voila le chapitre nouveau et tout d'abord quelques réponses à vos commentaires ...

à l'AneOnyme : les Arrancars viendront un peu plus tard, ils se reposent encore un peu les pauvres chéris. sache que je privilégierai les beaux, enfin les plus beaux de ces troupes. Ceux que Kurotsuchi pouvait aussi ramasser dans la fausse Karakura ou au Hueco Mundo.

à Satan Sensei et Hesymi : eh bien, elle en prend pour son grade Rangiku. Bon c'est vrai que Shinji en a pris une bonne. Elle n'a pas fini de souffrir, la pauvre et Hisagi avec. J'aime faire souffrir mes persos. (enfin ceux de Tite Kubo)

Merci pour vos commentaires sur les dialogues et répliques. Oui la plupart étaient pour contre balancer le combat, rendre le chapitre moins lourd, moins dramatique.

j'espère que vous ne serez pas déçus de la suite ...

OoOoOoO

Renaissance

Chapitre 22 : cicatrices visibles, cicatrices invisibles

Le blanc fut la première chose qu'il vit en ouvrant péniblement les yeux. Le blanc et cette lumière éblouissante qui s'imprima dans ses prunelles vertes. Mais contrairement à son premier réveil, une silhouette se découpait dans la lumière du couchant. Une silhouette familière, apaisante. Un visage souriant et des yeux reflétant une pureté d'âme absolue. Ce visage s'approcha de lui et une cascade de cheveux couleur de feu entoura son visage, les isolant du reste du monde.

- Ulquiorra ...

Même son nom lui semblait plus beau dans sa bouche. Elle y mettait à chaque fois une intonation, une chaleur particulières ... un timbre à la fois doux et rauque, caressant comme un vent d'été, à la fois tiède et humide.

Orihime posa doucement sa main sur le front fiévreux de l'Arrancar, de son shinigami-arrancar et vice-capitaine. Tant de chose à la fois. Ses yeux le fixaient avec une intensité troublante. Elle en tremblait de tous ses membres et finit par se relever en ressentant le reiatsu rassurant et tranquille de Retsu Unohana.

- Unohana-sama. Il est encore bien fiévreux, plus qu'hier encore. Est-ce normal ?

Le sourire de la capitaine de la quatrième division s'élargit alors qu'elle fermait ses yeux.

- Hier, il errait encore dans les limbes et il n'avait pas ouvert les yeux. Aujourd'hui, si. J'imagine que ce qu'il a vu lui a plu.

Orihime rougit fortement à la remarque et reporta son attention sur Ulquiorra qui la regardait, non, la dévorait toujours du regard avec une intensité telle qu'elle la mettait mal à l'aise. Retsu Unohana eut un petit rire cristallin et rejoignit le seuil de la porte de la chambre.

- Je le laisse entre tes mains, Orihime Inoue. J'ai encore d'autres patients qui ont peut-être un peu moins de chance que lui.

Orihime rougit de plus belle et bafouilla un remerciement respectueux avant que la porte ne se referma. Le capitaine sortit toujours avec le sourire et héla un de ses soldats.

- Qu'on ne les dérange sous aucun prétexte. Le vice-capitaine de la neuvième division a besoin de se reposer.

- Bien capitaine.

Elle se dirigea ensuite vers la chambre de Rukia Kuchiki avant d'y pénétrer avec un air très digne. L'ambiance était nettement plus tendue. Le très vénéré et respecté Byakuya Kuchiki était assis bras croisés, paupières fermées et tête penchée, sur une chaise à côté du lit de sa soeur.

Ichigo Kurosaki et Renji Abarai étaient debout un peu plus loin, de l'autre côté du lit. Les rares regards échangés entre Byakuya et Ichigo étaient aussi chaleureux qu'une attaque du capitaine de la dixième.

