Renaissance

Arc 2 : retour au Hueco Mundo

Chapitre 27 : sombres retrouvailles (2ème partie)

« Je ne ressens presque plus la douleur ... presque plus rien d'ailleurs. Tout me paraît si loin, si léger, si irréel ... je flotte ? ... je coule ? ... je tombe ? ... ou peut-être ... »

- Rukia ! Rukia ! Reste avec moi ! Rukia !

La sus-nommée Rukia sursauta et reprit brutalement pied dans la réalité. La douleur l'aiguillonna avec une telle vivacité qu'elle suffoqua et toussa plusieurs fois. Elle cligna des yeux et vit enfin le visage anxieux de la jolie rousse qui la dominait, ses mains levées au-dessus du bouclier doré.

- Ah Rukia ! Je suis soulagée ... j'ai cru ... j'ai cru ...

Elle ne parvint pas au bout de sa phrase et Rukia lui adressa un faible sourire.

- Tout va bien, Orihime. Je suis là ...

« Mais dans quel état ! » rajouta-t-elle en son for intérieur. Son regard glissa sur la frêle silhouette assise à côté d'Orihime. L'Arrancar était toujours là. « bizarre. Elle aurait déjà pu partir mille fois ... j'imagine que Kurotsuchi lui a fait je ne sais quoi et qu'elle n'est plus tout à fait la même depuis ». Elle grimaça, la douleur l'empêchant de poursuivre son analyse et se tourna vers la jeune humaine, une fois la crise passée.

- Orihime. Tu devrais cesser de me soigner. Je n'ose imaginer ce que tu endures alors même que tu fournis encore cette énergie pour moi.

Orihime lui adressa un frêle sourire et Rukia vit ses yeux cernés, son front baigné de sueur, ses mains tremblantes, son teint trop pâle. Elle devait souffrir le martyr.

- Pourquoi ? Je suis une shinigami. Je suis habituée à me battre et à endurer des souffrances.

- Pourquoi ? Pourquoi veux-tu toujours endurer plus de souffrance que les autres et porter seule ton fardeau ? Répondit-elle dans un souffle de voix.

- Je ...

Elle se tut. Comment expliquer que c'était une chose normale, surtout depuis qu'elle était une Kuchiki. Dans cette famille, il n'était pas coutume de se plaindre, de se faire aider ni même d'avoir des amis. C'était ni bon, ni mauvais. C'était ainsi. Elle songea à son frère, si droit et fier. A Renji, si fidèle et loyal quelque soit la situation. A Ichigo ... Ichigo. Si fort et si insaisissable, comme cette nuit dans dans son bureau de la treizième division. S'était-il réellement passé ce dont elle se souvenait ou était-ce juste une illusion ou une hallucination induite par sa morsure. Elle en venait à douter ... à espérer aussi.

- Tu dois lui faire confiance. Il viendra ...

- Comment ?

Orihime lui sourit.

- Lorsque je soigne quelqu'un, je rentre en résonance avec son reiatsu. Le capitaine Unohana pense que c'est ainsi que j'arrive à soigner, enfin à rejeter ce qui est arrivé. Parfois, je partage les pensées, surtout lorsque la personne est très affaiblie.

Rukia prit une jolie couleur tomate et tourna la tête, irritée.

- c'est totalement déplacé, Orihime ! Tu ne peux ... tu ne dois pas faire ça !

- Je ne le fais pas volontairement ou consciemment. Je vois parfois comme des flashs de ce que la personne pense ...

Rukia écarquilla encore les yeux, horrifiée, alors que son cerveau affaibli lui renvoya traitreusement l'image d'Ichigo se penchant sur elle pour l'embrasser. Dieu tout-puissant ! Elle ne pouvait voir ça ! Non ? Si ? Elle tourna la tête vers Orihime et reçut son sourire candide comme un coup. Si ! Elle venait de le voir ! Nouvelle couleur cramoisie.

- Tu as vu ce que ...

- Oui. C'est si mignon ! Rit Orihime avec des étoiles dans yeux, la main sur le coeur.

Pour un peu Rukia en aurait vomi tant cela sentait la guimauve. Elle se tourna résolument vers le mur, se décidant à ne plus regarder en face son amie si curieuse. Quelques minutes se passèrent dans un silence quasi religieux. Rukia entendait les battements sourds et désordonnés de son propre coeur.

- tu devrais lui dire. S'éleva la voix d'Orihime, soudain sérieuse.

- pardon ?

- tu devrais lui dire ce que tu ressens pour lui.

- ...

- moi, je lui avais dit.

Rukia ferma les yeux et crispa involontairement sa mâchoire. Elle l'avait toujours su. Orihime était amoureuse de Kurosaki depuis si longtemps. Elle avait cru qu'avec Ulquiorra elle avait pu l'oublier, mais a priori non.

- je lui avais tout avoué avant de partir au Hueco Mundo. Mais je ne sais pas si ça compte, il dormait ... Finit-elle avec un petit rire idiot.

La brune serra les poings et se recroquevilla un peu sur elle-même. Idiote ! Se fustigea-t-elle tout autant qu'Orihime.

- J'étais amoureuse de lui depuis si longtemps. Mais j'avais fini par comprendre que ce n'était pas réciproque ... parce que son coeur était déjà pris ...

Le coeur de Rukia fit un bond dans sa poitrine. Il martelait à ses tempes comme un fou. Sa gorge devint plus sèche et ce n'était pas du à sa morsure.

- mais tu le sais sans doute déjà, n'est-ce pas Rukia Kuchiki ... Finit-elle dans un filet de voix.

