avant de vous laisser lire ce petit chapitre, je vous remercie pour tous vos commentaires extrêmement élogieux ! bientôt je vais rougir derrière mon écran.
Je vous livre un chapitre un peu plus court, un peu plus doux que les précédents. Un chapitre de transition. Bientôt la révélation du passé d'Ulquiorra et quelques remaniements pour nos héros. Je m'éloigne un peu de la suite que l'auteur a écrit.
j'ai pris l'arc du Hueco Mundo, la bataille de Karakura et après, j'avoue que je suis en roue libre par rapport au manga. Qu'on me pardonne !
bonne lecture et merci encore à toutes et tous de me suivre ! vos commentaires me font chaud au coeur.
Renaissance
Chapitre 11 : un allié inattendu
Ulquiorra pénétra dans la salle du Conseil, prêt à affronter seul le jugement de ses « supérieurs ». Enfin, aux yeux du Sereitei, car à ses yeux il n'était plus rattaché à aucune personne, aucune faction, aucune terre. Ni ici, ni ailleurs. Une trace de chaleur inattendue se rappela au bout de ses doigts. Il se ressaisit. Ce n'était pas le moment de faire preuve d'un sentimentalisme aussi humainement déplacé. Tous les capitaines étaient déjà là, hormis les trois traîtres dont les places étaient toujours vacantes. A priori, les remplacer prenait un temps ridiculement long comparé aux Espadas.
- Merci Capitaine Kuchiki ! Shinigami Schiffer ! Il est temps !
Yamamoto les accueillit avec dignité et gravité. Il appréciait le capitaine Kuchiki depuis longtemps malgré sa réserve naturelle. Et il devait bien s'avouer qu'il appréciait cette tête de mule d'Espada, qu'il sentait brûlant au fond de lui derrière ce masque d'indifférence et d'impavidité. Ulquiorra considéra chacun des capitaines l'un après l'autre et s'adressa à eux d'une voix claire et distincte.
- Je n'ai rien de plus à dire ...
Un léger souffle froid s'éleva dans la pièce. Kenpachi eut un sourire entendu. Unohana et Ukitake échangèrent un regard consterné. Yamamoto ouvrit les yeux et sa longue barbe frémit plusieurs secondes. Son regard croisa le regard émeraude et le soutint si bien que ce fut l'Arrancar qui céda enfin au bout de quelques minutes qui semblèrent durer des siècles aux autres.
- Vraiment ? ... Cela serait regrettable pour toi.
Le silence s'abattit sur la salle du Gotei 13. Unohana observa entre ses longs cils les deux hommes. Pourquoi Yamamoto tergiversait-il autant avec cet Espada ? Le vieux devait être au courant de quelque chose ou devait vouloir quelque chose de lui ? Et pourquoi ce Schiffer tenait-il tant à rester au Sereitei ? Car pour lui, il n'y avait pas d'autre alternative. Il s'en voulait de ne pas être près de l'humaine pour la protéger lui-même et il faisait tout pour rester ici, un endroit où il était haÏe par tous les habitants, ou presque.
- Dans ce cas, j'ai lu le rapport du capitaine de la dixième et il est accablant. Tu t'es transformé alors que nous te l'avions interdit, peu importe comment. Tu as vraisemblablement mordu l'humaine qui est notre alliée. Et pourtant, tu aurais durant les premiers jours de ta vie sur Terre effectué tous tes devoirs sans aucun problème. Je ne comprends pas ce revirement, mais nous ne pouvons laisser tes errances impunies. En tant qu'ancien Espada, premier au rang des leaders, tu ne peux t'offrir le luxe de ce genre d'égarements. De part ton rang, ancien et à venir, tu dois servir de modèle aux autres ...