Rukia n'avait pas encore repris conscience depuis qu'elle avait été attaquée quelques quarante huit heures plus tôt et cela inquiétait Unohana. Bien plus que les trois protecteurs qui entouraient son corps endormi. Trois protecteurs aussi différents qu'il était possible de l'être ; un être droit et rigide mais qui l'avait fait entrer dans sa famille. Un ami de toujours, fidèle entre les fidèles, qui donnerait jusqu'à sa vie pour la voir sourire et vivre pleinement. Et un être inattendu, rencontre qui n'aurait jamais du avoir lieu et qui les avaient chamboulé non seulement tous les deux, mais aussi tout le Sereitei et bien plus.

- Capitaine Kuchiki. Avez-vous remarqué une évolution chez votre soeur ?

Les trois têtes rousse, rouge et noire se tournèrent brièvement vers elle avant de fixer à nouveau la frêle silhouette.

- Aucune. Finit par répondre la tête noire.

Unohana conserva son sourire rassurant.

- Soyez confiant. Votre soeur est forte. Elle va se réveiller. J'ai donné un échantillon de son sang au capitaine Kurotsuchi. Il pourra l'étudier et voir s'il présente des substances étrangères.

Kuchiki hocha la tête et Ichigo fronça les sourcils, lui donnant un air encore plus grognon qu'à l'accoutumée.

- Et alors ?

- Nous n'avons pas encore de résultat de la douzième, Ichigo Kurosaki. Mais vous serez tous les trois les premiers au courant des résultats.

Elle ne changea pas de ton mais détacha soigneusement chaque syllabe. Ichigo sut qu'il ne fallait plus poser une seule question sur la fiabilité des résultats ou la vitesse de réponse. Et encore, elle n'avait pas ouvert les yeux. Il battit prudemment en retraite et faisant fi du regard glacial de Byakuya, s'assit sur le lit et mêla les doigts glacés de Rukia aux siens.

- Rukia, reviens avec nous. Murmura-t-il. Nous sommes là, nous t'attendons, nous te protègerons cette fois.

Renji crispa la mâchoire et fixa un point au lointain, par la fenêtre ouverte. Byakuya croisa plus fort ses bras et reprit sa position initiale, le dos aussi droit qu'un I. Leurs attitudes et réactions bien que toutes différentes, trahissaient leur sentiment de culpabilité commun.

Retsu Unohana baissa la tête et sortit de la chambre sans faire de bruit. Elle se dirigea enfin vers la chambre de son troisième patient et ouvrit doucement la porte. Elle fut surprise de le trouver assis sur son lit, grimaçant de douleur, déjà revêtu de son uniforme et passant tant bien que mal son haori.

- Capitaine Hisagi ! S'exclama-t-elle sur un ton toutefois calme. Vous vous êtes réveillé ce matin seulement. Vous ne devriez même pas songer à vous lever, encore moins à quitter cette chambre.

Il n'était pas seul et son vice-capitaine Kira Izuru lui offrit un sourire désolé.

- c'est ce que j'ai tenté de lui faire comprendre, capitaine. Mais il est assez têtu.

Hisagi leur offrit un sourire d'excuse dans son visage encore très blanc. Il souffrait, cela pouvait se lire sur ses traits tirés et fatigués. Mais ils y lurent aussi une détermination inébranlable.

- Bien. Acquiesça finalement Unohana. Je ne peux aller à l'encontre de la volonté de l'un de mes pairs. Je peux seulement vous déconseiller cette sortie.

Shuhei se leva en chancelant et assura un peu son maintien avant de s'incliner respectueusement devant elle.

- je comprends. Et je vous remercie pour tout.

- Vice-Capitaine Izuru. Je vous le confie et vous confie son traitement. Capitaine Hisagi, Isane viendra tous les jours vous rendre visite et s'assurer de votre bon rétablissement. C'est non négociable.

Hisagi et Izuru s'inclinèrent plus bas encore. La capitaine de la quatrième division pouvait se montrer particulièrement persuasive sans même élever sa voix d'une octave. Kira soutint Hisagi qui s'arrêta devant Unohana au moment d'atteindre le seuil de la chambre.

