Coucou tout le monde!

Tout d'abord... Désolé de cet énorme retard! C'est impardonnable et vraiment pas cool de vous faire attendre comme ça, j'ai aucune excuse, mis à part que j'ai franchement beaucoup moins d'inspiration quand j'ai cours, et que c'est vraiment dur d'écrire. Je me suis vraiment retrouvé devant ma page blanche sans savoir quoi écrire, et sans aucune motivation, ce qui m'a mis un sacré coup au moral ^^'... Mais finalement, j'y suis parvenu! Et j'espère que vous ne serez pas déçu du résultat!

Et oui c'est bien moi de retour avec le chapitre 14! J'ai tout simplement changé de pseudo, en fait. Parce qu'Emo.16 est mon tout premier. Que j'ai choisi à 10 ans pour même autre chose que , et qu'il commençais sérieusement à se faire vieux. Et j'ai trouvé celui-ci hier en quelques secondes dans un éclair d'imagination bien étrange. Donc maintenant me revoilà renommée en: HippiqueAndYDeaLD.

Et si quelqu'un s'interroge sur la signification... Ne vous focalisez pas tellement sur les mots, essayez de lire juste d'une autre manière. Ca a une signification plutôt spéciale... (Indice: DROOOGUUUE)

Je tiens vraiment encore à remercier toutes celles qui follow, mettent en fav' et bien évidemment review! Vous êtes juste parfaites. C'est énorme, merci à vous. Tant de reviews, ça me touche énormément. De voir que mon histoire plaît... Je pensais pas autant quoi. Alors merci!

lea89: J'aime ta répliqué "génial!" :3 Contente en tout cas de voir que ton personnage préféré a été honoré, ça me soulage! Oui... Je leur ai pas fait des anciennes vies cools, et c'était le but. Mais si tu apprécies, tout est OK! ;) Oui, enfin ensemble... ^^ Enfin un couple! Après treize chapitres, quand même. Mais il fallait bien, ils sont si cute ensemble *w* Alors pour ça, je ne peux pas te répondre... Je ne fais aucun spoil. Comme je l'ai déjà dit, tout est possible. Je connais déjà évidemment la fin de mon histoire, et il y'a une possibilité de death fic, comme tout le monde peut être en vie. Il peut y'avoir une happy end, une bad end, tout le monde meurt, tout le monde est heureux... Vous verrez en temps et en heure ^^ Merci beaucoup de tous ces compliments, j'espère que cette suite te plaira autant!

zowiaki: Merci beaucoup ^^ Contente que ça te plaise! Surtout la psychologie, c'est ce que j'essaye au maximum de travailler et ce qui me plaît le plus, ça me touche beaucoup quand on rebondit sur ça ;) Oui, et ça en va pas aller en s'arrangeant, je préfère prévenir, ce sera vraiment une fic noire. Ca… tu verras. Je peux faire une Happy end total, ou une bad end, ou mixer un peu pour ne faire ni totalement noir ni totalement blanc. Vous verrez bien :p ...O_O Alors ça je m'y attendais pas! T'es contente que Marion soit enceinte? T'es bien la première xD Ça fout plutôt la merde entre Mathieu et Antoine, mais bon, je dis ça je dis rien hein :p Très gros Sdm ! T_T x) Bonne lecture pour ce chapitre!

(2eme review): Bon, ta review m'a autant fait rire que culpabiliser. (Ca m'a fait penser à une vidéo du Palmashow xD) Mais me revoilà! Je suis encore vraiment désolé pour l'attente, tout ce que je peux trouver comme excuse, c'est le manque d'inspiration à cause des cours, et le fait que je me soisbeaucoup consacré au dessin, passion que j'avais quelque peu laissée de côté ces derniers temps...

JustePhi: Je te réponds ici vu que je ne peux pas par Mp ^^ Tout d'abord merci de ta review, elle me fait super plaisir! Je suis trop fière que tu apprécies mon histoire malgré que tu n'aimes pas ni le Matoine ni les couples entre personnalités ^^ Merci de tous ces compliments, la suite est arrivée un peu en retard, je m'en excuse, mais j'espère qu'elle te plaira!

Je répète que les informations sur les prochains chapitres sont sur mon profil tout en bas dans la petite rubrique "News", et que je réponds à toutes les reviews de celles qui ne possèdent pas de compte dans l'avant texte avant le chapitre :) Et pour ceux qui se posent la question, car ça fait quelque fois, non, cette fiction n'est pas encore terminée. Au début, je pensais faire 17 ou 18chapitres, mais cela à changé. Vu l'allure que ça prend... Il y'aura sûrement aux alentours de 25 chapitres. Peut-être plus, peut-être moins, tout n'est pas prévu à la lettre, je ne peux donc pas dire exactement.

Et les nouveaux What The Cut et SLG étaient cool! *_*

Les personnages ne m'appartiennent pas, sauf mon OC, Marion.

Maintenant, bonne lecture!

Chapitre 14: Tourbillon.

L'eau.

Il baignait dans l'eau.

Une eau douce. A température parfaite. Il s'y sentait si bien.

Les remous des mini vaguelettes semblaient presque le masser. Le pousser à rester dans cette douceur le plus longtemps possible.

Étrangement, il ne sut dire ou était situé son corps et son esprit.

Il n'y avait ni air, ni brise, ni son. Mis à part celui du silence.

Mathieu n'aimait pas le terrifiant calme du silence. Mais ce silence-là n'était pas comme les autres.

Son esprit n'était plus esprit. Il n'était qu'une grosse boule de coton allongé dans un nuage.

Ses cinq sens n'étaient plus. Il ne possédait plus ni goût, ni odorat, ni toucher, ni vue, ni ouïe. Car jamais cela ne lui aurait été si inutile.

Il restait l'esprit.

Son subconscient reposait hors de tout, et à l'intérieur de chaque chose. Il était le verre à moitié vide et à moitié plein. L'oiseau qui en volant, plie complètement à gauche, puis doucement à droite.

Il était l'eau, la terre, le feu et l'air.

L'envie de rester là pour toujours devenait maîtresse sur tout autre.


Personne n'avait exactement compris ce qu'il se passait ces derniers mois.

A part que chacun eu l'impression qu'un gros marteau s'était abattu sur leur maison, les broyant tous en même temps, dans un geste commun qu'est celui de la fatalité.

