout ce qui lui restait. De se forger une carapace, de faire croire à tout le monde, même à sa famille, qu'il n'était que le pervers à qui on ne pouvait confier aucun de ses problèmes.

A force de trop jouer avec le diable, il avait finir par en devenir un. Si personne n'était capable de lui donner de l'amour, alors il détruirait tout sur son passage. Dans une outrance de gestes et de paroles malsains, la toile de sa vie se résumait à ça. Il n'y a qu'avec le sang qu'il avait appris à peindre.

Personne ne pouvait approcher le Patron sans se faire bouffer. Personne. Même Mathieu.

Mais tout n'était pas tout noir, dans ce cœur qui battait sous ces lunettes et ce sombre costume, qui résumait bien cet homme. Il y'avait, des fois, une petite étincelle. Infime certes, mais bien présente. Des petites attentions, des trucs cons, comme l'émission de Mathieu, dans lequel il mettait toute son âme pour que ses apparitions soient parfaites. Ou l'argent qu'il ramenait pour le loyer, les courses et même les petits plaisirs personnels de chacun. L'ancien petit copain de la Fille, qui l'avait trompé. Aujourd'hui dans un fossé, bouffé par les vers et les asticots. Le Geek aussi. Il voulait posséder le môme. Férocement. Violemment. Celui-ci avait beau se plaindre, mais malgré tout, si le criminel voulait lui faire vraiment du mal, il serait brisé en deux depuis longtemps.

Il y tenait, mine de rien, par-delà les apparences, à cette famille.

Quand il poussa la porte vitré du balcon, il n'avait pas vraiment fait attention à ce qui s'y trouvait. Si oui, peut-être aurait-il fait demi-tour. Ce genre d'instant seul confronté aux étoiles, il préférait les passer au calme, ce qui était tellement rare.. Mais pas ce soir.

Le Hippie était là. Les coudes appuyés sur la rambarde, son bob enfoncé sur la tête, masquant une chevelure châtain touffue et emmêlée. Ses lunettes mauves masquaient, comme toujours, ses grands yeux bleus trop égarés.

Le Patron s'était toujours demandé comment aurait été le camé, si la drogue ne lui avait pas esquinté les neurones. Sans doute aurait-il été humaniste en Afrique, aidant et éduquant les gamins miséreux qui y vivait, ou une connerie dans le genre.

L'homme au chapeau se tourna vers lui, un joint et le sourire au lèvre. Alors que tous les habitants de la maison avaient un mouvement de recul à son approche, le visage du camé était paisible, semblant presque silencieusement l'inviter à venir le rejoindre.

Le Hippie l'avait dit. Il aimait tout le monde. Même le plus gros connard capitaliste pétrolier ou le plus haut gradé Nazi. A ses yeux, tout pouvait être racheté et embellit, il suffisait simplement de la patience, et du bon vouloir.

Le criminel hésita une seconde. Le Hippie avait l'air d'avoir au moins un pied sur terre, et pas trop enclin à la papote. Il ne risquait pas de se faire emmerder.

En fait, la compagnie du pacifiste était peut être ce qu'il avait le plus besoin en ce moment.

Il s'accouda donc à ses côtés, silencieusement. Il alluma sa cigarette, faisant semblant de ne pas remarquer le léger sourire de la tête blonde enfoncé sous le bob clair.

_C'est rare de te voir t'apaiser gros..

Les mots avaient été soufflés. D'un calme dont seul lui était capable, d'une douceur presque irréel. Le Hippie tira une taffe sur son bédo soigneusement préparé avant le repas, et leva la tête vers les étoiles.

Pour seule réponse, Capsule de Bière aboya du jardin, toujours à moitié endormi au pied du van de son maitre.

Un léger rictus déforma les lèvres du Patron. Comment cet enfoiré pouvait-il bien faire?

Les paroles du camé, à la place de l'énerver, l'apaisait. Comme un remède à une plaie trop longtemps restée à vif. Merde, il aurait dû ressentir de l'agacement. Il aurait du avoir envie de le baiser violemment, là tout de suite! Comme son cerveau lui dictait 24heure sur 24! Mais non. A la place, il écoutait le son de sa voix qui lui parvenait avec un apaisement insoupçonné.

Au fond, le Hippie et lui, ils étaient pareils.

De la même manière que le Ying et le Yang, rattaché par une relation qu'aucun mot ne définissait vraiment.

