Renaissance
Chapitre 24 : le départ
Un mois s'était écoulé sans aucun incident à signaler dans le Sereitei. Seuls quelques incidents mineurs impliquant des Hollows avaient eu lieu à Karakura mais l'intervention des plus hauts gradés du Sereitei n'avait pas été nécessaire. Les blessés s'étaient remis, les entrainements avaient repris et Orihime et Ichigo avaient passé ce mois au Sereitei, logés chez Byakuya Kuchiki au grand dam de celui-ci en ce qui concernait la présence de Kurosaki.
Quand il ne se chamaillait pas avec Rukia qui venait leur rendre visite depuis la treizième, c'était avec Renji. Et quand c'était fini avec ce dernier, quelques larrons de la onzième venaient consciencieusement dévaster son jardin à grand coup de shikai. Si bien que le reposant jardin s'était transformé au fil des jours en labyrinthe de tranchées plus ou moins vastes ou profondes. Jusqu'à ce que le maître des lieux, ayant franchi le seuil de l'exaspération ne renvoie tout le monde dans ses pénates avec quelques pétales rosés et tranchants parsemés sur le corps, les obligeant à faire un détour par la quatrième.
En un mot, le temps s'écoulait dans un rythme lent et trompeur et paradoxalement dégageait un sentiment de paix, même si tous savaient pertinemment qu'elle n'était que factice. Et personne ne le savait mieux que le vice-capitaine de la neuvième division. Ulquiorra se leva et se dirigea vers la porte fenêtre, s'appuyant avec nonchalance contre la barrière courant le long de la bâtisse.
Il venait de terminer la liste qu'il devait remettre dans l'après-midi au capitaine-commandant, liste dont le contenu serait dévoilé lors de la réunion du conseil dans la fin de la journée. Une bourrasque ébouriffa ses cheveux et il dégagea la longue mèche qui dansait devant ses yeux. Le vent lui amena différentes effluves qu'il reconnut sans peine ; les onguents forts du capitaine de la treizième division qui devait être alité, les fleurs de cerisier de la cinquième, l'odeur sucrée des bonbons qu'adorait la petite vice-capitaine de la onzième, le parfum d'Orihime qui devenait de plus en plus fort à mesure qu'elle s'approchait de la neuvième.
Autant d'odeurs dont il ne se serait jamais soucié à Las Noches, palais froid et aseptisé des Arrancars. Autant d'odeurs qu'il espérait encore pouvoir respirer après la guerre. Il vit le portail de la neuvième s'ouvrir et sentit son parfum encore plus fort. D'ici quelques secondes elle prononcerait son nom d'une voix claire et chantante et cela le ferait à nouveau sourire. Il devait vraiment se ramollir pour être attentif et attendri par des détails si ridicules. Et pourtant ...
- Ulquiorra !
- Inutile de crier, Femme. Je ne suis pas encore sourd.
Il sauta d'un bond souple pour la rejoindre et elle lui sauta littéralement dans les bras dès qu'il toucha terre. Quelques hommes de la neuvième détournèrent la tête et s'empressèrent de filer s'entraîner.
- Femme ... commença-t-il.
Orihime secoua la tête et se rapprocha encore de lui.
- Non Ulquiorra, c'est Orihime. O-ri-hi-me !
Il sourit. A chaque fois qu'elle venait c'étaient les mêmes mots. Presque un rituel journalier. Il déposa un baiser léger sur le sommet de son crâne et ils partirent vers les jardins. Elle l'ignorait mais il tenait à passer ces quelques heures avec elle comme ils le faisaient quasiment toutes les fins de matinées depuis un mois. Ce seraient les dernières avant la guerre.
OoOoOoO
- j'aurai jurer le voir sourire.
Kensei se tourna vers l'intérieur de son bureau et observa le capitaine de la troisième assis sur le canapé en face de lui.
- Qui ? Ulquiorra ?
- Oui. D'aspect il est resté le même, avec le même air impassible. Pourtant, je sens bien le chemin qu'il a parcouru depuis qu'il est ici. Elle y est pour beaucoup ...
- Orihime Inoue ?
- Oui.
Kensei se tut et n'osa pas dire que celui qui lui faisait face avait lui aussi bien changé. En prenant le chemin inverse de celui d'Ulquiorra. Etrange croisement de destins entre un des plus valeureux Shinigami sombrant peu à peu et un Espada revenant vers la lumière. Hisagi fixait son gobelet de thé fumant comme s'il y cherchait une réponse à sa question silencieuse.
- Capitaine ? Comment faites-vous pour être sûr de faire toujours les bons choix pour les hommes de votre division ?
C'était donc ça. Son coeur était empli de doutes et d'interrogations ...
- Eh bien Capitaine ... je fais ce qui me semble être le mieux pour moi à ce moment. Mais comme beaucoup pour ne pas dire tous, je me trompe parfois. L'essentiel est de comprendre son erreur, de l'accepter et de la corriger. Tu feras des erreurs, Hisagi. Tu perdras des hommes et certains autres seront blessés. Tu ne pourras rien y faire et tu devras continuer. Mais tout cela tu ne pourras le faire que si ton coeur est serein. Je doute que ce soit le cas en ce moment. Finit-il par ajouter avant quelques réticences.
