le week-end fut productif ... et la nuit dernière longue. je vous livre ce chapitre qui risque de vous partager. D'abord parce que la seconde moitié du chapitre finit en lemon. Non amateur de citron, passez votre chemin ... mais bon, ça reste soft, d'où le non changement du rating.
ensuite encore une fois merci pour vos commentaires ou pour avoir sélectionné ma fic pour la suivre.
satan-sensei : quel serait donc ce défi ?
La terrible La : merci pour ton commentaire. Kuchiki reviendra bientôt. j'aime beaucoup ce personnage aussi.
sinon, avez-vous pu accéder à l'oeuvre de bleach-redux ? Je serai heureuse de lui transmettre vos avis sur sa création.
bonne lecture à tous !
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Renaissance
Chapitre 16 : le yin et le yang ... le froid et le chaud ...
Il entendit des pépiements joyeux puis, en ouvrant lentement les yeux, vit la lumière du soleil nimber la pièce vide autour de lui. Des panneaux japonais traditionnels blancs réfléchissaient la lumière qui pénétrait par la grande baie ouverte. Le ciel bleu était parsemé de quelques nuages. Le paradis après ces heures passées dans l'enfer et la noirceur absolus. Où était-il ? Il ouvrit complètement ses yeux et tenta de repousser la mèche noire qui y retombait. Son bras lui fit atrocement mal et juste après avoir balayé sa mèche rebelle, il le laissa mollir à côté de son corps fourbu. Il avait du passer sous un train lancé à pleine vitesse. Des images surgirent dans sa mémoire. Les Hollows, la chute, la douleur, son jeune double et son curieux combat.
- Ulquiorra ... l'autre Ulquiorra ... marmonna-t-il.
Un froissement de vêtement se fit entendre à l'autre bout de la pièce. Il entendit le claquement caractéristique de getas marteler le sol et tourna la tête vers le bruit.
- Ah Ulquiorra ! Enfin !
- Urahara. Le salua-t-il assez sèchement alors que l'autre s'asseyait en tailleur à ses côtés.
Urahara le dévisagea, son bob vissé sur ses yeux à peine visibles, un grand sourire aux lèvres.
- Il était temps ! Trois jours et trois nuits entières ... il fera d'ailleurs nuit dans peu de temps ...
Ulquiorra ne répondit rien malgré sa surprise. Il avait dormi tout ce temps ? C'était à peine croyable alors qu'en tant qu'Arrancar il n'avait besoin que de deux ou trois heures de sommeil par jour et pouvait même aisément s'en passer. Il rouvrit les yeux et sembla chercher quelqu'un. Urahara suivit son regard circulaire en souriant.
- ah désolé ! Ils sont tous partis ... en cours sans doute ... mais tous vont bien, si ça peut te rassurer.
Ulquiorra fit sa tête de « Et alors ? Qu'est-ce que ça peut bien me faire ? » et referma ses yeux.
- Tu es vraiment silencieux, tel que Kurosaki-kun t'a décrit.
- Pourquoi suis-je encore ici ?
- Tu devais reprendre des forces dans un endroit au calme. Ici c'est parfait ! Mais ne crains rien, Yoruichi protège la jeune Inoue et Abarai également, puisque tu lui as pris sa chambre.
L'idée du Shinigami aux cheveux rouges dormant chez l'humaine lui arracha une grimace involontaire et un sourire narquois éclaira la face d'Urahara. Les réactions involontaires de l'Arrancar soi-disant insensible à toute chose humaine l'amusait beaucoup.
- tu es assez fort pour te lever ou est-ce trop tôt ?
- ...
Une insulte n'aurait pas été pire. Ulquiorra se redressa sans rien laisser paraître de sa douleur et s'assit, se donnant juste le temps de reprendre son souffle avant de se mettre sur ses pieds. Il regarda son corps couvert de bandages blancs. Pour tout vêtement il ne portait que son hakama noir de Shinigami. Il alla clopin-clopant vers la baie ouverte sur l'extérieur et y prit appui, observant le ciel et la verdure de la pelouse et des arbres. Urahara, les mains cachées dans les larges manches de sa veste, était juste derrière lui.
- Alors Shinigami Schiffer, est-ce que ton voyage a été concluant ?