Personne n'en était épargné, mais personne ne pouvait rien y faire.

Affalé sur le canapé, le Hippie tira une latte sur son joint, fraîchement préparé.

Sur l'ordi bancalement posé sur le rebord, une chanson passait et repassait en boucle. Le Prof était passé plusieurs fois, lui demandant de baisser le son de cette voix qu'il jugeait agressive. Mais contrairement à d'habitude, il n'en avait rien à faire.

"Prison de ciment, derrière les œillères, le combat est si long pour un peu de lumière,

les familles se déchirent et les pères se font rares, les enfants ne rient plus, se bâtissent des remparts.

Les mères prennent sur elle, un jeune sur trois en taule, toute cette merde est réelle donc on se battra encore,

c'est la malatrippa qui nous bouffe les tripes, une bouteille de vodka, quelques grammes de weed."

Il ferma les yeux. La fumée chaude de la marijuana emplissait ses poumons, son esprit, son corps entier.

Cette chanson...

"Certains ne reviennent pas, le sevrage est violent, subutex injecté dans une flaque de sang,

des enfants qui se battent, un coup de couteau en trop, ce n'est plus à la baraque, que les mômes rentrent tôt."

C'était lui. Tout ce qu'il représentait.

"Le sevrage est violent, subutex injecté dans une flaque de sang"

Pensif quelques secondes, il observa de près son pétard. Noir et vert. Noir et vert... Et marron.

"Les plus durs craquent vite, c'est la loi du roseau."

Craquer? Lui?

Un sourire triste prit place sur ses lèvres.

Cela faisait bien longtemps qu'il avait craqué. Dans ces instants-là, ou le monde ne comptait plus. Ou tout semblait en pause. Mélancolie, calme, questionnement sans question, doutes.

Le seul son qui se faisait entendre était celui de sa chanson.

Ce matin, il avait vu Mathieu. Hier, son créateur s'était écroulé, écrasé par le poids de trop de responsabilité. Responsabilité que personne ne pourrait lui enlever. Le camé était assez lucide pour se rendre compte de ça. Rapidement, il se demanda comment il allait. Peut-être aurait-il du allé le voir ce matin...

Il passa une main fatiguée sur son visage, tournant des yeux paresseux vers le cadran tout en haut du mur.

Quelle heure était-il?

Un rire nerveux lui échappa. Quelle importance? De toute façon, les journées étaient toutes les mêmes. La drogue, l'émission, la fatigue, les autres, Capsule et...

Un drôle de poids lui tomba sur le cœur. A travers la fumée dansant devant ses yeux, il pourrait presque apercevoir une paire de lunettes noires le fixer.

Il tira rapidement une autre taffe, comme ordonnant à la marijuana; "Allez, fais-moi oublier! Allez!"

Mais son herbe ne lui faisait plus grand effet face au pervers de la maison.

Le criminel parvenait même à l'atteindre derrière son rideau de fumée, et à travers ses rétines devenues spirales à cause de tous ses champignons.

Comme d'habitude, il parvenait à s'infiltrer partout. Dans la moindre parcelle du mur mental qu'il s'était forgé. Personne ne pouvait rester indifférent face au Patron.

Ouais, toutes les journées étaient les mêmes...

Il se sentit bien seul, soudainement.

Gosse perdu, trop solitaire dans ce grand salon auparavant si chaleureux, mais aujourd'hui simple pièce commune ou s'entassait la poussière et les mauvaises ondes, auxquels il était très sensible.

Bien malheureux depuis ce soir-là. Le soir de la fête, ou dans son van, l'impensable avait failli être commis. Ce soir qui aurait pu tout changer, si seulement ils n'avaient pas été si lâches.

Depuis, ils se contentaient d'observer. De végéter sur le canapé, dans l'attende d'un geste. D'un mouvement, de la part de l'autre. De la part d'un peu tout le monde également, mais surtout de Lui.

Il y'avait de beaux moments. Des moments d'égarements et de simplicité qui l'apaisait et lui réchauffaient le cœur. Comme lorsqu'il avait discuté avec le Geek. Rien n'était plus beau que de transmettre.

Et il espérait lui transmettre plus. Plus de ce qu'il pensait de ce monde, de sa beauté et de tout l'amour présent, malgré tout ce qui l'entachait.

Son petit frère avait tout compris, mais encore tant de choses à apprendre.

Le Geek était son seul soutient, en ce moment. Son seul pilier, sur qui il pouvait se reposer et souffler un coup.

Tandis que lui lui offrait sa main pour le relever, le gamer lui offrait son épaule pour s'appuyer.

La Fille aussi, était là. Toujours discrète mais toujours présente. Et la seule à lui sourire lorsque le ciel devenait un peu trop noir.

C'était déjà suffisant, un sourire.

Mais il n'y avait qu'eux. Qu'est-ce qu'il aurait voulu parler à quelqu'un qui ne risquait pas de s'écrouler avec lui! Qui le comprenait, qui partagerait sa peine, mais qui ne souffrirait pas de la même manière. C'était peut-être égoïste, peut-être pas. Mais pour la première fois dans sa dure vie, il avait envie de penser un peu à lui.

Non, personne...

Il fixa son joint. Noir et Vert. Et Marron.

Marron...

La couleur l'intrigua. Marron. Qu'est ce qui était marron? Le tabac. Normal. Un joint, c'était marron. Pourquoi la couleur l'obsédait autant?

L'idée s'accrochait. Qu'est ce qui était marron?...

Des yeux. Des yeux marron. Et un chapeau.

A moitié en train de s'endormir, il sursauta, presque comiquement, les yeux écarquillés.

Le Hippie! L'autre Hippie!

Comment avait-il pu oublier son ami? La seule personnalité de Kriss avec qui il s'entendait parfaitement bien? Il y'avait aussi le Vegan, mais même avec leurs "C'est naturel man/gros!" celui-ci ne voyait pas toujours d'un bon œil leur extraordinaire consommation de cannabis.

Lui pourrait l'écouter. Il l'avait bien fait, le soir de la fête. De ce qu'il s'en souvenait, il l'avait simplement enlacé, tout en pudeur, lui apportant sa compassion silencieuse.

C'est ce qu'il lui fallait. Le Hippie. Il avait besoin de parler à son pote.

