Renaissance
Chapitre 7 : La découverte de Kisuke
Orihime ferma brièvement les yeux en même temps qu'elle fermait sa valise. Ichigo avait fini par la convaincre qu'une maison à ciel ouvert n'était pas sûre, ni pour sa santé ni en cas de nouvelle attaque par d'autres Hollows, d'autant plus avec cet étrange message sur le miroir. Elle détestait l'idée de devoir quitter son « home sweet home » mais il avait sans doute raison. Rangiku avait convaincu son capitaine d'intercéder auprès du conseil pour faire réparer les dégâts par la Soul Société puisqu'ils avaient été indirectement causés par leur présence.
Ichigo attendait dans l'entrée qu'elle ait fini de rassembler quelques affaires. Ils avaient contacté Kisuke afin qu'il puisse héberger Ulquiorra et Orihime en plus de Renji, Hitsugaya et Rangiku. La cohabitation s'annonçait houleuse. Il aurait préféré amener Orihime chez lui mais elle avait catégoriquement refusé d'aller là où ne serait pas son invité.
L'invité en question était toujours planté devant le miroir ensanglanté. Il cherchait à savoir ce que pouvait bien dire ce curieux message. Plusieurs fois il avait touché le sang séché sans plus rien ressentir. Sa première impression avait été si fugace, comme un souvenir enfoui quelque part, tout au fond de sa mémoire. Un souvenir qu'il imaginait très ancien pour ne plus y avoir accès. Un souvenir de sa vie d'humain peut-être ?
- Ulquiorra ?
La voix timide d'Orihime qui venait d'arriver à sa hauteur l'interrompit. Il la dévisagea et elle rougit légèrement. Déjà, elle ne pleurait plus et son naturel souriant était revenu. Curieusement, il préférait la voir ainsi alors que cela aurait du parfaitement l'indifférer.
- Tu n'arrives pas à le comprendre ?
- Non.
- Cela viendra peut-être ... avec un peu de temps.
- ...
- nous devrions le prendre avec nous. Kisuke saura peut-être quelque chose sur ce symbole ...
- c'est une croix.
- je croyais que tu ne savais pas ce ...
- je sais que c'est une croix chrétienne à l'envers. Ce que je ne comprends pas c'est le message sous-jacent et comment interpréter cette suite de chiffres.
- ah ...
Orihime semblait déçue puis tout à coup elle lui sourit.
- je suis sûre que ça viendra. C'est peut-être lié à ton passé en tant qu'humain. Si c'était en tant qu'Espada, tu aurais déjà trouvé !
Ulquiorra la dévisagea avec perplexité. Cette étrange humaine avait une certaine logique. Il était arrivé à la même conclusion qu'elle quelques minutes auparavant. Il hocha la tête, fit un pas en avant et arracha le miroir d'un coup sec. Le mur s'effrita derrière et Orihime poussa un cri de surprise.
- Oh ! Quand je disais de prendre le miroir, c'était plutôt de le décrocher en douceur ... en l'ôtant des crochets, là et là ... expliqua-t-elle à Ulquiorra comme s'il était un enfant.
Ichigo ne manqua pas de débarquer, arme au poing suite au cri d'Orihime précédant le craquement du mur. Il sourit en voyant la scène de la frêle jeune femme expliquant à un puissant Espada comment décrocher un objet d'un mur sans abimer celui-ci. Ulquiorra semblait beaucoup moins s'amuser. Pourtant, Ichigo ne ressentit aucune colère ou impatience s'élever en lui. Au contraire, il le vit poser avec douceur son index gauche sur les lèvres de la jeune femme qui rougit aussitôt.
- J'ai compris, Femme. S'il te plaît, tais-toi.
Leurs yeux se croisèrent un long moment avant qu'Ulquiorra ne s'adressa à lui tout en continuant à dévisager Orihime.
- Nous y allons Shinigami. Range ton joujou, je t'ai déjà dit que je ne lui ferai aucun mal.
