Chapitre 13
Les jours s'écoulaient, tous les mêmes, vides, dénués de sens, d'intérêt. Eveillée avant le soleil, comme souvent, ces derniers temps, Emma regardait par la fenêtre. Dans la pénombre de l'aurore, elle distinguait sans trop de peine le manoir qui, un peu près deux semaines au part avant, était encore son chez elle. Deux semaines... Et ça lui semblait être une éternité. Chaque jour avait été une nouvelle torture. Regina lui manquait. Plus que ça... Elle avait besoin de savoir que sa reine allait bien ! Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait juste pas prendre de risque. Mécaniquement, Emma se leva et s'habilla. Puis elle descendit avaler en vitesse un café avant de disparaitre pour son bureau, sous le regard inquiet de sa mère. Devant le poste de sheriff, Ruby attendait de pied ferme l'arrivée d'Emma. La pleine lune approchait à grand pas et les deux jeunes femmes avaient convenu que ce serait le meilleur moment pour traquer ceux qui s'en était pris à Regina.
-Bonjour Emma ! Pile à l'heure, comme toujours ! lança Ruby, incapable de rester silencieuse.
-Bonjour Ruby... répondit distraitement Emma.
Ruby soupira discrètement. Emma était si distante, depuis qu'elle avait quitté la reine. On ne la voyait plus sourire. Elle envoyait toujours la louve s'occuper des petite problèmes, restant enfermée du matin jusqu'à la nuit tombée à faire des recherches sur les trois agresseurs. Lorsqu'on lui posait la question, elle allait très bien. Mais selon Mary Margaret, Emma essayait juste de combler son manque en se plongeant corps et âme dans la recherche de ceux qui l'avait en quelques sorte forcée à partir de chez Regina. Car bien sur, toute la ville savait dès le lendemain que la reine avait tenté de tuer leur sheriff. Et que les deux femmes s'étaient séparées. Une sonnerie de téléphone retentit dans le bureau, tandis qu'Emma s'installait devant les dossiers désormais familiers. Voyant que la blonde jeune femme n'avait pas l'intention de décrocher, Ruby s'en chargea.
-Poste du sheriff, que puis-je faire pour vous ?
-Hum... comment dire... J'ai vu une annonce qui disait de signaler la moindre activité suspecte et... hum... de rapporter la vue d'inconnu...
-Oui, madame, en effet. Que pouvez-vous dire ?
-J'ai vu deux hommes s'enfoncer dans la forêt. Ils ne sont pas de la ville, j'en suis certaine.
-Bien, madame. Sauriez-vous les décrire ?
-Ils étaient loin... mais l'un d'eux était petit et l'autre très grand.
-Merci madame, ça nous sera d'une grande aide.
Raccrochant, la louve vint déposer ses notes par dessus les dossiers qu'Emma lisait.
-Regarde ce que tu fais, Ruby... lui fit remarquer sans conviction la sauveuse.
-La forêt, Emma. Ils sont dans la forêt.
-La forêt est grande. On ne peut rien faire avant la pleine lune pour ça.
-Tu vas voir la vie en noir jusque quand, là ? s'énerva soudain Ruby.
-Jusqu'à ce que je sois certaine que Gina soit en sécurité... murmura Emma.
Grondant, la louve préféra sortir chercher de quoi manger. Emma ne se ressemblait plus. Plus du tout. Il fallait qu'elle trouve les coupables en vitesse, qu'elle puisse retourner avec sa Gina. Et qu'elle retrouve sa joie de vivre. Passant la porte en grommelant contre le monde entier, Ruby ne remarqua pas l'ombre qui se faufila à l'intérieur dès qu'elle fut un peu plus loin.
Hook s'était levé bien avant le soleil. Sa patience était usée. Il était temps qu'il passe à son tour à l'action. Il avait préférer attendre encore un peu, que le sort se dissipe totalement. Mais rien ne se passait. Alors, comme pour le Home Office, comme pour beaucoup de chose, il allait forcer le destin. Il s'était placé en embuscade, près à profiter d'un moment ou sa blonde Emma serait seule. Il l'avait fait pendant deux jours déjà, mais aucune opportunité ne s'était présentée. En revanche, ce matin là, la dame louve semblait partir de fort mauvaise humeur, ce qui présageait qu'elle mettrait du temps à revenir. Il en profita pour se glisser à l'intérieur. Il trouva sa douce Emma perdue dans ses dossiers. Perdue, c'était le terme. Comme si le sort de la reine, une fois rompu, avait emporté toutes formes de sentiments et d'expressions. Le pirate sentit son cœur se serrer. Cette reine était vraiment monstrueuse. Parce qu'elle ne pouvait plus avoir Emma, personne d'autre ne l'aurait ? Repoussant cette possibilité, il s'approcha de la jeune femme.
