alors tout d'abord merci à tous pour me suivre ... je répondrais à chacun de vous dans un prochain chapitre.
j'espère que vous apprécierez d'avantage ce chapitre que le précédent, qui était plus un chapitre de transition avec un formalisme allant de pair avec les nominations. C'est clair que ce n'était pas le chapitre qui vous a emballé le plus, mais rassurez-vous, c'était la même chose pour l'auteur.
Alors pour ce chapitre ... il y a juste un petit lemon vers la fin; vous êtes prévenus. Fermez les yeux si vous ne souhaitez pas le voir ... ou que vous n'avez pas l'âge ... lol
bonne lecture à tous.
OoOoOoO
Renaissance
Chapitre 20 : une soirée qui chante ...
- Pourquoi je dois mettre un truc pareil ! Ça pèse des tonnes ! J'arrive pas à bouger ...
- tais-toi idiot ! Hurla Rukia sans se retourner et en donnant un grand coup sur la tête rousse d'Ichigo. Nous allons à la fête et devons être conforme à ce que l'on attend de la famille Kuchiki !
- tss ...
Ichigo soupira avec humeur, les bras levés, tout en laissant un serviteur finir d'enrouler les mètres de soie autour de lui dans un ballet incessant aux gestes d'une précision inouïe.
- tu loges chez les Kuchiki. Tu dois te plier aux règles de la demeure. Le sermonna-t-elle encore sur un ton des plus sérieux.
Elle-même n'avait qu'un simple kimono dans les tons noirs et blancs, rebrodé de flocons de neige argentés.
- tu peux bouger toi au moins ! Pourquoi on m'emballe comme un paquet cadeau et pas toi ! Finit-il sur un ton geignard alors que le serviteur zélé finissait de nouer son obi.
- je suis nouvellement nommée au rang de vice-capitaine de la treizième division. Pour tenir ce rang et porter mon brassard ce soir, un simple kimono de cérémonie suffit. Un vêtement trop riche serait considéré comme un manquement à l'honneur et à l'humilité que doivent représenter les Schinigamis.
- Pff ... humilité ? Pourquoi aucun commandant hormis Ukitake ne semble correspondre à ce mot là ?
- Ferme-la ! Cria-t-elle.
- J'ai terminé. Annonça le serviteur d'une voix excessivement calme et déférente. Je vous quitte.
Rukia le remercia et se retourna enfin vers Ichigo. Elle bafouilla et eut le rose aux joues. Bien que renfrogné, Ichigo se tenait très droit en raison des mètres de tissus qui le lui imposaient. La soie d'un noir profond, rebrodé de fleurs de lotus blanc et bleu ainsi que de phénix rouges et orangés. L'eau et le feu sur un fond sombre, c'était sans doute le symbole de cette tenue. Le serviteur lui avait dit que Byakuya avait personnellement choisi cette tenue tout comme celle d'Orihime qui se faisait vêtir à l'étage.
- I... Ichigo ... murmura-t-elle incapable d'ajouter quoi que ce fut.
- Hey Rukia ... ce n'est que moi ...
Elle s'approcha et toucha la soie du bout des doigts, laissant couler l'obi d'une couleur rouge vif rehaussé d'orangé entre ses doigts fins.
- Tu es très beau. Souffla-t-elle, juste avant de se plaquer la main sur la main comme si elle venait de dire une énormité. Ichigo lui adressa un sourire éclatant.
- Ben oui ! C'est seulement maintenant que tu le vois !
Le charme était rompu.
- Idiot !
- Oh Ichigo ...
La voix d'Orihime les interrompit et ils la découvrirent sur le seuil de la porte coulissante. Elle portait le même type de kimono très complexe, dans un ton gris perle, rebrodé de branches et fleurs de cerisier allant du blanc à différents tons de rose, du plus pâle au plus foncé. Son obi d'un rose pâle était rebrodé de gris et de rose très foncé, presque pourpre. Le tout d'un bon goût absolu.
Les serviteurs avaient relevé une partie de ses cheveux d'un roux foncé à l'aide de baguettes et barrettes assorties. Ses fleurs de Shushun avaient été fixées sur un pan de son kimono. Byakuya, lui-même dans un kimono aux tons immaculés allant du blanc pur aux bleus pâles. Il portait toujours son haori et son écharpe de chef de clan et tenait la main d'Orihime comme si elle avait été une princesse de haut rang. Ichigo et Rukia en perdirent le fil de leur énième dispute. « Quel beau couple ! » songea Rukia en les voyant avant de se reprendre.