Ulquiorra sentit le vent léger sur son visage. Quelle différence avec la noirceur de son, non, de ses âmes. Il n'avait aucune envie de se confier à ce personnage singulier qui lui faisait penser au cinglé qui l'avait fait renaitre de ses cendres. Il lui lança un regard de biais. Même s'il se donnait des airs d'arriéré mental, cet homme, ex-capitaine était sans doute l'un des plus dangereux de tout le Sereitei. Aizen le lui avait longuement décrit, cet inventeur génial de nombreuses choses dont le Hogyoku qui lui avait donné sa forme d'Espada.
- Qu'avez-vous à gagner de tout ça ?
Urahara haussa les sourcils et renfonça son bob encore d'avantage.
- Je suis extrêmement curieux. De plus, j'ai initié cette expérience inédite ... j'aimerai en connaître la conclusion.
- Nous sommes alors deux à le vouloir.
Urahara leva un sourcil interrogateur.
- Tu n'as pas pu croiser cette âme finalement ?
- Si. Mais je n'ai pas obtenu les réponses que j'escomptais.
- Ah.
Le silence retomba entre les deux hommes, seulement entrecoupé par le chant tranquille des oiseaux présents dans le jardin. Ulquiorra ferma les yeux et s'appuya un peu plus contre la cloison. Son corps était douloureux malgré les soins prodigués par l'humaine et malgré sa régénération qui semblait plus lente sur la Terre qu'au Sereitei.
- Il m'a dit que je pourrai revenir ... Lança-t-il sur le ton de la confidence.
- Qui ?
- L'âme du jeune moine que je devais rencontrer ... Il s'appelle également Ulquiorra ...
- Ah ? C'est intéressant.
Ulquiorra lui lança un regard de biais. Urahara comprit sa question silencieuse.
- Le Hogyoku sert à abolir la barrière entre les Shinigamis et les Hollows. Mais il sert aussi à révéler la véritable nature des créatures qui s'en servent et qui acceptent son pouvoir.
- Ce jeune double m'a expliqué que nous avions été séparés suite à une explosion.
- C'était sans doute quand Aizen a utilisé le Hogyoku sur toi. Il a du sortir une partie de toi, la partie la plus sombre et laisser enterrée en ton inconscient ce double qu'il a jugé plus faible, donc indigne de servir ses desseins.
- Cela expliquerait une partie des ses mots ... il est dans une sorte de précipice dont il ne peut s'échapper.
- Intéressant.
Urahara le dévisagea avec intensité.
- Que s'est-il passé ?
Ulquiorra referma les yeux. Ses souvenirs étaient un peu flous. Il ignorait pourquoi il répondait à cet étrange énergumène mais peut-être celui-ci pourrait l'aider à comprendre, voir même à retourner en lui pour trouver les réponses qu'il n'avait pu obtenir.
- Il était jeune, bien plus que moi. Il me ressemblait et pouvait se servir du Zanpakuto que m'ont donné les Capitaines du Gotei 13 pour purifier les âmes.
Urahara écarquilla les yeux.
- De plus en plus intéressant.
- Ne vous emballez pas. Je ne suis pas une de vos souris de laboratoire à vous ou à ce malade de Kurotsuchi.
- je n'essaierai même pas. En revanche, en tant que créateur du Hogyoku, je peux peut-être t'aider à y voir plus clair.
- ...
Ulquiorra abandonna sa position et rentra dans la pièce. Il trouva ses vêtements et commença à se rhabiller. Urahara était resté dans la même position.
- où comptes-tu aller dans cet état ? Je ne donne pas cher de ta peau si tu rencontres un Hollow aujourd'hui.
- j'irai là où l'on m'a ordonné de me rendre ; chez l'humaine.
Urahara eut un grand sourire qu'il ne vit pas.
- tu es vraiment accroc aux ordres. Cela doit venir de ta condition de moine. Aizen l'avait bien repéré. Ce n'est pas pour rien qu'il a fait de toi son bras droit.
- ...
- je t'accompagne. Je me sens un peu responsable de ton état après tout.