Rukia ne répondit rien. Autant par manque de courage que par surprise en voyant le bouclier doré éclater d'un seul coup. Elle se retourna vivement, juste pour voir Orihime s'écrouler dans les bras de la petite Arrancar qui clignait des yeux, hébétée.

- Orihime ! Cria Rukia en s'agenouillant avant de recueillir doucement l'humaine qui tremblait comme une feuille. Orihime !

- je ... je crois que je n'y arrive plus ... je suis désolée, Rukia ...

- arrête de t'excuser, idiote ! Et garde tes forces !

La jeune rousse poussa un long soupir et planta son regard gris dans les prunelles améthystes de la petite shinigami. Celle-ci fut horrifiée en découvrant son teint blafard, soudain si semblable à celui d'Ulquiorra et du Hollow qui les avait mordu. Ses blessures au cou s'étaient rouvertes et saignait légèrement, tachant de rouge son uniforme blanc. Elle avait du aller au-delà de ses forces pour lui permettre à elle de tenir plus longtemps.

- tu devrais lui dire, Rukia ... je crois en eux, mais tu sais comme moi qu'une issue moins favorable peut arriver.

- chut ... ce n'est pas le moment de parler de cela. Économise-toi ... rétorqua Rukia un peu brusquement en posant son index sur ses lèvres.

Orihime repoussa doucement son doigt et la fixa encore de son regard flou.

- Rukia. Quand vient l'heure, il ne faut pas partir avec des regrets. Si tu ne lui dis rien, tu en auras ...

- Notre heure n'est pas encore venue, Orihime !

- Peut-être ... j'ai sommeil ... je crois que je vais dormir un peu ...

- Orihime !

Rukia se sentit perdue, avec son amie évanouie dont la tête reposait sur ses genoux et cette fillette qui ne pipait mot, dans ce lieu hostile, les sentiments complètement embrouillés. Une larme unique coula le long de sa joue et alla s'écraser sur celle de son amie. « Orihime. Tu es si humaine, toi qui laisse si facilement parler tes sentiments. Qui accorde si bien ta confiance. Qui croit en toi, en lui ... en eux. Pourquoi ne suis-je pas comme toi ? Pourquoi suis-je encore rongée par le doute, par la culpabilité ? ».

Elle ferma les yeux et vit nettement le profil parfait de Kaien devant elle. Ce dernier devint progressivement flou avant de se transformer en un visage aux cheveux roux et lumineux, au regard infiniment chaud et profond. « Ichigo ... pourquoi toi ? »

OoOoOoO

Rangiku Matsumoto posa enfin le pied sur le sable blanc du Hueco Mundo. Partout, au plus loin ou plus proche, elle sentait les différents reiatsus des capitaines, vice-capitaines ou shinigamis qui faisaient déjà face aux hollows ou aux arrancars. Instinctivement elle s'arrêta sur celui, puissant et fiable de son capitaine et celui profond de Shuhei. Ils étaient saufs. Elle en aurait presque sauté de joie si les capitaines les plus calmes du Gotei 13 ne l'avaient pas interpellé.

- Vice-capitaine Rangiku Matsumoto, vous êtes déjà au Hueco Mundo ? Demanda tranquillement Unohana, dominée par Minazuki volant au-dessus d'elle.

Rangiku acquiesça et les rejoignit.

- Oui, capitaine. Kisuke Urahara a réussi a rouvrir un troisième senkaimon. Mais je crains qu'il ne puisse le refaire avant un moment à présent.

- Trois senkaimon en si peu de temps est déjà un exploit. Cet homme m'étonnera toujours. Sourit Ukitake avant de poursuivre avec plus de gravité. Le capitaine Unohana m'a informée des récents évènements. Je suppose que Urahara n'a pas encore pu commencer les analyses.

- Non. Comment puis-je me rendre utile ?

- Bonne question. Sens-tu leurs reiatsus ? Ils sont déjà tous au combat. Mais plus loin là-bas, au Nord, ils y avait trois reiatsus qui sont apparus et ont brusquement disparus.

- Rukia, Orihime et la petite arrancar. Avança Rangiku.

Ukitake acquiesça d'un hochement de tête et poursuivit.

- Je pense qu'ils ont du passer par les sous-terrains. Les rapports de Renji en mentionnaient. Byakuya Kuchiki et Ulquiorra s'y rendent et je pense que Kurosaki aussi. J'ai également senti celui de Yoruichi il y a un petit moment. Elle seront entre de bonnes mains.

- Je le pense aussi mais ils sont partis si vite que je n'ai pas eu le temps de les prévenir de revenir avec Kuchiki Rukia et Inoue Orihime. Je pourrai éventuellement ralentir la progression du mal grâce à Minazuki. Et j'espère qu'entre-temps le capitaine Kurotsuchi ou Isane auront trouvé quelque chose.

Unohana se tut et Rangiku se sentit vraiment inutile.

- Vice-capitaine Matsumoto. La réveilla Unohana. Je pense que vous devriez vous rendre auprès du vice-capitaine Abarai. Il semble se battre contre deux Arrancars et ne peut sans doute se donner à fond car son esprit est occupé à protéger ses soldats. Si vous l'épaulez, il pourra se battre à armes égales avec eux.

Rangiku se reprit et remercia les deux capitaines avant de s'éloigner d'un shunpo rapide. Ukitake soupira profondément. Les jeunes !

- ça ira capitaine Ukitake ?

- Oui, oui. Merci. Ne vous inquiétez pas. Je suis plutôt en forme ces derniers jours.

Retsu lui adressa un doux sourire.

- c'est vrai que cela fait un moment que je ne vous ai pas revu à la quatrième division.

- je crois bien que c'est depuis que Ulquiorra est arrivé au sein du Gotei 13. Il est bien le seul avec Shunsui à ne pas me voir comme un grand malade.