Cela faisait plus d'une semaine qu'ils avaient pris leurs quartiers chez Kisuke et cela faisait une semaine que Ulquiorra appréciait les chasses nocturnes en compagnie de Kurosaki. Jamais il n'aurait pu penser cela avant de s'installer dans ce magasin où tout n'était que vacarme permanent. Pour un solitaire tel que lui, parvenir à rester calme dans cet endroit grouillant d'humains, Shinigami, ex-Shinigami ou Shinigami remplaçant tenait du miracle. Ne pas utiliser son Zanpakuto pour tous les étriper relevait du même miracle.
Kurusaki et lui ne s'appréciaient guère et au moins, lorsqu'ils partaient la nuit ils ne s'adressaient pas ou peu la parole. Voir la lune au-dessus de lui, apprécier le calme des rues désertées la nuit, cela devenait un plaisir qu'il appréciait. Il avait un peu le sentiment de se retrouver au Hueco Mundo. Surtout lorsqu'ils se rendaient vers le bord du fleuve, endroit plus paisible encore que les autres lieux de la Ville. Il lui rappelait aussi la jeune femme avec qui il avait partagé un semblant de vie commune.
A présent, ils étaient séparés. Lui-même partageait une chambre avec Renji et Hitsugaya tandis qu'Orihime partageait celle de Rangiku. Ses yeux se perdirent une fois encore dans les eaux glacées du fleuve. Orihime Inoue. Curieux personnage. Elle était sans doute l'humaine qui l'intriguait le plus et d'une certaine manière qui l'attirait aussi.
- C'est ici qu'elle venait avec Tatsuki pour observer les libellules en automne. Un de ses moments préférés dans l'année ...
La voix calme d'Ichigo l'avait sorti de ses pensées. Comment savait-il qu'il pensait à elle ?
- je sais que tu l'as attendu ici avant de l'emmener au Hueco Mundo. C'est étrange comme le même lieu peut avoir une signification différente pour deux personnes. Pour toi, c'était le début. Pour elle, la fin de sa vie sur Terre. Alors que juste avant, c'était sans doute l'un des lieux qu'elle préférait. Tu savais qu'elle l'évite à présent ?
- Non, je l'ignorais.
Ulquiorra tiqua à sa propre réflexion. Il utilisait ce verbe un peu trop souvent à son goût ces derniers temps. Il se tut et ses yeux fixèrent à nouveau le fleuve. Il n'avait rien à faire ici, pas plus qu'à la Soul Society et pas plus qu'au Hueco Mundo. Se sentir bien nulle part, c'était le même sentiment qu'il avait connu avant de s'étendre au milieu des racines du Hueco Mundo. Là-bas il avait été bien, avant que Noitra ne l'arrache à cette paix fragile.
- Je ne sais pas ce qu'il y entre vous deux ... mais je ne te laisserai pas lui faire du mal.
La voix d'Ichigo semblait étrangement résignée, à peine le défiait-il.
- je t'ai déjà dit que je ne lèverai pas la main sur elle.
- Il y a de nombreuses façons de faire du mal à une personne qui tient à vous. Je ne te laisserai lui faire du mal d'aucune manière !
Ulquiorra croisa le regard enflammé d'Ichigo sans comprendre ses propos. Mais il n'eut pas le temps de le questionner. Une dizaine de Hollows arrivait à leur hauteur. Ils soupirèrent de concert et brandirent leurs lames respectives.
- je ne sais pas ! Répéta pour la énième fois Kisuke à Orihime qui lui tendait le miroir à bout de bras.
- Si vous ne savez pas à quoi cela correspond qui le saura ? Vous savez tout sur tout !
Kisuke se rengorgea sous le compliment mais se retint devant le regard désabusé de Yoruitchi. Il se cacha derrière son éventail et observa une nouvelle fois le miroir.
- C'est une croix ... une croix chrétienne faite avec le sang d'Ulquiorra ... avec les chiffres 1 puis 6 puis 6 puis 6 ...
Orihime lâcha un soupir exaspéré.
- vous ne m'apprenez rien Urohara-sama ! Tout ceci je le sais déjà !
- Je réfléchis à voix haute, jeune fille ! La croix est à l'envers ... c'est un symbole dans la religion chrétienne ; un symbole de l'antéchrist. Le diable pour faire simple et grossir les traits ...
- L'antéchrist, répéta la jeune femme. Qu'est ce que c'est ?