Hisagi écarquilla brièvement les yeux avant de fixer à nouveau son thé d'un air absent.
- Nous avons une réunion du conseil demain. La guerre est imminente à présent, Hisagi. Si tu ne veux qu'un seul conseil de ma part, prends celui-ci ... il est temps de tranquilliser ton coeur.
- Que voulez-vous dire ?
- tu le sais Hisagi. Tu connais l'origine de ton mal. Il est temps d'y remédier à présent.
- Capitaine Kensei ?
- Je n'ai plus rien à t'apprendre Hisagi. Tu as parcouru un long chemin seul, puis avec des amis, puis à nouveau seul ... avant d'accepter finalement la part d'ombre qui réside en toi et qui s'est révélée avec l'utilisation de Kazeshini.
Kensei se campa devant lui, les pieds fermement ancrés au sol et les bras croisés, le dominant ainsi de toute sa hauteur.
- En temps que combattant, tu es prêt Hisagi. En tant que capitaine de division tu as encore à apprendre comme nous autres capitaines. Nous apprenons chaque jour. Et en tant qu'homme, je ne peux répondre à ta place ... mais il est temps d'apaiser ton coeur et ton esprit. Ce n'est qu'à cette condition que tu seras prêt.
Hisagi secoua la tête et baissa les yeux vers le sol.
- tu le sais, une réunion du conseil aura lieu cet après-midi. La guerre est toute proche. Sois prêt.
- je serai prêt à combattre Capitaine Kensei.
- sois prêt à partir comme tu es ... et prêt à revenir différent.
Shuhei le dévisagea l'air circonspect mais comprit qu'il devait prendre congés à présent. Il s'inclina respectueusement devant le capitaine de la neuvième et sortit. Kensei le suivit des yeux par la fenêtre alors qu'il traversait la cour pour quitter son ancienne division.
- Eh bien ! S'éleva une voix derrière lui. J'ai failli pleurer. Depuis quand tu raisonnes à ce point ?
Shinji Hirako apparut comme par enchantement à ses côtés. Il bailla d'ennui et croisa ses bras derrière sa tête tout en suivant le regard de Kensei.
- ce gamin est perdu. Il n'est pas un vizard mais un shinigami à part entière et pourtant je reconnais en lui les doutes et les monstres intérieurs que nous avons nous-mêmes combattus. Etrange non ?
- c'est la vie ... enfin la mort ... enfin bref ! S'emmêla Shinji. Il n'y a plus qu'à passer une bonne soirée. Je pense que dans quelques jours cette belle tranquillité va voler en éclat.
- Oui. Mon vice-capitaine a fini sa liste.
- Pff. C'est vraiment devenu n'importe quoi au Sereitei. D'abord ils prennent un shinigami remplaçant à la fois humain, hollow et shinigami. Ils reprennent des vizards en tant que capitaines et demandent à un fraichement nommé vice-capitaine ex ou toujours Espada d'organiser l'attaque du Hueco Mundo.
Kensei éclata de rire devant l'air faussement contrit de Shinji.
- Et t'éclates de rire ! Bon allez, autant boire un coup ... ça me changera de l'humeur morose de ma vice-capitaine qui se sauve dès que j'ai le malheur de la croiser dans un couloir.
- c'est toi qui a choisi de garder celle qui croit encore en Aizen.
- Pff ! Inutile de me le rappeler.
OoOoOoO
La journée s'était déroulée paisiblement. La réunion fut un modèle de calme, chacun des Capitaines trouvant plus ou moins son compte dans les choix d'Ulquiorra, approuvés par le Capitaine-Commandant. Hormis les capitaines, nul n'étant encore au courant du contenu qui serait révélé le lendemain au sein de chaque division.
Ulquiorra arriva au seuil de la cinquième. Il avait tenu à cette visite, même s'il avait du sortir sous la pluie battante qui tombait sans discontinuer depuis deux heures environ. Il se fit introduire dans le bureau de Byakuya Kuchiki, là même où il passait deux heures tous les soirs depuis sa nomination à son poste de vice-capitaine.
Tous les soirs, à la même heure, les deux hommes les plus froids du Sereitei selon les dires de tous les shinigamis se retrouvaient autour d'un thé quotidien. Les premiers jours, sa préparation revenait exclusivement à Byakuya qui avait finalement enseigné cet art subtil à Ulquiorra devant sa curiosité à ce sujet.
Byakuya goûta dans un silence religieux le thé que venait de lui servir l'Espada et rouvrit les yeux avec un demi-sourire.
- Excellent. Maitriser cet art en si peu de temps prouve le grand respect que tu as pour les ingrédients lorsque tu prépares la boisson. Je n'ai plus rien à t'apprendre sur ce sujet.
Ulquiorra lui répondit par un demi-sourire et but également à petites gorgées le liquide brûlant.
- Pose ta question, Byakuya Kuchiki.
Byakuya referma ses yeux et haussa un sourcil irrité. Etait-il devenu à ce point transparent ?
- pourquoi m'as-tu écarté du Hueco Mundo ? Demanda-t-il sans détour.
- Je sais que toi et la brute avez combattu successivement Nnoitra et Yammy avec succès. Mais les circonstances sont différentes. Il ne s'agit plus seulement de combattre les Espadas et les Arrancars revenus à la vie. Il s'agit essentiellement de débusquer et vaincre leur actuel leader.
