Chapitre 4
Cela faisait un moment que Hook suivait Emma. Depuis ce fameux dimanche, dernière fois où il lui avait adressé la parole. Il veillait sur elle plus qu'il ne la suivait, en fait. Mais il doutait que la jeune femme le prenne ainsi ? En ce froid jour de janvier, il avait finalement décidé de renoncer à ses espoirs, sa fille Swan semblant vraiment heureuse avec la reine. Il l'avait suivie une dernière fois, pour le principe. Et avait entendu la malencontreuse discussion entre David et Emma. Cette dispute lui avait donné la solution. Lui avait rendu espoir. Un sort… Ainsi la reine aurait jeté un sort. Il devait simplement débarrasser Emma de ce qui l'aveuglait, et donc la débarrassé de la reine pour aller plus vite, pour qu'elle soit enfin sienne. Emma avait quitté David assez vite. Il avait eu dans l'idée de la stopper et de lui parler mais en la voyant s'enfoncer dans la forêt, il avait préféré attendre encore un peu. Quand il avait estimé qu'ils étaient assez loin, il s'était enfin montré à elle.
-Bonjour, Love.
Emma sursauta assez violement. Elle se croyait seule.
-Hook ! s'exclama-t-elle en portant une main à son cœur. Vous me suivez ou quoi ?
-Et bien, en fait… Oui, fit le pirate, décidant de jouer la carte de l'honnêteté.
Emma frissonna. Mais elle ne savait pas si c'était de froid ou parce qu'un pirate jouait les stalker avec elle.
-Vous avez froid, love ? demanda ce même pirate en faisant un pas vers elle.
-Oui, mais non, fit elle en mettant une main entre eux.
Hook leva sa main et son crochet au niveau de sa tête pour lui montrer qu'il se rendait.
-Que faites-vous seule dans ses bois enneigés, Swan ?
-Ça ne vous regarde pas, Hook.
Le pirate baissa les bras et fit un autre pas en direction d'Emma.
-Peut être que les mots de votre père au sujet d'un éventuel sort ont frappé juste et que le doute vous envahis…
Emma ne pu se retenir en entendant cela et gifla Hook de toutes ses forces.
-Je ne vous permets pas ! Et comment vous savez pour cette conversation ?
-La vérité fait toujours mal, Love, rétorqua Hook en posant sa main sur sa joue rougie. Tu sais… Je suis certain que ton père te ferait une bien plus petite scène si tu étais avec moi…
Emma en resta bouche bée, choquée. Alors elle était là, la raison de la régulière présence de Hook … Il espérait avoir ses chances avec elle !
-Ecoutez-moi très attentivement, Hook. J'aime Régina. De tout mon cœur et c'est loin d'être la conséquence d'un sort. Vous et moi avons été proches, nous avons eu une connexion. Mais jamais, au grand jamais, ça n'a été de l'amour !
Une vague de jalousie envahit soudain Hook. Il attrapa Emma par le poignet et la tira vers lui.
-Tu seras à moi, darling ! Je te prouverais que ta reine se joue de tes sentiments !
Avant qu'Emma n'ait pu réagir, il l'embrassa. Puis la repoussa violement loin de lui. Il se détourna instantanément, cherchant déjà un moyen de s'occuper de Régina. Derrière lui, Emma perdit l'équilibre en cherchant à le recouvrer. Une vicieuse plaque de verglas sembla apparaitre sous ses pieds tandis qu'elle jurait en s'essuyant la bouche du revers de la main. Dérapant, elle tomba à plat ventre, sa tête heurtant une pierre. La douleur l'aveugla un instant. Le froid la piquait de partout, ses vêtements trop légers étant maintenant trempés par la neige. Se repliant sur elle-même, Emma porta une main à son front. Et grimaça de douleur. La jeune femme tenta de se relever et fit quelques pas en s'appuyant sur des arbres. Elle sentait le sang couler le long de son visage. Congelée, affaiblie, Emma tomba une seconde fois. Une douleur différente lança dans son bras. Sans pouvoir en supporter plus, elle sombra dans l'inconscient, seule, au milieu de la forêt, tandis que la neige redoublait.