Il éteignit la musique, et lentement, il s'empara du fixe posé sur la table, cherchant le numéro de Kriss dans le répertoire. Lorsqu'il le trouva, avec difficulté, il pressa le bouton pour appeler.

Étrangement, lorsque les long bip stridents de la sonnerie se firent entendre, il se mit à angoisser légèrement, et s'empara du paquet de feuilles slim pour s'occuper les mains.

Qu'allait-il lui dire? Au téléphone comme ça, sans prévenir? Peut-être que l'autre n'avait pas envie de l'écouter se plaindre et se confesser? Après tout, ils ne communiquaient pas tellement rationnellement entre eux. Ils se contentaient d'être heureux de la présence de l'autre, et d'appréciercet instant avec une personne qui comprenait l'autre mieux que quiconque. Peut-être que leur "Loi du silence", ne devrait pas être bafouée?

Mais c'était trop tard, chez son ami, quelqu'un avait décroché.

"_Allô?"

Il reprit contenance, se racla la gorge, et releva le combine près de ses lèvres.

"_Allô gros, c'est le Hippie.

_Oh, le Hippie! Comment ça va?"

Kriss. Il le reconnut sans grand mal.

"_Ça va gros, je pourrais parler au Hippie?"

Même de là, il put sentir sa légère surprise. Lui aussi devait savoir que les mots n'étaient pas le fort de leur amitié.

"_Bien sûr, je vais te le chercher tout de suite, bouge pas."

Il attendit quelques secondes, entendant à l'autre bout du fil le téléphone se poser et les pas du présentateur de Minute Papillon s'éloigner. Un court laps de temps plus tard, une autre voix, plus familière, plus réconfortante, se fit entendre.

"_Allô man?

_Allô gros.

_Man..."

Ou d'habitude il aurait répondu son surnom habituel, il se contenta cette fois çi d'un silence un peu gêné, ce qui mit la puce à l'oreille de l'autre.

"_Rien de grave man?

_Non non, je voulais... Te parler.

_Oh... Me parler de quoi man?"

C'est vrai ça, lui parler de quoi? Comment lui déballer tout ça d'emblée?

Mais... L'autre devrait comprendre, lui qui l'avait vu dans bien pire état. Et l'aider, peut-être. Pour l'instant, il avait l'air assez lucide pour ça.

Il lâcha un petit rire mal assuré.

"_Rien de précis Gros. Je me rends compte que je sais pas trop quoi te dire maintenant que je t'ai au téléphone. Je voulais juste... Parler à quelqu'un."

Il y'eu un silence à l'autre bout du fil. Et il entendit le bruit d'une chaise raclant le sol, sans doute signe que l'autre s'asseyait.

"_Tu veux parler de quoi Man?"

Peut-être le savait-il déjà, mais il voulait l'entendre de sa bouche à lui. Après tout, son pote partageant son style de vie était le seul avec qui il pouvait réellement parler, hormis quelques exceptions. Et ça lui faisait plaisir, d'être interrompu dans son ennui pour qu'on lui confie sesproblèmes.

"Y'a un mauvais karma en ce moment chez moi, Gros...

_Comment ça man?

_Y'a un truc qui rôde dans la maison de pas saint. Des mauvaises énergies, et ça affecte tout le monde. Je sais pas d'où ça vient... De l'état de Mathieu j'crois.

_Il va pas bien?

_Non gros... Il est tombé dans les pommes hier. Il a roulé à demi-conscient jusqu'à la maison...

_C'est mauvais ça man..."

Le Hippie de Minute papillon faillit rajouter qu'il n'y avait pas si longtemps, Kriss avait eu un accident de voiture après quelques joints de trop, mais il se ravisa au dernier moment. Ce n'était sûrement pas ce que le châtain voulait entendre.

Mais qu'est-ce que le châtain voulait entendre?

"_J'ai peur qu'il disparaisse gros...

_Ecoute Man, tu sais ce qu'a dit Bob Marley un jour? Tout fini toujours par s'arranger, et les meilleurs laisseront pas la vie les bouffer. Mathieu est peace man, ça va aller...

_Lui ou un autre..."

Un silence plana. Ni l'un ni l'autre n'avait l'habitude de parler ainsi, de se livrer l'un à l'autre. Leurs propos étaient toujours directs et compréhensibles, se chercher, c'était pas leur truc. Mais aujourd'hui, le Hippie au bob tibétain en avait décidé autrement.

"_Qu'est-ce tu veux dire man?

_Rien, laisse tomber. J'en ai trop pris gros.

_C'est naturel man.

_Ouais gros."

Sa langue vint lécher le collant de la feuille à rouler qu'il tenait depuis tout à l'heure, et roula son joint d'une main. Marron. Vert.

"_C'est dommage que j'ai pas les yeux verts gros.

_Hein?

_J'aurais aimé avoir les yeux verts.

_... Moi j'aurais aimé avoir les yeux bleus man."

Le double de Mathieu laissa échapper un rire franc. C'était bien connu, on voulait toujours ce que l'on ne possédait pas, et l'on ne prenait jamais le temps d'apprécier ce que l'on avait déjà.

"_Pourquoi les yeux bleus?

_Je sais pas Man. C'est beau le bleu."

A travers le téléphone et les centaines de kilomètres qui les séparaient, il pourrait presque sentir le sourire de son ami à l'autre bout du fil.

"_Ça fait penser à l'océan. Et aux saphirs. C'est beau, un saphir...

_Je préfère l'émeraude gros. Mais j'aime bien les saphirs aussi.

_C'est compliqué de choisir entre l'herbe et le ciel man.

_C'est sûr. Lâcha le châtain dans un rire."

Il s'empara du briquet, allumant le pétard. Il se rendit compte qu'il n'avait pas forcément envie de remettre la musique, malgré le silence. Parler à son pote suffisait presque.

"_J'ai l'impression d'être dans une cage."

Une cage aux barreaux de métal. Indestructible.

"_J'ai l'impression d'être sous la terre et très haut dans les airs. Là ou je peux pas respirer. J'ai l'impression que quoi que je fasse, je finirais par étouffer, que je remonte ou que je redescende."

Une cage sous la Terre, une cage dans les nuages. Sans oxygène.

"_Mais t'es le premier à qui je peux parler sans avoir envie de me défoncer jusqu'à en crever gros..."

