Merci toujours à mes deux revieweuses toujours au rendez-vous ! ;)

Et un grand merci à Raton fou pour ses précieux conseils et corrections ! J'espère que ce chapitre vous plaira :)


- Bien, tu atteints la transe, maintenant essaye sans focus. Ferme les yeux et imagine la flamme juste au dessus de ton nez.

Lydia s'exécuta. C'était plus complexe sans la bougie, mais après quelques minutes de concentration elle y parvint.

- Bien. Nous allons sortir du sanctuaire. Essaye d'identifier les pensées qui sont tiennes et celles qui ne le sont pas, ne te laisse pas envahir, filtre les une par une. Tu as dû remarquer que tu étais moins violemment attaquée depuis que tu pratiques la méditation.

- Très bien, ce sera vite réglé. Répondit Lydia déterminée.

Ania ne fit aucun commentaire, se leva et sorti de la pièce, suivi par son élève dont elle découvrait l'assurance. La petite chose brisée qui était arrivé chez elle quelques jours plus tôt cachait une âme de guerrière.

- Allez dans le sanctuaire, ordonna-t-elle aux garçons.

Ils regardèrent leur hôtesse et obtempérèrent lorsqu'ils virent Lydia sortir également, d'un pas royal. En temps normal Stiles l'aurait regardé passer en slowmotion, mais il n'avait plus la même fascination pour sa flamboyante amie.

oOo

- Tu crois que ça va aller ? Demanda Stiles, angoissé, à son compagnon.

- Lydia est forte et Ania ne la laissera pas sans défenses, ne t'inquiètes pas.

- J'ai hâte qu'elle maîtrise tout ça, soupira le jeune homme.

- Pourquoi, tu n'aimes pas être confiné avec moi ? Plaisanta le loup qui s'était beaucoup radouci et même un peu ouvert depuis que la Babayaga l'avait « sanctionné » et que Stiles était venu à son secours.

- Haha, ouais, avant que tu ne puisses plus me sentir et ne m'arraches la gorge !

- Ça va, tu pues moins depuis que tu bois le thé d'Ania.

- Ah bon ? L'adolescent était intrigué, je puais ? Je sens comment maintenant ?

- Tu dégageais un parfum de panique et de malaise permanent, c'était stressant. L'infusion à dû te calmer et a révélé une odeur verte un peu comme de l'herbe coupée, légèrement minérale et musquée bien sur, comme tout les animaux. Avant tu suintais la maladie, c'était dérangeant.

- C'est pour ça que je t'énervais autant ?

- Tu trouves que tu m'énerves moins maintenant ? Rétorqua-t-il dans un sourire narquois.

- Un peu. Tu t'agaces parfois sans raisons, mais c'est moins violent... déclara Stiles, repensant à l'épisode d'il y a deux jours. Et Lydia elle sent quoi ?

- C'est assez... capiteux. Comme de l'encens, de l'anis et du figuier aussi. Mais son parfum sucré par dessus est désagréable.

- C'est marrant...

Derek leva un sourcil interrogatif.

- Tu serais presque poète quand tu parles de l'odeur des gens, expliqua-t-il. Pourquoi tu n'es pas parfumeur ?

- Quelle idée stupide... Rien de pire que les parfums pour se tuer l'odorat, renifla le loup, méprisant.

- Ça doit faire une sacrée cacophonie toutes ses senteurs, n'empêche.

- Pas tellement, c'est plus comme démêler plusieurs symphonies en fait. Celle de la maison, celle de chaque personne, celle de la forêt. Et parfois, les symphonies s'accordent bien ensemble. C'est pour ça que je n'étais pas surpris que Lydia ait préféré le feu, leur odeurs se marient bien.

- Ah ouais ? La mienne irait bien avec quoi ? Interrogea le jeune homme, captivé.

- Une rivière, répondit-il du tac-o-tac.

- Bizarre, je me sens pas attiré par les rivières.

- Ça n'a rien d'automatique mais tu m'y fais penser. Tu n'es jamais vraiment calme, toujours agité par le courant. Et dans le pire des cas, par la crue. Dans ces cas là, tu deviens dangereux...

- Tu penses que je suis dangereux ? Stiles pris l'air le plus féroce qu'il avait, ce qui n'était pas très concluant.

- Ouais, tu noies les gens sous un tsunami de paroles, rigola Derek.

- Ha-ha, ouais c'est pas avec toi que ça arriverait. Et depuis quand t'es aussi fin psychologue ?

- Depuis que je dois subir ta logorrhée permanente.

- Woooh môssieur sort des mots savants ! Tu t'entraînes pour le scrabble ?

- Je ne suis pas aussi stupide que tu le penses.

- Je ne pense pas que tu sois stupide. Juste moins intelligent que moi Ded, glissa doctement l'hyperactif.

- Quand on a pas la tête, il faut avoir les jambes ! Contre-attaqua Derek en attrapant Stiles par le cou et en ébouriffant ses cheveux.

- Ok ! Ok ! Je me rends ! Capitula le jeune homme en riant, mais le loup le relâcha avec un air bizarre. Qu'est-ce que t'as ? S'étonna-t-il, percevant son trouble.

- Rien.

- Non pas rien, tu fais la même gueule que la dernière fois que tu m'as plaqué au mur. C'est mon changement d'odeur qui te perturbe ? Essaya-t-il.