La même vision du monde leur avait été donnée. Tout ce qui les différenciait, c'était les armes qu'ils possédaient pour l'affronter. Le Patron avait pris la voie de la violence, le drogué avait choisi la Paix. Mais cela n'en était pas moins difficile. Tandis qu'il se perdait dans les nuits torrides et malsaines, les business pas net et les fantasmes continuels et toujours plus inventifs, l'amateur d'herbe soulageait sa douleur dans ses drogues et ses bad trip, poussant le bouchant à chaque fois plus loin, avec le même espoir d'un jour se réveiller sans aucune honte et sans aucun regret.

Une enfance difficile, une âme tourmenté. Une paire de lunettes pour cacher ses deux yeux bleus qui reflétaient trop de tristesse pour un seul homme.

C'était comme deux fils d'un Scooby Doo qui s'entremêlaient, sans choisir le même chemin. L'un partait à droite, tandis que l'autre prenait à gauche. Mais au final, la destination était toujours la même.

Le criminel sexuel écrasa sa clope presque terminé pour en ressortir une. C'était bien lui ça, toujours en vouloir trop sans attendre d'avoir épuisé ce qu'il avait déjà. Quand une roulée se présenta sous ses yeux.

Son double drogué lui tendait son joint, les yeux toujours levé vers le ciel.

_A quoi tu joues gamin ?

Peut-être qu'à cause de l'obscurité, il n'avait pas bien vu, mais il lui avait semblait apercevoir les sourcils du Hippie se froncer très légèrement.

_T'en veux pas gros? C'est un peu le tien après tout...

Le plus frêle faisait référence à leur petit business à tous les deux. Connu mais ignoré de tout les habitants de cette maison. Le Patron fournissait le Hippie en drogue divers et variées, et celui ci revendait quelques produits pour la vente au square, ou il avait déjà son petit réseau.

L'herbe qu'il fumait à longueur de journée provenait en grande partie des cultivations du zoophile, éparpillées aux quatre coins du pays et bien au-delà.

Le criminel haussa les épaules. Il cala le joint entre ses lèvres, et ne put qu'apprécier la fumée chaude qui lui remplit instantanément les poumons.

_Faut que t'arrête avec le p'tit gros.

L'autre fronça les sourcils, comprenant directement de quoi le camé parlait.

_Une sodomie de tant en tant ça fait pas de mal. Faut l'entretenir ce gamin.

_Pourquoi tu fais ça ? Tu l'aime bien au fond.. Même mon Capsule il l'a remarqué.

Mettant de côté le fait qu'il n'avait pas compris le rapport avec le chien qui dormait sous leurs pieds, le Patron claqua sa langue d'un geste agacé. Pourquoi ? Il y'avait trop de raisons pour ces gestes, et si peu de réponses à fournir. Il n'avait pas envie d'y réfléchir, pas maintenant, ni jamais. Il en avait marre qu'on lui prenne la tête pour le gamin. C'est pourquoi son ton parût un peu plus agressive qu'il ne l'aurait voulu.

_Pourquoi on parle de ça? Tu veux pas plutôt sortir une de tes conneries sur l'écologie ou sur la libération du Tibet comme d'habitude putain ?

_Laisse le Tibet tranquille gros! Si je te parle du Gamin c'est juste parce que j'ai bien remarqué qu'il allait pas bien, c'est tout. Il parlait même à la cafetière la dernière fois..

_T'es sûr que c'est pas toi qui parlait à la cafetière?

_C'est possible gros.. C'est peut-être pour ça que y'avait des lamas qui dansaient derrière Mathieu quand y m'a crié dessus...

Le violeur secoua la tête, exaspéré.

Ils restèrent plusieurs minutes sans parler. Simplement à apprécier le calme et la fraicheur de la nuit, se partageant le joint qui diminuait bien trop vite au goût des deux dealers.

Le Patron tira une autre taffe, quand un bruit de fit entendre du hall. Ils virent soudain apparaitre Mathieu, qui se rapprochait plus d'une loque qu'un être humain, trifouillant dans les tiroirs au-dessus de l'évier. Il en sortit deux dolipranes quand il remarque enfin la présence de ses deux doubles. La Patron se tendit légèrement quand il vit la surprise se peindre dans les yeux de son créateur.

_Bah alors gamin, on à trop fait la fête? Tu m'as même pas ramené de copine..

Mathieu secoua la tête, et ne leur lançant même pas un bonne nuit, monta se coucher. Le pédophile soupira discrètement, remerciant son sens de la répartie dans toutes les situations.

