Merci encore à kamkam85 et Reapersis toujours fidèles au poste ! :) Et merci à Raton fou qui veut bien être ma beta ! ;D


Le lendemain, Derek parti tôt et on ne le vit pas de la journée. Dieu seul savait ce qu'il trouvait à faire, il ne fit aucun commentaire en rentrant le soir. Stiles, trop préoccupé par Lydia n'insista pas trop pour le savoir au grand soulagement du loup. Ania lui demanda s'il comptait repartir le lendemain.

- Je ne sais pas, sûrement...

- Bien, dans ce cas, fait les commissions. Je te ferais la liste.

- Ok.

- Tu veux que je t'aide ? Proposa l'adolescent.

- J'ai pas besoin de l'aide d'un gringalet, lui asséna l'autre sans humour.

- Okaaaaay, merci l'ambiance ! Je t'ai fait quoi pour me faire jeter ?

- Rien, gromella son vis-à-vis.

- Ah ouais ? Stiles se sentait très agacé sans bien comprendre pourquoi. Ce n'était pas la première fois que le loup le battait froid sans raisons apparentes.

- Du calme ! Ordonna Lydia, accablée de maux de tête violents à cause de ses exercices et des voix qui n'étaient bloquées que dans le sanctuaire.

- Désolée... tu veux essayer mon thé ? Il me détend pas mal, ça peut t'aider.

- Non, coupa Ania, elle ne dois pas être sous influence médicinale pendant l'entraînement.

- Oh, je n'y avais pas pensé.

- Je suis là pour ça. Prend une madeleine plutôt.

La Babayaga gâtait outrageusement son petit protégé.

- Cool, au chocolat! Ses yeux brillèrent de joie et cela tira un sourire attendri à la blonde.

- Si tu continus de le gaver il va devenir gras en plus d'être un avorton, susurra sarcastiquement le loup.

- D'une, je suis presque aussi grand que toi je te signale. De deux, j'ai une activité cérébrale au dessus de la moyenne qui brûle toutes mes calories ! Mais c'est sur que tu ne peux pas comprendre, loup stupide, rétorqua méchamment Stiles la bouche pleine.

Piqué au vif et à cran, les yeux du plus vieux brillèrent d'un bleu surnaturel et furieux tandis que ses poings se serraient.

- N'y penses même pas, murmura Ania d'un ton dangereusement calme et le silence s'établi, assourdissant.

La salle commune devint soudainement glaciale, formant de la buée à chaque respirations des deux adolescents qui s'était figés. Derek serra soudain les dents,un éclair de douleur passant dans ses yeux redevenus verts. Il chancela, comme frappé par un poing invisible.

- Tu crois pouvoir te transformer sous mon toit et sans ma permission ? Sa voix restait affreusement morgue, Stiles en avait des frissons supplémentaires et comprenait alors pourquoi le loup, qui poussait de petit gémissements plaintifs, la craignait.

Sans même bouger, juste par l'esprit, elle semblait pouvoir torturer sa victime qui s'était effondrée sur le fauteuil. La gentille grand-mère s'était transformée en sorcière sans pitié et l'air semblait vibrer autour d'elle. L'hyperactif commença à paniquer en voyant les lèvres de Derek virer au bleu, il avait l'air au bord de l'évanouissement et c'était un loup-garou !

- Et si on jouait aux cartes ?! Criant la première chose qui lui passait par l'esprit pour détourner l'attention de la Babayaga.

Ania tourna un regard blanc vers lui, seules deux petites pupilles noires étaient visibles. C'était démoniaque et terrifiant. Lydia, ouvrit de grand yeux affolés comme s'il s'était kamikazé. Après ce qui sembla être une éternité, les yeux de la gardienne redevinrent bleus... Elle bougonna qu'il fallait qu'elle retrouve son jeu et partie à sa recherche comme si rien ne s'était passé. Sa proie fut immédiatement soulagée et il jeta un coup d'oeil reconnaissant à son sauveur. Mais le jeune homme fut ému de voir de la peur dans les prunelles vertes de son ami. Il ne savait pas ce qu'il avait subi exactement mais cela avait l'air plutôt terrible. Il se montrerait plus circonspect à l'avenir avec la Babayaga, il avait quelque peu oublié à quel point elle pouvait être dangereuse...

oOo

C'était le milieu d'après-midi et Derek n'était toujours pas rentré des commissions, il était parti sans demander son reste, fuyant presque la maison la queue entre les jambes. L'hyperactif faisait une patience avec le jeu de tarot de son hôtesse, à fond noir avec des dorures. Il avait l'impression de jouer avec des enluminures moyenâgeuses ! Tout en avalant des litres d'infusions, il maniait précautionneusement les petits bouts de carton, Ania lui avait confié qu'elles les utilisait pour la cartomancie et qu'elles étaient puissantes. Il ne doutait pas qu'elle ne lui en voudrait pas de casser une tasse, mais il craignait de subir le sort du loup s'il tachait une des précieuses figures et il ne voulait plus jamais voir ce regard blanc. Ce qu'il manqua faire quand Lydia déboula en trombe dans la salle commune, le regard brillant d'excitation, son professeur à sa suite.

