Coucou tout le moooonndee!

Et voici le chapitre ... 6 (Déjà?! O.o) de ma fic!

Un grand merci et un gros bisous à toutes celles qui me laissent des reviews! Vous êtes toutes adorables, vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir de lire tous vos petits mots gentils!

Merci aussi à celle qui follows et mette en fav! :)

Nisekoi: Pas de quoi x) J'espère que ce chapitre te plaira autant :)

Guest: Merci ^^ Ca va je trouve que j'écris plutôt vite moi :P Mais ne t'inquiète pas, la suite est là!

lea89: Merci beaucoup :) Chuis contente que ma fic te plaise! L'introduction est future, ça ne s'est pas encore passé :)

Sérieusement, c'est quoi ce dernier épisode que Mathieu nous à sorti? C'est nul! Pas drôle, tout claqué, sérieux ça me déçoit.. J'comprends pas pourquoi les gens l'ont tant aimé O.o

JE DECONNE OMFG EPISODE PARFAAIIT! Mathieu est LE youtubeur! Le plus parfait! Le seul qui mêle une petite histoire bien écrite et tout simplement magnifique en fond en plus du traitement des trois vidéos! Ce mec est un génie, sérieux, j'ai presque pleuré à la fin de l'épisode! C'était si réaliste... Bref, j'adore la tournure que prend Slg, sincèrement. .

Sinon, j'ose espérer que ce chapitre vous plaise autant que les autres, alors :

Bonne lecture tout le monde!

Chapitre 6 : Confessions

Il n'eut aucune réaction. Prévisible. Intraitable.

La balance avait rendu son verdict.

9 Kilos. Il avait perdu 9 kilos.

Avec toute la lenteur du monde, il remit ses vêtements, qui lui allaient maintenant deux fois trop grands, et tourna la tête vers le miroir. Ses cheveux avaient poussés, sa barbe n'était pas entretenue. Ses joues formaient un creux du à la malnutrition, et les longues heures enfermés dans le noir lui avait donné un teint plus pâle que jamais.

Il faisait presque peur.

Le chemin jusqu'à la cuisine ne lui avait jamais semblé si long.

Se servant un café, il compta mentalement le nombre de repas qu'il avait manqué depuis les deux dernières semaines.

La sonnerie de son fixe retentit, ce qui le fit sursauter, lâchant presque sa tasse brûlante des mains. Il ne répondit pas, il n'avait ni l'envie de parler à quelqu'un, ni l'envie de se lever jusqu'au téléphone.

La voix du répondeur prit le relais.

_Euh.. Salut Mathieu. C'est Antoine. Peut-être que tu dors encore, mais ça fait une semaine que j'ai pas eu de tes nouvelles. T'as répondu qu'à un seul de mes textos, et aucunes nouvelles de ton prochain épisode qui devait sortir y'à 5 jours. Je sais pas trop ce que t'as, j'espère que tu vas bien en tout cas... Voilà. Si t'as ce message, rappelle s'teuplait, tu me connais, j'peux pas m'empêcher de m'inquiéter! Il termina sa phrase avec un léger rire, qui mourut cependant bien rapidement. Sérieusement Mathieu, rappelle.

Le châtain, figé, hésita quelques secondes. Mais alors qu'il allait se lever pour prendre le combiné, une voix retentit à l'autre bout du fil.

_Chéri! Je prends combien de chemisiers à ton avis?

_Euh.. Je sais pas, prends en qu'un ça va suffire!

Il entendit des bruits de talons qui s'éloignaient sur le plancher, en même temps que le léger soupir d'Antoine.

_Ouais on... Part quelques jours en vacances, Marion et moi. Elle a réussi à obtenir un congé. On part dans le sud, ça me fera du bien et ça lui fait plaisir. Mais même si je pars quelques temps, tu peux quand même appeler hein! Si y'a le moindre problème, je rapplique. Bye Mathieu.

Le dernier bip strident lui transperça le crâne comme une lance.

Mathieu resta de longues secondes hagard devant le téléphone.

Il reprit sa tasse de café, la but d'une traite en manquant de s'étouffer, et sortit dans le jardin donner ses croquettes à Capsule de Bière.

Depuis deux semaines qu'il n'avait donné aucun signe de vie à part un malheureux texto, Antoine n'était même pas foutu de venir le voir. Pire encore, il partait en vacances avec sa copine.

_Mathieu!

Le Prof se dirigea vers lui d'un pas rapide, sa blouse blanche attachée à sa taille flottant derrière lui. Il semblait un tantinet nerveux et agité.

_Quoi?

_J'ai testé une nouvelle formule! Une expérience incroyable! Tu devrais venir voir ça!

_Ecoute je suis pas trop d'humeur là...

Mais le Prof ne lui laissa pas vraiment choix. Il l'agrippa par la manche, le traînant jusqu'à son labo.

Le laboratoire du scientifique était placé dans l'immense cave de la maison. Repeint et réaménagé, il y trônait toutes sortes de machines bizarres, de fioles, de cahiers, et de petits animaux enfermés dans des cages. (J'ai eu du mal à écrire ça j'avoue...)

_Il est où ton truc? Soupira Mathieu.

L'autre se tourna vers lui, se mordillant la lèvre. Il redressa ses lunettes un peu nerveusement.

_C'est à dire que... Il n'y a pas d'expérience, je voulais simplement te parler seul à seul.

_Oh.. Et tu voulais me parler de quoi?

_Tu as un problème Mathieu. Et pas des moindre. Non, écoute-moi! S'écria-t-il alors que le schizophrène s'apprêtait à l'interrompre, exaspéré. Tu ne manges plus, tu ne dors pas assez, tu ne sors plus. Tu ne vois même plus ton ami Antoine.

