Pour raisons personnelles, je vais devoir ralentir la cadence des publications ! Je vais essayer de poster le prochain chapitre dimanche et ensuite une fois par semaine. Accrochez-vous parce que ce n'est pas fini ! :)


Lydia se sentait enfin en contrôle, ce qui ne lui était pas arrivée depuis qu'elle avait commencé à trouver des corps un peu partout, c'est à dire un bon moment ! Forte de ses nouvelles capacités, elle se sentait même mieux que jamais. Elle avait toujours pu contre-balancer le peu de forces offensives de sa nature par sa bravoure et sa ruse, mais c'était avant, avant de se savoir puissante et capable de se défendre ! Elle n'aura plus jamais besoin de se retrancher derrière un loup ou à craindre qu'un druide taré ne l'enlève pour faire dieu sait quoi de ses capacités. Elle n'aura plus besoin de faire semblant de croire qu'elle ne risque pas de devenir folle, plus besoin de faire semblant d'être forte. Que Peter ose se pointer devant elle et il finira en croquettes pour chiots !

- Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ? Glissa Stiles, interrompant le fil de ses pensées.

- Je pensais à ce que je cuisinerai en rentrant.

- Tu cuisines toi ? Les seules choses que je t'ai vu mijoter étaient tes vengeances !

- Tu ne crois pas si bien dire, gloussa-t-elle et son ami lui rendit un sourire entendu. Pas la peine d'essayer d'en savoir plus, il savait qu'elle était la reine des coups de théâtre.

Ania lui avait appris tous les rudiments pour maîtriser ses pouvoirs, ne lui restait plus qu'à pratiquer, et elle avait déjà quelques exercices en tête. Elle n'était pas fâchée de rentrer enfin chez elle et apparemment Ania non plus. Elle semblait préoccupée depuis quelques jours et hâtait leur départ, aspirant ardemment à retrouver sa solitude et ses devoirs. Elle lui avait confié qu'elle s'inquiétait d'avoir laissé Vorota, presque, sans surveillance : elle n'avait pas l'habitude de gérer tant de monde si longtemps. Pour sa part, l'incandescente jeune femme attendait fermement une occasion de tester ses dons, ce qui ne tarderait pas à se présenter connaissant Beacon Hills. Les douze heures de voitures avec Stiles, sans anxiolytiques pour l'assommer, promettaient cependant d'être fastidieuses.

Derek avait pris la route sans les attendre et Lydia s'impatientait pendant que Stiles faisait durer les adieux avec « Baba ».

- Je pourrai t'écrire au moins ?

- Le facteur n'a pas accès à cette route.

- Ah bon ? Mais je n'ai vu aucune barrière en venant.

- Elle veut dire que nous ne sommes pas réellement sur le même plan que le monde Chelovek, expliqua la belle jeune fille comme une évidence. Ania choisit qui peut venir ou non.

- Quoi ?! J'étais dans une dimension parallèle tout ce temps sans que personne ne pense à me le signaler ? Son petit cœur de fan de science fiction était vexé.

- Tu n'as pas remarqué qu'il fait plus frais ici qu'à Monroe ? Que la forêt à l'air bien plus vaste qu'un simple parc ? Que la faune ne vient même pas de nos contrées ? S'impatienta-t-elle.

- Tu veux dire qu'on est même pas en Amérique ici ?

- Nous ne sommes qu'à deux heures de Khvastovichi, l'éclaira Ania.

- À tes souhaits.

- En Russie, précisa-t-elle comme si de rien n'était.

- On est en Russie ici ?! Et j'apprends ça au moment de partir ?!

- N'essaye pas de gagner du temps Stiles, allons-y, soupira Lydia.

- Y a que moi que ça choque ? Dramatisa-t-il, face à son regard blasé.

- Oui, répondirent-elles en cœur.

- Vous avez passé trop de temps ensemble toutes les deux... Bouda-t-il. Bon, comment je te contact dans ce cas ?

- Tu peux écrire chez mon épicier, je leur ferai savoir qu'ils peuvent me faire suivre tes courriers.

- Je veux pas partir Baba, j'étais bien ici avec toi, chouina l'adolescent.