Le Hippie l'observa partir, et c'est comme si toute la fatigue et l'abrutissement constamment accumulé ressurgit soudainement. Il sentit l'épuisement s'abattre d'un coup sur ses épaules, et il ne souhaitait plus qu'une chose, être dans son lit.

_J'vais me coucher gros. J'en ai trop priis..

Malgré son esprit plus très clair après son dernier joint et la nouvelle poudre magique essayé pendant l'après-midi, le Hippie réussit à se diriger vers la cuisine sans trop de peine.

Il ne savait même pas vraiment ce qui l'espérait. Peut être un simple bonne nuit, lancée avec mauvaise grâce par la voix si rauque, ou un hochement de tête.

Mais rien, le Patron ne fit aucun geste, statue de cire. Comme si le Hippie n'avait jamais été là.


Le Panda referma doucement la porte de la chambre du Geek. Le plus jeune s'était endormi dans ses bras, après avoir pleuré pendant une bonne demi-heure.

L'ursidé était furieux, à la limite de l'implosion. Comment le Patron osait-il traiter ainsi le petit gamer? Sans être un symbole de compassion, l'homme animal n'était pas sans cœur. Et voir le petit si déchiré et épuisé de ces traitements l'avait plongé dans une colère noire.

La colère se dirigeait aussi vers Mathieu. Il savait que leur créateur ne voulait pas faire intentionnellement du mal au benjamin. Sa froideur et son pessimiste constant était simplement lourd à supporter pour le Geek. Mais c'était tout de même lui qui les avaient créés. Qui leur avait offert un toit, de la nourriture et surtout, une famille. Alors même si tout le monde se rendait compte de ce que Mathieu faisait pour eux, le Panda restait déçu de son comportement envers le Gamer, qui était le plus doux et le plus fragile.

Il l'avait vu, plusieurs fois, tenter de fumer une cigarette, boire un verre de vodka cul sec, regarder des films compliqués.. Mais le plus petit n'avait jamais sembler être dans son élément. Il se forçait, toujours, pour faire plaisir aux autres, pour montrer qu'il n'était pas là que pour geindre et pleurnicher. Et à part lui, personne ne remarquait ses efforts.

Le criminel sexuel avait été absent au petit déjeuner, il était donc hors de la maison. Sûrement dans un de ces nombreux bordels.. Mais même avec toute la volonté du monde, l'ursidé n'irait jamais mettre un pied là-bas pour aller le chercher. Il tenait encore au peu d'innocence qui lui restait.

Le panda soupira. Dieu seul savait si le criminel allait rentrer aujourd'hui, il allait donc l'attendre, bien décidé à mettre les choses au clair avec lui.

Pendant ce temps, que faire? Mathieu n'avait même pas commencé de choisir les vidéos du prochain épisode, il n'avait donc aucun sujet pour sa prochaine chanson. Le Geek dormait, et vu l'ambiance du petit dèj, il n'avait pas trop envie d'aller voir le Prof ou la Fille.

Il ne lui restait plus qu'une seule personne avec qui tuer le temps.

Il toqua deux légers coups à la porte du Van dont les couleurs lui piquaient les yeux.

Personne ne vint lui ouvrir. Pourtant, une légère musique étouffée par les parois de métal se faisait entendre. Craignant que son double soit encore tombé en overdose, il se permit d'entrer de lui-même.

A peine à l'intérieur, le Panda se sentit chavirer. L'ursidé, peu habitué aux vapeurs étouffantes, sentit sa tête lui tourner quelques secondes.

Se tenant le front d'une main, il remarqua enfin le Hippie, recroquevillé sur un matelas de fortune, recouvert d'une couverture tibétaine.

Il s'avança silencieusement vers lui, les bruits de pas recouvert par la musique émie par le petit poste radio.

_Hé? Cava ?

Le drogué sursauta. Il leva les yeux vers le Panda. Ce dernier haussa les sourcils, surpris. Le camé, fait rare, ne portait pas de lunettes. Ses yeux bleus, rendus cristallins et presque translucides par les stupéfiants, le fixait d'un air perdu.

_Qu'est ce tu veux gros?

_Rien. Je venais voir si tout allait bien.

_Ouais, tout va très bien gros.

_T'es sûr.. T'as pas l'air dans ton assiette?

_Je te dis que tout va très bien.

