merci à tous et toutes pour votre soutien ! une nouvelle fois !

j'avoue que je me répète mais que voulez-vous, votre fidélité me touche.

santan-sensei : mais non tu n'as pas l'imagination d'une quiche ! et non, Byakuya et Ulquiorra ne sont pas soeurs ! lol ! peut-être des frères éloignés. merci pour tes commentaires en tous les cas...

numéro 4 : je ne sais pas quoi te dire devant tant de compliments. les reviews m font plaisir, me manquent un peu forcément, mais ce n'est pas l'essentiel. l'essentiel est de parvenir à toucher les gens avec une bonne histoire tout en tentant de respecter au maximum les personnages.

hesymi : merci encore. j'espère que tu reviendras me lire.

Li : merci et encore merci. et ne passe plus à côté ... lol

sur ces bonnes paroles, bonne lecture et si vos avez encore le courage, écrivez-moi un commentaire. sans jeter des tomates pourries svp !

Renaissance

Chapitre 12 : rats de bibliothèque

Yoruichi, chatte noire en furie sauta de l'étagère où elle s'était réfugiée à peine cinq minutes plus tôt pour aller se cacher plus haut. Elle feula en direction du plumeau rose qui l'assaillait.

- Yoruichi ! Tu sèmes tes poils partout ! Kya !

Orihime, après avoir passé deux journées et deux nuits complètement apathique et prostrée entre le lit et le canapé, s'était transformée en ménagère impitoyable. Elle traquait la moindre poussière, la plus petite trace et le plus fin des poils depuis plus de deux heures maintenant, rendant la pauvre chatte à moitié folle. Yoruichi finit par se retransformer en humaine-Shinigami, toute nue bien sûr. La jeune rousse hurla de surprise et rougit comme une pivoine.

-Yoruichi-san ! Tu m'as fait peur ! Mets quelque chose sur toi !

Elle lui jeta un peignoir rose, tout à fait sage et comme il faut que Yoruichi renifla avec un mélange de dédain et de dégoût.

- Oh pitié ! Pas étonnant qu'il reste de marbre ... déjà que ça se rapproche de son stade naturel.

Orihime n'avait pas compris et continua d'épousseter.

- je ne vois pas de quoi tu parles Yoruichi-san.

- ben voyons ! Tu renvois Ichigo. Tu déprimes ici toute seule. Et le seul nom qui sort de ta bouche quand tu es endormie est celui du Cuatro.

Orihime rougit encore plus.

- tu racontes n'importe quoi Yoruichi-san !

Elle se tourna et attaqua vaillamment la salle de bain, repoussant au loin les dires de la belle brune et ses propres pensées.

O o O o O o O

Le calme régnait au sein de l'immense bibliothèque. Seuls quelques murmures s'élevaient entre les étagères et les studieuses tables d'étude faiblement éclairées. Byakuya et Ulquiorra pénétrèrent ce lieu saint quasi mystique en même temps et du même pas. C'est ce que pensa Ukitake en les voyant entrer.

- Ils sont faits du même bois. Sourit-il en s'adressant à son homologue.

Ce fut sa vice-capitaine qui répondit.

- Du même bois que Byakuya ? Je ne sais pas lequel des deux est le plus à plaindre dans ce cas !

Elle réajusta ses lunettes comme le font souvent les gens particulièrement myopes et irrités et se replongea dans un vieux livre ouvert devant elle. Kyoraku lui sourit et se rapprocha d'elle, la gênant un peu comme à son habitude.

- Tss ... ce n'est pas beau d'être jalouse.

Ils se turent en laissant les deux êtres à l'air le plus indifférent qu'ils connaissaient prendre place à leurs côtés. Byakuya jeta un oeil vers Nanao qui se replongea derechef dans son livre en étudiant consciencieusement la plus petite des multiples annotations.

- Vos recherches avancent ?

- tu viens à peine de nous prévenir Kuchiki ! Lança Kyoraku. Laisse-nous au moins le temps de regrouper quelques ouvrages.

Il montra du doigt les deux piles de livres que des Shinigamis travaillant là venaient de leur apporter. Ulquiorra haussa un sourcil et examina les tranches des livres avant d'en désigner un du doigt.

- Puis-je ?

- Je t'en prie.