Ulquiorra ne répondit pas. Il reprit les deux Zanpakutos en fixant celui des Shinigamis un peu plus longtemps. Le jeune moine l'avait utilisé d'une manière qu'il n'aurait jamais cru possible. Par deux fois. Une fois pour combattre, l'autre pour le renvoyer vers le monde réel. En le transperçant juste là. Il toucha l'emplacement juste sous ses côtes du bout des doigts. Urahara suivit son geste sans faire de commentaire. L'Arrancar n'avait encore rien remarqué du changement qui s'était produit en lui. C'était encore ténu mais pourtant bien présent. Il sortirent et entamèrent le chemin qui menait à la maison de la jeune rousse.
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Orihime et Renji, après avoir raccompagné Ichigo et Rukia jusque chez lui, venaient de bifurquer dans la rue qui menait à la maison. Renji, les bras croisés derrière la tête, marchait en observant la jeune femme. Elle souriait encore. En réalité, il avait découvert depuis qu'il s'était installé chez elle qu'elle souriait toute la journée ... du matin au soir, devant tout ce qu'elle voyait. Elle disait bonjour à tous ceux qu'elle croisait dans la rue et avait toujours l'air heureux. Comment réalisait-elle ce prodige ? Il connaissait son passé par Ichigo et Rukia. Où trouvait-elle la force de sourire encore et toujours ?
Il sentit deux reiatsus arriver dans leur direction, à peine camouflés et les reconnut. Visiblement le camouflage suffisait à les rendre invisibles à la perception de la jeune femme. Leur cohabitation allait s'achever et il le regrettait presque. Elle était attachante ... curieuse et bruyante, mais attachante. Il soupira et hâta le pas devant l'air interrogateur d'Orihime.
- tu as de la visite ! Se contenta-t-il de dire.
Il arrivèrent sur le pas de la porte. Urahara était assis sur les marches, Ulquiorra s'appuyait de dos contre la rambarde des escaliers. Orihime écarquilla les yeux en les voyant là.
- Oh ! Urahara-san, Ulquiorra ...
L'Arrancar ne daigna même pas se retourner. Renji haussa un sourcil énervé et se dirigea droit sur lui, lui décochant une tape « amicale » qui faillit le renverser.
- Yo, Ulquiorra ! Ça y est tu es debout ! Il était temps. Même un simple soldat serait remis plus vite chez nous.
Le regard que l'autre lui lança le refroidit assez vite. Le masque d'impassibilité était toujours là mais dessous Renji sentit quelque chose de nouveau. Il interrogea Urahara du regard qui se contenta d'esquisser un sourire tout en secouant légèrement la tête.
- Bon, si t'es pas encore mort, tu pourras la protéger à ma place ... mais t'inquiète pas, je serai pas loin. Après tout, le Capitaine m'a chargé de te surveiller.
- ...
- Je ne serai pas loin non plus. Renchérit Urahara en touchant son bob du bout des doigts pour saluer Orihime. Il n'est pas encore tout-à-fait remis, surveille-le de près ... Lui murmura-t-il à l'oreille. Je peux compter sur toi, jeune Inoue ?
- bien ... bien sûr. Répondit-elle en rougissant.
- je te fais confiance ... je crois que tu pourras lui apporter bien plus que moi et que nous tous réunis ... Abarai, on y va.
- Yo !
Elle rougit d'avantage et les salua alors qu'ils s'éloignaient la laissant seule avec Ulquiorra. Enfin, pas tout à fait. Yoruichi-chat devait encore être quelque part dans la maison. Elle ouvrit la porte et la chercha des yeux mais ne la trouva nulle part. Ulquiorra l'avait suivi sans un mot et entra dans le salon avant de chercher des yeux la chambre qu'il avait occupé quelques jours plus tôt. Orihime suivit son regard et le devança dans la pièce où régnait une pagaille monstre.
- Ah ! Je crois que Renji a pris ses aises. Mais je vais nettoyer tout ça très vite. Installe-toi dans le salon en attendant.
Il hocha la tête et s'assit sur le canapé. Son corps se fatiguait trop vite à son goût. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Il avait été blessé mais de là à se sentir aussi en forme qu'un Hollow de bas étage après sa formation. Il observa sa main et son bras bandés puis se toucha l'abdomen du bout des doigts. Quelque chose en lui était différent. Pourtant physiquement rien n'avait changé. Orihime revenait vers lui.
