"-Miss French ! Attention !"
Gold... C'était sa voix ! Elle la reconnaissait, si douce et si grave à la fois. Elle semblait lointaine, tellement faible, mais elle comprit qu'il était tout proche quand elle sentit deux mains fortes attraper ses bras.
Sa vision encore floue, et quelques points noirs devant ses yeux, Belle se demandait pourquoi était elle toujours consciente. Le froid du mur où Gold l'avait posée contre lui causa des tremblements incontrôlés, et des larmes coulèrent le long de ses joues. Elle sentit une main quitter son coude pour caresser doucement son visage et chasser ses pleurs.
Puis, Belle entendit vaguement son patron appeler Whale, qui dut arriver dans la seconde, car une forme blanche apparut devant elle.
Son corps sembla se soulever et la Negas comprit que les deux hommes la menait à l'infirmerie. Elle réussit à serrer très fort la veste de Whale dans son poing, et sa vue sembla être plus distincte.
C'est comme cela qu'elle vit les traits de Gold comme jamais elle ne l'avait vu avant.
Inquiet.
Elle l'avait déjà vu moqueur, sérieux, attentionné, mais elle ne l'avait pas vu encore inquiet. Belle se demanda si le Giame l'avait souvent été. Ses traits semblaient profonds, il était marqué.
Ce fut une délivrance quand la jeune femme sentit son dos contre le fauteuil médical de Whale. Mais quand Belle se sentit partir dans les méandres de l'inconscience, la voix si particulière de Gold résonna :
« - Vous m'entendez ? »
La lumière revint et la Negas acquiesça tout en clignant des yeux. Elle essaya de se concentrer, mais elle ne voyait que le visage concerné de son patron. Pour le rassurer, elle voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche.
Elle paniqua, et son souffle sembla se couper, sa respiration irrégulière et ses yeux se remplirent de peur. Le malaise revenait en force malgré les tentatives de Whale pour calmer sa nouvelle patiente :
« - Belle, tout va bien. Vous avez juste eu un malaise. Rien de grave, je vous promets. Il n'y a plus rien à craindre. Essayez de vous calmer, s'il vous plaît. »
Même si le docteur était plein de bonnes intentions, Belle était tellement effarée qu'elle arrivait à peine à prendre en compte ce qu'il disait.

C'est la main de Gold qui se posa sur son épaule qui changea tout. Sa main rugueuse, la caressant doucement fut accueillie comme un cadeau du ciel pour Belle. Cette dernière se sentit soudainement en sécurité.
La jeune femme ferma doucement les yeux, en un soupir de contentement, l'objet de cette caresse se déplaça dans ses cheveux. Bien sur, elle sentait qu'il était encore en détresse, mais ses yeux clos, elle put juste se concentrer sur ce sentiment de confort.

Quelques minutes plus tard, sa respiration reprit un rythme régulier, et elle put enfin remercier Mr Gold. A peine prononça t'elle sa reconnaissance, cette main si appréciée quitta la chevelure de Belle.
En quelques secondes, il était parti Comme un fantôme, un esprit, ou plutôt un ange gardien. A peine sauvée, il repartait. A croire qu'il était son protecteur et qu'il savait quand elle avait besoin de lui.

Whale décida de faire escorter Belle pour le reste de la journée. Étrangement, elle retrouva donc quelques minutes plus tard, Phillip, avec un sourire triste et plein de compassion. Le médecin lui donna une barre chocolatée Appolo avant de la laisser entre les main du « prince », comme Belle aimait le nommer.
C'est ainsi, qu'après cette première mauvaise expérience dans la Golden Tower, la jeune Negas repartit dans les couloirs.
Grâce à Phillip, elle ne se perdit pas, et put trouver rapidement un ascenseur. Elle expliqua au jeune homme qu'elle souhaitait récupérer les clés de sa chambre pour pouvoir ensuite se reposer, avant le dîner de ce soir.
Ils descendirent donc au 7ème étage, à la réception des employés résidents du gratte ciel.