-Henry ? Où est Emma ?
-Ben… Elle est pas ici ?
-Non, elle devait te ramener…
Dans son manoir blanc, Régina tournait en rond. Emma n'avais pas reparu de toute la journée. Elle avait quitté la maison le matin avec Henry afin d'annoncer la nouvelle de sa romance à ses parents et depuis… Plus de nouvelles.
-Si ça se trouve, ils lui ont interdit de quitter ce petit appartement, gronda Régina, ses mains s'illuminant faiblement de magie.
-Bah dans ce cas, c'est pas de Mary Margaret que ça vient, fit Henry en prenant les mains de sa mère.
-Comment ça ?
-J'ai vu Mary Margaret dire à Emma qu'elle était très heureuse pour vous deux.
Régina se laissa tomber à genoux devant son fils adoptif.
-Tu en es sûr ? lui demanda-t-elle avec espoir en le prenant par les épaules.
Henry fit oui de la tête avec force.
-Mais alors, où es-tu, Emma ? murmura Régina en se relevant, marchant vers la fenêtre pour regarder la neige tomber.
Henry ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Voir sa mère adoptive si inquiète pour sa mère… Il aurait tant voulu voir cette inquiétude disparaitre…
-Je suis sûr qu'elle va bien, fit-il doucement en venant enlacer sa mère.
Régina se détourna de l'extérieur pour prendre Henry dans ses bras.
-Comme j'espère que tu as raison, Henry… murmura-t-elle en retenant ses larmes.
-Tu l'aime très fort, hein ?
Régina sourit faiblement.
-Tu te souviens de Daniel, dans ton livre de contes ?
Henry acquiesça, ne comprenant pas où sa mère voulait en venir.
-Et bien, comparé à ce que je ressens pour Emma, ce n'était qu'un simple flirt, une histoire passagère.
La bouche du petit garçon s'entrouvrit de surprise. Sa mère venait de lui dire que son autre mère comptait plus à ses yeux que son véritable amour. Le petit garçon resta encore longtemps dans les bras de Régina. Dehors, la nuit commençait à tomber. Au bout d'un moment, n'y tenant plus, la maire appela Mary Margaret. Celle-ci lui confirma les dire d'Henry. Mais semblait surprise lorsque la reine lui demanda si elle savait où était Emma. Elle lui expliqua qu'Emma était passée à l'école et avait quitté juste au début de la classe dans le but de se rendre chez David. Lequel était à présent absent de l'appartement. Après, elle n'en savait pas plus. Régina se sentit paniquer. Mary Margaret l'entendit dans la voix de son ancienne ennemie et lui proposa son aide. Elle promit également d'appeler toutes ses connaissances pour lancer des recherches. Les deux femmes se donnèrent rendez-vous à l'école, puisque c'était le dernier lieu où Emma avait été vue. Raccrochant, Régina ne pu s'empêcher de noter l'ironie de la situation : ils s'apprêtaient à partir à la recherche de la personne qui organise d'ordinaire ce genre de chose. Elle resta un moment à regarder dans le vide puis se tourna vers Henry.
-Henry, tu vas mettre ton pyjama. Tu restes ici, d'accord ?
-Hé, non ! Je veux venir !
-Henry, s'il te plait. Il est tard, tu es fatigué. Et il fait incroyablement froid, dehors.
-Je veux venir quand même.
Voyant que son fils ne lâcherait pas l'affaire, Régina décida de couper la pomme en deux.
-Ecoute, je préfère te savoir à la maison, en sécurité. Je m'inquiète déjà énormément pour un de mes amours, je ne veux pas avoir à m'inquiéter en plus pour l'autre.
Henry fit la moue. Il voulait partir à la recherche d'Emma, lui aussi. Régina soupira.
-Tu as le droit de rester éveillé jusqu'à ce que je rentre.
-Et je peux jouer sur mes jeux vidéo ? Ou regarder la tv ?
La reine sourit, soulagée.
-Tu fais ce que tu veux tant que tu ne mets pas la maison sans dessus dessous.
-Promis !