Il ne se douta pas un seul instant des émotions et de l'éboulement mental qu'il provoqua chez l'autre, et ne s'en douta jamais. Tout ce qu'il entendit, ce fut la lourde réponse du silence. Puis une voix éraillée qui lui répondit doucement.

"_T'es sûr que tu veux pas venir à la maison quelques temps? Kriss t'accueillerait sans problème.

_C'est cool Gros, mais je peux pas partir d'ici. Il faut que je reste, sinon, tout s'écroule. Je peux pas partir."

Après tout, sans clé, comment sortir d'une cage?

"_Tu es sûr que si tu t'en vas, c'est pas toi qui t'écroules man?"

La réponse le surprit, peut-être autant que le ton complètement inexpressif.

"_Peut-être gros. Mais on est une famille, je peux pas les abandonner."

Même lui se trouve presque ridicule de prononcer ces mots.

"_Comme tu veux man, je comprends. Mais fait attention.

_De quoi gros? Je suis hors d'attaque des chenilles-loutres.

_Pas de ça Man... De..."

Il sembla chercher dans sa mémoire le nom d'un homme, sans succès. Le plus simplement du monde, il lui balança:

"_Du gars tout en noir qu'habite avec toi."

Le Hippie de SLG faillit s'étouffer avec la fumée de son bédo, et du s'y reprendre à deux fois avant de pouvoir parler.

"_Pourquoi tu me parles de lui gros?

_Tu sais pourquoi Man. Je suis pas défoncé h24..."

Il marqua une pause.

"_En fait si, mais à des degrés différents. Et je peux remarquer des trucs moi aussi.

_Pourquoi tu m'as pas dit avant que tu savais?

_J'en ai pas eu l'occasion, puis ça aurait rien changé. Mais il a un mauvais karma Man."

Le plus petit soupira. Il ne voulait pas parler de lui. Ni maintenant, ni jamais, avec personne. Et étrangement, encore moins avec son alter égo hippie.

"_Si t'as pas envie d'en parler man, c'est pas grave. Puis je dois y aller, j'ai rendez-vous avec mes fournisseurs man.

_D'accord Gros, à la prochaine.

_Et au fait, man...

_Ouais gros?

_Il est jamais trop tard pour espérer... Peace man."

Sur ces mots, il entendit le son singulier et strident, qui lui fit bien vite reculer le combiné de l'oreille.

Il avait encore envie de se rouler un joint.


Mathieu fit dérouler son fil d'actualité avec ennui. Rien de nouveau sur la toile, rien de nouveau pour son prochain SLG, rien de nouveau dans sa vie. Même internet devenait morne et banal en ce moment.

Il soupira. Sa journée avait été foutue en l'air par un appel d'Antoine le matin même. Mais ne pas y penser. Ne pas y penser, et ne pas s'énerver.

Derrière lui, toute la petite famille Sommet était réunie.

Et le Patron était là.

Il remercia silencieusement le ciel qu'aucunes disputes n'aient encore éclatées, fait rare ces temps-ci. Surtout en présence du criminel.

Mais il avait sans doute oublié que les nuages n'étaient jamais bien loin.

Le Panda ne cessait de jeter des regards vers le Geek, occupé à jouer à son jeu vidéo. A ses côtés, une deuxième manette dans les mains, le Démon tentait pour la énième fois de le battre, sans grand succès.

Le Prof et la Fille discutaient à voix basse au fond de la pièce, plus proches que d'habitude. Plus calmes, plus fatigués, plus usés, mais plus proches.

Le Hippie comatait sur le fauteuil, les yeux dans les vagues. Et le pervers en noir griffonnait sur un carnet ce qu'il semblait être des adresses et des numéros de téléphone.

Le présentateur de Salut les Geeks ne sut pas juger le silence de cette soirée. Ni gênant, ni pesant, ni tendu... Peut-être ce qui se rapprochait le plus de l'agréable. Et ça lui faisait du bien, de pouvoir profiter de ce moment de paix.

Dans son dos, deux regards furent discrètement échangés, entendus et un peu anxieux.

_J'ai quelque chose à vous dire.

Ils interrompirent tous leurs activités, sauf le criminel. Mais ils savaient que bien qu'il continuait à écrire, il avait tendu l'oreille et était attentif à ce qu'il se passait.

_En fait... On a quelque chose à vous dire.

Le Panda tourna la tête vers le Geek, qui, avec un petit sourire timide, vint le rejoindre, sous le regard doux et complice du Démon.

_Il s'est passé... Beaucoup de choses en très peu de temps. On s'est rendu compte de choses, on a... Réfléchi. Et voilà...

L'ursidé enlaça la main du petit gamer avec un regard confiant.

_On est ensemble.

Il y'eu un nouveau silence. Mais cette fois, Mathieu pu parfaitement le définir.

Le Panda et le Geek étaient ensemble. Le Panda et le Geek.

D'un même mouvement, tous, même les deux principaux concernés, tournèrent la tête vers le Patron.

Celui-ci n'avait pas bougé.

Il continuait d'écrire, avec le même rythme, sans que quoique ce soit n'ai changé. Comme si il n'avait pas entendu.

Ils attendirent quelques secondes, mais le pédophile ne réagissait toujours pas.

Alors Mathieu s'autorisa à sourire.

Le Panda et le Geek.

Tous deux enlacés, ils avaient l'air... Reposés. Et heureux.

Après tout... Ça ne l'étonnait pas vraiment, au fond.

Il se leva, vint se poster devant ses deux doubles, et les enlaça avec force. Dans l'oreille, il leur souffla de façon à ce qu'eux seuls puissent l'entendre:

_Félicitation les mecs, je suis fière de vous.

Et c'était vrai. Il était fier. Maintenant qu'il ne pensait plus au Patron, maintenant qu'il voyait devant lui ses frères, ensemble et heureux, il était fier. Fier de voir que cette maison pouvait encore abriter un peu d'amour.

L'ursidé hocha la tête avec un sourire reconnaissant, tandis que les yeux du Geek se remplirent de larmes.

_C'est vrai? Tu nous en veux pas?

_Pourquoi je vous en voudrais? Vous êtes ensemble, et vous êtes bien. C'est tout ce qui compte.

_Pour de vrai...?

_Pour de vrai. Lui affirma-t-il avec un clin d'œil.