C'est avec dégoût que Belle vit la blondasse discuter avec le réceptionniste. Malheureusement pour la jeune femme, son regard croisa celui de cette inconnue, et elle sembla recevoir toute la haine du monde. S'approchant du comptoir, Phillip sourit vaguement à la blondasse et il reçu une réponse similaire.
Puis s'adressant au réceptionniste, il demanda la clé de Belle.
« - J'ai besoin d'un nom précis. » demanda le jeune homme, qui, selon son badge, s'appelait Sean.
« - Belle.L French. » fut la réponse de la Negas « Je viens d'arriver ».

A peine eut elle entendu le prénom de Belle, la blondasse se retourna, et ses yeux s'exorbitèrent. Puis, elle se précipita vers l'ascenseur.
Sean l'interpella, mais elle ne se retourna pas. Avec un soupir exaspéré, il retourna à son travail et tendit une clé à la nouvelle.

« - Chambre 316, 13 ème étage. Entre la chambre de Charlie et Ashley. Ils n'ont pas encore remplacé la porte, donc il y encore marqué « BEN » dessus.
- Merci, monsieur. » Gratifia timidement Belle.
« - A plus, Sean. » Prévenu Phillip, tout en reconduisant sa protégée vers l'ascenseur.

Après avoir appuyé sur le bouton 13, la Negas se retourna vers son « prince ».
« - Phillip, sais-tu qui est Ben ? »
Elle vit les yeux du soldat devenir une teinte plus foncée, et son sourire un peu désolé. Il acquiesça cependant et répondit :
« - Oui, c'était un très bon ami à nous. Je suppose que tu veux en savoir plus, n'est ce pas ? »

Après un murmure de confirmation, il continua :
« - C'était un gars génial. Toujours là pour aider son prochain. Quand j'ai rejoins l'armée de Gold, j'étais jeune, j'avais 17 ans. Je me souviens que Charlie et Ben étaient déjà là. Ben était le maître de maison et Charlie est depuis toujours majordome. Et puis, Gold a recueillit Ashley, pas longtemps après.
- Ashley ? » Demanda Belle, qui n'avais jamais entendue parler d'elle avant.
« - C'est la jeune blonde qui est partie quand on était à l'accueil. Elle a 19 ans maintenant, et elle devenue la secrétaire de Gold. Mais des rumeurs disent qu'il y a quelque chose entre elle et lui. »
Non. La blondasse et Gold ? Belle ses sentit un peu désorientée.
Au moins, elle savait son nom. Toujours savoir tout sur son ennemi, c'est ce que Killian disait, en parlant du gars contre qui il s'est battu pour les beaux yeux de Milah, sa femme pendant 4 ans.

«- C'était un Negas, l'vieux Ben. » continua Phillip, ignorant les pensées de Belle. « Mais après la révolution de 1983, Gold a renforcé la discrétion du personnel de la Golden Tower. Mais il a perdu beaucoup de ses employés. Alors pendant des années, Ben nettoyait, époussetait, dépoussiérait toute la tour. Beaucoup de personnes disent que c'est tout ce travail qui le tuèrent, et non pas le cancer.
Bien sur, ils ont tords. J'ai vu comment en 6 mois il s'est affaiblit. Des fois, je me demande ce que fous vraiment notre système de santé. »

Si la dernière phrase de Phillip étonna Belle, elle choisit de ne pas en prendre compte. Elle se concentra plutôt sur la difficulté de son travail. Gold était fou. Comment une seule personne pouvait nettoyer un gratte ciel de 40 étages ?!
Croisant le regard horrifié de sa protégée, Phillip tint à la rassurer.
« - Hé, t'inquiètes, princesse. Ben, c'était un Negas.
- Phillip. Je suis une Negas »

Elle regretta ce qu'elle venait de révéler à l'instant où le mot Negas sortit de sa bouche. Mais quand elle osa lever la tête vers le « prince », elle put voir un grand sourire.