Henry vint dans les bras de sa mère.
-Tu reviens vite avec Emma, hein ?
-Oui, mon grand. Allez, file !
Régina le regarda courir jusque dans sa chambre sans même songer à le réprimander pour avoir couru dans les escaliers. Attrapant sa veste la plus chaude et ses chaussures fourrées, elle sortit dans la nuit glaciale. Elle se mit immédiatement en route pour l'école.
-Où es-tu, Emma ? demanda-t-elle en levant les yeux vers le ciel, qui continuait de neiger. Faites que tu ailles bien…
Tout le monde ou presque était au rendez-vous. Regroupé devant l'école, Mary Margaret leur résumait la situation. Bien entendu, elle avait révélé la nature de la relation entre sa fille et Régina. Ne serais ce que pour expliquer sa présence, lorsque la reine arriva. Rapidement, la troupe se répartit en petit groupe et ils se séparèrent afin de fouiller la ville. Jamais Régina ne s'était sentie soutenue à ce point. Remerciant Mary Margaret, elles partirent ensemble de leur côté à la recherche de la sauveuse.
Après de longues heures de recherche infructueuses, Régina et Mary Margaret étaient revenues à l'école, dans l'espoir qu'un autre groupe aurait eu plus de chance. Un par un, les petits groupes revirent à leur tour à l'école. Il était minuit passé, la température ne cessait de chuter et personne n'avait vu, aperçu, entendu parler d'Emma. L'inquiétude de Régina grandissait à chaque minute qui s'écoulait. Mary Margaret aurait bien été en peine de dire qui d'elle ou de la reine se faisait le plus de soucis pour Emma. La nuit semblait de plus en plus noire et la neige semblait sans cesse redoubler d'intensité.
-Je ne peux pas vous en demander plus, fit soudain Régina, lorsque le dernier groupe eu réapparu, les mains vide, lui aussi. Il fait de plus en plus froid, il est tard, rentrez chez vous. Vous avez déjà fait énormément rien qu'en venant à mon aide.
Les villageois se regardèrent puis dirigèrent leur regard sur elle, certain avec compassion, d'autre avec surprise. La méchante reine, la raison de leurs présences dans ce monde, était en train de les remercier. Autant dire une première !
-Non, lança Archie. Je reste !
-Moi aussi, dit Mary Margaret.
-Une louve n'est jamais une mauvaise chose dans ce genre de situation, fit Ruby.
L'un après l'autre, à quelques exceptions près, les présents assurèrent qu'ils n'iraient nulle part tant qu'Emma ne serait pas au chaud et en sécurité. Régina du retenir ses larmes en voyant tous ces gens près à lui venir en aide malgré tout ce qu'elle avait pu leur faire. Se séparant à nouveau, Mary Margaret, Régina, Ruby et Archie décidèrent de s'aventurer dans la forêt, personne ne semblant avoir eu l'idée de le faire avant. Sans qu'aucun membre du groupe ne le lui reproche, Ruby passa devant. Ses sens de louve garou étant les plus aiguisé, ça tombait sous le sens. Le nez en l'air, elle s'arrêta soudain.
-Du sang, souffla-t-elle. Il y a une odeur de sang dans l'air. Mais je ne sais pas à qui ou à quoi il est.
Régina sentit son cœur se serrer.
(Emma… Faite que ce ne soit pas elle… Faite qu'elle ne soit pas blessée…)
-Hey… fit Mary Margaret en remarquant le malaise de Régina. Ça peut être n'importe quoi…
La reine lui offrit un faible sourire mais son cœur n'en fut pas apaiser pour autant. Ruby reprit la marche sans cesser de reniflé à gauche et à droite, le petit groupe derrière elle. Elle s'arrêta une nouvelle fois, en grondant en direction du vide. Personne n'eut le temps de lui demander pourquoi, Hook apparu d'entre les arbres que fixait Ruby.
-Paix, dame louve !
Le groupe tout entier en sursauta.
-Hook !
L'interpelé les regarda, relevant un sourcil d'interrogation.
-Que faites-vous dans les bois ? demanda Ruby.
