Chapitre Deux

La semaine qui passa fût longue et éreintante entre le stress de la convocation qui approchait à grand pas, le nettoyage intensif de la maison de Sirius, ainsi que les jumeaux qui n'arrêtaient pas de faire hurler Mrs Weasley ou de poser des questions à Harry. Enfin, le jour de la convocation arriva et Harry partit très tôt, l'estomac en vrac, ne sachant pas à quoi s'attendre. Ses pensées allaient et venaient vers les jumeaux. Ils s'étaient montrés relativement affectueux envers lui ses derniers jours. Non pas qu'ils aient été très très affectueux, mais ça avait été assez peu discret pour que Harry s'aperçoive de quelque chose. Etrangement, ça ne le rebutait pas. Même si il n'était pas sûr d'avoir envie de subir la crise de colère de Mrs Weasley...

« CRAC »

« _ Félicitations Harry ! »

Une masse se jeta sur lui, il se rendit compte que Fred le serrait contre lui. Il déglutit, hésitant à rendre son étreinte à Fred. Georges transplana à côté et les enferma dans ses bras. L'étreinte dura plus longtemps que ce que la société l'accorde et enfin les jumeaux s'écartèrent.

« _ On voulait te féliciter à part pour avoir réussi à gagner contre le ministère, dit Georges

_ On avait pas très envie que tout le monde nous voit...

_ Affectifs. Termina Georges. C'est pas de nous... »

Ils semblèrent hésiter puis Georges se gratta la nuque, gêné. Harry les regarda, le cœur battant mille fois trop vite, la peur au ventre.

« _ En fait...on voulait te le dire depuis un moment...

_ Je voulais le dire d'abord, grommela Fred.

_ Oui, bon ok, tu as été le premier à t'en apercevoir frérot.

_ Mais il est vrai que ça m'a soulagé quand tu m'as dit que toi aussi.

_ Faîtes comme si je comprenais, ça me dérange pas, grogna Harry qui ne comprenait absolument rien à ce qui était entrain de se passer. »

Les jumeaux rirent et vinrent s'asseoir à côté de Harry. Ce dernier se sentit rougir, son estomac fit un looping. Il déglutit. Fred ouvrit la bouche et...

« _ A TABLE ! »

« CRAC »

Harry regarda de chaque côté de lui, puis soupira. Les jumeaux avaient disparut. Harry tomba sur le lit. Ne saurait-il donc jamais ce que les jumeaux avaient derrière la tête ?

« _ Ben alors Harry, qu'est ce que tu fais là tout seul ? Fit la voix de Ginny qui venait d'ouvrir la porte.

_ Oh...rien...je...euh réfléchissais.

_ Tu veux en parler ? Demanda-t-elle gentiment.

_ Non, enfin, je ne pense pas qu'en parler changerait grand chose, ce n'est pas important.

_ Même si ça ne change pas grand chose, ça peut toujours faire du bien. Sourit-elle.

_ C'est vrai... »

Il y eut un silence durant lequel Ginny commença à fermer la porte, pensant que la conversation était terminée.

« _ Eh, Ginny ? »

La rousse rouvrit la porte, restant dans l'encadrement.

« _ Oui ? »

Harry poussa un soupir de résignation et lui fit signe de fermer la porte. Elle alla ensuite s'asseoir sur le lit d'en face. Il sembla réfléchir un moment avant de demander :

« _ Si jamais...des personnes...que tu connais depuis quelques temps, venaient à se rapprocher de toi subitement, comme ça...tu en penserais quoi ?

_ Ca dépend de quelle façon ces personnes se rapprochent, répondit-elle tac-au-tac.

_ Euh...hein ? Fit Harry, totalement perdu.

_ Oui, tu peux te rapprocher de quelqu'un en ayant juste envie d'être plus proche amicalement.

_ Oh lala...trop compliqué..., marmonna-t-il.