« - Je suis sur que tu vas t'en sortir quand même, Belle. Negas ou pas, je sens que t'es spéciale. Parole de Yaoguaï. »
Belle, soulagée, passa le temps qui lui restait à discuter avec le mercenaire de son travail, et de son « pouvoir ».
En effet, certains Giame, n'avait pas la maîtrise de la magie, mais plutôt la maîtrise d'une forme magique : ce sont les AniGiame. Phillip expliqua alors à la Negas qu'il était un Yaoguaï, une créature de feu qui effrayait autrefois les Negas, et que ceux-si chassaient. La jeune femme sans magie se sentit désolée.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la chambre 316, Phillip rappela à Belle qu'il viendrait la chercher un peu plus tôt pour le dîner, et qu'elle ne devait pas oublier son pass. Enfin, il lui donna la clé de sa chambre, et repartit de plus belle.

Lorsque Belle entra dans la chambre, le bleu et l'or semblaient l'entourer. Cette pièce était spacieuse, lumineuse et très différente de celle qu'elle avait à AF-Land. Une énorme baie vitrée en face d'elle la fit sursauté légerment. Elle évita de s'approcher trop, un peu effrayée, mais elle remarqua qu'elle donnait sur d'autres grattes ciel. Elle était en ville, donc.
Non loin, de cette fenêtre géante, elle vit une large lit à baldaquin, comme celui de Briar Rose dans « La Belle au bois dormant ».
De l'autre côté de la pièce, une immense armoire trônait, colorée de blanc, bleu et or, ses couleurs préférées. Poussées par la curiosité elle l'ouvrit, et vit une pile de vêtement sur les étagères, et des robes suspendues à des cintres. Un petit papier est posé sur une chemise de nuit :

Belle.
J'espère que la chambre vous plaît. Elle a été crée en sorte qu'elle vous produise tout ce dont vous avez besoin.
Vous êtes ici comme chez vous, mais je vous conseille d'éviter d'essayer de vous échapper par la baie vitrée, un sortilège a été créé pour vous garder en sécurité ici.
Pour notre dîner de ce soir, vous êtes libre de votre choix d'habits. Mais je dois vous avouer que j'ai une préférence pour la bleue.
Mes sincères amitiés.
A. Gold.

Après avoir lu avec attention cette petite note et avoir gardé en mémoire l'initiale du prénom de Gold, Belle prit la fameuse robe bleue et elle sentit le tissus entre ses doigts. Elle était vraiment magnifique, parfaite.
Une boule en ventre se fit sentir en elle, malgré tout. Serait-elle à la hauteur de cette pièce de couture ? Elle, la Negas, l'inférieure ?
Gold aurait peut être du donner cette ouvrage à sa chère secrétaire.
Le miroir où Belle venait de s'apercevoir, disparu après ses quelques pensées négatives. A la place, dès que la jeune femme décida de prendre une douche, une porte apparut. Elle menait à une salle de bain équipée.
Cette douche fut accueillie avec joie par le corps fatigué et fragile de Belle. Cette dernière ne se souvenait pas la dernière fois qu'elle avait prit une douche aussi longue.
L'eau chaude coulait sur sa peau de porcelaine, détendant ses muscles douloureux. A peine quelques heures en dehors de son ancienne prison, et déjà des doutes sommeillaient en elle. Avait-elle fait le bon choix ?

Elle eut à peine le temps de se préparer, que déjà Phillip frappa à sa porte pour l'escorter jusqu'à la salle à manger. Elle lui montra son pass avant de partir, et il lui souri tendrement.
Ils discutèrent de tout et de rien, le temps d'arriver à l'étage supérieur. Une fois arrivés à la porte ils se séparèrent, Phillip prenant son service, et Belle, entrant dans cette mystérieuse salle.

