Renaissance

Chapitre 18 : la liste

Ulquiorra se sentit basculer dans son monde intérieur. A force de longues heures de concentration, il avait fini par y parvenir. Il se rendit directement au bord du précipice et y sauta sans hésitation. Ses ailes de chauve-souris se déployèrent dans son dos. Il avait fini par comprendre lors de cette introspection qu'il pouvait prendre n'importe quelle forme ici. Il était apparut en Shinigami puis s'était naturellement métamorphosé en Murcialego lorsqu'il avait sauté. Il atterrit avec souplesse et retrouva ses vêtements de shinigami, les deux Zanpakutos à sa ceinture.

Yamamoto avait du dire vrai. Lors de sa première visite, il n'avait pas le Zanpakuto des shinigamis sur lui. C'était son jeune double qui le portait. Il le chercha des yeux et finit tomber sur la fine silhouette debout sur l'un des quartz. Il lui adressa un sourire lorsque Ulquiorra s'approcha de lui.

- Tu as réussi à revenir finalement. Tu vois, ce n'était pas si difficile ...

- j'ai parlé aux Shinigamis. Je devais en être un. Que s'est-il passé ? Tu ne m'as pas tout raconté la dernière fois.

- C'est vrai. Mais tu étais trop faible. Il te fallait repartir.

- Tu m'as donné tes pouvoirs.

- Oui.

- Comment réussis-tu à survivre ici sans tes pouvoirs ?

- je t'ai donné une partie de mes pouvoirs ... mais c'était un échange. Tu m'as transféré une partie des tiens ... Nous sommes à présent un parfait mélange de Shinigami et d'Arrancar, l'un et l'autre. En fait ce que nous devions toujours être. Rappelle toi, je t'ai dit que nous avions été scindés en plusieurs morceaux. Toi, l'Arrancar, moi le Shinigami et les autres Hollows que tu avais dévoré pour devenir un Vasto Lordes.

- Mi-Shinigami, mi-Arrancar ?

Ulquiorra avait un peu de mal à accepter cet état de fait. Il avait du mal à cerner les implications que cette transformation engendraient pour lui-même et son identité.

- Tu ne devrais plus exister alors ... reprit-il en guettant la réaction du jeune moine.

- Pourquoi pas ? Je pense que nous avons été séparés pendant trop longtemps pour fusionner à nouveau intégralement. Et qui te dit que si c'était le cas, c'est moi qui disparaitrais ? Ce pourrait être toi ...

Ulquiorra n'avait pas envisagé cette éventualité mais à bien y réfléchir cela pouvait très bien arriver. Il changea de sujet et désigna l'arme à sa ceinture.

- Comment me servir de ce Zanpakuto durant un combat ?

- Ah oui ... ça viendra tout seul. Enfin presque. La première chose à faire est d'accepter ton état de Shinigami. Sans cela, ton arme ne te suivra pas. Elle restera un simple moyen de défense. Les Zanpakutos des Shinigamis sont différents de ceux des Arrancars. Ils choisissent leur partenaire. Tu ne peux t'ériger en son maître comme tu l'as fait avec ta résurrection, Murcielago.

- Accepter d'être un Shinigami à part entière ...

- oui, enfin d'être mi-Shinigami, mi-Arrancar. Lui rappela-t-il. Tu maîtrises déjà le côté Arrancar, tu feras de même avec ton côté Shinigami. C'est assez simple en fait. Accepte déjà le fait en lui-même puis ses implications ... être Shinigami veut aussi dire accepter de sauver des vies, accepter les autres et s'accepter soi-même. C'est à ce prix que tu parviendras à maîtriser Espada de la Luz.

Ulquiorra le fixa sans rien dire.

- ton Zanpakuto. C'est son nom. Précisa son jeune double en le lui prenant des mains et en l'ôtant de son fourreau.

- Renacido, Espada de la Luz !

A cette invocation la lame se transforma en un éclair de lumière pure. L'arme semblait en parfaite osmose avec le jeune moine qui la tenait. Ses traces de larmes vertes sur ses joues s'étaient muées en trace de lumière et ses yeux verts mêlés de doré, très loin du regard animal de la segunda etapa d'Ulquiorra. Le jeune moine brandit la lame et s'élança vers un énorme quartz à côté d'eux. L'Espada de la Luz le trancha comme si cela avait été une motte de beurre. Le quartz tranché se fendilla avant d'exploser en milliers de particules fines. Une pluie de paillettes étincelantes les entoura avant d'être dispersée par le vent.

