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- Bon il est où ce fameux thé ? Demanda Stiles ingénument, histoire de ne pas agresser Derek tout de suite avec les, nombreuses, questions qu'il souhaitait lui poser.

- Sur le samovar.

- Le quoi ?

- Le truc là, au milieu.

- Ok, maintenant je sais comment ça s'appelle et je suppose que ça sert à faire du thé, mais comment ça marche ?

- Je m'en occupe. Soupira un loup fatigué d'avance par l'interrogatoire qui l'attendait.

L'adolescent observa son ami habituellement... bourrin, manier avec précautions les petites tasses en porcelaine fine de leur hôtesse et les remplir avec un fond de liqueur noire provenant de la petite théière posée sur la cheminée du « samovar », puis allonger le tout avec de l'eau apparemment bouillante sortant du robinet. Il tendit sa tasse au jeune homme qui le regardait ébahi.

- J'ai vu Ania faire, dit Derek, comme pour se défendre.

- Wow, c'est super chaud ! L'adolescent manqua lâcher le petit récipient.

- Attention ! Si tu lui pètes une tasse, c'est pas de moi qu'il faudra avoir peur !

- Qui a dit que j'avais peur de toi ? Répondit espièglement le garçon, tout en posant précautionneusement sa tasse. Y a pas du café plutôt ? J'ai besoin d'un truc fort.

- Quand tu auras goûté ça, tu ne diras plus la même chose. Et je te conseil de vivre au rythme d'Ania si tu veux rester voir les progrès de Lydia.

- A Rome, fait comme les romains. Pigé.

L'hyperactif commençait à avoir la jambe agitée de soubresauts réguliers et tiraillait son sweatshirt en tout sens. Il se contenait pour que ce ne soit pas Derek qui le vire du chalet.

- Arrêtes de gigoter et poses moi tes questions, fit le loup, résigné.

- Pourquoi ça a pris tant de temps ? Pourquoi t'as pas rappelé ? Combien de temps ça va prendre ? Comment elle sait pour les Banshees ? Tu sais comment elle va l'aider ? P...

- Une à la fois... Grogna Derek comme un avertissement, ses yeux vert devenant glacée. (Comment faisait-il ça ? )J'ai fait le tour des épiceries russes de Seattle jusqu'à ce que je tombe sur son fournisseur. Il a fallu attendre qu'elle passe commande, que le livreur lui apporte un message de ma part et qu'elle réponde favorablement pour qu'il me donne l'adresse.

- Elle a pas le téléphone ou quoi ?

- Non justement.

- QUOI ? C'est un agent du KGB ? S'exclama-t-il estomaqué.

- Non. Pourquoi tu demandes ça ? Non, laisses tomber, se ravisa le loup. Bref, je suis tombé à court de batterie sur mon portable, sans possibilité de le recharger car, au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué, il n'y a non seulement pas de téléphone ici, mais pas d'électricité non plus... Je n'ai pu le brancher que quelques minutes ce matin en allant faire quelques commissions pour Ania, suffisamment pour répondre à ton appel.

Stiles fit le tour de la pièce du regard et remarqua enfin qu'il n'y avait effectivement ni appareils électriques d'aucune sorte, ni prises aux murs. Il se senti inexplicablement mal à l'aise sans aucune technologie familière autour de lui.

- Mais où est-ce qu'on est tombé ? Souffla-t-il interloqué.

- Chez une Babayaga...

- Une quoi ? Stiles était sûr que le vieux prenait un malin plaisir à laisser tomber ses infos au compte goutte, sachant que sa pipette contenait de la nitro !

- Une sorte de sorcière dans le folklore slave. Elles vivent dans ce qu'on appelle une « isba », une petite cabane en bois. Et on a de la chance que celle-ci ne soit pas monté sur pattes de poule... marmonna le loup.

- Sur quoi ? Comment tu sais tout ça, c'est pas la bavarde qui te l'as dit quand même ?

- Elle m'a filé un livre de conte russe qu'elle a, y a pas grand chose d'autre pour s'occuper. Avant, les Babayagas vivait dans des isbas montées sur des pattes de poules géantes qui tournait sur place. Enfin d'après la légende. J'ai pas demandé à Ania.