- Tu vas me manquer aussi mon grand, continue de boire ton infusion et passe me voir de temps en temps. Tu seras toujours le bienvenu chez moi... en cas de besoin, ajouta-t-elle par précaution.

- Encore merci pour tout.

- Oui, merci beaucoup Ania, renchérit Lydia.

- Ce fut un plaisir, inattendu, mais un plaisir. Et maintenant du balai !

- Baba, une dernière chose, après, promis, on s'en va !

- Dis toujours.

- Est-ce que ton isba a vraiment des pattes de poule ?

Ania l'observa avec un mélange d'étonnement et d'amusement.

- Je suis surprise que tu n'aies pas demandé avant ! Répondit-elle.

Se tournant vers la maisonnette, elle prononça quelques mots étranges. Rien ne se produisit et Stiles cru qu'elle s'était moquée de lui... lorsqu'il sentit comme un léger tremblement de terre. Les murs de l'isba s'élevèrent doucement, penchant la maison de droite et de gauche en perdant quelques bardeaux du toit, à près de 3 mètres du sol. Elle ne reposait plus que sur deux pattes de poule géantes, couvertes de terre et dont les ergots, de la taille d'un mollet, semblaient franchement menaçants. La Babayaga se retourna d'un air satisfait devant les visages ébahis de son petit préféré et de son élève qui, pour une fois, avait laissé tomber son masque hautain et affichait le même émerveillement enfantin que son ami.

- Aller ouste ! Ordonna-t-elle d'un ton sans réplique.

Stiles dû se résoudre à monter en voiture et regarda la silhouette de l'étrange bonne-femme et sa maison-poule s'amenuiser dans le rétroviseur.

- En Russie, on était en Russie tout ce temps, et dans une maison sur pattes de poule !

- Pour la Russie, il n'y a bien que toi qui ne l'avait pas remarqué ! Tu es plus perspicace que ça d'habitude, remarqua son amie. À moins que tu n'aies eu d'autres choses plus intéressantes en tête ? Ajouta-t-elle, pleine de sous-entendus.

- J'étais tellement inquiet pour toi que ça a dû m'échapper, tenta-t-il d'esquiver.

- Pas de ça avec moi Stiles, ne m'oblige pas à te faire une démonstration de ce que j'ai appris pour te tirer les vers du nez.

- Tu peux faire ça ?

- Ne change pas de sujet. Je parle de Derek et toi.

- Il n'y a pas de Derek et moi. Il n'y a que Derek, et quelque part, très loin, il y a moi, de façon parfaitement séparée, argua-t-il un peu piteusement.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- C'est Derek tu sais, un jour il m'embrasse, un jour il me déteste.

- Vous vous êtes embrassés ?!

- Euuuh peut-être un peu, avoua-t-il, rouge jusqu'au oreilles, il devait encore travailler sur le filtre entre ses méninges folles et sa langue trop vive.

- Raconte !

- Il n'y a rien à raconter. On s'est embrassé, il m'a rejeté, fin de l'histoire.

- Il a déteint sur toi en trois semaines on dirait... se moqua-t-elle. Qui a fait le premier pas ?

- Je l'ai provoqué, il m'a embrassé, j'ai répondu, il m'a dit que ça n'arriverait plus jamais.

- Et l'autre baiser, ça s'est passé comment ?

- C'est moi qui ai commencé, mais c'est allé un peu plus loin et lorsqu'il a commencé à se transformer, il a été puni par Baba... depuis il trésaille chaque fois que je le frôle, avoua-t-il avant de percuter. Mais comment tu sais ça ?! S'exclama-t-il, percé à jour.

- Prêcher le faux pour savoir le vrai. C'est la base Stiles, répondit-elle avec une moue ennuyée. Bon, de ce que j'ai compris, c'est réciproque, il faut juste que tu dé-traumatises Derek. C'est un peu comme avec les chiens de Pavlov, mais là c'est le loup de Parov !

- Est-ce qu'on peut ne plus en parler ? Supplia-t-il, son cœur se serrant à ce souvenir.

- Sans prévoir de stratégie pour lui déloger le balai qu'il a dans le fondement ? Je ne crois pas, non.