Tous levèrent un sourcil perplexe. Yamamoto avait un discours à double tranchant. Il condamnait et pardonnait tout en même temps. Hitsugaya sentait un frisson parcourir son échine alors même que l'image d'Aizen transperçant Hinamori de son Zanpakuto hanta une nouvelle fois sa mémoire. Et cet Espada avait été le bras droit de ce traitre. Il devait mourir, point. Le vent froid soufflait à nouveau dans la salle. Kuchiki l'observa du coin de l'oeil. Le nain faisait des siennes. Yamamoto grommelait dans sa barbe. Lui-même voulait savoir pourquoi cet Espada voulait rester au Sereitei. Le visage souriant et tendre d'Hisana se confondit un instant avec celui de l'humaine guérisseuse lorsqu'elle les avait croisé quelques minutes plus tôt. Ces deux femmes avaient en commun d'avoir croisé un jour le regard réputé dur et froid d'un seigneur de guerre sans l'avoir fui, tout au contraire.
- Capitaine Yamamoto ! L'interpella-t-il. Je demande la parole.
- Capitaine Kuchiki ! Je prends ma décision !
- Je le sais bien. Je sais aussi que cela durera un certain temps, prédit-il avec une certaine impertinence. Aussi, je voudrai vous faire part d'un certain nombre d'éléments qui sont arrivés à moi juste avant que je ne rentre dans la salle du Conseil.
Yamamoto leva un sourcil irrité. Il avait beau apprécier le jeune Kuchiki, le grand-père Kuchiki et son respect naturel lui manquaient souvent. Il fit un geste de la main, indiquant qu'il était disposé à écouter le jeune avorton.
- Capitaine, mon vice-capitaine et le soldat de la XIIIeme division, Rukia Kuchiki, m'ont fait parvenir leurs rapports ... dans les grandes lignes, ils sont à décharge pour le Shinigami Schiffer. J'ai également pu croiser Yoruichi qui m'a expliqué les conditions de sa dernière rencontre avec ce fameux Hollow qui aurait mordu l'humaine. Il existe bel et bien et pourrait se rendre quasiment invisible à notre perception. Cela en fait un ennemi dangereux. L'un des rares si ce n'est le seul à pouvoir le voir, serait le Shinigami Schiffer. Yoruichi et Urahahara ne l'ont pas vu alors qu'il était à moins de dix mètres d'eux. De plus, le Shinigami Schiffer semble vouloir s'imposer au Sereitei sans nous en donner la raison.
Le regard de Yamamoto passa de l'un à l'autre tout comme celui des autres capitaines. Kenpachi semblait aussi déçu qu'Unohana soulagée. Hitsugaya écarquilla ses beaux yeux gris. Il allait s'en sortir ! C'était impensable. Et ce serait l'oeuvre de Kuchiki, l'un des plus impitoyables capitaines du Gotei 13. Pourquoi ?
- Bien ! Nous avons donc besoin d'un délai supplémentaire. Trop de questions restent en suspens. En revanche, jeune Shinigami, vous resterez dans la Tour. Et puisque le Capitaine Kuchiki semble avoir à coeur de défendre vos intérêts vous serez sous sa garde. Capitaine Kuchiki, ce Shinigami est désormais sous votre responsabilité exclusive. La séance est levée. Vous avez une semaine.
O o O o O o O
Orihime était revenue la veille à Karakura. Elle s'était rendue directement chez elle. Les travaux venaient de s'achever, bien vite aux yeux de ses voisins. Le Sereitei n'y était pas étranger. Elle était enfin chez elle. Seule. Elle ferma la porte derrière elle et s'y appuya. Oh bien sûr, Yoruichi avait repris sa forme féline et résidait à présent avec elle pour assurer sa protection. Mais elle ne pouvait pas se défaire de ce sentiment de manque et d'isolement.
Un éclair vert traversa sa mémoire. Ces deux orbes émeraude, intenses et magnétiques qui ne la lâchaient plus. Elle se jeta sur son lit et fixa la lune à travers les fenêtres ouvertes. Elle était sûre que le Hollow allait revenir et que lorsqu'il reviendrait ses plaies se remettraient à saigner. Pourquoi n'avait-elle pas réussi à se soigner alors qu'Isane n'avait eu aucune difficulté ?