Le visage du châtain se durcit à l'évocation du brun.

_Prof, je vais bien, Ok?

_Non tu ne vas pas bien!

Toute l'inquiétude du scientifique ressortit pleinement dans cette phrase, presque hurlée. Le plus calme et réfléchit de la maison sortait de ses gonds. Il en avait marre. Marre de voir le Patron si éloigné des autres. Marre de voir le Geek autant renfermé sur lui-même, de voir le Panda agressive et si dévoué au plus jeune pour une raison qu'il n'avait pas lieu d'être. Marre de voir Mathieu, son créateur, celui à qui il devait la vie, aller si mal. Il mit une main sur l'épaule du youtubeur, geste rare de sa part, et s'adressa à lui franchement.

_Mathieu. Je t'en ai voulu pour m'avoir virer de l'émission, je t'en ai voulu d'avoir remplacé la science infuse par l'instant panda, je t'en ai voulu d'avoir virer la Fille. Je t'en ai voulu de ne pas avoir réagi plut tôt et plus fermement envers le Patron et ses agissements pour le Geek. Mais tu es mon créateur. Je te dois la vie. On te doit tous la vie. Et tout le monde à remarquer que ça n'allait pas, même le Hippie! Alors si il faut te remuer un bon coup pour que tu ailles mieux, alors que diable je le ferais! Je veux que tu te soignes, que tu te reposes et surtout que tu manges. Mais d'abord, j'ai besoin de savoir ce qu'il ne va pas. Pourquoi du jour au lendemain, tu t'es laissé dépérir. Dis-moi Mathieu. Que se passe-t-il ?

Plus touché qu'il ne voulait l'admettre, Mathieu souffla difficilement, sentant déjà les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi ? C'était la principale question. Pourquoi? La réponse, elle était là, à portée de main. Mais il ne semblait pas encore prêt à la saisir. Alors l'avouer, même à demi-mots ou ce qu'il en savait déjà... Mais le regard de son double était sérieux, inquiet, et compatissant. Le Prof était peut-être un des seuls dans la maison à pouvoir réellement l'écouter.

Les mots voulurent sortir, se ravisèrent avec peine, refirent surface...

_Je ne sais pas.

Une unique larme roula sur sa joue.

L'enfer des deux dernières semaines se rejouèrent dans sa tête, comme un très mauvais film. Le dégoût, constant et épuisant qu'il ressentait pour la nourriture, les nuits à se lever et relever pour aller vomir dans la salle de bain. Ses doubles, sa famille qui s'évitaient tous.

Le Geek, qui allait de plus en plus mal. Le Panda et le Patron, qui s'acharnaient dans une guerre sans merci, qui n'avait ni queue ni tête, au final. Et c'était sûrement ça le plus dur. Les deux parties de lui, qu'il aimait plus que tout, et qui se haïssaient tant.

Et Antoine. Antoine qui ne se donnait même pas la peine de venir le voir. Antoine qui était avec Marion. Cette Marion, qui était si parfaite. Cette Marion qui n'était pas lui.

Il sentit avec stupeur une paire de bras l'enlacer, un corps semblable au sien en tout points se coller contre lui, et une caresse apaisante dans ses cheveux.

_Tu ne peux pas rester comme ça. Tu dois te faire aider.

Le Prof se recula pour voir son visage, tordu de tristesse, les yeux encore humides.

_Il faut que tu ailles voir un psychologue Mathieu.

L'autre hoqueta de surprise, et le regarda avec une tête presque comique.

_Un psy ? T'es dingue, j'vais pas aller voir un psy. J'm'en suis coltiné toute ma jeunesse, c'est bon là!

_Ça te ferait un bien immense pourtant. Et de toute façon je ne t'en laisse pas le choix, j'ai déjà pris rendez-vous.

_Quoi?! Et ça t'aurais pas dit de m'en parler avant?

_Tu n'aurais pas accepté.

_Bien sûr que j'aurais pas accepté! Il est hors de question que j'aille parler de ma vie à un inconnu et payer 80 euros de l'heure pour ça! Tu crois vraiment que j'ai les sous pour, en plus? J'suis un peu à sec en ce moment au cas où t'aurais pas remarqué.

Une lueur étrange passa dans le regard du Prof. Une lueur d'hésitation.

_Hum... L'argent n'est pas un problème. Je me suis occupé de ça.

_Tu t'es occupé de ça? Et on peut savoir comment? Etant donné que tu ne gagnes pas d'argent. Demanda Mathieu en fronçant les sourcils.

_Tout ça n'est pas important! L'important est que dans trois jours, j'ai réussi à t'avoir un rendez-vous!

_... Ça fait combien de temps que t'as pris rendez-vous?

_Quatre ou cinq jours, pourquoi? Fit le scientifique en haussant les sourcils.

Le cerveau de Mathieu fonctionna à toute vitesse.

_C'est impossible. Un psy normal aurait jamais pris de rendez-vous en une semaine. Qui t'as contacté?

_Il... Il a dit que son emploi du temps était très allégé. De moins en moins de gens vont voir le psychologue tu sais...

_Au contraire, y'en a de plus en plus. Grinça le schizophrène. Son nom. Comment il s'appelle?

Le Prof tritura nerveusement ses lunettes, très hésitant. Il finit par soupirer. Tant pis, de toute façon, il n'aurait pas pu lui cacher bien longtemps.

_Monsieur Delauney.

Le châtain écarquilla les yeux, ébahis. En quelques secondes, il parut revivre rien que par cette expression.