_ Mais non, c'est tout simple, tu n'as juste pas l'habitude ! Rigole-t-elle avant de se lever. Tu sais Harry, si tu sens que ces personnes ont vraiment un comportement différent, écoutes ton cœur. Je pense qu'il sera le mieux placé pour te dire ce qu'il se passe, même si ton cerveau refuse de l'admettre. »

Et sans aucun autre discours, elle sortit en chantonnant. Il la regarda sortir et la suivit pour aller manger, il verrait bien ce que ça donnerait de toute façon.

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Quelques jours avant la rentrée, le 12 Square Grimmaud était en état d'alerte, Mrs Weasley allait et venait dans les couloirs afin de tout nettoyer avant que ses enfants et Hermione ainsi que Harry ne partent. Les jumeaux n'avaient pas pu finir leur conversation avec Harry, et ce dernier ne savait pas vraiment si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Il avait décidé de passer outre, étant donné que d'autres tourments autrement plus important lui embarrassaient l'esprit. Une fois de plus, Ron s'était levé avant lui, et il était désormais allongé à regarder le plafond en se demandant qu'est ce qui allait bien pouvoir se passer maintenant.

« CRAC »

Les jumeaux se servaient si souvent de la transplanation que plus personne ne sursautait désormais.

« _ Harry ? Chuchota Fred.

_ Hum...

_ Tu crois qu'il dort encore ? Demanda Georges à son frère.

_ Non, je ne dors pas. Allumez la lumière. »

Un mouvement de baguette plus tard, Harry s'était réfugié sous la couette pour ne pas mourir face à la lumière. Il sentit Fred et Georges s'asseoir sur le lit et tirer doucement la couette. Après avoir grogné, il la rabattit pour voir leurs têtes. Ils étaient un peu pâle, comme si ils avaient passé la nuit à réfléchir.

« _ Nous aussi on est gay. »

Harry se redressa d'un coup comme s'il avait reçu un électrochoc, la mâchoire grande ouverte. Il inspira, referma la bouche et regarda les jumeaux tour à tour. Ils étaient sérieux en plus.

« _ Pardon ?

_ Oui, on avait l'intention de te le dire, mais euh...

_ Maman a toujours eu un don pour intervenir aux moments les moins...

_ Appropriés.

_ Attendez...vous êtes en train de me dire...que...tous les deux, vous aimez les hommes ?

_ Oui.

_ On sait que t'es long à la détente le matin Harry.

_ Mais là, tu dépasses toutes nos attentes ! Rigolèrent-ils.

_ Laissez moi digérer ça, je ne m'y attendais pas. Je pensais qu'Angelina...enfin...

_ Oh...c'était..., commença Fred.

_ Indéniablement une erreur. Grimaça Georges.

_ Oui, heureusement on lui a vite dit ce qu'il en était.

_ Et vous … ?

_ Oh depuis quelques temps déjà, disons qu'on ne voulait pas vraiment faire honte à maman..., dit Fred avec un sourire.

_ Mais comme c'est notre dernière année à vivre chez elle et papa. Poursuivit Georges.

_ Et qu'ensuite on aura notre chez nous au dessus du magasin.

_ On a décidé que cette année on lui dirait tout. Firent-ils.

_ Peut-être pas aujourd'hui hein, précisa Georges.

_ Non, indéniablement pas aujourd'hui.

_ Mais sûrement quand on partira de Poudlard.

_ Ce qui pourrait se produire dans peu de temps. Conclut Fred dans un immense sourire.

_ Je vois...d'ailleurs...dans les familles de sorciers, les parents dont les enfants sont gay...ne le prennent pas mal de ne pas avoir de descendance ? Demanda Harry pour qui cette question restait en suspens depuis quelques temps.

_ Tu n'es pas au courant ? Répondit Georges avec de grands yeux. »

Il y eut une minute de silence pendant laquelle les jumeaux se regardèrent avec des yeux immenses.

« _ Au courant de quoi ?

_ Euh...

_ C'est...

_ Tu crois que c'est une bonne idée que ce soit nous qui lui disions alors que... ? Questionna Fred à son frère.

_ Ben justement, vos mieux tu ne crois pas ?

_ Vous allez vous décider à me raconter où j'ai le temps d'aller déjeuner et revenir ? Demanda Harry.