Ukitake lui tendit le livre tout en relevant le titre. « Histoire et légendes de Karakura – tome 3 – Epoque d'Edo, partie 1 ». Ulquiorra le prit en le remerciant d'un geste discret de la tête puis alla directement au sommaire, puis directement aux pages censées l'intéresser. Il les lut rapidement, les tournant les unes après les autres avec la régularité d'un métronome lorsqu'il s'arrêta sur un chapitre. Les autres, après l'avoir observé une minute, avaient fait de même en silence. Byakuya claqua des doigts et l'un des Shinigamis apparut près de lui.

- Oui Seigneur Kuchiki ?

Il ne dit rien mais tendit une feuille de papier couverte de son écriture belle et précise. Les Shinigamis s'égaillèrent comme une volée de moineaux entre les étagères et revinrent quelques minutes plus tard avec deux nouvelles piles.

- je veux un formulaire d'autorisation de sortie pour ces ouvrages. Je les emmène chez moi.

- bien Seigneur Kuchiki. Tout de suite.

Nanao fronça ses charmants sourcils. Dire qu'il lui fallait batailler parfois durant plus de deux heures pour sortir un malheureux ouvrage de ces murs. Le capitaine, pardon « Seigneur » Kuchiki n'avait qu'à claquer des doigts pour en sortir une vingtaine. C'était frustrant !

- Allons, Nanao. Souffla son capitaine bien trop près de son oreille. Ne sois pas jalouse, je viens de te le dire.

Kuchiki fronça un sourcil devant la familiarité toujours clairement affichée entre ces deux là. Le Sereitei allait au désastre avec ce genre de comportements puérils et indignes de leurs rangs. Ulquiorra ne daigna même pas sortir de son étude et prit un second livre puis un troisième, au rythme régulier d'un étudiant qui passerait son diplôme dans moins d'une semaine. Au bout de cinq longues heures sans bouger Koryaku bailla tout son saoul et s'étira. Ukitake lui sourit.

- tu me dois une bouteille de saké ! Je savais que tu ne tiendrais pas six heures !

- Ah non !

- Ah non !

Nanao et son capitaine s'écrièrent en même temps.

- Capitaine ! Vous ne deviez plus parier avec le capitaine Ukitake ! Il vous connait si bien qu'il gagne à tous les coups !

- Oh ... je sais, je sais ... mais tant pis ! Je ne tiens plus. Je vais me dégourdir les jambes et je reviendrai.

Il s'en alla bien vite et sa vice-capitaine soupira avant de s'excuser auprès des autres et de le rejoindre. Ukitake souriait toujours puis se tourna vers les deux restant à l'étude. L'ambiance était nettement moins gaie entre l'Espada plongé dans son ouvrage et Byakuya qui lisait mais surveillait aussi les alentours du coin de l'oeil, notant sans doute la moindre chose qui pourrait ne pas entrer dans le décor. Quoiqu'il entreprenait c'était toujours avec le même sérieux, que ce soit sur un champs de bataille ou dans une paisible bibliothèque. Il devait être prêt. Quelle différence avec Rukia, impulsive et d'un coeur aussi pur que la blancheur de son zanpakuto. Il s'assombrit un peu.

- Pourquoi avoir renvoyé Rukia à Karakura, sans même m'en parler ?

- je t'ai fait parvenir le formulaire concerné pour cette dérogation. Il s'agissait d'un cas tombant sous le cadre de la loi ...

- Elle est dans ma division. Je dois approuver ses sorties.

- C'est pour ça que tu devrais te trouver très vite un vice-capitaine. Tu es débordé par l'administratif.

- Je l'ai choisi. C'est entre les mains du Capitaine Yamamoto.

Le silence retomba entre les deux protagonistes, brisé seulement par les pages qu'Ulquiorra tournait mécaniquement. Pourtant ce fut lui qui relança le débat, sans même daigner les regarder.

- Tu n'as pas répondu à sa question.

- ça ne te regarde pas.

La réponse était nette mais ne satisfaisait ni l'Espada ni le calme Ukitake.

- Si cela a à voir avec le démon invisible à votre perception, cela me regarde.

- Ne m'oblige pas à revenir sur ma parole et te t'enfermer dans la Tour durant toute la semaine à venir. Tu n'y gagnerais rien.