La première chose que vit la jeune Negas, c'était lui, bien sur. Son « ange gardien », dans son costume luxueux, et le regard froid mais vague.
Il se retourna, comme intrigué par le bruit, et dès qu'il posa le regard sur elle, Belle sentit une bouffée de chaleur monté en elle. Elle eut a peine le temps de battre des cils, qu'il était là, devant elle, prenant doucement sa minuscule paume dans son énorme main.
Son pauvre cœur de Negas se mit alors à battre si fort, qu'elle sentit le sang monté à ses tempes.
Un peu plus, et le malaise reviendrait.

« - Miss French, vous allez mieux ? » Demanda t'il, tout doucement, pas plus fort qu'un murmure.

Belle acquiesça, et Gold coupa soudainement le moment intime. Il s'éloigna d'elle et la mena d'un pas lent jusqu'à une immense table rectangulaire. Il s'arrêta devant une chaise, située à un bout, alors que l'autre était à l'opposée.
Lâchant sa main, il l'invita à prendre 'importe, mais la jeune Negas aurait préféré garder ce contact, et un léger rougissement apparut sur ses joues. Gold ne sembla pas le remarqua, bien heureusement, et il alla s'asseoir à l'autre bout de la table.

L'ambiance était tout ce qui a de plus silencieux. Gold fixait Belle de ses yeux chocolat, et cette dernière baissait la tête, en signe de timidité.
Lorsqu'elle entendit de nouveau sa voix grave, elle leva la tête, curieuse :
« - Vous avez mis la robe que je vous ai conseillée. »
Ne pouvant dire plus, elle acquiesça, et entendit son nouveau patron soupira d'exaspération : « - J'aimerais entendre votre jolie voix, Miss French. »
Elle ne répondit pas pour autant, alors il ajouta :
« - Le dîner ne devrait pas tarder.
- Génial. » chuchota Belle. Pourtant, elle vit l'ombre d'un sourire sur les lèvres de l'homme à l'opposé.
La jeune Negas se rappela Whale et ses restrictions alimentaires, et se demanda si son « ange gardien »

était au courant.
Certainement qu'il le savait. Il semblait déjà tout savoir sur elle. Cette simple pensée ramena la rougeur sur son visage pâle.
Le silence revint avec force, et Belle en profita pour observer d'un peu mieux son patron. Il était un peu plus vieux qu'elle ne l'avait cru. Ses cheveux grisonnaient, et il semblaient avoir plus de rides qu'elle n'avait vu auparavant. Mais qu'importe pour la jeune femme, qui se sentit hypnotisée par son élégance. Il était vraiment le stéréotype du businessman.

Et alors arriva le dîner, et la conversation repartit de plus belle.
« - J'aimerais savoir, Mr Gold, quel sera mon travail ici. » Demanda Belle avec tout son courage.
Se raclant la gorge, l'homme d'affaire enchaîna par sa réponse :
« - Vous allez devoir vous occupez de mes quartiers privés, aux étages 18, 19 et 20. Vous nettoierez, je ne veux pas voir un grain de poussière, je reçois parfois. Vous époutierez également ma collection et vous ferez la lessive. Je veux aussi que vous m'apportez le café à 14h25 précises tout les jours dans mon bureau, au 12 ème étage. Oh ! Et vous tannerez la peau des Negas que je chasse. »

