Renaissance
Arc 2 : retour au Hueco Mundo
Chapitre 28 : de larmes et de sang
La pluie tombait sans discontinuer depuis le lendemain de leur retour du Hueco Mundo enveloppant tout le Sereitei d'un linceul grisâtre. La belle humaine rousse poussa un discret soupir en regardant à l'extérieur par la fenêtre de la chambre d'Ulquiorra à la neuvième division.
Les hommes vaquaient à leurs occupations d'un pas lourd, la tête courbée. La nouvelle de la disparition de Shuhei Hisagi qui avait longtemps été leur vice-capitaine les avaient tous touché à différents niveaux, selon la proximité qu'ils avaient eu avec lui.
Mais elle savait que la situation était pire à la troisième division. Pour la seconde fois en quelques mois, la division à la fleur de soucis pour emblème avait perdu son capitaine. Pour la seconde fois elle et son vice-capitaine se retrouvaient orphelins. Certains en son sein chuchotaient qu'elle était maudite. D'autres songeaient à demander une autre affectation.
Orihime tourna la tête vers le terrain d'entraînement qu'on pouvait deviner au pied des quartiers de la neuvième. Elle y vit la silhouette sombre et fine de l'ancien arrancar. Comme tous les matins, il commençait son entraînement par une séance de méditation destinée à entrer en contact avec son autre moi. Elle espérait qu'il y arriverait car s'il avait bien guéri de ses blessures physiques, il en allait tout autrement avec son moral.
Il était redevenu aussi sombre qu'au temps où il était son geôlier sous les ordres d'Aizen. Sans doute était-ce du à son impuissance à faire appel tant à Murcielago qu'à Espada de la Luz. Les deux zanpakutos refusaient obstinément de sortir de leur léthargie pour une raison inexplicable. Ulquiorra s'était même rendu à la douzième avec Byakuya Kuchiki pour interroger son excentrique capitaine qui n'avait pas eu plus de chance avec les deux armes.
Elle repoussa une mèche rousse derrière son oreille et regarda en direction de la dixième. Il était temps pour elle de s'y rendre pour épauler Rangiku comme tous les jours depuis leur retour. La pulpeuse vice-capitaine n'avait quasiment pas mis le nez dehors, restant enfermée dans ses quartiers ou entrainant ses hommes d'une main de fer. Elle remplissait tous ses devoirs, même la paperasse qu'elle détestait tant. C'était ce détail qui avait décidé Hitsugaya à faire appel à la jeune rousse.
Mais elle était aussi impuissante que lui. Rangiku n'avait aucune blessure physique et ses fleurs ne pouvaient soigner les plaies de l'âme ou du coeur. Et Rangiku présentait tous les symptômes de ces deux dernières. Elle avait d'abord perdu Gin puis maintenant Shuhei. Deux capitaines, deux amis, les deux amours de sa vie. « Quelle tristesse. » conclut la jeune fille avant de secouer sa tête.
« Non ! Je ne dois pas me laisser aller ! Nous allons trouver une solution à tous ces problèmes ! J'en suis sûre ! Je ne dois pas baisser les bras ! ». Emplie de cette nouvelle détermination, elle quitta son poste d'observation et sortit à l'abri d'un parapluie pour aller vers la dixième.
OoOoOoO
- Elle est partie.
La remarque sobre du Capitaine de la Sixième fit se lever les paupières closes d'Ulquiorra. Il resta néanmoins dans la même position de méditation sous la pluie drue.
- Je sais. Elle se rend à la dixième comme tous les jours depuis notre retour.
Byakuya Kuchiki passa devant lui sans lui accorder un regard et alla se protéger sous un arbre proche.
- Qu'en est-il ?
- Rien. Comme hier et les jours d'avant.
Ils se turent tous les deux.
- Tu voulais me parler ? Reprit Ulquiorra d'une voix neutre.
- Pas vraiment. Je voulais t'informer qu'une réunion des capitaines aura lieu cet après-midi. Nous y évoquerons la suite à donner à notre incursion au Hueco Mundo ...
- Je n'ai pas été convoqué.
- Je vois.
- Y-a-t-il une chance que la Soul Society reparte là-bas ?
- Je l'ignore. Nous y avons perdu un capitaine et ton frère s'y est érigé un empire. Sa relation avec Rukia, Orihime Inoue et l'ancienne Espada reste à établir. Nous devons d'abord déterminer s'il compte attaquer la Soul Society ou les humains puis établir un plan d'action cohérent.
Ulquiorra haussa imperceptiblement un sourcil devant le reproche à peine voilé.
- Je comprends. Répondit-il sobrement avant de se relever et de s'approcher du noble.
Ses cheveux et sa tenue dégoulinaient. Il se planta devant lui et releva son visage grave et humide vers lui.
- Je dois te parler. Commença Ulquiorra.
Byakuya pressentit que la discussion n'allait pas être plaisante. Il fronça les sourcils mais se tut.
OoOoOoO
- Incapables ! Incompétents ! Choisissez le terme qui vous convient ! Mais ici à la dixième division nous n'acceptons ni l'un ni l'autre !
La vice-capitaine de la dixième rengaina son sabre et s'éloigna de la trentaine de shinigamis éparpillés inconscients sur le terrain d'entraînement. Son capitaine la suivit de ses yeux glacés depuis la fenêtre de son bureau.
- Elle ne va pas mieux ?