Ulquiorra masqua sa surprise. Le Zanpakuto était véritablement puissant. Le jeune moine hocha la tête.

- Espada de la Luz a le pouvoir de transformer la matière en éclats de lumière. Il ne reste rien de ce qu'elle touche. C'est un Zanpakuto extrêmement puissant. Mais pour l'utiliser il faut être en paix avec soi-même. C'est pour cela qu'elle ne s'est pas encore montrée à toi.

- Si je me souviens bien, la dernière fois tu avais des ailes ...

- Ah oui. C'était la seconde transformation d'Espada de la Luz. Comme tu as deux étapes de résurrection, Espada de la Luz possède deux formes distinctes. Mais contrairement à toi, elle n'a pas besoin de passer par l'une pour arriver à l'autre.

- je comprends.

- les deux formes sont aussi dangereuses l'une que l'autre. Celle que je viens d'utiliser détruit. L'autre permet de purifier. C'est pour cela que je signe les être touchés lors de cette forme d'attaque. Ils peuvent, s'ils le souhaitent vraiment, renaître.

- une rédemption.

- oui. En quelque sorte.

Ulquiorra hocha la tête mais sa vision se troubla et il se sentit brusquement nauséeux. L'autre le remarqua et lui rendit son Zanpakuto.

- tu devrais partir. Tu n'es pas encore habitué à rester ici si longtemps. Je voudrais juste te poser une question. Qui était cette fille rousse qui est apparut dans ton esprit la dernière fois ?

- une femme.

- merci pour le renseignement. Sourit l'autre. J'imagine qu'elle doit être importante pour toi. Sinon son image ne s'imposerait pas ainsi. Elle a un nom ?

- Oui.

Ulquiorra tomba à genoux devant le jeune qui lui posa la main sur son front.

- Il est temps de repartir. Va !

- Orihime Inoue ... finit par répondre Ulquiorra en disparaissant.

L'autre sourit de toutes ses dents.

- Accepte-la. Accepte d'être un Shinigami et tu pourras enfin être en paix, Ulquiorra Schiffer.

O o O o O o O

Byakuya Kuchiki et Jushiro Ukitake se tenaient debout sur le seuil de la pièce où se trouvait Ulquiorra. Le jour déclinait. La réunion venait de se terminer et ils avaient retrouvé l'Arrancar dans la même position que lorsqu'il l'avaient quitté quelques heures plus tôt quand Ukitake était venu rejoindre Byakuya. Ce dernier jeta un regard de biais à son homologue qui fixait Ulquiorra depuis un petit moment.

- j'imagine que vous n'êtes pas venu ici pour prendre le thé, Capitaine. Enfin pas seulement.

- tu as raison, Kuchiki. Je voulais le voir.

- Pourquoi ?

- bonne question.

Le serein Ukitake semblait loin, perdu dans des souvenirs qu'ils n'avaient pas en commun.

- Vous le connaissiez déjà bien avant son arrivée ici, n'est-ce pas ?

Ukitake hocha la tête.

- Le destin est une chose bien curieuse. C'est une roue qui tourne constamment et nous rappelle combien le passé peut revenir dans le présent et influencer notre futur.

Byakuya ne répondit rien. Ulquiorra était toujours assis en tailleur devant la baie vitrée, mais sa concentration semblait faiblir. Une fine sueur couvrait son visage et des mouvements involontaires de ses muscles apparaissaient sur ses membres. Il n'allait pas tarder à sortir de cet état second.

- C'est vous qui l'avez condamné à ne pas être purifié il y a quelque quatre cents ans.

Ukitake le dévisagea très surpris et baissa les yeux, ne cherchant même pas à nier.