_Monsieur Delauney ? Delauney? Sérieusement? Le psychologue le plus réputé de Paris? Celui qu'à un cabinet assuré à des milliers? On parle bien du même?

_Oui... Oui.

_Comment t'as réussi à lui décrocher un rendez-vous?! Et comment tu vas le payer? C'est au moins 300 euros la visite!

_Mathieu. Tu n'as pas le choix, c'est compris? Je ne te laisserais pas te laisser tomber dans la dépression et l'abattement. Et ne te soucis pas de l'argent. S'il te plaît.

Mathieu faillit insister, mais se ravisa. Le Prof l'avait supplié. Il lui avait demandé de ne pas poser de questions, alors il n'allait pas le faire. C'était trop rare et trop précieux qu'une de ses personnalités lui montre une réelle affection.

_Ok... Prof?

_Oui?

_Tu veux vraiment que j'aille voir un psy?

_...J'aimerais Mathieu. Pour que tu ailles mieux. Et pour que tu puisses reprendre les choses en main.

'Alors Mathieu, comment ça va aujourd'hui?'

'Et, tu les as revus... Ces personnages?'

'Je te conseille de prendre ses médicaments, ce sont les plus efficaces que je connaisse!'

Le présentateur de SLG souffla doucement, s'armant de courage. C'était pour lui. Pour sa famille.

_La date et l'heure.


'Respire Mathieu... Reste calme. Pense à toutes les conventions ou t'as su rester cool devant des milliers de personnes. C'est quand même pas un pauvre gars qui va te faire stresser.'

Jamais Mathieu n'avait été dans une salle d'attente pareille. Grande, richement décorée avec une soit disant subtilité qui le faisait vomir. Avec une ironie un peu amère, il se demanda rapidement combien de petits africains il pourrait nourrir avec un seul de ces tableaux.

Il entendit des talons hauts claquer sur le sol carrelé, et un visage de poupée apparaître à travers l'embrasure.

_Mathieu Sommet?

_C'est moi.

_Monsieur Delauney vous attend dans son bureau, première porte à gauche.

Il hésita sincèrement entre y aller ou partir en courant, mais les mots du Prof résonnèrent dans son crâne. Ainsi que la dispute entre le Patron et le Panda, le coquard du Hippie, le hurlement de la Fille et les larmes du Geek.

Il était le chef de maison. Il fallait qu'il se ressaisisse. Pour sa famille.

A peine entré, une odeur de désinfectant le pris à la gorge. Cela ressemblait beaucoup trop à ce que le Patron consentait à passer dans sa chambre quelques fois par mois pour masquer les odeurs incongrus et pour le moins nauséabondes qui s'en échappaient.

_Mathieu! Enchanté! Je suis monsieur Delauney, ravi de vous voir.

Un peu crispé, le châtain ne put que serrer la main à ce qui ressemblait à un cousin de Leonardo Dicaprio au look faussement décontracté.

_Enchanté également.

Les normes de politesse, que voulez-vous...

_Je vous en prie, installez-vous.

Sur ces mots, Mathieu prit place à l'immense fauteuil moelleux et confortable à souhait, en parallèle à un autre, ou le psychiatre s'assit.

_Bien. Tout d'abord, j'aimerais vous dire que vous n'avez en aucun cas de raisons d'être nerveux! Votre cas est plutôt particulier, je vous l'avouerai, mais je vous promets de faire tout votre possible pour vous aider.

'Je te promets de faire tout mon possible pour t'aider mon garçon…'

Un flash le prit brutalement, douloureusement, mais il réussit à paraître plus ou moins impassible. L'autre n'avait rien remarqué, le nez plongé dans une de ses feuilles.

_Comme tous les autres patients, j'ai jeté un coup d'œil à votre dossier médical. Et j'ai vu que vous avez déjà été suivit psychologiquement auparavant, et ce pendant des années. En temps normal, cela aurait été un bon point, vous savez comment ça marche et quel sont nos méthodes. Mais le fait est que je ne procède pas tout à fait comme mes confrères. Ma méthode est un peu plus poussé psychologiquement. Les autres psychologues ont tendance à toujours penser qu'il y'a forcément un élément déclencheur source de tous les problèmes. Mais c'est évidemment faux. Chaque tensions, chaque personnes fréquentés et états d'esprits altèrent et perturbent votre humeur. Je suis ici pour remodeler votre vie en quelque sorte! Mais avant de vous prouver que j'ai lu et relu votre dossier de fond en comble, je vais vous poser une question très simple Mathieu. Pourquoi êtes-vous ici? Que voulez-vous voir changer chez vous précisément?

Le long monologue du docteur lui fit un peu tourner la tête. Contrairement à ce qu'il disait, il n'était pas le premier à lui sortir ça, vantant ses mérites et sa méthode bien plus efficaces que celle des autres. Réfléchissant quelques secondes, il décida d'être franc. Il était là pour se soigner, et plus vite ce sera fait, mieux ce sera. Sans compter qu'il ne savait toujours pas ou le Prof avait réussi à trouver suffisamment d'argent pour le payer, et il savait très bien que jamais ce dernier ne se serait permis de se servir dans son compte en banque.

_J'ai un problème général, je crois...

_C'est à dire?

_Je mange plus, je fais des insomnies. Je me terre chez moi toute la journée. Une sorte de dépression chronique quoi.

Il ne savait pas vraiment ce qui le poussait à se confier à un inconnu si facilement, d'un coup. Il avait besoin de parler à quelqu'un. C'est maintenant qu'il s'en rendait compte. Même parler à ce genre de personne.

_J'ai lu que vous aviez eu des problèmes plutôt sérieux d'anorexie, par le passé. Ses problèmes ressortent?

