Chapitre 3

L'absence de l'odeur familière du café de Mary Margaret tira Emma de son sommeil. La chaleur du soleil touchait déjà la jeune femme et, d'ordinaire, sa mère était déjà en train de s'activer au petit déjeuner depuis un bout de temps, à ce moment-là. Sans vraiment chercher à comprendre, Emma se retourna dans son lit, étrangement bien, détendue et apaisée. Ça devait avoir un rapport avec son rêve, l'un des plus délicieux qu'elle ait fait depuis... bien trop longtemps. D'ailleurs, elle ne demandait qu'à y retourner. Elle sombrait à nouveau dans les bras de Morphée lorsqu'une main douce et chaude vint se poser sur sa hanche avant de remonter vers son ventre. Sa peau la trahit en frémissant. Un tendre baisé entre ses omoplates acheva de la ramener dans la réalité.

-Bonjour, ma belle, lui susurra à l'oreille la voix de Régina.

Emma soupira doucement d'aise. Alors son rêve n'en était pas un. Elle avait bel et bien passé la nuit chez et avec Régina. Et quelle nuit ! Rien que d'en évoquer le souvenir, les papillons reprenaient leur place dans son ventre.

-Bonjour, madame maire, sourit Emma en se retournant pour embrasser la reine.

Régina répondit à son baisé avec autant de passion mais fut aussi celle qui y mit fin. Devant le regard de protestation que lui lança Emma, qui s'était enfin décidée à ouvrir les yeux, elle eut un sourire taquin et se mordit la lèvre.

-Si je continue, miss Swan, vous ne quitterez pas ce lit de toute la matinée, voire de la journée !

Comprenant ce à quoi Régina faisait allusion, Emma du se retenir pour ne pas rougir trop fort.

-L'idée n'est pas déplaisante, souffla-t-elle en se mordant à son tour la lèvre.

-Miss Swan ! s'exclama Regina, faussement outrée.

Les deux femmes eurent un rire à cet échange, qu'elles n'auraient jamais même imaginé avoir, et Régina, faisant s'allonger Emma sur le dos, vint s'assoir sur elle. Toute timidité de la veille disparue, Emma posa ses mains sur les cuisses de la reine, les faisant glisser doucement en remontant vers ses hanches. Régina ferma les yeux en soupirant doucement. Elle se pencha vers Emma, posant ses mains sur celle de la sauveuse. Elle embrassa la jeune femme avec une passion infinie. Juste avant de la libérer à nouveau, elle lui mordit la lèvre.

-Aouw… Sourit Emma en portant une main sur sa lèvre pour vérifier qu'elle ne saignait pas.

-On va garder l'idée pour un jour ou nous serons seules, d'accord ? lui chuchota la reine en venant glisser son visage dans le cou d'Emma.

Cette dernière ne répondit que d'un sourire avant de faire tomber Régina à ses côtés et échangea leur place.

-Ça me va, répondit Emma en attirant Régina à elle.

Elles échangèrent un autre baisé. Dans le couloir, des bruits de pas se firent entendre. Les deux femmes se regardèrent, une légère inquiétude flottant dans leurs yeux.

-On… Lui dit ? demanda Emma en libérant Régina.

-Il faudra bien, soupira cette dernière en se relevant presqu'à regret.

Emma eu un petit rire nerveux.

-Quelque chose de drôle, Miss Swan ? fit Régina en se retournant, un sourcil relevé en interrogation.

-Oui… Et non… Henry va adorer, j'en suis certaine. Mais mes parents… c'est moins sûr…

-Et tu…

Régina eu soudain du mal à parler. Elle déglutit avec difficulté pour reprendre d'une voix presque brisée.

-Tu préfèrerais qu'on… Qu'on ne…

En entendant la voix de Régina, si basse, si triste, Emma, qui s'était levée et avait commencé à s'habiller, revint immédiatement auprès de son amante.

-Gina… Non ! Je préfèrerais vivre à la rue si cela pouvait me permettre d'être avec toi. Si ça ne leur plait pas, tant pis ! Au diable ce que mes parents en pensent ! Pour ce qu'ils ont été des parents pour moi…

Régina eu un faible sourire.