Une ombre passa devant sa fenêtre et elle vit la fenêtre s'ouvrir sur Ichigo qui sauta souplement à l'intérieur. Il s'approcha doucement du lit et elle leva la tête vers lui. Il fut frappé par son regard empli de tristesse et ne sut pas quoi lui dire. Il venait juste s'assurer si elle allait bien et et la trouver ainsi lui faisait du mal.
Son amie avait subi trop de malheur et de tristesse, trop pour une si courte vie. Il espérait de tout coeur que tout irait en s'arrangeant pour elle. Leurs regards se croisèrent et il posa sa main sur sa tête, caressant ses cheveux avant de cueillir une larme du bout de l'index.
- Je suis si désolé Orihime. Pour tout. Si je n'avais pas rencontré Rukia et accepté ses pouvoirs, tu n'aurais jamais eu à subir tout ça ...
Elle lui sourit faiblement.
- Kurosaki-kun. Tu n'y es pour rien du tout je t'assure. C'est ainsi que cela devait être ... je suis juste un peu fatiguée ...
Les cernes qu'elle avait sous les yeux parlaient pour elle. Elle était épuisée. Ichigo lui caressa la joue et dans un élan de tendresse lui baisa la joue. Comme l'aurait fait un frère, comme l'aurait fait un ami. Il se redressa, ne trouvant plus rien à ajouter. Puis sortit, non sans avoir jeté un dernier regard vers elle, toujours recroquevillée sur le lit.
Yoruichi avait suivit la scène depuis l'armoire où elle s'était perchée. Elle se sentait triste de voir que l'histoire avait une fâcheuse tendance à se répéter et commençait à croire que toute histoire d'amour était vouée à l'échec, du moins dès lors qu'un Shinigami entrait en scène.
Elle sentit une des leurs arriver non loin d'ici, près de la demeure des Kurosaki. Déjà ? Le Sereitei devait prendre la menace du Hollow très au sérieux. Si plusieurs Hollows avaient ce don, ce serait catastrophique. L'équilibre entre les forces des Shinigamis et des Hollows serait rompu. Les Shinigamis ne pourraient plus protéger efficacement les humains.
O o O o O o O
Rukia posa un pied sur l'herbe humide puis le second. Elle scruta l'obscurité puis leva les yeux vers la chambre d'Ichigo. Elle était plongée dans l'obscurité. Il ne devait pas être présent. Elle développa légèrement son reiatsu et le sentit un peu plus loin, près du fleuve. Elle l'y trouva effectivement, en Shinigami, s'entraînant comme un forcené. Non, comme un enragé. Il était hors d'haleine et pourfendait des monstres invisibles avec son zanpakuto.
Son regard était si noir qu'un instant elle avait crut que son Hollow intérieur avait pris possession de lui. Mais non, c'était bien Ichigo. Mais différent. Il sentit sa présence et s'arrêta, lui jetant un regard agressif qui la surprit. Il s'arrêta pour souffler, s'appuyant sur son arme et s'adoucit à peine.
Rukia s'approcha les sourcils froncés. Qu'est ce qui pouvait bien encore traverser cette tête brulée ?
- Oh, Kurosaki ! Qu'est ce qui t'arrive encore ?
- Laisse tomber, Kuchiki.
« tiens, pas Rukia » songea-t-elle avec un petit pincement au coeur.
- Tu chasses l'homme invisible ?
- qui te dit que je ne chasse pas le Hollow que tu ne peux pas sentir ?
Le ton était rogue. Elle prit la mouche. Cet idiot se moquait d'elle ?
- très bien, Kurosaki. Si tu le prends sur ce ton, affronte-moi au lieu de chasser les mouches !