- j'ai fini. Tu peux y aller si tu veux te reposer un peu. Je vais préparer le repas maintenant.
Ulquiorra se leva et passa devant elle sans réagir, sans un regard. Elle pencha la tête sur le côté et fronça un peu les sourcils. Il était bizarre. Certes, c'était Ulquiorra le silencieux, le froid et impassible Espada qu'elle connaissait mais il y avait quelque chose de différent. Sans doute était-il épuisé. Après tout, elle avait eu du mal à guérir ses blessures. Elle repensa à ce moment il y a trois jours où elle avait entendu battre son coeur et revenir à la vie ...
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Elle écarquilla les yeux. Elle avait entendu battre son coeur ... l'organe qu'il avait bien sûr pour faire circuler son sang dans ses veines ... mais pas seulement ! Comment avait-elle pu passer à côté de cela ? Elle l'avait pourtant sentit lorsqu'elle le soignait ... ce coeur qui pulsait dans sa bulle réparatrice. Elle se dirigea vers la porte de la chambre de l'Arrancar et hésita un moment avant de tourner la poignée, les doigts un peu tremblants.
Il était devant la fenêtre, vêtu seulement de son hakama noir et le corps couvert de ses bandages, exactement comme chez Urahara. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, la tenue des Shinigamis lui paraissait trop lourde à porter. Orihime observa sa silhouette qui se découpait dans le clair-obscur de la nuit tombante. Il ne se tourna même pas mais lui adressa toutefois la parole assez sèchement.
- Que veux-tu, femme ?
- je ... je ... je voudrais savoir comment tu te sens ?
- ma santé semble tous beaucoup vous préoccuper. Remarqua-t-il sans répondre à sa question.
- j'ai senti quelque chose de différent en toi lorsque je t'ai soigné. C'était différent de la première fois. Se lança-t-elle.
Il ne répondit rien et se contenta de hausser les épaules.
- Que s'est-il passé dans ton inconscient ?
- rien qui ne te regarde.
Elle hésita avant de poursuivre mais avança d'une toute petite voix.
- Je peux peut-être t'aider.
- M'aider ? Si tu veux m'aider, femme, fais demi-tour et sors de cette pièce sans te retourner.
Le ton était d'une froideur glaciale et elle faillit lui obéir comme elle l'avait fait si souvent à Las Noches. Pourtant elle ne bougea pas d'une pouce. Elle était chez elle, ils n'étaient plus à Las Noches. Et même s'il refusait de l'admettre, il avait besoin d'elle. Elle ressentait un vide qui demandait à être comblé et elle doutait qu'il y parviendrait seul. Peut-être pourrait-elle le mettre sur la voie même si elle ignorait ce qu'elle devait faire ? C'était sans doute quelque chose comme soigner une blessure.
Une certaine tension s'installa dans la pièce qui s'assombrissait au fur et à mesure que la nuit tombait. Ulquiorra tourna à peine la tête et lui lança un de ses intenses regards en biais. Elle raffermit sa position et avança doucement vers lui, comme elle l'aurait fait devant une bête sauvage qu'elle aurait voulu apprivoiser et qui pourrait lui sauter à la gorge à tout moment. Il fronça ses sourcils noirs et lui fit face. Son visage était mangé par l'ombre. Elle ne voyait plus que l'éclat émeraude de ses yeux et les fines lignes vertes sur ses joues. Elle déglutit sous la tension qui s'était installée. Pourquoi voulait-elle donc le provoquer ?
- Ulquiorra ... je ne te jugerai pas ... je pourrai t'écouter sans même te donner mon avis ...
- à quoi cela servirait ?
- à te sentir mieux. Dire les choses soulage.
Ulquiorra plissa ses paupières jusqu'à ce que ses yeux ne deviennent que deux fentes vertes. Elle faillit reculer mais tint bon. Il ne l'impressionnerait pas si facilement. Pourtant, elle se rendait bien compte qu'elle tremblait ... non pas de peur ... mais d'autre chose ... comme une attente ...
- je n'ai pas besoin d'être soulagé, comme tu dis. Je cherche des réponses et tu ne pourras pas me les fournir.
