Bonjour à tous ! Me voici de retour pour un nouvel OS. Cette fois-ci, c'est Salazar qui nous relate un jour extrêmement important pour l'histoire de l'école. Un jour que les Fondateurs virent arriver avec crainte et qui faillit briser leur belle amitié. Bonne lecture à tous et merci à Darkwave, qui m'a donné l'idée pour ce nouveau chapitre ! Et non, à mon grand regret et malgré mes nombreux courriers, J.K. Rowling se refuse toujours à me céder les droits pour Harry Potter. Je ne gagne donc toujours rien sur cette histoire, sinon le plaisir d'être lu et commenté. *message subliminal*
Remarque : Le terme « Mutmag » est, selon Pottermore, le surnom affectueux donné par les sorciers de souche aux enfants de Moldus ayant révélé une prédisposition à la magie. À l'époque des Fondateurs, rares étaient ceux qui, comme Salazar, pensaient que les enfants de Moldus n'avaient pas leur place à Poudlard et dans le monde de la magie en général.
Remarque bis : Un jeu de mots à deux Noises s'est caché dans ce texte. Saurez-vous le retrouver ?
Remarque ter : Par disciple, je n'entends pas ici quelqu'un qui partage les idées de Salazar mais plutôt, dans son sens d'apprenti, quelqu'un qui suit les enseignements d'un maître.
Si Poudlard m'était conté
Le schisme :
« Comment peux-tu dire une chose pareille, Salazar ? », s'indigna Helga.
« Combien de temps, ma chère, te faudra-t-il pour comprendre que la Fontaine de la Bonne Fortune n'est qu'un conte pour enfants, et le message qu'il véhicule ne correspond en rien à notre réalité, si ce n'est pour les oies comme toi ? », répliqua le sorcier d'un ton doucereux.
Helga et Rowena poussèrent toutes deux un cri outré. Godric qui, à en juger par son teint rubicond, avait fait un effort surhumain pour se contenir durant les minutes précédentes, n'y parvint pas plus longtemps et explosa.
« Si c'est pour te permettre ce genre de réflexion et insulter mon épouse, Salazar, tu peux partir immédiatement, je ne te retiens pas ! »
En guise de réponse, le mince sorcier se mit à lisser sa longue barbe. Voyant qu'il n'obtiendrait pas mieux que ce silence éloquent, son ami se retourna vers les deux sorcières et, d'un ton plus calme, exprima enfin son opinion sur le sujet qui les divisait.
« Je dois néanmoins avouer que les arguments de Salazar sont justes et son raisonnement logique. Nous ne pouvons tout simplement plus continuer ainsi, nonobstant tes réticences à changer nos méthodes de travail, Helga. Réticences que je partage d'ailleurs moi-même », continua-t-il comme il remarquait que son épouse ouvrait la bouche.
« Et crois-tu vraiment qu'en les séparant des Mutmags, nous pourrons amener les sorciers de souche à changer d'avis eux et à admettre qu'ils sont effectivement dignes de suivre nos enseignements ? »
Un reniflement moqueur lui répondit, mais lorsque son ami tourna la tête vers lui, le visage de Salazar était de nouveau un masque impénétrable. Godric soupira et se passa une main lasse sur son visage.
« Je l'ignore, Helga. Mais je sais une chose : si nous ne faisons rien, la situation ne s'améliorera pas, bien au contraire. Il serait insensé de notre part de faire comme si nous ne voyions ni n'entendions rien. Le fait est qu'à force d'avoir autant d'élèves ensemble, il était certain que des tensions se créeraient. Et ces dernières semaines, les incidents entre les Mutmags et les sorciers d'ascendance sorcière se sont multipliés... »
« Tu veux dire que les incidents entre Williamson et Staney se sont multipliés. Ils sont certes tous deux dotés d'un charisme certain et entraînent une petite bande avec eux, mais il s'agit simplement de rivalités habituelles entre deux jeunes hommes sanguins, des rivalités qui n'ont rien à voir avec leur ascendance », le coupa Rowena d'un ton vif.
« Je doute que tu dirais la même chose si tu avais entendu Staney lorsque je l'ai emmené dans mon bureau pour lui donner le fouet. Il estimait sa punition méritée, non pas parce qu'il avait attaqué son condisciple, mais parce qu'il n'était pas parvenu à 'écraser ce voleur de pouvoirs qui a moins de magie dans le sang qu'un elfe de maison'. Crois-tu toujours que cela n'a rien à voir avec la famille Moldue de Williamson ? Famille qui soit dit en passant l'a renié aux premiers signes de magie, ce qui n'arrange pas son humeur lorsqu'on l'insulte à cause de son sang. »
Blême, Rowena s'était figée en entendant les paroles rapportées par Godric. Finalement, d'une voix tremblante, elle rendit les armes.