- Comment va-t-il ?

- je suppose que vous voulez parler du vice-capitaine Ulquiorra Schiffer.

- Oui.

- Il se remet, tout comme vous. Sa convalescence sera courte. Il est également bien accompagné.

- tant mieux. Puis-je aller le saluer ?

- laissez-le regagner ses quartiers. Cela peut attendre. Je pense qu'il n'attend rien de vous, capitaine.

Hisagi, soutenu par Kira, fixa le sol un moment avant de remonter les yeux et de lui adresser un léger sourire.

- Je le sais. Mais je souhaite le faire quand même. Il m'a sauvé.

- Il a fait ce qu'il considérait comme son devoir. C'est un vrai shinigami.

L'intonation qu'elle mit dans la dernière phrase ne souffrait aucune discussion et Shuhei devait le reconnaître ; dans leur combat l'ex-Arrancar s'était comporté en tant que vice-capitaine et le capitaine qu'il était comme le dernier des Arrancars. Il fit un pas vers la porte et Kira embraya. Ils y arrivaient lorsque la voix de Unohana les stoppa.

- Capitaine ... je vous déconseille toute activité nocturne et vous préconise le plus grand repos durant vos heures de sommeil. Et ce jusqu'à ce que votre corps ait récupéré toutes ses forces. Il serait inutile voire dangereux de gaspiller votre énergie à des futilités et à rouvrir des blessures à peine cicatrisées.

Les deux hommes écarquillèrent les yeux et se retournèrent pour voir le visage souriant de la capitaine, craignant de trop bien comprendre ses propos.

- euh ... oui, capitaine.

- je veillerai à ce qu'il se repose. Promit Kira. Au revoir, capitaine.

Retsu soupira et se rendit dans ses quartiers pour y prendre quelques minutes de repos. Elle trouva sur son seuil Ukitake et Kyoraku et les invita à entrer avant de les servir elle-même.

- Alors ? L'interrogea Ukitake.

- trois patients, trois situations différentes, trois remèdes différents. Je m'inquiète d'avantage pour la vice-capitaine Rukia Kuchiki.

- Rukia ?

- Elle ne s'est pas encore réveillée et semble très faible.

Ukitake se passa une main nerveuse dans les cheveux.

- Vous pensez qu'elle sera inconsciente longtemps ?

- Je l'ignore. J'ai informé la douzième division. J'attends leur retour.

Le silence se fit dans la pièce, seulement interrompu par le chant des oiseaux au-dehors. Kyoraku posa une main sur l'épaule de son ami, le faisant sursauter.

- ne t'inquiète pas. Elle va se réveiller. Elle est solide et nous l'a prouvé à de nombreuses reprises.

- tu as raison.

Ukitake lui adressa un petit sourire tout en confirmant ses propos avant de goûter son thé. Mais il était loin d'être aussi confiant que son ami.

OoOoOoO

La chaleur était étouffante dans sa petite cellule et Neliel avait soif, une soif inextinguible qui la tenaillait depuis qu'on l'avait jeté là. Enfin depuis qu'il l'avait jeté là. Il était devenu fort, bien plus fort qu'il ne l'était alors qu'ils se combattaient dans un passé qui lui semblait lointain comme autant de siècles. Et surtout bien plus fort qu'elle.

Il avait pu facilement prendre l'ascendant sur elle et l'avait trainé par les cheveux jusqu'à cette cellule. Ensuite il l'avait frappé, si fort et à de si nombreuses reprise qu'elle s'était évanouie plusieurs fois. Il lui avait promis bien pire et depuis elle attendait inquiète qu'il revienne. Que pouvait-il lui faire de pire sinon l'horreur qu'elle s'imaginait.