La voix fluette d'Orihime lui fit détourner les yeux quelques secondes. La rousse le rejoignit.
- Bonjour Orihime Inoue. Non, cela prendra du temps. Bien plus encore qu'avec Gin je suppose.
- Je devrais peut-être aller les soigner ...
- Inutile. Sur le fond, elle a parfaitement raison. Je n'ai pas à me plaindre depuis son retour. Elle travaille comme jamais elle ne l'a fait.
- Mais ce n'est pas elle ! S'indigna la jeune femme.
- Elle est vice-capitaine et agit en temps que tel. C'est tout.
Hitsugaya se détourna pour retourner vers bureau laissant derrière lui une Orihime complètement déboussolée. Il se mit à lire, classer et annoter divers documents en silence. Elle serra les poings et laissa échapper une larme.
- Comment peux-tu dire ça et la laisser agir comme ça ? Sans rien faire ? Ça ne te fait rien de la savoir dans cet état, de la regarder s'enfoncer un peu plus tous les jours ? Sans l'aider ? Sans la soutenir ?
Hitsugaya avait baissé la tête au fil de sa diatribe, lui cachant ses yeux.
- C'est monstrueux ! Finit-elle dans un cri.
- Assez !
Le mot claqua dans les airs, la faisant sursauter alors que le jeune homme avait cassé net entre ses doigts un pinceau avec lequel il écrivait. Le rapport qu'il venait de signer glissa vers le sol, balafré d'une longue ligne noire. Il releva la tête et elle resta interdite devant son expression à la fois furieuse et désemparée. Elle vit ses yeux briller un peu trop. L'air autour d'eux s'était clairement rafraichi.
- Assez. Répéta-t-il avec moins de force. Tu ne sais rien de ce que je peux ressentir et tu es loin d'imaginer ce qu'elle peut ressentir. Je la connais depuis de longues années, depuis que je suis entré dans cette division et bien avant déjà. Tu ignores tout et tu te permets de nous juger ...
- Je ...
Il leva la main pour l'interrompre.
- Je te permets de venir ici tous les jours afin de la soutenir, mais sache que je peux y mettre fin. Va discuter avec elle, va la soutenir mais ne lui interdit pas de faire ce qui peut lui permettre de se sentir mieux. Elle fait juste son travail ... même si elle s'y noie en ce moment.
Orihime ravala sa salive et se mordilla la lèvre inférieure.
- Je ne voulais pas ... commença-t-elle.
- Je le sais. Nous sommes tous à cran depuis le Hueco Mundo.
- Excuse-moi Hitsugaya.
- Je sais que tu t'inquiètes pour nombre de personne en ce moment. Rangiku, Rukia, Kurosaki et Schiffer. Mais tu ne pourras aider personne si tu te contentes de poser des jugements hâtifs sur nous tous ou sur la situation. La situation au Hueco Mundo est très préoccupante et c'est prioritaire sur le reste. C'est ainsi.
Orihime détourna les yeux vers la fenêtre. Le déluge se déversait toujours sur la Soul Society. Elle se sentit soudain perdu dans ce pays qui n'était pas le sien. Elle aurait voulu retourner sur Terre, chez elle. Voir Tatsuki et ses amis. Retrouver sa vie, son appartement, ses rêves de simple humaine. Ses lèvres tremblèrent et elle tenta de ravaler les sanglots qui n'allaient pas tarder à monter de sa gorge.
- Elle surmontera cette épreuve et en sortira plus forte qu'avant.
La voix du jeune capitaine s'était élevée juste à côté d'elle. Il s'était remis devant la fenêtre. Perdue dans ses pensées, elle ne l'avait même pas vu se déplacer. Leurs regards se croisèrent brièvement. Elle y lut la même inquiétude que la sienne, bien dissimulée derrière la froideur bleutée de ses iris. Et elle comprit que tout comme elle, il aurait voulu l'aider mais que pour le moment il ne pouvait rien faire de plus et que d'autres charges lui incombaient. Elle essuya une larme d'un geste gracile et lui sourit.
- Tout va s'arranger. J'en suis sûre.
Il se contenta de hocher la tête.
- Je vais voir Rangiku. Ensuite, je dois me rendre à la douzième division avec Rukia. Le capitaine Kurotsuchi souhaite nous faire passer quelques examens complémentaires avec la capitaine de la quatrième. Ils cherchent encore des effets possibles de nos morsures.
Toshiro suivit des yeux le geste instinctif de protection de sa main sur son cou. Rukia et elle avaient pris l'habitude de dissimuler leurs blessures sous un foulard soyeux pour éviter les regards trop curieux. C'était Byakuya Kuchiki qui avait choisit deux étoffes précieuses ; l'une bleu pâle pour Rukia, l'autre d'un vert profond pour Orihime.
- Bien. Ne tarde pas trop à les rejoindre. Une réunion des capitaines est prévue cet après-midi.
- Oui.
Elle s'avança vers la sortie mais s'arrêta sur le seuil.
- Capitaine Hitsugaya. Vous n'appréciez pas beaucoup Ulquiorra, je me trompe.
Il reprit son air renfrogné et croisa les bras.
- C'est un Arrancar, un Espada même. Il n'a rien à faire parmi nous, encore moins au rang de vice-capitaine à mon sens. Mais il a été élu à ce poste.
- N'est-ce pas vous à présent qui portez un jugement hâtif sur lui ? Murmura-elle en baissant la tête avant de sortir.