- que tu connais.
- Oui.
- Qui est proche de toi.
- Oui.
- Que tu peux vaincre.
- Oui, sans doute.
Ulquiorra hésita avant de poursuivre.
- il connait ma principale faiblesse et l'a déjà utilisé contre moi.
- l'humaine ... Inoue Orihime.
- Oui. Reconnut-il sans hésitation. Pour le moment nous ignorons toujours pourquoi il l'a mordu et pourquoi sa simple présence suffit à faire saigner ses blessures. Mais j'imagine que ce qui n'a pas encore de sens pour nous a un sens précis pour lui. D'autant qu'il l'a refait avec Rukia.
Byakuya serra involontairement la mâchoire et crispa ses doigts autour de la fragile porcelaine.
- Je ne le sais que trop bien.
Ulquiorra posa sa tasse et se dirigea vers la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin avant de s'arrêter sur son seuil.
- Je souhaite en finir rapidement avec lui et pour cela toute mon attention devra être concentrée sur lui. Je ne vois pas à qui d'autre confier sa vie tout comme celle de son amie qui est aussi ta soeur. Ici, elles seront en sécurité.
Byakuya ne répondit rien. Venant de la part d'Ulquiorra c'était une immense marque de confiance. Il finit son thé et le rejoignit.
- tes choix, même si certains me paraissent discutables, ont été validé par le capitaine commandant. Mais j'aurai souhaité quelques explications sur certaines options.
- Kurosaki ?
Encore une fois, Byakuya fut surpris mais hocha la tête.
- je souhaite l'avoir avec moi. Il est fort même s'il doute actuellement de ses propres forces. Il est également le seul à pouvoir m'arrêter si je me transforme au Hueco Mundo en oubliant toute conscience.
- est-ce possible ?
- je n'écarte pas cette option. Le Hueco Mundo fait parti de moi en tant qu'Arrancar. J'ignore si mon retour là-bas changera quelque chose en moi.
- Je vois. Et pour Hisagi ?
- il est fort également. Plus qu'il ne le croit. La bataille à venir le renforcera ou l'anéantira, mais au moins saura-t-il ce qu'il en est.
Byakuya hocha la tête. Les choix d'Ulquiorra ne devaient rien au hasard. Il avait du étudier les profils de tous les intervenants avec minutie pour affecter les différents intervenants aux bons postes. Aucune division ne se retrouvait sans son capitaine ou son vice capitaine au Sereitei, la défense de Karakura avait été affectée à la onzième qui connaissait déjà bien la zone. Renji accompagnait Kurosaki et lui-même restait au Sereitei avec Inoue et Rukia sous sa protection.
- Je vois. Répéta Byakuya. Cependant, ne sous-estime pas Rukia et Inoue Orihime. Elles sont têtues et voudront vous suivre Kurosaki et toi. Envers et contre tout.
- c'est bien pour cela que je les ai mis sous ta protection. Je ne vois pas qui d'autre pourrait les contenir et rester suffisamment ferme devant leurs supplications.
Byakuya sourit et le rejoignit. Ils regardèrent ensemble la pluie tomber sur le jardin en silence, chacun plongé dans ses propres réflexions. Le lendemain ils seraient chacun dans un monde différent. Ulquiorra finit par se retourner et se dirigea vers la sortie. Il passa devant la représentation d'Hisana. Cédant à la curiosité il s'en saisit et l'examina. Byakuya, même s'il fut surpris par le geste inattendu, ne s'en offusqua pas. Il attendit la question qui ne tarda pas.
- Comment était-ce de vivre avec celle que tu aimais ?
- un bonheur de chaque jour. Un équilibre fragile et serein. Un cadeau trop court dans une longue vie.
- Si cela était à refaire ...
- je le referai sans hésiter. Je la reprendrai pour femme ...
- même si tu connaissais la fin ?
- Oui. Et je profiterai encore bien plus que je ne l'ai fait de chaque jour passé avec elle.
- je vois.
En fait, non. Ulquiorra ne voyait toujours pas très bien pourquoi un être aussi intelligent que son vis à vis souhaiterait revivre un enfer au lieu d'y échapper. L'enfer de perdre celle à qui l'on tient ... L'image d'Orihime, tout sourire, passa devant ses yeux. Il souhaitait éviter cette perte ; c'est pour cela qu'il l'écartait du Hueco Mundo et qu'il la mettait sous protection. Mais pourrait-il revenir en arrière si cela lui était possible ? Si quelque dieu lui donnait le choix de ne pas la connaître ? Pourrait-il se priver de sa chaleur, de sa douceur, de sa lumière ? A quel moment, la situation lui avait-elle échappée ? A quel moment avait-il cessé de la voir comme une humaine, comme un simple déchet, comme un être faible et ennuyeux ?
Il reposa la représentation d'Hisana et les yeux clos, s'inclina légèrement devant Byakuya pour le saluer avec respect. Si des témoins avaient été présents, ils auraient vu ébahis, le seigneur du clan Kuchiki lui répondre de la même manière, chose éminemment rare.
- ce n'est pas encore cette fois que nous combattrons côte à côte. Je le regrette. Bonne soirée, capitaine Kuchiki.
- de même, vice-capitaine Schiffer.