- Oui. Et c'est très bien ainsi.

OoOoOoO

Grimmjow Jaggerjack s'arrêta au milieu du couloir sombre alors qu'il s'apprêtait à remonter dans la salle du trône, la main posée sur la porte. Il fronça les sourcils et plissa ses yeux qui n'étaient plus que deux fentes bleues. « Quelqu'un est entré ... qui ? ». Il ferma complètement les yeux et se concentra, cherchant à reconnaître le, non, les reiatsus de ces gêneurs.

Il reconnut facilement le premier, doux et chaleureux, pour l'avoir côtoyer pendant de longues semaines. L'autre, plus froid et plutôt instable, lui parut tout autant familier. Le troisième était celui d'un arrancar, mais semblait incomplet. Le dernier était celui d'un hollow minuscule.

Il était intrigué. Qu'est-ce que ce groupe mal assorti faisait dans ces sous-sols ? Bah, autant aller voir. Ce pouvait être distrayant. Il tourna les talons et s'enfonça silencieusement dans la galerie, les mains dans les poches.

Il devait se défouler un peu après sa nouvelle confrontation avec la prisonnière d'Esdras même si ce groupe ne ferait qu'une petite distraction. Mais il se doutait bien que si « elles » étaient là et seules, Kurosaki n'allait pas tarder à venir aussi. Un rictus se dessina sur ses lèvres. Enfin ! Il pourrait se battre contre ce diable d'humain. Il pourrait lui coller sa raclée, le faire souffrir, le crever, couper sa tête aux cheveux oranges et la jeter aux pieds de ses femelles.

Aussi loin qu'il pouvait se souvenir, Kurosaki représentait tout ce qu'il abhorrait. C'était même la star de toutes les femelles qui gravitaient autour de lui. Hormis peut-être Halibel qui semblait préférer la compagnie de Stark. Il grimaça. Qu'est-ce que çà pouvait lui faire tout çà ? Il était un roi, non il était Le Roi. Le roi de ce monde, le roi du Hueco Mundo.

Il repensa à l'une de ses discussions avec Neliel lors de l'un de ses repas dans la geôle, sous sa surveillance. C'était il y avait à peine deux semaines. Elle chipotait vaguement dans son assiette, jouant distraitement à passer ses aliments d'un côté à l'autre de l'assiette.

- Dis, Grimmjow ...

- hum ...

Il détourna ses yeux jusqu'alors fixés sur le couloir qui s'enfonçait devant la cellule pour les arrêter sur la silhouette fluette de Neliel. Elle le dévisageait de ses grands yeux verts, les couverts posés, le contenu de l'assiette à peine entamé.

- pourquoi tu gardes toujours ce visage fermé ?

Il lui jeta un regard ennuyé et grogna vaguement en ébouriffant ses mèches bleues.

- je tire la tronche que je veux. Si ça te plaît pas, tourne la tête. T'as fini ?

Il lui désigna son assiette mais elle ne le suivit pas, s'obstinant à lui tenir tête.

- tu ressembles presque à Ichigo avec cette tête ...

La comparaison le fit bondir. Il la colla contre le mur de la cellule sans qu'elle ne s'y attende. La table, la chaise et les reliefs du repas volèrent en tous sens. Elle agrippa la poigne de fer qui lui enserrait le cou, lui laissant déjà des marques rouges sur sa peau pâle. Le poing de Grimmjow s'abattit à côté de sa tête, creusant un trou dans le mur, juste à côté de sa tête.

- ne me compare plus jamais à ce moins que rien si tu tiens à ta misérable vie ! Siffla-t-il le souffle court.

Son regard était quasiment devenu fou et un instant elle eut vraiment peur de lui. Juste avant de se reprendre et de poser ses doigts chauds sur les avant-bras musclé du sexta.

- tu me fais mal ... murmura-t-elle.

- tu l'as cherché ! Cracha-t-il en ouvrant néanmoins sa main.

Elle s'écroula à ses pieds, le long du mur, massant sa gorge et sa nuque, toujours tête baissée.

- pourquoi ? ... pourquoi en veux-tu autant à Ichigo ?

Il baissa les yeux sur sa malheureuse victime, toujours affalée au sol et cracha plus loin, les mains dans les poches.

- je le tuerai ce bâtard qui croit pouvoir me botter le cul quand ça lui chante. C'est une larve, un misérable humain qui a juste quelques pouvoirs de shinigamis ... il croit que ça le rend supérieur !

Neliel sourit au sol, n'osant toutefois pas lui faire remarquer que cette description aurait pu tout autant lui convenir. Prudente, elle n'osa le lui dire et aborda plutôt un autre sujet tout en levant vers lui ses immenses prunelles grises.

- Ichigo se bat pour protéger ceux qu'ils aiment ...

- pouah ! Jeta le sexta en crachant une nouvelle fois avant de darder sur elle un regard brûlant de rage. Et alors ?

- pour quelles raisons tu bats-tu Grimmjow ?

Il avait failli lui balancer un grand coup de pied dans le visage pour s'arracher à ce regard pénétrant qui voulait sonder son âme. Mais il était resté là à le soutenir avant de siffler pour faire venir le hollow chargé de débarrasser le bazar qu'il avait mis lui-même. Ce dernier apparut et disparut aussi vite.

- ça te regarde pas. Finit-il par lui répondre alors qu'il était déjà hors de la cellule.

- Grimmjow !

Il sursauta en la sentant subitement si près de lui. Elle tendit une main à travers les barreaux, une main qu'elle posa sur sa joue.