_Oui. Ça à commencer il y'a... Un mois peut-être. Les souvenirs de mon adolescence me sont revenus, hachés et imprécis au début. Puis de plus en plus précis. Des gens, des phrases. Des discussions. J'avais plutôt tendance à les... Enterrer, avant.

_Que ressentez-vous face à la nourriture?

_Tout me dégoûte. C'est comme si manger était devenu une corvée. Mon corps le refuse, repousse tout.

_Vous ne vous faîtes pas vomir de vous-même?

_Non. J'en ai pas besoin...

_Vous êtes donc là pour vous guérir de votre début de nouvelle crise d'anorexie?

_On peut dire ça?

_Comment ça? Il y'a d'autres facteurs à prendre en compte?

_C'est pas simplement une histoire d'anorexie. Je sens qu'il y'a quelque chose à l'intérieur de moi..

_Comme quoi?

Le ton du psychiatre aurait pu être qualifié de doux, mais Mathieu ne répondit rien. C'était trop personnel, trop privé. Il se contenta de baisser les yeux.

Le psy soupira, se pencha vers Mathieu, et le regarda droit dans les yeux.

_Ecoutez Mathieu. Je ne suis pas quelqu'un de stupide. Je me suis un peu renseigné sur vous, j'ai consulté votre dossier, votre parcours professionnel avec ce que j'ai pu trouver, j'ai regardé deux trois vidéos de vous sur Internet. Très bonnes d'ailleurs! Je sais que ce n'est pas facile pour vous de vous confier, et je ne sais pas ce qui vous à pousser à même venir me voir, j'en suis très surpris. Mais on verra ça plus tard. Vous m'intriguez, Mathieu. Vous êtes une des rares personnes atteinte de schizophrénie à avoir réussi à dédoubler complètement vos personnalités, et rien que pour ça, votre cas est intéressant. Atteint de schizophrénie et d'anorexie dès l'enfance et l'adolescence, je croyais que vous aviez réussi à remonter la pente. Je me suis manifestement trompé. Mais je veux vous aider, tout simplement parce qu'aucun patient à avoir mis les pieds ici n'en est ressortit sans qu'il aille mieux jusqu'au point où je le souhaitais. Et votre cas ne sera pas différent.

Que le psychiatre s'adresse à lui sans passer par quatre chemins, en jouant franc jeu, gêna Mathieu. Surtout en sachant que cet inconnu connaissait toute sa vie, d'au moins E à X. Mais ça le soulagea d'un côté, il n'avait jamais était très à l'aise avec les gens coincés et trop professionnels. Et son discours ne semblait pas inintéressant, soudainement. Il lui paraissait plus vrai, plus amical même.

_Je ne suis pas venu ici de moi-même. Des gens qui me sont chers m'y ont poussé, et c'est pour eux que je fais ça, que je me soigne. Je veux me soigner, tout simplement. Je veux aller mieux.

Le plus âgé hocha la tête, à l'écoute du moindre mot. Et étonnement, il ne sortit aucun crayon ou calepin.

_Nous allons commencer alors. Tout d'abord, parlez-moi un peu de vous...


Quand il était rentré, toutes les pairs de yeux curieuses se tournèrent vers lui. Tous lui demandèrent ou il était passé, et sous entendant, s'il il allait mieux.

Il répondit franchement sous le regard scrutateur du Prof. Il était allé voir un psy, et ça c'était plutôt bien passé. Et c'est quand il vit les regards soulagés de tout le monde, même le sourire étonnement rassuré du Hippie, qu'il se dit qu'il n'hésiterait plus à aller au prochain rendez-vous.

Le Prof et la Fille étaient tous les deux assit sur le canapé, discutant. Le Hippie regardait la série Sherlock à la télé, n'arrêtant pas de dire au célèbre détective "Qu'il en avait trop priis!", ce qui n'est pas totalement faux, avouons-le...

Le Panda et le Geek était agglutiné l'un contre l'autre devant l'ordinateur. Le plus petit en pleine partie de Wow, l'autre lui caressant doucement les cheveux, la tête posé sur son épaule. (Vous avez la vision ultra Kawaii puissance 1000 qui fait exploser votre petit cœur? Parce que moi oui.)

Et à part le fait que personne n'avait songé à faire à manger, cette vision était parfaite aux yeux de Mathieu. Enfin, presque parfaite...

Il en manquait toujours un à l'appel.

Il se dirigea discrètement vers la Fille et le Prof, et leur murmura:

_Ou est le Patron?

_Dans sa chambre. Il est pas descendu de l'après-midi.

_D'accord, merci.

Il monta les escaliers quatre à quatre, mais hésita un peu devant la porte du criminel. Si celui-ci évitait tout le monde, c'était pour une bonne raison. Et dieu seul savait à quel point le violeur détestait être dérangé.

Il finit par frapper à la porte.

'Tant pis, j'aurais essayé.'

Après quelques secondes, la porte s'ouvrit, laissant apparaître le criminel. Une cigarette au lèvre comme d'habitude, les cheveux débraillés et le costume froissé, il semblait encore plus noir que d'habitude.

_Qu'est-ce que tu veux?

_Te parler.

Le criminel le laissa entrer visiblement un peu à contrecœur, et s'assit sur son lit. Invitant Mathieu à s'assoir sur la chaise. Le plus petit y jeta un coup d'œil hésitant, mais étonnement, ne remarqua aucune substance compromettante à sa santé mentale.

_Comment tu vas Patron ?

_Ce serait plutôt à moi de te poser la question gamin.

Mathieu soupira.