Cela partait d'une petit plaisanterie, elle le savait, mais sa réaction s'enclencha, tel un mécanisme de défense. Elle sera son poing si fort contre le verre qu'elle tenait en main, qu'il se brisa sous sa force méconnue. Son corps entier se mit à trembler, alors que son esprit tentait de raisonner :
« C'était une blague ! Pas la peine de se mettre dans un état pareil, il ne le pensait pas...N'est ce pas ? »
Les yeux embués, elle vit tout de même Gold se ruer à ses côté, à moitié amusé, a moitié désolé. Il prit sa main blessée dans son énorme poing et sans même que la jeune femme ne le remarque, il retira par magie les morceaux de verre de sa main et entoura la blessure d'une serviette en papier. Elle l'entendit vaguement parler de Whale, et se conseilla elle même d'aller le voir demain.
Ils reprirent leur repas sans plus grand incident. Elle levait les yeux de temps en temps pour le voir les sourcils froncés, concentrés sur son assiette bien remplie.
Celle de Belle en revanche était vide, et seul un morceaux de pain y résidait. Et pour passer le temps, la Negas décida de poser quelques questions, afin d'en apprendre plus sur sa nouvelle vie, ici, dans le monde des Giame :
« Dans quoi travaillez-vous exactement ? »
« Pourquoi avez-vous besoin d'une armée privée ? »
« Pourquoi employez-vous des Negas ? »

« Comment connaissez-vous Regina ? »
A chaque question, Gold répondait de façon détournée, ce qui la laissait avec encore plus de questions qu'au départ.
Cela commença sérieusement à agacer Belle. Gold était le seul à ne jamais vouloir répondre à ses questions, toujours en lui disant qu'elle le saurait assez tôt. Tout ces mystères l'énervaient.
« -Pourquoi ne jamais vouloir répondre à mes questions ? » Haussa t'elle d'un ton, espérant qu'il donnerait une bonne explication.
« - Tu n'es pas prête. Ce monde te demande de prendre les choses doucement. »
Trop pour Belle, elle se leva soudainement, et frappa ses mains contre la table. Le contact entre le bois et la blessure la faisant grimacer :
« - Stop, là. Je ne suis plus une gamine. Je n'ai pas besoin de « prendre les choses doucement » et j'ai le droit de savoir ! Vous n'avez pas intérêt à me laissez mijoter comme ça toute ma vie. Vous m'avez sauvée ! Plusieurs fois ! Je crois en vous, mais ça n'a pas l'air réciproque. Notre peuple est-il si horrible pour vous que vous me laissez sans réponse sur comment vit le votre ? »

Elle était en colère Très en colère. Elle se sentait vulnérable et incassable à la fois. Elle continua, sous le regard perplexe de Gold :
« - Je me rends compte que je ne me sentirais bien, et heureuse. Le dôme me gardait prisonnière mais je comprend qu'ici je le serais aussi. »
Puis elle finit en un murmure à peine audible.
« -J'aurais peut être préféré mourir durant la purge. »

Elle releva sous regard légèrement pour Gold changer radicalement de visage. Comme si...
Comme si l'idée de sa mort lui était insupportable. Il se leva à son tour, et s'écria :
« - Ne redis jamais ça ! »

La prochaine chose que Belle savait c'est qu'elle était dans sa chambre. Mécaniquement, elle avait du se précipiter hors de la salle, sans entendre Phillip ou Gold l'appeler. Puis accourir jusqu'à sa chambre et tomber sur son lit, en pleur, et enfin, serrer fort l'ours en peluche apparut pour son confort.
Elle pleura, pendant des heures, jusqu'à ce que les derniers hoquets secoue son corps.

Un bruit tira Belle d'un sommeil léger. Elle mit quelques minutes à l'identifier : quelqu'un tapait à la vitre.
D'un état pratiquement végétatif, le cœur de Belle s'emballa, et la laissa soudainement en pleine forme, mais surtout en grande panique.
Elle se leva, doucement et jeta un œil à la baie vitrée.

Elle sursauta quand elle vit un homme dont le visage était cachée par une capuche. Aussitôt, une épée apparut sur le lit, et la jeune femme l'empoigna, de sa main encore intacte.