- Orihime ! Fit Ichigo en s'approchant tant bien que mal du couple. Tu es magnifique ... mais tu sais marcher avec ça ? Finit-il dans un murmure.
Elle éclata d'un rire frais et Ichigo lui sourit tout comme Rukia. Cette dernière fut même sûre de voir se dessiner un sourire sur le visage impassible de son frère.
- Il est temps ! Se reprit le Capitaine. Ulquiorra Schiffer va nous rejoindre et nous pourrons y aller.
- Je suis là.
La voix impassible surgit de nulle part à leurs côtés. Ichigo, toujours remonté contre l'Arrancar, plissa ses yeux, lui lançant un avertissement silencieux. Ulquiorra avait revêtu un kimono semblable à celui de Rukia, d'un noir aussi profond que celui d'Ichigo et rebrodé d'un vert soutenu, semblable à celui de ses yeux. Son obi était d'un vert émeraude très marqué. Les deux zanpakutos étaient toujours à sa ceinture et bien en vue sur son biceps gauche, le brassard de vice-capitaine qui jurait avec la beauté de la soie.
Ulquiorra posa ses yeux sur Orihime et ils le virent la détailler des pieds à la tête avant de la fixer d'un regard intense. Byakuya sentit les doigts de la jeune femme trembler sur sa main. Pour un peu, il se serait sentit de trop. Il tendit la main de la jeune femme à Ulquiorra et prit la tête de leur groupe.
- Nous allons finir par arriver les derniers, ce qui est inacceptable de la part de la famille Kuchiki.
Il s'éloigna dans un claquement de tissus soyeux. Rukia et Ichigo les suivirent et Ulquiorra entraîna Orihime avec lui. Il serra ses doigts dans ses siens bien plus qu'il ne l'aurait du. Orihime se retourna vers lui.
- Ulquiorra ?
- ...
- tu es fâché ?
- ...
Elle se tut face à son mutisme, ne sachant comment l'interpréter.
OoOoOoO
La fête avait déjà commencé mais il manquait encore de nombreux capitaines. Byakuya se dirigea directement vers le groupe des Capitaines, formé de Yamamoto et son fidèle lieutenant, Unohana, Kyoraku, Komamura et Ukitake. Ils avaient tous revêtu des kimonos aux couleurs plus ou moins vives au dessous de leurs haoris. Rukia vit Renji avec Kira, Hinamori et Matsumoto.
- Oh Renji !
Elle entraîna les autres à sa suite et Renji fut sous le charme en la voyant si belle puis hilare en voyant Ichigo, engoncé dans ses vêtements.
- Eh Kurosaki ! Tu es tombé dans un panier à linge et tu as perdu contre lui ?
- Je vais te tuer si tu ne la fermes pas !
- Renji, ce n'est pas gentil. C'est mon frère qui lui a choisi cette tenue !
- Il doit vraiment lui en vouloir alors !
Matsumoto éclata de rire. Kira et Hinamori sourirent de concert. Ichigo se détendit. Rukia et Orihime se mêlèrent à la bonne humeur générale. L'ambiance était gaie et détendue. Ulquiorra les observa tous sans vraiment comprendre. Une guerre se préparait quelque part, sans doute au Hueco Mundo et au lieu de planifier les attaques, les défenses ils buvaient, riaient de bon coeur, plaisantaient ou dansaient.
- Hey relax, Cuarta Espada.
Il se retourna et vit Shinji arriver avec son haori à la tête des Vizards, dont son futur capitaine qui le dévisageait avec insistance.
- Je ne suis plus un Espada, vous devriez le savoir. Vous étiez présent, Capitaine Hirako.
Shinji fit une drôle de grimace.
- Espada tu étais, Espada tu resteras ... avec ou sans costume de Shinigami, avec ou sans Murcielago.
- Comme tu es resté Shinigami.
- Hé ... je crois que j'aurai du mal à avoir le dernier mot avec toi ! Bah ... alors tu voulais savoir pourquoi ils font ça ?
Ulquiorra ne répondit pas.
- je vais t'expliquer comment fonctionne l'espèce des Shinigamis. Ils ont peur de la mort au moins autant que les humains même s'ils donneront sans hésiter leurs vies lors des batailles à venir. Mais afin de se consacrer entièrement aux combats à venir et ne rien regretter, ils se lâchent avant ce type d'épreuve. Ces moments renforcent aussi les liens dans les groupes ... dans les divisions ou entre amis.