- J'ai réussi ! J'ai atteint la transe, avec le feu !

- C'est génial ! Elle passe au niveau supérieur alors ?

- Elle doit s'entraîner encore un peu. Mais elle a le truc, acquiesça Ania. Elle ne semblait pas affectionner plus que ça son élève mais elles avaient un respect mutuel.

- Je vais maîtriser ça rapidement, comme toujours, lâcha hautainement Lydia qui n'avait plus été aussi condescendante depuis longtemps, ce qui était bon signe. Elle disparue aussitôt.

Ania resta dans la cuisine et commença à sortir des ingrédients pour ce qui promettait d'être un nouveau gâteau.

- Tu ne restes pas avec elle ? Il avait enfin pris l'habitude de tutoyer l'étrange bonne-femme.

- Elle n'a plus besoin de moi pour le moment. Et il faut bien te nourrir, tu as englouti une vingtaine de madeleines hier ! Rouspéta-t-elle.

- Mais c'est qu'elles étaient particulièrement irrésistibles ! La flatta le gourmand.

- Et si tu m'aidais pour celui là ? Proposa la jeune femme avec un sourire pas dupe.

- Bah je suis plutôt du genre maladroit en fait...

- Tatata, on va faire simple... Des sablés ? Marmotta-t-elle en fouillant les placards.

N'ayant pas le choix, il se posta à côté de son professeur de pâtisserie improvisé et l'écouta attentivement. Enfin, aussi longtemps que possible c'est à dire trois minutes.

- Je peux te poser une question ?

- Hum.

- Qu'est ce qui s'est passé tout à l'heure ?

Ania l'observa un instant en silence, jaugeant sa capacité à accepter sa réponse.

- Je suis Opekun. Je ne supporte que mal la présence d'être surnaturel dans mon isba. Tant qu'il se tient tranquille, Derek ne risque rien. Mais s'il laisse à nouveau son loup sortir, je pourrait l'anéantir par réflexe, pour protéger Vorota.

- Genre le tuer ?! S'horrifia le jeune homme.

- C'est une nécessité... S'il crée un déséquilibre, c'est très dangereux pour moi et pour le monde Chelovek... Je l'avais prévenu. La prochaine fois il mourra, affirma-t-elle calmement, le loup-garou n'ayant apparemment aucunes chances face à elle.

- …

- Tiens mélanges ça et ne parlons plus de cette histoire.

Trois quarts d'heure plus tard, la maison embaumait et de délicieux petits sablés attendait qu'on les déguste sur une assiette. Il n'y avait pas eu de catastrophe, pas même une coquille d'oeuf perdue, Stiles n'était pas peu fier !

oOo

Derek rentra une heure plus tard, les bras chargés d'une bonne douzaine de sacs de courses, certains en équilibre précaire. Ainsi le loup aussi essayait de faire le moins d'aller-retour possible entre la voiture et la cuisine, il était peut-être encore un peu humain finalement. Cela fit rire l'adolescent, qui récolta un regard noir mais n'y prêta pas attention, il était encore un peu préoccupé par ce que lui avait appris Ania.

Le taciturne se dérida pourtant quand il goûta un des rares sablés sauvés de la gloutonnerie du pâtissier en herbe. Ania ronchonna parce que le loup s'était jeté sur les friandises avant même d'avoir fini de ranger les commissions. Ce qui fit rire à nouveau Stiles aux éclats.

- Laisses Baba, je vais te le faire puisque le tire-aux-flancs t'a abandonnée !

- Baba ? S'étonna le tire-aux-flancs en question.

- Ça veut dire grand-mère en russe, ça lui va bien non ? Répondit-il rayonnant tout en continuant de ranger, se souvenant déjà la place de chaque chose.

- Et tu laisses faire ?

- Pourquoi pas ?

- Tu deviens complètement gaga avec lui, tu vas en faire un monstre si tu lui passes tout.

- Oh ça va Ded, soit pas jaloux !

- Ded ?! Gronda le loup dangereusement avant de croiser le regard peu amène de « Baba ».

- Ça veut dire papy !

- Je t'interdis de m'appeler comme ça !

- Ded est pas content, le provoqua-t-il malicieusement.

- Stiles ! Tonna le loup, un avertissement dans la voix.

- Au fait, Dedushka, je préférerais que tu restes demain pour que le petit ne s'ennuie pas, lança Ania, rentrant dans le jeu. Elle semblait d'humeur joyeuse et roulait ses « r » plus que d'accoutumée.

- Tu vas pas t'y mettre toi aussi ! Se désespéra Derek.

Lydia finit par les rejoindre; ils rirent beaucoup ce soir là et le loup eu maintes fois l'occasion d'améliorer les limites de sa tolérance et de sa patience.