- je sais que tu veux être le roi de ce monde. Tu pourrais l'être. Mais as-tu bien compris ce que cela implique ? Si tu veux être un bon roi, tu devras te soucier de protéger tes sujets ... tu auras alors quelqu'un et quelque chose à protéger ...

Il lui prit le poignet et l'ôta sans douceur de son visage, dérangé par la chaleur diffuse de cette peau fine sur la sienne. Neliel se frotta doucement le poignet avec son autre main, sans baisser le regard. Il la toisa méchamment avant de s'éloigner.

- N'essaie pas de me comprendre, idiote. Ça pourrait te coûter cher !

- je fais parti de ce monde Grimmjow. En ce sens, si tu en es le roi légitime, tu me protégeras ...

- C'est çà ! C'est çà ! Répondit la voix toujours plus lointaine du bleuté.

Il n'avait pas vu son sourire alors. Ce sourire qui disait « tu m'as déjà protégée, Grimmjow. Et tu me protèges encore aujourd'hui. Et tu le feras toujours demain ... »

Grimmjow cligna des yeux et émit un « tch ... » désapprobateur. Il allait lui prouver à quel point il était différent de Kurosaki en lui ramenant la tête du rouquin.

OoOoOoO

Shuhei évita une énième attaque de la lionne mais ne put éviter celle du serpent qui l'envoya voler dans les dunes. Il se releva en crachotant du sang mêlé au sable blanc. Il plissa des yeux et se mit en position défensive. Des trois, la diablesse qui cachait constamment son visage derrière sa manche était certainement la plus rusée. Elle se retrouvait derrière lui à chacune des attaques de ses consœurs.

Son épaule gauche, celle où la persifleuse avait planté son arme, le faisait souffrir et commençait à l'empêcher de manier correctement Kazeshini. Pourtant, il avait besoin de toute sa dextérité pour l'utiliser à son maximum. Sa lame était réputée pour être aussi dangereuse pour ses adversaires que pour son manieur. Et sa réputation était méritée. Il en avait fait les frais lors de son entrainement ... et plus récemment. Il sentit une goutte de sueur couler le long de son échine dorsale. Il ne voulait pas revivre cet enfer où il s'était senti prisonnier de son propre corps, à la merci de son fourbe zanpakuto.

« tsch ... part'ner ! ... alors tu as toujours aussi peur de moi ... » cria une voix en lui. Les yeux vides en amande de son arme flottèrent un instant devant ses propres yeux. Des yeux étrécis, perçants et meurtriers. Il n'était pas loin de céder à leur appel sous les coups répétés des trois arrancars, ne serait-ce que pour éviter d'appeler leur monstrueuse créature. « Un monstre contre un autre monstre » songea-t-il avec amertume.

« Tsch ! Qui est le monstre ici ? L'épée ou le manieur ? Tu arrives à m'utiliser, c'est donc que nous ne sommes pas si éloignés que ça l'un de l'autre ! » Le rire moqueur de Kazeshini résonna à ses oreilles comme un lugubre avertissement.

- que fait-il ? Interrogea Mila-Rose

- on dirait qu'il se parle à lui-même. Siffla Sunsun sa bouche dissimulée dans sa manche déchirée.

Elle avait certes réussi à l'atteindre avec son dernier coup mais il s'était bien défendu. Ses yeux s'étirèrent. Il fallait qu'elles en finissent avec lui et vite. Une onde malsaine tournoyait sans cesse autour de lui, de plus en vite, soufflant le sable en de petits tourbillons blancs. Il émanait quelque chose de terrifiant de ce shinigami. Il était très différent de celui de l'époque de Karakura.

- très bien ! C'est le moment de l'achever alors ! Hurla la cervidé en se précipitant une nouvelle fois sur lui sans réfléchir.

- mais qu'elle est stupide celle-là ! Gémit l'anaconda. Elle n'a toujours pas compris que foncer dans le tas était la pire des solutions.

La cervidé fondait littéralement, poing en avant sur Shuhei, toujours perdu dans ses réflexions. La scène semblait presque arrêtée tant elle passa au ralenti devant les yeux des deux autres. Lorsque Shuhei tourna la tête vers elle, ses yeux brillaient d'une lueur d'un bleu si profond qu'il en était presque noir, presque machiavélique. Son reiatsu s'amplifia et se matérialisa en de longues vagues d'un rouge sang mêlé de noir autour de lui.

- Reviens ! Rugit la Lionne à sa consœur qui n'eut pas le loisir de ralentir sa course.

En arrivant à la hauteur du shinigami elle croisa son regard vide et fut saisie d'horreur. Ce n'était plus lui mais quelqu'un de très différent, quelqu'un plus proche d'un Arrancar que d'un shinigami. Non, quelqu'un proche d'un Espada. Elle écarquilla les yeux en voyant sa bouche s'étirer en un long sourire carnassier.

- je t'ai fait attendre ... accepte ceci en guise d'excuse. Déclara-t-il d'une voix métallique, inhumaine.

Elle reçu l'impact de son poing en plein estomac et fut presque coupée en deux sous sa force.

- Co ... Comment ? Réussit-elle à articuler alors qu'elle était projetée vers ses deux acolytes qui la réceptionnèrent tant bien que mal en reculant de plusieurs dizaines de mètres dans le ciel noir.

Les ondes de reiatsu rouge et noir creusèrent encore d'avantage le sable, créant des dunes là où il n'y en avait pas, en supprimant d'autres là où elles avaient toujours exister.

- Bankai ... Kama de Senpuujashin.

Le tourbillon s'enroula autour de lui, aussi menaçant qu'une tornade se formant au-dessus d'une zone habitée. Les trois fraccions d'Halibel réunies pour une fois sans se chamailler, se rapprochèrent les unes des autres.