Le gamer rit joyeusement, son qui n'avait que trop manqué à son créateur, qui en quelques secondes, retrouva le sourire lui aussi. Derrière eux, la Fille s'exclama;

_Faut fêter ça! Pizza et champagne ce soir!

_Champagne? Tu crois pas que des bières suffiront? Demanda l'ursidé.

_Non, champagne! Le deuxième couple de la maison, ça s'inaugure au moins avec ça! Pas vrai Hippie?

La blonde se tourna vers la plante verte du salon, toujours affalé sur la fauteuil. Le pacifiste n'avait rien dit, mais les regardait avec un sourire calme et doux, heureux de voir ses frères si bien l'un avec l'autre.

_Bah ouais grosse, faut fêter ça! Peace!

_Tu vois?

Sur ces mots, elle se précipita vers le mini-bar, ou elle sortit toutes les bouteilles d'alcool. Le Panda et le amer échangèrent un regard amusé, avant de se diriger à leur tour dans la cuisine, attrapant le Hippie au passage.

Personne ne fit attention au criminel resté seul, rendus trop heureux par la nouvelle.

Il ne bougeait pas. Il se contentait d'écrire. De recopier des dizaines et des dizaines de numéros, de villes et d'adresses quelconques dont lui seul connaissait le sens. Et sans que rien ni personne ne puisse sembler le perturber.

De là, il entendait les cris et les rires venus de la salle à manger, ainsi que le bruit caractéristique d'un bouchon d'une bouteille de champagne qui saute, La Fille hurler et Mathieu rire.

Il s'empara du téléphone, papier à la main. Mais par une fausse manipulation, le Geek avait changé la configuration du téléphone, et en se rendant dans ce qu'il croyait être le répertoire, tomba sur le journal d'appel.

"Kriss. 15h06."

Kriss. 15h06.

Mathieu n'avait pas quitté sa chambre de l'après-midi.

Et il n'y avait que deux personnes dans cette maison à appeler chez l'autre schizophrène.

Délaissant ses numéros et ses papiers, son regard de glace se posa sur le camé des Sommet.


Il n'y avait pas grand-chose venant de la part d'Antoine qui ne faisait pas plaisir à Marion.

Ses petits déjeuners royaux apportés au lit, son humour vif et enjôleur, ses rires francs et assurés, son romantisme, sa capacité à toujours tout tourner au ridicule, sa franchise et sa douceur.

Mais il y'avait deux choses qu'elle ne supportait pas chez lui.

Son don légendaire pour se voiler la face, et son meilleur ami.

Rien au monde n'étaient plus détestable que ces deux-là. Et elle songea qu'un jour, c'était peut-être ce qui allait finir par les briser.

Depuis que le brun était rentré de sa dernière visite chez Sommet, il avait changé. Dans ses gestes, dans ses mots, dans son attitude. Dans sa façon de la regarder, et dans l'attention qu'il lui portait. Il semblait gêné, mal à l'aise, distant. Il passait sans temps à gamberger. Il y'a quelques

jours, elle l'avait surpris à rester pendant une heure devant le miroir de la salle de bain. Sans bouger, sans remuer un cil. Simplement à s'observer.

Et ce n'était pas le moment pour qu'Antoine se mette à changer de la sorte. Ca n'avait jamais vraiment été le moment, mais surtout, surtout pas maintenant.

Elle soupira lorsque pour la énième fois, elle entendit Antoine pester. Celui-ci se dirigea vers elle, les cheveux encore plus fous que d'habitude.

_T'as pas vu ma deuxième chaussure?

_Sous le lit.

_...Merci.

Pourquoi avait-il fallu qu'il insiste tant? Pourquoi? Alors que ni elle, ni Mathieu, n'en avait envie.

Il avait fallu qu'ils aillent dîner chez lui. Il avait fallu qu'Antoine appelle, usant de toute sa persuasion, sans que le châtain n'ai vraiment le choix de refuser. Et les voilà à se préparer.

La simple pensée d'être à sa table lui donnait la nausée.

Malheureusement, Antoine ne semblait ni s'en rendre compte, ni vouloir y faire vraiment attention.

_C'est bon, je suis prêt! On y va?

Elle se leva sans un mot, presque comme une condamnée à mort. Elle se regarda brièvement en passant devant le miroir, et se dit que jamais elle n'avait autant haït ses yeux.

Le trajet se passa en silence. Silence qu'Antoine tentait de briser de temps en temps, mais sans succès. Marion, le visage tourné contre la vitre, les yeux dans les vagues, caressait son ventre d'une main pensive.

Presque 4 mois. Même pas 4 mois.

Et elle était enceinte.

Elle se mordit profondément la langue.

Qu'elle avait été stupide. Qu'elle avait été idiote. Qu'elle avait été idiote!

Tomber enceinte! Alors qu'elle avait 21 ans, alors qu'elle voulait devenir chirurgienne, alors qu'elle était avec son homme depuis 4 mois!

Elle avait été stupide. Trop imprudente. Trop confiante. Elle ne prenait pas la pilule, pensant que les protections basiques lors du rapport suffiraient. Mais le préservatif avait été défaillant, et la voilà enceinte. A 21 ans.

Elle ne savait ni comment le dire à Antoine, ni quand, ni ou. Il fallait bien. Son droit de savoir était total. Il était le père, elle en était sûre. Son enfant ne provenait pas d'un de ses clients, mais de lui.

Elle ferma les yeux à cette pensée. Et son autre métier! Comment allait-elle faire, avec un môme dans le tiroir?! Les clients ne voudraient pas d'elle, et elle ne prendrait pas le risque de tomber sur un homme violent qui risquerait de la blesser, elle et son enfant.

Il n'y avait qu'une seule solution, en parler à Antoine. Lui expliquer qu'elle avait un frère à moitié mort, trouver une excuse plausible pour expliquer la source des dépenses qu'elle avait réussi à sortir, ce qu'elle ne pouvait plus faire à présent. Et peut-être accepterait-il de lui fournir l'argent pour maintenant son frangin en vie.

C'était la seule solution. L'unique. Et il fallait qu'elle lui parle, vite. Elle lui jeta un coup d'œil. Concentré sur la route, il ne faisait pas attention à elle.

Antoine était son homme. Elle l'aimait. Cela ne faisait que 5 mois qu'elle le connaissait, mais elle l'aimait.

