Bonjour tout le monde :3

Me revoilà avec le douzième chapitre!

Merci encore à toutes celles qui review, follow, ou mettent en fav, vous êtes parfaites et ça me met trop la patate!

lea89: Non, je ne suis pas un mec x) Et je comprends que ça t'ai surpris :') Merci beaucoup :D Je suis encore désolé de l'attente pour le précédent chapitre, je me suis rattrapé avec celui-là, et j'espère qu'il te plaira. Oui, Mathieu s'est rasé et je trouve que ça lui va très bien, même si je suis contente si il laisse repousser :3 Le boulot de Mathieu est quand même plus travaillé et pro que le mien xD Mais c'est super gentil merci ^^ euh.. Moi tu veux que je fasse un commentaire sur le début de la saison 5? Bah je la trouve juste génial. Slg avait besoin d'un petit changement, d'une remise à neuf, que Mathieu a su excellemment bien gérer. Je retrouve l'humour si singulier de l'émission, les personnages toujours si attachant, et avec en plus un scénario de fond qui est juste énorme... Vraiment, c'est du super boulot, et j'ai hâte, mais tellement, que sorte le prochain épisode! Merci, j'espère arriver à le passer xD Bonne lecture pour ce chapitre!

Ta 2ème review: Aucun problème ^^ C'est vrai que la première review aurait pu paraitre un direct, mais je sais que t'es super gentille ^^ Merci beaucoup :) Moi aussi, ça fait bizarre!

Oura-Chan: Hello à toi ^^ Oui ça a été long, vous avez tous été surpris limite que je poste la suite xD Ce n'est pas grave, tu en postes une maintenant :3 Et je comprends la flemme du postage de review x) Je déteste lire sur téléphone T_T T'as du courage! Mais si xD Merci beaucoup, ça me touche beaucoup. Je suis consciente que du haut de mes 14 ans, je n'ai peut-être pas les mots nécessaires à chaque fois, mais je fais de mon mieux ;) Je ne te prends pas pour une grand-mère t'inquiète :p Merci, je suis très heureuse actuellement, et toutes vos félicitations me font super plaisir ! Je dis rien pour la suite, tu verras :3 Mais j'espère que tu l'aimeras dans tous les cas ^-^ Bonne lecture :3

Guest: Merci ^-^ Ca me fait super plaisir que tu es conseillée ma fic et que tu l'aimes autant! Ne meurs pas s'il te plait, veux pas avoir ton décès sur la conscience hého xD J'espère que la suite te plaira! Et merci pour tes félicitations, ça me touche énormément ^^

Bonne lecture à tout le monde!

Chapitre 12: Dos à dos.

La maison Sommet lui apparut.

A l'écart des autres maisons, un grand jardin, une petite cour pavée pour se garer.

Antoine posa un pied à terre, et fut frappé tout de suite par quelque chose de trop inhabituel pour que ce soit normal.

Le silence.

Un sentiment d'inquiétude s'empara de lui. La famille de Mathieu était réputée pour être bruyante. Jamais le brun n'était venu ici sans qu'il n'y ai de bruit.

Il traversa le jardin à moitié entretenu, passant devant un Capsule qui ouvrit à peine un œil à son arrivée, pour le refermer tout de suite. La voiture du Patron n'était pas là, le Van du Hippie était ouvert et aucune musique ne s'y faisait entendre. Ni explosion, ni hurlement d'actrice porno, ni bruit de mitraillette virtuelle, ni chanson.

Le silence.

Le présentateur de What The Cut, si extraverti et sûr de lui en vidéos, hésita à frapper à la porte.

"Putain ça va plus mec..."

Personne. Il tenta une deuxième fois, et il entendit des pas se diriger vers la porte d'entrée. Le bruit de la chaînette de sécurité se fit entendre, et la porte s'ouvrit. Antoine se demanda rapidement à quoi cette chaine servait, étant donné que personne ne vérifiait jamais qui était derrière la porte.

Le visage de la Fille apparut dans l'entrebâillement.

Pour la deuxième fois, le brun remarque tout de suite que quelque chose n'allait pas. Son visage, habituellement maquillée à outrance, était vierge de tout produit cosmétique. Ses cheveux frisaient sur les pointes, et semblaient avoir perdu de leur éclat. Sa posture habituellement droite et provocante s'était effacée, laissant place à des épaules basses et une crispation nerveuse.