Ulquiorra en convenait mais cela l'agaçait. Ukitake le perçut et c'est lui qui relança le capitaine drapé dans sa dignité. Celui-ci eut un petit rictus soulignant son désagrément et ferma les yeux.

- Elle doit protéger le Shinigami remplaçant et l'humaine. Yoruichi ne le perçoit pas plus que Urahara. C'est sans doute la même chose pour Kurosaki ...

- et pour Rukia aussi ...

- sans doute, mais ensemble ils seront plus fort. De plus, elle souhaitait s'y rendre. Je suppose pour Kurosaki.

Ukitake pencha la tête et songea que Byakuya avait fait quelques progrès envers Kurosaki. Au mieux, la relation compliquée entre Rukia et Ichigo semblait l'indifférer. Ulquiorra dévisagea les deux capitaines. Ils se battaient au sujet de la petite femme Shinigami ? Et que venait faire Kurosaki là-dedans ?

Ce qu'il avait bien compris c'est que le Sereitei n'allait pas tarder à envoyer des renforts à Karakura. La seconde division, chapeautée par Soi Fon, avait été en ébullition toute la journée. Puis plus rien. Il avait suivi du coin de l'oeil par les grandes fenêtres les espions partir en tous les sens. Ils étaient rapides, même pour son regard. Et il était certain que Byakuya les avait également vu.

Ce dernier ne faisait jamais rien par hasard. Ulquiorra songea qu'en envoyant sa propre soeur, il pourrait facilement prendre le prétexte de lever une armée pour aller voir lui-même le Hollow s'il s'en prenait à elle. Simple et logique. Il l'aurait fait lui-même. En attendant, il avait trouvé quelques réponses mais guère plus. Et le reste serait pour le lendemain au vu des deux capitaines qui se levaient de concert. Ukitake salua Kuchiki un peu froidement puis s'en alla. Ulquiorra et Byakuya sortirent aussitôt après lui.

Ce dernier remercia d'un geste sec de la tête le Shinigami qui avait porté les livres chez lui puis se tourna vers Ulquiorra.

- Tu dormiras dans la Tour cette semaine et ceci te suivra. Je te suggère de trouver au plus tôt quelque chose et de m'en faire part. Au pire, je le saurai grâce aux caméras. Je préfèrerai le savoir par toi. Question de principes. J'agirai ensuite en conséquence.

- Tu as placé tes pions et j'en fait parti.

Simple constatation. Byakuya esquissa un sourire en coin.

- J'en conviens. J'ignore juste encore quel rôle te confier ... la tour et son déplacement si prévisible ou le fou ?

- Tss ... Il y a bien assez de fous au Sereitei ...

Ils arrivèrent dans la dernière cellule de la Tour. Ulquiorra se tourna vers Byakuya avant que la porte ne se referme.

- Attention au cavalier, Capitaine. Il est prévisible mais peut surprendre même les plus aguerris.

Byakuya laissa la porte se refermer et sourit. Pas un sourire carnassier à la Kenpachi, mais un sourire y ressemblant. Dans le style « un adversaire à ma hauteur ! Enfin ! »

O o O o O o O

Un sifflotement et un chant mielleux s'élevaient au milieu de la nuit, sous la lune haute dans le ciel de Karakura.

- jolie petite princesse ... si seule, si seule ... si pure, si pure ... jolie petite princesse, tu rêves encore à ton prince ... mais ton prince est si loin ... si loin, si loin ... et je suis si près, si près ...

Un éclat de rire déchira le silence, faisant s'envoler quelques chauve-souris. Une ombre blanchâtre et fantomatique sortit du bois situé à côté du cimetière et de la vieille église en esquissant un petit pas de danse au milieu des chauve-souris.

- volez, volez mes petites amies ... bientôt il reviendra vers vous et vers moi ... et je pourrai enfin finir son éducation ... mon jeune disciple ...

Il continua vers l'Eglise et sauta avec souplesse sur les toits avant d'entrer dans le clocher. Il se suspendit à la cloche, la tête en bas. Elle retentit plusieurs fois à la volée, réveillant quelques voisins en contrebas de la colline et ceux dans les appartements des hauts immeubles situés à hauteur du clocher.