- Laisse tomber Kuchiki, j'ai pas envie !
- pff ... tu as peur, lâche !
Les mots claquèrent et atteignirent leur but. Ichigo poussa un grognement sinistre et se rua sur elle. Les lames des deux zanpakutos s'entrechoquèrent à un rythme saccadé. Rukia peinait à le contenir. Elle sentait de la fureur et de la peine dans chacun de ses coups. Il semblait en colère contre lui-même et contre elle.
Elle dévia l'un de ses coups et d'une envolée gracieuse le frappa du plat de la main derrière la nuque. Ne s'y attendant pas, il se retrouva au sol, les bras en croix, la nuque douloureuse, son Zanpakuto à côté de lui. Il était essoufflé, il avait mal. Non pas à la nuque, là où elle l'avait frappé mais à l'intérieur, dans son coeur.
Il posa sa main sur ses yeux, se cachant de la lumière de la ville, des étoiles et de la lune. Il maudit un instant son sort. Il maudit sa future faiblesse et sa faiblesse actuelle qui l'empêchait de protéger Orihime.
Rukia se gratta la tête perplexe. Le voir ainsi était assez nouveau. Elle connaissait Ichigo le râleur, Ichigo l'agité, Ichigo le dépressif, Ichigo le tenace, Ichigo le courageux et Ichigo le vainqueur. Elle s'assit à ses côtés et le dévisagea.
- Tu m'expliques ? Lança-t-elle.
- Y'a rien à dire !
- Pff ... c'est certain.
Le silence retomba et elle joua avec les brins d'herbe haute. Ichigo grommela quelque chose et se retourna vers elle.
- Pourquoi tu es là ?
- C'est mon frère qui m'a envoyée ici pour vous protéger.
- pff ... il me prend pour qui ? Pour un nul ?
- s'il t'avait vu tout à l'heure, il l'aurait vraiment pensé.
- merci !
Le silence retomba une nouvelle fois. Ichigo tourna la tête et la dévisagea. Elle était sereine, parfaitement calme. Ses longs doigts jouaient avec l'herbe. Ses cheveux noirs avaient bien poussé depuis leur première rencontre. Il la trouvait moins garçon manqué qu'avant. Il se gratta la tête et ronchonna. Décidément, il n'était pas très rationnel ce soir.
- qu'est ce qui t'arrive Kurosaki ?
- Rien.
- tu ne pourras pas éternellement la protéger. Elle est plus forte que tu ne le croies.
- Tu ne l'as pas vu tout à l'heure, cria-t-il d'un coup, la faisant sursauter. Elle n'a pas à subir tout ça ... Tout ça c'est de ma faute en fait ! Elle n'aurait pas eu besoin de souffrir au Hueco Mundo si je ne t'avais pas rencontrée ! Si je n'avais pas ces pouvoirs spirituels !
Elle sursauta et un voile de tristesse passa dans ses yeux. Ichigo s'en voulut aussitôt. Déballer ses états d'âmes sans y avoir mis les formes était stupide et blessant. Rukia voulut se lever mais il la retint.
- Rukia ... je ...
- Laisse-moi, Kurosaki.
Elle voulut se lever encore une fois mais il la retint fermement et elle retomba sur le sol, allongée les bras en croix, comme l'était Ichigo quelques minutes plus tôt. Il se tourna vers elle, la dévisageant. Elle semblait aussi triste qu'Orihime quelques heures plus tôt.
- Rukia, je suis désolé. Je ne voulais pas dire ça.
- tu l'as dit. Mais ce n'est rien.
Elle tourna la tête pour ne plus le voir. Surtout ne pas lui montrer à quel point ses mots lui avaient fait mal. Un poignard planté dans son corps lui aurait fait moins mal. Elle sentit les doigts d'Ichigo toucher ses cheveux et chercher à tourner son visage. Elle sentait son corps qui s'était rapproché du sien. Elle sentait sa force à travers leurs hakamas. Elle aurait voulu se lever vite et partir encore plus vite.