Il resta cois quelques secondes avant d'esquisser un sourire. Elle ne manquait pas de répondant et n'avait rien d'une belle idiote sans cervelle. Il pouvait au moins reconnaître deux choses à l'Arrancar du néant ; sa force et son bon goût en matière de femme.
OoOoOoO
Le lendemain, l'Arrancar en question se retrouvait dans les couloirs des geôles de la douzième division, à la recherche de la cellule du sexta qu'il ne tarda pas à trouver en suivant ses multiples vociférations. Il s'arrêta devant la cellule et fut à peine surpris de le trouver enchaîné au fond. Le regard bleu rageur se fixa sur la silhouette fine et noire en face de lui.
- Toi ! Cracha-t-il.
- Bonjour à toi aussi, Grimmjow. Je vois que tu as pris tes aises ...
Une volée de jurons plus colorés les uns que les autres saluèrent sa remarque. Ulquiorra attendit patiemment que son vis-à-vis ait terminé sa diatribe, à bout de souffle.
- Qu'est ce tu veux enfoiré ? Finit par cracher Grimmjow.
- Discuter.
- Tsch ... fit le sexta en s'appuyant contre le mur. Je t'offrirai bien un siège mais comme tu vois ...
- Ils t'ont enfermé pour éviter que tu ne fasses des dégâts.
- Faire quoi à ces foutus shinigamis. J'ai été bouffée par une raie puis ils ont bloqué mon pouvoir avec leur foutue drogue.
Ulquiorra repensa aux moments douloureux qu'il avait vécu les premiers jours de sa renaissance en tentant d'utiliser ses pouvoirs alors qu'il avait cette drogue dans son sang.
- Ton corps s'y habituera progressivement. Tiens ...
Il lui tendit une bouteille de saké à travers les barreaux.
- Monseigneur est trop bon !
- Un merci m'aurait suffit.
Grimmjow lui arracha presque la bouteille des mains et en but une longue rasade avant de s'essuyer la bouche du revers de la main.
- Tu veux quoi Schiffer ?
- Discuter. Je souhaite que tu m'accompagnes au Hueco Mundo.
- Hein ? Quand ?
- Demain.
- Attends, je capte pas ... T'es un vice-capitaine de shinigamis maintenant, t'as des sous-fifres qui peuvent te servir de chair à pâté pour ton connard de frère. T'as qu'à les embaucher ! Finit-il en reniflant.
- Je ne cherche pas de la chair à pâté comme tu dis. Je cherche quelqu'un d'assez cinglé pour m'y accompagner et ne pas se faire tuer dès que nous poserons le pied sur le sable.
- Et pourquoi j'irai me faire botter le cul pour toi alors qu'on me traite en vrai prince ici ?
Ulquiorra esquissa un sourire sur son visage blême, à peine éclairé par la lumière blafarde du couloir.
- Parce que je peux t'offrir un trône de roi ...
Grimmjow faillit en lâcher sa bouteille. L'autre paraissait sérieux en plus.
- C'est quoi ton délire Ulquiorra ?
- C'est de la simple logique. Je veux me rendre au Hueco Mundo pour l'éliminer. Et je veux que tu te charges des éventuels gêneurs qui pourraient intervenir dans notre affrontement.
- Tu me prends pour ta fraccion ? Grinça le sexta, debout juste devant Ulquiorra, le dominant de toute sa hauteur.
Ulquiorra leva les yeux vers lui et les plissa légèrement.
- Non. Pour un Espada qui va affronter d'autres Espadas et prendre le trône du Hueco Mundo. Quand j'en aurai fini avec Esdras, je viendrai te prêter main forte pour que tu puisses poser tes miches sur ce que tu convoites depuis toujours.
Grimmjow ronronna presque.
- Ulquiorra, petit enfoiré. Je crois que je vais tomber amoureux si tu continues à m'allumer comme ça.
- ...
- Je veux venir avec vous !
Ils se tournèrent de concert vers l'ombre qui mangeait le bout du couloir. Neliel apparut dans le halo pâle.
- Je veux venir avec vous. Répéta-t-elle en arrivant à leurs côtés.
- On parle d'un truc d'hommes là ... poupée.
- Ce qu'il veut dire, reprit Ulquiorra en fusillant l'autre du regard, c'est que c'est extrêmement risqué. Nos chances de réussites sont minces et celles de revenir plus faibles.
- Je viendrai avec vous. S'entêta-t-elle.
- On peut pas trainer un poids mort. Grinça le sexta.
- Je suis une Espada. La numéro trois donc supérieure à toi. Et même à toi ! Siffla-t-elle en pointant Ulquiorra du doigt.
Ulquiorra repoussa le doigt d'un geste doux avant de poser son index sur le cou de Neliel, là où son frère l'avait mordu.
- Le problème serait plutôt là. Nous ignorons toujours ses motivations profondes envers vous et la raison de ces morsures.
- Ce que je sais c'est que je ne veux pas que vous y alliez seuls et sans moi. Je fais parti du Hueco Mundo. C'est mon pays. Je veux le défendre, je veux le protéger !
Grimmjow s'écarta un peu des barreaux en entendant le dernier mot. Il la fixa sans rien dire. L'image du rouquin passa devant son esprit. L'image de Neliel aussi avec son regard confiant quand elle lui avait assuré qu'il la protégerait. La même image d'elle tombant dans le vide, jetée comme une poupée de chiffes molles par Esdras après qu'il l'ai mordu.
