Je ne suis pas Miss Minekura, je fais simplement mumuse avec ses personnages.
Cet os est écrit dans le cadre des nuits du FoF, il fallait rédiger un texte sur le thème Lame en une heure maximum (divulgation du thème, écriture et postage).
Bonne lecture ^^
« C'est quoi l'amour ? Si je savais ce que c'est, je ne pense pas que j'en voudrais mais… »
Il y a quelques temps, par une nuit d'orage, j'ai récupéré le corps d'un type.
Il était vautré dans son sang, maigre, sale, son corps étalé en travers du chemin que j'utilise pour rentrer chez moi.
C'était une drôle d'histoire, le genre à vous coller les pires emmerdes possibles si vous vous y intéressez de trop près.
Et puis il était tard, alors ça me gonflait vraiment de devoir m'occuper de ça.
Je voulais simplement passer mon chemin et allait me coucher.
De toutes manières le type paraissait mort.
J'ai quand même vérifié. Par acquis de conscience.
Histoire de pas être un connard.
Il a entrouvert un œil –l'autre pissait le sang- alors que je le retournais et me penchais pour vérifier son pouls.
Et il a sourit en me regardant.
Du sang dégoulinant de tous les pores de sa peau, un œil crevé et la respiration se barrant : ce con souriait en me regardant.
Un vrai sourire.
Un sourire de contentement.
Et, il a parlé sur un ton rempli de soulagement :
-Alors c'est ça l'enfer.
Et sa voix était douce, rêveuse, presque détachée.
Comme celle qu'avait eu ma mère en disant à quel point elle trouvait les fleurs belles juste avant de tenter de me tuer.
Sa voix m'a fait l'effet d'une lame glacée.
Et c'était vraiment une drôle d'histoire, plus ça allait et plus je sentais que si je m'en mêlais ça allait m'amener des emmerdes inimaginables.
Mais je ne pouvais pas le laisser comme ça, ce paumé pathétique et agonisant qui semblait si heureux à l'idée d'avoir atterri en enfer.
Alors, je l'ai transporté chez moi et ai commencé les premiers soins.
J'ai appelé le médecin.
Toute la nuit il a essayé de le rafistoler.
Le gars a manqué d'y passer trois fois et le docteur et partit en disant qu'il n'y avait que peu d'espoir.
J'ai payé les soins, les médocs et lui ait dit que ça ne faisait rien, qu'il avait essayé.
Mais au bout de quelques jours le type s'est réveillé, un air paumé et douloureux sur le visage.
-Où sommes-nous ?
Et la voix n'avait plus les accents rêveurs de la dernière fois.
-Pas en enfer en tous cas.
Il a semblé un instant désarçonné, puis sincèrement amusé comme si je venais de lui sortir une énormité.
Puis il a sourit gentiment.
Son sourire avait quelque chose de glacial. Comme une lame.
Il m'a expliqué qu'il avait cru être en enfer en voyant la couleur rouge de mes cheveux et de mes yeux.
Il m'avait pris pour le diable.
La bonne blague : je me suis mis à rire comme un con.
Et lui aussi s'est mis à rire. Juste un peu.
Il m'a dit que j'allais sans doute le prendre pour un fou mais que la couleur de mes yeux et de mes cheveux était comme une sorte de garde-fou pour lui.
Que c'était la couleur du sang
J'ai pensé que c'était effectivement un barge, un barge potentiellement dangereux qui plus est.
Alors je lui ai dit que s'il n'avait nulle part où aller, il pouvait rester un moment.
Et il a eu sourire étrange. Un peu fou.
Et je lui ai rendu son sourire.
Et c'était une drôle d'histoire, qui allait sans doute mal finir.
J'étais figé, l'inconnu venait de m'annoncer qu'il était un assassin, qu'il avait tué beaucoup de gens sous l'effet de la colère. Par amour.
Et j'ai eu envie de lui demander ce que c'était cette connerie, l'amour.
Deux types ont sonné à ma porte avant que je n'ai le temps de lui poser la question : un gamin et homme d'église. Un homme d'église avec un flingue
L'homme m'a dit qu'il recherchait un assassin, un type ayant tué plus de mille personnes.
Rien que ça.
Mille Yokai.
Et la révélation sonnait comme une lame.
Et c'était tellement ironique que ce soit un semi-Yokai qui ait hébergé et soigné ce type que j'ai retenu les deux gars venus le chercher, balancé le flingue de l'homme d'église et lui ait crié de se barrer.
C'est une drôle d'histoire et je suis dans le emmerdes jusqu'au cou.
Mais l'assassin m'a adressé un sourire avant de s'enfuir.
Un faible sourire, triste, vivant et reconnaissant.
Alors c'était ça l'amour ?
Note: Os sans doute un space, assez différent de ce que je fais habituellement.