Kisuke alla droit vers la pièce où il rangeait soigneusement des dizaines de livres. Yoruitchi et Orihime le suivirent. Il farfouilla dans plusieurs étagères avant d'extirper un vieux bouquins aux pages jaunies et racornies.
- Voilà, c'est ici. Les religions occidentales et leur symbolisme. Voyons ... Chrétienté. C'est par ici. Voyez ... dans la religion chrétienne, le fils de leur dieu a été crucifié sur une croix à l'âge de 33 ans. Une croix qui était à l'inverse de celle qui est dessinée sur le miroir. Il est ressuscité quelques jours plus tard. Il est revenu d'entre les morts et c'est ce que fêtent les chrétiens le jour de Pâques. L'un de ses apôtres a été crucifié sur une croix comme lui, mais la tête en bas, en symbole d'humilité par rapport au fils de Dieu.
Il leur montra une iconographie le représentant sur l'une des pages. Les filles se saisirent du livre et l'observèrent.
- On dirait le même symbole, observa Yoruitchi. Mais quel rapport avec l'Espada ?
Orihime, de sa maladresse légendaire, fit tomber le livre qui s'ouvrit sur une double page en plein milieu.
- Oh ! Désol...
Elle ne put finir sa phrase. Au milieu de deux pages, une autre iconographie en noir et blanc représentait une créature mi-humaine mi-démon, pourvue de deux ailes noires, de pattes velues, de griffes, de deux longues cornes et d'une grande queue.
- Ulquiorra ! Murmura-t-elle.
- Pardon ? Fit Kisuke en ramassant le livre et en observant la représentation.
- Orihime ! L'appela Yoruitchi.
- Cette représentation ... on dirait Ulquiorra lors de sa deuxième transformation ... Sa ... oh mon dieu ! Sa segunda etapa ... sa deuxième forme de Resurrection !
Elle semblait choquée au plus haut point.
- Lucifer, l'ange déchu. Lut Yoruitchi sur la légende du livre. Je ne savais pas que les Espadas avaient deux formes ...
- Il est le seul. Précisa Orihime, Le seul des dix à avoir deux formes. Peut-être le seul des Arrancars. Il m'a dit que même Aizen ne connaissait pas cette forme.
- Intéressant, marmonna Kisuke. Il ressemble vraiment à ça sous sa forme libérée ?
- Oui.
Orihime hocha la tête.
- En général, les Zanpakutos des Shinigamis sont profondément liés à l'âme de ceux-ci. S'il en est de même pour les Espadas et les Arrancars, Ulquiorra doit être lié à ceci. La croix renversée représente l'humilité mais aussi la déchéance. Lucifer est un ange déchu, chassé du Paradis par Dieu lui-même. Un ange déchu et solitaire. Le plus puissant des anges déchus également.
- ça lui ressemble bien, murmura Orihime. Il est toujours seul.
Yoruitchi et Kisuke échangèrent un regard devant le ton triste de la jeune femme.
- Je vais pousser plus en avant, annonça Kisuke. Tu devrais te reposer encore un peu.
Orihime sortit de sa léthargie et désigna le livre du bout des doigts.
- Je peux vous l'emprunter ?
- Oui bien sûr. Maintenant que je sais où chercher, j'ai de nombreux autres ouvrages reprenant les religions indo-européennes.
- Merci Uruhora-sama.
Elle sortit de la pièce, l'ouvrage serré contre son coeur, la tête baissée. Yoruitchi la suivit des yeux.
- J'aimerai que tu me regardes un jour comme cela ! Lança Kisuke à la féline qui abattit sa main sur sa tête.
- Arrête un peu de faire le crétin !
Kisuke reprit un air sérieux en regardant vers la porte.
- je crains qu'une relation complexe se noue entre elle, Kurosaki et Ulquiorra. Je ne vois pas comment il sortirait quelque chose de bon de tout cela.
- Elle n'est pas faite pour Kurosaki ! Lança Yoruitchi.
- Comment le sais-tu ?
- Tss... tu n'y connais rien, tu ne vois rien à part tes jeux stupides et tes expériences débiles ! Tu n'as jamais rien vu d'ailleurs !
Kisuke agita ses mais devant lui en signe de protection.
- Mais qu'est-ce que tu as à t'énerver comme ça d'un coup ! Tu es devenue folle ?