Jamais la situation n'avait été plus compliqué, mais au moins, elle était fière de l'aimer lui.

Lorsqu'ils arrivèrent chez Mathieu, toquer à la porte, autant pour Antoine que pour Marion, fut plus compliqué que prévu. Et s'ils n'avaient pas été tous les deux, l'un et l'autre aurait hésité encore de longues minutes.

Ce fut le Panda qui leur ouvrit, les accueillant avec un sourire chaleureux.

_Hey mec, ça fait longtemps!

_Trop longtemps Pandabear, comment tu vas?

_Trèèèès bien! J'vois que t'as ramené ta copine.

_Je te présente Marion. Panda, Marion, Marion, le Panda.

_Oh mais je le connais. Et je t'adore. Lui lança-t-elle avec un clin d'œil.

Si son créateur lui était détestable, son double ursidé lui semblait bien plus aimable et chaleureux. Et c'est ce qui lui manquait ces derniers temps.

Ils arrivèrent au salon, ou les présentations furent rapidement faîtes. Avec un certain soulagement, la blonde se rendit compte que tous les autres Sommet étaient adorables, et qu'ils l'avaient très bien accueilli. Elle devina que Mathieu ne leur avait jamais parlé d'elle, et tant mieux, car elle préférait éviter de se mettre toute la famille à dos.

Son soupir de soulagement passa inaperçu lorsqu'elle se rendit compte que le Patron était absent. Bien qu'elle ai plus ou moins l'habitude de ce genre de personnage, cet homme lui faisait froid dans le dos.

_Bah alors il est pas là Mat'? Demanda Antoine en se servant une bière.

_A l'étage. Il finit un truc et il descend.

_MAT'! BOUGE TON CUL!

_J'ARRIVE!

Des pas foulant rapidement l'escalier se firent entendre, et une tête châtain surmontée d'un chapeau apparut dans la pièce.

_Ça va mec?

_Ça va et toi?

_Bien.

Le brun ne rajouta aucuns commentaires. Ni sur ce qu'il s'était dit la dernière fois, ni sur ce qu'il s'était passé. Et Mathieu le remercia silencieusement. Il ignorait s'il en avait parlé à Marion, et à la limite, ne voulait même pas le savoir. Mais il ne voulait pas que son ami en parle.

Il se tourna vers Marion, le plus lentement possible, et posa son regard sur elle, comme évaluant un champ hautement miné.

_Marion.

_Mathieu...

Ils se firent poliment la bise, volcan de glace à l'extérieur comme à l'intérieur, aussi impassible que deux blocs de pierre. Et si personne ne sembla rien remarqué d'anormal, seul un regard bleu océan tiqua en voyant la scène.

Ils passèrent à table, et Marion, assise à droite de la Fille, pût redécouvrir la joie de parler à une personne de sexe féminin. Ce qu'elle n'avait pas eu grand temps de faire ces derniers temps, à part deux ou trois copines qu'elle voyait rapidement, et elle devait admettre que la présence de l'autre blonde n'était pas aussi désagréable qu'elle se l'était imaginée.

_Tu veux un peu de vin?

Elle lui tendit son verre, avant de réaliser soudainement, et de le retirer un peu trop violemment.

_Désolé, je bois pas d'alcool.

_Bien sûr que tu bois de l'alcool. Intervint Antoine.

_Je n'en bois plus. C'est mauvais pour la peau.

_C'est vrai?

_Tu veux dire que tu bois plus d'alcool parce que c'est mauvais pour la peau? Rit Antoine.

Elle lui fit le sourire le plus angélique qu'elle avait en stock, désireuse de ne pas s'attarder plus sur ce sujet glissant. Mais heureusement, personne ne fit de remarques, et la conversation pu reprendre.

Assis en bout de table, le Hippie, mangeant doucement son tofu, fixait Marion avec le plus d'attention possible derrière ses lunettes mauves.

Discrètement, il se pencha vers Mathieu, assit à sa gauche. Le châtain, en face d'Antoine, avait les yeux baissés sur son assiette, et la mâchoire tendue.

_Elle a un mauvais karma Gros.

Celui-ci releva des yeux surpris vers lui, avant qu'un rictus amusé ne prenne place sur ses lèvres.

_Qu'est-ce que tu racontes?

_Marianne. Elle a un mauvais karma.

_Marion.

_Si tu veux gros.

_Pourquoi tu dis ça mec?

_Elle dégage des mauvaises ondes...

Mathieu stoppa de justesse un rire mauvais. Alors comme ça, le Hippie avait vraiment un sixième sens pour sentir les gens? Incluant les fous, les pervers et les prostitués? C'était bon à savoir.

_Tu l'aimes pas? Continua de chuchoter le camé.

_...Non. T'as raison, elle a un mauvais karma.

_T'as la foi en toi Gros! T'es en osmose avec dame fortune loin de Babylone! Jambon de bayonne!

Le camé continua de soupirer des paroles sans queue-ni-tête pendant quelques minutes, alternant entre tofu et observation.

Quelque chose n'allait pas. Entre Marion et son créateur. Quelque chose n'allait pas.

Une ambiance malsaine, une agressivité mutuelle que se partageait les deux M. Rien de chaleureux ne se dégageait lorsqu'ils se regardaient ou lorsqu'ils échangeaient quelques rares mots. La superficialité de leur relation était bien construite, mais sous la glace, le Hippie était le seul à percevoir les quatre yeux métalliques qui se jugeaient et s'affrontaient.

Il se sentait presque agressé par de haine. Ironique, alors qu'il vivait avec le Patron, mais bien vrai.

Un autre regard chargé de colère s'échangèrent entre eux.

.

Lorsque le repas fut fini, Mathieu raccompagna le couple jusqu'à la porte. Souriant faiblement à Antoine et faisant la bise à Marion, il attendit que leur voiture disparaisse de l'allée, avant de s'écrouler contre la porte en soupirant tout l'ennui de l'après-midi.

Et dans la tête du Hippie des Sommet, les petits rouages qui lui servaient à réfléchir le plus normalement du monde se mirent en marche difficilement.


Le soir, après le départ des deux amants, la maison était restée calme. Mathieu geekait, le Hippie n'avait pas voulu rentrer, dans son van avec Capsule de Bière, et les deux couples étaient dans leur chambre. Dehors, le vent s'était levé. Les bourrasques projetaient de devenir de plus en plus violentes au cours de la nuit, et la lune et les étoiles, recouvertes par les nuages, n'éclairaient plus personne de leur lueur.