La porte se ferma sur Ulquiorra et Kuchiki rejoignit la galerie couverte qui courait le long de sa demeure pour regarder disparaître l'Espada derrière le rideau de pluie. Il sentit un frisson désagréable remonter le long de son échine dorsale. Ce n'était pas la fraicheur apportée par la pluie mais un mauvais pressentiment. Il fronça les sourcils et secoua la tête avant de rentrer. Tss. Divagation de bonne femme !
OoOoOoO
Shuhei entra par la baie coulissante largement ouverte et sauta d'un bond souple à l'intérieur de la pièce, laissant s'écraser sur le sol de grosses gouttes de pluie accumulées dans son haori. Il jeta un regard circulaire dans la petite pièce et se raidit en entendant une chanson dans une pièce adjacente. Les simples lampes à huile disséminées dans la pièce jetaient des ombres vacillantes autour de lui.
Il sourit et s'approcha à pas de loup de la porte d'où venaient le chant, les clapotis de l'eau et les effluves d'un bain. Au milieu des vapeurs chaudes il vit la chevelure rousse détrempée encadrer le visage détendu de la vice-capitaine de la dixième division. Ses yeux étaient clos et ses lèvres bougeaient au rythme de la chanson ... une chanson bien paillarde pour une si jolie bouche. Il remarqua ses joues roses et les bouteilles de saké vides au pied de la baignoire de bois.
Il sourit encore d'avantage et appuya son épaule contre le chambranle. Elle était belle, désirable et malgré tout ce qu'il avait tenté, il n'avait pu se détacher d'elle. « Il est temps d'apaiser ton coeur et ton esprit » venait de lui confier Kensei. Une autre bouteille tomba au sol avec un hoquet peu discret de l'objet de ses pensées, suivi d'un juron peu gracieux.
Il s'agenouilla et ramassa la bouteille avant de la secouer lentement devant les yeux de la jeune femme.
- Yo, Matsumoto. Tu devrais t'arrêter là, je crois.
Elle écarquilla les yeux, le rouge aux joues et s'enfonça un peu plus profondément dans l'eau. Shuhei sourit encore devant son air ahuri et cette soudaine pudeur bien inhabituelle chez elle.
- Hisagi ! Bafouilla-t-elle. Qu'est ce que tu fais ici ? C'est mes appartements ...
- Cela fait longtemps que l'on ne s'est vu. Ton capitaine m'a dit que tu travaillais très dur, même pour les tâches administratives.
Matsumoto s'enfonça encore plus dans l'eau chaude et souffla pour faire des bulles tout en entourant ses genoux de ses bras.
- j'ai demandé à Kira comment tu allais, marmonna-t-elle. Il m'a dit que tu te noyais dans ton travail.
- Je l'ai toujours fait, Rangiku. C'est d'autant plus vrai en prenant la tête d'une division. J'ai beaucoup à apprendre.
- C'est fatiguant ! Gémit-elle soudain. Toi et le capitaine, comment vous faites pour avaler autant de paperasses ? J'ai presque des ampoules aux doigts et bientôt il me faudra les mêmes lunettes que Nanao !
Shuhei sourit encore et rapprocha son visage du sien.
- T'exagère Rangiku. On dirait que tu découvres le travail ...
- c'est presque ça ... mais au moins je peux oublier ...
- Oublier quoi ?
- Tss ...
Le silence retomba et Rangiku fixa l'eau et les vapeurs dansantes devant elle. Elle sentit deux doigts saisir délicatement son menton et relever son visage vers celui du brun qui lui faisait face. Dans la pénombre faiblement éclairée, elle ne pouvait voir que l'éclat de ses yeux et ses lèvres qui murmuraient.
- Oublier quoi Rangiku ?
- ...
Elle vit son visage se rapprocher du sien et sentit ses lèvres effleurer les siennes. Les battements de son coeur s'affolèrent dans sa poitrine et elle cligna des yeux.
- Je croyais que tu ne voulais plus me voir ... commença-t-elle prudemment.
- Je n'ai jamais dit cela. Ce que j'ai dit, c'est que je voulais que tu viennes pour moi et non pour un autre, pour faire revivre un fantôme ...
- c'est toi qui est là ... Qu'est ce que ça veut dire ? L'interrogea-t-elle, un peu perdue alors qu'il se rapprochait toujours.
- Je te veux toi, Rangiku Matsumoto. Il n'y a rien de plus à comprendre pour ce soir.
Il posa sa main sur sa nuque et l'attira vers son visage avant de l'embrasser avec ferveur. Elle lui répondit avec la même fièvre, fièvre qui était arrivée dès qu'elle l'avait vu.
- Je n'ai ...
- Chut. Vois en moi qui tu veux ce soir ... moi ou lui. Cela m'est égal. Ce soir, je te désire plus que tout autre chose. Nous verrons le reste plus tard.
Il vainquit ses dernières résistances avec ces quelques mots. Elle l'attira vers elle avant de se redresser dans le bain, se dévoilant nue et ruisselante devant lui. Le sang de Shuhei ne fit qu'un tour. Il se défit d'un mouvement d'épaules de son haori qui tomba lourdement au sol et la souleva dans ses bras, l'emportant tout en l'embrassant vers son lit, laissant les eaux pures de pluie et parfumées du bain se mêler sur le sol.