Elle entendit des pas dans l'escalier et pria n'importe quel dieu pour que ce fut pas lui. Les dieux qu'elle pria semblèrent miséricordieux puisqu'il s'agissait de Grimmjow. Non qu'il ne fut pas dangereux, bien au contraire, mais au moins il souhaitait la garder en vie, chose que peu de monde au-dessus d'elle prenait en considération.

Il s'arrêta devant la cellule et s'appuya aux barreaux de la petite ouverture qui donnait sur le couloir. Ses yeux de fauve scrutèrent l'intérieur à sa recherche et se plissèrent lorsqu'il croisa son regard fatigué.

- Il est revenu, hein ? Lança-t-il sur un ton rogue.

Elle ne répondit pas et baissa les yeux, honteuse de sa propre faiblesse.

- Il t'a bien amoché. S'il continue tu seras morte avant que Kurosaki vienne ici.

Tout en parlant il passait la garde de son arme sur les barreaux dans un sens puis dans l'autre, dans un claquement aussi régulier que sinistre. Il semblait tourner quelques possibilités dans sa tête puis finalement s'écarta des barreaux.

« fait chier ! » l'entendit-elle grommeler alors qu'elle vit la porte s'ouvrir. Si elle avait été moins blessée, elle aurait pu en profiter pour tenter de s'enfuir. Il dut lire son projet dans ses yeux car il se rapprocha d'elle et la prit par le col déchiré de son uniforme d'Arrancar, se rapprochant dangereusement d'elle.

- N'y pense même pas, ma belle.

Il la relâcha sans ménagement et elle s'écrasa contre le mur dans un gémissement. Il marmonna un second « fait chier » et alla chercher une bassine cabossée en métal. Elle regarda l'eau avec envie mais il n'y prêta pas attention.

Grimmjow déchira un morceau du pantalon de Neliel et le trempa dans la bassine avant de lui essuyer un peu les joues dans un geste aussi maladroit que peu délicat. Autant dire qu'il n'était pas habituer à soigner les autres, plutôt à les blesser.

- Tss. Grogna-t-il. Si tu racontes çà à quelqu'un je te tue de mes mains.

Elle ne répondit rien et plongea son regard dans le sien. Il n'y prêta pas attention jusqu'à ce qu'il essuya son front. Le temps s'arrêta une fraction de seconde avant qu'il ne recula précipitamment comme s'il s'était brûlé.

- Quoi ? Aboya-t-il. T'as fini de me regarder comme ça ! Continue et je t'éclate !

Elle sourit d'un sourire de biais en raison de la violente douleur dans sa mâchoire inférieure avant de grimacer en raison de cette même douleur. Il s'avança à nouveau vers elle et prit son menton entre son index et son pouce, le levant vers lui. La douleur fut si vive pour elle que des larmes jaillirent de ses yeux et qu'elle attrapa le bras de Grimmjow de sa main gauche, la seule valide.

- Il t'a cassé la mâchoire ... c'est pour ça que tu jacasses plus ...remarque, ça nous fait des vacances ! T'étais soulante !

Les yeux gris s'agrandirent de colère et il esquissa un demi-sourire satisfait.

- Yeah ... c'est mieux comme ça. Ta colère te tiendra en vie, même si t'as des os brisés partout.

Il tenta de la remettre debout mais elle s'affaissa aussitôt dans ses bras. Il la relâcha comme si il s'était brûlé.

- oh ! À quoi tu joues là ?

Neliel sentait qu'elle perdait connaissance. Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait ni bu ni mangé en plus de ses blessures qui la faisaient horriblement souffrir. Elle sentit la gifle qu'il lui donna mais celle-ci ne fit que raviver sa douleur. Elle gémit et finit par tomber sur le sol. Elle se sentait glisser vers l'inconscience et sans doute la mort.

- Et merde ! Grogna Grimmjow en la ramassant. Elle est en train de crever !