- Bankai ? C'est ce qu'il a dit ? Ce salaud possède le bankai maintenant ?

- il semblerait, Mila-Rose. Nous n'avons plus le choix. Si nous voulons sortir de ce combat en vie, nous devons faire appel à lui.

- Oui.

- Fait chier, mais oui. Il a failli me couper en deux ce chien galeux.

Elles touchèrent toutes les trois leur bras gauche, avant de l'arracher d'un mouvement sec. « Chimera Parca ». Leur cri commun jaillit sous le ciel sombre, en même temps que la formidable énergie nécessaire à la formation du monstre. Le ciel, déjà zébré d'éclairs rouges s'emplit d'éclairs blancs. Une vague de sable s'éleva et partit dans toutes les directions tel un tsunami dans un océan.

Ce déploiement de force se fit pas vaciller Hisagi, fermement campé sur ses pieds nus au sommet d'une dune, empoignant de ses deux mains tatouées de rouge la double faux noire, reliée à son bras droit par un long ruban gris qui s'enroulait jusqu'à son biceps. Son tatouage gris s'était changé en un long motif tribal rouge qui descendait jusqu'à son coeur. Il ne restait de sa tenue initiale que son hakama noir, fortement abîmé.

Il fit face sans ciller à la chimère créée qui cherchait déjà sa proie de ses yeux globuleux, cachés derrière son épaisse fourrure brune. Son cri résonna de façon sinistre et se répercuta des kilomètres aux alentours.

« Alors part'ner ... c'est le moment. Veille à prendre l'ascendant cette fois ... ou j'interviendrais quitte à prendre ta place » Le rire sardonique emplit la partie encore consciente du cerveau d'Hisagi. L'autre partie était déjà tournée vers le combat qui allait suivre. Le moindre de ses nerfs, la moindre de ses cellules, la moindre particule spirituelle en lui étaient mobilisés. Tout en lui était tourné vers un seul objectif ... vaincre.

Dans un cri terrifiant il s'élança faux en avant sur la bête qui s'élançait elle-même à sa rencontre. Deux origines, deux mondes, deux êtres avec une seule envie, un seul besoin primaire ... survivre.

OoOoOoO

Au camp des shinigamis, Rangiku était partie depuis peu pour rejoindre Renji, lorsque la déferlante de sable leur tomba dessus. Les deux capitaines de la quatrième et de la treizième dressèrent une barrière autour d'eux et des soldats et ne la levèrent que lorsque la vague fut passée, avec maintes précautions. Le reste de l'onde de sable blanc vint mourir à leurs pieds, en de multiples vaguelettes.

Ukitake regarda au loin, discernant une sorte de tornade pourpre et noire suivie d'éclairs blancs. Le cri qu'il entendit lui glaça les sangs. Il se tourna vers Unohana, toujours aussi calme.

- Il semblerait qu'un combat entre deux titans ait lieu là-bas, s'éleva sa voix douce.

Ukitake acquiesça en silence, cherchant à savoir qui de leur côté était concerné.

- Hisagi. Murmura-t-il alors qu'Unohana acquiesça à son tour.

- Oui. Le jeune capitaine s'est lancé dans un lourd combat. Je ne sais pas de qui il s'agit ...

- Je sais. Ayon ... la créature monstrueuse qui avait ravagé nos rangs en quelques minutes lors de notre combat à Karakura. Je crains qu'il ne ...

Unohana pose une main rassurante sur l'épaule d'Ukitake.

- Nous devons lui faire confiance, capitaine Ukitake. Il n'est plus le même qu'à l'époque. Nous ne sommes pas en mesure de faire autre chose pour le moment. Et je crains que des évènements plus graves encore ne tardent pas à se déclencher. Vous devez aussi le sentir ...

Ukitake se tourna vers Las Noches. Là-bas aussi de sombres ondes émanaient du bâtiment tout entier, ou plus exactement de la zone toute entière autour du palais. Il n'y avait pas vraiment prêté attention la première fois, mais cela s'était produit juste avant de voir le frère d'Ulquiorra apparaître devant eux.

- Il va passer à l'attaque. Finit-il par lâcher.

Unohana se contenta de hocher la tête, posant un regard triste sur Las Noches. La peine, la souffrance, la mort entouraient déjà le bâtiment isolé tel un linceul.

OoOoOoO

Dans le bâtiment justement, un Espada indolent sortit de son sommeil lorsque son séant et sa tête heurtèrent brutalement le sol.

- Aie, aie, aie. Ronchonna-t-il dépité en se frottant l'arrière du crâne. Quoi encore ?

Halibel, postée à l'extérieur sur le balcon, coula un regard de biais vers lui sans se retourner.

- Il aura fallu un séisme pour te réveiller.

- Un séisme ?

Il finit par se mettre debout et se dirigea tout en baillant vers elle. Il cligna des yeux plusieurs fois et baissa ses yeux vers le sol. Une fine couche de sable recouvrait le balcon ... qui n'en était plus un. Le sable avait à moitié enseveli le palais et arrivait à présent à fleur du balcon sur lequel ils se trouvaient tous les deux, à savoir au deuxième étage.

- Il n'y avait pas des dunes ... enfin deux étages sous ce balcon quand je me suis endormi tout à l'heure ?

Halibel émit un soupir discret. Il poursuivi son inspection des yeux, s'arrêtant sur les vagues rouges et noires qui s'élevaient pas si loin d'eux. Un combat, forcément.

- Qui ? Interrogea-t-il.

- Mes fraccions ... enfin plus exactement Ayon depuis quelques minutes.