_Je ne suis pas venu parler de moi. Je suis là pour toi. Tu ne sors plus, tu passes toutes tes journées on ne sait où. Pas comme si je voulais vraiment le savoir, mais j'aimerais juste que tu m'informe un peu!

Le criminel l'observa quelques instants, et le youtubeur eu la désagréable impression de passer sous rayons X. Il recracha la fumée de cigarette.

_T'es allé voir un psy, y parait?

_... Comment t'es au courant?

_Je t'ai entendu en parler à l'autre taré d'intello. Comment ça s'est passé ?

_Tu t'en soucis réellement?

Le Patron se tendit imperceptiblement, et sa mâchoire se contracta. Sous ses lunettes, ses yeux prirent une teinte plus sombre.

_T'as raison, je m'en fous.

_C'est bien ce qui me semblait. Fit Mathieu amèrement.

Il était tellement incertain en face de son double le plus noir, tellement déçu et retranché dans ses fausses certitudes, qu'il ne remarqua même pas que si le criminel s'en foutait réellement, il n'aurait certainement pas prit la peine de poser la question.

_Ça fait une semaine, maintenant.

_Une semaine de quoi ? La voix du Patron était agacée, désormais. Comme si il regrettait d'avoir ouvert à son créateur.

_Que tu nous a fait ton petit numéro dans le couloir! Qu'est ce qui t'es passé par la tête? Tu te rends compte à quel point tu as fait peur au Geek? A quel point le Panda est en colère?

_Ma parle pas de lui!

_Pourquoi! C'est ton frère, c'est ta famille. Et je ne veux qu'une chose, que tu t'excuses!

La bouche du pervers se tordit de colère, de surprise, et de... légère tristesse? Tout son corps tremblait à présent, et il n'y avait que deux personnes au monde à ne pas avoir peur de lui lorsqu'il était dans cet état de nervosité coléreuse.

_Je m'excuserai pas Gamin. C'est d'abord à ce connard de se rendre compte que si j'avais l'intention de faire vraiment du mal au p'tit, ce serait fait depuis longtemps.

_Alors arrête! Arrête de le toucher, de lui sortir des blagues et sous-entendus dégueulasses toutes les cinq minutes! Tu t'acharnes sur lui! Je sais que tu ne lui veux pas réellement du mal, mais arrête, tout simplement. C'est tout ce que t'as à faire!

_Alors je ne dois pas être moi, c'est ça? Tu l'as vu le gosse? Faut bien que quelqu'un l'endurcisse merde!

_En tentant de le violer?

La voix de Mathieu était polaire, autant que celle du Patron était hargneuse. Le double ferma les yeux, se forçant à inspirer profondément.

_Je comprends pas, Patron. Pourquoi tu t'obstine à créer les problèmes.

_Je ne crée pas de problème, Mathieu.

Le youtubeur nota que pour la première fois depuis longtemps, le pédophile l'avait appelé par son prénom.

_Si ni le gosse ni le Panda me supporte, c'est leur histoire. Les problèmes vous vous les créez tout seul, y'a qu'à te voir. Sa voix se fit plus méprisante. On peut savoir pourquoi tu nous refais une crise d'anorexie 10 ans après? Je t'ai pas sortis de cette merde pour que tu replonges!

Mathieu se figea. Et pour une raison que lui seul et la criminel connaissait, il ressentit une pointe de culpabilité le transpercer.

_J'ai pas oublié les putains de nuits ou tu te réveillais en hurlant comme un dingue. Ou les autres connards te forçais à avaler des médocs que JE prenais à ta place. Qui a veillé sur toi pendant 1 ans? Et qu'a continué après? Qui est la première personnalité à être apparu dans ta caboche? Qui t'a aidé à payer cette baraque? A payer l'enterrement de ta mère? Qui Mathieu?

Sa voix était de plus en plus basse, de plus en plus froide et menaçante. Pour finir avec une exclamation sifflante et douloureuse, mais que Mathieu ne perçu pas comme ça.

_Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. Compte plus sur moi pour te sortir de la merde.

L'air était glacial, la respiration du plus petit hachée et lourde. Comme si tous ses souvenirs lui revenaient dans la gueule. Le Patron avait raison. Tout ça, il lui devait. Le criminel, le premier à avoir été à ses côtés, bien avant tous les autres. Bien avant le Hippie, puis le Geek. De tous ses doubles, c'est à lui qu'il devait le plus. Et ses mots lui faisait l'effet d'un coup de poignard.

En un mois, sa famille s'était peu à peu disloquée, comme un puzzle dont on arrachait les pièces une à une.

_Dégage maintenant.

_On est une famille Patron. Et même si t'es pas le plus aimant d'entre nous, tu peux pas cracher sur ça.

Parce qu'il voulait se persuader qu'il était resté l'homme sans cœur et sans limites qu'il avait été, le criminel sourit presque bestialement. Il écrasa sa clope, et cracha ses mots qui firent retourner l'estomac de Mathieu.

_Vous n'êtes pas ma famille.


_Kyyaaa!

_Arrête de crier!

_Mais c'est froid!

_Si tu refais ça je te jure que je te plonge complètement dedans!

_Tu veux que je te plonge dans autre chose Gamin?

_Laisse le un peu tranquille...

_C'est gelé gros!

_Je vous ai pas emmener à la mer pour que vous vous plaignez merde!

_Regardez comme il est trop kawaii!

_Lâche moi espèce de dingue!

_Le froid est extrêmement mauvais pour la circulation du sang, et à en juger par la couleur de l'eau...

_Oh ferme là toi!

_Mathieu! Est ce qu'on a des glaces?

_Dans la glacière.

La fille et le Geek sortirent de l'eau, leurs pieds nus s'enfonçant dans le sable chaud.