- Rukia, murmura-t-il avec un accent de sincère regret. Je suis désolé, vraiment.
Elle tourna enfin la tête et il vit les deux sillons de larmes qui s'étaient tracés sur ses joues pâles. Ses grands yeux le fixèrent un instant avant qu'elle ne voulut les détourner. C'en était trop, il se rapprocha d'elle et posa sa main au creux de ses reins, l'obligeant à le regarder droit dans les yeux. Il replaça une mèche derrière son oreille et la dévisagea de façon intense.
- Rukia, laisse-moi t'approcher. Laisse quelqu'un t'approcher.
- Pour me dire que tu regrettes de m'avoir rencontrée.
Quelle tête de mule. Il s'était déjà excusé deux fois. Il soupira et lui sourit tout en essuyant une de ses larmes. Cela faisait deux fois ce soir qu'il essuyait de larmes sur le visage de ses amies.
- je suis pas doué, n'est ce pas. En tant que Shinigami, en tant qu'ami.
Elle renifla et jeta avec dédain.
- Commence pas avec tes bêtises. Si tu veux te faire plaindre c'est raté ! Je ne suis pas la bonne personne pour ça !
- je sais ... Et ce n'est pas ce que je cherche ... je préfère te voir ainsi, remontée contre moi, vivante ...
- pfff ...
Il l'attira un peu plus vers lui et posa son menton sur le crâne de la jeune femme. Cette dernière se retrouva avec le nez dans le cou de Kurosaki. Elle rougit légèrement. C'était bien la première fois qu'ils étaient aussi proches.
- Rukia ?
- Oui ...
Sa voix était un peu étranglée. Une curieuse boule naissait dans sa gorge. Il ne disait plus rien. Sa respiration était redevenu sereine, ses yeux et ses idées clairs. Il n'y avait qu'elle qui parvenait à le remettre à chaque fois sur le droit chemin. Et bientôt il ne pourrait plus la voir. Son étreinte se resserra un peu plus autour des frêles épaules.
- Rien. Restons un peu comme cela, si çà ne te gêne pas.
Elle fut surprise mais acquiesça, un léger rouge aux joues, le coeur battant un peu plus vite que d'habitude. Quelque chose remua en elle. Quelque chose qui n'aurait pas du lui arriver. Pas avec lui en tout cas. Surtout pas avec lui !
O o O o O o O
- ce n'est pas la Tour.
La voix calme de l'Espada résonna dans la vaste demeure des Kuchiki. Byakuya jeta un oeil sur lui et l'invita à entrer dans une vaste pièce à peine meublée. Les murs étaient blancs, les plafonds également, le plancher de bois massif brillant, le meubles de bois foncé.
D'un geste, il lui désigna une table basse où Ulquiorra s'installa, le droit très droit, le faciès toujours indifférent. Tout à la différence de son regard qui inspectait scrupuleusement chaque recoin de la demeure depuis qu'il y avait pénétré.
Une femme gracile entra avec un plateau contenant le nécessaire pour le thé. Il s'inclina devant le capitaine et s'en alla aussi silencieusement qu'elle était venue. Réaliser la cérémonie du thé et le servir aux invités faisaient autant partie des coutumes que des devoirs d'un seigneur Kuchiki. Byakuya s'y conformait avec beaucoup d'attention et d'habileté.
Ulquiorra observa en silence les gestes précis et considéra un instant la fine tasse que le capitaine finit par poser devant lui.
- au risque de vous déplaire, je ne me nourris pas comme les humains ou les Shinigamis ...
- les choses changent. Ce qui est vrai au Hueco Mundo peut ne pas l'être ici ou sur Terre.