Neliel les observa l'un après l'autre de son étrange regard pourpre. Si les pupilles d'Orihime et de Rukia avaient repris leurs couleurs habituelles, celles de Neliel étaient restées d'un pourpre sombre et inquiétant.
- Soit. Tu viens. Capitula Ulquiorra en baissant les yeux pour ne pas les dévoiler aux autres.
Son sang bouillonnait à l'intérieur de ses veines en appel à celui de Neliel qui pulsait à sa carotide. Il pouvait la dessiner rien qu'en l'imaginant. Il ressentait la même chose lorsqu'Orihime dormait à ses côtés. C'était une soif, une soif qu'il ne pouvait étancher par de l'eau ou par tout autre breuvage. Seul leurs sangs aurait pu le satisfaire.
- Je viendrai vous chercher.
- J'ai pas encore dit oui ! Grogna Grimmjow en agrippant les barreaux plus fermement.
- Ici. Demain. Même heure.
- Tsch ... Juste pour info, comment tu comptes nous faire descendre au Hueco Mundo ? Le questionna Grimmjow en buvant.
- Je connais un scientifique un peu particulier qui pourra nous aider. Surtout si cela gêne la Soul Society.
- Tsch ... encore un taré.
- Vous vous entendrez bien. Fit Ulquiorra en commençant à s'éloigner avant de se retourner vers eux. Je compte sur vous ...
Il disparut rapidement les laissant cois.
- Il a dit quoi là ? Je crois rêver ... ronchonna le sexta en se grattant la tête.
- Grimmjow ... tu crois qu'on s'en sortira ?
La voix était à peine audible.
- Tu deviens déjà un poids mort ! Grogna-t-il avant de l'observer.
Elle avait saisi les barreaux entre ses mains et baissé les yeux sur le sol. Elle tremblait légèrement. Grimmjow lui tourna le dos. Pff. Les femelles étaient trop compliquées à ses yeux. Elles pouvaient lui servir et le servir mais il ne fallait pas compter sur lui pour autre chose. Ils restèrent là pendant quelques minutes. Il lui tendit la bouteille qu'elle accepta.
- On s'en sortira. On est déjà mort, je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes.
- Je voudrais que toutes les races puissent enfin vivre en harmonie ...
- Tu rêves petite fille ...
- Je ne suis plus ... commença-t-elle en relevant la tête repassant la bouteille entre les barreaux.
Grimmjow lui faisait face et la fixait de son regard magnétique. Il avait enroulé ses doigts autour de la bouteille, les mêlant à ceux de la jeune Espada qui s'empourpra violemment.
- une gamine ... Neliel ... c'est clair que tu en es une.
Il but une longue rasade sans la quitter des yeux leurs doigts toujours mêlés. Du saké coula sur leurs doigts. Il eut un sourire carnassier et les lécha. Elle se laissa faire comme hypnotisée par le fauve en face d'elle.
- Grimmjow ? Demanda-t-elle en retirant sa main et en s'éloignant de deux pas, les joues en feu et la voix incertaine.
Il sourit de toutes ses dents dévoilant ses crocs comme s'il voulait la dévorer.
- Tu vois poupée ... t'es encore une gamine. Retourne jouer avec Kurosaki.
Il retourna s'allonger sur la banquette au fond de sa cellule disparaissant dans l'ombre.
- Je ne comprends pas ...
- J'm'en doute. Va te piauter Neliel si tu veux nous suivre demain. Si tu nous ralentis, j'te tuerai moi-même.
Elle écarquilla des yeux et recula encore avant de prendre la fuite. Grimmjow se passa la main sur le visage. Quelle galère ! Schiffer venait le chercher sans même lui demander son avis pour l'emmener directement à la mort. Et il se retrouverait flanqué d'une des groupies du rouquin.
Comment ce demeuré pouvait autant attirer les femelles restait un grand mystère à ses yeux. Et pourquoi ça le gênait avec celle-là en particulier ? Il devait être en manque de femelle depuis trop longtemps. Il esquissa un nouveau sourire. S'il finissait sur le trône du Hueco Mundo il pourrait jouer un peu avec elle. L'image lui plut.
OoOoOoO
Ulquiorra avait fini par s'endormir dans les bras d'Orihime malgré l'odeur tentante de son sang. Il était temps pour lui d'agir car depuis leur retour cette soif devenait tous les jours plus difficile à contenir. Ses longues séances de méditation ne lui suffisaient plus tout comme les sessions de combat contre Kenpachi.
« La vérité c'est que t'as merdé parce que t'es faible ». La diatribe du géant l'avait secoué plus que tout. Lui, faible ? L'espada du néant, le fidèle serviteur d'Aizen, le seul espada à posséder une segunda etapa ... faible. Il avait pourtant bien du le reconnaître. Il était devenu faible. La faute de ce coeur ? De la jeune humaine rousse ?
Il avait mis du temps à rentrer vraiment dans sa première méditation et ni Murcielago ni son moi intérieur n'étaient apparus. Depuis leur retour, ses sabres s'étaient tus. C'est comme si tout était mort et si tout était vraiment devenu néant. La seule chose qu'il voyait était un flot rouge carmin et les yeux fous d'Esdras.
« Tu as peur » entendit-il. Il écarquilla les yeux en entendant la voix fluette de son moi.
« tu as peur » répéta la voix gutturale de Murcielago.