_Qui veux une glace?

_J'arrive grosse!

Ils y étaient, en vacances. Mathieu avait enfin consentit à les amener à la mer, tous ensemble. Depuis le temps qu'ils attendaient ça! Tous assis les pieds au bord de l'eau, ils dégustèrent les différents parfums, discutant tranquillement, riant parfois. Même le Patron se tenait tranquille, et à part de trois marques salaces scatophiles et zoophiles, sa marque de fabrique, il parlait normalement au drogué du groupe.

_On fait la course ? Proposa la Fille.

_Trop chaud...

_Allez Mathieu! J'ai besoin de garder la ligne moi en plus!

_Elle est très bien ta ligne...

Tous se tournèrent vers le Prof, surpris. La blonde fut pris d'un soudain rougissement intensif, et après un merci timide, reprit son entrain.

_Allez les garçons! On dirait des mollusques!

_Moi j'veux bien!

Le Geek se leva d'un bond, et se mit en position.

_Le premier arrivé au sac du Hippie là-bas! (Sac balancé par un Mathieu en colère car le camé cherchait encore sa drogue lors d'une sortie en famille, sous le regard horrifié de celui-ci)

Ils partirent en courant, tombant tous les deux mètres, sous les rires des autres et l'air appréciateur du criminel sexuel. Finalement, ce fut le Geek qui gagna, sous l'étonnement général. Et il avait même une certaine longueur d'avance.

-Raaah! D'où t'as appris à courir comme ça ?

_Les longues heures de course poursuite à échapper au Patron...

_Ah.

Un après-midi de rire, de cris, de noyades et de tentatives d'attouchements. (Partir à la mer avec la Patron n'était pas la meilleure idée jamais conçue.)

Au tombé du jour, ils étaient allés manger à un restaurant sur le bord de la plage. Tout le monde mangeait des fruits de mer, même le Panda, alors autant en profiter.

_C'est bon!

_Pas autant que ma...

_Crème au chocolat!

_Y'a de la crème au chocolat? Ou ça?

_Euh...

Et c'était repartit pour une soirée de ce qui les définissait bien: La folie. Le brin d'extravagance qui caractérisait la famille Sommet. Qui les faisait tenir, tous ensemble. Qui les faisait rire, parfois pleurer, souvent s'aimer. Malgré leurs différences, leurs différents, ils avaient cette force, qui les faisaient avancer tout simplement. Cette note de fantaisie et de délire que les autres n'avaient pas.

Le soir, tous s'étaient un peu éparpillés. Le Panda était parti apprendre au Geek l'art de la pêche à côté du Hippie qui, allongé dans le sable en étoile de mer, complètement stone, semblait perdu dans la contemplation des étoiles. Le Prof lisait un livre, et la Fille discutait avec une copine rencontrée en chemin.

Mathieu était debout sur le balcon, fumant une cigarette.

Il n'eu pas besoin de se retourner afin de reconnaître à qui appartenait les pas qui venaient vers lui. Le bruit d'un briquet se fit entendre, un homme en costume noir s'accouda à sa droite.

_Qu'est ce tu fais ici tout seul gamin?

_Et toi...

_Je suis pas trop un adepte de la pêche.

_Sauf la pêche aux moules?

_Tu lis dans mes pensées gamin..

Ils restèrent quelques minutes en silence sur le balcon, à fumer et à regarder le Panda, le Geek et le Hippie, visibles depuis la plage. C'était rare, que le Patron reste si calme pendant plusieurs minutes, et Mathieu savait que c'était autant inhabituel que précieux. Le criminel brisa finalement le silence.

_Est-ce que tu vas bien gamin ?

Mathieu tourna sa tête vers lui, surpris face à son ton sérieux.

_Qu'est ce qui t'arrive t'es possédé? Il lâcha un petit rire.

_Arrête de déconner une seconde!

_Oh calme toi! Je rigolais mec... Oui je vais bien, pourquoi cette question?

L'autre ne répondit pas. Il prit une taffe, et replongea son regard vers les trois doubles plus en bas. Ils purent voir le Geek enfoncé dans la mer, s'amusant sous les rires des deux autres.

Mathieu haussa les épaules. Des fois, le criminel était bien étrange... Un cri le fit sursauter. Un cri qui venait de plus bas. Un cri de Maitre Panda.

_Geek! Merde, Mathieu!

Avec une horreur latente, le youtubeur vit une vague de plusieurs mètres de haut s'approcher du rivage, puis frapper de plein fouet le jeune gamer, qui disparut sous l'eau.

Un étrange blanc s'empara de Mathieu. Un vide. Un instinct qui le poussa à courir comme un dératé hors de l'hôtel. Il dévala quatre à quatre les escaliers, courut en trombe jusqu'à la mer, sous les cris des deux autres. Il n'enleva ni chaussures ni vêtements, ne pensant qu'au Geek bloqué sous déjà plusieurs mètres d'eau. Il était allé trop loin, jamais il n'arriverait à...

_Mathieu non!

Une autre vague tout aussi violente le fit se reculer précipitamment. La mer devenait de plus en plus agitée. Il sentit son cœur battre furieusement et son sang glacé de terreur ne semblait plus circuler. Il sentit à peine un bras le tirer en arrière, loin du rivage.

_Éloigne toi Gamin!

Comme dans un mauvais film, le Patron se jeta à l'eau, n'enlevant rien lui non plus. Et sous les regards effarés de tout le monde, y compris la Fille et le Prof qui les avaient rejoint, le criminel s'immergea complètement.