-Bonjour, Emma...
La sauveuse se redressa instantanément. Et dévisagea le pirate avec intensité.
-Qu'est ce que tu veux, Hook ? Je n'ai pas le temps pour tes sottises...
-Emma... Je...
Ne sachant pas comment apaiser la jeune femme, il eu soudain une idée.
-J'ai appris ce qui était arrivé, l'hiver dernier... Et c'est entièrement de ma faute. J'en suis... plus que navré.
Emma fixa le pirate d'un air entendu. Mais il disait la vérité. Il en était sincèrement désoler. Son regard s'adoucis un peu et elle posa un instant ses dossiers.
-Merci, Hook. Mais si ça ne te dérange pas, j'ai vraiment beaucoup de travail.
-Emma, il faut que tu arrête au moins un instant. Trop travailler là dessus... c'est mauvais pour toi...
-Depuis quand ça t'inquiète ? Il t'aura quand même fallu 3 mois pour apprendre ce qui m'était arrivé.
Ne sachant que répondre, le pirate s'intéressa à ce qu'Emma faisait. Et tressaillit légèrement en reconnaissant les trois membres du Home Office qu'il avait lui même fait entrer dans la ville. Remarquant son regard, Emma l'interpréta de travers.
-Fait attention à celle là... Les trois, mais surtout elle. C'est une sorcière presqu'aussi puissante que Regina.
-Et... ce sont eux que tu recherche ?
-Oui...
-Emma... Arrête ça ! C'est trop dangereux ! Ça pourrait mal tourner...
La sauveuse dévisagea le pirate. Avant de se lever très lentement.
-Est ce là une menace ? Un aveu ? Ou simplement une inquiétude des plus mal placée ?
-Quoi ?
-Ces trois personnes ont fait du mal à la femme que j'aime ! Il est hors de question que je les laisse filer ! Alors je veux seulement savoir si ce soudain besoin de me protéger vient d'une menace, d'un aveu ou d'une inquiétude dont je n'ai pas besoin !
Hook regarda Emma avec un désespoir à peine visible. Le sort de la reine faisait son office à merveille. Faisant croire à la sauveuse qu'elle avait le cœur briser. Lui faisant croire qu'elle devait protéger celle qui allait tout lui prendre. Voyant qu'il ne pourrait toujours rien faire, à sa grande déception, le pirate choisi de partir sans répondre à la question. Il marcha en direction de la forêt, pour signaler à ces trois faux scientifiques que la blonde était sur leur piste et semblait proche du but. Cela fait, il rentra chez Katrine. L'ancienne épouse de David cuisinait en chantonnant. Pour le jeu, mais aussi pour s'assurer qu'il n'avait rien perdu, Hook entreprit de la séduire. S'il ne pouvait vraiment pas avoir Emma, au moins il aurait celle là !
Theo apparu en courant, faisant sursauter Meg. La sorcière avait passé les jours les plus doux de son existence, entendant sans cesse les cris et les suppliques de la reine déchue. Les images défilaient une fois de plus dans son esprit lorsqu'on son idiot de chien de garde, comme disait John, la surprit.
-Qu'est ce que tu veux ? demanda-t-elle sèchement, guère ravie d'avoir été dérangée.
-Emma... La fille qu'on devait chasser de chez la reine...
-Quoi, elle est retournée là bas ?
-Non... Elle nous cherche. Et ne va pas tarder à nous trouver.
-Comment sais-tu ça ? lança John en passant la tête hors de sa tente.
-Hook vient de m'avertir !
Les deux hommes se dévisagèrent avant de se tourner vers Meg. Déjà, la vile sorcière concevait un plan. Tant qu'à faire souffrir Regina, autant continué à s'amuser.
-Les garçons, vous allez sagement travailler main dans la main pour transformer le sous sol de l'usine désaffectée qu'on a croisé en salle de torture. Je veux que notre Regina préférée assiste à la souffrance de sa chérie ! Et puis comme ça, la blonde réfléchira à deux fois avant de venir mettre son nez dans nos affaires !
Theo et John se regardèrent en chien de faïence, pas du tout heureux à l'idée de devoir travailler ensemble. Mais le sourire de Meg était tellement cruel et vicieux qu'ils surent que ça en vaudrait la peine. Aussi disparurent-ils afin de mettre tout en place.