« Non. Je n'ai jamais eu peur. N'ayant pas de sentiment je ne peux avoir peur »
« Tu as peur »
« Tu as peur »
Les deux voix se conjuguèrent en une et se répétèrent en une lancinante litanie. Il se boucha les oreilles et secoua la tête.
« Non ... non ... non ! »
« Prouve-le » exigea le jeune.
« Prouve-le » renchérit la bête.
« Comment ? »
Le jeune apparut enfin à ses côtés lui tendant Espada de la Luz. La bête apparut également à sa gauche lui tendant Murcielago.
« Tue-la »
« Tue-la »
L'ordre donné lui fit glacer les sangs alors qu'il dévisagea la belle endormie.
« ... »
« Tue-la »
« Tue-la »
Les deux lames brillaient sous la lumière blanche de la lune.
« Libère moi »
« Libère moi »
Ils s'approchèrent encore de lui.
« ... »
« Si tu la tues nous serons libres »
« Si tu la tues tu retrouveras ta puissance »
Ils lui remirent les deux sabres dans les mains. Ses doigts s'enroulèrent instinctivement autour de leurs gardes.
« Tue-la »
« Tue-la »
Ses doigts se crispèrent sur les sabres et il dévisagea longuement Orihime, toujours endormie. Elle souriait. Même endormie, elle souriait. Sa gorge se noua alors qu'une chaleur apaisante monta en lui.
« Pars ! Eloigne-toi de lui ! »
Une lumière dorée prit forme entre lui et les deux ombres. Une silhouette féminine se découpa et deux mains se posèrent sur le visage d'Ulquiorra.
« Laisse-le tranquille Esdras ! »
Ulquiorra écarquilla les yeux en voyant les deux ombres se fondre l'une dans l'autre et se transformer en son frère. Ce dernier partit d'un grand éclat de rire. Orihime geignit doucement dans son sommeil alors que du sang noirâtre goutta de ses morsures.
« Tu es bien protégé petit frère ! J'ignore comment mais cette femme est ton rempart contre moi ! Mais je sais que tu vas venir ... et maintenant je sais que tu seras désarmé ».
L'image d'Esdras disparut, les sabres tombèrent dans un cliquetis métallique et Ulquiorra manqua d'air. Alors qu'il ne parvenait plus à reprendre sa respiration il sentit à nouveau la douce chaleur l'entourer, le protéger et sa respiration se calma progressivement.
« Je te protégerai comme tu m'as protégé. Je t'aime »
La sensation se dissipa et Ulquiorra se réveilla en sursaut. « Un rêve » songea-t-il en se passant une main sur son visage trempé de sueur. Il tourna la tête vers Orihime et vit que ses morsures avaient saigné. Il se leva, s'éloignant de ce sang qui le tentait pour aller se passer de l'eau dans le visage.
« Tu as peur » « Tu es faible » « Tue-la » « Si tu la tues nous serons libres « Si tu la tues tu retrouveras ta puissance »
Il se remit de l'eau sur le visage. Etait-ce vraiment ce que pensaient Espada de la Luz et Murcielago ? Sa propre faiblesse avait-elle fait taire ses sabres ? Il repensa à ce flot rouge qui lui barrait tout chemin.
Ulquiorra agrippa le rebord du baquet d'eau. Et si c'était là, la solution ? Dans ce flot rouge, dans ce sang qui l'attirait tant.
- Ulquiorra ?
La voix endormie d'Orihime derrière lui lui parvint enfin. Il la regarda dans le miroir sans se retourner.
- Femme, as-tu confiance en moi ?
- Hein ?
Son sang pulsait à ses tempes. Ses oreilles bourdonnaient furieusement. Il sentait que sa segunda etapa allait se déclencher sans qu'il puisse la retenir.
- As-tu confiance en moi ? Répéta-t-il.
- Oui, bien sûr ... Pourquoi ?
- Même si je t'ai fait du mal ...
Il haletait à présent. Le baquet se brisa sous la force de ses doigts.
- Ulquiorra ...
- Même si je te fais du mal ... aujourd'hui ?
- Mais je sais que ...
- Réponds-moi ! Exigea-t-il.
Orihime observa Ulquiorra et comprit. Elle posa sa main sur son épaule et ferma les yeux.
- J'ai confiance en toi ... Je t'aime.
Il se calma légèrement à son contact.
- Idiote. Soupira-t-il.
Sa transformation fut brutale et les surprit tous les deux. Elle n'eut pas le temps de reculer que déjà elle sentit ses crocs là où Esdras l'avait mordu précédemment. Elle eut mal mais ne cria pas, ne se débattit pas. Au contraire, elle mêla ses doigts aux cheveux noirs et se pressa un peu plus contre lui. Il grogna comme une bête, aspirant enfin avec délice le précieux nectar de vie.
OoOoOoO
Le capitaine de la sixième interrompit ses prières devant l'autel de sa défunte épouse en sentant le brusque changement de pression spirituelle dans sa demeure. Deux personnes venaient d'entrer et Kurosaki ainsi que sa soeur qui dormaient à l'étage venaient de s'éveiller en sursaut. Il fronça les sourcils et se releva faisant face à celui qui venait d'entrer.
- Bonsoir Vice-Capitaine Schiffer. Puis-je connaître la raison de ...