- Ainsi elles l'ont appelé. Elles doivent être en mauvaise posture. Nota Stark en baillant, son regard sagace vrillé sur sa collègue. Tu n'y vas pas ?

- pas encore. Elles ont toutes leurs chances avec Ayon.

Quelque chose sonna faux dans sa déclaration et Stark en fut surpris. Pourquoi l'intègre et respectable Halibel qui s'était déjà maintes fois battue pour ses fraccions restait-elle plantée là au lieu de les aider ? Il se tourna à nouveau vers les ondes sombres. Le danger était réel. Il ignorait quel ennemi elles combattaient mais il semblait puissant. Puissant et décidé à vaincre. Non. Décidé à tuer, à éliminer tous ceux qui se dresseraient devant lui.

- Qui ? Répéta-t-il. Je ne parviens pas à reconnaître ce reiatsu.

- Il s'est transformé depuis peu. Mais tu le connais. Il était à Karakura.

Stark plissa ses yeux en deux fentes. Il sonda silencieusement les vagues sombres.

- Celui qui a combattu Findor. Il était déjà fort alors ... mais je sens qu'il a encore développé sa force.

- Oui. Ce n'est plus le même shinigami. Sous cette forme, il n'a même plus le reiatsu d'un shinigami.

- C'est juste. Il est presque comparable au nôtre. Quel ennui ! Si les Espadas comme Ulquiorra deviennent des shinigamis et des shinigamis s'approchent des arrancars, bientôt nous ne saurons plus qui seront les amis et les ennemis ...

- Parce que tu as des amis, toi ?

L'amertume du ton n'échappa pas au primera mais il ne releva pas. Il se contenta de regarder au loin les vagues sombres.

OoOoOoO

Renji parvint à parer le coup de Grantz mais ne put stopper l'attaque en traître de Qufang. Cinq longues estafilades ensanglantées striaient son dos et découpaient son kimono.

- Quel dommage, à quelques centimètres près je te découpais en deux. Ricana ce dernier en léchant la goutte de sang qui perlait encore sur ses longs doigts osseux.

Renji grimaça de douleur tout en posant un genou à terre. Combattre l'un des deux aurait été facile mais les deux arrancars s'arrangeaient toujours pour l'attaquer de concert.

« Il faut que je tienne le coup et que je sorte mes hommes de ce mauvais pas ! Sans compter que je dois rejoindre Ichigo au plus vite ... merde ! »

Il avait déjà fait appel à son bankai mais cela semblait insuffisant contrairement à la dernière confrontation qu'il avait eu sur Terre avec Grantz. Il était vrai qu'il était sur leur territoire et qu'ils semblaient bien plus puissants. La croix renversée tatoué sur leur nuque devait aussi y être pour quelque chose.

Ses hommes vinrent vers lui mais il leur hurla de s'arrêter là.

- Vice-capitaine !

- Laissez-nous vous aider, vice-capitaine Abarai !

- Restez où vous êtes et surtout n'intervenez pas ! Occupez-vous des blessés et je m'occupe de ceux-là !

- Mais vice-capitaine !

- C'est un ordre !

Renji croisa le regard effrayé mais confiant du jeune Rikichi qui tenait son sabre tant bien que mal tant sa main tremblait. Comment ce jeunot était-il parvenu jusqu'ici sans qu'il ne le remarqua ?

Ce moment d'inattention suffit à Grantz pour lui asséner un autre coup sur l'épaule gauche et l'envoyer voler à quelques mètres de ses hommes en soulevant une gerbe de sable blanc. Il retomba lourdement sur un des rares squelettes minéral. L'une des branches en quartz lui transperça la main gauche.

- Vice-capitaine Abarai !

- Voyez-vous ça ? Siffla Qufang en disparaissant avant de réapparaitre juste derrière le jeune shinigami qui écarquilla les yeux avec effroi.

L'arrancar plissa ses yeux et saisit le jeunot par la nuque entre les longs crochets. Rikichi se débattait et tentait désespérément de desserrer l'étreinte mortelle en grimaçant. Qufang l'amena à hauteur de ses yeux.

- En voilà un bien jeunot ... un tout jeune oisillon à peine tombé du nid. Manquez-vous à ce point de combattants pour venir avec de tels freluquets au nez encore blanchi de lait maternel.

Renji dévisagea la scène avec horreur. Pas lui. Pas ce jeune qui le suivait partout comme son ombre et qui le vénérait comme un dieu. Le pied de Grantz repoussa sa tête dans le sable.

- On dirait bien que c'est la fin pour toi, mon frère !

- hé le moineau. Cesse de gigoter. Regarde bien ton supérieur se faire massacrer avant que je ne te broie la nuque.

A ces mots le jeune Rikichi cessa tout mouvement et regarda droit devant lui. Qufang avait avancé vers son homologue et vers Renji dont le sang rougissait le sable.

- Je crois que tu as un certain respect pour lui vu les tatouages que tu arbores sur ton visage. Alors assiste à la déchéance de ton héros en direct. Et au final, mourrez-ensemble ...

- Adieu shinigami ! Cria Grantz en levant son sabre.

- Non ! Hurla Rikichi.

Qufang eut un sourire cynique et resserra ses doigts sur la nuque du jeune faisant couler son sang vermillon juste avant qu'une nuée grise les entoura tous les quatre.

- Que ? Fit Grantz en arrêtant son geste à quelques centimètres du cou de Renji.

La nuée se mit à tourbillonner de plus en plus vite et se concentra sur Grantz qui eut des dizaines de coupures simultanées sur le corps. Il sauta en arrière pour se protéger et Qufang fit de même sans toutefois lâcher sa proie.

- Qui ? Grinça-t-il.