Bien plus loin, Yoruichi sous sa forme féline, dressa l'oreille. Elle était postée devant la fenêtre de la chambre d'Orihime qui dormait d'un sommeil agité. « ce son ... ces maudites cloches. Il est là-bas à nouveau. »

- Il nous nargue, s'éleva une voix bien connue.

Urahara était assis en tailleur sur le balcon devant la fenêtre. Yoruichi se faufila dans l'entrebâillement et s'installa sur ses genoux. Elle ronronna lorsqu'il lui gratta la tête, juste derrière les oreilles.

- On ne ne peut pas le voir, pas le sentir, donc il se fait entendre ... c'est un grand malade.

La chatte feula et crachota, exprimant ainsi son vif mécontentement avant de se remettre à ronronner paisiblement. Il sourit un peu et s'adossa plus confortablement à la fenêtre, profitant du calme qui régnait encore sur Karakura. Ils savaient tous les deux que cela ne durerait pas.

O o O o O o O

Ulquiorra leva la tête de sa lecture et coula un regard vers la caméra à sa droite qui grinça dans son déplacement. Il était toujours épié. Il retourna une seconde à sa lecture avant de fermer l'ouvrage sur « thèses sur les liens entre Shinigamis, Humains et Hollow ». Ce livre était assommant, même pour lui. Il décrivait les rapports entre les trois groupes par une approche scientifico-psychique complètement aberrante.

Il se leva et s'étira avant de se diriger vers la fenêtre. Tout le Sereitei s'étalait devant lui. Des lumières brillaient doucement, illuminant les rues pavées et propres. Les toits d'un rouge foncé luisaient sous la douce lumière de la lune.

Tout était différent ici. La lumière était douce tout comme l'air. L'ambiance était paisible. Au Hueco Mundo, la lumière était blafarde, le désert était blanc, le ciel était noir, les cris et les hurlements toujours présents.

Il vit au loin les silhouettes de Matsumoto, de Shuhei et de Kira tituber dans l'une des rues, surement ivres morts. Ils s'éloignaient tous les trois, bras dessus bras dessous, en zigzaguant entre les murs et bientôt il ne le vit plus. Le calme revenait sur le Sereitei.

Un vent léger et frais entra par la fenêtre. Il enfonça ses mains dans son hakama et laissa l'air caresser son torse sur lequel s'était ouvert son kimono blanc. Pourrait-il se sentir bien ici, au Hueco Mundo ou sur Terre ? Pourrait-il comprendre les humains ou les Shinigamis ? Pas grâce à l'assommoir qu'il venait d'ingurgiter. Il espérait que le prochain serait moins pénible.

Mais avant il devait dormir quelques heures. Il avait encore de longues heures d'études devant lui et il doutait sérieusement de trouver en moins d'une semaine. Il se doutait que le Hollow allait revenir sous peu. Son image était devenue plus floue depuis qu'il avait quitté sa seconde résurrection. Il avait déjà tenter de le dessiner plusieurs fois mais les traits restaient flous.

En fait, il se demandait s'il ne perdait pas son temps ici. Il commençait à douter également de son propre rôle dans l'histoire. Ce Hollow en avait après lui, c'était certain. Il le connaissait personnellement. Cela aussi était sûr. Mais s'il avait voulu sa perte et vu son niveau de force spirituelle, il l'aurait attaqué bien plus tôt, bien avant que Aizen ne libère toute sa puissance grâce au Hogyoku. Il l'aurait fait alors qu'il était plus faible au Hueco Mundo.

Quelque chose ne cadrait pas. Cet étrange Hollow voulait autre chose et ce quelque chose avait un rapport avec Karakura, l'Eglise et le Hueco Mundo. Maintenant qu'Aizen n'était plus à Las Noches, que l'Espada n'existait plus, que se passait-il là-bas, chez lui ?

Il secoua la tête comme pour s'éveiller. Non, ce n'était pas chez lui. Ni là-bas, ni ici, ni à Karakura. Il n'existait pas de « chez lui ». Hormis peut-être lorsqu'il était tombé en poussière et que ses cendres s'étaient confondues avec l'air, la terre et le vent. Le néant, le vide, le rien. C'était cela chez lui. C'était lui aussi.