« - Qui...qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? » demanda Belle à travers le carreaux.
L'étranger retira son capuchon pour révéler un jeune homme, a peu près de son age. Il avait un certain charme, avec ses cheveux en bataille, et sa barbe naissante. Ses yeux, marrons, semblaient étrangement familier.
Il n'avait par contre, pas du tout le look de l'homme d'affaire, à la Gold.
La jeune Negas n'osa pas ouvrir la porte, de peur qu'il ne soit un kidnappeur, au pire, un chasseur de Negas.
Cependant, le jeune homme se décida à prendre la parole, coupant court aux réflexions de Belle.
« - Mon nom est Baelfire. N Darling. Je suis un Negas clandestin » Un « clic » retentit avant qu'il ne continue. « Et toi ? Qu'est ce que tu fous là ? T'es qui ? Et il est où Ben ? »

Belle déglutit. Par où commencer ?
D'une voix timide, elle essaya d'esquisser une réponse compréhensible :
« - Je...euh...suis Belle. Belle French. »

Elle n'eut pas le temps de dire plus qu'un revolver fut pointé en sa direction, et qu'elle sursauta, lâchant son épée.
Qu'est ce qu'elle avait dit de mal ?
« -Ne me prends pas pour un débile. » Cracha t'il. « J'ai beau être jeune, je connais l'histoire des French. Et ils sont tous morts.

-Mais... » Belle fut coupée à nouveau.
« - Le verre ne me fait pas peur, dis-moi qui tu es, ou je te butte, Giame ! »

Son visage semblait ravagé par la haine. Belle chercha rapidement un faux nom, et se demanda pourquoi elle n'avait pas demandé un gilet pare-balles pour noël.
« - Lacey...Lacey Mills. » Balbutia t'elle.
Baelfire soupira. Serait-ce d'exaspération ?
« - Tu es la fille de Cora, c'est ça ? »
Cora ? Avait-elle un quelconque rapport avec Regina, dont elle avait « emprunté » le nom ?
Belle jugea qu'il valait mieux pour elle d'entrer dans son jeu.
« - Oui. Je suis venue ici pour...euh...passer du temps auprès de mon...père. »
La jeune Negas vit un sourire triste passer comme un éclair sur le visage du jeune homme, avant qu'il n'ajoute :
« - Pourquoi êtes vous dans la chambre de Ben ?
-Je suis désolée, mais Ben est mort. »

Ce fut comme un électrochoc pour Baelfire, qui lâcha son arme.
« - Merde... » Fut tout ce que Belle entendit.

La tête baissée, il commença à rebrousser chemin pour partir, je ne sais comment du balcon de la chambre 316.
Poussée par la pitié, Belle ouvrit la porte vitrée et attrapa son bras.
« - Mr Darling. Pourquoi êtes-vous venu ici ? Si vous avez besoin d'aide, je peux faire ce que vous voulez. »
Elle avait prit sa voix la plus douce, et elle ne savait pas pourquoi. Etait-ce par compassion, ou parce que Baelfire avait un certain charme ?
C'était la voix qu'elle avait prit, une fois, pour réconforter la jeune Aurore, un soir d'orage.
Belle vit le jeune clandestin la dévisager, l'espace d'une seconde, avant qu'il ne se fasse convaincre par le sourire doux et bienveillant de la Negas.

« - Je viens souvent ici, j'escalade l'immeuble et personne ne me voit grâce à une amulette d'invisibilité que j'ai volé à un Giame. Ben me donnait des provisions pour moi, mes frères et sœurs et ma copine. »

Le sourire de Belle baissa un peu, mais elle demanda un instant à Baelfire et s'engouffra dans sa chambre.
Le temps de ramasser son revolver, et de remettre la sécurité, Belle revint avec un panier de provisions.
« - Tenez. Revenez quand vous le voulez. Vous serez toujours le bienvenu . »

L'étonnement s'exprima en Baelfire. C'était une première pour lui. Une gentille Giame venait de lui donner à manger !
« - Merci, Lacey. » Répondit-il, en acceptant le présent de la jeune femme .
Il finit par s'éloigner et enjamba le balcon, tout en faisant signe à Belle.
Cette dernière lui répondit, fière d'avoir, en quelques minutes, transformé une situation hostile en une nouvelle, et étrange amitié.