Il marmonna encore deux ou trois paroles du même acabit avant de prendre la bassine et de la lui jeter sur la tête. Elle rouvrit les yeux et cracha l'eau avant de se rendre compte que c'était ce qu'elle voulait depuis le début de sa captivité. Elle lécha ses lèvres et tenta de recueillir le reste d'eau sur ses mains.

Grimmjow la regarda faire aussi interloqué qu'hypnotisé par cette scène incongrue. La voir se lécher ainsi à ses pieds réveillait ses instincts les plus primaires, alors même qu'elle était plus morte que vive, qu'elle était blessée et couverte d'hématomes, de sang séché et bien loin de l'image lisse qu'elle lui avait laissé. Il secoua la tête, s'arrachant à ce spectacle dérangeant.

- t'as soif en fait ! Ce con de Nnoitra est vraiment débile. Il pourra plus rien avoir de toi si t'es à moitié morte.

Il disparut un moment et réapparut avec un gobelet ébréché empli d'eau.

- arrête de te lécher. Si le grand échalas te voit faire ça, c'est pas ta mâchoire qu'il va éclater.

Inconsciemment, elle ouvrit des grands yeux effrayés et se rencogna contre le mur. Elle eut un vertige lorsque son épaule déboitée heurta le mur.

- Tss. Fit-il en se baissant vers elle. Bois çà.

Elle se saisit du verre qu'il lui tendit et l'approcha en tremblant de ses lèvres, manquant d'en renverser la moitié. Il soupira bruyamment et lui arracha le verre des mains renversant la quasi totalité du reste. Il grogna et ressortit avant de revenir avec le gobelet plein.

- Faut même que je te donne à boire. T'es encore pire que dans ta forme de bébé !

Grimmjow s'accroupit à côté d'elle et porta le gobelet à ses lèvres. Elle avait si soif et sa gorge était si sèche qu'elle faillit s'étouffer à la première gorgée. Elle toussa et cracha plusieurs fois, faisant monter de nouvelles larmes à ses yeux.

- Tss. T'es pénible Neliel. Sérieux. Et inutile ... un vrai déchet, comme ces humains que t'aime tant.

Il la fit boire plus doucement, réglant lui-même le rythme auquel elle buvait. Quand le gobelet fut vide, il le lança dans un coin de la cellule. Elle le remercia d'un regard plein de gratitude et il recula une fois encore.

- va rien t'imaginer. Que tu crèves, je m'en tape mais là c'est pas le moment.

Neliel baissa la tête et se laissa aller contre le mur avant de se redresser brutalement à cause de son épaule. Elle n'avait pas eu le courage ni la force de la remettre en place elle-même. Et la douleur l'avait empêché de dormir depuis la veille. Lui pourrait sans doute le faire et puisqu'il n'était pas encore parti, elle tenta sa chance.

Elle attrapa les plis de sa veste courte toujours ouverte, comme auparavant et dans son geste approximatif effleura ses pectoraux durs, comme taillés dans le roc. Il sursauta comme s'il avait été brûlé et la saisit au cou.

- Oh ! Tu fais quoi là ?

Elle secoua la tête désespérément et posa sa main valide sur son avant-bras avant de lui montrer son épaule et de le regarder avec intensité. Elle n'arrivait pas à parler et en était profondément frustrée. Il se calma et l'observa de ses yeux félins avant de lui lâcher le cou et lui toucher l'épaule d'un doigt. Elle faillit s'évanouir sous la douleur.

- Ah c'est ça. Tu veux que je te la remettes en place ?

Elle hocha la tête affirmativement et s'écarta de lui. Il se gratta la tête avant de rejeter ses mèches rebelles en arrière.

- tu vas tomber, fillette. T'es déjà sacrément massacrée, ça va t'achever.

Elle secoua la tête de gauche à droite et ses yeux étincelèrent de colère. Il grogna encore une fois et l'allongea au sol avant d'arracher la partie de sa veste qui recouvrait son épaule pour la palper avec des gestes brusques. Elle serra les dents autant que possible. Il le remarqua et serra les dents.