- qu'en sais-tu ? Lança-t-elle sur un ton de défi qui l'étonna elle-même.
Elle eut juste le temps de finir sa phrase qu'elle se retrouva plaquée, dos contre le mur, un de ses bras retenu au-dessus de sa tête par la poigne d'Ulquiorra. Elle n'avait pas vu son déplacement. Même blessé, il restait extrêmement rapide.
- Pourquoi me provoques-tu, femme ? Ton comportement est étrange !
Elle sentit son souffle juste sur sa joue. Il prenait appui sur le mur derrière elle et elle devinait à sa main crispée sur son poignet qu'il avait toujours mal. Elle tourna la tête et plongea son regard dans le sien avant de lui sourire.
- Tu ne me fais pas peur Ulquiorra. Je sais que tu ne me feras pas de mal.
Il fronça les sourcils et serra son poignet un peu plus fort. Leurs souffles étaient plus saccadés. Le reiatsu d'Ulquiorra émettait de faibles pulsations autour d'eux, au rythme des battements de son coeur.
- Femme ... commença-t-il.
- Orihime ... mon nom est Orihime Inoue ... murmura-t-elle.
- Femme, que cherches-tu à la fin ?
Il devenait de plus en plus nerveux. Ce quelque chose qu'il avait sentit différent le dérangeait et le dérangeait d'autant plus à sa proximité.
- Laisse-moi t'approcher, Ulquiorra.
- Non.
La réponse était limpide et peut-être trop rapide. Elle ferma les yeux une minute et les rouvrit.
- Est-ce que tu as peur de moi, Ulquiorra ?
Les yeux verts s'écarquillèrent de surprise et il resserra encore sa prise, se rapprochant d'avantage d'elle.
- Je n'apprécie pas ta plaisanterie, femme !
- ça n'en était pas une ... je crois que quelque chose chez moi te fait peur.
Elle s'approcha également de lui. Leurs visages se touchaient presque. Elle le mettait au défi de reculer ou d'avancer encore. Ulquiorra ne comprenait rien à son manège mais choisit de battre prudemment en retraite en revenant sur leur sujet de départ.
- J'ai rencontré l'âme du moine. Il porte mon nom, me ressemble en plus jeune et sait se servir du Zanpakuto des Shinigamis. Satisfaite ?
- Non, pas encore. Qu'as-tu ressenti ?
- Ressenti ? Je t'ai déjà expliqué que ce genre de sentiments humains ne s'appliquent pas à moi ! Lança-t-il en se redressant un peu.
Elle leva la tête pour éviter de rompre leur lien visuel.
- Je crois que si. Je crois que tu le ressens maintenant. J'en suis même sûre.
- Assez ! Tes sottises me lassent.
Il voulut se détourner mais elle l'en empêcha en le retenant par son bandage sur le thorax.
- Je ne te laisserai pas refermer ton coeur parce que tu as peur !
- Tu vas trop loin ! Gronda-t-il d'une voix sourde en appuyant de son poids contre elle.
Elle grimaça un peu à cause de son poignet toujours maintenu au-dessus de sa tête.
- Je veux t'aider ?
- Pourquoi ?
- pourquoi ? Parce que ... parce que ... parce que ...
La question simple et directe l'avait désarçonné. Elle se sentit rougir jusqu'aux oreilles et remercia la nuit d'être tombée.
- je ... je ... je voudrais que tu ailles mieux ... parce que ... parce que je tiens à toi ...
Il ouvrit de grands yeux et elle eut l'impression qu'il se battait contre quelque chose en lui. Elle le vit secouer la tête et se reprendre. Ses prunelles de chat se firent plus dures.
- ça suffit ! Arrête de dire la même chose à tous ceux qui t'entourent !
- Comment ?
- N'est-ce pas quasiment les mêmes termes que tu as utilisé lors de tes adieux à Kurosaki avant que je ne t'emmène à Las Noches ?
- tu m'as espionné ?
Ce n'était pas une accusation, une simple question comme si elle avait déjà envisagé cette possibilité. Il ne lui répondit pas. Lui-même cherchait une réponse à sa propre question sur le visage de la jeune femme. Elle prit un air plus grave et sa main libre monta des bandages vers le visage de l'Espada. Ses doigts effleurèrent sa joue gauche avant se mêler à ses cheveux derrière son oreille. Il se laissait faire sans bouger. En fait, il ne savait pas comment réagir. C'était comme si quelque chose d'invisible l'empêchait de bouger.
