Il se fait qu'en relisant ce que j'avais commencer à écrire, la suite m'est venue d'elle même! Commentez, c'est toujours apprécier. La suite est en cours d'écriture


Chapitre 15

La forêt toute entière semblait subir la colère de Megara. La sorcière se défoulait sur les arbres entourant leur campement à coup de sort, sa magie de toute façon révélée à Theo. Comment avait-elle pu être bête assez que pour se laisser prendre à son propre piège ? Comment avait-elle pu croire un seul instant que la blonde ne préviendrait personne ? Sa propre naïveté la dépassait. Une boule de feu apparu autour de son poing et elle l'envoya avec force sur un arbre déjà à moitié calciné. Ce dernier repris feu et termina de se consumer lentement.

-Euh… Meg ?

-QUOI ?

Se retournant avec colère, un nouveau sort près à agir, Megara dévisagea Theo, qui avait perdu son air de vénération et qui la regardait désormais avec crainte, conscient qu'elle lui avait caché ça tout le temps où ils se connaissaient.

Le petit homme sursauta à la violence de la réponse. Mais il prit son courage à deux mains et se lança, après une grande et profonde inspiration.

-Tu vas signaler notre présence, si tu continues à jeter des sorts dans tous les coins comme ça…

-On est repéré de toute façon, laissa tomber la sorcière, laissant ses mains retomber le long de son corps, sa magie disparaissant.

-Ils savent qu'on est là, ils ne savent pas où ! Même si le prince les aides, il ignore où nous sommes précisément. Alors nous avons encore une marge d'action.

Penchant la tête sur le côté, plongée en pleine réflexion, Megara se tourna vers John.

-Tu en pense quoi, Herc ?

-Herc ? S'étonnèrent les deux hommes en cœur.

Meg soupira.

-C'est bon, il sait pour la magie, autant jouer franc jeu !

-C'est toi qui vois, Meg.

La sorcière leva les yeux au ciel.

-Ça ne me dit pas ce que tu en pense…

-Je viens de te le dire, c'est toi qui vois.

-Vous ne m'êtes vraiment d'aucune utilité, marmonna la sorcière en se détournant des deux hommes pour revenir vers les tentes.

Elle disparut aussitôt dans la sienne, d'où des bruits d'objet qui se brisent sortirent très vite.

- Toi et ton caractère, Megara… ce n'est pas la fin du monde, seulement de cette manche.

-En attendant, j'ai toujours pas compris… Herc ? demanda soudain Theo, d'un ton perdu.

-Abrégé pour Hercule. T'as d'autre question, nabot ?

Theo se fit aussitôt tout petit. Plus petit qu'il ne l'était. Hercule… Le demi-dieu ? Et il s'était mis en tête de lui filer la raclée du siècle ? C'est lui qui allait se la prendre…

-Non… Non, pas d'autre question.

Le petit homme se carapata dans sa tente, ne sachant pas dans quoi il venait de s'embarquer. En suivant Meg, il n'avait jamais pensé qu'elle était magicienne, et encore moins qu'elle sortait tout droit de la mythologie de son enfance. Il était perdu, à présent. Que cherchait réellement celle dont il était tombé amoureux mais qui, de toute façon, ne lui rendrait jamais rien ?


Emma se redressa en sursaut, pleinement éveillée sans vraiment l'avoir voulu. Le souffle court, la sauveuse chercha aussitôt à chasser de son esprit l'image de plus en plus difficile à soutenir de sa Gina effondrée. Le cauchemar ne lui avait laissé aucun répit, lui montrant ce qu'elle imaginait du calvaire de son amour. Un bruit agaçant lui parvint, rapide et strident, semblant suivre le rythme de son cœur. Tournant la tête, Emma se souvint d'où elle était et pu faire le lien avec une machine.

-Emma ? Tout va bien ?

La voix fit sursauter Emma. Un rien la rendait nerveuse. Elle ne put retenir un soupir de soulagement en reconnaissant Whale.

-Oui. Tout va bien, ce n'était qu'un cauchemar.

Le docteur entra et, sans tenir compte des gestes de la jeune femme qui cherchait à le repousser, il fit quelques examens.

-Du genre terrifiant, le cauchemar… commenta-t-il en souriant doucement, passant une main sur le front d'Emma. Vous voulez en parler ?

Emma fit non, sans repousser la main du docteur. Ce dernier termina son examination avant de s'asseoir sur le bord du lit.

-Comment vous sentez vous, Emma ? Sincèrement… Ne me dites pas que tout va bien parce que vous voulez à tout prix sortir.