- Prête ?

Il n'attendit pas la réponse et la lui remit en place. Malgré sa mâchoire cassée elle cria et il la sentit s'écrouler et se détendre brutalement sous lui.

- yo ! Entendit-il.

La silhouette courbée de Starck apparut dans l'embrasure de la porte. Seul l'éclat de ses yeux clairs apparut dans son visage mangé par l'ombre.

- tu fais quoi ? S'enquit-il d'une voix ensommeillée.

Grimmjow toujours accroupi au-dessus de Neliel ne broncha pas mais lui adressa un regard franchement hostile que l'autre ignora avec superbe. Il s'approcha d'eux et observa le visage de Neliel avant de couler un regard vers ses vêtements déchirés.

- oh ! C'est pas ce que tu crois, Starck. La sauterelle l'a tellement amoché qu'elle va plus vivre longtemps.

- Nnoitra ?

- ouais qui d'autre ?

- oh ... m'agresse pas, je t'ai rien fait.

Grimmjow se releva et fit face au primera sans ciller. Que lui importait les chiffres tatoués sur leurs corps, il lui botterait le cul comme à tous ... à commencer par Kurosaki. Starck s'en fichait royalement. Il n'avait pas retrouvé Lilynette et elle lui manquait ; le reste, il s'en moquait.

- Dommage qu'on n'ait plus la fille qui rejette ... Inoue, c'est ça non ?

- Ouais, la rousse ...

- d'après ce que nous a dit l'autre, elle est au Sereitei.

Grimmjow hocha distraitement la tête. Oui, elle était là-bas. Et elle ne refuserait pas d'aider un ennemi, encore moins celle qu'elle considérait comme une amie comme Neliel. Encore fallait-il la ramener. Ou amener Neliel au Sereitei. Il eut un sourire mauvais. Pourquoi pas après tout ? Elle pouvait être son ticket d'entrée là-bas. Il pourrait régler ses comptes. Kurosaki y était sans doute aussi et il était sûr d'avoir vu ce glaçon d'Ulquiorra déguisé en shinigami alors qu'il était encore à demi-inconscient. Il ramassa Neliel et observa du coin de l'oeil Starck, appuyé avec indolence contre le mur qui baillait à s'en décrocher la mâchoire et son reste de masque brisé.

- Yo primera. Ça te dirait une petite balade ?

OoOoOoO

Shuhei s'assit avec une extrême lenteur à son bureau de capitaine en soupirant. Kira avait enfin consenti à le laisser seul. Il venait de découvrir une nouvelle facette de son ami ; celle d'une nounou débordant d'affection et de sollicitude ... de trop des deux en fait. Il ferma les yeux et apprécia le calme de la pièce, écoutant avec délice le chant des oiseaux au-dehors et les bruits familiers et lointains des discussions entre les hommes de sa division.

Un mouvement et un bruit sec détonna dans cette ambiance et lorsqu'il rouvrit les yeux il croisa le regard de Rangiku qui venait d'entrer par la fenêtre ouverte. Leurs regards s'accrochèrent mais ce fut elle qui rompit le lien fragile et finit par fixer le sol. Elle avait l'air affecté et triste. Il referma les yeux et prit la parole pour rompre le silence qui devenait pesant.

- je me doutais que tu passerais. Que veux-tu, Rangiku ?

Son ton était plus sec que ce qu'il aurait voulu et la belle rousse sursauta. Elle ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche avant de se lancer.

- je voulais ... m'excuser ...

- pour quoi ? Pour t'être enfuie comme une voleuse ? Pour être venue de la même manière ? Pour ce qui s'est passé ? Ou pour me prendre pour Ichimaru ?

Matsumoto recula d'un pas, prise au dépourvu par les questions directes et le manque de chaleur d'Hisagi, lui toujours si neutre et si droit. Elle avait senti de l'amertume dans ses propos. Une certaine agressivité aussi. Elle grimaça, restant pour une fois extrêmement sérieuse.