Il entendait le coeur de la jeune femme battre de plus en plus vite. Le sien semblait vouloir suivre le même rythme. Il eut un frémissement dans sa nuque, là où la jeune femme caressait sa peau froide. Il sentait ses doigts tièdes et avait l'impression que ce contact le brûlait. Quelque chose remua en lui ... comme une impression oubliée ... comme une sensation de bien-être qui voulait émerger du néant de son âme.
Orihime ne faisait rien de raisonnable, elle le savait. Elle ignorait ce qu'elle devait faire et suivait son instinct, le même qui l'avait conduit à obtenir ses pouvoirs de soins. Celui de protéger ... Tatsuki, Ichigo ... Ulquiorra. L'Espada était aussi fort qu'Ichigo et pourtant tous deux semblaient avoir les mêmes manques. Elle avait finalement compris qu'elle ne pouvait combler ceux d'Ichigo et qu'une autre qu'elle le ferait sans doute mieux qu'elle ne pourrait jamais le faire.
Elle s'approcha de lui sans mouvement brusque, lui laissant tout le temps de se reculer s'il le souhaitait ... pourtant il ne bougea pas d'un pouce. Ses lèvres se posèrent sur celles de l'Espada et elle frissonna. Sa peau était dure sous ses doigts et ses lèvres aussi froides qu'un matin d'hiver. Pourtant, elle les trouva douces. Elle appuya un peu plus fort, cherchant inconsciemment une réponse de son vis-à-vis.
Ulquiorra était figé. Les lèvres douces de la jeune femme étaient une brûlure sur les siennes. Son être se partageait en deux parties ; l'une qui lui ordonnait de la repousser et de partir, loin et vite ... l'autre de répondre à son baiser ... Il se battit un moment contre lui-même. Jusqu'au moment où il la sentit le quitter. Il la vit reculer. Sa main retomba le long de son corps et elle tourna la tête vers la fenêtre. Il lui maintenait toujours le bras au-dessus de la tête et finit par le relâcher. Orihime resta immobile contre le mur, le regard perdu dans le vide.
Quelque chose se brisa en lui. La voir ainsi lui était tout à coup insupportable. Elle n'avait pas le droit de devenir comme lui, de devenir une personne vide. Elle devait être un soleil, aussi brûlant que les reflets de ses cheveux. Elle devait être pour tous ceux qui l'entouraient la preuve que la vie serait toujours la plus forte. Et pour cela elle devait rester en vie. Pourquoi ne pouvait-elle pas comprendre que côtoyer les Shinigamis voulait dire côtoyer des Hollows et donc la mort. L'expérience avec Aizen ne lui avait donc pas suffit ? Il ne comprenait pas ces humains, leurs motivations et plus particulièrement il ne la comprenait pas. Cela finissait par l'irriter.
- Femme ...
Il s'arrêta net lorsqu'elle leva les yeux vers lui. Ses mains tremblaient un peu lorsqu'il la saisit aux épaules. Il aurait voulu la secouer et lui expliquer les choses pour faire rentrer un peu de bon sens dans ce crâne. Pourtant ce fut son corps qui prit le pas sur sa volonté. Elle venait de réveiller quelque chose de nouveau en lui, quelque chose qu'il ne savait pas comment maîtriser. Il l'attira vers lui et posa ses lèvres sur les siennes sans ménagement. Elle eut un hoquet de surprise mais se laissa faire. Il força la barrière de ses lèvres douces et leurs langues se cherchèrent, se rencontrèrent dans un ballet vieux comme le monde.