- Grumpf.

- T'es coincé ici avec moi je te signale, alors si tu ne veux pas te prendre un « tsunami » dans la tête, tu ferais mieux de m'expliquer.

- C'est juste étrange, je ne reconnais plus ton identité olfactive et ça me rappelle de mauvais souvenirs... lorsque tu étais, tu sais, possédé. Mais je vais m'y faire.

- Si ce n'est que ça...

- Qu'est-ce que tu veux que ce soit d'autre ? Il était agressif de nouveau.

- Rien, rien d'autre bien sûr. C'est juste que, si c'est que ça, c'est pas grave, se défendit l'adolescent.

- ...

- Et sinon tu penses quoi de la légalisation du cannabis récréatif dans cet état ? Changea de sujet l'hyperactif avec un sourire malin.

La conversation dériva sur la politique, puis sur les séries et les films de science-fiction préférés de Stiles. Derek lui parla voitures, moteur et, étonnamment, de ses dernières lectures : des livres d'Histoire principalement et quelques auteurs dit classiques. Stiles ne s'était jamais vraiment demandé comment le loup occupait ses journées, il l'imaginait juste faisant des pompes et des tractions à l'infini pour mieux lui donner des complexes... Ils avaient calé le futon contre le mur et s'étaient assis le dos appuyé dessus, l'un à côté de l'autre.

- « 1984 »? Je l'ai lu, je pensais que se serait barbant et finalement j'ai pas pu le lâcher, j'en ai fait une nuit blanche. Et je ne te parle même pas de ma paranoïa du complot après, je ne regarderai plus jamais Google de la même façon, s'amusa le garçon. J'aurais préféré que la fin soit plus heureuse quand même...

- C'est tout l'intérêt du bouquin, prévenir parce qu'on ne pourra pas guérir.

Stiles n'avait jamais parlé avec le loup comme ça, c'était agréable de discuter sans se sauter à la gorge toutes les deux minutes, ou juste de discuter tout court en fait. Il ne sentait même pas la jambe du brun qui, lors d'un changement de position, s'était collée à la sienne. C'était plutôt réconfortant, Scott ne lui manquait presque plus tout à coup.

- Orwell n'aurait jamais imaginé que les gens donneraient volontairement toutes ces informations sur leurs vies... La réalité dépasse la fiction, Derek ne s'arrêtait plus, pour le plus grand bonheur du bavard à ses côtés.

- Moi c'est la novlangue qui m'a marqué. Tu crois que c'est la prochaine étape ?

- Faire disparaître les mots pour détruire les concepts, comme la liberté et l'amour ?

- L'amour ne peut pas être détruit ! Même Orwell l'admet d'une certaine manière, s'insurgea Stiles.

- On est pas loin quand même. Et puis, même de nos jours, quand on voit la haine des gens face à certaines formes d'amour, on se dit qu'il y a les bases.

- Tu fais référence à l'homophobie ? Je ne pensais pas que ce genre de sujet te toucherait.

- Les bi n'échappent pas à ces problèmes, grogna le loup, comme à lui-même.

Stiles resta coi pendant près d'un quart de seconde, une éternité pour lui. Son cerveau marchait soudainement à mille à l'heure.

- T'es bi ?! Mais comment j'ai fait pour louper un truc pareil enfin pas que se soit un truc qui se voit ou que ce soit mal hein moi aussi ça m'arrive de regarder des vidéos gays mais ça veut rien dire enfin pas dans le sens où ça serait quelque chose de bizarre d'aimer voir deux mecs se faire des trucs mais... Oooh je recommence à en dire trop...

Derek retint un sourire face au visage mortifié et cramoisi du jeune homme. Ce dernier tenta de faire diversion et d'en savoir plus.

- Tu as eu des soucis à cause de ça ?

- Après Kate, je ne faisais plus confiance aux femmes. Les garous sont souvent bisexuels, surtout les natifs, on n'a pas honte de nos instincts primaires... C'est alors que j'ai rencontré James, un humain, expliqua le loup. On est sorti ensemble quelques temps, on se faisait emmerder parfois et un jour, alors qu'on s'embrassait dans les toilettes d'un bar, un mec est entré et il a commencé à nous insulter. Rien de neuf. Puis il a essayé de cogner James et j'ai vu rouge... J'ai failli tuer ce connard, dit-il en serrant les poings, comme si c'était encore frais. J'étais à moitié transformé. James ne savait pas pour... la lycanthropie... Il a flippé. Et ne m'a plus jamais donné de nouvelles... J'ai gardé sa veste en souvenir, finit-il dans un haussement d'épaule, comme si ça n'avait pas d'importance.

Stiles n'en revenait pas d'avoir eu autant de confidences, était-ce le sanctuaire qui avait eu cet effet ? Décidément, ce pauvre Derek n'avait jamais eu de répit... Il posa sa main sur l'épaule de son ami et la pressa gentiment pour lui faire comprendre qu'il compatissait. Il n'avait plus de mots pour une fois. Leurs jambes étaient toujours pressées l'une contre l'autre et il n'osait pas la bouger de crainte que ce soit mal interprété... et puis, parce qu'il aimait bien ce contact aussi.

Un hurlement les tira de leurs pensées. Lydia ne gérait pas autant qu'elle l'aurait voulu.