_Euh.. Salut. Ça va? T'as pas trop l'air dans ton assiette...

Il tenta une phrase sur le ton légèrement humoristique, et le regretta immédiatement lorsqu'il vit son visage se peindre de tristesse.

_Qu'est-ce que tu veux?

_..Voir Mathieu. Il est là?

_Non désolé, il est sorti, tu peux repasser demain si tu veux.

Une plus grande inquiétude prit Antoine.

Pourquoi la Fille lui mentait-elle? Il poussa un petit soupir.

_... Sa voiture est garée dans la cour... Et je doute fort qu'il soit partit avec le Patron

Il vit le double féminin de son ami se mordre les lèvres, regrettant sa propre bêtise. Elle jeta un coup d'œil hésitant derrière elle, cherchant de l'aide en l'éventuelle présence de ses frères, mais le brun devina qu'il n'y avait personne.

Elle finit par soupirer elle aussi, et ouvrit la porte entièrement, le laissant passer.

_Il est à l'étage, dans sa chambre.

Hochant la tête pour la remercier, il entreprit de monter les escaliers, toujours dans ce même silence pesant, sentant les deux yeux bleus suivre ses mouvements.

Sans attendre, il toqua à la chambre de Mathieu.

_C'est qui?

Même étouffée par l'épaisseur du mur, Antoine reconnut la voix du châtain, qui il s'en rendait compte maintenant, n'avait pas entendu depuis un peu trop longtemps.

Il lui avait fallu rassembler tout son courage pour aller voir le présentateur de Salut les Geeks. Comment réagir face à cet ami aux propos si ambiguës, à l'attitude si enjôleuse?

Faire semblant de rien, comme d'habitude. Faire le lâche. Espérer que ce n'était qu'un délire passager, et rester normal. Parce que c'est ce qu'Antoine voulait être, normal.

_C'est Antoine mec.

Et quand il prononça ses mots, sa voix ne lui semblait déjà plus tout à fait la même.

Il attendit un étonnant silence de plusieurs secondes, ignorant que derrière la porte, c'était la panique totale. Finalement, l'accès à la chambre lui fut donné, lorsque Mathieu apparut derrière l'unique accès de bois.

Si le silence et la Fille l'avait perturbé, rien n'était comparable à ce qu'il ressentait maintenant.

Mathieu faisait peur.

Son visage cireux lui donnait l'air d'un cadavre à qui l'on aurait rendu la vie le temps d'un jour. Ses cheveux partaient dans tous les sens, ses yeux, ternes et sans vie, avaient perdus toute leur superbe, et les mains qui se soutenaient au mur paraissaient trois fois plus petites que dans ses souvenirs. Des mains d'enfants.

Mais le pire était son corps en lui-même.

Le châtain était maigre. Plus maigre que jamais. Ses bras étaient plus fins que ceux d'une petite fille, ses épaules plus frêles que celles d'un petit oiseau, et ses jambes semblaient le soutenir par la seule force de bien paraître.

Cette fois, c'est Antoine qui se sentit malade.

_Putain de merde mec... Qu'est ce qui t'arrive?

Mathieu se mordit la lèvre, sentant la colère prendre place peu à peu.

Aveugle! Sourd! Crétin!

La panique qu'il avait ressenti en entendant Antoine l'appeler du couloir avait été plus incontrôlable qu'il ne l'aurait imaginé. Allongé sur son lit, dans le noir de sa chambre, il ne s'attendait pas à reçevoir une quelconque visite. Ses doubles étaient passés, les uns après les autres.

Le Prof, le Panda, la Fille, le Hippie et le Geek.

Ce dernier était venu, les larmes aux yeux, les lèvres tremblantes, semblant aussi proche de l'écroulement que lui. Pour une raison qu'il ignorait. Le Gamer lui parlerait plus tard, quand il sortirait de sa chambre, quand le plus jeune se sentirait prêt.

Rien n'était moins sûr que ce que les épaules de Mathieu pouvait porter. Mais la peine du Geek, il la porterait des jours et des jours s'il le fallait, malgré son chagrin à lui.

Il n'était pas préparé à voir Antoine. Pas maintenant, pas tout de suite, alors qu'il avait échappé de peu à la mort sur la route par sa faute. Pas alors que le brun lui parlerait une fois encore de Marion, et de sa perfection divine.