Un sentiment de terreur pur et d'adrénaline les prit tous. Muets de stupeur, alors que les secondes défilaient et que ni le Geek, ni le Patron, ne remontaient à la surface.

Mathieu sentit les larmes lui monter aux yeux, son cœur se serrer, et il tomba à genoux dans le sable.

_Pitié... Pitié, s'il vous plait. Ne me les prenez pas... S'il vous plaît.

Il n'avait jamais imploré un quelconque dieu, mais il était peut-être temps de le faire.

Au bout de ce qui leur semblait être une éternité, un infini, un bras vêtu de noir surgit de sous les eaux. Un bras avec une casquette.

Le Geek et le Patron apparurent enfin. Le criminel ramena tant bien que mal le plus petit au rivage, priant pour qu'il n'y est plus aucune vague.

Il se laissa tomber sur la plage avec son double, essoufflé.

Les cinq autres se précipitèrent sur eux. Le Prof vérifia le pouls du Geek, tandis que le Hippie aida le Patron à se relever.

_Tout va bien. Il respire encore...

Un sentiment de soulagement encore inconnu jusque-là s'empara d'eux, et le présentateur de SlG faillit pleurer de soulagement.

_Il s'est évanoui?

_Oui. Amenez moi un sucre ou un verre d'eau.

La fille courut lui chercher ça. La Patron se tourna vers le Panda et le Hippie, furieux.

_Vous vous foutez de ma gueule? Pourquoi y'en a pas un d'entre vous qu'est allé le chercher?

Le Panda tourna les yeux vers lui, encore secoué, et c'est avec une voix honteuse qu'il répondit.

_J'ai pas laissé le Hippie y aller. Regarde le, il est trop défoncé. Et moi je...

_Tu quoi ?!

_Je ne sais pas nager.

_T'es sérieux? J'ai risqué ma vie parce que t'as jamais été foutu de prendre un putain de cours de natation?

_Je suis un Panda! Les pandas ne savent pas nager! (*En fait si les pandas ça sait nager. Mais dans les rivières tout ça... Pas dans une mer agitée.)

_T'es même pas un vrai putain de... !

_Patron! Laisse tomber. Si ils n'y sont pas allés, c'est qu'ils n'en étaient pas capables.

_Tchh...

_Désolé Mathieu...

_C'est pas grave, c'est pas vôtre faute.

Le youtubeur, rassuré quant à l'état du gamer, tourna la tête vers le pédophile.

_Merci. Merci d'avoir plongé.

_Ça va c'est bon. J'allais quand même pas le laisser crever. Avec qui je me serais amusé après?

Le Panda le fixa, blasé. Le Hippie ne réagit pas, les yeux toujours bloqué sur le Geek. Le Prof soupira, mais Mathieu sourit légèrement, avec même un soupçon de tendresse.

Lorsque le Geek se réveilla quelques heures plus tard et qu'il su que le criminel l'avait tiré de l'eau, il vint le voir de lui-même, pour la première fois, et lui fit un câlin. Oui, un câlin.

Et pour la première fois, le Patron l'enlaça également sans arrières pensées, maladroitement.


'Qu'est ce qui a changé ?'

Voilà la question que se posait Mathieu. Le jeune homme, allongé sur son lit, torturé, l'estomac noué, se remémorait tous les bons souvenirs. Les rires partagés avec sa famille.

Non... Il n'était pas une famille. Le Patron le lui avait bien fait comprendre. Il n'était pas une famille. Du moins pas aux yeux du criminel.

Et ça faisait mal. Ça faisait mal. A lui monter les larmes aux yeux. A lui crever le cœur.

Il espérait tellement que le Patron ai dit ça pour se forger une carapace, encore une fois. Pour se persuader qu'il était encore le connard sans cœur d'il y'a des années. Qu'il n'était attaché à personne. Et surtout pas à un taré colérique, un travesti, un scientifique fou, un panda humain, un drogué pacifiste et une petite victime innocente qui jouait décidément beaucoup trop à World Of Warcraft.

Mais le criminel avait paru trop sérieux. Trop franc. Il ne jouait pas. Il ne jouait plus.

Mathieu savait qu'un jour, il se réveillerait, et le criminel aurait disparu. Parti, envolé. Il était comme ça, de toute façon. Trop volage, trop indépendant pour être lier à une famille, à des obligations.

Mais une part de lui avait espérait encore. Qu'au fond, le criminel tenait un peu à eux. Comme il l'avait prouvé ce jour-là en sauvant le Geek. Comme il l'avait prouvé en payant la maison, en aidant le Hippie à se refourguer en herbe, en cassant la gueule de l'ex petit copain de la fille...

Il avait espéré.


_Vous avez repris un peu de poids. C'est un bon signe! Mais pas suffisamment. Qu'avez-vous mangé cette semaine?

_J'en sais rien.. Je déjeune pas. Un peu le midi. Et le soir, c'est plutôt rare...

_C'est plutôt léger... Soupira le psychologue. Mais passons plutôt à ce qui nous intéresse, et à la source du problème. Avez-vous une idée de ce qui a pu déclencher ça? Ce retour de l'anorexie, du dégoût global de ce qui vous entoure et de ce qui est vital pour vous?

Mathieu baissa les yeux. Il avait une petite idée, mais de là à tout avouer, d'un coup... Comme d'habitude, le souvenir du petit Geek en larmes dans le couloir le fit rapidement prendre une décision.

_Quand j'étais plus jeune, les autres psychologues m'ont dit aussi que si je rechutais, c'était forcément à cause d'un élément déclencheur. Tel qu'il soit. J'ai toujours eu les nerfs à fleur de peau. J'ai l'impression que mes sentiments sont toujours exagérés, que je prends tout trop à cœur. J'ai toujours été très possessif, avec mes amis. Et, il y'a un mois à peu près, un de mes amis s'est... Mit en couple avec une femme. Ça a été l'élément déclencheur, je pense.