- oui. J'étais en charge de Karakura à cette époque, comme Rukia aujourd'hui. J'étais jeune et idéaliste. Je ne voyais que le blanc et le noir, sans percevoir toutes les nuances intermédiaires de gris. J'ai vu son massacre et je l'ai jugé indigne de devenir un Shinigami. Je n'ai pas cherché à comprendre pourquoi ou comment il en était arrivé là. J'ai même voulu le tuer de mes mains pour que les portes de l'enfer l'engloutissent. Yamamoto était mon guide à l'époque. Il n'a ni approuvé ni désapprouvé mon choix. Je pense aujourd'hui qu'il m'a donné une des plus plus grandes leçons de ma vie ce jour là.

Byakuya comprenait bien la situation. Il avait vécu quelque chose de similaire lorsqu'il avait combattu Kurosaki. Ukitake reprit la parole.

- Puis-je compter sur vous pour n'en dire mot à personne pour le moment ? Je souhaite le lui dire moi-même dans un proche avenir.

- Vous voulez libérer votre conscience ?

Ukitake lui sourit.

- quelque chose comme çà, effectivement. La chance m'est offerte. Je serai idiot de ne pas la saisir. Mais je ne veux pas influencer son choix. Il sera toujours temps de dire les choses au moment opportun ... tout comme vous avez dévoilé la vérité à Rukia concernant sa soeur et vous-mêmes ...

Byakuya le regarda de biais. Comment pouvait-il savoir ce qui s'était dit ce jour là ? Seule Unohana était présente et s'il était certain d'une chose, c'est qu'elle était plus sûre qu'un tombeau. Ulquiorra ouvrit les yeux et sortit de sa transe. Pris d'un vertige, il se rattrapa sur un bras avant de reprendre immédiatement contenance lorsqu'il sentit leur présence. Il se redressa et regarda au-dehors. La nuit s'installait doucement.

- la réunion est terminée ? S'enquit-il sur un ton neutre comme s'il parlait du temps qu'il faisait.

Byakuya hocha silencieusement la tête et Ukitake lui sourit.

- Oui. Mais votre présence n'était pas requise. Comment vous sentez-vous ?

Ulquiorra le dévisagea avec son air impassible.

- Bien. Finit-il par répondre. J'ai obtenu quelques réponses.

Sans le vouloir il effleura le Zanpakuto des Shinigamis. Le geste n'échappa pas au regard perçant du sixième Capitaine.

- je n'ai pas encore pris ma décision.

- je comprends. Vous avez encore du temps. Je vais vous laisser à présent. Je vais aller me reposer. Nous avons encore une réunion demain matin et une autre demain après-midi. Deux rapports m'attendent et je souhaite soumettre plusieurs requêtes conjointes avec Kyoraku à Yamamoto-sama demain matin. Bonne soirée à tous les deux.

Ulquiorra et Byakuya le saluèrent silencieusement et Ukitake prit congé.

- le diner est servi dans une heure. Sois à l'heure.

- en tant qu'Arrancar je ne mange pas votre nourriture.

- Tu n'es plus seulement un Arrancar. Ta faim de Hollow va se calmer et tu connaitras une faim plus normale, oserai-je dire. Tout comme tu as pu faire connaissance d'autres choses plus humaines.

Ulquiorra ne dit plus rien et Byakuya tourna les talons. L'Arrancar s'adressa à lui alors qu'il était sur le point de quitter la pièce.

- Comment était-ce ? ... avec votre femme ...

Ulquiorra avait repris sans le vouloir un vouvoiement respectueux pour parler d'un sujet si sensible et personnel. Byakuya n'aurait jamais cru qu'il oserait lui poser la question de manière si directe. Il ferma les yeux et ne se retourna pas. L'image de sa fragile et pure Hisana le hantait toujours, tous les jours. Il lui rendait encore hommage jour après jour. La seule vue de Rukia était comme un rappel permanent d'une douceur et d'une chaleur perdues. A tout jamais.

- Trop court. Finit-il par admettre. Même une vie entière n'aurait pas suffit.