-J'ai encore mal à bras et un peu aux côtes, répondit Emma après un silence qui avait donné au docteur pleinement raison pour sa remarque.

-Pas de vertige, de maux de tête ?

-Non… Non, rien de tout ça.

-Bon, et bien dans ce cas, je n'ai pas le droit de vous garder plus longtemps contre votre volonté, s'amusa Whale. Vous êtes libre de rentrer chez vous. Revenez tout de même si les cauchemars persistent au-delà d'un mois.

Emma acquiesça avec un sourire. Sourire qui s'agrandit dès que le docteur eu disparu. Fermant les yeux un instant, elle tenta d'appeler devant ses yeux une image heureuse de Regina. Lorsqu'elle les rouvrit, sa mère était là.

-Emma ! Je ne pensais pas que tu serais déjà debout… Comment vas-tu ?

-J'ai fait un cauchemar, ça m'a réveillée. Mais je vais bien. Enfin… dans la mesure où…

-Oui, c'est bon, grimaça Mary Margaret. J'ai compris. Je n'ai pas besoin des détails.

Emma regarda sa mère avec un sourire en coin.

-Vraiment ? Parce que moi, je donnerais beaucoup pour savoir exactement ce qu'à traverser Gina. Même si ça doit me détruire le cœur.

L'institutrice soupira devant la perspicacité de sa fille. Déposant un sac sur le fauteuil, elle vint s'asseoir à la place qu'occupait le docteur un peu plus tôt et prit dans la sienne la main de sa fille.

-C'est vrai, tu as raison, je voudrais savoir le moindre détail. Mais je ne veux pas que tu le revives.

Emma sourit et enlaça sa mère sans un mot, la remerciant silencieusement dans ce câlin.

-Je t'ai apporté de quoi t'habiller, fit Snow lorsqu'elles se séparèrent. Je suppose que tu vas directement chez Regina…

-Oui… Un peu de temps sans elle, c'est déjà trop longtemps.

-Vous avez besoin l'une de l'autre, Emma. Va la retrouver, je m'occupe de ton père et d'Henry.

A nouveau, Emma remercia silencieusement sa mère. Les deux femmes discutèrent encore un peu pendant qu'Emma se changeait. Puis, avec prudence, Emma se leva et fit quelques pas pour retrouver sa stabilité et son équilibre. Cela fait, mère et fille sortirent bras dessus bras dessous de l'hôpital, se séparant pour rentrer chacune chez elles. Le cœur d'Emma se mit à battre comme la première fois qu'elle avait pris conscience de ses sentiments pour la reine. Sa reine…

-Je rentre à la maison, Gina. Et je n'en partirais plus jamais !


Regina n'avait pas dormis de la nuit. Il suffisait qu'elle ferme les yeux pour voir Emma entre les griffes son ennemie, hurlant de douleur. Et quand ce n'était pas ça, c'était le petit homme au-dessus d'elle et la souffrance reprenait sa place dans son ventre. Ne pouvant plus rester en place, Regina avait alors arpenté sa demeure, retrouvant des souvenirs d'Emma dans chaque pièce, à chaque millimètre… Tout pour lui rappeler que l'amour de sa vie était partie parce qu'elle avait essayé de la tuer. Au fond d'elle, Regina souhaitait de toutes ses forces qu'Emma lui revienne car elle seule pourrait l'aider à se sortir de la spirale dans laquelle elle tombait. Mais elle savait qu'Emma ne reviendrait pas. Pas après ce que Meg lui avait fait. Tout était de sa faute, depuis le début. Comment avait-elle pu espérer que la sauveuse reste avec elle sans que quelque chose ne détruise tout ? Elles ne pouvaient pas être ensemble… Parce qu'elle, la reine, mettait sans cesse Emma en danger. Regina entra dans le salon. Son esprit brisé et instable recréa la pièce telle qu'elle était l'hiver ou leur histoire avait commencé. La boite où elles étaient agenouillée toutes les deux lorsqu'elle avait, sur un coup de tête, embrasser la sauveuse, n'ayant rien eu d'autre en tête depuis leur premier café.

-Je n'aurais pas dû, Emma… Nous aurions dû garder nos vies séparées… Je n'aurais jamais dû les unir… Rien de tout ceci ne te serait arrivé.