Ulquiorra dans sa segunda etapa semblait tremblant sur ses jambes. Il déposa Orihime sur le tatami devant lui avec une grande douceur. Des traces noirâtres et rougeâtres maculèrent le sol. Byakuya ferma un instant les yeux avant de les rouvrir. Il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'une tornade rousse s'abattit dans la pièce.
- Byakuya, qu'est ce qui se ...
Ichigo ne finit pas sa phrase et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur en voyant la trace de sang à la bouche de l'Espada et Orihime à terre.
- Comment as-tu osé ? Tonna-t-il en fonçant droit sur lui.
- Elle a besoin de toi. Répondit Ulquiorra sur un ton monocorde.
Ichigo s'arrêta net et se baissa vers son amie qui ouvrit les yeux. Il rencontra ses étranges pupilles pourpres, vit ses canines luire à la faible lumière et recula instinctivement.
- Elle ...
- Elle s'est transformée avant ou après que tu te sois nourri ? Demanda Byakuya sur un ton égal.
- Après.
- Combien ?
- Je l'ignore. Je n'ai réussi à m'arrêter qu'avec beaucoup de mal.
- Kurosaki-kun ? Bredouilla la jeune rousse en le voyant.
- Tout va bien Orihime. Tu es en sécurité maintenant.
- J'étais d'accord avec ça.
- Comment ?
- Oui.
- Il ne t'a pas attaqué ?
- Non ... Il devait le faire.
Le regard d'Ichigo alla de l'un à l'autre sans comprendre.
- Pour redevenir elle-même, elle doit aussi se nourrir, Kurosaki. Fit Ulquiorra d'un ton morne en se dirigeant vers le portrait de la défunte. Je crois avoir compris ce qu'il a fait.
- C'est une sorte de malédiction qui nous lie les uns aux autres. Entama Byakuya toujours sur le même ton.
- Je le crois, oui.
Ulquiorra eut un sourire triste tout en prenant le cadre dans sa main avant de l'observer longuement. Il soupira.
- Et le seul capable de soulager ma femme, c'est toi Kurosaki Ichigo.
Leurs regards se croisèrent alors que Ichigo sentit les canines d'Orihime se planter dans son épaule.
- Pardonne-moi Kurosaki-kun, pardonne-moi ... je ne peux rien faire contre ça ... Pardonne-moi...
Il s'assit et la prit contre lui, rapprochant encore sa tête de lui.
- Tout va bien. Ce n'est pas de ta faute ...
Byakuya se tourna vers la porte en entendant le pas souple de sa soeur qui s'arrêta net devant ce spectacle inhabituel.
- Rukia ... murmura-t-il.
- Qu'est ce que ? Murmura-t-elle.
Byakuya vit l'éclair de pure douleur traverser les belles prunelles améthystes. Il aurait tant voulu lui éviter ce genre de situation. Pourquoi s'était-elle amourachée de cet humain imprévisible ? Le gémissement d'Ulquiorra le détourna d'elle.
- Ulquiorra ?
Il vit la folie traverser les prunelles jaunes, l'envie aussi et la soif. Il sut à cet instant qu'il ne pourrait le retenir. Esdras l'avait conditionné pour qu'à leur vue, à leur odeur il se sente attiré par leurs sangs. Il l'avait vu lutter jour après jour depuis leur retour mais à présent, avec Murcielago, il était sûr qu'il ne pourrait se contenir plus longtemps. Le regard jaune se posa un instant sur lui, cherchant peut-être malgré lui son approbation. Il ne pouvait la lui donner tout comme il ne pouvait empêcher l'inévitable.
Byakuya croisa le regard de sa soeur qui vacillait déjà devant la présence d'Orihime vampirisant Kurosaki et sous le puissant reiatsu d'Ulquiorra. Il sentit ce dernier se déplacer à toute vitesse et détourna un instant les yeux, le temps d'entendre les canines de la bête se planter dans les traces de morsure du cou de sa soeur.
C'était une tragédie qui se jouait dans la noble demeure des Kuchiki. Une sinistre mascarade due à ce fou d'Esdras. Il regarda enfin la bête se nourrir de sa soeur, spectacle dérangeant duquel il ne parvenait à détourner le regard. Chaque bruit lui parvenait avec une force troublante. Les sanglots étouffés d'Orihime, la respiration saccadée de Kurosaki, le faible gémissement de sa soeur et le bruit de ce sang qui coulait au fond de la gorge d'Ulquiorra. Toute la scène se déroulait au ralenti sous ses yeux et il n'y avait rien à faire.
Après un temps qui lui parut infiniment long, la résurrection d'Ulquiorra prit fin et il lâcha enfin sa proie avant de retomber à genoux, les poings plantés dans les tatamis. Rukia vacilla et retomba dans les bras de son frère. Ulquiorra le dévisagea et le capitaine devina dans son regard tout le dégoût que l'Espada ressentait contre lui-même.
- Elle va ...
- Je sais.
Byakuya n'émit pas un son lorsqu'il sentit les canines de sa soeur se planter en lui. Il essuya ses larmes et tout comme Kurosaki auparavant, pressa légèrement sa tête contre lui. Il sentait son reiatsu et son sang s'échapper de son corps à intervalles réguliers, au rythme des succions et tomba à genoux, la retenant serrée contre lui.
Ichigo croisa son regard et pour une fois il se sentit vraiment proche de lui. Orihime avait cessé de se nourrir et était retombée endormie contre lui. Il se doutait qu'à son réveil, ses prunelles auraient retrouvé leur couleur naturelle. Il suivit le regard de Byakuya à présent fixé sur Ulquiorra qui respirait avec difficulté. L'Espada releva la tête et croisa leurs regards.
