Merci à Deynouement de Soy pour ta review, ça me fait plaisir que la fic te plaise ! Et le personnage d'Ania aussi, c'est un peu un hommage à ma grand-mère :3
Enjoy !
Au bout de trois interminables jours, Lydia fut enfin débarrassée des psychotropes qui l'empoisonnait et semblait accablée par le manque. Elle avait passé la majeure partie de son temps dans le sanctuaire où elle paraissait être épargnée par les voix, et lorsqu'elle les rejoignait dans la salle commune, il ne fallait pas parler afin de ne pas ajouter à ses migraines.
Sans parler des remarques acerbes que la jeune fille lançait à quiconque osait lui adresser la parole pendant les repas, il lui arrivait d'hurler régulièrement de façon totalement inattendue. Stiles avait failli en briser sa tasse de thé plus d'une fois, heureusement que Derek, qui le surveillait comme le lait sur le feu, et ses super réflexes ninja-garou l'avaient sauvé de l'ire d'Ania. Quoi que Stiles était persuadé qu'elle ne lui en aurait pas tenu rigueur. À la stupeur du vieux, leur hôtesse semblait prendre l'hyperactif en affection.
Elle avait dû subir les jacassements du garçon pendant tout ce temps et avait semblée très intéressée par sa mère et ses problèmes de troubles de l'attention. Depuis, elle lui préparait une infusion à part, dans une petite théière gravée de faucons stylisés, pour l'aider à se canaliser et à se détendre. Derek qui couvait du regard Stiles, attentif à ses moindres faits et gestes sous prétexte de sauvetage de porcelaine, en avait ainsi beaucoup appris sur lui, même s'il ne semblait écouter ce qu'il racontait que pour mieux grogner.
La Babayaga était une vraie petite grand-mère (contrairement à ce qu'elle disait) mais dans le corps d'une jeune fille. Elle bougonnait beaucoup mais Stiles voyait bien qu'elle était gentille derrière ses airs acariâtres, elle leur faisait même des gâteaux ! Comme un certain loup qui c'était révélé bien plus attentionné qu'on ne l'aurait cru, au fond. Un petit sourire étira les lèvres fines de l'adolescent à cette pensée, quand Ania décréta à brûle-pourpoint que Lydia pouvait commencer son apprentissage et disparue vers le sanctuaire.
Les deux garçons se retrouvait donc livrés à eux même.
- Enfin entre mecs ! Tenta Stiles pour casser la glace des yeux vert qui ne le lâchaient plus depuis trois jours.
- Je croyais que la tisane devait t'aider à te taire... soupira le loup.
- Et te priver du plaisir de grogner ? Jamais ! Plaisanta-t-il, parvenant à arracher un sourire en coin à Derek.
- Je vais faire un tour en ville, tu veux venir ? Proposa ce dernier, à l'étonnement du plus jeune.
- Franchement, je regrette de te dire non parce qu'un tour dans ta caisse de badass c'est pas un truc qui se refuse ! Mais je préfère rester près de Lydia au début...
- Je comprend. Il ne fit aucun geste, restant debout, appuyé sur le buffet couvert de napperons.
- Tu n'y vas pas du coup ?
- Et te laisser sans surveillance ?
- Hey ! J'ai plus 5 ans !
- Réplique typique d'un enfant de 6 ans...
Stiles allait s'insurger quand il remarqua que la glace dans le regard du grand méchant ténébreux avait fondu. Il se leva pour se refaire du thé.
- Vous êtes vraiment pareil ! T'es un gentil en fait, affirma-t-il sans lever les yeux.
- Comment t'en es arrivée à une telle conclusion ? S'étonna Derek avec un haussement de sourcil.
- Bah déjà t'as remué ciel et terre pour Lydia et je sais pas si j'ai pensé à te remercier, mais sincèrement, merci pour ça. Sans toi je sais pas ce qu'on aurait fait, ni ce que je serais devenu... Et puis... tu me plaques plus sur tous les murs que tu trouves !
- Ça te manques ? Railla le loup.
- Héhé, qui sait ? Le taquina-t-il.
- Ça peut s'arranger ! Et d'humeur joueuse, il le plaqua contre le mur de la cuisine en un clin d'oeil, mais avec moins de violence que lorsqu'il était vraiment furieux.
Stiles, surpris, en eut le souffle coupé et soudain, il se retrouvait les yeux dans les yeux avec un Derek près, trop près de son visage. Son cœur s'emballât, comme un oiseau cherchant à sortir de sa cage. Le sourire carnassier du loup disparu lorsque lui aussi s'aperçut de la proximité dérangeante qu'il venait d'établir avec le jeune homme. Sans la colère habituelle qui le poussait à faire ça, il se senti subitement gêné et le lâcha.
