Renaissance

Chapitre 8 : combat de fauves

Les nuées disparurent progressivement autour d'Ulquiorra toujours à genoux. Il était proche du malaise tant la douleur qui irradiait partout en lui était forte. Maudit soit ce poison qui circulait dans ses veines ! Maudit soit ce fou de savant qui l'avait ramené à la vie ! Maudits soient tous ces Shinigamis qui n'allaient pas tarder à lui tomber dessus ! Maudite soit cette Terre sur laquelle on l'avait forcé à se rendre !

Lorsqu'il leva les yeux il croisa le regard inquiet d'Orihime qui malgré son ordre était restée auprès de lui. Il aurait du la maudire autant que tous les autres et pourtant il n'y parvint pas. A travers la douleur il sentit les reiatsus du Capitaine de la Xème et de son Vice-Capitaine s'approcher d'eux. Plus loin il sentit ceux de Rukia et de Renji arriver également ensemble. Et tout près, ceux de Kurosaki et Yoruichi s'enflammer dangereusement. Seul Urahara restait calme et le fixait de ses yeux intelligents.

- il semblerait que les scellés ne soient pas suffisant à moins que ...

Urahara s'arrêta net en voyant le scellé du Zanpakuto d'Ulquiorra intact. Ce n'était pas Ulquiorra qui avait ordonné sa transformation mais sa résurrection qui s'était imposée à lui, comme mue par un instinct d'auto-défense. Un mécanisme en rapport avec les ouvrages qu'ils venaient de lui montrer et quelque chose qu'il avait vu au loin. Urahara plissa les yeux et lorsqu'un nuage découvrit à nouveau la lune, il discerna une croix au-dessus de la seule église chrétienne de Karakura. Elle était située loin dans les faubourgs, sur une colline isolée et elle apparaissait comme un fantôme entre les immeubles modernes.

Il sentit la fureur de Kurosaki et la méfiance de Yoruichi juste à côté de lui et eut juste le temps d'arrêter la lame vibrante d'Ichigo avant qu'elle ne s'abatte sur l'Espada à terre.

- Non ! Ichigo ! Cria Orihime en se plaçant devant Ulquiorra comme pour le protéger.

Ichigo écarquilla les yeux.

- Orihime ! Tu n'es pas sérieuse ... Tu as vu comme nous !

- j'ai vu qu'il n'a pas pas brisé son scellé !

- Orihime !

- Je vois qu'il souffre !

- Orihi ...

- il n'a pas failli Ichigo !

- Orihime, fais attention !

La jeune femme se tenait toujours les bras écartés entre Ichigo et Ulquiorra. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi Ichigo tenta de l'attirer vers lui mais lorsqu'elle se retourna elle se retrouva face à deux prunelles fauves qui la fixèrent une seconde avant qu'elle ne se sentit soulevée de terre, un bras la tenant fermement autour de la taille.

- Ulquiorra ! Ce n'est pas ainsi que nous allons arranger les choses ... repose-moi !

- Je t'avais dit de t'écarter, Femme ! Rien ne finira bien ce soir ! Tais-toi maintenant !

Il lui aboya dessus tout en portant sa main libre à sa tête. Elle allait exploser. Le simple fait de mouvoir ses ailes le mettait au supplice mais il devait en avoir le coeur net tant qu'il pouvait encore respirer. Les autres n'allaient pas tarder à arriver et le faire passer de vie à trépas, trépas définitif cela allait sans dire. La peur de perdre ou blesser la femme les occuperait un instant pendant qu'il chercherait ce qui lui arrivait. Il devait savoir pourquoi Murcielago avait pris possession de son corps alors même qu'il s'était passé quelque chose en lui lorsqu'il avait aperçu l'édifice qu'il survolait à présent.

Il en fit deux puis trois fois le tour, cherchant ce qui ressemblait à une entrée. Le bâtiment n'était pourtant pas si grand. Il finit par repérer un large portail sur l'avant de sa partie longue. La flèche au sommet de laquelle était fixée la croix ne contenait que quelques sculptures et des cloches. Il atterrit devant le portail laissant choir Orihime sur les marches de pierre blanche défoncées. Elle gémit doucement tout en se massant le postérieur mais il ne s'occupa pas d'elle. Le temps allait lui manquer. Il avisa une sorte de cimetière empli de pierres tombales tombées en décrépitude depuis sans doute fort longtemps, à gauche du portail. La partie droite semblait plus récente.