- j'imagine mal certains de vos capitaines réagir ainsi. Nota Ulquiorra en regardant ostensiblement Byakuya et Yamamoto.
Shinji soupira et haussa les épaules.
- j'ai pas dit que l'espèce des Shinigamis était formée tout entière sur le même moule. Il y a toujours des exceptions mais si tu considères l'ensemble, tu verras que je ne mens pas. Bah, après tout, fais-toi ta propre opinion.
- Oh Shinji, on y va ! Grogna Hyaori à côté de lui. Laisse ce gars tranquille ! C'est un Arrancar, je déteste les Arrancars ...
- c'est un Shinigami maintenant. Reprit Muguruma.
- et alors ! Je déteste aussi les Shinigamis !
Shinji et les Vizards s'éloignèrent. Muguruma s'approcha d'Ulquiorra et le dévisagea avec hauteur.
- tu devrais te mêler à eux.
- quel intérêt ?
- les comprendre et commencer à les apprécier. C'est nécessaire pour mener des hommes à la bataille sans qu'il n'y en ait un quart qui reste sur place, un quart qui s'enfuit en arrivant et un autre quart qui meurt sur le champs de bataille. Dans le quart qui restera, il s'en trouvera toujours quelques uns pour commencer à jeter le doute dans la tête des autres.
- C'est bien pour cela que je travaillais seul. Et cela me convient bien.
- désolé, Schiffer. Mais à présent, tu es vice-capitaine et tu devras pouvoir mener mes hommes au combat avec sérieux et efficacité. Et dans ma division, il ne saurait être question d'électron libre, fut-il mon vice-capitaine.
Ils n'avaient pas entendu Hisagi s'approcher. Kensei se retourna et fit un sourire en coin.
- ah Capitaine Hisagi. Comment vous sentez-vous ?
Il vit non sans sourire qu'il avait déjà coupé les manches de son haori de la troisième division. Il avait conservé ses bracelets explosifs et juste revêtu un kimono noir et rouge sous son haori blanc. Hisagi parut embarrassé avant de se reprendre.
- Bien, merci Capitaine. Je voulais savoir quand je devais récupérer mes affaires au sein de la neuvième.
- Dès demain. Mais tu peux résider au sein la troisième dès ce soir. Ce serait même le mieux. Plus tôt tu prendras ton poste là-bas, mieux cela sera pour la division. J'enverrai des hommes de la neuvième avec tes affaires demain et tout ce qui concerne le journal du Sereitei. Nous échangerons des hommes si tu souhaites continuer à travailler avec les mêmes personnes au sein du journal. Ulquiorra pourra prendre ses quartiers dès ce soir. D'autre part, il serait bon de prévoir des entraînements communs. Ainsi j'apprendrais ce que je dois savoir au sujet des forces de la neuvième division et je pourrai t'aider si tu le souhaites pour la troisième.
Hisagi se passa la main dans les cheveux, les ébouriffant encore d'avantage. Il n'avait pas encore eu le temps de prendre toute la mesure de son nouveau rôle mais Kensei avait visiblement déjà réfléchi pour lui. Et son argumentation était bonne. Après tout, il ne faisait que reprendre un poste qu'il avait quitté un siècle auparavant.
- Oui, bonne idée Capitaine Muguruma Kensei.
- ne prends pas ce ton si cérémonieux. Nous sommes entre Capitaines, tu es mon égal à présent Hisagi.
- euh ... oui ...
Hisagi se tourna vers Ulquiorra qui n'avait pas bougé d'un pouce.
- La neuvième division est formée de bons éléments qui ne demandent qu'à être guidés. Ils vous donneront beaucoup si vous savez leur parler et les mener. Tous les dossiers personnels sont à jour mais vous pourrez me demander si vous souhaitez plus d'information.
...
Ulquiorra leur tourna le dos et s'éloigna vers l'extérieur des murs de la grande cour, le dos très droit, le regard droit devant et les mains dans les poches. Kensei et Hisagi le suivirent des yeux.
- Mes hommes, pardon ... Vos hommes vont avoir du mal avec cet étrange personnage.
- Il n'est pas si étrange que cela. C'est simplement un solitaire. Sans doute Aizen a-t-il su exploiter au mieux cet aspect de sa personnalité. Il me semble qu'il n'avait pas de fraccion à son service. Mais il apprendra et finira par nous comprendre et s'intégrer.