_Rien, j'ai été malade ces derniers temps, c'est tout. Répondit Mathieu, le ton sec.

"Fous- toi de ma gueule..."

Le visage du brun se ferma, faisant clairement comprendre au châtain que son excuse vaseuse ne marcherait pas, pas cette fois.

_Et t'as perdu combien de kilos à cause de ta maladie, mec?

Il se surprit lui-même de sa propre froideur, sous fond de panique et d'incompréhension. Pourquoi ? Pourquoi Mathieu ne lui avait rien dit? Le châtain était clairement malade, clairement mal. Et pas un coup de téléphone? Alors c'était ça, un meilleur ami?

Il sentit la colère le gagner, oubliant la petite voix au fond de son esprit, qui lui intimait de réconforter Mathieu, là, tout de suite, au lieu de l'enfoncer encore plus.

Les deux se faisaient face. La colère fatiguée de Mathieu contre celle, neuf et égoïste, d'Antoine. Le brun était devenu maître de l'égoïsme, monstre de l'inconscience. Peut-être pouvait-on encore l'excuser. Excuser son ignorance et sa peur, face à cet homme à qui il tenait tant, et qu'il ne reconnaissait plus. Ce petit être schizophrène qui jonglait d'une situation, d'une émotion à une autre. Comme un jeu dont lui seul connaissait les règles, le larguant au milieu sans savoir quoi faire.

Mais Mathieu ne comprenait pas non plus, ne voyant pas les choses comme ça. Trop las, il lança un regard déçu à Antoine, qui le reçut comme un coup de poing.

_Laisse tomber, rentre chez toi plutôt, ça vaut mieux.

Il se recula pour fermer la porte, mais Antoine ne lui laissa le choix de rien faire. Le brun entra dans sa chambre, le poussant presque, et claqua la porte violemment.

_Tu vas me dire ce qu'il se passe Mathieu! Ça rime à quoi tout ça? Putain de merde, qu'est-ce qu'il se passe dans ta tête?

_Dégage! Je t'ai pas permis de rentrer!

Antoine laissa un grand rire ironique.

_Je m'en fous que tu m'es pas permis de rentrer. Ce que je veux savoir c'est pourquoi après des jours sans nouvelles je te retrouve à moitié mort!

_Ça fait des semaines que je suis comme ça abruti, seulement si t'étais moins occupée par ta copine tu t'en serais rendu compte avant!

Enfin, on y venait.

_Alors c'est ça le problème... Marion. Elle avait raison en fait, c'est quoi ton problème?

_Mon problème c'est que t'es putain d'obsédé par elle! T'as plus de temps pour rien faire, elle t'as pris toute ta vie, ouvre un peu les yeux merde!

Un étrange blanc flotta. Durant lequel le brun dut retenir le flot de paroles assassin qui l'assaillit. Malgré tout, il ne voulait pas de faire de mal à Mathieu. Il s'en faisait déjà assez bien tout seul.

_Elle me rend heureux Mathieu. Ce qu'aucune femme n'avait réussi à faire jusqu'à présent.

"Peut-être parce que ce n'est pas une femme dont tu as besoin."

_Tu es vraiment sûr qu'elle te rend heureux? Murmura Mathieu.

La tension était retombée. Il ne restait plus que deux amis, qui ne se comprenaient plus, qui souffraient l'un de l'autre.

_Qu'est ce qui a changé Mathieu?

Le concerné se mordit la lèvre. C'est ce qu'il se demandait depuis bien trop longtemps.

_Pars Antoine, s'il te plait.

_Non.

_Antoine.

_Pas avant que tu me dises ce qu'il se passe une bonne fois pour toute. Pas avant que tu me donnes la raison de ton petit jeu depuis deux semaines. A quoi tu joues Mathieu?

...Quoi?

Mathieu sentit son cœur s'arrêter, et tout un immeuble lui tomber dessus.

_Crois pas que j'ai rien remarqué. La chantilly, le coup du film... Qu'est-ce que tu veux Mat'?

Une colère comme rarement il en avait eu prit violemment le châtain. Il ne réfléchissait plus à ce que lui disait l'autre, mais à ses mots précédents. Le brun savait. Le brun savait, et avait fait semblant de rien.

Quel genre de lâche était Antoine?

_Tu savais? Depuis tout ce temps... Et tu faisais comme si de rien n'était?