Orihime ferma les yeux et se laissa aller dans ses bras, répondant à ce baiser exigeant. Elle enfouit ses doigts dans les cheveux de jais et se pressa contre lui, lui arrachant un grognement sourd. Il s'écarta un peu d'elle, le souffle saccadé. Son regard plongea dans le sien, y cherchant des réponses. Ses lèvres étaient gonflées par leur baiser et ses cheveux un peu ébouriffés. Pourtant, elle lui sourit. Elle aurait pu lui en vouloir ... elle aurait du lui en vouloir, selon toute logique. Pourtant, elle s'avança vers lui et posa sa tête sur sa poitrine, encerclant sa taille de ses bras. Il posa ses bras sur ses épaules et la serra contre lui, s'enivrant du parfum de ses cheveux. Il luttait pour ne pas recommencer. Son comportement était tout sauf rationnel ! Pour un peu, il se serait comparé à cette bête lubrique de Nnoitra ou ce fauve de Grimmjow. Il devait s'écarter d'elle.
- Femme ...
- chut ... ne dis rien ... s'il te plait ...
Elle releva la tête vers lui et reposa ses lèvres sur les siennes. Elle avait compris comment l'aider finalement. Ulquiorra devrait accepter son statut de vivant pour parvenir à avancer vers son futur. Il n'était plus seulement un Arrancar. Il devrait aussi l'admettre.
Ulquiorra répondit à son invitation et la repoussa contre le mur. Ses doigts se mêlèrent aux siens et ses lèvres quittèrent sa bouche pour descendre le long de sa joue, de son cou qu'elle tendit vers lui. Il mordilla son cou, jusqu'aux marques de morsures laissées par le Hollow, qu'il embrassa avec plus de douceur comme pour les effacer. Elle gémit alors qu'il descendait plus bas encore. Leurs doigts se séparèrent et elle s'accrocha à lui. Elle n'avait peur que d'une chose ; qu'il vienne à la repousser en ces instants qu'elle aurait voulu plus longs encore.
Elle sentit ses longs doigts se faufiler sous son tee-shirt et le lui relever, avant de le lui ôter. Elle frissonna sous son regard intense et sous la fraicheur de la nuit qui entrait par la fenêtre ouverte. L'ombre d'une petite chauve-souris tournant au-dehors la fit sourire. Ulquiorra ne faisait plus un mouvement. Sa main se leva et frôla sa poitrine, là où se trouvait son coeur.
- Est-ce que je le verrai un jour, cette chose immatérielle que tu nommes le coeur ?
Elle attrapa sa main et la posa sur son coeur, se rapprochant de lui.
- Il est là ... et là ...
Elle avait posé la main sur son propre coeur, là où se trouvait son chiffre tatoué, juste sous les bandages. Il respira plus vite et l'attira vers lui. Il ne voulait pas changer et pourtant, à l'instant même il venait d'accepter cette simple idée de changement. Il l'attira vers le lit et l'embrassa encore tout en l'allongeant. Il doutait qu'elle ait quelque expérience en la matière et lui-même n'était guère plus avancé. Etre l'Espada du néant doublé d'un moine ne prédestinait pas à une somme d'expériences similaires. Il se plaça au-dessus d'elle et l'interrogea du regard.
Orihime ne voulait pas réfléchir, penser aux conséquences et au lendemain. A cet instant, tout son être se tendait vers lui, comme une immense soif que seul lui aurait pu étancher. Elle noua ses bras autour de son cou, l'attirant vers lui. Ulquiorra poussa ses caresses sur son flanc, sur son ventre et fit doucement glisser sa jupe. Elle ne portait plus que ses sous-vêtements. Il sentit ses mains tièdes sur son dos, caresser la peau encore visible entre ses bandages. Il embrassa ses épaules et ses lèvres, pourtant froides, tracèrent un sillon de feu sur la peau satinée de la jeune femme qui se tendit vers lui. Ses doigts suivirent le même chemin et se glissèrent à la lisière de son slip. Elle frissonna et fit de même en passant les siens sous le hakama noir.
Il se débarrassa rapidement de leurs derniers vêtements, hésitant toutefois à serrer son corps contre le sien. Ils étaient si opposés ... le jour et la nuit, le yin et le yang, le froid et le feu, le dur et le doux ... ce fut elle qui prit l'initiative, entourant sa taille avec ses jambes dans un réflexe inné. Il revint vers sa bouche pour l'embrasser longuement avant de l'interroger du regard. Il se sentait prêt mais refusait de lui faire du mal. Même si la tension qu'il ressentait en lui menaçait d'exploser. Elle ne dit rien mais se positionna de telle façon qu'il put entrer en elle. Il se heurta à une fragile barrière qu'il enfonça d'un coup. Il la vit se crisper et cessa tout mouvement au prix d'un gros effort de volonté.