Il l'allongea avec douceur et entreprit une lente exploration de ce corps si désiré. Un corps qu'il découvrait enfin vraiment après l'avoir maintes fois dessiné dans son imagination. Mais celle-ci était bien au-dessous de la réalité et leur trop brève étreinte passée ne lui avait laissé qu'un souvenir doux-amer.
Aujourd'hui, ce soir, à ce moment précis il souhaitait faire l'amour avec elle pour se souvenir plus tard, s'il sortait vivant du Hueco Mundo, de ce moment qu'il chérirait entre mille; Il n'avait pas menti. Il souhaitait toujours qu'elle vienne à lui pour lui et non pour jouer le rôle d'un vague remplaçant. Mais ce soir, il ne voulait qu'elle et surtout ne rien regretter s'il venait à périr.
En tant que guerrier, en tant que shinigami il se devait de côtoyer la mort et il acceptait cette éventualité. Et en tant qu'homme, il ne voulait pas vivre dans le regret. Il en avait eu assez avec son ancien capitaine Tosen. Il était temps d'aller de l'avant.
Il embrassa chaque parcelle de la peau douce et satinée, fit naitre des frissons d'attente et de plaisir chez la belle Rangiku, lui arrachant des gémissements toujours plus langoureux et saccadés. Il s'attarda sur les zones les plus sensibles et fut ému en découvrant que le creux de ses genoux ou la peau fine sur ses côtes étaient sans doutes les zones les plus sensibles de son corps voluptueux.
Ce ne fut que longtemps après qu'il se déshabilla lui-même et qu'il entra en elle comme il aurait pu pénétrer dans un temple sacré ; avec un mélange de retenue et de respect. Il ne prit rien, ne précipita rien mais donna tout, étudiant chaque expression de son visage pour l'amener toujours plus loin dans une jouissance qu'ils partagèrent. Il resta en elle et nicha son visage au creux de son cou, savourant son odeur de femme fraîche et sucrée, simplement heureux d'être là. Enfin apaisé, il finit par s'endormir, bercé par le battement de son coeur et la pluie qui tambourinait toujours.
Ce ne fut pas le cas de Rangiku aux prises avec un maelström de sentiments contradictoires. Quelques larmes perlèrent à ses paupières closes. Elle ne savait plus que penser, que dire ou que faire. Jamais personne ne l'avait aimé comme il venait de le faire, sans rien lui demander en retour, ne se consacrant qu'à son unique plaisir sans même chercher à assouvir le sien.
Pourquoi fallait-il que ce soi lui ? Lui qui venait de remplacer Gin à la tête de la troisième division, lui qu'elle respectait infiniment plus que tout autre, assez en tous les cas pour ne pas le laisser l'approcher de peur qu'il soit blessé. Ce qu'elle avait malencontreusement fait la fois précédente, le menant presque à la mort dans un combat face à Ulquiorra.
Elle passa sa main dans ses cheveux roux, les laissant retomber sur l'oreiller blanc. Elle bougea à peine mais se tourna vers lui pour observer son visage si près du sien. Bien plus près que ne l'avait jamais été celui de Gin. Pourquoi ne parvenait-elle pas à tourner cette page ? Il lui serait si facile de s'abandonner dans ses bras comme elle venait de le faire. Un frisson la parcourut en repensant à ces exquises sensations. N'allait-elle pas le regretter si elle n'y parvenait pas ?
OoOoOoO
Ichigo secoua la tête, s'ébrouant presque comme un chien en grommelant. Il détestait la pluie surtout quand elle tombait aussi drue. Ukitake le dévisagea en souriant et lui tendit un linge.
- Un temps à ne pas mettre un pied dehors. Je suppose que tu n'es pas venu ici pour me voir, Ichigo Kurosaki ?
- désolé. Elle est là ?
- Oui. Elle est encore à son poste de travail. J'espère que tu parviendras à l'arrêter pour ce soir.
- rien n'est moins sûr. Elle est têtue.
- je le sais bien. Bonne soirée Kurosaki.
- merci. Toi aussi Ukitake.
Ichigo laissa le linge sur ses épaules et se dirigea vers le bureau de la vice-capitaine de la treizième division. Il entra sans faire de bruit dans la petite pièce éclairée par quelques lampes à huile et une plus importante posée sur le bureau. Rukia Kuchiki était penchée sur ses documents qu'elle remplissait consciencieusement, fronçant légèrement les sourcils tant elle était appliquée et concentrée.
Elle sentit néanmoins une présence familière et releva la tête.
- Kurosaki ? Que fais-tu ici ?
- Yo. Tu bosses encore ?
- Oui. J'ai pris du retard en restant coincée à la quatrième à cause de ces petits bobos. Un jour de plus et je crois que je cassais un mur pour sortir !
Elle groupa ses papiers et les tapota sur le bureau avant de les poser en une pile bien nette.
- ça ne répond pas à ma question. Poursuivit-elle avant de se lever.
- Je voulais te voir.
- Ah.
Elle le dévisagea. Il semblait presque gêné et restait, l'épaule appuyée contre le chambranle de la porte. Elle porta la main à son cou dans un geste inconscient. Le geste n'échappa pas à Ichigo dont le regard s'assombrit.
- tu as encore mal ?