_Et t'aurais voulu que je fasse quoi?! Je comprenais pas pourquoi t'agissais comme ça! C'est du n'importe quoi, c'est un de tes nouveaux délires? On est pas dans Slg Mat'!

En une seconde, les rôles furent inversés. Antoine se retrouva plaqué contre le mur, les deux mains du châtain lui tenant le col.

_Tu te fous de moi? Tu te rends compte de ce que tu me fais vivre depuis des mois? Je croyais que t'étais qu'un con qu'il voyait rien. Mais t'es un enfoiré qui fait semblant de rien, c'est pire putain!

_Alors dis-moi! Dis-moi ce qui se passe!

_Je suis malade Antoine! Tu comprends ça? Malade!

Malade.

Mathieu était malade.

Ce fut au tour du cœur du brun de se figer.

Dans sa tête, les pires scénarios défilaient. Il imaginait déjà le châtain avec un cancer, une dépendance à la drogue, ou même le sida.

_T'es un lâche. UN PUTAIN DE LÂCHE!

Le poing de Mathieu vint violemment rencontrer le mur, à deux centimètres de son visage. Et un instant, Antoine vit dans les yeux du châtain une étincelle qu'il n'aurait jamais voulu voir.

Comme pour illustrer ses pensées, l'autre continua de hurler, à bout.

_UN ENFOIRÉ! UN PUTAIN D'ENFOIRÉ!

Son poing partit une deuxième fois dans le mur, et Antoine fut à peu près sûr d'avoir entendu ses phalanges craquer. Mathieu laissa échapper un rire triste, mélangeant chagrin et amertume.

_Décidément, tu n'arriveras jamais qu'à me faire souffrir hein...

Ce n'était même pas une question. Une triste constatation, la pire qui soit.

Le brun plongea son regard dans les yeux si bleus, si tristes, si brisés, de Mathieu.

Et ça le frappa. Avec la même force qu'un boulet de canon.

Mathieu avait les mêmes yeux que Marion.

Il écarquilla les siens, stupéfait de ne pas s'en être rendu compte avant.

Identiques. Exactement. Ce bleu d'eau, mélangé au gris métallique, brillants et doux. D'une beauté sans égal. Comment était-il possible qu'il ne le remarque que maintenant?

Sa copine et son meilleur ami se ressemblaient autant qu'ils s'opposaient. Se menant une guerre l'un contre l'autre, pour le même but final.

_Pourquoi Mathieu... Pourquoi tout ça?

Le châtain hésita. Dix secondes.

Ça aurait été si simple, de tout lui avouer la. De se jeter sur lui en l'embrassant, étreignant son cou de ses bras décharnés, ses mains squelettiques dans ses cheveux fous, avec l'espoir comme seule compagne.

Au fond de lui, un instinct plus mauvais s'alluma. Celui de même lui avouer pour Marion. Au risque de cette fois définitivement tout perdre.

Mais l'espoir était devenu bien furtive, ces derniers temps.

Antoine aimait Marion. Il se le répétait, comme une litanie infernale. Et il lui renvoyait l'image, continuelle, de l'éternel meilleur pote barré avec qui il pouvait se bourrer la gueule.

Les orbes marrons du présentateur de What The Cut ne reflétaient qu'une douloureuse incompréhension, mélangée à ce qui ressemblait fort au regard de l'ami trahi.

Les mots faillirent sortir. Mais il se ravisa, juste avant l'instant fatidique.

_Je vais voir un psy, Antoine.

Sa voix était désormais douce et fragile, murmurant doucement dans le silence de la chambre. Mathieu était ainsi, aussi calme et doux que la rivière, mais aussi colérique et destructeur que le cœur d'un volcan.

_Quoi?

_Ça fait un mois à peu près. C'est le Prof qui m'y a obligé. Pour que j'aille mieux.

Antoine laissa échapper un rire un peu désespéré, bien que malvenu.

_Toi? Tu vas voir un psy?

Son ami lui lança un regard assassin, digne d'un du Panda.

_Oui, et ça m'a aidé, figure toi.

Ce n'était pas tout à fait vrai. A part lui ruiner sa vie et lui faire perdre son temps, Delauney ne lui servait plus à grand-chose.

_Mais je vais arrêter. J'ai pris trop de séances avec lui, ça me sert plus.

_Pourquoi t'es allé voir ce mec? Qu'est ce qui va si mal Mat'?