- je souhaite que vous disiez vrai.
- Moi aussi. Je ressens sa puissance malgré les deux sceaux présents sur son Zanpakuto. S'il venait à se retourner contre nous, nous aurions beaucoup de mal à le maîtriser.
Hisagi hocha la tête. Personnellement il aurait souhaité avoir cette puissance et être aussi à l'aise avec celle-ci. La neuvième division se retrouvait avec un Capitaine Vizard et un Vice-Capitaine Espada. Autant dire que le niveau de puissance était à présent comparable à la onzième ou la sixième. Et lui, Capitaine de la troisième n'avait même pas encore atteint le Bankai. Autant dire que celle ci devenait l'une des plus faibles de toutes par sa faute. Il devrait atteindre le Bankai et combattre Kazeshini pour cela. Et cela, il l'appréhendait plus que tout. Mais jamais il ne l'aurait avoué à ce Capitaine qu'il respectait tant.
Ulquiorra avait fini par retrouver la troupe hétéroclite formée par les divers lieutenants, Ichigo et Orihime. Celle-ci avait les joues rosies par l'air devenu plus frais et peut-être un verre ou deux. Il la contempla de loin quelques minutes. Elle avait un sourire mutin, un air juvénile et des yeux rieurs qui attiraient bon nombre de regards autre que le sien. Il ressentit un sentiment désagréable, comme un pincement dans sa poitrine.
Il observa mieux ces hommes qui la dévisageaient avec envie. Il aurait voulu les tuer sur place un par un, en leur arrachant les yeux, l'un après l'autre leur causant d'atroces souffrances.
- Eh bien, eh bien ... quel reaitsu négatif en plein milieu d'une fête si amicale ...
La voix amusée d'Urahara caché derrière son éventail le sortit de son scénario macabre. Ulquiorra le regarda l'oeil torve et vit Yoruichi à ses côtés. Aucun des deux n'avaient revêtu de kimono de cérémonie.
- vous ne participez pas aux festivités. Nota-t-il en reprenant son observation du groupe.
- ah non ... je crois que quelque part, notre refus de coopérer ne nous a pas vraiment ouvert les portes.
- vous êtes bien là pourtant. Qu'avez-vous trouvé ?
- oohhh ... mais qu'il est futé, n'est-ce pas Yoruichi ?
- Tss ... arrête de jouer avec lui, il est plus malin que ces jeunes ... dis-lui ou ne lui dis pas, mais partons d'ici.
- Tu n'es pas drôle, Yoruichi. Disons que nous faisons des recherches au sein de la douzième, dans certains secteurs récemment cambriolés ...
- Et ?
- et pour le moment pas grand chose. S'il y avait quelque chose, Soi Fon et ses hommes ont certainement déjà fait le ménage. Nous allons nous rendre à la deuxième division.
- je viens avec vous.
- Non, mauvaise idée ... vous venez d'être nommé vice-capitaine et c'est bien la première fois dans l'histoire du Sereitei qu'on nomme un Arrancar à ce poste. Les hommes de la neuvième vont vous observer.
- il est temps, Kisuke. Les rappela à l'ordre Yoruichi avant de disparaître dans l'ombre.
- j'arrive ... Pas de bêtises, Ulquiorra Schiffer. Ce n'est pas de leur faute, elle est très belle. C'est normal qu'elle les attire ... humaine, douée en soin et très belle. C'est un sacré mélange ... bye ...
Il le laissa planté là avant de rejoindre Yoruichi dans l'ombre. Ulquiorra reprit ses observations et vit Rangiku, visiblement bien alcoolisée s'approcher d'elle et trafiquer quelque chose sur sa tenue. Il vit Kurosaki risquer le saignement de nez et les lieutenants rougir avant de détourner les yeux. La dénommée Matsumoto Rangiku semblait très fière d'elle et finit par s'écarter. Il écarquilla les yeux et jura de faire griller cette femelle sur un bûcher. Elle venait de créer le même décolleté indécent à « sa » femme, comme il l'appelait.
Les soldats qui l'observaient plus tôt avancèrent d'un pas vers elle puis reculèrent de dix dès qu'ils croisèrent le regard vert aux éclats meurtriers. Tout en les fusillant des yeux il avança vers la petite troupe et se planta devant une Orihime, rouge de confusion qui s'adressait à la femelle rousse.