Delauney buta quelques secondes, le temps de traiter l'information.

_Vous êtes en train de me dire que vous êtes jaloux parce qu'un de vos amis à une petite copine si j'ai bien compris?

_C'est ça.

_Vous ressentez donc des sentiments pour cet homme?

Mathieu écarquilla les yeux, sentant son cœur louper un battement. Un rire nerveux franchit ses lèvres.

_Antoine? Non non, je ressens aucuns sentiments pour lui!

_Vous aimeriez être à la place de cette fille?

_Oui. Mais pas en tant que... Petit copain. C'est juste que mon ami, Antoine, s'est éloigné de moi depuis qu'il est avec elle. J'en suis jaloux juste pour ça. Pas parce que j'aimerais prendre sa place dans tous les sens du terme.

_Je vois. C'est donc depuis qu'il s'est mis avec elle que vous avez rechuté?

_Oui.

_Et cet Antoine, que ressentez-vous pour lui?

_Je ne suis pas amoureux d'Antoine!

_Je ne parle pas forcément d'amour. Simplement de vos sentiments et ressentis à son égard.

_Je sais pas. Il est cool, c'est mon pote quoi. Mon meilleur ami, même. Et depuis qu'il a déménagé à Paris, y'a que cette fille dans sa vie, Marion. Ça fait deux semaines et quelques qu'ils sont ensemble, et ils partent déjà en vacances. J'ai l'impression que c'est réellement... comme un coup de foudre.

_Que ressentez-vous quand vous les voyez ensemble? S'embrasser, se tenir la main...

_Une profonde aversion. Comme si tout mon corps me dictait que ce n'était pas normal. Cette fille est bizarre en plus, trop superficiel. Elle est pas faite pour lui!

_Vous avez l'impression qu'on vous vole votre ami?

_C'est ça.

_Vous ne pensez pas que c'est un peu exagéré, comme réaction? De retomber dans une post-dépression car votre ami s'est mis en couple?

_Si, j'en suis conscient. Et c'est justement ça que je comprends pas.

_Il peut y'avoir un problème plus profond, non? Une chose que vous vous cachez. Au fond de vous, mais bien présente, prête à sortir. Vous êtes atteint de schizophrénie Mathieu. Une schizophrénie (Qu'est-ce que c'est chiant à écrire ce mot) capable de donner vie et forme à vos personnalités intérieures. Il y'a chez l'humain ce qu'on appelle des "couches." Tous les êtres humains on ça, et c'est ce qu'on étudie en psychologie. Il y'a ce que l'on est persuadé d'avoir, ce que l'on sait qu'on à mais qu'on ne sait jamais quand ni comment ça va se déclencher, puis ce qu'on a à l'intérieur. Des choses peuvent changer, avec l'expérience, avec l'âge. C'est comme les étages d'un grand immeuble. Certaines choses ne changent pas, par contre. Comme vos phobies les plus profondes. Avec votre maladie, tout ça est encore plus accentué. Vous êtes capable de vous cacher une chose pendant des années, grâce à la protection que vous offre vos doubles et toutes vos mentalités. Vous pouvez adoptez plusieurs points de vue. Mais pour savoir ce qu'il y'a vraiment au fond de vous, il faut que vous vous trouvez vous. Le vrai Mathieu. Vous comprenez?

_Oui. En gros vous êtes en train de dire que c'est possible que j'ai un secret depuis des années, au fond de moi, que je ne connais pas.

Le ton de Mathieu était clairement sceptique.

_Exactement. Le terme "secret" n'est pas vraiment le bon, mais en gros, ça résume. Vous souvenez vous de vos rêves?

_Jamais. Depuis tout petit.

_Très bien... Je ne pensais pas que je trouverais en seulement deux séances, mais le voilà, le fond du problème. Vous êtes jaloux, colérique, possessif. Et tous ses sentiments sont exagérés et vous détruisent littéralement. Pourquoi, car votre meilleur ami est amoureux d'une femme. Ça me paraît plutôt évident.

_Là je comprends plus. Va falloir m'expliquer un peu.

_Ne vous-ai-t-il jamais venu à l'esprit, ou même effleurer l'idée que vous puissiez ressentir des sentiments envers Antoine? Car c'est certain Mathieu, vous êtes irrévocablement et irréfutablement amoureux de votre ami.


Terminéé!

Bon, pour celles qui sont par là pour Mathieu, elles se sont fait peut-être un peu chier, mais ce chapitre était nécessaire!

Tout simplement parce que je me suis servi du psy, du flash-back etc.. Pour faire tout de suite le point avec le personnage de Mathieu et travailler sa psychologie. Ca me permet de poser mes bases quoi...

Et comme j'en vois venir certaine: Non, le psy n'est pas le taré de l'épisode 85...

Je voulais aussi vous poser une pitite question: Suis-je la seule à reçevoir les reviews de celles qui n'ont pas de compte 2 JOURS après leur envoi? Parce qu'aujourd'hui j'en ai reçu deux qui avaient été posté le 31 juillet ^^ Je voulais juste savoir si ça le faisait à d'autres gens ou qu'à moi, voilà!

Merci encore à toutes celles reviews etc.. 50 reviews c'est juste super ! ^^ J'espère que l'histoire va continuer à vous plaire, par ce que je réserve pas mal de surprises.. :P

Alors, une tite review ?

Peace and Love.'Emo.16

Ps: La suite arrive mardi-mercredi!