-Je cherche l'origine de toute cette agitation.
Personne ne crut à son explication mais Emma passait avant les intérêts du pirate.
-Quelqu'un a disparu et nous sommes à sa recherche.
-Oh… Et bien, votre majesté, répondit Hook, d'une voix sucrée, Bonne recherche…
Sans attendre quoi que ce soit, il disparut à nouveau dans la forêt. Ruby avait à nouveau le nez en l'air.
-Il y a quelque chose plus loin… Je vais y aller seule. Retournez à l'école. Je risque de vous perdre…
-Mais… protesta Régina.
Mary Margaret lui prit doucement le bras.
-Je crois que ça vaudra mieux. On sera mieux là-bas en cas de besoin.
Abandonnant sans même combattre, ce qui témoignait de l'état dans lequel elle se trouvait, Régina suivit Snow vers l'orée de la forêt. Ruby regarda le groupe s'éloigner dans le plus grand silence. Dès qu'ils eurent disparu de son champ de vision, elle s'enfonça en direction de l'odeur qu'elle avait repérée, avec une appréhension grandissante à mesure que l'odeur se faisait plus forte. Appréhension qu'elle sut plus que justifiée lorsqu'elle trouva le corps inanimé d'Emma, allongé dans la neige rougie par le sang de sa blessure. Sans une hésitation, Ruby prit la jeune femme dans ses bras et couru aussi vite et prudemment qu'elle put jusqu'à l'école.
-Je l'ai retrouvée ! J'ai retrouvé Emma !
Le cri de Ruby fit sursauter tout le monde et sortit Régina de la torpeur inquiète dans laquelle elle avait plongé à son retour de la forêt. Elle se leva d'un bon en voyant la jolie brune s'approcher en tenant dans ses bras un corps inerte dont les cheveux blonds ne laissait aucun doute sur l'identité.
-EMMA !
Régina fut au-devant de Ruby en quelques secondes. Quatre villageois tendirent une couverture entre eux afin d'y placer la jeune femme inconsciente et de soulager Ruby de sa charge. Mary Margaret attrapa son portable et s'empressa d'appeler Whale. En attendant l'arrivée de l'ambulance, tous furent d'avis d'amener Emma à l'intérieur du bâtiment. Lorsqu'elle y fut installée, Régina se laissa tomber à ses côtés. La jeune femme blonde était très pâle. Ses lèvres étaient devenues bleues de froid et une profonde coupure barrait son front. Avec une précaution infinie, Régina passa une main sur la peau glacée d'Emma. Puis, oublieuse des gens autour d'elle, elle se pencha vers la sauveuse afin de l'embrasser. Elle en profita pour passer une main sur la poitrine de la jeune femme, vérifiant les battements de son cœur. Elle le trouva un peu trop lent. Lorsqu'elle se redressa, Emma semblait moins pâle, ses lèvres moins bleues. En la voyant ainsi, inconsciente, fragile, vulnérable, Régina ne parvint pas à retenir ses larmes plus longtemps. Elle qui l'avait toujours vue, forte, combattante, presque dangereuse… La reine se laissa glisser allongée sur le corps d'Emma, comme pour la protéger, espérant lui transmettre sa chaleur. Sa vue se fit trouble tandis que coulaient les larmes. Elle n'entendit pas l'ambulance arriver et ce fut la main de Whale qui la fit se redresser.
-Madame Mills… Je ne saurais trop vous conseiller de rentrer chez vous afin de vous reposer, lui fit-il doucement une fois Emma installée sur la civière. Je vous appelle demain, première heure.
-Non… murmura Régina, absente. Je rentre chez moi pour aller chercher notre fils et je reviens à ses côtés.
Whale s'inclina devant le choix de la maire. Celle-ci serra doucement la main d'Emma dans la sienne et la laissa partir à regret, tentant de garder un contact le plus longtemps possible. L'ambulance partie, petit à petit, les gens rentrèrent chez eux, rassuré qu'Emma ait été retrouvée à défaut d'être saine et sauve. Mary Margaret fut la dernière à rester. Se dirigeant vers elle, Régina prit une profonde inspiration.