Ulquiorra grimaça de douleur. Le poison pulsait au rythme de ses battements cardiaques. Il lui fallait se calmer sinon il risquait le malaise et évanoui il n'aurait plus aucune prise sur sa destinée. Il voulut avancer vers le portail mais chancela puis se courba en deux sous un lancer douloureux. Il fut surpris en sentant un appui au-dessous de son bras. Il sentit le parfum léger d'Orihime alors qu'elle passa le bras autour de sa taille pour le soutenir. Cette femme le surprendrait toujours. Elle ne dit mot et baissa la tête avant d'avancer vers la porte avec lui. Il se libéra d'Orihime et poussa les deux portes qui s'ouvrirent dans un grincement sinistre.

Il tituba et Orihime le soutint à nouveau. Elle le sentit trembler. Le poison devait être extrêmement violent pour qu'il n'arrive pas à se contrôler. Elle raffermit sa prise pour avancer doucement avec lui, pas après pas. Ulquiorra baissa les yeux vers elle.

- je t'enlève une nouvelle fois à tes amis et tu m'aides ... pourquoi ne profites-tu pas de ma faiblesse pour te sauver ?

- je n'ai pas peur de toi et je veux t'aider ... je suis sûre que tu vas bientôt découvrir qui tu étais ... C'est important ...

« pour moi ! » faillit-elle ajouter. Effectivement, elle n'avait pas un comportement rationnel. Effectivement, elle aurait du partir loin de lui, se sauver tant qu'il lui laissait la vie sauve. Mais pourquoi l'aurait-il tué ?

Ils avançaient le long de la nef, entre les bancs de bois vermoulus. Orihime doutait que des fidèles se rassemblaient encore ici pour prier. Le crépi tombait des murs, plusieurs vitraux étaient brisés et le vent entrait en sifflant avant de ressortir par d'autres trous en face. Ils arrivèrent près de l'autel et Ulquiorra ne tenant plus sur ses jambes, entraîna Orihime dans sa chute, juste devant l'imposant marbre blanc. La tête d'Orihime cogna sur une des marches dans un son mat et sourd. Elle n'avait pas eu le réflexe de se retenir ou de se protéger. Ulquiorra, pour éviter de retomber de tout son poids sur elle, se rattrapa au prix d'un gros effort sur les avant-bras. Sa tête tournait, son sang martelait ses tempes et la vue de la jeune femme inconsciente réveilla quelque chose de primaire en lui.

Sa faim de Hollow était revenue en même temps que sa métamorphose. Une faim dévorante car trop longtemps retenue. Une faim qui n'aurait pas été assouvie par la jeune femme sous lui et pourtant il la désirait de toute ses forces. Non pas en tant qu'homme mais en tant que Hollow, primaire, bestial, brutal. Il s'écarta vivement d'elle, mettant une faible mais secourable distance entre eux.

« pas maintenant » songea-t-il. « pas elle, par pitié ». Son esprit se révulsait à l'idée de la dévorer mais son être primaire hurlait de lui ôter la vie, là, sur le champ, dans cet édifice hors d'âge. Comme un animal en chasse, il renifla son odeur alléchante et s'approcha à nouveau d'elle à la manière d'un fauve s'approchant doucement de sa proie inconsciente du danger. Il sentait la vie palpiter en elle, couler dans ses veines, résonner dans son coeur, pulser le long de ses membres.

Il la vit battre des paupières, revenant lentement à elle. Elle tourna la tête et il vit sa gorge et sur sa gorge le sang affluer et refluer dans ses artères. Il comprit la fascination des vampires, ces créatures légendaires, pour cette partie tendre et vitale du corps humain. Il était au supplice. Sa faim le dévorait, le poison lui déchirait le cerveau, annihilant une partie de ses facultés de raisonnement.

- Ulquiorra, ça va ? Murmura la jeune femme, intriguée par son attitude étrange.

- Eloigne ... toi ... de moi ... vite ...

- Ulquiorra ... qu'est ce qui se passe ? Tes yeux ...

Ses yeux d'habitude si verts étaient d'un pourpre si foncé qu'on aurait pu croire du noir. En lui parlant, elle avait vu que ses dents ressemblaient plus à des crocs. Elle ne le reconnaissait plus. Il semblait souffrir le martyr et elle se sentait impuissante à l'aider.