- Ne me provoques plus et tu garderas les pieds au sol. Menaça-t-il pour se donner contenance, mais l'adolescent avait bien senti que ça l'avait perturbé.
Il pris sa veste en cuir et sorti sans un mot de plus. Stiles entendit le moteur de la Chevrolet rugir et retomba sur sa chaise en soufflant, son cœur affolé se calmant un peu. Il saisit le livre de conte sur la table basse afin de ne pas s'ennuyer et surtout de ne pas penser à ce qu'il venait de se passer.
oOo
- Il est temps de t'enseigner les bases du contrôle. Annonça Ania à sa nouvelle élève.
- Enfin ! Je meurs d'ennui dans cette pièce toute seule ! S'exclama Lydia, à cran. Par quoi on commence ?
- Méditation, lâcha la blonde.
- Je suis pas venu jusqu'ici pour faire du yoga, je pense que j'aurais pu trouver de bien meilleurs profs en Californie pour ça, merci bien.
- Tais-toi et écoutes ! Aboya la Babayaga. La méditation va t'apporter le contrôle sur toi et les voix. Et pour ça il te faut trouver ton ancrage.
- Scott a déjà essayé ça, je ne trouve personne sur qui me focaliser, répliqua la jeune fille, abbatue.
- Banshee n'est pas loup. Tu es proche de la Nature, plus qu'un garou. Pourquoi crois tu que les êtres comme nous sont majoritairement des femmes ?
- On est au XXIeme siècle vous êtes au courant ? Le féminisme est passé par là, railla la presque-rousse.
- Notre essence ne peut être confondu avec notre existence. Nos actes nous font l'égale de l'homme mais pas son identique. Cependant tu n'es pas ici pour la philosophie, je me trompe ?
Lydia acquiesça.
- Alors ne m'interromps plus ! Ton focus devra se faire sur un élément et pas un être. Tu es une créature du Voile, tu n'es pas concernée par le vivant. Pour apprendre les bases de la méditation, tu vas te concentrer sur différents éléments jusqu'à ce que tu trouves celui qui t'aide le mieux à maintenir le contrôle.
Elle sorti un instant puis revint avec un petit buisson d'aneth en pot, deux coupelles en laiton, l'une pleine de sable et l'autre d'eau, une bougie et de l'encens. Elle les plaçât chacun à un point cardinal, planta l'encens dans la coupelle de sable et l'alluma ainsi que la bougie. Le mélange des parfums d'encens et d'aneth était plutôt agréable.
- En tailleur face à l'eau, indiqua-t-elle en se mettant en lotus devant à elle.
- Je ne peux pas faire ça, je ne suis pas si souple ! Argua la flamboyante jeune fille.
- J'ai dis tailleur, pas lotus. Tu le travailleras plus tard, c'est plus stable. Regardes la surface de l'eau et respires profondément par le nez : d'abord gonfles le ventre, puis la poitrine et enfin le haut des épaules. Puis expires le plus doucement possible par la bouche en finissant par dégonfler le ventre. Concentres toi sur ta respiration et gardes ton regard sur l'eau pour ne penser à rien d'autre.
Lydia tentait de mettre en œuvre les exercices, plutôt simples sans le harcèlement permanent des derniers mois. Au bout de quelques minutes, elle se détendit et ses pensées commencèrent à vagabonder.
- Restes droite. Gardes les yeux ouvert. Maintiens la respiration sur ce rythme. Maintenant, ne penses à rien.
- Ce n'est pas possible de ne penser à rien !
- Silence ! Lui intima la Babayaga. Façon de parler. Tu dois atteindre l'ataraxie, c'est à dire « l'absence de trouble » ou plus simplement, l'état de transe. Tu dois laisser venir les pensées, les identifier et les laisser glisser sur toi comme l'eau sur les plumes d'un canard. Contentes toi de les identifier : sont-elles de toi ? Pour le moment oui, j'ai bloqué toutes interactions externes. Qu'expriment-elles ? Puis laisses-les glisser.
- Je dois faire ça combien de temps ?
- 3 jours devraient suffire.
- Quoi ?! Je vais faire que ça pendant 3 jours ? S'estomaqua Lydia.
- Nous devons identifier ton focus, tu devras donc refaire l'exercice avec chaque élément plusieurs fois pour voir lequel facilite le plus ta concentration. Et il faut que tu atteignes la transe.
- Mais...
- Plus tu parleras et plus longtemps cela prendras.
La jeune fille ravala sa remarque et essaya de faire glisser son agacement tel de « l'eau sur les plumes d'un canard ».