Dès qu'elle était rentrée, sans prendre la peine de manger, Emma était allée se mettre au lit. Et comme tout les soirs, sous le regard impuissant de Mary Margaret, elle avait pleuré jusqu'à s'endormir d'épuisement. N'y tenant plus, l'institutrice appela son mari. Lequel, par un curieux hasard, se rendait justement chez sa femme. Dès qu'ils furent assis autour d'une boisson fraiche, l'été arrivant lentement mais surement, David se jeta à l'eau.
-Qu'est ce qui ce passe, Snow... ? Enfin... pour que tu veuilles de moi ici alors qu'elle est là...
-David... Emma va très mal. Très, très mal. Ça va faire deux semaines qu'elle se contente d'un café le matin et d'un sandwich à midi. Heureusement que Ruby la force sinon, elle n'aurait que le café. Elle passe ses journées à travailler, n'a plus une seconde pour son fils ou pour personne. Et encore maintenant, elle s'endort d'épuisement après avoir pleurer toutes les larmes que son corps arrive encore à verser.
-En bref, elle déprime.
-David... Ouvre les yeux, s'il te plait. Je sais que ça ne te plait pas. Mais regarde là... Elle a le cœur brisé. Elle ne tiendra pas si elle ne retourne pas en vitesse avec Regina.
David voulu répliquer. Mais rien qu'en regardant le visage endormi de sa fille, il pouvait voir à quel point elle était mal. Il avait déjà vécu cela. Et il savait que sa femme aussi. Lorsqu'ils pensaient qu'ils ne pourraient jamais être ensemble. Que Snow avait du mentir pour les protéger tout les deux. Il ne pouvait plus se mentir à lui même. Il avait beau haïr Regina, elle rendait Emma heureuse. Elle était sa raison d'être. Et il n'avait pas le droit d'agir comme le roi George avec lui. Il n'avait pas le droit de la priver de son amour parce que ça ne lui plaisait pas de la voir avec une femme. Soupirant doucement, David se tourna vers sa femme.
-Bon... Très bien. Demain, j'irais la trouver pour lui dire que je suis un idiot, que j'ai agis comme celui qui se prétendait mon père et que ma vision du monde ne devrait pas interférer avec son bonheur.
-Oh, David !
Tout sourire, Snow embrassa son mari. Ils allaient redevenir une famille. Enfin !
Un nouveau matin, un de plus. Emma avait à nouveau tout fait comme un automate bien réglé. Arrivée à son bureau, elle s'était immédiatement plongée dans ses dossiers, ne remarquant même pas l'absence de Ruby. Plusieurs heures s'écoulèrent dans le silence le plus complet lorsque le téléphone vint perturber la jeune femme. Décrochant parce que personne d'autre n'était la pour le faire, Emma fut parfaitement de retour dans le présent lorsque la voix s'éleva.
-Bonjour Emma... On ne se connait pas bien, je crois. Mais on s'est déjà croisée plusieurs fois. Alors, tu aimes toujours la vrai Regina ? Pas celle qu'elle prétend être pour toi, non, la vrai, celle qui t'a pris ton cœur...
-Megara...
-Ah ? On t'a parlé de moi. Bien ! Ça nous évitera de perdre du temps en sottise...
-Qu'est ce que tu as fait à ma Gina... ?
-Moi ? Oh, trois fois rien. Je l'ai juste forcée à se révéler sous sa véritable apparence. Mais je n'ai pas envie de parler d'elle. Enfin, Tu ne devrais pas trop te soucier d'elle en ce moment... Parce que j'ai avec moi un petit garçon adorable qui supplie que ses mamans viennent le chercher.
-Quoi ? Non...
-Et si, ma chérie. J'ai envie de m'amuser...
-Pourquoi... Me le dire ?
-Pour voir si tu sauras le sauver à temps... Tu as 20 minutes pour venir jusqu'à l'ancienne usine. Passé ce délai, je commencerais à jouer.
La sorcière raccrocha. Laissant le téléphone tel quel, Emma se leva d'un bon et sortit de son bureau en courant. Elle laissa une note rapide sur la porte indiquant ou elle était. Sautant dans sa voiture, elle conduisit sans prendre la peine de vérifier l'information que lui avait donnée la sorcière. En 20 minutes, elle n'aurait pas le temps de se rendre à l'école, vérifier qu'Henry était toujours là et si non, repartir vers le port. C'était un délai bien trop court. En arrivant sur le port, la jeune femme remarqua sans y faire attention le manque du bateau de Hook. Mais elle avait d'autre préoccupation que de savoir ou était le pirate. Abandonnant sa voiture jaune tel qu'elle tomba devant l'usine désaffectée, elle entra, son arme au point.