-Je ne sais pas comment te remercier, Snow… Tous ces gens… c'est pour t'aider à retrouver ta fille, qu'ils sont venus…
-Non, Régina, sourit doucement Mary Margaret en prenant les mains de la reine. Ils sont venus pour toi. Ils ne savaient pas que c'étaient pour chercher Emma. Seulement que tu avais besoin d'aide. Ils sont venus pour toi ! Tu sais, nous sommes nombreux à avoir remarqué ton changement.
Se tournant un instant vers l'extérieur, Mary Margaret regarda la neige tomber, des souvenirs remontant à la surface de sa mémoire. Puis elle se retourna à nouveau vers la reine.
-J'ai toujours su que tu pouvais redevenir celle qui m'a sauver la vie. Et je suis heureuse que ce soit pour ma fille. Maintenant vas ! Vas chercher Henry, vas la rejoindre. Je ne te demande que de me prévenir lorsqu'elle ira mieux.
Régina resta un instant silencieuse, appréciant les mots de Snow.
-Oui, bien sûr ! Même avant… Merci, Snow… De n'avoir jamais perdu espoir en moi.
Les deux anciennes ennemies s'enlacèrent un moment, redevenant une petite fille et sa sauveuse, les années de guerre oubliées, effacées. Puis Régina s'éloigna en direction de chez elle avec un dernier signe à Mary Margaret, le cœur plus léger et pourtant toujours serrer d'inquiétude.
-Henry ? Mon grand… Tu es là ?
En rentrant dans le manoir, Régina fut surprise par le silence qui y régnait. Elle eut soudain peur qu'Henry n'ait désobéit et ne soit parti. Mais elle le trouva endormi, roulé en boule dans le divan. Soupirant de soulagement, elle le secoua doucement pour le réveiller.
-Henry… Allez mon grand, debout !
Henry grommela dans son sommeil et se retourna sans se réveiller. Régina eu un sourire, le premier vrai sourire depuis qu'Emma avait disparu.
-Allez, fainéant, debout…
-M'man… râla le petit garçon en émergeant.
Doucement, il revint dans le présent, quittant le pays des rêves. Et fut soudain tout à fait éveillé.
-Maman ! Et Emma ? Elle est là ?
-Calme toi… lui répondit Régina en lui tendant des chaussures et son manteau. Enfile ça en vitesse.
Sans comprendre, Henry s'exécuta tandis que sa mère s'éloignait dans la cuisine. Dès qu'il fut près, il la rejoignit, se frottant les yeux encore embrumés de sommeil.
-Où on va ? Je dois pas m'habiller ? Où est Emma ? Tu l'as retrouvée ?
-Oui… répondit évasivement la reine en finissant le verre qu'elle venait de se servir.
-Maman… fit Henry d'un ton qui demandait des réponses.
-On l'a retrouvée dans la forêt… répondit Régina dans un soupir. Non, je ne sais pas ce qu'elle y faisait, lança-t-elle en levant une main pour stopper son fils avant qu'il ne l'interrompe. Elle était inconsciente. On l'a emmené à l'hôpital. Je suis venue te chercher pour qu'on aille là-bas au plus vite.
La nouvelle effraya Henry, plus qu'il n'oserait le dire. Sa mère était à l'hôpital…
-Alors, qu'est-ce qu'on attend ? On va jusque-là ? s'impatienta-t-il.
Régina eu un autre sourire. Elle prit son fils dans ses bras et le porta jusqu'à la voiture. Elle le laissa grimper à l'avant et s'assura qu'il avait bien mis sa ceinture avant de démarrer. Le trajet fut plus long que d'ordinaire en raison de la neige et de la fatigue de Régina. Henry ne tenait pas en place, gigotant sur son siège, se tordant les mains, les yeux grands ouverts. La reine songea qu'il avait bien de la chance de pouvoir exprimer son inquiétude aussi ouvertement. Lorsqu'ils arrivèrent à l'hôpital, elle se gara au plus près. Elle n'avait pas encore coupé le moteur qu'Henry était déjà hors de la voiture, s'élançant vers l'entrée. Coupant rapidement le contact, elle le rejoignit au plus vite, le grondant silencieusement pour sa dangereuse impatience. Puis elle lui prit la main, non pour le rassurer lui mais pour se rassurer elle et ils entrèrent ensemble. Whale vint immédiatement près d'eux dès qu'ils eurent franchi les portes. Il semblait les avoir attendus.