Ulquiorra le regarda s'éloigner. Pourquoi cette question sortie de nulle part ? L'humaine était toujours présente dans sa mémoire, dans son esprit, dans sa chair. Les moments qu'ils avaient partagés lui revenaient en mémoire comme des flashs à répétition. Sa douceur et sa chaleur ... sa peau tiède et douce contre lui. Il prit son visage entre ses mains. Que lui arrivait-il enfin ? Quelle était cette douleur lancinante, ce besoin d'elle permanent, cette envie de la connaître encore bien plus,

d'être avec elle ? Pourquoi ne ressentait-il que son absence ? Pourquoi ressentait-il tout court ? Ces vagues de sentiments contradictoires et mêlés le déboussolaient quelque peu. Il ne savait pas comment réagir face à elles. Il aurait voulu réintégrer cet état de non sensation qui le caractérisait dans le Hueco Mundo. Qu'il était facile de vivre, agir, suivre des ordres lorsque rien ne vous touchait personnellement.

O o O o O o O

Le jour avait fini par poindre sur Karakura. Orihime ouvrit les yeux sur sa chambre aux rideaux tirés. Rangiku avait disparu mais Rukia dormait paisiblement à ses côtés. Elle retint de justesse un sanglot et s'assit dans le lit avant de se lever. En sortant de la salle de bain, elle passa devant la chambre où se trouvaient Rangiku, Hisagi et Kira couchés à même le sol, des verres et bouteilles éparpillés autour d'eux. Elle sourit et referma doucement la porte; ils avaient du veiller jusque tard dans la nuit.

Elle trouva Ichigo endormi sur son canapé et se pencha au-dessus de lui. Son sommeil semblait aussi paisible que celui de Rukia dans sa chambre.

« n'est ce pas les mêmes termes que tu as utilisé lorsque tu as fait tes adieux à Kurosaki avant que je ne t'emmène à Las Noches ? »

La question revint dans sa mémoire aussi nettement qu'Ulquiorra la lui avait posé quelques heures plus tôt. Oui, elle tenait à Ichigo et ce jour-là alors qu'elle s'apprêtait à basculer dans un autre monde, elle avait voulu le lui dire. Elle l'aimait ... mais pas à la manière qu'elle-même le croyait à cette époque pourtant pas si lointaine. Une larme coula le long de sa joue et tomba sur la joue d'Ichigo, comme lors de cette nuit là. Mais cette fois, il avait les yeux ouverts et était visiblement inquiet.

- Orihime ? Tu pleures ? Pourquoi ?

Elle eut un hoquet et ne parvint plus à se retenir. Perdue dans des sentiments contradictoires et puissants, elle s'épancha dans les bras de son ami qui l'entoura de son aura protectrice. Il posa sa tête au creux de son épaule et la garda ainsi jusqu'à ce que la crise se dissipa. Il ne posa aucune question même s'il commençait à se douter de la nature du chagrin de son amie. La disparition de l'Espada ne devait pas y être étrangère. Hitsugaya choisit ce moment pour entrer dans la pièce, de grosses cernes sous ses yeux. Lui-même ne semblait pas avoir fermé l'oeil de la nuit. Il passa discrètement dans la cuisine devant le regard inhabituellement sérieux d'Ichigo.

Rukia, tout aussi silencieuse, le rejoignit et ferma la porte. Les pleurs de la jeune femme l'avait réveillé et la voir ainsi éplorée dans les bras d'Ichigo Kurosaki la gênait.

- Capitaine ? Vous avez l'air épuisé. Vous n'avez pas dormi ?

- Non. J'ai veillé sur la maison.

Rukia s'empourpra comme prise en faute et s'inclina respectueusement devant lui.

- je suis désolée, Capitaine. J'aurai du assurer un tour de garde au moins.

- C'est aussi mon rôle de Capitaine de vous protéger ... tous. Maintenant que vous êtes debout, je vais pouvoir m'assoupir quelques instants. Réveillez aussi les trois cadavres dans la chambre là-haut, avec les grands moyens s'il le faut. Je les veux opérationnels dans une heure maximum.

- Oui Capitaine Hitsugaya.

Le capitaine quitta la cuisine, s'assit sur le fauteuil, s'appuya sur son sabre et s'endormit instantanément. Orihime avait fini par se rendormir à force de pleurer et Ichigo se détacha doucement d'elle.

- yo ! Fit-il pour saluer Rukia tout en se grattant la tête. Tu as fait du café ?

- non ... du thé.

- très peu pour moi.

Il s'affaira quelques minutes pour faire couler du café. L'agréable odeur emplit la petite pièce.

- Elle va mieux ? Finit par demander Rukia.