- j'ai ... faim ... je risque ... de ne ... plus ... plus ... me contrôler ... d'un instant à l'autre. Pars ! Si tu veux vivre, pars tout de suite ! Cria-t-il dans un sursaut de lucidité en sautant sur l'autel pour s'éloigner encore d'elle.

Elle leva la tête vers lui ; la lumière de la lune transperçait les vitraux cassés derrière lui, l'auréolant d'une aura fantomatique. Elle se souvint de la représentation de Lucifer dans le livre d'Urahara. C'était bien lui, Ulquiorra. Ainsi accroupi sur l'autel, il avait l'air aussi solitaire, aussi dangereux que dans la légende chrétienne qui le décrivait. Il la dévorait littéralement des yeux. Et elle se doutait qu'il luttait de toutes ses forces pour ne pas lui sauter dessus.

S'il la touchait les Shinigamis le tuerait. Tant qu'il ne levait pas la main sur elle, il avait encore une chance de s'en sortir. Elle ne voulait pas sa mort, mais là elle ne savait vraiment pas quoi faire. Elle sentait confusément que le moindre geste de sa part pourrait lui être fatal. Ichigo avait raison dans le fond ; Ulquiorra restait un Arrancar puissant, qui pouvait les tuer d'un geste de la main. Sous ces dehors civilisés, il restait aussi un Hollow affamé, toujours en quête de nourriture pour tenter de combler le trou de sa poitrine.

Elle frémit comme une biche aux abois. Que pourrait-elle faire face à lui ? Rien, sans doute. A part, peut-être lui offrir ce qu'il cherchait à obtenir. Ses yeux gris croisèrent les yeux pourpres de la bête qui avait pris possession de l'Espada. La tension était devenue palpable. Des ondes négatives émanaient du reiatsu d'Ulquiorra. Elle pouvait sentir le dilemme qui s'agitait en lui. Il porta ses mains à sa tête et la secoua avec violence.

- Quel beau spectacle ... jamais je n'aurai cru m'amuser autant !

Un rire sardonique accompagna ces paroles qui brisèrent la tension régnant depuis quelques minutes entre Orihime et Ulquiorra. Ce dernier releva la tête comme une bête traquée, cherchant l'origine de la voix. Il renifla l'odeur portée par le vent nocturne sans parvenir à la reconnaître. Puis il eut un rictus de haine pure. Orihime tenta de discerner la forme qui s'approchait d'eux, tombant vers eux du haut du clocher comme une araignée au bout de son fil. Elle discerna une forme humaine tandis que Ulquiorra se détourna d'elle, tournant et se retournant sur l'autel, ses griffes égratignant le marbre pourtant si dur, sa queue battant furieusement autour de lui alors que ses ailes frémissaient.

« Pourvu qu'il n'attaque pas tant que nous ne savons pas qui est ce nouvel arrivant »

- Ulquiorra ! Jamais je n'aurai cru te revoir un jour ... qui plus est dans cet état ...

Elle discerna des yeux rouges, un trou de hollow sur la poitrine nue de l'arrivant toujours accroché la tête en bas, un reste de masque blanc sur le côté droit de la tête assez ressemblant à celui d'Ulquiorra du reste. Il éclata de rire devant ses yeux horrifiés et devant un Ulquiorra au comble de la nervosité, allant toujours d'un côté à l'autre de l'autel comme une bête fauve.

- Allons ... J'ai l'impression que tu as faim, non ? Tu as emmené ton goûter ... profites-en ...

La voix se fit doucereuse et Orihime sentit un frisson remonter le long de son échine. Ulquiorra stoppa net, dévisagea l'arrivant puis Orihime, encore et encore.

- Allons Ulquiorra ... tu sais que c'est ce que tu veux tout au fond de toi ... La dévorer ... planter tes crocs dans cette chair tendre, jeune et frémissante ...

Orihime leva une main à hauteur de visage, comme pour se protéger. Ulquiorra la dévisagea de manière intense. Elle crut un instant qu'il allait lui sauter dessus.

- Ulquiorra, je t'en prie ... Si tu fais cela tu te sentira mieux mais ils te tueront.

Elle sentait les autres approcher. Tenir encore un peu. Le temps qu'ils arrivent. Ichigo allait l'aider. Il ferait entendre raison à Ulquiorra et le protégerait comme il le lui avait promis.