-Madame Mills…
Ne pouvant se résoudre à laisser sa voix trahir son inquiétude, Régina indiqua d'un signe de tête que le docteur pouvait exposer ce qu'il avait à dire.
-Nous avons pu la stabiliser. Elle a subi un sérieux choc à la tête, qui sera sans séquelle, et son bras gauche est cassé. Pour le reste, elle a surtout subit un choc thermique assez violent, ce qui est sans doute la raison de son inconscience prolongée. Ses fonctions vitales n'ont pas été atteintes, si ce n'est le rythme cardiaque, ralentit par le froid. Il est à présent revenu à la normal. En somme, nous ne pouvons rien faire de plus qu'attendre. Quand elle sera prête, elle reviendra.
Toujours incapable de parler, Régina le remercia d'un signe de tête. Le médecin le lui rendit et se retourna pour faire signe à une infirmière, qui s'approcha.
-Tu guide Madame Mills et son fils jusqu'à la chambre d'Emma Swan ?
-Tout de suite, docteur Whale. Veuillez me suivre.
La reine se plia sans un mot à ce que la jeune infirmière demandait. Henry sera un peu plus fort la main de sa mère.
-Maman ? chuchota-t-il. J'ai pas tout compris…
-Emma a eu très froid, lui répondit Régina après avoir cherché un instant comment lui expliquer les choses. Son corps à réagit à ça en se mettant en veille. Comme quand tu n'éteins pas vraiment la télévision. Tout continue de fonctionner, mais au ralentit.
Henry mima un Oh silencieux.
-C'est pour ça qu'elle est inconsciente ?
Régina acquiesça. Si elle parlait encore, elle allait à nouveau fondre en larmes. Henry le comprit car il n'ouvrit plus la bouche, se contentant de fixé résolument le sol en tenant très fort la main de sa mère. L'infirmière qui les guidait fini par s'arrêter. Elle ouvrit une porte et s'effaça. Henry n'en demanda pas plus et se précipita à l'intérieur.
-Si vous avez besoin de quoi que ce soit, madame maire, nous sommes à votre disposition.
-Merci… répondit distraitement Régina en faisant un pas.
Mais son esprit, et son regard, étaient entièrement absorbé par la vision d'Emma, allongée sur le lit blanc.
La jeune femme avait repris des couleurs et ses lèvres avaient retrouvé leur rose-rouge habituel. Un grand pansement blanc masquait la coupure de son front. A genoux sur le fauteuil, Henry lui tenait la main, son regard cherchant la moindre trace de conscience. Régina eu tôt fait de le rejoindre, fermant la porte une fois qu'elle fut à l'intérieur. La reine s'assit directement sur le lit et, sous le regard charmé et ravis, bien qu'inquiet, de son fils, elle se pencha sur son amour et l'embrassa avec tendresse, y laissant s'exprimer son inquiétude.
- Reviens-moi vite, mon amour…
Elle eut un regard pour Henry et changea sa phrase.
-Reviens-nous vite…
Se fichant pas mal de savoir si elle pouvait ou non, Régina se glissa sous les couvertures, tout contre Emma, veillant à ne pas toucher son bras blessé. Elle regarda Henry se rouler en boule dans le fauteuil, dans une autre couverture trouvée dans l'armoire. Songeant une fois de plus à quel point elle détestait voir Emma aussi fragile et vulnérable, Régina glissa son visage dans le cou de la sauveuse. Vaincue par la fatigue et l'inquiétude, elle finit par s'endormir, rassurée par la respiration régulière de son amante. Oui, Emma signifiait mille fois plus que Daniel… Et si jamais elle trouvait la ou les raisons qui l'avaient poussée à partir dans la forêt avec si peu sur elle, elle ne donnait pas cher de leurs peaux !