- Oh Rangiku ! Ce n'est pas un peu trop ?
- meuh non. Répondit celle-ci d'une voix pâteuse. C'est parfait ! Ils sont si beaux, il faut t'en servir ... regarde, je suis sûre que comme ça tout le monde te remarque ... même ce glaçon qui ...
- Euh, Rangiku. L'interrompit le charitable Kira en voyant Ulquiorra, plus menaçant qu'un bataillon entier de Menos, planté derrière les rousses.
- Quoi, Kira ? Me dis pas qu'elle te fait pas craquer comme ça ...
- Rangiku ... hésita Hinamori. Tu devrais peut-être te ... tourner ?
- Quoi Hinamori ? Tu devrais aussi le faire ... peut-être que le capitaine t'approcherait plus facilement et ... tu es belle comme Orihime ... quoique plus plate ... c'est vrai qu'elle a une poitrine ...
- ferme-la Rangiku ! Lui ordonna Renji en pointant un doigt derrière elle.
- Quoi ? Fit-elle en se retournant avant de pousser un cri de surprise devant un Ulquiorra franchement irrité et très pince sans rire.
- ahhh ! Mais t'es pas bien de me faire peur comme ça, Ulquiorra.
- Silence, femme. Ou je t'arrache la langue.
Il la poussa sans ménagement sur le côté et elle tituba, tombant dans les bras de Kira qui la retint à peine, vu qu'il avait également abusé de la boisson. Il se tint devant Orihime et d'un geste sec tenta de rabattre les deux pans du kimono qui ne cédèrent pas. Dieu sait comment cette harpie s'y était prise, mais elle avait réussi son coup. Orihime bafouilla une vague excuse et rougit d'avantage. Il était furieux et plus encore, furieux d'être furieux et de ne pas prendre toute cette mascarade avec la distance qui conviendrait.
- Reste zen, lieutenant. Tenta Renji. Personne n'a rien vu.
Le regard vert le cloua sur place et lui fit comprendre l'erreur de se lancer dans une explication. De sa main gauche, Ulquiorra desserra son obi et d'un mouvement d'épaules fit tomber le haut de sa tenue dont il recouvrit Orihime avant de la prendre dans ses bras et de sauter vers les toits. Il s'arrêta un instant sous la lune pleine et Ichigo cligna des yeux. Pour un peu il l'aurait vu avec des ailes noires dans le dos et la Lanza del Rampago dans la main. Puis Ulquiorra s'éloigna en sautant de toit en toit.
- Pff ... quel sale caractère !
- Tu abuses, Rangiku ! S'exclama Hinamori.
- Pourquoi ?
- Tu es saoule. Marmonna Renji. Et crois-moi, fous la paix à l'humaine et à ce type. Il pourrait bien t'arracher la langue pour de bon. Il a un sens de la plaisanterie assez limitée.
- je suis pas saoule ...
- si, tu l'es.
Elle agita un doigt devant son nez comme l'aurait fait une maitresse d'école.
- nan ... je suis que saoule si je bois ... et j'ai encore rien bu ! ...
Kira, une bouteille à la main soupira et se resservit.
- et Shuhei, il est où ? Marmonna-t-elle en lui tendant son verre.
- là-bas, avec les capitaines. J'imagine que nous le verrons moins souvent maintenant.
Ils tournèrent tous la tête vers Hisagi qui discutait avec Kensei et Komamura. Il était de dos et ils voyaient surtout son haori avec le symbole de la troisième division.
- tu le verras tous les jours, toi maintenant ! Remarqua Renji en lui tendant son verre.
Kira sourit un peu bêtement sous l'effet de l'alcool.
- Oui ... Je pense que je ne pouvais tomber sur meilleur Capitaine.
- Il sera très bien, approuva Hinamori qui n'avait jamais oublié sa première mission dans le monde réel et qui avait scellé leur amitié.
- Oui, tu as de la chance, mon gars ! S'exclama Renji en s'appuyant sur Ichigo et trnquant avec Kira.
Ichigo et Rukia se sentaient un peu exclus de leurs proximités et Matsumoto était étrangement silencieuse. Elle baissa la tête un court instant avant de la lever avec un grand sourire collé sur le visage.
- Fêtons ça ! Sa nomination !
- je crois que tu as déjà assez bu Rangiku ... soupira Hinamori.
- la nuit fait que commencer ... détends-toi ! Et trinquons !