Elle s'habitua à sa présence et lui sourit tout en caressant sa joue et ses épaules, lui signifiant son accord tacite. Il commença à se mouvoir en elle, apprécia une fois encore sa douceur et sa chaleur ... tout ce que lui ne pouvait lui donner. Elle se serra d'avantage contre lui alors qu'il accélérait ses mouvements de va-et-viens. Il se sentait sur le point d'exploser et vit quelque chose de similaire dans les yeux d'ordinaire si limpides de la jeune femme. Ils avaient pris une nuance orageuse, d'un gris aussi profond qu'un ciel tempétueux ... sans doute sa seule zone d'ombre. Elle se crispa contre lui et murmura son nom dans un souffle. Il se raidit et finit par jouir avant de retomber sur elle, tout en se maintenant sur un coude pour ne pas l'écraser. Elle se serrait toujours contre lui et l'embrassa encore.
Ulquiorra ne savait même pas comment il se sentait. Bien ? Mal ? Différent ? Identique ? Il avait du mal à raisonner, comme si son corps avait été vidé d'un coup d'une partie de son énergie. Il se laissa aller sur le côté et posa une main sur ses yeux, soufflant quelques secondes avant de retrouver sa respiration normale. Il dévisagea la jeune femme à ses côtés. Elle s'était pelotonnée, le visage parfaitement serein et détendu dans sa direction, déjà endormie, une main encore posée sur ses bandages. Il resta tourné vers elle et ferma doucement les yeux. Il serait temps de réfléchir posément à la situation un plus tard.
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Une ombre noire se faufila de la maison d'Orihime jusqu'au toit de l'immeuble le plus proche. Yoruichi reprit sa forme humaine en arrivant au sommet et alla droit sur Urahara et Renji.
- Espèce de pervers ! Cria-t-elle à l'ex-Capitaine en lui assenant un grand coup de poing sur le nez qui fit voler son bob. Tu aurais pu me prévenir que ... qu'ils allaient faire ça sous mon nez ! J'ai failli avoir une attaque ! Je n'osais même plus faire un mouvement !
Renji faillit avoir un saignement de nez aussi important qu'Urahara qui venait se se prendre le coup de poing de la belle brune ulcérée.
- Calme-toi ! Yoruichi ! Je ne savais pas qu'ils allaient passer si vite à l'action !
- Pervers ! Débauché ! C'était gênant !
- Tu ... tu .. tu as tout vu ? Cria presque Renji les yeux exorbités.
- Pourquoi ? Tu veux des détails ?
-Renji agita les mains devant l'air furibond de Yoruichi prête à frapper encore. Urahara crut bon d'intervenir en montrant les toits voisins. Elle y vit Rangiku tous sourires et Hitsugaya plus renfrogné qu'à l'ordinaire encore, Kurotsuchi avec Nemu et un véritable laboratoire portatif, Hisagi au bord de l'apoplexie et Kuchiki Byakuya droit comme un I, les yeux clos et les bras croisés. Renji tenait son Zanpakuto qui avait visiblement servi, de même qu'Urahara.
- Qu'est ce que c'est que ça ? L'interrogea Yoruichi.
- Eh bien, il semblerait que plusieurs Hollows aient été attirés par le reiatsu d'Ulquiorra lorsqu'ils ont ... enfin tu vois ! Lança-t-il en remettant son bob sur la tête avec un grand sourire.
- Et eux tous là ? Ils sont venus pour se rincer l'oeil ?
- En fait, Kurotsuchi a sans doute bien aimé l'idée d'étudier une fusion entre un Espada et une humaine ... et les autres ont été envoyés ici pour protéger Orihime Inoue, le Shinigami remplaçant et l'Espada. Pour me taper sur les doigts aussi suite à notre petite expérience ... enfin je suppose ...
Yoruichi n'en croyait pas ses oreilles !
O o O o O o O
bon voila, ne me jetez pas de tomates suite à ce citron ! En espérant ne pas avoir rendu Ulquiorra carrément OOC. Mais rassurez-vous, il ne virera pas guimauve !