- tu te défends bien, jeune fille ...

La voix n'était plus au-dessus d'elle mais juste à côté d'elle. Elle sentit un souffle froid à son oreille tandis qu'une main griffue agrippait son bras. Elle vit le regard mauvais d'Ulquiorra fixé sur elle et sur l'étranger Hollow qui la retenait à présent. Elle vit les vagues de son reiatsu s'étendre autour de lui, des vagues émeraude et aussi noire que la nuit. Elle ne l'avait pas vu se déplacer. Le Hollow devait être celui qui avait tenté de se dissimuler face à Rangiku.

- Tu connais Ulquiorra ? Demanda-t-elle avec une voix assurée même si elle se sentait plus fragile que jamais.

- Depuis si longtemps ... bien plus longtemps que toi ... bien plus longtemps qu'Aizen ... bien au-delà de sa forme de Hollow ...

Ses doigts s'enroulèrent autour de la gorge d'Orihime, l'obligeant à lever la tête. Son autre main parcourut son flanc avant de se plaquer sur son ventre. Il l'attira vers lui et renifla son cou et ses cheveux. Elle entendit un grognement sourd s'élever de l'autel. Elle ne pouvait plus discerner le visage d'Ulquiorra mais devinait à ce son qu'il était sur le point d'exploser.

- C'est son odeur qui t'attire ainsi, Ulquiorra ... Elle est tout ce à quoi nous devions résister ... le péché originel ... la tentation ...

Elle tenta de s'éloigner sans succès alors qu'il lécha son cou avant de la renifler encore. Elle fut prise d'un haut-le-coeur face au dégoût que lui inspirait l'immonde créature qui la retenait. Le grognement venant de l'autel se transformait en sifflement au rythme de la respiration saccadée de l'Espada.

- Relâche-la !

Le cri clair d'un Ulquiorra soudain lucide résonna sous la toiture, faisant s'envoler quelques oiseaux qui nichaient là. Orihime, toujours contrainte à observer le plafond, les suivit des yeux. Elle vit aussi tournoyer quelques petites créatures aux fines mais robustes ailes. Des chauve-souris. Elle vit aussi une ombre les survoler. Les mêmes ailes en beaucoup plus grand.

- Ulquiorra ! Murmura-t-elle

- Princesse ... je vous laisse, siffla insidieusement la voix de l'autre à son oreille. Mais nous nous retrouverons bientôt.

Il s'envola vers l'Espada et lui porta plusieurs coups que Ulquiorra évita avec peine. Il éclata de rire devant les gestes saccadés de l'Espada puis l'envoya voler à terre, fracassant plusieurs dalles de pierre. Orihime porta ses mains à son visage puis, voyant le Hollow foncer droit sur Ulquiorra, elle fonça vers lui, levant son bouclier de protection entre eux et lui. Le coup fut terrible et ébrécha le bouclier, la faisant tomber à genou. Elle tint bon malgré les assauts répétés.

- Courageuse petite princesse défendant son guerrier. Mais ce n'est pas un conte de fée, ma douce. Tu finiras dévorée ... aujourd'hui ou demain peut-être. Par lui ou par moi ...

Elle frémit sous les paroles bien plus terribles que les actes de ce malade. Elle sentait encore le souffle froid et cette langue râpeuse sur sa chair. Elle raffermit sa prise.

- Je te mangerai ... chantonna-t-il avant de se tourner brusquement vers la porte. Ah, je crois que je dois vous laisser ... tes amis arrivent ... tu leur expliqueras ceci.

Il défonça le bouclier et se rua sur Orihime qui hurla de terreur. Ses crocs s'enfoncèrent dans son cou, pile là où il l'avait léché faisant jaillir son sang. Ulquiorra, les yeux agrandis par l'horreur, se ressaisit et lui décocha un coup de queue qui le renvoya vers le toit. Il y disparut dans un grand éclat de rire non sans ajouter des paroles qui les firent frémir tous les deux.

- Elle est marquée maintenant ... partout où elle ira je le saurai. Elle est mienne Ulquiorra ! Je finirai le festin un de ces jours et je suis sûr que tu seras là ! Pauvre petit ange ...