- Il est encore tôt pour faire une sieste Renji, tu ne trouves pas ?

Renji releva la tête et observa la silhouette sombre devant lui. Une longue écharpe rose claqua dans le vent devant lui. La garde d'un sabre sans lame étincela sous la lune froide du Hueco Mundo.

- Matsumoto ?

Elle lui adressa à peine un sourire, le regard fixé sur Qufang et son prisonnier. Renji suivit son regard.

- Tu as un homme à sauver, vice-capitaine Abarai. Quelqu'un qui a remis sa vie entre tes mains en te suivant ici. C'est une raison suffisante pour ne pas perdre face à eux.

- Rangiku ...

- Debout vice-capitaine ! Je te couvre et je protège tes hommes. Concentre-toi sur lui.

- je te reconnais à présent, femme. Siffla Qufang. Tu es la vice-capitaine du gamin aux cheveux blancs.

- Si tu parles de celui qui t'a botté le train sur Terre, alors parle de lui en ces termes ; Capitaine de la dixième division Hitsugaya Toshiro. Et ne devient pas trop familier !

- Et toi tu ferai mieux de la fermer ! Cria Grantz en se jetant sur elle.

Rangiku ne tourna même pas la tête. La lame de Renji arrêta celle de Grantz à quelques centimètres de la chevelure de la belle. Deux boucles tombèrent mollement au sol.

- Hey mon frère ! Tu ne m'aurais pas enterré un peu vite ! Fit Renji en souriant.

Renji et Rangiku étaient dos contre dos. Renji repoussa Grantz plus loin.

- on échange Rangiku ?

- Avec plaisir. Et arrange-toi pour ne pas mourir. Tu me dois une coupe chez le coiffeur !

- Tss ...

Ils échangèrent un regard complice et bondirent chacun à la place de l'autre.

- Ok Qufang ! Si on passait aux choses sérieuses maintenant !

OoOoOoO

- Mais c'est quoi ce zèbre ?

Shinji s'était assis en tailleur sur une dune, son sabre posé en travers de ses genoux. Il soupira à fendre l'air et croisa le regard fermé d'Hitsugaya.

- C'est quoi son problème à ce comique ?

L'arrancar en face lui ne cessait de pousser des cris en gesticulant et en réalisant ce qui ressemblait à une danse rituelle. Hitsugaya leva d'abord un sourcil puis ses épaules avant de se tourner vers le blond qui lui faisait face d'un air suffisant. Au moins celui-ci ne poussait pas des cris d'orfraies.

- Qui es-tu gamin ? Fit le blond.

- Capitaine de la dixième division Hitsugaya Toshiro. A qui ai-je l'honneur ?

- Excellent ! Un capitaine. Je vais alors faire le nécessaire pour t'affronter avec la force d'un capitaine. Je suis Findor Calius.

- Je vois.

- Et lui c'est qui ? Les interpella Shinji en se relevant tout en se grattant l'oreille du petit doigt.

- Avirama Redder. Et ne sois pas condescendant. Il exécute pour toi sa danse macabre. Tu vas mourir shinigami.

- Encore ? Si j'avais du être enterré à chaque fois que l'on me l'as promis, je serai sans doute au centre de la terre avec l'Himalaya au dessus de ma tête. Bah ... quand faut y aller !

- Oh toi ! Pourquoi tu ne me suis pas ! Pourquoi je tombe toujours sur les shinigamis blonds et nases ?

- c'est toi le nase !

- Tant pis pour toi ! Je vais te battre d'un coup d'aile et je pourrai te donner un coup de main Findor. Le tien me paraît plus costaud même si c'est un gamin.

- tss ...

- tss ...

Shinji et Hitsugaya grimacèrent de concert et levèrent leurs zanpakutos.

- Assieds-toi sur les cieux gelés Hyorinmaru !

- Désolé l'ami, mais j'aurai pas besoin de mon shikai pour te battre. Ceci devrait amplement suffire. Fit Shinji en abaissant son masque sur son visage. Ménage-toi capitaine. Les conditions ne sont pas optimales pour toi dans ce monde.

Toshiro grimaça avant de faire face à Findor qui avait déjà cassé une bonne partie de son masque. Il devait l'admettre. Pour lui se battre au Hueco Mundo était autrement plus difficile que sur Terre ou dans le Sereitei où l'eau ne manquait pas.

Shinji esquiva souplement quatre ou cinq attaques d'Avirama tout en prenant de la vitesse.

- Arrête de courir partout et de fuir, espèce de rat ! Décidément tous les shinigamis blonds ont les mêmes défauts !

- Tu deviens désagréable l'ami ! Marmonna Shinji en s'arrêtant net au-dessus d'une dune. Et si je ne bouge plus, tu parviendras à me frapper ou tu frapperas encore à côté ?

- Espèce d'enfoiré ! Tu vas mourir !

- Euh non ... je ne crois pas ... mais toi ...

Shinji l'avait laissé approché au plus près de lui et disparut d'un coup de son champ de vision avant de réapparaitre juste derrière lui.

- Que ?

L'aigle n'eut même pas le temps de réagir. Shinji lui coupa un bras qui vola deux dunes plus loin. Avirama hurla de toutes ses forces interrompant le combat entre Findor et Hitsugaya.

- Ah au fait ... Je crois que j'ai oublié de me présenter. Shinji Hirako, capitaine de la cinquième division et accessoirement vizard. Mais je crois que tu n'auras pas le temps de t'en souvenir ...