- Non, mais elle dort. Je vais le tuer une deuxième fois cet enfoiré s'il s'approche encore d'elle.

- Comment peux-tu être sûr que c'est à cause d'Ulquiorra ?

Les yeux d'Ichigo flamboyaient.

- Qui d'autre ? Elle s'inquiète pour lui à longueur d'heures et il ne fait que disparaître sans explications, sans un mot pour elle.

- Vous avez au moins ça en commun, murmura-t-elle avec une voix teintée de tristesse.

- tu disais ? J'ai pas entendu ... grogna le roux en s'asseyant à table tout en regardant coulant le café.

- Rien.

Le silence s'installa dans la cuisine et le salon. Un bruit de pas les sortit de leurs pensées quelques minutes plus tard. Un Kira très peu en forme les rejoignit. Il leur adressa un sourire désolé.

- Bonjour. Je vois que le jour s'est déjà levé. Et nos tours de garde ?

- C'est le Capitaine qui nous a tous remplacé, l'informa Rukia.

- Ah, je vois. Nous n'avons pas été très brillants.

- c'est vrai.

Ichigo se servit un mug de café et en proposa à Kira qui l'accepta volontiers.

- Je crois que nous avons un peu abusé du saké durant cette nuit.

- Sans rire ! Fit Ichigo mi-figue mi-raisin.

La porte se rouvrit sur une Rangiku toujours revêtue de sa seule veste très entrouverte, l'air plus endormie que jamais et les cheveux en bataille. Ichigo détourna les yeux en rougissant comme un collégien.

- Elle peut pas s'habiller celle-là !

- Arrête de crier ! Geignit Rangiku. J'ai mal à la tête. C'est inhumain de crier comme ça de bon matin.

- ben voyons. Tu serais plus en forme si tu n'avais pas passé ta nuit à boire.

Elle lui tira la langue et lui prit son mug des mains.

- merci pour le café. J'ai vu que le capitaine dormait encore ...

- Il a veillé toute la nuit, l'informa Rukia.

- oh ... il prend son rôle vraiment très à coeur, vous ne trouvez pas ? Et n'est-il pas adorable quand il dort ?

Ichigo faillit tomber raide. Si Hitsugaya l'entendait il en ferait de la pâté pour chien.

- Oh, Shuhei ! L'appela Kira pour couper court à cette discussion qui prenait un tour dangereux si l' « adorable » capitaine venait à s'éveiller. Tu vas bien ?

- Oui, merci.

A la différence de Kira et Matsumoto, Hisagi avait déjà repris son attitude habituelle, réservée, sérieuse et respectueuse. Il remercia Rukia pour le thé et s'assit à table sans piper mot. Ichigo appuya sa tête sur son poing et soupira. « Quelle équipe ! » songea-t-il. Et dire que maintenant il allait devoir les trainer à son lycée.

O o O o O o O

- Capitaines Jushiro Ukitake et Shunsui Kyorakyu, êtes-vous certains de votre proposition ?

- Oui Capitaine-commandant. Ces personnes émérites pourront compléter le Gotei 13 avec votre accord. Deux d'entre eux étaient déjà capitaines et les autres, même s'ils n'ont pas atteints le Bankai mériteraient leur place au sein du Gotei. Mais nous avons besoin de votre accord ...

- et de celui de trois autres Capitaines. Compléta Yamamoto. Plus trois autres autres lorsque vous présenterez ces nominations au Conseil.

- Certes. Mais sans votre accord Yama-jii, nous ne pourrons rien faire.

Yamamoto reprit la liste des mains d'Ukitake et la relut. Il y avait trois noms pour remplacer les trois traitres qui avaient quitté leurs rangs et deux autres noms pour les vice-capitaines.

- Vous avez conscience que plusieurs nominations feront l'objet de critiques de vos pairs ?

Ils acquiescèrent, toujours dans l'attente de l'approbation de leur capitaine-commandant.

- Bien. Fit ce dernier. Trouvez trois autres capitaines pour approuver ces nominations et nous porterons ces noms au conseil de demain.

- Merci Capitaine-Commandant.

Les deux capitaines sortirent dans la salle de réunion et Ukitake laissa échapper un soupir avant de sourire.