- pour tout ... je crois ...

- tu crois ? Murmura-t-il.

Le silence retomba entre eux. Il ne pouvait pas accepter ses excuses et plus encore ne le voulait pas. Il ignorait ce qui se passait en lui mais il ressentait encore de violentes émotions qu'il avait du mal à maîtriser. Peut-être un reste des sentiments exacerbés de Kazeshini. Peut-être avait-il fusionné avec son Zanpakuto assez longtemps pour en être marqué.

- Shuhei ?

La voix basse de Rangiku le sortit de ses réflexions.

- Crois-tu que nous pouvons effacer ce qui s'est passé et faire comme si de rien n'était ?

- C'est ce que tu veux ?

- Je ... je ...

Elle ne savait pas. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait tout au fond d'elle à présent. Il n'était pas Gin, elle le savait et pourtant le fait de le voir revêtir ce haori la bouleversait. Elle ne voulait pas le blesser et pourtant c'est ce qu'elle avait fait. Ses sentiments se mélangeaient, tout se bousculait dans sa tête et dans son coeur. Elle l'observa et vit qu'il avait les yeux fixés sur elle, sur son visage, la mâchoire crispée. Elle n'osait pas faire un pas, ni vers lui ni en arrière.

- c'est ce que tu veux ? Répéta-t-il.

Des larmes montèrent à ses yeux bleus et elle secoua la tête dans une faible dénégation. Il ferma les yeux encore une fois et se passa la main dans ses cheveux.

- pourtant, ce serait le mieux. Pour tous les deux. Ce serait le choix le plus raisonnable. Nous allons entrer dans une nouvelle guerre. J'ai des responsabilités envers les personnes qui m'ont fait fait confiance en me mettant à cette place, envers mes hommes. Et toi aussi, tu en as. Nous ne devrions pas perdre ces objectifs de vue. Conclut-il.

Il rouvrit les yeux et la vit toujours debout face à lui, étrangement silencieuse, étonnamment triste. La douleur dans son dos se réveilla et il s'étira un peu, cherchant une position plus confortable sur sa chaise. Finalement il ne tint plus et se leva.

- Ne pouvons-nous plus être ... amis ? L'entendit-il murmurer.

- sans doute ... plus tard.

Il se dirigea vers la fenêtre ouverte et regarda au-dehors. Le soleil se couchait enfin et la nuit allait bientôt tomber. Son corps le faisait souffrir mais ce furent les bras qui lui enserrèrent la taille qui le mirent au supplice. Instinctivement, malgré lui et ses précédentes paroles, il posa une main sur les doigts de Rangiku et ils restèrent ainsi de longues minutes, jusqu'à ce que la nuit fut installée. Il sentit un baiser léger sur son bras et serra plus fort et bien involontairement les dents et les doigts qu'il tenait.

- Je serai là si tu as besoin de moi, Shuhei. Déclara-t-elle avec douceur.

- Je serai là si tu as besoin de moi, Rangiku. Lui répondit-il en écho avant de se tourner vers elle.

Il semblait sur le point d'ajouter quelque chose mais se ravisa. Il passa une main dans les longs cheveux roux, les laissant s'emmêler entre ses doigts et la fit remonter vers son oreille. Elle pencha sa tête, bloquant sa main contre sa peau pour conserver ce contact un peu plus longtemps.

Shuhei caressa la joue douce de son index puis retira à regret sa main avant de retourner vers son bureau.

- Je serai là, Rangiku ... si tu viens vers moi, Shuhei Hisagi et non vers le seul capitaine de la troisième division ou pour faire revivre Gin.

- Shuhei ...

Il leva la main l'empêchant d'avancer vers lui et s'appuya de l'autre sur son bureau.