-Jamais je ne te laisserais vivre à la rue, Emma… Chez moi, c'est chez toi…

Emma prit la reine dans ses bras, l'enlaçant de toutes ses forces pour faire partir le doute et la peur qui hantait ses yeux. Régina vint se blottir contre elle et se laissa partir, se laissa fondre dans cette étreinte, avant de jeter un rapide coup d'œil au réveil.

-Nous ferions bien de descendre faire le petit déjeuner d'Henry, sinon, il va être en retard.

-C'est quoi ton problème avec le retard ? demanda Emma, enjouée, en libérant Régina, tentant de ramener l'atmosphère de plénitude qui régnait quelques instant au part avant.

-Quelque chose que je te révélerai peut être un jour, sourit Régina en s'habillant à son tour, rassurée de savoir qu'Emma ne partirait nulle part si ses parents n'appréciait pas le nouveau tournant que prenait leur relation.

Emma tenta de cacher son sourire, tandis qu'elle observait Régina terminer de se préparer. Des sentiments nouveaux et puissants la parcouraient. Quelque chose avait changé entre la maire et elle. En bien. Et cela lui plaisait bien plus qu'elle n'oserait jamais l'avouer à personne. Lorsque Régina eu fini, elle lui tendit la main. Et c'est main dans la main que la reine et la sauveuse descendirent rejoindre leur fils.


-Bonjour M'man !

Assi devant une assiette de toast grillé, Henry semblait de très bonne humeur. La journée de la veille encore en tête, il lui semblait vivre un rêve. En entrant dans la cuisine, Emma et Régina avait choisis d'un commun accord silencieux de se lâcher la main, juste pour amener la nouvelle doucement auprès de l'être qui leur importait le plus à toutes deux. Mais aucune des deux ne semblaient capable de détacher son regard de l'autre.

-Bonjour mon grand.

-Salut, Kid. Bien dormis ?

-Oh oui ! lança Henry avec beaucoup d'entrain. Et toi ? Enfin… Vous ?

Le petit garçon rit soudain. Ça lui faisait vraiment drôle de voir ses deux mère ensemble qui ne se disputaient pas.

-Mieux que bien, sourit Emma, ignorant le rire de son fils, en faisant un clin d'œil à Régina qui lui offrit un magnifique sourire.

-Moi de même. Que puis-je vous préparer, miss Swan ?

-Ce que vous prendrez, votre majesté.

-Hein ?

Henry les regarda tour à tour, se retournant pour voir sa mère adoptive, occupée à la cuisinière. Il n'avait absolument rien suivit. Sa mère adoptive avait souvent appelé Emma miss Swan, mais d'ordinaire, Emma détestait ça. Et qu'Emma parle de Régina en l'appelant votre majesté lui échappait complètement.

-Laisse tomber, Kid, lui fit Emma en remarquant son regard inquisiteur.

Régina fixa longuement Emma, qui soupira après un moment de silence, rendant à la reine son regard.

-Bon… murmura-t-elle, comme pour se donner du courage.

Puis elle se jeta à l'eau, délaissant la vue, très plaisante, du dos de Régina, pour regarder son fils dans les yeux.

-Dis-moi, Henry… ça te plairait de te réveiller régulièrement avec tes deux mères pour t'accueillir ?

-Oh oui ! Ça serait trop génial !

-Ne parle pas la bouche pleine, Henry, le réprimanda gentiment Régina.

Henry avala ce qu'il avait en bouche pour répéter sa joie à cette idée.

-Vous êtes en train de me dire que quand je viens dormir ici, le matin, vous serez là toutes les deux ?

-D'une certaine façon, oui. Et ça risque d'arriver de plus en plus souvent, sourit Régina en déposant une assiette de pancakes devant Emma et une autre à sa place.

-Hum ... Miam, des pancakes !

-Hé ! Moi aussi, je veux des pancakes !

Emma rit en déposant deux petits crêpes dans son assiette vide.

-Dépêche-toi de les avaler, lui dit-elle tandis que Régina s'installait à ses côtés. Sinon, le bus partira sans toi et je n'ai pas vraiment envie de sortir la voiture.

-Surtout que vous êtes venu à pied, fit Régina avec un petit rire.