Des larmes montèrent dans les yeux de la reine. Se détournant un instant, elle quitta la pièce pour retourner dans la cuisine. Sortant une feuille de papier et un stylo, elle laissa les sentiments prendre le dessus et les larmes roulèrent sur ses joues tandis qu'elle s'asseyait à la table. Ses doigts tracèrent deux mots, « chère Emma… » Puis son cœur pris le dessus sur ses pensées et elle écrivit tout ce qui lui pesait depuis si longtemps. Elle écrivit encore et encore, sans que cesse de couler les larmes. Lorsqu'elle prit conscience d'avoir écrit les derniers mots, elle plia le tout et le glissa dans une enveloppe sur laquelle elle nota le nom d'Emma.

-Puisse tu la lire un jour, mon amour… murmura-t-elle.

Sachant vers quoi elle allait, Regina fit une dernière fois le tour de sa maison, rangeant ce qui lui semblait devoir l'être, retardant inconsciemment son acte. Elle regagna enfin le salon et se laissa tomber à genoux à l'emplacement exact ou elle avait tout démarré. Elle n'entendait plus rien, ne voyait plus vraiment, ne sachant de toute façon plus la différence entre la réalité et ce que son esprit imaginait.

-Je n'aurais jamais du t'embrasser, Emma… Et rien ne se serait passé… Pardonne-moi… Tout est de ma faute…

La respiration de la reine s'accéléra, son cœur aussi, comme s'il était conscient de ce qu'elle allait lui faire. Elle posa sa main sur sa poitrine, hésitant un instant. Puis elle laissa sa magie agir et sa main s'enfonça dans sa chair, droit vers son cœur, qu'elle attrapa presqu'avec délicatesse. Demandant sans cesse pardon à la femme qu'elle aimait, Regina cru l'entendre lui crier d'arrêter. Mais c'était impossible. Aussi sortit-elle son cœur de sa poitrine. Il était temps d'en finir et de libérer Emma de sa malfaisante présence. Fermant les yeux, déterminée, Regina serra l'organe avec force, bien décidée à le réduire en cendre.


Emma regrettait de ne pas avoir demandé à sa mère de l'accompagner. Elle se serait sentie plus sure d'elle, plus en sécurité. Chaque bruit la faisait sursauter, se retourner. Elle fut plus qu'heureuse de voir la maison blanche de Regina apparaitre au fond de la rue. Accélérant le pas, elle fut très rapidement devant la porte d'entrée, hésitante, inquiète. Et si Regina ne voulait plus d'elle ? L'idée fit presque s'arrêter son cœur. Non… Sa mère avait raison. Elles avaient besoin l'une de l'autre. Ce qu'elles avaient était unique et merveilleux. Regina l'accepterait. Prenant une profonde inspiration, Emma franchit le seuil devant lequel elle se tenait figée depuis un moment. Un silence pesant l'accueillit.

-Regina ? appela-t-elle doucement, étonnée qu'aucun sort n'ai été jeté, que personne ne sois venu l'accueillir. Regina, tu es là ? C'est moi…

Le silence lui répondit. Tendant l'oreille, la sauveuse cru percevoir un faible murmure, une rumeur qu'elle ne parvenait à saisir. La suivant sans y faire trop attention, Emma fut guidée jusqu'au salon où, alors qu'elle croyait avoir vu le pire, une vision monstrueuse l'attendait. Regina, tête baissée, agenouillée sur le sol, avait la main plongée dans sa poitrine. Emma voulu crier mais aucun son ne sembla franchir ses lèvres. Lentement, comme au ralentit, la reine retira son cœur, inconsciente à la présence de la sauveuse derrière elle. Celle-ci sentait son cœur se serrer de peur. Le désespoir de Regina était bien au delà de tout ce qu'elle avait imaginé. La reine lui demanda une dernière fois pardon avant que son corps ne se plie sous la douleur. Emma, en une seconde, visualisa la femme qu'elle aimait, allongée sans vie sur le sol, des cendres dans la main. Et cette vision fut encore plus intenable.

-REGINA ! Arrête… Arrête ça !

Emma se précipita auprès de la reine, se jetant presqu'à genoux devant elle. D'une main, elle prit le visage de celle qu'elle aimait afin de la forcer à la regarder, tandis que l'autre forçait à relâcher la pression sur le cœur noirci. Regina se laissa faire, sans volonté, persuadée qu'elle rêvait. Elle regarda Emma au travers de ses larmes un long moment avant de réaliser qu'elle était vraiment devant elle.