_ Bon. A toi l'honneur Fred. C'est à toi de le faire, Dit Georges avec un sourire large.

_ Hum. Les sorciers hommes peuvent avoir des enfants entre eux Harry. »

Si les yeux de Harry ainsi que ses oreilles avaient pu tomber, ils l'auraient fait. Il n'en croyait pas un mot.

« _ C-c-co-comment... ? Comment est-ce possible ? Réussit-il à articuler après un moment de silence.

_ Biologiquement parlant, nous ne sommes pas fait comme les moldus.

_ De grandes théories ont été faites là dessus d'ailleurs, et pour la plus répandue...

_ ...et la plus plausible...

_ La magie aurait modifié notre corps, apportant certains changement capitaux !

_ Je vois..., fit Harry,...donc de ce côté là y a plutôt pas de problèmes.

_ Non. Répondit Georges.

_ Ceci dit ça reste une honte pour pas mal de sorciers.

_ Surtout ceux qui se disent « sang-pur », à leurs yeux il n'y a pas plus grand déshonneur !

_ Sauf pour Malefoy apparemment ! Ne put se retenir Harry en rigolant.

_ Surtout les Malefoy, bien que eux ils le cachent et ne le disent à personne.
_ Je...pardon ? J'ai sûrement mal comprit mais tu as dit « eux », Fred ? Sourcilla Harry.

_ Oui. Ils le sont de père en fils, mais se marient avec des femmes pour faire bonne figure. Grommela Georges.

_ Merde alors..., souffla Harry. »

Les jumeaux rirent de sa réaction, puis redevinrent sérieux. Apparemment, il n'y avait pas que ça qui les préoccupait.

« _ On voulait t'en parler parce que...

_ Euh...

_ LES GARCONS ! »

« CRAC »

Nouvelle disparition des jumeaux. Harry se retint de hurler de frustration. Ils étaient à deux doigts de lui dire la chose la plus importante de la conversation. Il se leva et s'habilla, rageant à moitié. Il adorait Mrs Weasley, il n'y avait aucun doute la dessus, mais de temps en temps, il aurait préféré qu'elle ne se mette pas à hurler en montant les escaliers quatre à quatre.

« _ Tu es prêt Harry ? Demanda-t-elle une fois la porte entrouverte.

_ J'arrive..., grommela-t-il.

_ Tu vas bien ?

_ Oui, oui. Je...je descends de suite.

_ Très bien. Je vais appeler Fred et Georges. »

Et elle disparut derrière la porte. Il soupira en s'asseyant. Il fallait qu'il se calme, Mrs Weasley ne lui avait rien fait. Mais entre les rêves bizarres, Dumbledore qui ne lui adressait plus un mot, et les jumeaux qui n'arrivaient pas à trouver le temps de finir leurs explications, il se sentait à deux doigts de craquer. Et puis pourquoi son cœur battait-il autant quand les jumeaux étaient dans la même pièce. Autre fait étonnant qui le fit se stopper dans sa réflexion. Comment se faisait-il que Mrs Weasley confonde Fred et Georges alors que lui même arrivait très bien à les différencier ? Aucune réponse ne lui vint. C'était instinctif.

« CRAC »

« _ Votre mère est censée passer dans votre... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, Fred le prit par la taille, posa ses lèvres sur sa bouche, l'embrassa ardemment puis chuchota à son oreille.

« _ Je t'aime. »

« CRAC »

Il avait disparut. Harry cligna des yeux, en état de choc. Deux minutes passèrent, il ne bougea pas d'un pouce.

« CRAC »

Georges apparut, le prit par la taille avec un regard sensuel, et l'embrassa à son tour.

« _ Moi aussi Harry... »

« CRAC »

Tout allait trop vite dans la tête de Harry. Une tempête le dévastait, il était figé sur place, ne pouvait plus bouger. On toqua à la porte.

« _ Harry, il faut que...Merde ! Harry, ça va ? HARRY ! Cria Ron. »

Il n'entendait plus rien, seulement son cœur qui pulsait dans ses oreilles à toute allure. Ses joues s'étaient empourprées.