Et ce que Lydia veut, elle l'obtient. Ils passèrent les deux heures suivantes à échafauder des plans, du plus farfelu au plus machiavélique. Au final, ils s'arrêtèrent sur quelques astuces pas trop compliquées, ne nécessitant qu'un peu de culot : histoire que Stiles ne fiche pas tout par terre. Il était bon en situation de combat, mais quand on en venait aux sentiments, mieux valait faire simple. En discuter librement lui avait fait du bien cependant, et peut-être même redonné un peu espoir.

- Et tes pouvoirs alors ? C'est toi qui fait diversion en fait, réalisa-t-il.

- J'ai appris quelques techniques offensives qui me seront utiles, éluda-t-elle.

- C'est à dire ?

Lydia réfléchit quelques instants avant de prendre une décision. Elle avait besoin de partager ça avec quelqu'un et qui de mieux que son meilleur ami qui avait veillé sur elle au mépris de sa santé ?

- J'ai appris les bases de mes différentes voix.

- Tes voix à toi, pas celles qui te rendaient malade ?

- Les miennes. Mais tu dois me jurer de garder le secret sur ce que je vais te dire. Ania pense qu'il vaut mieux pour moi qu'on me sous-estime car peu de gens en dehors des Babayagas connaissent toutes les capacités des Banshees.

- Promis, juré, si je mens je laisse Derek me menotter !

- Tu me trahirais juste pour avoir le plaisir d'une telle sanction ! Ricana-t-elle.

- C'est pas faux, sourit-il. Alors si je mens, tu peux me casser les dents ?

- Je vais m'en contenter.

- Tu as combien de voix ?

- Trois-quatre, mais ça peu dépendre des Banshees : il y a l'hypnotique, la létale et la résonance principalement.

- Et elles font quoi ?

- L'hypnotique me permet de charmer la ou les personnes auxquelles je m'adresse. Je peux les faire s'endormir, ou me dire la vérité, leur faire faire certaines actions dans un certain périmètre. Toi et Derek en avait fait les frais sans vous en apercevoir, ajouta-t-elle malicieusement.

- Quoi ?! Tu nous a fait faire quoi ?

- Je te le dirais peut-être un jour, gloussa-t-elle, très contente de son petit effet.

- Tu ne perds rien pour attendre ! Bougonna-t-il, il n'avait pas pris que de Derek en quelques semaines.

- Ne m'oblige pas à te faire oublier cette conversation, susurra-t-elle dangereusement.

- Tu pourrais devenir une cambrioleuse de haut vol, changea-t-il de sujet, peut enclin à servir à nouveau de cobaye.

- J'ai une tête à mettre des tenues moulantes en lycra ? Trancha-t-elle en haussant un sourcil parfaitement épilé. Je te connais, tu penses à Catwoman et je n'ai rien d'une telle chatte de gouttière. Je me verrais bien en ministre des affaires étrangères par contre. La diplomatie serait un jeu d'enfant !

Stiles frissonna à l'idée d'une Lydia fine politicienne. Elle pourrait bien devenir présidente !

- Que font les autres ?

- La résonance est plus une capacité à « entendre » les échos de certaines actions sur des objets. En gros, si j'ai un objet chargé de souvenirs, je pourrais voir et entendre leurs échos.

- C'est comme si tu étais voyante mais dans le passé, ce serait génial pour mon père d'avoir quelqu'un comme toi !

- Ne le prends pas mal Stiles, mais travailler avec la police ne me fait pas rêver. Je repère suffisamment de cadavres sans avoir besoin qu'on m'appelle sur ceux que j'ai loupé !

- Oui, je comprends... Tu as dit « létale » tout à l'heure ou j'ai rêvé ?

- J'y viens. La létale, c'est un hurlement, je l'ai déjà utilisé instinctivement quelques fois, tu te souviens ? Elle peut paralyser comme elle peut tuer selon sa puissance. C'est celle que j'ai le plus travaillé avec Ania car elle pouvait créer un environnement protégé.

- C'est pour ça que tu avais la voix cassée ces derniers jours !

- Exactement. Enfin, il semblerait que j'ai du potentiel pour communiquer avec les animaux, pouvoir que partage les Babayagas apparemment !

- J'aimerais bien comprendre les animaux, soupira-t-il, je pourrais savoir ce que les grognements de Derek signifient : je vais t'arracher la gorge ou je vais t'arracher les vêtements ?