Devant Hitsugaya et Findor encore immobiles, il abattit sans effort son sabre sur Avirama le coupant en deux. Le jeune dragon comprit une chose à ce moment. Quel que soit l'air crétin qu'il pouvait afficher, Shinji Hirako était en tout point redoutable du fait même de son double état de shinigami et de vizard. La hollowmorphose lui donnait un pouvoir terrifiant au Hueco Mundo. Il n'avait même pas eu besoin de faire appel à son shikai. Shinji fit disparaître son masque et leva le pouce en souriant.

- Et d'un ! Un coup de main, Toshiro ?

- ça ira ...

Findor recula d'un pas. Mais tous les trois s'arrêtèrent net en sentant le sable trembler sous leurs pieds.

- Qu'est ce que ? Fit Shinji en regardant vers Las Noches. Tu le sens aussi, Toshiro ?

Hitsugaya hocha la tête en signe d'assentiment et tous trois furent presque écrasés par un formidable reiatsu qui semblait émaner de l'arrière du palais.

« Qui cela peut-il être ? » songea Hitsugaya en fronçant les sourcils. « Ichigo, fais vite ! »

L'instant d'après ils faillirent être balayés par une vague de sable qui venait de là où ils avaient laissé Hisagi. Elle s'écrasa sur le palais avec une force inouïe, l'ensevelissant presque jusqu'au deuxième étage. Ils sautèrent dans les airs et Findor en profita pour battre en retraite vers le palais. Après la démonstration du capitaine de la cinquième un peu de prudence semblait nécessaire.

Shinji et Hitsugaya ne tentèrent même pas de l'arrêter et se retournèrent vers l'endroit où se trouvait Hisagi. Des vagues sombres dansaient dans les cieux et des ondes d'énergie pures s'entrechoquaient dans le ciel.

- Un combat de titans semble s'être engagé. Peut-être devrions-nous lui porter main forte. Son bankai est encore récent et instable.

- Vous devriez mieux observer, capitaine. Son bankai n'a jamais été aussi stable.

Toshiro écarquilla les yeux en constatant que Shinji avait raison.

- Pourquoi ?

- Bonne question ... la clé est sans doute dans son zanpakuto. N'est-il pas réputé pour être particulièrement hostile au Sereitei ? Sa nature semble être en accord avec ce lieu, contrairement à votre zanpakuto qui se sent aussi bien ici qu'un poisson hors de l'eau.

Hitsugaya redonna sa forme scellée à son zanpakuto. Il crut l'entendre gémir. Shinji avait raison, leur place n'était pas ici dans ce monde désertique. Ni lui, ni Hyorinmaru. Shinji coula un regard de biais vers lui comme s'il lisait dans ses pensées.

- Vous êtres des êtres purs issus directement de la Soul Society. Très peu de shinigamis ont pu maitriser ce zanpakuto surtout aussi jeune. Reste en vie, jeune capitaine. Je pense que tu es promis à un grand destin. Mais pour ce qui est d'ici et de maintenant, en ce lieu et en ce jour, emboite tes pas dans les miens et je te ramènerai entier au Sereitei.

- Je n'ai nul besoin d'un garde-chiourme.

Shinji ferma les yeux.

- Il ne s'agit pas de cela et tu le sais. Comme Hisagi, moi-même ou Ichigo nous sommes sentis différents en mettant les pieds sur ce sable, tu as du te sentir affaibli, que ça te plaise ou non. Tu es intelligent, tu sauras faire ce qu'il faut.

- Que veux-tu dire ? Kurosaki et toi pouvez faire appel à la hollowmorphose. Je peux comprendre que vous soyez plus forts ici. Mais Hisagi ?

- Même s'il ne l'admet pas, Hisagi est aussi relié à Kazeshini que tu l'es à Hyorinmaru. Sans cela, il n'aurait jamais pu maitrisé sa forme shikai et encore moins parvenir au bankai. Je suppose que Kazeshini tient plus du Hueco Mundo que de la Soul Society.

- Un zanpakuto issu du Hueco Mundo qui serait parvenu jusqu'à la Soul Society. Comment un sabre avec un tel pouvoir néfaste aurait pu entrer au Sereitei ?

- Tous les zanpakutos peuvent être destructeurs ... le tien et celui du vieux n'en sont-ils pas de bons exemples ? Après tout est question de manieur. Et de la force mentale que le manieur peut avoir sur son zanpakuto.

Hitsugaya ne pouvait qu'approuver le raisonnement d'Hirako. Si Hisagi se révélait trop faible pour Kazeshini, ce dernier dévorerait son âme sans hésiter.

- Ne t'inquiète pas pour lui. Nous avons laissé Renji derrière nous. Il pourra lui donner un coup de main et je crois qu'une tierce personne qui pourra toucher son âme mieux que n'importe qui est entrée en scène.

Le jeune dragon sonda les reiatsus présents et sentit celui de sa subordonnée. Il esquissa un demi-sourire et se retourna vers Las Noches.

- Tu as raison. En revanche, ce que je sens devant nous ne m'inspire rien de bon.

Shinji afficha un air sombre.

- C'est certain. Allons-y. J'espère qu'Ichigo ne s'est pas précipité au devant d'ennuis plus gros que lui.

- Tu plaisantes. On parle de Kurosaki là et Kurosaki ne s'attire que des ennuis plus gros que lui !

Hirako sourit et d'un shunpo rapide partit vers Las Noches, Hitsugaya sur ses talons.

« Ne fais pas de folie Ichigo. Surtout que je sens que deux personnes auxquelles tu tiens sont aussi entrées en scène. Et ce n'est pas une bonne nouvelle pour nous ! »

Ils franchirent ensemble les ondes sombres qui entouraient Las Noches comme un linceul, se protégeant avec leur propre reiatsu de ce cloaque puissant. Quel que fut l'auteur de ces ondes, il était d'une rare puissance.