Le silence finit par retomber, juste interrompu par les gémissements d'Orihime qui se tenait la gorge. Ulquiorra la regarda et suivit des yeux le mouvement des coulures de sang le long de son cou, de son bras, de sa poitrine. Il allait devenir fou. Sa tête allait exploser et sa faim le tenaillait toujours autant. Orihime invoqua son pouvoir de soin et se l'appliqua. Il lui fallait faire vite car elle devinait que pour lui, voir autant de sang devait éveiller ses instincts les plus bas. Le flux s'arrêta. La porte de l'église s'ouvrit d'un mouvement brusque.

- Orihime ! Le cri de Kurosaki emplit l'édifice, se répercutant d'un mur à l'autre.

Il la vit, vit le sang et Ulquiorra, ramassé sur lui-même, toujours en proie au poison.

- je vais te tuer ! Hurla-t-il à son intention.

- Kurosaki !

Urahara l'arrêta au milieu de l'allée.

- Cherche à comprendre ce qui se passe et ce qui s'est passé avant d'agir de façon aussi intrépide.

- Il n'y a rien à comprendre ! Il s'est transformé et l'a attaqué ! Regarde-le !

- Et moi je comprends qu'il y a eu un combat plus complexe qu'il n'y paraît. Orihime nous expliquera tout cela lorsqu'elle sera remise et toi, Ulquiorra, avale ceci.

L'Espada attrapa au vol le tube que Urahara venait de lui lancer. Il contenait un liquide rouge sang.

- du sang ? Articula-t-il.

- Presque ... quelque chose qui devrait calmer ta faim de Hollow sans que tu ne te jettes sur des humains.

- Tu plaisantes ! Gueula Ichigo. Il la tue presque et tu lui refiles un médoc ?

- Ichigo ...

La voix éteinte d'Orihime le calma instantanément. Il sauta d'un bond auprès d'elle pour la rejoindre et la soutenir.

- Orihime ...

- je sais ... tu m'avais prévenue mais ce n'est pas lui qui m'a fait ça ...

- vous n'étiez pas seuls ? L'interrogea Yoruichi.

- Non. Il y avait un Hollow ... très puissant. Ulquiorra m'a défendue.

- j'ai du mal à le croire, mais si c'est vrai, je devrai le remercier sans doute, grogna Ichigo peu amène.

- Oui ...

Orihime lui sourit et lui caressa la joue. Ulquiorra, qui venait de reprendre pied après avoir avalé la potion au goût amer, les observa. Quelque chose hurla en lui mais ce n'étaient ni des souvenirs enfouis, ni la faim d'un Hollow, ni le poison qui brûlait encore dans ses veines. C'était un mélange de sentiments contradictoires qu'il ne comprenait pas. Il sentit aussitôt sa forme libérée le quitter. Murcielago s'en allait après l'avoir sans doute protégé, car jamais sous sa forme classique il n'aurait pu résister à ce Hollow qui semblait si bien le connaître. Il avait beau chercher, il n'avait aucun souvenir de lui.

- Qui était-ce ? Lui demanda Yoruichi sans détours.

- Je l'ignore. Mais il me connaissait.

Ses yeux se posèrent sur Orihime qui se redressa devant lui, un léger sourire sur les lèvres. Un sourire forcé manquant de sincérité. L'épreuve avait du être terrifiante pour elle, coincée entre lui et l'autre Hollow qui avait porté la main sur elle. A ce souvenir, un éclair meurtrier anima les iris émeraude.

- il ne te touchera plus Femme ! Lança-t-il. C'est une promesse.

- Je te fais confiance, Ulquiorra.

Elle leva la main vers sa joue droite. Ulquiorra ne chercha pas à la repousser et laissa les doigts tièdes le caresser. C'était comme un baume cicatrisant ses blessures internes. Etait-ce pour cette raison que le Shinigami remplaçant appréciait tant la jeune femme ? Pour cette douceur et cette onde pacifique qui émanaient d'elle, qui chassaient les douleurs les plus intenses. Déjà, il se sentait mieux même s'il ne comprenait pas le sens de tout ceci. Ichigo lâcha à regrets l'autre main d'Orihime et recula d'un pas. Il n'était plus seul désormais à la protéger et curieusement cela le rassura. Alors que lui-même perdrait ses dons à plus ou moins long terme, l'Arrancar était sûr de les posséder longtemps. Enfin tant qu'il vivrait, songea-t-il en entendant les Shinigamis entrer dans l'Eglise.