- non. Ce n'est rien. Arrête de me regarder avec cet air de chien battu ! J'ai envie de te taper quand tu fais ça. Grogna-t-elle avec humeur.
- Pff. Tu es pénible. Tout le monde s'inquiète pour toi.
« tout le monde ou seulement toi ? » faillit-elle lui demander avant de se retenir.
Ichigo finit par lui adresser un petit sourire et se posta à la fenêtre, observant le rideau de pluie continu.
OoOoOoO
Il avait croisé Ulquiorra quelques minutes auparavant en sortant de la sixième division. Il avait pris l'habitude de le croiser mais ce soir, il avait remarqué un éclat particulier dans le regard vert de l'Espada. La réunion des capitaines de l'après-midi n'y était certainement pas étranger.
- Ulquiorra. L'avait salué Ichigo en s'apprêtant à partir.
- Kurosaki. Normalement tu n'as pas à être informé avant demain mais je pense que tu dois l'être dès ce soir.
Ichigo stoppa sa marche et se retourna vers lui. Comme d'habitude, Ulquiorra affichait son masque impassible et avait fourré ses mains dans ses poches. Son regard vert, quasi reptilien le fixait sans ciller. Il n'était plus son ennemi mais pourtant Ichigo n'était toujours pas à l'aise avec ce curieux personnage.
- Que veux-tu dire ?
- tu n'as pas assisté à la réunion des capitaines.
- c'est normal, non.
- J'y étais pour présenter le plan d'intrusion du Hueco Mundo. J'ai choisi les capitaines et vice-capitaines qui m'accompagneront. J'y ai ajouté une personne qui ne fait pas parti du Sereitei.
- Et alors ? Grogna Ichigo.
- C'est toi.
Ichigo faillit tomber sur ses fesses et eut aussitôt un long frisson le long de sa colonne vertébrale. Il allait bientôt perdre tout pouvoir de shinigami, il était sans doute plus faible aujourd'hui que la plupart des capitaines. Ulquiorra n'avait pas bougé d'un pouce, le laissant digérer tranquillement son annonce.
- Pourquoi ?
- Pourquoi. Répéta Ulquiorra. Pour deux raisons. Tu es fort et tu as déjà combattu au Hueco Mundo. La seconde raison, c'est que tu es le seul qui m'ait battu un jour.
- Comment ?
Ulquiorra offrit son visage à la pluie avant de répondre, les yeux clos.
- J'ignore comment mon corps d'Espada va réagir lorsque nous serons là-bas. Il est possible que je devienne Murcielago et que je sois incontrôlable. Je ne vois personne d'autre pour me maîtriser si cela est le cas.
- ...
Ichigo ne trouva rien à répondre et le fixa les yeux écarquillé. Non il ne pouvait lui demander cela alors que la simple vue d'Ulquiorra transformé en Murcielago l'avait paralysé.
- Je suppose que je n'ai pas le choix.
- Exact.
Ulquiorra le fixait à nouveau avec intensité.
- Encore une chose. Orihime Inoue et Rukia Kuchiki resteront au Sereitei.
Ichigo parut à peine étonné et hocha simplement la tête.
- C'est mieux. Nous ne savons toujours pas ce que voulait notre ennemi en les mordant. Elles seront en sécurité ici.
- Oui. Elles seront sous la protection de Byakuya Kuchiki.
Ichigo eut un sourire franchement ironique.
- C'est donc bien vrai. Vous êtes devenus amis. Qui l'aurait cru ?
- ...
Ulquiorra se détourna et entra dans la demeure des Kuchiki.
- Bonne soirée Kurosaki.
Yo.
OoOoOoO
- Kurosaki !
Une vive douleur à la tête et le cri de de Rukia le ramena dans le bureau de la vice-capitaine. Il suivi du regard l'encrier qui finissait de rouler au sol, heureusement fermé pour le plancher.
- tu m'as lancé un truc à la tête ! Je rêve pas ! S'écria le jeune homme.
- Tu ne m'écoutais pas ! T'étais où ?
- Ici. Grogna Ichigo en se massant la tempe. Je viens te voir et c'est comme ça que tu m'accueilles ! Trop sympa !
- t'es pas mort non ! Hé ...
Elle ne put finir sa phrase car Ichigo venait de se rapprocher si vite qu'elle n'avait pas vu son mouvement. Leurs visages se rapprochèrent alors qu'il se baissait vers elle. Elle rougit instantanément et voulut l'écarter de sa main libre. Il l'attrapa également et planta un regard intense dans le sien. Le temps sembla suspendu et ils n'entendirent plus que les battements de leurs coeurs et de la pluie qui tombait toujours aussi fort au dehors.
- Rukia. Murmura-t-il d'une voix sourde. Si je perds mes pouvoirs, je ne pourrai plus te voir. Mais toi, tu pourras toujours, n'est-ce pas ?
Elle approuva d'une petite voix étranglée. Que se passait-il ? Il était étrange et elle était dans tous ses états.
- Tu penseras alors à moi parfois ? Lorsque je ne serai plus qu'un humain normal ?
- mais qu'est ce que tu racontes à la fin ? S'écria-t-elle en le repoussant afin de mettre un peu de distance entre eux.
Mais il la fixait toujours de ce même regard intense et dérangeant qui la rendait aussi nerveuse qu'un jeune chiot.