Et pourtant, il était revenu. Et pourtant, lorsqu'il avait eu la possibilité de retourner à cet état de vide en choisissant la mort par la lame, il avait choisi la vie et donc l'inverse du vide. Le tout, le chaos, le bruit, la lumière, la fureur, la douleur, la chaleur, le coeur. Il était en vie ... mais une vie à moitié.

L'image de l'humaine s'imposa à nouveau à lui. Elle représentait bien la vie, telle que lui se l'imaginait. Elle était son contraire, son opposée en tout. Elle croyait en la vie, en l'existence des choses. Elle croyait aussi en cette chose que les humains appelaient le destin. Cette chose qui avait placé Kurosaki sur sa route, Kurosaki dont elle était éprise ... comme elle le lui avait avoué sans qu'il n'en ait conscience le jour où lui-même l'avait emmené à Las Noches. Il l'avait suivi et espionné partout, jusqu'à ce moment. Il l'avait écouté avec attention, toujours, y compris à Las Noches ... même quand elle parlait de ce coeur, qu'il ne comprenait toujours pas.

Une douleur lança dans ses doigts. Il se rendit compte qu'involontairement il les avait crispés autour d'un barreau de la fenêtre, le tordant, le cassant et plantant un morceau de ferraille dans sa paume.

- Oh.

Ce fut son seul terme en regardant le trou dans sa main une fois qu'il eut retiré le morceau rouillé. Ce qu'il vit en revanche fut un bon signe. Sa plaie cicatrisa toute seule, rapidement. Cela voulait-il dire qu'au Sereitei il conservait sa faculté de régénération, contrairement à la Terre ?

Il entendit la porte s'ouvrir et les gardes envahirent la pièces. Evidemment, ils avaient tout vu. Et il devrait sans doute répondre à quelques questions le lendemain.

O o O o O o O

- les gardes m'ont rapporté tes exploits nocturnes.

Byakuya croisait les bras, visiblement mécontent derrière son bureau.

Ulquiorra avait été conduit derechef dans le demeure des Kuchiki et les gardes avaient réveillé le chef de clan, chose qu'ils craignaient toujours. Cela avait encore duré une demi-heure avant qu'il ne se présente devant eux, non qu'il n'en ait eu besoin mais plutôt qu'il devait se calmer avant de voir son prisonnier. Il était agacé. Que lui avait-il pris ? Son geste avait bien entendu été interprété comme une tentative d'évasion. Par les gardes, par les caméras de surveillance qui étaient reliées à la division de Kurotsuchi.

Ulquiorra, l'air indifférent, restait les mains dans les poches, sans rien attendre de lui. Il savait ce qu'il risquait. Selon la décision de Kuchiki, c'était la mort ou la vie. Le même choix se lisait dans les yeux du seigneur de clan.

- J'ai un vice-capitaine qui n'en fait qu'à sa tête. Une demi-soeur qui fait de même. Et je dois maintenant gérer un prisonnier qui ne fait guère mieux. Un Espada de ton rang. J'aurai pensé mieux de toi.

Son ton monocorde parvenait à peine à masquer son irritation. Il détestait perdre son temps et là, c'était précisément ce qui arrivait. Ulquiorra haussa les épaules.

- je ne te comprends pas. Tu cherches par tous les moyens à en savoir plus sur toi-même, sur ce Hollow et juste après tu te mets toi-même en difficulté. Inutilement. Et sottement.

Le silence retomba entre les deux hommes, juste brisé à rythme régulier par une fontaine en bambou qui tapait contre une pierre sitôt le bambou vidé.

- Tu ne dis rien ?

- Je n'ai rien à ajouter.

- tu voulais t'enfuir ?

- Non.

- tu as trouvé ce que tu cherchais ?

- en partie.

- parle m'en et je verrai ce que je peux faire pour toi. Kurotsuchi a déjà du faire un rapport détaillé. Il rêve de te récupérer pour te disséquer.

- je m'en doute.

- Parle !

Le ton n'était plus celui de la conversation mais un ordre qu'un supérieur donnait à un subalterne. Ulquiorra leva un sourcil mais s'exécuta néanmoins et se lança dans l'un des plus grands monologues de sa vie.