Yoruitchi avait une veine qui palpitait dangereusement à son front. Comment un être aussi intelligent pouvait se montrer aussi étroit parfois ? Cela dépassait l'entendement.
- Débrouille-toi tout seul ! Tu comprendras peut-être un jour si tu le lis dans un de tes bouquins poussiéreux !
Elle claqua la porte derrière elle, porte qui sortit de ses gongs avant de s'effondrer au sol. Kisuke, la goutte au front, soupira.
- Pff ! Quel caractère de cochon ! Ah les femmes ! Qui pourraient les comprendre ?
Il reprit ses recherches sur Lucifer, l'antéchrist, le Christianisme et se retrouva avec quelques ouvrages à feuilleter, dont un sur l'histoire du christianisme au Japon. Il le feuilleta longuement avant de tomber sur les pages vers le milieu de livre. Les gravures représentaient des martyrs chrétiens sous l'ère Kan'ei. La date était notée sous sa forme grégorienne. 1637. Il réfléchit à toute allure. L'ère Kanbun n'était pas très éloignée de l'ère Kan'ei. Il reprit un autre ouvrage, l'histoire du Japon. Il parcourut les pages à toute allure. Ere Kan'ei ... ère Shoho ... ère Keian ... ère Joo ou Edo ... ère Meireki ... ère Manji ... ère Kanbun. Les dates en format grégorien filaient devant ses yeux ... ère Kanbun ... 1661 à 1673 ... 1 6 6 6. ce n'étaient pas des chiffres au hasard. La croix était chrétienne, les chiffres grégoriens ... 1666 ! l'année 1666 ...
Il en était sûr. Ces chiffres étaient la clé. Il ne restait plus qu'à trouver ce que représentait cette date pour Ulquiorra puisque tout était lié à lui. Il sortit en trombe de la bibliothèque, le livre sous le bras et passa la tête par la porte du salon où se trouvaient Yoruitchi toujours fâchée et Orihime perdue dans la contemplation de l'ouvrage qu'elle tenait sur ses genoux.
- J'ai trouvé quelque chose ! Nous devons retrouver Ichigo et Ulquiorra !
- Kurosaki !
La voix de Yoruitchi résonna dans la nuit juste après le cri de mort du Hollow qu'il venait de transpercer. Ulquiorra releva la tête en l'entendant, oubliant un instant l'âme devant lui. Il observa les arrivants, essouflés par une longue course. Orihime avait les joues rosies par la fraîcheur de la nuit. Elle le vit et s'arrêta instantanément, serrant involontairement un ouvrage contre sa poitrine. Kisuke apportait également un ouvrage.
- Qui sont ces personnes ? Demanda l'âme à Ulquiorra en touchant sa manche du bout des doigts.
- Personne ! Répondit-il mécaniquement. Es-tu prête à quitter cette Terre et rejoindre la Soul Society ?
- j'ai un peu peur ... je ne connais personne là-bas ...
- Ce n'est pas le plus important. Tu seras toujours seule, tires-en une force supérieure à celle des autres.
- n'es-tu pas censé me rassurer en tant que Shinigami ?
Ulquiorra baissa les yeux vers la gamine aux grands yeux gris et aux longs cheveux clairs. Elle lui ressemblait. Inconsciemment, sa voix s'adoucit.
- Sans doute est-ce la méthode des autres Shinigamis. Je préfère être sincère. La vie n'est pas plus facile là-bas qu'ici.
- La jeune âme lui sourit et glissa ses doigts de sa manche à sa main. Ulquiorra sursauta en sentit le léger contact.
- Je suis prête, maintenant. Je te remercie pour m'avoir dit la vérité.
Ulquiorra posa un genou au sol et dégaine la lame noire, jusqu'alors dans le fourreau noir. Il retourna la garde vers le front de la petite qui lui sauta au cou un instant avant de lui plaquer un baiser bruyant sur la joue.
- Je suis prête. Tu peux le faire.
Elle se retourna vers Orihime qui arrivait à leur hauteur. Elle semblait attendrie par la scène et dévisageait Ulquiorra avec intensité.