Tranquillement allongés sur le lit, le Panda et le Geek, les mains entrelacées, profitaient du doux silence et de la chaleur de l'autre. De temps en temps, l'ursidé passait une main dans les cheveux du plus jeune, qui avait enlevé sa casquette. Et le gamer répondait par de timides baisers sur l'épaule.

Ils étaient en couple depuis quelques jours. Leur relation était toute nouvelle, et ils ne voulaient pas la brusquer. Ils apprenaient à se découvrir, à partager de nouveaux moments, plus proches et plus intimes. Chaque baisers avaient un goût de sucrerie et de renouveau, pouvant presque être apparenté à de l'espoir. L'espoir d'une vie meilleure basée sur la confiance et l'amour.

Ils prenaient leur temps. Rien ni personne, même pas le Patron, ne les en empêchaient. Et pour la première fois, ils se sentaient libres de faire leurs propres choix.

Mais comme partout, comme dans chaque couples et chaque situation, il y'avait une ombre au tableau.

L'ursidé n'était pas stupide. Il connaissait bien le Geek, peut-être mieux que n'importe qui dans cette maison, et savait que ses connaissances dans le domaine de l'amour était plutôt limitées. Il ne voulait ni le brusquer, ni lui faire peur, et le respectait pleinement... Mais étant un homme mentalement plus âgé, et plus expérimenté... Les envies étaient là.

Pour l'instant, il arrivait à se contrôler. A troquer l'excitation de plus en plus présente chaque jours contre la douceur des caresses et des baisers, mais le temps passait, et depuis longtemps. La retenue était présente en lui depuis le jour où il avait posé les yeux sur le gamer. Depuis ce jour où il s'imaginait le prendre sauvagement sur une table, avec passion, en lui hurlant tout son amour. Son côté animal reprenait le dessus dès qu'il le regardait, lui et la perfection de son être. Et l'attente... L'attente devenait de plus en plus dure, tandis que le brasier de son ventre ne s'éteignait pas.

Le serrer dans ses bras en se limitant au strict minimum était un supplice, et il avait peur de ne pas réussir à se contrôler bien longtemps. Et même si le Gamer n'en était pas au même point au niveau de ses sentiments, il se demandait de plus en plus si le plus jeune y avait déjà réfléchi.

Une de ses pattes caressait le surdoué de l'informatique de haut en bas du dos, une autre de ses mains dans les cheveux, et les yeux rivés sur le plafond.

Discrètement, il les tourna vers le visage de porcelaine enfoui dans les poils de sa fourrure. Après tout... Cela ne coûtait rien de faire une tentative.

Très délicatement, il remonta sa main jusqu'à la nuque de l'autre, traçant de petits ronds dans son cou, caressant du pouce une ou deux mèches de cheveux.

Le Geek soupire de contentement en se blottissant un peu plus contre lui, et le chanteur se sentait déjà devenir plus étroit dans son kigurumi.

Continuant, il se baissa doucement pour venir embrasser légèrement le haut de sa tête, alors que son autre main caressait sa joue. Sans un mot, il se redressa, gardant sa main dans la nuque de l'autre, avant de se placer lentement au-dessus du gamer. Alors qu'il allait cueillir ses lèvres, il sentit le gamer le repousser de ses maigres forces.

_Mickaël, arrête...

Le Panda s'arrêta directement, et fixa celui qui avait failli devenir son amant avec inquiétude.

_Qu'est-ce qu'il y'a mon cœur?

_J'ai pas envie, pas tout de suite... C'est... Trop rapide.

Le chanteur du se faire violence pour contenir les ardeurs qui l'assaillaient, mais les deux grands yeux bleus qui le regardaient avec crainte lui coupa tout envie de continuer. Si le Geek n'était pas prêt, il ne tenterait rien. Rien tant qu'il n'était pas sûr que le plus jeune soit sûr de lui, et ai suffisamment confiance en leur couple.

Il se pencha, frôlant son nez à l'autre, et lui sourit doucement.

_T'en fais pas. J'attendrais aussi longtemps qu'il le faudra. Je ne te forcerai à rien. Jamais. Je te le promets.

L'autre hocha la tête. Le gamer avait rarement été aussi touché par de simples mots. Mais le Panda lui avait promis.

Peut-être que pour une fois, il avait envie de croire à une promesse.

_Je sais que tu feras rien. Mais j'ai trop peur..

La petite voix geignarde du Geek fit l'effet d'un coup de couteau en plein cœur à l'ursidé.

_Pourquoi? Souffla-t-il.

Le gamer ne répondit rien. Il se contenta de baisser les yeux, évitant le regard de son grand frère.

_Je sais pas.

Ses yeux mentaient. Ses pupilles reflets de démolition avaient trop de fois fait péter les plombs le Panda pour qu'il arrive à passer à côté.

_C'est le Patron hein?

L'autre déglutit, et ses yeux se remplirent de larmes. Mettre des mots sur les tempêtes n'était jamais bon pour ce caractère instable qu'était celui du Geek.

Un silence pesant était désormais maître. Tandis que l'un maudissait, l'autre pleurait et que le vent dehors se déchaînait. Après quelques secondes, le plus vieux entoura le benjamin des Sommet. Ses bras puissants offrant une barrière protectrice contre tous.

Silencieusement, ils s'endormirent ainsi, bercés par les battements de leur cœur à l'unisson, unis comme une seule musique.


Elle court. Elle court, mais ses pieds ne touchent pas le sol. La sensation est étrange, mais elle continue de courir. Comme si elle a l'habitude. Ce n'est pas vraiment elle, ce n'est plus vraiment elle.

Mais le vide se rapproche de plus en plus.

Elle se réveilla en sursaut.

De la lumière. Il fallait de la lumière.

Les mains tremblantes, en sueur et un cri retenu de justesse au bord des lèvres, la Fille essaya avec difficulté de reprendre sa respiration. Les

larmes aux yeux, le cœur battant la chamade et le corps parcouru de soubresauts de panique, l'air était difficile à trouver.

A sa gauche, il y eu du mouvement. Et la lampe de chevet du lit s'alluma, laissant vaguement apparaître dans son champ de vision le Prof, sans lunettes, les cheveux défaits, qui la regardait avec inquiétude.

