Bonjour à tous ! Voici un nouveau chapitre de Si Poudlard m'était conté. Cette fois-ci, la scène concerne la rencontre des quatre Fondateurs selon le point de vue d'Helga. Bonne lecture !
Disclaimer : Les personnages des quatre Fondateurs appartiennent à la talentueuse J.K. Rowling et à la Warner Bros.
Spoiler : Tout ce que vous avez lu sur les Fondateurs.
Si Poudlard m'était conté :
Deux et deux font un :
Helga était tranquillement en train de s'approvisionner au marché du village lorsqu'elle entendit des clameurs. Des hommes étaient en train de rire, mais à les entendre, ils étaient complètement ivres et leurs joies semblaient malsaines. Prudemment, Helga s'approcha de l'endroit d'où venaient les bruits. Elle vit alors une dizaine d'hommes rassemblés sur une place entourant quelque chose ou quelqu'un. Alors, l'un des hommes se mit à parler :
« Eh bien, ma belle, pourquoi t'essaies de t'échapper comme ça ? T'es pas bien avec nous ? »
« Espèce de rustre, lâchez-moi tout de suite ! »
« Sinon quoi, ma jolie ? », intervint un autre. « Tu vas crier ? »
Il y eut effectivement un cri. De douleur. La femme avait en effet mordu la main de l'un de ses bourreaux.
« Espèce de garce, tu me le paieras ! », rugit l'homme, levant l'autre main et administrant à la femme une gifle qui la fit tomber à terre, tandis qu'un de ses compagnons prenait un bâton pour la battre.
Le sang d'Helga ne fit qu'un tour, en voyant que ces malotrus osaient maltraiter une femme, et, sans réfléchir aux conséquences, elle sortit sa baguette et cria, visant l'homme armé :
« Expelliarmus ! »
Le bâton vola hors de la main de l'homme et celui-ci fut projeté contre son compagnon. Mais une autre chose vola de sa main vers Helga : une baguette magique. Hébétés, les hommes ne firent rien pour empêcher la femme de se libérer. Celle-ci courut vers Helga, surprise de voir qu'il y avait au moins un sorcier dans le groupe, et lui indiqua la baguette d'un mouvement de menton.
« Elle est à moi, l'un de ces malotrus me l'avait arrachée des mains. Merci de m'avoir aidée. »
Un sourire passa sur les lèvres d'Helga.
« Il n'y a pas de quoi. Prenez-là. »
« Des sorcières ! », beugla l'un des hommes, reprenant ses esprits. « Ce sont des sorcières ! Arrêtez-les, qu'on les brûle ! »
Aussitôt, les deux jeunes femmes partirent en courant, Helga se maudissant intérieurement d'avoir agi de façon aussi stupide : plutôt qu'un Expelliarmus, elle aurait pu lancer un sortilège pour assommer le meneur doublé d'un sortilège d'illusion pour faire croire qu'il s'était lui-même frappé avec son bâton. Mais il ne servait à rien de se lamenter sur ce qui aurait pu se passer. Pour l'instant, la priorité était d'échapper à leurs poursuivants, qui n'allaient pas tarder à amener à les suivre la moitié du village. Pour Helga, qui avait souhaité vivre incognito dans ce village après que sa famille eut été massacrée par des bandits, c'en était désormais fini de son anonymat et de sa fonction de guérisseuse. Les gens croyaient qu'elle connaissait simplement les plantes médicinales et elle avait laissé courir cette rumeur, mais jusqu'à ce jour, nul n'avait osé parler de sorcellerie la concernant. Mais ce n'était pas vraiment un problème. Une fois débarrassée de leurs poursuivants, les deux femmes se sépareraient et Helga irait vivre dans un autre village.
Se retournant, alors que toutes deux avaient dépassé l'entrée du village et couraient désormais dans les champs, Helga se rendit compte que les hommes avaient abandonné la poursuite, et que, visiblement, personne n'avait entendu leurs cris. Helga et l'inconnue ralentirent donc l'allure et continuèrent à marcher pendant environ une heure avant de trouver une taverne où elles s'arrêtèrent pour se désaltérer.
Assises à une table, elle sentaient tous les regards tournés vers elles, tant il était peu courant que des femmes se promènent seules. Se penchant vers l'inconnue, Helga murmura :
« Alors vous aussi, vous êtes une sorcière ? »
« Effectivement. Je m'appelle Rowena Serdaigle. Et vous êtes ? »
« Helga Poufsouffle. Je m'occupe de guérir les malades à l'aide de plantes. Mais que faisiez-vous ici ? Je ne crois pas vous avoir jamais vu au village, et pourtant, j'y suis depuis trois ans. »
« J'ai quitté ma famille il y a dix ans pour suivre les enseignements d'un maître de sortilèges et apprendre comment les appliquer, mais aussi comment en créer. J'ai d'ailleurs créé quelques sortilèges plutôt utiles mais aussi des charmes qui permettent de faire bouger les personnages d'un tableau ou d'une tapisserie en leur donnant une âme. »
« Voilà qui est intéressant. », murmura une voix à la gauche d'Helga.