Byakuya souffla un peu sur sa tasse avant de déguster le liquide chaud à petite gorgée. Ulquiorra huma le breuvage avec circonspection, avant d'en avaler une gorgée. Diplomate, il préférait ne pas froisser son hôte. La texture du thé vert et la sensation sur sa langue lui plurent. De même que le silencieux rituel qui avait permis d'arriver à la boisson.
- Pourquoi m'avoir fait venir ici ? Finit-il par demander.
- Pourquoi vouloir rester au Sereitei ?
- je souhaiterai une réponse ...
- moi de même.
Le silence retomba entre les deux protagonistes. Le calme régnait dans la demeure et Ulquiorra apprécia ces quelques instants.
- Que cherches tu ici ?
Byakuya crut qu'il n'allait pas répondre. Pourtant ...
- des réponses. D'après Aizen, vous disposez ici d'un élément précieux que nous n'avons pas au Hueco Mundo. Votre immense bibliothèque.
- tu restes ici pour lire ?
- Oui.
La réponse était claire, nette, tranchante. Byakuya sut que c'était la stricte vérité. Il devait s'avouer qu'il appréciait cet invité silencieux et pragmatique. Quasiment son double en Hollow.
- Je peux t'aider. Ukitake et Shusei sont des rats de bibliothèque. Ils pourront nous aider. Que cherches-tu plus spécifiquement ?
- Des écrits relatifs à l'année 1666. Et aux religions chrétiennes et à leurs expansions à cette époque.
- c'est tout ?
Ulquiorra but une autre gorgée de thé vert. Ce breuvage au goût si particulier, empli de tanins et d'arômes intenses lui plaisait. Byakuya avait du le comprendre car il le resservit, l'air de rien.
- non, finit-il par avouer. Je voudrai en savoir plus sur les Hollow et les Shinigamis.
- le sujet est vaste. Cette partie doit couvrir des mètres de murs couverts d'ouvrages, des murs haut de plusieurs mètres eux-mêmes.
- je commencerai par des livres généralistes. J'affinerai si j'en ai le temps.
Byakuya leva un sourcil perplexe. Cet Arrancar lui ressemblait beaucoup décidément. Il ne parlait qu'à bon escient, restait sobre dans ses explications et parfaitement droit dans ses convictions.
- Bien. Comme je te l'ai dit, je t'aiderai. J'irai parler à Ukitake. Le reste suivra. En attendant tu devras rejoindre tes quartiers. Je viendrai t'y chercher d'ici deux heures environ.
Ulquiorra se leva et son regard tomba son un discret portrait situé sur une étagère de bois sombre juste à côté de la porte sombre, entouré par un porte-encens et une petite coupelle à offrandes. La femme ressemblait beaucoup à la Shinigami nommée Rukia. Pourtant, ce n'était pas elle.
- Qui est-ce ?
- Rukia, mentit Byakuya comme il le faisait à chaque fois qu'on lui posait la question.
Ulquiorra le regarda de biais, lui signifiant clairement qu'il ne le croyait pas. Byakuya ne se corrigea pas et finit par sortir derrière l'Espada, le raccompagnant jusqu'à la Tour. Il le laissa sur le seuil de sa cellule et se retourna avant que la porte se renferme.
- C'était ma femme. Hisana, la soeur de Rukia. Nous n'aurions jamais du nous lier.
La porte se referma sur lui et Ulquiorra se retrouva seul. « curieux personnage »songea-t-il. « Un homme droit. Une personne de confiance. Un adversaire de qualité ». Il avait jeté sa dernière phrase sans une once de colère, avec un soupçon de regret. Regret qu'il estima lié à la perte et non à l'union.
Le visage de la femme humaine Orihime Inoue passa furtivement devant ses yeux. Pourquoi son cerveau l'obligeait à chaque fois à revenir à elle ? Ce n'était pas raisonnable. C'était même irrationnel. Le contraire de ce à quoi il croyait depuis toujours. Où était-ce un de ses autres organes qui lui jouait des tours ?