- J'ai trouvé quelques informations dans l'un des ouvrages l'histoire de Karakura durant l'année 1666. Un ouvrage original. Il confirme le déroulement de deux faits. L'un en tout début d'année. Le massacre de la communauté catholique, de son plus haut prélat jusqu'au plus humble moine. L'autre en fin d'année, le massacre des villageois sur la colline située en face de l'Eglise. Une seule fillette resta en vie cette nuit là. Le meurtrier s'est donné la mort durant cette même nuit. C'était un rescapé de la communauté.

Kuchiki s'était renfoncé dans son siège et observait Ulquiorra, toujours aussi indifférent.

- Cela confirme la thèse d'Urahara.

Ulquiorra acquiesça et poursuivit.

- L'ouvrage a été rédigé par le Shinigami alors responsable de ce secteur. Il a du faire appel à certains de ses confrères et à un Capitaine pour réaliser tous les enterrements selon les règles. Vos règles. Il y avait eu trop d'humains en même temps et ce massacre a conduit de nombreux Hollows jusqu'à Karakura. Lorsque les Shinigamis sont apparus sur la colline, le responsable des meurtres était encore présent et venait de se donner le coup fatal, en se plantant son katana dans la gorge sous les yeux de la fillette.

- Il s'est arrêté juste avant de la tuer aussi ?

Oui ... puis il a retourné l'arme contre lui.

Ulquiorra fit une pause, les épaules un peu plus voûtées avant de se redresser et de poursuivre sur le même ton que s'il conversait de la pluie et du beau temps.

- Le capitaine et les Shinigamis l'ont laissé faire. Puis lorsque son âme est apparue ils l'ont enchainé et laissé là, entre les arbres juste près de l'Eglise. Ils n'ont jamais procédé à son enterrement et l'âme n'a jamais été à la Soul Society. Le capitaine l'avait condamné au néant ; à n'être ni en vie ni totalement mort. Il est resté ainsi dans cet endroit maudit et vide. Vidé par la fureur des hommes et par sa propre main. Peu à peu, un trou s'est formé à l'endroit où il avait planté son katana et son âme s'est transformée en Hollow. Cela s'est fait très lentement, sur des dizaines d'années. Puis, n'ayant plus rien à faire dans le monde des humains, il a suivi d'autres Hollows et est arrivé au Hueco Mundo.

Kuchiki croisa les bras, fermant les yeux, résumant la situation par quelques mots.

- un moine qui avait dédié sa vie à son Dieu venge ses frères puis se donne la mort avant d'être repoussé par la Soul Society et finit par devenir un Hollow après des siècles de non existence.

Ulquiorra hocha la tête et reprit la parole après quelques minutes de silence.

- Ces ouvrages n'ont pas été choisis au hasard.

- Byakuya ouvrit les yeux devant cette constatation et Ulquiorra précisa sa pensée tout en lui coulant un regard de biais.

- La liste des ouvrages était déjà prête avant que nous n'entrions dans la bibliothèque.

- En tant que membre de la famille Kuchiki, je suis comme tous les membres de mon clan au service des registres historiques de la Soul Society. Je savais donc où chercher mais pas ce que je devais chercher précisément.

- C'est là que j'entrais en jeu.

Byakuya hocha la tête et posa une courte question.

- Qui était le Capitaine ?

- Le capitaine Yamamoto.

Byakuya hocha la tête une nouvelle fois. Cela lui ressemblait bien d'ordonner de ne pas secourir une âme si il estimait qu'elle n'avait pas droit à un pardon. Surtout à l'époque. Depuis, il avait vieilli et il avait fondé l'Académie, pris la tête de toutes les divisions et surtout tempéré ses décisions.

- Ce jeune moine ... Est-ce notre Hollow indétectable ?

- Non.

La réponse fusa, nette et tranchante. Byakuya haussa un sourcil.

- Ce jeune moine s'est planté son arme dans sa gorge ... Il a été ensuite enchainé et son trou de Hollow s'est progressivement formé à ce même endroit et pas à l'endroit du coeur, comme pour beaucoup de Hollow.

Tout en parlant, Ulquiorra avait entrouvert son kimono, laissant apparaître sa peau blanche et le trou dans sa gorge.

- Ici, précisément. Continua-t-il en effleurant le trou du bout des doigts.

Byakuya décroisa les bras et se leva lentement. Sa question fut muette mais Ulquiorra y répondit quand même.

- Oui, c'était moi ...