- ça n'a pas été si dur au final !

- le plus dur reste à venir. Qui allons-nous convaincre pour appuyer ces noms ?

- Commençons par Retsu Unohana. Je pense qu'elle se rangera assez naturellement à nos arguments.

- Oui et ensuite ?

Ukitake réfléchit devant un Kyoraku à l'air très sérieux.

- Sérieux, Jushiro, pourquoi faut-il toujours que tu m'embarques dans tes galères ?

Ukitake lui adressa un flamboyant sourire.

- tu t'ennuierais trop sans cela.

O o O o O o O

Les deux compères avait réussi en fin de matinée à récolter deux avis favorables. Retsu Unohana, comme prévu et le fidèle et loyal Sajin Komamura qui, après quelques réticences, avait finalement accepté en sachant que le capitaine-commandant les appuyait. Il ne leur manquait plus qu'une signature favorable pour porter le projet au Conseil du lendemain.

- Qui ? Demanda Ukitake à Kyoraku.

Celui-ci parut réfléchir et passer en revue tous les Capitaines avant de lui adresser un sourire désolée.

- Quel qu'il soit à présent, le plus dur reste à faire. Allons chez moi étudier la meilleure solution. Et trouver également des arguments pour en infléchir trois demain.

- tu parles comme si nous avions déjà la sixième signature.

- Nous l'aurons. Il nous suffit de taper à la bonne porte.

O o O o O o O

L'après-midi était déjà bien avancée lorsqu'ils s'étaient mis d'accord. Ils se rendirent ensemble dans la sixième division. La partie ne serait pas simple, mais lorsqu'il s'agissait de réfléchir posément à une situation, Byakuya Kuchiki restait une personne de confiance. Ils furent introduit dans le bureau du Capitaine qui désigna deux sièges devant son bureau où ils prirent place. Kuchiki leur servit le thé et tout en soufflant doucement sur son gobelet finement ouvragé, dévisagea Ukitake de biais.

- Vous semblez beaucoup appréciez la sixième division dernièrement. De quoi s'agit-il cette fois ?

- Nous souhaitons renforcer le Gotei 13 en prévision des évènements à venir. De plus, il est temps de remplacer les places vacantes de capitaine des troisième, cinquième et neuvième division. Expliqua Kyoraku. Nous avons préparé une liste de noms pour les remplacer. Elle est complétée par deux vice-capitaines.

- Deux ? Releva Byakuya. De mémoire, il n'y a que vous Ukitake qui manquez d'un Vice-Capitaine.

- Oui. C'est vrai. Mais après les nominations de capitaines, une autre place sera libérée.

- J'imagine que je ne suis pas le premier que vous tentez de convaincre.

Ukitake sourit et but une gorgée de thé parfumé et brûlant.

- c'est vrai. Vous êtes notre va-tout, Capitaine Kuchiki. Nous sommes cinq à avoir approuvé la présentation de la liste au Conseil, le Capitaine-Commandant compris. Sans vous, la suite sera compromise.

Kuchiki eut un sourire ironique.

- il reste d'autres Capitaines.

Kyoraku sourit franchement.

- ils seront plus difficile à convaincre et j'avoue que nous attendons aussi vos idées pour trouver des arguments pour ceux-là.

- Nous comptions sur votre sens des responsabilités envers la sécurité du Sereitei. Compléta Ukitake.

- tss ...

kuchiki regarda au-dehors et contempla son jardin noyé par la pluie qui tombait drue depuis le matin.

- Montrez-moi cette liste je vous prie.

Ukitake la lui tendit et attendit légèrement crispé devant le regard perçant du noble en face de lui. Son statut social transpirait par tous les pores de sa peau, dans toutes ses attitudes ou remarques.

- Je vois. Fit Kuchiki en repliant la feuille et en la déposant sur son bureau. Concernant le dernier nom, celui de votre Vice-Capitaine, je crois avoir déjà été très clair sur la question.

- C'est vrai. Mais il est temps. Elle mérite plus que toute autre cette place. Vous ne seriez pas juste en repoussant une nouvelle fois cette nomination.

- Ce sont vos seuls arguments ?

- oui.