Il avait l'impression de continuellement se répéter. Mais il aurait reformulé sa question encore une dizaine de fois, pour que son ami lui réponde.

Et c'est ce que ce dernier fit. Et Antoine se prit un coup de poing dans la figure.

_Je suis anorexique.

Anorexique.

Le mot tomba.

Et le plus stupidement du monde, Antoine se fit la seule réflexion que si on lui demandait un jour ce que ressent un homme, lorsqu'il sait que son meilleur ami est malade depuis des mois sans rien lui dire, il saurait quoi dire.

Le brun s'assit prudemment sur le lit, se passant une main dans les cheveux, cherchant sans doutes à en arracher quelques-uns.

Traite l'info. Réfléchit et fait abstraction du poids qui t'écrase le cœur.

_Pourquoi tu me l'as pas dit?

_Tu étais trop occupé par Marion. Cracha le schizophrène. Et est-ce que tu t'en serais réellement soucié, de toute façon?

_Bien sûr que je m'en serais soucié putain! T'es mon meilleur ami Mat'! Et même avec ton comportement super bizarre ces derniers temps, je t'avouerais que d'apprendre la que t'es anorexique, c'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais.

_Désolé si Monsieur s'attendait à un truc plus classe, parce que j'ai que ça en stock!

Ce n'était pas censé se passer comme ça. Antoine n'était pas sensé savoir pour sa maladie, pas si vite, pas dans ce contexte. Les choses ne se passeraient décidément jamais comme ils les avaient prévus.

_Putain... Anorexique mec. Anorexique.

_Pas comme si ça se voyait pas, hein.

_... Et y'a quoi, qui peut te guérir de ça?

"Toi. Toi abruti."

_Rien. Il faut que je me force à manger, c'est tout.

C'était un mensonge, et Antoine le savait. Mais il ne fit semblant de rien, encore une fois.

Dans le silence, dans la froideur soudaine de la pièce, à travers la tension et l'amertume, le brun s'avança.

Et prit Mathieu dans ses bras.

Il l'enlaça. De toute ses forces, dans une étreinte qui ne ressemblait ni à celle de deux amis, ni à celle de deux amants. Une étreinte différente, hésitante et ambiguë. Parfaitement ce qui les définissaient.

Le châtain, figé, n'osa plus faire un geste. Son poing brisé le rappela à l'ordre au moment ou il s'appuya un peu trop douloureusement contre les côtes d'Antoine, et il dut retirer son bras doucement, le passant derrière le dos du plus grand. C'est dans ces moments-là, pour le peu qu'il y'en avait, que la différence de taille comptait réellement.

Le brun l'engloutissait complètement. Seul des cheveux châtain dépassaient au niveau de l'épaule, preuve d'une existence entre les bras de la grande perche.

Et sans que le psychopathe ne dise un mot, Mathieu sentit une grosse boule se former dans sa gorge.

Plus l'on est envahi par les ténèbres, moins on ne sait voir les rayons de lumière.

_Je suis désolé, pour ces dernières semaines... Je sais pas ce qu'il m'a pris.

Le Mathieu d'il y'a une semaine avait disparu. Il ne restait plus qu'enfant Mathieu. Trop perdu et trop seul. Dans un monde de fous.

C'est pour ça qu'il ne sentit pas la légère pression d'Antoine sur un de ses flancs, la façon un peu trop insistante qu'il avait de plonger son nez dans les cheveux du plus petit, et sa soudaine crispation à ses mots. Il ne sut pas non plus que ce soir en rentrant, le brun aurait du mal à oser croiser le regard de sa copine, honteux de lui-même.

Tellement, tellement honteux d'être déçu par les mots du châtain.

Plus rien n'avait de sens.

C'est fini, Marion avait gagnée.

D'un point de vue extérieur, Mathieu et Antoine n'avaient jamais été aussi proche.

En réalité, ils n'avaient jamais été aussi loin l'un de l'autre.


Tout brûlait.

Son espoir, sa détermination, ses rêves.

Tout partait en fumée. Son esprit n'était que brasier.

A bien y penser, il y'avait un certain soulagement dans le fait d'avoir mentit à Antoine, et agit comme un lâche au lieu de lui dire la vérité. Il ne combattait plus. Il se laissait aller à la tristesse.

Le pire, dans sa peine, c'était qu'il n'avait personne avec qui la partager.