OoOoOoO
Ulquiorra continuait de sauter de toit en toit jusqu'à se retrouver sur une sorte de plate-forme cernée de hauts piliers, témoins silencieux de nombreux duels. Il s'arrêta enfin mais ne lâcha pas Orihime pour autant.
- Ulquiorra ... osa-t-elle hésitante.
Elle ne put poursuivre. Ulquiorra la serra contre lui à l'étouffer.
- Je ne veux plus te voir ainsi, femme, à moitié nue devant tous ces mâles.
Il exagérait, il le savait mais il allait devenir fou. Elle allait le rendre fou. Elle s'écarta un peu de lui et caressa sa joue du bout des doigts, surprise de sa réaction. Il était ... jaloux ?
- Ulquiorra, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas si grave ... et je ... je ne veux aucun autre que toi ...
Sa confession spontanée la fit rougir. Elle voulut enfouir ses doigts dans ses cheveux et cacher son visage dans son cou mais il l'en empêcha. Il ne savait pas comment réagir maintenant. Quelques minutes plus tôt il avait réagi instinctivement. Et à présent, il ne savait pas comment se conduire face à elle.
« je ne veux aucun autre que toi ... » Ces quelques mots avaient fait retomber toute sa colère. Il ne restait qu'une sorte de vide et la désagréable impression de s'être conduit comme un mâle primaire et jaloux, n'obéissant qu'à ses plus bas instincts. Il finit par la reposer au sol mais la garda contre lui, inspirant son parfum, sentant la tiédeur de sa joue contre sa peau froide.
- je ne peux rien te promettre sur cette relation, femme. La seule chose que je puisse promettre c'est d'assurer ta protection.
Il la sentit hocher la tête et déposer un petit baiser sur la base de son cou. Ce léger contact le fit frissonner alors que le fait d'être torse nu au beau milieu de la nuit ne le gênait pas.
- Je comprends. Murmura-t-elle avant de lever la tête vers la lune. Regarde comme la lune est belle. Je me croirai presque revenue au Hueco Mundo, lorsque j'observais cet astre tous les jours ...
- tu étais prisonnière. Ta situation est assez différente.
Elle lui sourit et s'assit sur le bord de la terrasse, laissant ses jambes dans le vide. Le vent jouait dans les plis de son kimono et avec ses cheveux. Perplexe devant son attitude, il s'assit à ses côtés et observa l'astre.
- il y a des similitudes, plus que tu ne pourrais le penser, Ulquiorra.
- je ne comprends pas.
- ce n'est pas grave. Restons un peu ici, si tu veux bien ...
Elle posa sa tête sur son épaules et il acquiesça avant d'entourer ses épaules d'un bras protecteur. Ensemble, ils profitèrent de ces instants de calme, sachant que ce seraient peut-être les derniers avant longtemps.
OoOoOoO
La soirée avait fini fort tard dans la nuit et les soldats avait rejoint ou tenté de rejoindre selon leur degré d'alcool les différentes divisions. Hisagi, qui avait rejoint les autres et rapidement rattrapé son handicap de boissons, était rentré avec Kira, bras dessus dessous, frôlant dangereusement les murs de droite à gauche et vice versa.
Kira, déjà en partie dessaoulé, avait presque jeté son Capitaine fraîchement nommé, sur le lit de ses nouveaux appartements et avait insisté pour fermer les fenêtres. Shuhei avait tout autant insisté pour les rouvrir et le blond avait fini par abandonner en haussant les épaules. Il partit sur un fatidique « ne viens pas te plaindre demain ». Se plaindre de quoi ? Hisagi n'avait soit pas entendu soit pas compris la réponse.
Il s'assoupit dans un sommeil lourd et agité, empli de rêves de nominations finissant dans un carnage de sang, provoqué par les Arrancars évadés ou Kazeshini sous sa forme matérialisée. Le rêve prit ensuite une tournure beaucoup plus érotique. La belle Rangiku, objet de tous ses rêves charnels, s'approchait de lui et lui caressait ses épaules, son torse nu d'abord avec ses mains, puis avec sa bouche.
Il s'agitait sous les sensations qu'elle lui procurait. Ses caresses expertes réveillaient toutes les fibres de son corps et le faisaient vibrer. Elle jouait de lui comme un virtuose l'aurait fait d'un instrument de musique. Lui-même ne demandait qu'à répondre à son invitation. Il geignit en sentant les doigts de sa belle se faufiler sous son hakama et chercher sa virilité. Les doigts fins s'enroulèrent autour de son sexe déjà sur le point d'exploser. Son rêve prenait des allures de fantasme pur.