- Non. Le contredit Kyoraku. Lui donner de telles responsabilités l'éloignerait de la Terre. Ses visites seraient plus espacées. N'est-ce pas ce que vous souhaitez ? L'éloigner de Karakura ...

Kuchiki eut un sourire en coin.

- nous devrions reprendre cette partie d'échecs que nous avons toujours en cours ... depuis combien de temps déjà ?

- Oh ... une bonne dizaine d'années ! Rit Kyoraku.

Le capitaine de la sixième reprit le papier et le relut.

- Pour les postes des trois Capitaines, je n'y vois aucune objection. Même si deux sont inhabituels et le troisième est plus qu'inexpérimenté en la matière. Néanmoins, je pense qu'il travaillera avec sérieux et application.

- Et pour l'autre Vice-Capitaine ?

- cela me paraît encore trop tôt pour une telle décision. Le terme n'est pas échu.

Ukitake hocha la tête, néanmoins satisfait.

- nous avions surtout besoin de votre accord pour les trois Capitaines. Nous pouvons à présent envisager la soumission de cette liste au Conseil de demain. Il nous faudra rappeler tous ceux présents sur Terre.

Byakuya Kuchiki sortit ses pinceaux et signa la liste de son écriture nette et fine avant de souffler doucement sur l'encre pour la faire sécher.

- Qui voulez-vous convaincre parmi les autres ?

- Nous avions pensé au capitaine Hitsugaya ...

- très peu de chance. Qui d'autre ?

Ukitake et Kyoraku se dévisagèrent.

- le capitaine Mayuri Kurotsuchi ... après tout, il est indirectement responsable de la précipitation de ces nominations ...

- je me ferai un plaisir de le lui rappeler. Qui d'autre ?

- le capitaine Soi Fon. Mais ce ne sera pas simple ...

- C'est vrai. Nous aurons besoins de la coopération de Yoruichi. Soi Fon lui mange dans la main.

Kyoraku s'amusait franchement devant les répliques pour le moins directes du noble. Ukitake était plus dubitatif.

- Convaincre Kenpachi ne sera pas évident.

Kuchiki soupira avant de finir son thé.

- Pff ... ce rustre. Présentez-lui les deux nouveaux arrivants comme des adversaires potentiellement intéressants et il vous baisera les pieds de lui avoir trouvé de nouveaux jouets. Il sera plus facile à convaincre que le morveux. Vous avez vos trois noms.

- Oui. Nous vous remercions Capitaine Kuchiki.

Un bruit de portes coulissantes attira leur attention. Ulquiorra Schiffer se dirigeait vers le jardin, le visage tourné vers la pluie, sa tenue de Shinigami complètement détrempée. Il tenait dans sa main droite son Zanpakuto de Shinigami.

- Que fait-il ? Demanda Ukitake.

- Je suppose qu'il tente de faire fonctionner son arme. Il s'y emploie depuis cette nuit.

- Pour quel résultat ?

- Aucun visiblement. Répondit Kuchiki en lui tendant la liste.

Il la retint un instant entre ses doigts attirant le regard du capitaine de la treizième.

- Vous me devez une faveur à présent, Ukitake. Ne l'oubliez pas. Je souhaite que vos choix soient plus judicieux qu'à l'époque.

- je l'espère aussi. Lui répondit Ukitake en prenant congé non sans un dernier regard vers Ulquiorra.

- Je mets Renji Abarai à votre disposition pour se rendre sur Terre. Je vous l'envoie à la treizième. Et je m'occupe de Kenpachi et Kurotsuchi.

- merci Capitaine Kuchiki.

Kyoraku se leva et le suivit au-dehors.

- Qu'a-t-il voulu dire avec cette histoire de choix ?

- c'est une vieille histoire. Je t'en ferai part dès que ces nominations seront effectives. Allons voir Yoruichi à présent. Nous devons encore remettre cette liste signée à Yamamoto-sama et aller chercher les autres sur Terre. Sans oublier de tout préparer pour demain. Il nous reste beaucoup à faire.

- arrête de t'agiter sinon demain tu seras couché et on sera bien avancé !