Emma lui tira la langue. Henry les regarda à nouveau tour à tour, en mâchant distraitement un morceau de crêpe. Il y avait quelque chose entre ses mères qui lui échappaient. Mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

-Régina ? Tu aurais du sirop d'érable ?

-Oh oui, je dois bien avoir ça...

La maire se leva pour chercher ce qu'Emma lui demandait. Et cette dernière observa avec une sorte de fascination les doigts de Régina, qui courraient sur les différents bocaux.

-M'man ? Tu rougis… lança soudain Henry.

-Quoi ? Oh…

Emma cacha son visage dans le creux de son coude en sentant ses joues chauffer par l'afflux de sang. En entendant son fils, Régina se retourna juste à temps pour voir le léger rouge sur les joues de la sauveuse. Elle déposa un pot de sirop devant elle.

-Puis je connaitre vos pensées, Miss Swan ? rit-elle doucement.

-Tu les connais, marmonna Emma en plongeant sa cuillère dans le pot après s'être décidée à sortir sa tête de son coude.

Régina ne dit rien mais un sourire illumina son visage.

-Mais il y a quoi entre vous, à la fin ? s'énerva soudain Henry, après les avoir une fois de plus regardée tour à tour.

Les deux femmes échangèrent un regard mais restèrent silencieuses.

-Oh, fit soudain Régina en levant les yeux vers l'horloge. Henry, dépêches toi, tu vas rater le bus !

Le petit garçon croisa fermement les bras.

-Je ne bougerais pas tant que j'aurais pas eu ma réponse !

Voyant la tête de Régina se décomposer, Emma décida d'intervenir.

-Ecoute, Kid, on fait un marcher. Tu vas à l'école, tu es à l'heure et on te dit les choses clairement ce soir. Deal ?

-On ?

Henry en resta interdit un instant.

-Oui, on, lui assura Emma.

-Deal ! lança le petit garçon assez rapidement en bondissant de son siège.

Il attrapa son sac et son manteau et couru jusqu'à la porte d'entrée. Et juste avant de sortir sous le regard de ses deux mères, il se retourna afin de leur faire signe.

-Emma ? T'as du sirop plein la bouche.

Il rit, fit signe aux deux femmes et s'élança dans le chemin jusqu'à la rue. A cet instant précis, le bus scolaire s'arrêta devant la maison.

-Tout juste, souffla Régina une fois le bus partit, en refermant la porte. Parfois, j'ai l'impression qu'il le fait exprès.

-Dis pas ça, enfin… Tous les enfants sont comme ça ! répondit Emma en se rapprochant.

Régina se retourna pour prendre la sauveuse par la taille.

-Il avait raison… Tu as du sirop partout sur les lèvres.

Emma passa une langue distraite sur ses lèvres.

-Hum… c'est sucré. Tu veux gouter ?

-Je ne vais surement pas dire non, Miss Swan !

Attirant Emma tout contre elle, Régina posa ses lèvres sur celles collantes et sucrées de la jeune femme. La flamme longuement contenue en présence d'Henry s'embrasa dans la passion que les deux femmes mirent dans leur baisé. Aucune des deux ne chercha à remonter jusqu'au lit. D'un claquement de doigts, Régina fit se fermer tout ce qui les privait d'intimité. Emma se laissa guider jusqu'au divan, où elle se laissa tomber.

-J'aime bien quand tu m'as appelée Gina, tout à l'heure, lui souffla Régina à l'oreille.

-Je veillerais à le faire plus souvent… Murmura Emma d'une voix légèrement rauque.