- Ichigo ?
- Maintenant que tu as obtenu ce poste de vice-capitaine que tu méritais depuis longtemps, je voudrai que tu prennes soin de toi et que tu sois heureuse. Promets-le moi !
Elle cligna plusieurs fois des yeux. Il avait du prendre froid et divaguait.
- Ichigo ... commença-t-elle d'une voix douce.
- Promets-le moi ! Insista-t-il avec une urgence dans la voix qui l'alarma franchement tout en se rapprochant d'elle.
Elle recula graduellement jusqu'à se retrouver dos à son bureau alors qu'il posa ses grandes mains sur le bureau de part et d'autre de sa taille la bloquant contre le meuble. Elle leva les yeux vers lui et lut dans son regard toutes sortes d'émotions mêlées ... de la solennité, de la tristesse, de l'urgence, du besoin ... du désir ? Ce dernier l'affola dans tous les sens du terme.
- Kurosaki ! Lança-t-elle d'un ton plus dur.
Il posa un doigt sur ses lèvres, lui offrant la possibilité de fuir. Mais ce simple geste lui ôta toute envie de partir, bien au contraire.
- Promets-le moi, Rukia. Reprit-il d'une voix plus douce.
- Si cela peut te rassurer. Concéda-t-elle. Mais je ne vois pas pourquoi c'est si important pour toi ce soir. Nous pourrions en reparler demain ou plus tard.
Il eut un sourire énigmatique, indéchiffrable tout en repoussant du bout des doigts la mèche rebelle qui tombait toujours sur le nez de la jeune femme. Elle en eut des picotements dans la nuque et ferma les yeux à la fois gênée par leur proximité et dans l'attente de quelque chose de plus.
- tu mérites de trouver le bonheur, Rukia. Chuchota-t-il tout en se rapprochant d'elle.
Rukia sentit ses mains sur ses joues puis ses lèvres effleurer les siennes. Elle écarquilla les yeux sous l'effet de la surprise et resta sans bouger alors que les lèvres du jeune homme se firent plus pressantes. Son corps la trahit et alors qu'elle entrouvrit les lèvres pour parler, dire n'importe quoi, elle sentit sa langue sur la sienne, qui en vrai traitresse, répondit avec ardeur au baiser.
Leur baiser, comme pour répondre à une trop longue attente, parut durer une éternité et pourtant elle eut un gémissement de frustration lorsqu'il s'écarta d'elle avant de la prendre dans ses bras. Son coeur martelait à ses tempes et elle haletait littéralement. Elle qui avait toujours la réplique facile ne sut pas quoi dire ni même comment agir.
Ichigo serra encore Rukia contre lui avant de déposer un baiser léger sur ses cheveux. Il n'aurait pas du laisser les évènements déraper à ce point là. Il avait simplement voulu s'assurer qu'elle allait bien et que ses blessures étaient remises. Mais après avoir croisé Ulquiorra et apprit qu'il partirait au Hueco Mundo, son état d'esprit avait radicalement changé.
Il voulait la savoir en sécurité et l'imaginer heureuse dans l'avenir. Rassuré, il avait laissé parler son coeur. Et avait été heureux de voir sa réponse, de la sentir trembler dans ses bras, de la sentir bouleversée même s'il connaissait par avance l'improbabilité de leur histoire. Entre une shinigami et un mortel c'était au moins aussi improbable qu'entre une humaine et un espada.
Pourquoi Orihime s'était-elle laissée aller à ce bonheur si éphémère avec le froid Ulquiorra ? Rien de positif ne pourrait en sortir pour elle. Il ne commettrait pas l'erreur de croire follement en la possibilité d'un avenir commun entre eux. Alors même qu'il perdrait ses pouvoirs, qu'il ne pourrait plus voir ce visage qu'il aimait tant.
Il lui caressa la joue du bout des doigts et l'effleura du bout des lèvres. Rukia n'était toujours pas remise de sa surprise et c'était plutôt normal. Il finit par s'écarter d'elle et laissa retomber sa main tout en reculant.
- Sois heureuse, vice-capitaine Rukia Kuchiki. Il est temps de penser à toi.
Il sortit rapidement du bureau, si vite que Rukia ne réagit pas, aux prises avec un tourbillon d'émotions plus vives les unes que les autres. Hébétée, elle toucha sa joue puis ses lèvres de son index tremblant. Ce n'était pas un rêve ... si ? ... non ? Ichigo Kurosaki venait bien de l'embrasser après avoir lui avoir fait promettre une ineptie ?
Elle en rougit encore avant de s'inquiéter. Avait-il déjà perdu ses pouvoirs ? Non, sinon il n'aurait pu être là. Alors quoi ? Elle se pencha par la fenêtre mais ne le vit pas. Il devait déjà être loin. A moins que ce ne fut effectivement que le fruit de son imagination. Elle buta dans un objet tombé au sol et se pencha pour le ramasser. Un encrier. Celui qu'elle lui avait jeté à la tête. C'était donc bien la réalité.
- Ichigo ... murmura-t-elle en fixant la porte. Que se passe-t-il dans ta tête ?
OoOoOoO
Le lendemain, dans les brumes matinales qui commençaient à peine à se lever, la petite troupe des shinigamis destinés à se rendre au Hueco Mundo prenait place devant le Seikamon déjà ouvert, Ulquiorra à leur tête.