Sursautant, la jeune sorcière vit deux jeunes hommes richement vêtus.
« Qui êtes-vous et que voulez-vous ? », demanda la jeune femme, sur la défensive.
« Nous avons entendu par hasard votre conversation, mes Damoiselles, et nous souhaiterions nous joindre à vous, si vous nous le permettez. », répondit l'un d'eux, dont les longs cheveux noirs étaient noués en catogan.
Sur ce, il tira de sa poche une baguette magique en bois de cerisier et la posa sur la table en signe de paix. Son compagnon tira lui aussi de sa poche sa propre baguette, en bois de hêtre, et la posa à son tour sur la table.
« Asseyez-vous, je vous en prie. », dit Helga avec circonspection après avoir consulté Rowena du regard. « Mais vous ne nous avez pas donné vos noms. »
« Je suis Salazar Serpentard. Et voici mon ami Godric Gryffondor. », dit-il en désignant son ami aux cheveux de feu. « Nous avons entendu votre conversation et nous souhaiterions savoir si vous accepteriez de vous joindre à nous ? »
« Nous joindre à vous ? Et pour quoi faire ? »
« Nous voulons faire quelque chose de nos pouvoirs. Quelque chose de grand », intervint Godric, les yeux habités d'une lueur indéfinissable. « Nous voulons que l'éducation que nous avons reçue soit donnée aux plus jeunes. »
« Elle leur sera donnée par les mêmes qui vous ont enseigné, et s'ils ne sont plus en vie, par l'un de leurs disciples. »
« Mais cet enseignement est incomplet ! Que connaissez-vous de la métamorphose ? Que savez-vous de l'art subtil des potions ? »
« Rien », répondit Rowena après un temps de réflexion, tandis que Helga répondait :
« Bien peu de choses. »
« Exactement ! De même, vos connaissances des plantes magiques dépassent très certainement les nôtres réunies », continua Salazar en s'adressant à Helga.
« C'est sans doute vrai. », admit Helga.
« Alors accepterez-vous de nous aider ? », demanda Godric.
Le feu qui brûlait dans les yeux du jeune homme était tel que la sorcière n'hésita qu'un instant.
« Je suis prête à vous aider comme je le pourrai. »
« Et vous Rowena ? »
« Je ne sais pas. Qu'est-ce que cela changerait ? Et que voudriez-vous leur enseigner que d'autres ne pourraient pas ? »
« Rien et tout à la fois. Rien, car il n'est rien que d'autres ne pourraient leur apprendre. Mais tout, car au lieu de tout savoir sur les potions sans rien connaître des plantes qui leur servent, ils pourraient apprendre auprès de vous quels sortilèges peuvent leur être utiles, auprès de moi, en quoi la métamorphose peut leur servir dans la vie de tous les jours, auprès de Salazar comment réaliser des potions de soins, des antidotes, mais aussi des poisons légers pour affaiblir leurs ennemis, et auprès d'Helga, comment reconnaître les plantes qui leurs sont bénéfiques et celles qu'ils doivent éviter. Ainsi, leur savoir sera plus important, plus complet. »
Rowena réfléchit. Elle repensa à la jeune fille qu'elle était, dix ans auparavant. Elle repensa à la soif de savoir qu'elle avait à l'époque et se demanda si elle aurait accepté divers enseignements si cela lui avait été proposé. Elle repensa à son père, qui avait succombé à une maladie, et à Anne, sa vieille duègne, morte du fait de son grand âge. Son maître lui avait affirmé qu'il ne pouvait rien lui apprendre de plus. Elle n'avait donc plus rien ni personne qui la retienne. Et elle se dit qu'elle ne saurait pas refuser à des enfants ayant aussi soif de savoir qu'elle-même d'avoir une éducation plus complète encore que celle qu'elle avait eue. Et qui sait, peut-être pourrait-elle elle-même apprendre un peu plus sur la magie auprès de ces trois sorciers. Un sourire fleurit sur ses lèvres et elle s'entendit répondre :
« C'est d'accord, je vous accompagne. »
Son sourire trouva un écho sur le visage des trois autres. Ils étaient deux amis. Elles étaient deux inconnues. Ils étaient désormais quatre, unis par un même rêve. Un rêve qui prendrait le nom de Poudlard. Un rêve qui leur survivrait plus de mille ans. Ils étaient quatre à rêver, et des centaines de générations allaient profiter de ce rêve. Ce sourire était une promesse que tous quatre allaient tenir jusqu'à leur mort. La promesse de voir les générations suivantes bénéficier de la meilleure éducation possible.
Elles étaient deux. Ils étaient deux. Et ce jour-là, défiant les lois mathématiques, deux et deux firent un.
