On va faire monter un peu la tension, vous êtes prêtes ? ;)
Ania augmentait de plus en plus la difficulté de l'entraînement de la Banshee depuis qu'elle arrivait à maîtriser les voix au calme. Elle avait commencé par rendre l'environnement de plus en plus bruyant. Puis elles jouèrent au chat et à la souris ou à faire des casses-tête. Stiles avait pris peur quand Baba était passée aux diversions physiques, de plus en plus... violentes. Mais Lydia lui avait demandé de la laisser faire. Ça faisait quand même un drôle d'effet à son ami de voir la jeune fille hautaine se prendre des mandales sans rien dire...
Les hurlements devenaient de plus en plus rare, puis au bout d'une semaine, ils furent inexistant. Lydia se contrôlait parfaitement.
- Te voilà prête. Annonça finalement la professeure.
Stiles sauta dans les bras de la Babayaga qui ne s'y attendait pas du tout.
- Merci Baba ! Merci, merci merci !
- Doucement, ce n'est pas fini, s'exclama-t-elle, souriant malgré tout.
- Comment ça ? Je croyais que j'étais prête, s'étonna Lydia.
- Les Banshees ont d'autres pouvoirs, il serait sage que tu apprennes à t'en servir.
- D'autres pouvoirs ? Comme quoi ? S'inquiéta le loup.
- Sa voix ne sert pas qu'à hurler. Lydia vous les révélera si elle le souhaite. Maintenant, laissez-nous.
Les garçons sortirent de l'isba pour prendre un peu l'air. Lydia les regarda partir à la fois impatiente de savoir de quoi elle était capable et désespérée de n'être pas au bout de ses peines. Son assurance revenait cependant : pouvoir reprendre le pouvoir sur elle même était un soulagement pour cette maniaque du contrôle. Elle tourna un regard déterminé vers Ania qui appréciait la force morale de son apprentie. Elle aurait fait une puissante Babayaga, pensa cette dernière, sans regrets toutes fois, ne souhaitant son sort à personne.
Stiles se mit au soleil, et en profita pour appeler Scott et le tenir au courant – s'il comptait sur Derek pour le faire, ça ferait des semaines que la meute les penseraient morts. Lydia avait aussi appelé ses parents pour leur dire qu'elle allait mieux et qu'elle resterait plus longtemps que prévu, ce qu'ils avaient accepté avec joie, trop heureux d'entendre l'assurance revenue dans la voix de leur fille.
- Comment tu fais pour avoir encore de la batterie ? S'étonna le brun.
- J'ai un chargeur de voiture.
- Et tu n'as pas jugé bon de me le dire ?
- Tu n'as pas la même prise que moi, ça n'aurait servi à rien.
- C'est pas ce qui te retiens d'habitude ! Je sais que tu mates des pornos gays mais pas que tu as un chargeur de portable dans ta voiture, c'est un comble quand même !
- Hey ! C'est un coup bas ça, le jeune homme vira au rouge instantanément, il devrait vraiment apprendre à se taire.
- Je croyais que tu aimais Lydia.
- C'est le cas ! Enfin, je crois... C'est presque devenu une habitude en fait... Mais depuis ta cousine je crois qu'on est juste amis.
- Quelle cousine ? Ah oui, Malia, je m'y fais pas... T'es presque de la famille toi aussi, du coup. Ça aussi je m'y ferais pas.
- Te met pas la rate au court bouillon. On a rompu.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je passais trop de temps avec Lydia et elle a craqué. Et depuis, j'y ai réfléchi et je pense qu'en fait je la fuyais un peu, avoua l'adolescent un peu mal à l'aise.
- Pourquoi ?
- Beeeeeen, c'était cool d'avoir une copine, de ne plus être l'éternel looser célibataire. Ne plus être vierge aussi, vu que ça peut apporter pas mal de problèmes d'ordre surnaturel ! Mais au fond, je ne l'aimais pas comme ça. Elle mérite mieux.
- Du coup tu vas retenter ta chance avec Lydia ?
- Non, je pense que mon amour impossible pour elle était aussi une manière de fuir... murmura-t-il pensivement.
- Fuir quoi ?
- …
- T'as perdu ta langue ? S'étonna le loup, goguenard.
- Je sais pas.
- Tu mens.
Stiles devint encore plus rouge, si c'était possible, et son cœur s'emballât. Ces derniers jours, ils avaient passé beaucoup de temps ensemble et il avait fini par remarquer que le beau brun multipliait les contacts physiques avec lui, l'air de ne pas y toucher. Un genoux appuyé sur sa jambe, une main qui le frôle, les épaules qui se collent lorsqu'ils s'asseyent sur le futon pour papoter, voire une inspiration un peu trop proche de ses cheveux. Et même si ça lui paraissait impensable, il commençait à se demander si le loup n'était pas attiré par lui. Bien sur c'était ridicule, Derek était le mec le plus canon et le plus sexy qu'il connaisse. Encore plus sexy sous le soleil du début d'après-midi, s'en était rageant ! Il n'y avait pas moyen qu'il s'intéresse à un gamin comme lui. Mais il se faisait de plus en plus de films depuis qu'il savait qu'il était bisexuel. Du genre interdit au moins de 18 ans...
Il n'avait jamais pensé être gay... après tout, dans la société actuelle, on est hétéro par défaut et son amour pour la blonde vénitienne lui avait évité de se poser des questions à ce sujet. Danny ne l'ayant jamais attiré, le débat était clos dans sa tête. Certes, il avait quelques vidéos pas franchement hétéro-centrées en favoris sur son pc, mais c'était le cas de tout le monde... non ? Le fait que son cœur batte la chamade chaque fois que le loup le frôlait ne signifiait rien, sûrement. En parlant du loup, celui-ci se rapprochait doucement en le fixant comme un prédateur, lui faisant perdre définitivement tous ses moyens.
- Alors ? Lui dit-il, presque dans un murmure tant il était près maintenant.
- Je... Je me fais des idées depuis que tu m'as dit que tu étais bi mais c'est sûrement les hormones qui parlent et le fait qu'on se touche de plus en plus souvent ce qui s'explique facilement vu que la maison est toute petite et que toi t'es bâti comme un foutu dieu grec ! Paniqua Stiles, regrettant instantanément ses paroles.
- T'as peur que je te saute dessus ? Demanda-t-il dans un éclat de rire.
- Non ! J'ai peur que tu le fasses pas !
Il avait balancé ça avec un sourire qu'il espérait moqueur, pour se donner l'air de plaisanter, mais Derek cessa de rire immédiatement. Il plongea ses yeux verts dans le regard de miel du jeune homme et s'approchant très, très près de son visage il susurra :
- Fait attention à ce que tu dis, je pourrais te croire...
- Et qu'est-ce qu'il se passerait si tu me croyais ? Souffla-t-il, le cœur au bord de l'explosion.
Le loup hésita, posant ses yeux une seconde sur la bouche de Stiles avant de les planter à nouveau dans l'ambre. Pendant un instant, ce dernier avait cru qu'il allait l'embrasser. Mais Derek se contenta de grogner et de s'éloigner.
- Comme tu l'as dis, tu es un adolescent plein d'hormones et coincé ici avec moi toute la journée alors tu te fais des idées, c'est normal. Ne t'inquiètes pas, je ne le prend pas mal.
À ces mots, le plus vieux posa une main réconfortante sur l'épaule du jeune homme puis rentra dans la maison. Stiles resta dehors sans bouger, un peu sonné. Un peu déçu aussi ?