- Elle est jolie ta copine, souffla la jeune âme à l'oreille d'Ulquiorra alors qu'il procédait au rituel de passage vers a Soul Society. Je suis sûre que vous serez heureux ensemble.
Sa voix mourut dans un souffle. Ulquiorra semblait tétanisé en entendant les propos juvénils. Il se releva lentement avant de faire face à la jeune femme rousse et à Kisuke, Yoruitchi et Ichigo.
- J'imagine que vous avez enfin trouvé quelque chose, avança-t-il l'air parfaitement neutre.
Kisuke avait observé la scène entre l'âme et l'ex-Espada avec attention. Yamamoto n'avait pas fait preuve de témérité ou d'orgueil mal placé. Ulquiorra ferait un bon Shinigami et sans doute parmi les plus puissants. Pourtant, il doutait que c'était le but de ce dernier. Il avait ressenti le trouble de la jeune Orihime et vaguement entendu les propos de la jeune âme avant qu'elle ne disparaisse. Il s'approcha d'Ulquiorra et lui tendit l'ouvrage. Orihime fit de même avec le sien. Ulquiorra observa les deux pages ouvertes ... la représentation de Lucifer et l'année notée sur la frise chronologique de l'Ere Kanbun. Il ne releva pas la ressemblance entre sa segunda etapa et la représentation de l'ange déchu.
- Une date ?
Orihime tourna plusieurs pages et lui montra une autre gravure représentant la crucifixion de Saint Pierre la tête en bas.
- Cela vous rappelle quelque chose ? Le questionna Kisuke avec intérêt.
- Non. Rien.
Ils paraissaient tous déçus. Orihime le plus. Cela titilla quelque chose en lui, comme s'il l'avait personnellement déçu. Encore une impression pénible. Il lui prit le livre des mains et regarda de plus près. Lucifer ... Ulquiorra Schiffer ... son nom. Le nom qu'Aizen avait choisi pour lui. Un grand stratège manipulateur comme lui ne pouvait rien faire au hasard. Le vent se leva sur les berges du fleuve, soulevant une nuée de pétale de cerisier rose pâle. C'était la fin de la floraison. La fin de d'une saison. Orihime s'approcha de la berge et posa ses yeux sur le fleuve. Le vent dessinait des vaguelettes sur sa surface et faisait onduler les hautes herbes de la berge en face. Un édifice s'élevait au fond du paysage entre les immeubles, à peine une ombre floue et bleutée à la lumière de la lune.
Ulquiorra s'était approché de la jeune femme et son regard émeraude passa du fleuve aux herbes puis aux immeubles et à l'édifice ... Tout en haut de l'édifice ... Une croix qu'il vit avec une netteté incroyable pour la distance entre l'édifice et eux-mêmes. Une église chrétienne ... Quelque chose remua en lui, d'abord faiblement puis de plus en plus fort ... Il déglutit avec peine tant sa gorge était serrée. Quelque chose refluait en lui. Quelque chose enfoui depuis si longtemps. Quelque chose de sombre et douloureux. Quelque chose d'affreux. Un acte terrible, barbare en réponse à un autre acte tout aussi barbare.
- Ulquiorra ?
La voix d'Orihime était de plus en plus ténue. Une douleur sourde vrillait ses tempes et troublait sa vision. Il sentait que Murcielago voulait s'emparer de lui sans même attendre son ordre. Pourtant il avait été scellé par les Shinigamis. La douleur le pliait en deux. Sa gorge se noua et dans un son guttural ressemblant à une plainte il s'adressa à la jeune femme tout en la repoussant d'une main.
- Eloigne-toi, Femme ... Si tu veux vivre, éloigne-toi de moi ! C'est un ordre !
Orihime roula des yeux terrifiés en observant son reiatsu se développer. Le Capitaine Hitsugaya allait le tuer s'il se transformait sur Terre ! Elle ressentit sa douleur profonde, sa terreur même. Elle vit ses yeux jaunir et les traces vertes sur ses joues s'élargir en deux trainées de larmes noires. Deux ailes noires percèrent son kimono et se déployèrent. Sa segunda etapa était achevée alors même qu'il n'était pas passé par la première étape. Il hurla comme une bête sous la lune, tombant à genou sur la berge, les ailes déployées derrière lui, obligeant les autres à se boucher les oreilles.