L'ursidé se mordit la lèvre. Le Hippie avait quelque chose de différent, dans la voix, dans le regard. Il n'avait pas l'air que sous l'emprise de la drogue.

_Bon, si tu le dis..

Alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour, les paroles de son double le fit s'arrêter net.

_Dis gros? T'as déjà été amoureux?

Le Panda faillit s'étrangler sous la surprise. Une légère chaleur lui monta aux joues, et il se retourna vers son collègue, surpris.

_Euh.. Non. Tu sais, y'a pas beaucoup de Panda femelle en France.

_Alors tu copule vraiment avec des Pandas gros? C'est bizarre.. Mais unissons-nous contre les pensées réfractaires de nos semblables envers les relations libres et singulières!

_Euh ouais... T'en as trop pris là non?

_Beaucoup trop pris..

Sur ces mots, la tête du drogué retomba mollement sur l'oreiller, repartant dans ses rêves psychédéliques.

Le Panda soupira. Il lui remit doucement la couverture sur les épaules, observant quelques instants ce visage si semblable au sien. Il fronça les sourcils, les mots du dealer résonnant dans sa tête.

"Dis gros? T'as déjà été amoureux?"

Il ressortit du van, inspirant une grande goulée d'air frais. Alors qu'il se creusait la tête pour trouver une explication aux mots du Hippie, une voix désagréable et familière se fit entendre.

Aux intonations rauques, le chanteur serra la mâchoire, la colère déjà maîtresse de ses émotions.

Il vit le criminel sexuel pénétrer à l'intérieur de la maison, téléphone à la main. Le Panda le suivit, entrant à son tour dans la pièce qui servait de salon, et vint se planter droit devant lui.

Le fumeur tourna un visage légèrement surpris vers lui. Il baissa le téléphone dans son cou, étouffant la voix de son interlocuteur.

_Qu'est-ce que tu veux ?

_J'dois te parler. Tout de suite. Alors raccroche.

_Deux secondes putin c'est important. A moins que.. -Son expression devint soudainement perverse- t'es envie d'une petite galipette? J'ai encore jamais testé avec un panda.. Ça doit être un peu comme avec les ours..

L'image du Patron et d'un de ses cousins éloignés en plein action s'imposa d'elle-même à son esprit, et il hésita une seconde entre vomir ou crier.

_Ferme là t'es dégueulasse! Je veux te parler sérieusement.

Le gérant de bordels soupira.

_J'dois raccrocher y'a une nympho déguisé en Panda qui vient me casser les couilles.

_Espèce de sale..!

_On se voit plus tard. Entretiens là pour moi…

Sur ces mots plus que significatif, il raccrocha, se retournant vers son double animal.

_A qui tu parlais? L'agressa t'il.

_Ça t'intéresse tant que ça?

_Je.. Oh et après tout je m'en fous! Je suis venu te parler du Geek.

_Qu'est-ce qu'il a encore fait?

_C'est plutôt, TOI, qu'est-ce que tu as encore fait ? Hein, avant-hier?

_Oh ça? Ben quoi j'ai même plus le droit de lui rendre une petite visite de courtoisie?

Le Panda ferma les yeux, inspirant lentement. Le criminel jouait décidément trop avec ses nerfs.. Il plongea son regard perçant directement dans celui du Patron, bien décidé à tenter le tout pour le tout.

_Ecoute moi bien, je vais pas passer par quatre chemin. Tu ne t'approche plus de lui, c'est clair? Tu ne le touche plus, tu ne lui dis plus aucune phrase faisant référence au sexe, tu ne le regarde plus avec cette lueur lubrique, tu arrêtes de venir le voir la nuit. En résumé, tu arrêtes de lui faire peur et d'abuser de lui. J'me suis bien fais comprendre?

Le criminel ne l'avait pas quitté des yeux tout le long de sa tirade. A la fin du monologue, l'homme à lunette éclata d'un rire bruyant.

_Nan mais tu t'es pris pour qui le bisnounours? Tu crois vraiment que c'est en prenant des grands airs que j'vais arrêter de faire ce qui me plaît? En l'occurrence, mater et prendre soin du joli petit cul du gamin?

A ses mots, le chanteur sentit une décharge électrique lui parcourir le bras en une fraction de seconde, et eu besoin de tout son Self Control pour ne pas lui balancer son poing dans la figure. Ce que le Patron remarqua avec amusement.

Et il lâcha la bombe.

_Oh.. Jaloux ?