-Henry ?
Le silence et l'écho de son appel lui répondirent. Avançant prudemment, elle gardait les yeux ouverts, prête à faire usage de son arme, mais attentive à ne pas tirer sur son fils.
-Henry ?
A nouveau, seul l'écho lui répondit. Descendant au sous sol, Emma poursuivit ses recherches, de plus en plus inquiète à mesure que s'égrainait les minutes.
-C'est bon, Megara, je suis là ! Rends-moi mon fils !
La sorcière se matérialisa dans son dos.
-Mais il n'a jamais été ici, Emma... Il me fallait juste une raison qui te fasse accourir ici au plus vite.
Se retournant, Emma tira sans prendre la peine de viser. Megara disparu dans un nuage de fumée rouge, avant de réapparaitre très près de la sauveuse. D'un claquement de doigt, Emma fut désarmée. Deux mains la saisirent avec force. Elle chercha à se débattre mais plus par principe. Elle n'avait aucune chance de se libérer et elle le savait. Poussée avec force dans une pièce sombre, Emma vit dans la pénombre des choses luire. Des choses qui firent se tordre son ventre de peur. Elle était tombée droit dans un piège...
- Attache-la correctement ! ordonna la sorcière.
Megara quitta la pièce, laissant John avec la sauveuse.
-Qu'est ce qu'on fait, maintenant ? questionna aussitôt Theo en rejoignant son amie.
-Maintenant, on attend que sa majesté la reine déchue vole à son secours !
-Emma ? Emma, c'est David... Ton... Enfin...
Entrant avec prudence dans le bureau du sheriff, David se signalait depuis qu'il avait franchit la porte. Persuadé de trouver sa fille à l'intérieur, il n'avait pas envie d'avoir la mauvaise surprise qu'elle pointe son arme de service sur lui.
-Emma ? Tu es là ? Ecoute, je suis venu m'excuser. Montre-toi, s'il te plait !
Mais le prince du se rendre à l'évidence. Sa fille n'était pas au bureau. Pourtant, d'après Mary Margaret, Emma passait ses journées ici... Ça n'avait pas de sens. Entrant dans la pièce réservée au sheriff, David tomba sur les dossiers qu'avaient constitués Emma sur les trois intrus. Trois intrus qu'il connaissait bien. Surpris, il le fut encore plus lorsqu'il remarqua que le téléphone n'avait pas été raccroché. Comme si Emma était partie de toute urgence, sans prendre la peine de remettre de l'ordre. Ce n'était pas bon. Vraiment pas. Après avoir remis un semblant d'ordre et raccrocher le combiné, David s'apprêta à sortir lorsqu'un bruit léger attira son attention. Le suivant, il tomba sur le portable d'Emma, sur le sol, tournant lentement sur lui même au rythme du vibreur. Ce n'était vraiment pas bon. Ramassant l'appareil, David quitta le bureau en courant, se dirigeant immédiatement chez sa femme. Bien sur, il n'y avait personne. Un jour d'école, songea-t-il. Il attendrait 4 heures pour appeler sa femme et lui confier sa peur. Espérant que son intuition lui mentait, David se servit un verre de rhum. Ce maudis pirate l'avait rendu accro. Songeant qu'il avait probablement fait une grave erreur en s'associant avec ce dernier, David se laissa aller à se demander comment les choses auraient tourné si il avait accepté l'amour d'Emma pour la reine.
Sortant de la classe pour la dernière récréation, Henry avait la tête ailleurs. Sa mère adoptive lui manquait, malgré le fait qu'elle l'ait giflé. Et Emma semblait tellement mal, loin d'elle. Il ne savait pas trop quoi faire, perdu entre l'envie de retourner avec sa mère et celle de rester en sécurité avec Emma. Allant s'asseoir seul, comme il le faisait avant que la malédiction ne soit rompue, le petit garçon fixa longuement le vide, espérant qu'un signe lui montre le chemin à prendre. Mais rien ne se produisit et la cloche n'allait pas tarder à le rappeler en classe. Baissant les yeux, déçus, Henry découvrit un petit papier plaquer contre sa chaussure. L'attrapant, il reconnu aussitôt l'écriture d'Emma. Le mot disait qu'elle serait à l'ancienne usine pour un temps indéterminé. En arrivant au bureau de sa fille, David avait, de loin, vu un papier s'envoler mais n'avait pas cherché à savoir de quoi il s'agissait. Un coup de vent un peu fort avait en effet emporté le message d'Emma, le menant droit jusqu'à son fils. Henry se redressa d'un bon et couru jusqu'à Mary Margaret, qui était au téléphone.