- Inutile. Le coupa Byakuya alors qu'il voulait prendre la parole. Fais ce que tu as à faire. Nous ferons de même.
Ulquiorra le remercia en silence et s'agenouilla devant Orihime. Il lui caressa la joue avec une infinie douceur et sans se soucier de la proximité de l'humain déposa un tendre baiser sur ses lèvres. Alors qu'il se relevait, il posa la main sur son épaule.
- Prends soin d'elle Kurosaki. Je ne te pardonnerai pas s'il lui arrivait quelque chose.
- C'est toi qui ... Le coupa Ichigo en remontant comme lui, le saisissant par le revers de sa veste.
Il s'interrompit en croisant le regard mort d'Ulquiorra, en voyant la douleur et la souffrance d'avoir imposé son destin à son amie. Il prononça alors des paroles qu'il n'aurait jamais pensé prononcer un jour à cet homme, enfin ce hollow ou ce shinigami là.
- Compte sur moi. Mais si tu ne reviens pas, je viendrai te chercher par la peau des fesses pour t'amener à elle. Elle ne supporterait pas de te perdre.
Ulquiorra s'arrêta et il lui sembla qu'il allait ajouter quelque chose. Mais son regard fuit jusqu'à croiser celui de Byakuya. Ichigo suivit leur dialogue silencieux perplexe et les deux finirent par se saluer d'un coup sec de la tête avant qu'Ulquiorra ne partit. Il fixa Byakuya et vit son inquiétude et sa propre douleur juste avant de remettre son masque de noblesse impassible.
- Que veux-tu ajouter Kurosaki ?
- Rien ... je crois qu'il n'y a rien à ajouter.
Le regard de Byakuya avait été le même que celui que lui-même aurait eu en voyant l'un de ses amis aller au-devant d'une mort certaine sans rien pouvoir y faire. Il n'y avait effectivement rien de plus à dire.
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Ulquiorra se sentait à la fois mieux et au plus mal. Sa cage thoracique se serrait alors même que son sang coulait enfin normalement dans ses veines et qu'il sentait le frémissement familier de ses deux lames à sa ceinture. Il se sentait oppressé comme s'il venait de perdre quelque chose de précieux. « Est-ce là ce que l'on appelle le coeur ? » songea-t-il en agrippant son vêtement noir.
Ses pas l'avaient mené aux geôles de la douzième division. Il était l'heure de rejoindre Grimmjow et Neliel et de commencer l'introduction du dernier chapitre de ses retrouvailles sanglantes avec son frère.
- T'as une mine de déterré ! L'accueillit Grimmjow derrière ses barreaux.
- ...
- Je vois qu'on retrouve ce bon vieil Ulquiorra le ténébreux. Ça te gênerait de me faire sortir d'ici si tu as besoin de mon aide.
- Recule !
Un coup d'Espada de la Luz coupa net les barreaux sur deux hauteurs les laissant retomber dans un cliquetis métallique.
- Chapeau la discrétion. Grogna l'autre en sortant.
- Personne ne nous empêchera de passer.
- Pourquoi ? Tu les as tué ?
- Non.
En réalité il les avait assommé et grâce à Kisuke Urahara avait manipulé les caméras de surveillance.
- Qu'est ce qu'on attend pour sortir de ce trou ? L'interpella Grimmjow en s'arrêtant, voyant qu'Ulquiorra s'était arrêté et appuyé contre un mur.
- Neliel.
- Elle ne viendra pas !
- Elle viendra.
- Tsch. Elle doit être retournée chez Kurosaki en pleurant.
Ulquiorra le regarda de biais et soupira en fermant les yeux.
- Ta stupidité n'a guère évolué depuis ton stade d'adjuchas.
- Répète un peu ! Feula Grimmjow en revenant droit sur lui.
- Je suis là !
La voix claire de Neliel interrompit la querelle et ils se tournèrent de concert vers elle. Elle était d'une pâleur à faire peur et ses iris avaient encore foncé. Ulquiorra avait senti l'odeur de son sang même avant de se trouver devant Grimmjow. Il avait aussi son trouble et sa faiblesse, bien plus encore que la sienne, celle d'Orihime ou de Rukia. Le fait qu'elle soit une hollow au beau milieu du Seretei ne devait pas être étranger à ce phénomène.
- Il nous faudra encore quelques minutes avant de partir. Fit-il avant de s'avancer vers elle. N'aies pas peur, Neliel. Je ne te ferai aucun mal ... enfin pas plus que nécessaire.
Sa segunda etapa avait à nouveau ressurgi sous les yeux écarquillés de Grimmjow qui le vit planter ses crocs dans les morsures de son frère sur le cou de la belle qui se courba en deux. Il le vit sucer le sang noirâtre avec un délice malsain.
- Oh merde ! Tu fais quoi là, enfoiré ?
Mais il ne l'entendait déjà plus. Ni la belle arrancar qui gémissait à intervalles réguliers lorsqu'il déchirait un peu plus ses chairs. Le spectacle fascinant dura quelques minutes jusqu'à ce qu'Ulquiorra ne repoussa la belle dans ses bras.
- Hein ?
- Elle va avoir besoin de toi maintenant ... souffla-t-il en se laissant couler le long du mur.
- Quoi ?