Le cœur de Mickael s'arrêta de battre une seconde. Ses muscles se figèrent sous l'effet de la surprise. Sa tête devait être soudainement devenu comique, parce qu'au même instant, le Patron laissa échapper un autre rire, plus franc cette fois.

_On dirait que j'ai tapé dans le mille... Alors tu l'as déjà tester? A moi tu peux me le dire, c'est quelle position qui préfère ?

Dans l'impossibilité totale de se contrôler, le Panda empoigna son double par le col, le collant violemment au mur. Il approcha son visage déformé par la colère tout près du sien, les yeux plissés, la voix à peine audible.

_J'crois que t'as pas bien compris. Tu t'approches plus de lui.

_Et tu vas faire quoi sinon?

_Tu serais surpris de voir de quoi je suis capable.

Le petit jeu de domination dura quelques instants, sans qu'aucun n'eut l'idée de baisser les yeux le premier. Le Patron paraissait plus amusé d'avoir touché une corde sensible, le Panda lui, n'avait jamais été aussi furieux de sa vie.

Le criminel tendit son visage, encore plus proche de son double. Sa voix doucereuse ne fut qu'un murmure quand il prononça ses mots. Coup de sifflet engageur d 'un long et dangereux match qui ne faisait que commencer…

_J'ai hâte de voir ça..


Dire que Mathieu était heureux aurait été un doux euphémisme. Mathieu était littéralement sur un petit nuage.

_Tu penses que je devrais le mettre ou ça ?

_Humm.. Essaye au fond à droite, devant le canapé. Ou en face de la cuisine! A côté de la commode, tu vois?

_Ouais, là c'est pas mal! Parfait mec, à ce rythme-là on aura fini en deux jours! Merci encore pour le coup de main, je sais vraiment pas ce que j'aurais fait sans toi.

_Aucun problème. On s'attaque à l'étagère?

Antoine avait déménagé. Ça y'est. L'appartement était plutôt spacieux et bien éclairé. Il possédait deux chambres, une grande cuisine avec un comptoir, un salon au papier peint rouge, une salle de bain éclatante et deux toilettes. Son seul défaut? Il se situait au cinquième étage, et l'ascenseur était en panne. Autant dire qu'ils en avaient bavé pour tout monter..

Après avoir terminé de monter la très pratique étagère IKEA (Oui je fais de la pub mais bon, c'est pas comme si c'était pas LA référence hein..), les deux amis éreintés s'offrirent un moment de détente, accompagné d'une bière et de l'air frais que leur ventilait Samuel.

Profitant du silence agréable si rare entre eux, Mathieu ferma les yeux, à moitié allongé sur le canapé. La voix d'Antoine le coupa de ses pensées.

_Sinon ça va toi ? Avec tous tes doubles? Les deux dingues là..

Le schizophrène sourit légèrement, amusé par la légère crainte d'être encore confronté à la Fille dans les yeux de son ami.

_J'en sais trop rien. On les à plus vu depuis deux jours. Le Prof s'enferme dans son labo et la Fille dans sa chambre à écouter du Bieber. Faudrait vraiment que je refasse son éducation. Finit-il par marmonner.

_Tu t'inquiètes pas trop ? Enfin j'veux dire, si ils dépriment, tout ça.. C'est quand même des parties de toi.

_Je m'occupe pas trop de leur vie sentimentale, tu sais. En fait, je vois bien qui y'a un problème, mais c'est la première fois que je suis confronté à ça. Le Patron gère ça tout seul -et encore heureux-, le Geek aura sûrement jamais de copine, le Hippie s'en fout, et le Panda ne s'intéresse qu'aux femelles de son espèce, alors bon.. J'préfère les laisser se débrouiller entre eux. Je ferais qu'empirer les choses.

Antoine fronça légèrement les sourcils, mais ne dit rien. Il ne partageait pas le même point de vue que son ami. Les doubles de Mathieu n'avait pas l'air si dépourvu de sentiments comme avait l'air de penser le châtain. Au contraire, il les trouvait.. très émotifs, d'une certaine manière. Toujours à se préoccuper des uns des autres, comme ils savaient le faire. Certes, pas toujours de la bonne manière, mais ils essayaient au moins.

Il s'en était principalement rendu compte lors de la partie de Mario avec le Hippie et le Panda. Celui-ci, par exemple, n'avait cessé des coups d'œil en direction de l'étage, là ou il savait se trouvait la chambre du Geek. Et le Hippie lui avait plusieurs fois proposé son herbe -Ce n'était pas la meilleure proposition qu'on avait faite à Antoine, mais l'intention était là-.