Il garda les yeux obstinément fermés. Ses doigts rencontrèrent la chevelure rousse et il sentit avec émotion les lèvres de Rangiku essaimer une ligne de petits baisers humides sur son ventre dur et descendre de plus en plus bas. Elle desserra son hakama et posa ses lèvres sur son sexe déjà dur.
Il eut un spasme involontaire et gémit. Il ne pourrait tenir longtemps si elle continuait ainsi. Elle fit mieux ... ou pire ... et l'avala tout entier. Il gémit plus fort. Son rêve risquait de réveiller la moitié de ses hommes à ce rythme là. Il devait se réveiller et contrôler un peu mieux ses fantasmes.
Elle continuait ses mouvements plus ou moins lents, plus ou moins rapides et lorsque ce n'était plus sa bouche c'était ses doigts qui prenaient le relais, l'entraînant de plus en plus loin sur le chemin du plaisir. Il voulait se réveiller ... non, il devait se réveiller ... reprendre le contrôle de ses sens en effusion.
Il finit par ouvrir les yeux mais le rêve ne disparut pas pour autant. C'est là qu'il s'aperçut que le rêve s'était transformé en réalité ... ou plus exactement que la réalité l'avait sorti de ses cauchemars. Il tenta de repousser la tête aux cheveux roux et soyeux mais n'y parvint pas. Et alors que cette seule vision aurait du lui faire reprendre instantanément la raison, son corps refusait de lui obéir. Sans doute avait-il trop longtemps attendu ou espéré ce moment.
- Rangiku ... gémit-il. Arrête, je t'en prie ...
Elle n'arrêta pas. Bien au contraire, elle accéléra ses va-et-viens sur son sexe, ne lui laissant aucun répit, l'emmenant aux portes de la jouissance, aux portes d'un paradis qu'il s'était toujours refusé à franchir avec elle. Il devait se reprendre, impérativement.
Quelque chose clochait ; elle ne s'était jamais offerte ainsi et l'excès de boisson n'expliquait sans doute pas tout. Ce n'était pas la première fois qu'ils buvaient tous les deux et jamais elle n'avait franchi cette limite avec lui, alors même qu'il savait qu'elle avait déjà fait l'amour avec d'autres. Pourquoi ce soir ? Pourquoi cette nuit ? Pourquoi ici ?
Perdu entre ses questions, derniers vestiges de sa conscience encore présente et ses désirs, il ne put anticiper le mouvement de Rangiku. Elle s'était relevée, et le chevauchant avec facilité, guida son sexe en elle et descendit sur lui d'un mouvement sûr. C'est seulement à ce moment qu'il se rendit compte qu'elle était nue, qu'elle venait de faire exactement ce qu'elle voulait et que lui-même n'avait absolument rien fait contre.
Bien au contraire, ses hanches étaient remontées vers elle et ils gémirent de concert alors qu'elle reposa sur lui, l'emprisonnant d'un rideau de soie rousse. Il tenta de la repousser doucement mais elle commença à onduler des hanches d'une manière si sensuelle qu'il crut qu'il allait jouir immédiatement.
Elle maîtrisait l'art de l'amour, cela il en était certain. Et il devait reconnaître une chose ; il était vaincu par bien plus fort que lui. Quelle que soient les raisons de la belle, il n'était plus en mesure de la repousser. Il le regretterait sans doute sous peu, mais pour le moment il n'avait plus aucune volonté de ne pas céder à ce fruit défendu.
Shuhei posa ses mains sur les hanches rondes et répondit d'abord à son rythme, avant d'accélérer ses mouvements. Leurs corps s'accordaient parfaitement. Progressivement ce fut lui qui mena la danse et il inversa leurs positions. Les cheveux roux s'étendirent en vagues souples sur la literie blanche. Elle gardait ses yeux fermés comme si elle aussi se croyait dans un rêve. Il secoua la tête, ayant presque compris les raisons de sa présence en ces lieux et de leurs ébats ; mais il était trop tard pour reculer à présent. Ils le savaient tous les deux.