« Tu as raison, nous ne pouvons pas nous voiler plus longuement la face. »
« Tu cautionnes alors cette division ? Nous avons voulu être unis, Rowena ! Unis, pas séparés à cause du comportement de deux élèves plus sanguins que les autres ! Godric, tu as toi-même dit que toute division causerait notre perte, et que c'était pour cela que nous ne devions prendre les décisions concernant l'école qu'à l'unanimité ! Passe encore de séparer les armoiries de l'école en quatre parties, puisque le château nous unissait et que c'était la seule solution pour nous permettre d'aller de l'avant. Mais séparer de fait les élèves ? Les obliger tous à lutter les uns contre les autres dans l'unique but d'empêcher deux d'entre eux de s'entretuer à chaque minute qui passe ? Ce n'était pas le rêve que vous nous aviez racontés, tous les deux ! Ce rêve était celui de sorciers unis à travers leurs différences pour pouvoir vivre en paix aux côtés des Moldus tout en sachant se défendre si leur vie devait être menacée. »
« Mais ce rêve est mort, Helga », intervint Salazar d'une voix douce qui contrastait violemment avec le ton qu'il avait utilisé peu avant et qui laissait transparaître une pointe de regret. « Ce rêve est mort en même temps que la paix entre nos élèves. Cependant, si nous divisons ceux qui divisent, peut-être aurons nous une chance d'unir ceux qui n'aspirent qu'à l'unité. Nous devons essayer, car si le résultat de cette action est incertain, je n'ai pas le moindre doute, et toi non plus, je le sais, quant à ce que coûterait l'inaction. En séparant de fait les élèves, nous courons le risque de faire s'effondrer ce pour quoi nous avons tant donné, mais si nous ne changeons rien, la seule chose qui nous est inconnue est le temps que survivra notre rêve avant d'être réduit en poussière. »
Helga balaya d'un geste vif les larmes de rage qui perlaient au coin de ses yeux et parla d'une voix qu'elle s'efforçait de contrôler :
« Et comment allez-vous faire pour les séparer ? Quels critères voulez-vous utiliser ? Tous possèdent des pouvoirs magiques. Tous apprennent à maîtriser la puissance qui leur a été accordée. Quelles différences y a-t-il entre ces enfants ? »
« Je pense que je pourrais m'occuper des enfants les plus sanguins, et de ceux qui ont une affinité particulière avec la métamorphose », proposa Godric.
« Ainsi tu veux choisir tes élèves en fonction de tes propres préférences ? Si nous raisonnons ainsi, Salazar n'acceptera aucun Mutmag à ses côtés, connaissant son opinion les concernant », répliqua son épouse d'un ton acide.
« Je n'ai rien contre les Mutmags », répondit Salazar, recevant de son amie un regard où l'incrédulité le disputait au dégoût. « Je pense au contraire que certains d'entre eux possèdent des qualités incontestables. En particulier William McDornell et Carrie Eirist, qui ne reculent devant rien pour peu que le résultat final soit à leur avantage. Je serais heureux de les compter parmi les miens. »
« Je suis certaine qu'Ysabel Weighton serait ravie d'étudier plus ardûment encore que ce que nous lui proposons à l'heure actuelle, et je ne saurais trop l'encourager dans cette voie. Et tous ceux que les parchemins ne rebutent pas seront les bienvenus chez moi. »
« Si je comprends bien, vous prenez ceux qui vous ressemblent et abandonnez les autres. Eh bien pour moi, la loyauté et l'unité ne sont pas de vains mots, et je n'enterrerai jamais notre rêve de faire de Poudlard une école unie. J'accepterai tous ceux qui souhaiteront venir à moi, quels que soient leurs qualités, leurs défauts ou leurs compétences, et je leur apprendrai à rester unis à travers les épreuves et les défis de la vie. Et si un élève ne correspond pas à vos attentes élitistes, il sera toujours le bienvenu chez moi. »
Et sur ces paroles, elle sortit dignement de la pièce. Abattus, Rowena et Godric la suivirent d'un pas lourd, le second cherchant probablement déjà les mots pour le discours qu'il ne manquerait pas de devoir prononcer afin de justifier un tel changement dans la politique de l'école.
Resté seul, Salazar réfléchit aux conséquences de cette dispute. Ce n'était certes pas la première, mais Helga n'avait, jusqu'alors, jamais exprimé ses propos avec une telle violence et une telle force, et lui n'était pas parvenu à persuader complètement ses amis de la justesse de ses vues. Ils restaient convaincus que les Moldus avaient leur place à Poudlard. C'était risible.
Mais il ne pouvait nier qu'Oliver Staney avait rempli à la perfection la mission qu'il lui avait confiée quelques mois plus tôt. Lorsque celui-ci s'était plaint à son Maître de Potions et de Duel Magique de la place trop importante que prenaient les Moldus à l'école, le noble déchu lui avait suggéré qu'en se choisissant une victime à sa hauteur, il pourrait briser la fausse unité du château et en chasser les voleurs de pouvoir.
Certes, ils n'étaient pas parvenus à leurs fins à cause de l'entêtement de Godric, de l'étroitesse d'esprit dont faisait parfois preuve Rowena, du grand cœur dégoulinant d'amour d'Helga et, il devait bien l'admettre, de sa langue qu'il avait par trop acérée, mais tout n'était pas perdu. Il avait entendu parler des travaux rédigés par un certain Herpo, surnommé l'Infâme par les esprits étriqués de ceux qui ne comprenaient pas ce qu'était la vraie grandeur. L'idée de Rowena de rassembler dans l'école autant de manuscrits que possible n'était pas mauvaise en soi. Il lui faudrait trouver quelqu'un pour suggérer à son épouse de récupérer le manuscrit du mage. Peut-être le Maître de Défense Magique ? Une fois le grimoire à sa portée, il ne lui faudrait pas longtemps pour s'en emparer et donner vie au fameux basilic qui lui permettrait de se débarrasser discrètement de ceux qui n'avaient pas leur place au château.
Un fin sourire étira ses lèvres. Lorsque les Moldus se rendraient compte que la Mort les frapperait plus aisément encore à Poudlard que dans leur monde de la main de leurs semblables, ils ne tarderaient pas à fuir et à libérer la place pour ceux qui méritaient vraiment d'être initiés à l'art des arcanes.
Salazar sortit d'un pas lent et referma sans bruit derrière lui la porte du bureau des enchantements. Il était désormais temps pour lui de retrouver ses appartements et de réfléchir à ce qu'il enseignerait à ses disciples le lendemain.