-Emma… Laisse-moi… Je n'ai pas le droit de continuer de vivre…

-Ne dis pas ça… Tu racontes n'importe quoi…

-Je t'ai fait souffrir, Emma… Tout est de ma faute…

-C'est celle de Megara. Pas la tienne. Jamais la tienne, Gina…

Emma laissa peu à peu ses larmes coulés à leurs tours, incapable de les retenir en voyant son amour ainsi brisée.

-Emma… Je t'aime… Je t'aime plus que tout… C'est pour ça que je dois disparaitre de ta vie…

-Non… Gina… Arrête, s'il te plait…

-Pourquoi ? Tu n'es peux être même pas réellement là…

Emma prit doucement le cœur de sa bien aimée dans sa propre main. Bien sur, Regina le compris autrement.

-Oui… Tue-moi… Ce n'est que justice que ce soit toi qui mettes fin à mes jours. Libère toi de moi, Emma. Prend ma vie en payement pour tes souffrances…

- Regarde-moi, ordonna Emma en enlaçant le cœur comme un enfant fragile. Regina, regarde-moi. Je ne suis revenue ici que pour toi. Non pour te faire du mal mais parce que j'ai besoin de toi dans ma vie. Après avoir quitté cet endroit, j'ai passé les pires jours imaginables. Pire que tout ce que cette sorcière Megara aurait pu me faire. Je ne veux plus jamais être loin de toi, Gina. Je ne veux plus jamais ressentir ce vide en moi, ce vide qui n'apparait que lorsque je te perds.

Baissant les yeux sur ce cœur qu'elle tenait, Emma remarqua alors qu'il était bien moins noir qu'elle ne l'avait imaginé.

-Gina… murmura-t-elle en levant le cœur entre elle. Regarde ton cœur. Tu m'as dis qu'il était noir, sombre, petit, tel que tu l'avais façonné. Mais regarde le… regarde le briller… Ce n'est plus le cœur de la méchante reine, Gina. Tu n'es plus cette personne. Et quoi que nous ai fait croire Megara, tu ne le redeviendras jamais !

Les mots, qui avaient commencé par glisser sur la reine sans l'atteindre, la touchèrent peu à peu, lui faisant prendre conscience de la présence réelle d'Emma, de son amour pour elle, de sa dévotion. Obéissant, elle regarda son cœur, découvrant un cœur rouge et lumineux, si loin de celui qu'elle croyait avoir en elle. Le noir se résorbait à un rythme plutôt rapide, comme si l'amour qu'elle avait pour Emma le chassait. Une vague de bonheur l'envahi, comprenant enfin que sa présence était souhaitée, demandée. Relevant le regard, elle vit enfin Emma non plus comme le fruit de son imagination mais comme la femme qu'elle aimait. Et, la prenant par surprise, elle l'enlaça avec force, l'embrassant avec toute la passion dont elle était en cet instant capable. Emma mis un moment avant de réagir, rendant alors le baiser. Elle profita de cette proximité pour restituer à Regina son cœur.

-Tu… Ne me fait… plus… JAMAIS… ce genre de frayeur ! fit-elle a bout de souffle lorsque leur étreinte s'acheva.

-Pardon… Pardon, Emma… J'étais tellement persuadée que tu ne voudrais plus jamais entendre mon nom après ce qui est arrivé…

-La seule chose que je voulais, Gina, c'était te prendre dans mes bras et te dire que ce n'était pas ta faute si tu n'avais rien pu faire.

Sans prévenir, la sauveuse attrapa Regina et l'enlaça avec force.

-Et maintenant que je peux enfin le faire, chuchota-t-elle à son oreille, je te trouve sur le point de te suicider. Qu'est ce que je ferais sans toi, moi ? Hein ?

-Pardon, Emma… répondit la reine sur un ton équivalant, cachant son visage dans le coup de son amour.

Emma eu un petit rire nerveux.

-Arrête de t'excuser ! Et c'est un ordre.

-D'accord, je vais essayer… Ou… Euh… Ou est Henry ?

-Chez mes parents. Il y restera jusqu'à ce qu'on ait rattrapé le temps qu'on a perdu, toi et moi.

- Dis-moi ce que tu veux, Emma. Je le ferais !

Se redressant, Emma tendit la main à sa reine pour l'aider à en faire de même.

-Je crois que nous expliquer l'une à l'autre tous ce qui c'est passé serait un bon début. Viens, un bon bain nous détendra.

Main dans la main, les deux femmes montèrent les escaliers. Oui, elles avaient beaucoup à se raconter. Mais elles étaient à nouveau ensemble. Qu'est ce qui pourrait à nouveau mal tourner ?