Shuhei déposa sur son visage, sur cou et ses seins une myriade de baisers. Elle gémit encore et enfouit ses doigts dans les cheveux de jais, cherchant à réduire la distance entre eux. Leurs peaux étaient moites. Leurs rythmes cardiaques de plus en plus rapides. Shuhei accéléra ses va-et-viens en elle et elle resserra ses jambes autour de son bassin.
- Viens ... murmura-t-elle. Viens ... Viens ...
Il serra les dents et pressentit le point de rupture arriver en lui comme en elle. Il la sentit se crisper autour de lui et elle cria sans retenue lorsque que sa jouissance la surprit. Il vit les traits de son visage se tendre et se détendre aussitôt après et sourit. Il fit encore durer le plaisir quelques secondes mais jouit bien vite en elle, aussi peu discrètement qu'elle.
Etourdi, la peau humide, les sens en éveil, il se laissa choir à côté d'elle, son bras en travers de son ventre. Il se tourna vers le mur en face lui et Rangiku tourna la tête vers la fenêtre. Elle avait ouvert ses yeux et les larmes qu'il y avait vu l'avaient à la fois ému et dérangé.
- Pourquoi, Rangiku ? Murmura-t-il imaginant très bien la réponse.
Elle caressait machinalement son bras et mêla ses doigts aux siens, les serrant très fort comme si elle voulait le retenir. Elle essuya une larme qui coulait le long de sa joue puis leva la main de Shuhei vers sa bouche, y déposa un baiser léger avant de se lever. Il sentit le matelas remonter et sut qu'elle n'était déjà plus là.
Elle se rhabilla rapidement et se dirigea vers la fenêtre avant de tourner la tête vers lui. Elle ne pouvait voir que son dos et eut un regard triste. Ses yeux furent attirés par le haori blanc qui gisait au sol devant le lit, le symbole de la troisième division bien en vue. Elle enjamba la fenêtre et se retourna une dernière fois, les yeux embués.
- pardonne-moi ... Je ... ça ne se reproduire plus ...
Elle partit comme elle était venue, le laissant seul. Ses doigts se crispèrent sur les draps et il s'allongea sur le dos, sa main gauche couvrant son visage. Ils venaient de franchir une ligne blanche ... la mince frontière qui séparait les amis des amants. Le franchissement de cette frontière rendait toujours les choses plus difficiles.
Il soupira et se releva, fixant à son tour le haori blanc à terre. L'image de Gin Ichimaru flotta devant ses yeux et il serra les dents et les poings inconsciemment. Lorsqu'il avait revêtu ce vêtement il avait senti le poids des responsabilités sur ses épaules ... mais il n'avait pas imaginé qu'il sentirait également le poids de l'absence de son prédécesseur.
OoOoOoO
- Yo !
La voix s'éleva depuis la porte qui s'ouvrit en grinçant sur ses gongs. La silhouette allongée au sol se releva à moitié avec peine. Une main agrippa la chevelure bleu-vert et l'obligea à relever la tête vers lui. Deux prunelles marrons fatiguées rencontrèrent deux iris azur.
- Elle t'a bien amochée, la sauterelle. Faudra qu'il y aille plus mollo la prochaine fois ... un appât mort, ça sert à rien ...
Il lâcha les cheveux mais le regard marron ne se détourna pas. La fatigue avait cédé la place à la colère.
- ça ne marchera pas ! S'éleva la voix féminine et légèrement tremblante de la silhouette à terre.
Un sourire carnassier se dessina sur les traits de l'autre qui mit son visage à hauteur du sien.
- tu te trompes ... Kurosaki vole toujours au secours de ses femelles ! Et quand il viendra, je pourrais enfin en finir avec ce chien galeux !
La voix grave s'éleva à nouveau.
- Il te battra ... encore ... comme il l'a déjà fait !
Elle récolta une gifle magistrale qui l'envoya voler contre le mur du fond de sa cellule.
- Ferme-la ! Dès qu'il sera là, on n'aura plus besoin de toi ... je suis certain que la grande sauterelle sera alors ravi de te régler ton compte ... Nelliel ...
La porte se referma sur les pas de l'Espada et Nelliel s'adossa au mur, la joue en feu.
- Ichigo ... murmura-t-elle seulement.
OoOoOoO
voilà pour ce chapitre qui ouvre de nouvelles perspectives.
Merci à tous et toutes pour tous vos commentaires et votre soutien. Je vois que de plus en plus lisent ma fiction et l'apprécient au point d'y mettre des alertes ... alors franchement, merci !
Prochain chapitre plus mouvementé ... un duel en perspective.