_Rachel... Qu'est-ce qui se passe bon sang?

Là ou d'habitude, elle lui aurait crié dessus, la blonde se contenta de tourner la tête vers son amant, incapable de prononcer le moindre mot.

Le cœur du scientifique rata un battement en voyant l'état dans lequel était sa compagne. Elle semblait terrorisée. Et au bord du craquage.

_... Viens-là… Qu'est-ce qui se passe?

Pendant de longues minutes, la jeune fille ne répondit pas. La tête blottit dans son cou, encore tremblante et les mains agrippées à son dos, la crise passait, doucement.

_Tu as fait un cauchemar?

La blonde hocha lentement la tête, frissonnant. Et le Prof du retenir un juron. La Fille dormait déjà mal en ce moment, avec toute la tension accumulée, et elle n'avait pas besoin de voir des cauchemars se rajouter à sa liste de problèmes. Surtout pas des cauchemars qui la plongeait dans cet état-là.

_De quoi as-tu rêvé? Racontes-moi. Continua-t-il de murmurer.

Le vide. Le vide se rapproche. De plus en plus. Il est là, tout proche. Et elle continue de courir.

Soudain elle s'arrête. Elle aurait dû ne rien pouvoir faire contre l'élan prit, et tomber dans le précipice. Mais il n'en est rien, elle bloque sur ses deux jambes aussi solidement que si elle était engluée dans le béton.

Ce n'est qu'à ce moment qu'elle remarque qu'elle est au bord d'une falaise.

Lorsqu'elle prit la parole, sa voix était cassée, brisée, rauque. Comme après avoir couru en marathon en pleurant toutes les larmes de son corps.

_Je courais. Je courais, et j'arrivais pas à m'arrêter. Je me souviens plus ou. Et pendant que je courais... Je savais que j'allais tomber sur du vide. Mais je pouvais pas m'arrêter. Et soudain, j'ai pilé. Et je me suis retrouvé devant une falaise. La terre était rouge, et en dessous, il n'y avait rien. Que du vide. Que du noir.

La terre est rouge. Les cailloux sont rouges. Chaque grain de sables et chaque petites pierres. Sauf le ciel. Il n'y'a pas de ciel. Il n'y'a que le vide.

Elle regarde en bas. Là-bas non plus, il n'y a rien. Il n'y a rien ici non plus. Et il n'y a rien dans le ciel, puisqu'il n'y en a plus.

Elle regarde en bas. Et elle se sent s'envoler.

Lorsqu'elle racontait, la main du génie lui caressait doucement ses courts cheveux blonds. Son amant ne cessait de lui murmurer à l'oreille, de la serrer contre son torse et de réfléchir en même temps à ce qu'elle était en train de lui dire. De trouver une signification à son rêve, si il y'en avait une, et de l'aider. Et malgré les hoquets et les sanglots, la Fille parvenait à livrer un récit plus ou moins compréhensible.

Le ciel a réapparut. Elle ne sait pas pourquoi, elle ne sait pas comment, mais il est réapparu. Ça en revanche, elle en est sûr, puisqu'elle le parcourt de tout son espace.

Elle est un oiseau. Qui n'a ni cœur ni raison de voler, mais qui étire ses ailes avec délice. Et la conscience qui sait qui rêve l'aide à profiter de ce moment si unique.

Mais soudain, une ombre apparaît au loin. Menaçante et gigantesque. Elle ne la reconnaît pas, mais elle semble la reconnaître, puisqu'elle lui fonce droit dessus.

Et il y'a la douleur. Une telle douleur si atroce, qui lui fait perdre connaissance.

L'oiseau retombe dans le néant, en même temps qu'elle se réveille.

_J'ai perdu une aile. La droite. Une ombre me l'a arraché. Et ensuite, je suis retombé dans l'eau. J'ai dégringolée entre les deux parois de la falaise, elles étaient devenues plus étroites. Et je suis tombé dans l'eau.

Elle ne pleurait plus. Il n'y avait plus que des traces de larmes séchées sur ses joues, que le Prof se ferait une joie d'embrasser plus tard.

_Comme l'autre jour?

_De quoi?

_L'autre jour, tu m'as dit que tu avais fait un rêve ou tu étais dans l'eau. Mais ou tu t'y sentais bien. Tu crois que ça a un rapport?

_Je pense pas que si je serais tombé vraiment dans l'eau après cette chute et une aile arrachée, je serais bien. Du moins pas aussi bien que je l'étais dans ce rêve.

Le scientifique hocha légèrement la tête, perdu dans ses pensées, quand un coup de tonnerre le fit revenir sur Terre.

_Peu importe pour le moment, on réfléchira sur tout ça demain. Pour l'instant, essaye de te rendormir.

La Fille acquiesça, déglutissant, la peur au ventre de refaire un autre cauchemar.

Mais les bras du Prof la serrait fort lorsqu'il se cala contre son dos, et qu'il rabattu les couvertures sur eux. Sans penser ni au passé ni au lendemain, elle s'endormit ainsi, tandis que dehors, le tourbillon laissait place à la tempête.


... Honnêtement, je ne pensais ne jamais finir ce chapitre... J'ai GALERE! Mais je l'ai fait! J'espère que ça vous a plu! Je suis actuellement très fatiguée, alors je poste et je vais me coucher ;)

Je suis encore une fois désolé de l'énorme retard que j'ai pris. Avec les cours, j'ai vraiment du mal a écrire. La preuve est que je n'écris pas pendant deux semaines à cause du collège, et dès que je rate quelques jours Hop! L'inspiration revient... Puis je me suis énormément consacré au dessin, qui est ma deuxième passion après l'écriture, et que j'avais un peu abandonné au profit de la première.

Je ne peux pas promettre que ça ne se reproduira pas, surtout qu'après les vacances, je dois faire mon rapport de stage, j'ai le premier brevet blanc en janvier et tout un tas de boulot. Donc, je ne sais pas du tout quand sortira le prochain chapitre... Mais je vais quand même essayer d'écrire, promis!

A la prochaine, et donnez-moi vos avis, les reviews sont fait pour ça! C'est le plus beau cadeau que puisse recevoir un auteur, et ça demande pas longtemps !

Peace And Love. 'HippiqueAndYDeaLD