Oui, lui, il trouvait que la "famille" de Mathieu était.. Belle. En un sens. Forte et soudée. Mais son ami n'avait pas l'air de s'en rendre compte.

_Et ta mère, elle l'a pris comment le fait que tu quittes le cocon familial?

_Bah.. Elle s'en doutait que ça finirait par arriver. Sans compter que j'ai un boulot à peu près stable, puisque c'est moi qui gère. Ça allait en fait, je pensais que ça serait pire que ça. J'm'attendais à la crise de larmes en règles, au câlin et aux petits gâteaux.

Mathieu éclata de rire. Pour avoir vu une ou deux fois la mère de son meilleur ami, ce genre de scénario était tout à fait probable. Le châtain trouvait ça mignon, un tel amour maternel envers le fils si particulier qu'était Antoine, surtout à son âge. Sa propre mère n'aurait jamais agi comme ça, c'était une certitude...

Le visage du présentateur de SLG se rembrunit instantanément, ce que ne remarqua heureusement pas Antoine. Penser à sa mère maintenant n'était pas une idée très brillante... Il préférait changer rapidement de sujet.

_On à quoi à faire après?

_Faudra ranger la tonne de mangas. Mais j'm'en occuperais t'inquiète. Tu m'as déjà assez aider, tu peux rentrer chez toi si tu veux.

Si ça n'était pas venu d'Antoine, Mathieu en aurait été vexé. La phrase ressemblait plus à une invitation non explicite de rentrer chez lui vite fait et de dégager, mais le plus vieux savait que ce n'était qu'une proposition un peu gauche de son ami pour le faire arrêter de bosser.

Qui avait dit qu'Antoine Daniel n'était pas attentionné?

_Cherche pas mec, j'partirais pas d'ici avant que le dernier petit bibelot soit à sa place.

Le brun lâcha un petit rire, le regardant avec une tendresse exagérée.

_Comme t'es mignon.. Un vrai trésor! Tu sais, on pourrait commencer par ranger les bibelots.. Un peu plus personnels. Si tu vois ce que je veux dire.

Sur ces mots, il lui envoya un baiser volant à la Jessica Rabbit, avec une moue séductrice complètement ridicule. Riant comme un gosse, Mathieu lui envoya un coussin en plein visage. Son ami posa immédiatement sa bière, prit un oreiller dans un des sacs à proximité, et s'en suivit une guerre, vous l'aurez devinez, des plus matures.

Dans leur folie joueuse et enfantine, ils n'entendirent la sonnette de la porte qu'après le quatrième tintement, ce qui les fit arrêter à contre cœur. Les joues roses, les vêtements défaits, les cheveux décoiffés et encore en train de pouffer comme des collégiennes, les deux amis s'en allèrent (Cueillir des champignons dans la forêt enchantée!) ouvrir la porte.

Derrière, une jeune fille blonde aux grands yeux bleus se tenait. Les mains tremblantes de nervosité, le regard fuyant et les joues d'un rouge soutenu, elle prit la parole.

_Bon..Bonjour. Je m'appelle Marion. Je suis votre voisine de palier.

C'est avec une surprise non dissimulée que Mathieu reconnut la jeune femme qui l'avait percuté, l'autre jour dans la rue.

Et c'est avec un autre sentiment qu'il ne comprenait pas encore très bien, mais très désagréable, qu'il se souvint soudainement qu'elle avait son meilleur ami en fond d'écran de téléphone.

Pourquoi penser à ça dans un moment pareil, mystère.

Mais ce que comprit vite Mathieu, c'est que ça ne lui plut pas du tout.

Du tout.


Ne m'écoutez pas pour les dates de publication, je dis que de la merde x) (Et oui, je publie Encore à 4h du mat)

Mais le prochain chapitre devrait sortir dimanche ou lundi.

Encore une fois, pardon pour les fans du Matoine, puisque ils étaient pas trop là blablabla.. Normalement, le prochain chapitre leur sera entièrement consacré, si je change pas de projets!

Bah oui, je préfère écrire les autres couples dans les personnalités que du Matoine! ^^

Et je finirais sur : A bas les pensées réfractaires de nos semblables envers les goûts différents et singulier! ...

Une petite review pour le travail que je fournis ^^ ?

Peace and Love.'Emo.16