Il avait revêtu, sans doute pour la dernière fois, le costume blanc des Espadas mais avec deux grandes différences ; le bandeau de vice-capitaine à son bras gauche et les deux épées à sa Ceinture. Murcielago et Espada de la Luz.
Byakuya Kuchiki, resté en arrière observait le profil de celui qui au bout de quelques semaines avait fini par devenir son ami. Un parfait symbole du yin et du yang, du bien et du mal, de l'ambivalence de tout être. Son regard coula ensuite vers Kurosaki, le shinigami remplaçant. Un autre exemple d'un être imparfait, inclassable. Tous deux si différents de lui, de sa droiture et de son intégrité exemplaire, de sa rigidité aussi.
Il se rendit compte à cet instant qu'il leur enviait leur liberté de choix et d'action, comme cette inébranlable envie de vivre qui les poussait en avant, qui leur faisait enfoncer toutes les conventions et règles immuables qui régissaient le Sereitei, le Huco Mundo et la Terre.
Il serra légèrement le poing, si faiblement pourtant que personne ne le remarqua. Personne sauf sa demi-soeur qui lançait des regards vers lui. Elle l'avait rejoint avec Orihime, Rangiku, Hinamori, Kira. Tous venaient voir avec une certaine appréhension le départ de leurs amis.
La troupe était menée par Ulquiorra, Kurosaki et Renji. Les suivaient de près, Shuhei très sérieux, Shinji toujours souriant, Hitsugaya toujours renfrogné et plus étonnant Ukitake. Quelques shinigamis de chaque section les accompagnaient et fermaient la marche en silence.
Le Seikamon grésilla légèrement comme pour annoncer l'heure du départ. Ulquiorra regarda en arrière et vit Orihime, ses cheveux de feu se découpant sur le ciel rosé qui annonçait l'aube. Alors qu'il pleuvait à verse la veille, la journée promettait d'être belle au Sereitei ... aussi belle que celle qui agitait sa main, les larmes aux yeux dans sa direction.
S'il ne s'était pas retenu il aurait franchit d'un bond les quelques mètres qui les séparaient et aurait essuyé ces yeux humides emplis de tristesse avant de tout faire pour y lire d'autres sentiments. Ichigo avait suivi son regard. Il passa du visage si expressif d'Orihime à celui, fermé de Rukia. Impossible d'y lire une quelconque émotion, sauf dans son regard si intense qu'il en fut transperçé.
- Oh les amoureux transis ! On est appelé sous d'autres cieux, non ?
Renji venait de leur coller à tous deux une grande claque dans le dos, les faisant reprendre leur esprit.
- T'es malade ou quoi ? Beugla Ichigo alors qu'Ulquiorra se contenta de fusiller l'importun de ses prunelles émeraude.
- Elles seront là quand on reviendra ! On perd du temps ... plus vite nous serons là-bas pour botter les fesses de ce cinglé et plus vite vous verrez vos copines !
- quelle copine, tête d'ananas ?
Les deux éternels amis râleurs continuèrent de s'invectiver copieusement lorsque la voix d'Ukitake s'éleva et ramena le calme.
- Il est temps, Ulquiorra. Je crois que vous devriez passer devant au cas où il nous faudrait également un garganta pour franchir le seuil du Hueco Mundo.
- Vous avez raison. Il est temps d'en finir.
Il franchit le premier le Seikamon sans se retourner, suivit de près par les autres. Le passage se referma en grésillant lorsque le dernier shinigami eut franchi le seuil.
Orihime laissa son bras retomber le long de son corps et resta encore quelques minutes alors que les autres s'étaient déjà détournés vers leurs quartiers respectifs. Seule Rukia avait fait demi-tour en la voyant immobile.
- Orihime ? L'appela-t-elle doucement.
Celle-ci lui offrit un visage marqué par les larmes.
- Ne l'as-tu pas senti Rukia ? Bredouilla-t-elle.
- Senti quoi ?
- Cette impression qu'une chose terrible allait se produire et que nous ne pourrons rien y faire !
Rukia l'entoura assez gauchement d'un bras qui se voulait protecteur et la laissa pleurer tout son soul.
- Ichigo est avec lui, Orihime. Et s'il y a une personne en qui tu dois avoir confiance, c'est bien lui.
La rousse hocha piteusement la tête et suivit Rukia. Celle-ci, bien que rassurante pour son amie, n'en menait pas large ; elle avait très bien compris ce que voulait dire Orihime car elle avait ressenti exactement la même sensation.
« Ichigo, reviens-nous et protège les autres comme tu l'as si souvent fait » pria-t-elle en silence.
OoOoOoO
Ainsi se termine la première partie de cette fiction, ou premier arc si vous préférez. J'espère que vous l'aurez apprécié.
Pour ce dernier chapitre écrit en plusieurs fois car de nombreux évènements m'ont tenu éloigné de mon clavier, je vous conseille d'écouter le titre Farewell d'Avantasia, qui résonne bien avec l'ambiance. Enfin, c'est une appréciation personnelle qui n'engage que moi.
Je vais tenter de publier à nouveau plus régulièrement ... mais je ne peux rien vous promettre. Merci à tous pour votre soutien et vos encouragements.
A bientôt