O o O o O o O

Renji avait déjà partiellement rempli sa mission lorsqu'il arriva devant la maison d'Orihime Inoue. Vu l'heure, il imaginait que la petite troupe n'allait pas tarder à revenir du lycée. Il n'avait pas compris pourquoi le Sereitei les rappelait déjà tous si tôt. Rien n'était réglé pourtant. Les recherches sur les Arrancars, les Espadas disparus et les Hollows invisibles n'avaient rien donné. Les troupes d'espions que Soi Fon avait envoyé au Hueco Mundo n'étaient même pas encore revenues. Il savait juste qu'un conseil extraordinaire aurait lieu le lendemain et que la présence de tous les Capitaines et tous les Vice-Capitaines était requise.

Il les vit enfin arriver à l'autre bout de la rue et leur fit signe. La troupe hétéroclite pressa le pas et le rejoignit.

- Abarai. L'interpella Hitsugaya. Que fais-tu ici ?

- j'ai des ordres qui m'ont été donnés par le capitaine Ukitake. Vous devez vous rendre au Sereitei dès à présent. Tous ...

- Nous aussi ? Grogna Ichigo.

- Le capitaine ? Pourquoi te donne-t-il des ordres ? Le questionna Rukia.

- je ne sais pas. Le Capitaine Kuchiki m'a ordonné de me mettre provisoirement à son service pour quelques heures de mission. Mission une ; trouver les Vizards et les faire entrer au Sereitei. Ce qui est fait. Mission deux ; vous trouver et vous faire rentrer au Sereitei. J'aimerai qu'on fasse vite.

- Les Vizard aussi ? Qu'est ce que c'est que ce délire ? Une grande réunion de famille ? Grogna encore Ichigo de fort mauvaise humeur.

- T'es sourd ou quoi ? Dans la phrase je ne sais pas, c'est quel mot que t'as pas compris idiot ! Hurla Renji.

- Me traite pas d'idiot ! Tes explications sont aussi claires que du jus de chique !

Le ton monta une nouvelle fois rapidement entre les deux amis qui ne savaient pas s'exprimer plus de cinq minutes sans se chercher. Hitsugaya porta la main à son front et plissa les yeux. Pourquoi lui imposait-on tous les crétins de la Terre et du Sereitei réunis ?

- Capitaine ? L'appela Rangiku. Que fait-on ?

- On obéit aux ordres ... et si ça pouvait être fait en silence ce serait encore mieux ! Hurla-t-il en faisant taire les deux autres.

Il regarda Orihime qui paraissait hésitante.

- Nous ne pouvons vous laisser seuls, toi et le crétin de shinigami remplaçant. Vous n'auriez pas une chance contre ce Hollow invisible.

- Ah parce que t'en aurai plus Toshiro ? Remarqua Ichigo avec un sourire narquois.

- Ferme-la Kurosaki ! Et je t'ai déjà dit que c'était Capitaine Hitsugaya pour toi !

- Je sais pas pourquoi, ça veut pas rentrer ...

- Euh Capitaine ! Intervint Kira avant que le jeune capitaine ne sorte son Zanpakuto de son fourreau. Je crois que nous devrions y aller.

- Effectivement. En route. Inutile de prendre des affaires, il y aura certainement tout ce dont vous aurez besoin au Sereitei.

Il emboita le pas à Renji qui passa la porte le premier. Rukia, orihime et Ichigo passèrent ensuite. Kira, Matsumoto et Hisagi fermèrent la marche. Ils furent accueillis par une pluie battante. Les Vizards étaient déjà là. Hirako sourit de toutes ses dents en voyant Ichigo.

- Kurosaki ! Ça faisait longtemps ! Qui aurait cru que nous nous retrouverions ici !

O o O o O o O

Nouveau chapitre. Je suis très prolixe ce week-end. Vive le mois de mai et ses ponts ! En espérant ne pas baisser sur la qualité au profit de la quantité ...

Quoiqu'il en soit, toujours un grand merci. Vu l'heure (près d'une heure du matin) je vais vite publier et vous répondrai sur le prochain chapitre. Bis répétita de la dernière fois. Certes, mais comme ça je répondrai à tous vos commentaires, c'est promis.

Merci encore à tous pour votre fidélité. A bientôt, peut-être encore ce week-end qui sait.

Ah et petite pub pour bleach-redux. Le nouveau chapitre est en ligne.

Bonne lecture