Pour la première fois dans toute sa courte vie, il avait une famille et des amis. Et il n'avait jamais été aussi seul.

La spirale infernale de ce que ses confrères humains appelleraient "la dépression", continuait de l'engloutir. Impitoyablement.

Ça fait mal hein? De les voir tous se haïr et de déchirer? Quand personne n'est la pour te relever après la chute? Quand le monde te crache dessus et te piétine. A force de faire des doigts d'honneur au ciel, celui-ci avait maudit Mathieu de tous les dieux.

"Je vais finir comme tous ces cons de paranos à force..."

Il se demanda ce que dirait ses fans, en le voyant comme ça. Bonne question. Mais pour l'instant, ils ne se doutaient de rien. Ils se contentaient de ses deux trois statuts facebook tous les cinq jours, attendaient patiemment le prochain épisode d'Slg.

... Le prochain épisode de Slg.

Le châtain retint de justesse de se fracasser la tête contre son bureau. L'épisode 85 était prévu pour début août, soit une semaine et demi, et il n'avait absolument aucune idée de quoi mettre dedans. Rien, nada. Aucunes vidéos, aucun scénario, et il doutait fort que son double animal est eu l'envie ou la pensée d'écrire sa chanson pour le prochain instant Panda.

Quelle merde...

Il fallait qu'il trouve quelque chose, n'importe quoi. Sortir un truc à peu près potable tout en se permettant un peu de retard. C'est ce que l'impitoyabilité d'internet acceptait.

Mais l'inspiration ne venait pas. Il avait encore réessayé il y'a deux jours, et c'était le vide complet, le blanc.

Il leva les yeux vers son carnet de feuille, qui lui servait d'écriture pour ses scénarios. De l'épisode 14 jusqu'à l'épisode 84.

L'inspiration n'allait pas se montrer d'elle- même, il faudrait venir la chercher.

Ça ne coûtait rien de réessayer.

Il avait envie d'écrire quelque chose de noir. De très noir. Il avait envie... De changement.

Tout lui revint. Les disputes du Panda et du Patron, la peine de tout le reste de la famille, sa maladie, Marion, sa mère, sa peine... Et Antoine. Antoine.

Le cerveau supérieur à la moyenne de Mathieu se mit en marche. Il attrapa un stylo, les yeux fixés sur sa feuille pour l'instant vierge.

Il se mit à écrire.

La plume gratta le papier avec férocité. En quelques secondes, une ligne de scénario était déjà écrite.

Mathieu resta comme ça trois heures. Trois longues heures, le dos courbé, la main virevoltant au-dessus des feuilles devenus noires d'encres. Les yeux fous, la lèvre inférieure mordue jusqu'au sang.

Son émission le reflétait, lui et seulement lui. C'était le projet de tout une vie, son bébé, sa création. Si lui n'était pas heureux, il n'y avait aucune raison pour qu'elle le soit aussi.

Il inventa, le cerveau bouillonnant. Depuis le premier épisode, il se trouvait dans un asile, observé par plusieurs médecins. Ses personnalités n'étaient que ce qu'il jouait lui, sortant tout droit de sa folie.

Le Geek n'existait pas. Le Panda n'existait pas. La Fille, le Prof, le Hippie, le Démon. Le Patron.

Il put s'aider de sa mémoire et de ses souvenirs d'enfance pour la mise en scène dans l'asile. Facile, les psychologues de ce genre d'endroits étaient tous les mêmes.

Il écrivit, écrivit, et écrivit encore.

En trois heures, le chef-d'œuvre de l'épisode 85 fut achevé.

Mathieu avec.


Lorsqu'Antoine rentra chez lui, il se sentit étrange.

L'impression que plus rien n'est pareil.

Il ne savait plus quoi penser de rien. Devait-il être heureux? Devait-il être heureux que le sketch des deux dernières semaines ne soient qu'un délire sortit de l'esprit un peu trop tordu de Mathieu?

Ou... En être déçu.

Plus le temps passait, moins ses pensées étaient clairs. Ne plus savoir ce qu'il voulait était la pire chose qui pouvait lui arriver.

Ses sentiments pour Marion étaient entiers et puissants. Il en était amoureux, profondément. Mais Mathieu... Mathieu était là. Comme un fantôme, une ombre dont il ne pouvait, et ne voulait pas se débarrasser.

Il faillit éclater de rire.

Ça n'avait rien de drôle, mais tout allait trop vite.