-Et tu dis qu'elle n'était pas là ? David, elle ne quitte jamais le bureau avant la tombée de la nuit...
Il y eu un temps de silence, sans doute la réponse de David.
-Même pas son portable ? Je n'aime pas ça, David...
Henry en avait assez entendu. Pas besoin de montrer le mot à Snow, elle ne pourrait rien faire. Sans réfléchir, le petit garçon quitta l'école et s'élança vers le manoir, serrant de toutes ses forces dans sa main le morceau de papier.
-Maman ! Maman !
Il appela avant même d'avoir atteint la porte. Regina ouvrit aussitôt pour le prendre dans ses bras. Henry se laissa faire, heureux de retrouver sa mère mais se dégagea rapidement. Il tendit le mot à sa mère comme justification de se recul.
-Maman... Je crois qu'Emma a des ennuis !
Une semaine ? Deux ? Un mois ? Plus encore ? Regina ne savait plus. Elle avait cessé de compter. Depuis la seconde où Emma avait passé la porte du manoir, Regina avait cessé de compter les jours, les heures... Plus rien n'avait d'importance. De plus en plus souvent, son ancienne elle apparaissait dans les miroirs, se moquant de son désespoir. Mais ça non plus, Regina n'y faisait plus attention. La maire n'allait plus au travail, passait ses journées en pyjama, ne mangeait que le minimum vital et passait ses nuits à pleurer le départ de son amour. Regina avait l'impression d'être vide. Tout ce qui lui était arrivé revenait très régulièrement la tourmenter dans ses cauchemars, les rares fois ou elle parvenait à s'endormir. Et sans cesse, elle revoyait le regard terrorisé d'Emma alors qu'elle était en train de lui écraser le cœur. Les jours se levaient, puis se couchaient, passaient sans que la reine puisse y changer quoi que ce sois. Sans qu'elle puisse changer le passé. Comme elle regrettait, à présent, d'avoir caché cette première lettre anonyme. Mais comment aurait-elle pu deviner à quel point ça dégénérerait ? Errant dans sa maison comme un fantôme, elle leva les yeux vers l'horloge. 4 heures et quelques. L'information s'effaça presqu'aussitôt, puisqu'elle n'avait plus d'importance. Et soudain, une petite voix qu'elle connaissait la fit tendre l'oreille. Henry... Henry ? Il devrait être à l'école... Aussitôt, toutes les habitudes d'avant lui revinrent. Elle savait que son fils n'aurait pas du être là parce que les cours allaient bientôt reprendre jusqu'à 5 heures. Mais elle était bien trop heureuse de le voir que pour songer à lui faire une seule remarque. Ouvrant la porte sans se soucier de sa tenue peu présentable, elle tomba à genoux devant le petit garçon et l'enlaça de toutes ses forces. A sa grande surprise, il se laissa faire un instant avant de chercher à se libérer.
-Henry... supplia-t-elle faiblement.
Mais le petit garçon semblait investit d'une mission. Il lui tendit un bout de papier.
-Maman... Je crois qu'Emma a des ennuis !
-Des ennuis ? Comment ça ? Explique-moi...
Sans pouvoir l'en empêcher, la reine se sentit prise d'une peur immense pour Emma. Son Emma. Son amour ! Résumant ce qu'il avait entendu, Henry expliqua tout à sa mère qui, d'un claquement de doigt fut habillée décemment, prête à partir.
-Henry, écoute. Emma a raison, tu ne dois pas rester avec moi pour le moment. Va montrer le message à tes grands parents. Et reste là bas.
-Mais... voulu protester Henry.
-C'est plus prudent, crois moi !
Baissant la tête, le petit garçon vint dans les bras de sa mère.
-Sois prudente, d'accord ? Et reviens avec Emma !
-Toujours, mon petit prince ! Et je ne reviendrais pas sans elle, tu as ma parole.
Laissant repartir le petit garçon à regret, Regina le regarda courir loin d'elle, obéissant, près à rejoindre ses grands parents. Puis, dès qu'il eu disparu de son champs de vision, elle fixa le bout de papier. Elle savait qui avait envoyé Emma à l'usine. Elle savait aussi que ce serait un piège. Mais sa magie à présent retrouvée, Regina se sentait plus confiante.
-Que tu me détruises ne me dérange pas tant que ça, Megara... Mais personne, Personne ne touche à Emma !