« _ Molly, cesse de t'inquiéter, je crois qu'il est simplement en état de choc. »

La voix de Sirius. Il avait envie de le prendre par le bras et s'enfermer dans la chambre avec lui et Buck pour lui parler, pour lui raconter. C'était la seule voix qu'il réussissait à entendre.

« _ Maman, laisses moi faire.

_ Qu'est ce que tu vas faire Gin... »

Personne n'eut le temps de comprendre, un grand « SPLASH » retentit, et ce fut comme une libération pour Harry. Il était trempé et glacé, mais au moins ses idées revenaient petit à petit à la normale. Il s'ébroua un bon coup et remercia Ginny d'un signe de tête.

« _ Ca va mon chéri ? S'enquit Mrs Weasley.

_ Oui...je...Sirius ?

_ Hum ?

_ Je peux te parler une seconde ? »

Il hocha la tête, et fit sortir tout le monde. Ginny tourna la tête pour les voir, mais sa mère ferma la prote en lui lançant un « ce ne sont pas tes affaires » et insonorisa la porte pour que les oreilles à rallonge ne lui permettent pas d'entendre la conversation.

« _ Qu'est ce qu'il t'arrive Harry ? S'inquiéta Sirius. »

Ce dernier inspira profondément, ne sachant pas par où commencer son récit.

« _ Hum...tu...te souviens, l'an dernier je t'ai parlé de ce qu'il se passait avec...Malefoy ?

_ Oui, parfaitement, je t'avais même dit..., commença à le morigéner Sirius.

_ Oui ! Le coupa Harry. T'en fais pas, je ne suis plus avec. Juste...Fred...et Georges...

_ Ah...ils viennent de te l'avouer ?

_ Oui.

_ Je pensais pas que ça te choquerait tant que ça.

_ Ah ben quand même c'est un choc !

_ Mais enfin Harry, toi aussi...

_ Attends...tu parlais de quoi, là, au juste ?

_ Du fait qu'ils sont venus me voir toute à l'heure pour me dire qu'ils aimaient les hommes eux aussi. 'Ont été surprit de voir que tu me l'avais avoué d'ailleurs. Marmonna l'ancien prisonnier.

_ Oh...non, je ne te parlais pas de ça, rougit Harry. »

Il expliqua à son parrain ce qu'il s'était passé juste avant que tout le monde ne rentre dans la pièce, le retrouvant pétrifié. Son parrain émit un sifflement admiratif.

« _ Deux d'un coup ! Ma parole, tu ne fais pas semblant !

_ Haha, très drôle. Je ne suis pas sûr que...ce soit une bonne chose.

_ C'est vrai, tu ne sais pas, mais rien ne t'empêche d'essayer tu ne crois pas ?

_ Pourquoi ?

_ Eh bien, si tu essaies, au moins tu sauras à quoi t'en tenir, alors que si tu ne fais rien et que tu attends comme ça, les bras ballants, tu finiras forcément par t'en vouloir.

_ Mouais... »

Son parrain posa sa main sur son épaule, la serra, et s'en alla. Harry poussa un long soupir.

« CRAC »

Les jumeaux apparurent, rouges de gêne.

« _ On...on...

_ Maman...

_ Nous a soupçonné d'être à l'origine de ta frayeur.

_ Elle ne sait pas exactement ce que c'est...

_ Mais elle sait que c'est nous.

_ Tu nous pardonnes ? Demanda Fred avec des yeux brillants. »

Harry les regarda tour à tour, se leva, et s'approcha d'eux.

« _ Moi aussi. »

Ils ouvrirent de grands yeux.

« _ De... ?

_ Oui. Moi aussi. »

Il se mordit la lèvre, et ils se précipitèrent vers lui pour le prendre dans leurs bras. Fred l'embrassa, remplacé par Georges quelques secondes après. Son cœur palpita. Il enfouit sa tête dans le cou de Fred. Il s'aperçut alors qu'ils n'avaient pas la même odeur, c'était à peu de chose près, la même, mais elles avaient quelque chose qui les rendait différentes.