La reine vint rejoindre la sauveuse sur le divan. Elles n'avaient que jusqu'au retour d'Henry. Et quelque chose soufflait à Emma que ça passerait très vite…


Plusieurs semaines s'écoulèrent ainsi. Trois à quatre fois par semaine, Emma restait dormir chez Régina. Enfin… Quand elles dormaient. Jusqu'ici, personne d'autre qu'Henry n'était au courant de leur relation. Lorsqu'il était rentré, le lendemain de ce dimanche décoratif, il avait failli leur tomber dessus, ce qui faisait bien rire les deux femmes à présent. Comme promis, Emma et Régina lui avait alors expliqué qu'elles étaient fortement attirées l'une par l'autre et qu'il était probable qu'il ait bientôt officiellement deux mères. Ce qui, bien entendu, avait plus que ravi Henry. Aujourd'hui, cela faisait exactement un mois qu'Emma sortait en secret avec la maire de Storybrooke. Et toutes deux pensaient qu'il était temps d'annoncer la nouvelle à tout le monde. A commencer par les parents d'Emma, ce qui n'enchantait guère cette dernière. Dire que près de quatre mois au part avant, elle se trouvait dans le même état au sujet de ses rendez-vous avec Régina… Elle était partie en même temps qu'Henry, ce matin. Elle l'avait accompagné jusqu'à l'école car elle prévoyait d'annoncer la nouvelle à Mary Margaret d'abord. Après tout, sa mère s'était montrée très supportive du changement de Régina au contact d'Emma. Mais entre des rendez-vous amicaux et des rendez-vous d'une autre sorte, il y avait une grande différence et Emma n'était pas certaine que ce changement-là allait vraiment plaire à sa mère. Laissant Henry rejoindre ses camarades de classe, Emma entra dans le grand bâtiment qu'était l'école. Et, se souvenant de la première fois où Régina l'avais guidée en ce lieu, elle atteignit la classe de Mary Margaret. Elle passa la tête par la porte.

-Mary Margaret ?

Sa mère leva la tête de ses corrections et eu un sourire en reconnaissant Emma.

-Tu sais, maman, ça fonctionne aussi, lui dit-elle en la rejoignant.

-Mouais… Heu… J'aimerais qu'on parle, toi et moi…

-Maintenant ?

Emma acquiesça. Mary Margaret voulu protester, dire que la classe allait commencer, … Mais le regard de sa fille la fit se taire. D'un simple geste, elle invita Emma a entrer et à s'assoir.

-Je t'écoute.

-Hum… Tu te souviens de ce que tu pensais des rendez-vous avec Régina ?

Mary Margaret eu soudain l'air inquiète.

-Oui, j'ai dit que ça ne pouvait pas être une mauvaise chose. Pourquoi ? Qu'est ce qui ce passe, Emma ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait ?

Emma ouvrit la bouche pour répondre mais la referma, à moitié choquée.

-Pourquoi m'aurait-elle fait quelque chose ?

Ce fut au tour de Mary Margaret d'ouvrir la bouche sans pouvoir répondre.

-Je suppose parce que c'est ce qui ce passe, d'ordinaire.

La discussion n'allait pas comme Emma l'aurait souhaité. Mais une sonnerie la décida à changer de tactique et à déballer la raison de sa venue.

-Mary Margaret… Maman… Tu as dit avoir remarqué que Gina… Hum… Régina… avait beaucoup changé, ces derniers temps.

Sans savoir pourquoi, le fait qu'Emma l'appelle maman fit se raidir Mary Margaret.

-Oui, en effet. J'ai l'impression qu'elle redevient la femme qui l'a sauvé la vie.

-Et ça te plait, qu'elle redevienne comme ça ?

-Plus que tout ! C'est ce que j'ai toujours souhaité ! Mais où veux-tu en venir ?

-Ça te plairait qu'elle fasse à nouveau partie de la famille ? chuchota Emma, ne sachant pas comment dire les choses clairement à sa mère.

-Je ne sais pas, Emma… Peut-être, oui… Mais pourquoi est-ce toi qui … en parle… ?

Les pièces du puzzle se mirent en place dans l'esprit de Mary Margaret.

-Emma !

Sa voix n'était pas choquée, ni déçue. C'était la voix d'une mère à qui son enfant avoue son premier amour. Emma rougit légèrement. Sa mère se leva pour venir se mettre à genoux devant elle. Elle prit le visage de sa fille entre ses mains.

-Oh, Emma… Tu l'aime, n'est-ce pas ? C'est … Merveilleux !

Emma sourit en entendant cela. Deux larmes de joie roulèrent sur ses joues, que Mary Margaret eu tôt fait de sécher de ses pouces.

-Tu… Le pense vraiment ?