- Elles devaient avoir sacrément le tournis, remarqua Stiles.

- On s'en fout. L'homme commençait à s'irriter. On peut se concentrer ?

- C'est toi qui parle de pattes de poule géantes qui danse la gigue, ça m'intrigue un minimum, c'est ce que font les gens normaux quand on leur dit des trucs bizarres tu sais ?

Derek lui jeta un regard noir.

- Tout ça pour dire que les Babayagas sont puissantes, elles possèdent un savoir quasi encyclopédique du surnaturel. Mais elles vivent en ermites et ne sont pas franchement facile à aborder. Je crois qu'on a eu de la chance que je la connaisse depuis l'enfance.

- C'est sur que si on avait compté que sur tes talents de baratineur on était foutu... quoi que juste ta belle gueule aurait peut-être suffit à la convaincre. Ironisa l'adolescent avec un regard malicieux.

- Je ne répondrais plus à tes questions... le prévint le loup avec un grondement sourd.

- Ok, ok. Rabat-joie... Comment elle sait tout ça ? Y a même pas un bouquin ici...

- Si, il y a le recueil de contes, rétorqua Derek, bien content de rabattre le caquet de l'insolent.

- Ha-ha... Tu vois très bien ce que je veux dire.

- Je ne sais pas.

- Tu ne sais pas ce que je veux dire ou tu ne sais pas comment elle sait tout ça ?

Derek exaspéré allait répondre quand Ania l'interrompit.

- Vorota.

- Pardon ? Stiles ne savait pas si elle avait cherché à communiquer ou si c'était un bruit qu'elle faisait, un peu comme Gollum.

- Mon savoir. Il vient de Vorota : La Porte. Les « Babayagas » sont les gardiennes de Vorota. Une porte vers le surnaturel. Nous acceptons d'en être Opekun... gardien, et en échange nous accédons à certains pouvoirs et certaines connaissances.

- Oh. C'est plutôt... cool ? Le jeune homme avait peur de faire une gaffe et d'arrêter Ania dans son élan. Il ne la pensait pas capable d'une phrase aussi longue !

- Nous sommes des martyrs.

- Ah. Pas cool alors ? Bingo, il avait gaffé.

- Comment ça des martyrs ? Interrogea Derek, intrigué à son tour.

- Nous sacrifions notre vie dans l'isolement le plus total afin de protéger le monde Chelovek.

- …

- Humain.

- Ah ! Le protéger du surnaturel ? Parce que, sauf votre respect, y a du surnaturel un peu partout... Ne pu s'empêcher de placer Stiles.

- Tutoie moi blanc-bec, je ne suis pas mère-grand.

- Elle essaye de faire du verlan là ? Chuchota-t-il à Derek qui semblait outré par tant d'insolence, c'est à dire qu'il fronçait le sourcil droit plus que le gauche. De manière inexplicable, le loup était terrifié par Ania.

- Le surnaturel qui a pu entrer dans le monde Chelovek n'est rien comparé à ce que nous retenons. J'ai coupé tout contact avec ma famille et renoncer à une vie normale, pour me consacrer uniquement à la méditation et devenir Opekun. Ma baba m'a identifiée comme successeur et m'a élevée dans l'isolement. Je sais juste que j'ai une sœur et qu'elle est prête a accueillir ma progéniture non maudite.

Ania avait prononcé les derniers mots avec une certaine tristesse et Stiles se senti un peu bête d'avoir plaisanté à ses dépens. Il bu une gorgée de thé pour se donner contenance avant de s'étrangler avec le breuvage fort et amer. La Babayaga lui tendis du sucre avec un air narquois.

- Mieux que votre « café » hum ?

- Combien de temps ça va prendre pour Lydia ? S'inquiéta Derek.

- La rouquine doit d'abord éliminer les médecines de son organisme. Ensuite, ça dépendra d'elle.

- Elle est BLONDE - VENITIENNE ! S'exclama l'adolescent, malgré lui.

Derek eu l'air horrifié,enfin autant que faire ce peut pour le taciturne, et Ania le regarda étrangement. Puis fut secouée par un petit rire.