- Non ... je ne suis pas comme lui, pas aussi fort que lui. Je ne parle pas seulement de force physique. M'éloigner de toi n'est pas aussi facile pour moi que pour lui. Tu veux que nous soyons amis ... alors accorde-moi du temps ... le temps de me soigner.

Chaque mot qui sortait de sa bouche s'enfonçait comme une lame acérée dans son propre coeur. Mais il devait se tenir éloigné d'elle pour le moment. Redevenir plus fort. Se reconstruire. Assumer les devoirs liés à sa charge. Maîtriser Kazeshini. Autant de raisons qui l'obligeaient à tenir ses distances.

Les épaules de Rangiku s'affaissèrent un peu. Elle comprenait ses mots, elle comprenait ses raisons et elle le comprenait. Mais elle se rendit compte à cet instant précis que jamais elle n'avait eu aussi mal avec Gin, hormis à sa mort, lorsqu'il l'avait définitivement quitté. Et ce constat lui fit peur. Elle recula de quelques pas et ouvrit la porte.

- au revoir ... Shuhei.

Leurs regards se croisèrent une dernière fois avant qu'elle ne referma doucement la porte derrière elle, le laissant seul, les poings serrés et le coeur en lambeaux. Il avait vu ses yeux noyés de larmes et avait failli balayer toutes les excellentes raisons qu'il avait trouvé pour se tenir éloigné d'elle. Cela faisait des années qu'il espérait ne serait-ce qu'un millième de ce qu'ils avaient partagé et voilà que c'était lui qui y mettait fin. Il se traita mentalement d'abruti et se redressa lorsqu'il vit Kira entrer, un plateau à la main.

- Shuhei ? Est-ce que ça va ?

- Oui.

La réponse sibylline et atone inquiéta Kira qui venait de croiser Matsumoto en larmes.

- j'ai croisé Matsumoto. Avança-t-il avec prudence.

- Il ne s'est rien passé. Je ne veux pas en parler, pas aujourd'hui.

- d'accord. Tu devrais manger un peu et te reposer. Je ne serai pas loin si tu as besoin de quelque chose.

- Merci Kira.

Kira posa le plateau sur le bureau et partit laissant Shuhei à nouveau seul. Celui-ci se laissa tomber sur sa chaise et leva un visage livide vers la lune. La nuit portait conseil. Il considéra d'un oeil absent les piles de dossiers sur son bureau. Le travail, voilà ce qui l'aiderait.

OoOoOoO

- Tss.

La plus grande des deux silhouettes blanches qui avaient parcouru le tunnel séparant l'Hueco Mundo de la Soul Society posa un pied sur l'herbe, non loin du Rugonkai. Il portait un étrange fardeau sur l'épaule. La seconde silhouette émergea quelques secondes plus tard dans un grognement assorti d'une série de mots plus grossiers les uns que les autres.

- On est arrivé. Déclara la première silhouette.

- Ouais, je sais. Reste plus qu'à le trouver ...

- le ? Je croyais qu'on cherchait la rousse.

- te fous pas de moi. Neliel ne devait que servir d'entrée. Tout s'est bien passé. Tu peux la lâcher, elle peut crever ... j'me casse.

La seconde silhouette sauta souplement de toit en toit à la recherche de sa proie, parfaitement à l'aise sous la lune, ses lèvres dégageant de longues dents dans un sourire diabolique. Il le sentait, il n'était pas loin.

- Tss. Fit l'autre. Faut toujours que je fasse le ménage derrière les autres.

Toujours chargé de son fardeau, il poursuivit son prédécesseur avant de bifurquer subitement sur la gauche. Il venait de trouver celle qu'il cherchait.

OoOoOoO

Petit chapitre après le double chapitre 21. Les Espadas arrivent en éclaireurs.

Je vais tenter de vous publier la suite courant de semaine prochaine. A bientôt. Et encore merci pour vos commentaires et de me suivre aussi régulièrement ... quoique, j'en ai peut-être perdu quelques uns ... Non ?