-Bien sûr, Emma ! C'est absolument merveilleux ! Et je sais qu'elle te rend ton amour parce qu'elle a tellement changé… Elle est redevenue la femme au cœur tendre que j'ai connue. Et cela grâce à son amour pour toi. Je suis tellement heureuse pour toi, Emma. Que tu ais retrouvé l'amour malgré la perte de Neal. Qui d'autre sait ?

Emma prit un moment pour se calmer avant de répondre. Juste Henry et toi. Oh, j'avais si peur que tu ne le prennes mal…

-Emma ! fit semblant de se fâcher Mary Margaret. Régina et moi avons eu nos différents mais… Mais je refuse qu'ils viennent en travers de votre bonheur.

-Merci maman !

Emma enlaça longuement sa mère sans se rendre compte que plusieurs jeunes enfants étaient entrés. Henry sourit en voyant la scène. Il avait très bien compris que Mary Margaret était d'accord pour la relation entre sa fille et son ex ennemie.

-Bon, sourit Emma en regardant autour d'elle. Je te laisse à ta classe.

Mary Margaret sourit franchement et lui fit signe alors qu'elle quittait la classe. Le cœur légé, ravie de la réaction de sa mère, Emma quitta l'école pour partir à la recherche de son père.


-QUOI ? Emma, as-tu perdu la tête ?

Debout dans l'appartement de Mary Margaret, David faisait les cents pas, incapable de se calmer.

-C'est un sort ! Elle t'a jeté un sort ou un truc du genre !

-David ! Elle n'est plus comme ça. Depuis le mois qu'on sort ensemble, elle n'a plus fait une seule fois usage de la magie.

-Parce qu'en plus, ça fait un mois que tu le cache ?

Emma se tassa légèrement sur sa chaise. En comparaison avec la réaction de sa mère, l'explosion de colère de son père la laissait sans voix.

-Qu'est-ce qu'il y a de si mal à ce que je sois amoureuse ?

-Primo, c'est la méchante reine, Emma ! Snow lui a donné je ne sais combien de chance de changer, elle ne les a jamais prise.

-Parce qu'il lui manquait la motivation qu'est l'amour !

-Ce n'est pas de l'amour, Emma, c'est un piège ! Pour faire souffrir Snow.

-Ben vu comment elle a pris la nouvelle, Mary Margaret n'est pas prête de souffrir… marmonna Emma, faisant se figer son père. Et secondo ?

-Quoi, secondo ? lacha sèchement David, coupé dans le fil de ses pensées.

Emma en sursauta.

-Tu as dit primo, c'est qu'il y a un deuxième point.

-Ah, oui ! Une femme ? La méchante reine en prime mais… Une femme ?

La bouche d'Emma s'ouvrit seule. N'y tenant plus, elle se releva lentement de sa chaise, chaque geste lent et calculer, froide, distante. Elle se dirigea vers la porte sans un seul mot.

-Emma !

-C'est là qu'est ton vrai problème, n'est-ce pas, David ? demanda-t-elle d'une voix glaciale et basse, trop douce. Pour toi, une femme ça sort avec un homme. Je serais sortie avec Rumplestlitskin, tu n'en aurais pas fait tout un foin. Ou un moins gros. J'ai eu un enfant avec son fils, tu n'en a rien dit. Tu m'as même consolé quand je l'ai perdu. Mais parce que j'aime une femme, ça te pose problème !

Sur ses mots, Emma sortit et claqua la porte. Elle se mit à errer dans la ville, les larmes aux yeux. Sa mère avait réagi avec tant d'amour, il lui avait semblé naturel que son père réagirait de la même manière. Et au lieu de cela, il allait jusqu'à insinuer que les sentiments qui existaient entre elle et Régina n'étaient que le résultat d'un sort. Un courant d'air la fit frissonner. Elle avait oublié sa veste dans l'appartement. Tant pis. Elle n'y retournerait pas. Vide, désespérée, Emma entra dans la forêt, dans l'espoir de se vider l'esprit afin de revenir à la femme qu'elle aimait sans cette colère contre David. La neige recommença à tomber tandis qu'un léger brouillard l'enveloppait un peu plus à mesure qu'elle s'enfonçait dans la forêt bordant Storybrooke.