Il comprit au moment où il sentit les canines acérées se planter dans son cou. Il tomba au sol, l'entrainant dans la chute mais elle ne lâcha pas prise se lovant encore plus contre lui.
- Eh poupée ... si tu continues comme ça, il n'y a pas que mon cou que tu suceras crois-moi !
- Tsch ... soupira Ulquiorra. Tu changeras jamais Grimmjow.
- Ta gueule toi ! C'est toi qui change pour donner dans le pervers comme ça.
- Kurosaki ne faisait pas tant de bruit pour si peu.
- Hein ?
Grimmjow était un peu déboussolé. Qu'est ce que le rouquin venait faire là-dedans ? A moins que ...
- Ta copine a vampirisé le rouquin ! C'est ça qui te met en rogne !
Le regard vert lui lançait clairement un « ta gueule ! » qu'il ignora avec superbe.
- Juste un truc ... ça rime à quoi ce cirque ?
- Elles se sentiront mieux ... Et j'ai retrouvé mes sabres et sans doute ma puissance. Mon frère m'avait donné la clé dès le départ mais je n'avais pas compris à quel point il était tombé bas.
Grimmjow ne répondit rien alors que sa main descendait de la tête de la jeune femme à la chute de ses reins qu'il trouva à son goût.
- Pervers. Lança la voix monocorde d'Ulquiorra.
- Tsch. Autant que je profite un peu de la situation. Sois gentil, tourne-toi sinon je vais te choquer ...
- ...
Grimmjow partit d'un grand éclat de rire et ne s'arrêta que lorsqu'il croisa le regard à nouveau clair de Neliel. Il y lut une infinie tristesse et de la culpabilité ce qui le dérangea.
- T'as fini ?
Elle hocha timidement la tête et à son grand effroi parut sur le point de fondre en larmes.
- Garde tes larmes pour Kurosaki. Tu m'as pas fait grand chose sinon m'exciter un peu gamine. Evite de recommencer où il pourrait t'arriver des bricoles. J'suis pas un gentleman ...
Elle se mit à genoux pour lui permettre de se relever, ce qu'il fit un peu trop rapidement. Sa tête lui tourna et il dut s'appuyer au mur.
- Reste calme ou tu risques de t'évanouir. Conseilla Ulquiorra les yeux fermés. On part dans quelques minutes.
- Tsch.
Grimmjow s'installa à ses côtés et Neliel en face d'eux. Elle n'osait pas les regarder ni l'un ni l'autre. Un silence lourd s'installa seulement interrompu par les grésillements des insectes qui venaient mourir contre les lampes bleues du couloir.
- Tu lui as dit au revoir ?
- A qui ? Kurosaki ?
- Idiot ! À ta femme ...
- Ne l'appelle pas comme ça. Elle ne m'appartient pas.
- Arrête de te la jouer. Ta mission suicide au Hueco Mundo c'est pour la protéger de ton frère. S'il n'était pas après elle, tu t'en taperais comme de l'an mille.
- Tu fais dans la psychologie maintenant, Jaggerjack ?
- La ferme connard !
Le silence retomba entre eux. Sa tête lui tournait toujours depuis que Neliel lui avait pompé son sang. Elle avait du en prendre une belle quantité. Il entendit à peine Ulquiorra.
- Le coeur ...
- Quoi ?
- Le coeur ... Comprends-tu ce concept ?
- Jamais essayé. Mais au moins, je connais la colère ou la rage. Pas comme toi, face de glaçon.
- Je crois que je commence à comprendre ce concept ...
- Tant mieux alors ! Tu mourras moins con !
- ...
Neliel les observa plus franchement. S'il y avait deux espadas qui vraiment n'avaient rien à faire ensemble c'était bien ces deux-là. Et pourtant c'était ceux-là même qu'elle s'apprêtait à suivre au Hueco Mundo. Elle croisa le regard bleu magnétique du sexta. Sa bouche était encore emplie du goût de son sang qu'elle n'avait pas trouvé si repoussant. Elle avait senti sa main impudente le long de son dos et elle ressentait encore une curieuse chaleur là où elle s'était glissée. Elle rougit violemment sous sa marque rose et vit le sourire narquois de Grimmjow. Il se passa la langue lentement sur ses lèvres sans la quitter des yeux avant de sentir le coude d'Ulquiorra dans ses côtes.
- Arrête tes obscénités.
- C'est toi qui dit ça alors que tu m'as allumé avec ton rapport SM avec elle en face de moi.
- T'as récupéré ?
- Ouais. On peut y aller si la miss est prête.
- Neliel ?
Celle-ci hocha la tête les joues toujours en feu. Elle se plaça volontairement à côté d'Ulquiorra le plus loin possible du troublant hollow qui souriait de tous ses crocs.
- Allons-y. Kisuke a du nous ouvrir un garganta stable à l'heure qu'il est sous le bureau de la douzième.
Il enfonça les mains dans ses poches et les devança. « J'arrive Esdras et cette fois, je ne te laisserai pas t'en sortir ».
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J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plus après cette longue attente et que j'aurai encore quelques fans rescapés qui me suivront.
La route a été dure depuis le dernier chapitre et m'a tenue éloignée du clavier pendant longtemps. La phobie de la page blanche a achevé de retarder encore cette publication. Mais tout rentre progressivement dans l'ordre, et comme le titre de cette fic, je le vis comme une vraie renaissance.
Merci à tous !
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