Il y'avait cette impression, constante... Que Mathieu était à lui. Cette possessivité brûlante, qu'un meilleur pote ne devrait pas avoir. Sommet avait chamboulé sa vie, dès l'instant ou il avait ouvert cette conversation Facebook pour la première fois. Le châtain, c'était son petit rayon de soleil, son ami, le meilleur. Mais celui qui allait mal, si mal, au fond.

Et Antoine l'avait oublié. Deux long mois. C'est ce qui lui avait fallu pour se rendre compte à quel point le plus vieux lui avait manqué.

Ce n'était pas de l'amour. C'était une attirance un peu étrange, que personne ne pouvait très bien comprendre. Le début de quelque chose, d'une flamme qui faisait peur au brun, plus que n'importe quoi.

Il aurait tant voulu s'excuser, maintenant qu'il y pense.

Et au fond, il espérait que Mathieu lui ai mentit, un peu. Quitte à ce que le châtain en souffre, au final.

Et ses yeux... Ses deux pairs d'orbes si identiques, qui l'obsédaient.

Antoine poussa la porte d'entrée, plus déprimé et perdu que jamais.

La bonne odeur de nourriture qui l'attendait habituellement n'était cette fois pas présente.

Tout ce qu'il voulait, c'était serrer Marion dans ses bras. Ou était la blonde?

_Marion!?

Il y'eu un silence de quelques secondes. Puis des pas dans l'escalier. Trop lents et trop lourds.

La blonde apparut en bas des marches.

Sa démarche était raide. Sa peau était pâle, trop pâle. Et ses grands yeux hagards fixaient Antoine de la plus angoissante des façons. L'angoisse. Voilà tout ce qui ressortait de Marion.

_Marion... Ça va trésor?

L'horreur. La réalisation. L'impuissance. Ce n'est sûrement pas les bons sentiments à avoir, mais il faut faire avec, comme toujours.

Pantin d'amour. Petite poupée qui dit bonjour à la tempête sans réfléchir.

Elle se tait, se dirige vers lui, et l'enlace. Fort, très fort. Assez fort. Antoine aurait dû comprendre. Mais comme tous les humains, il ne voit rien, ne fait pas attention.

Dans son esprit, il n'y a pas ses jolis yeux marrons qui la font planer rien qu'en les voyant. Ni ses grandes mains fines qui la rassurent, ni ses cheveux fous qui la font tant rire.

Il n'y a que l'impuissance.

Elle attend un bébé. Un bébé d'Antoine.

Derrière le sourire doux du brun, le nez plongé dans les boucles blondes Marion, les roues du destin tournent, toujours.

L'enfer commence.


Voilà. Désolé pour celles qui attendaient un chapitre plus gai.. :S Mais il est arrivé bien plus tôt que prévu!

Alors, ça fait deux chapitres que je ne suis pas tout à fait satisfaite de la contenu de mes chapitres... Bon j'espère que vous si quand même ^^ Celui-ci est un petit peu plus court, et je trouve... Je sais pas, qu'il est mené différemment, tout comme celui d'avant. Il y'a moins de choses peut-être… Mais l'histoire est fait comme ça, la trame, etc… Peut-être que je suis parano et que ça ne change pas, et que juste l'histoire avance, et que je m'étonne moi-même d'en être déjà là... En tout cas, n'hésitez pas à être franche (En restant poli quand même xD) dans vos reviews, et me dire ce que vous en pensez :) Ceux qui lisent les après textes en tout cas. ^^

Je voudrais aussi prévenir qu'à partir de maintenant, cette fic sera définitivement déprimante. Et glauque, et triste, et noire, tout ce que vous voulez, mais pas cool. Je sais que ça change par rapport aux autres chapitres, notamment au premier, malgré la destruction psychologiques des personnages doucement mise en place dès le début, et que les deux derniers sont écrits un peu différemment, tourné de façon plus... Dramatique? Mais j'essaierais de ne pas tout le temps adopter que ce style d'écriture.

Donc voilà, si vous voulez lire la suite… Vous êtes prévenu. (Il n'y a que le prochain chapitre qui est normalement plus léger.)

Ps: En fait ça fait à peu près la même taille que les autres chapitres.. C'est juste que j'ai eu moins de reviews auxquelles répondre en début de chapitre x)

Une petite review pour finir? ;)

Peace and Love. 'Emo.16