A peine Belle ferma la porte fenêtre que l'on frappa à sa porte.
Mais quelle journée !
Elle se dirigea, les bras ballant et ouvrit la porte en bois massif.

De l'autre côté, il y avait Gold, dont le visage était marqué par un léger bouleversement. Venait-il pour s'excuser ?
« -Miss French, je suis venu pour m'assurer que vous alliez bien. »
Cette dernière lui lança un regard noir, fatiguée par cette journée. Mais il sembla ne pas en tenir compte et continua :
« -Je sais ce que vous ressentez.
- J'en doute, Mr Gold. » Répliqua t'elle.
Elle tenta de fermer la porte, mais le pied de son « ange gardien » la bloqua. Ne pouvait-il pas la laisser tranquille, à la fin ?
Elle se sentait si fatiguée, et cette journée avait été si épuisante ! Les larmes montaient en Belle, qui voulait juste pouvoir dormir jusqu'au matin, et commencer une nouvelle journée...ou une nouvelle vie.
Mais Gold semblait vouloir insister. Elle s'attendait à ce qu'il dise un grand discours, mais tout simplement, il caressa son bras, et chuchota :
« - Belle... »
Ce contact lui semblait si familier. Mon dieu, comme elle l'appréciait. Comment avait-elle put vivre sans ?
Sentant tout son être lâcher la pression, elle se pencha et entoura le torse de son protecteur de ses deux bras, l'attirant dans une étreinte réconfortante.
« - Aidez-moi. » Dit-elle simplement.
« - Je ferais mon possible. » Répondit-il en murmure à peine audible.

C'est avec regrets que Belle lâcha son patron, et qu'ils se quittèrent pour la nuit.

« - Aym's ? »
La voix de Charlie tira Gold de sa rêverie.
« - Oui Charlie ?
- Ça va ? »

La voix du majordome semblait lointaine. Qu'importe, Gold se fichait de Charlie en ce moment.
« - Je vais bien. » Celle du businessman était monocorde.
A l'intérieur, son esprit était en ébullition et son cœur se gonflait de bonheur.
Même pendant son court mariage avec Milah, même pendant sa torride liaison avec Cora, jamais, mais bien jamais, il n'avait ressentit ça.
Il comprenait maintenant les pacotilles de David sur son épouse.
L'amour, si c'était cela, donnait vraiment des ailes. Peut être était-ce ceci, le véritable amour, dont parlait sa chère amie Rose, il y a fort longtemps.
Rose...elle avait raison sur tout la ligne : La guerre civile, le massacre des Negas, l'apogée de Georges...et Belle, bien sur.
Le coup de foudre qu'il venait de recevoir, Rose l'avait prédit.
Mais tout ce que Gold voulait à présent, c'était s'enivrer du toucher de la jeune French, et de ne plus quitter ses bras. Il la voulait, avait besoin d'elle, là, tout de suite.
Mais quelque tilta en lui.
Et si ? Et si tout cela n'était qu'un stratagème ? Et si Rose avait organisé et décidé de la vie de sa fille, en le persuadant de son futur amour ?
Non, jamais il ne voudrait forcer Belle dans ses bras. Jamais.
Mais alors, que faire ?
« - Je peux faire quelque chose ? » Demanda Charlie, avec une once d'inquiétude.
Gold eut une idée. Il avait besoin d'un peu de plaisir, et donc, il ordonna :
« - Dis à Ashley que je la veut dans ma chambre dans 10 minutes. »
Charlie acquiesça puis partit de ses quartiers.
Le Giame soupira. Il lui fallait exprimer ses ardeurs, loin de sa petite Belle. Le seul moyen de n'oublier, ne serait-ce que pour la nuit, résidait en sa sexy secrétaire.

Les mains dans les poches, et l'esprit encore un peu troublé, Gold partit dans sa chambre d'où sortirons des cris de joie jusqu'au lever du jour.