Maedhros s'arrêta lorsqu'il jugea qu'ils s'étaient assez éloignés, et qu'ils ne risquaient pas de voir la bande rappliquer. Il allongea délicatement la jeune fille sur le sol. Il se mit au travail sans tarder. L'elfe défit délicatement l'armure de Melian. Il soupira de soulagement en constatant que la plaie n'était pas aussi grave qu'il ne l'avait cru. Cependant, puisque Melian était alors en combat, elle avait perdu beaucoup de sang. Cela l'inquiétait un peu plus… Sindar arriva à ce moment. Le grand fauve leva un regard interrogateur vers Maedhros, mais celui-ci ne le vit pas, penché qu'il était au-dessus de son sac. Il fouilla à l'intérieur un court moment, puis se redressa, un sourire victorieux aux lèvres. Dans ces mains, il tenait un paquet qu'il défit délicatement. Feuillargents et pacifiques. Ces plantes avaient des propriétés cicatrisantes lorsqu'elles étaient utilisées ensemble. Maedhros mâcha quelques feuilles puis, après avoir nettoyer à l'eau la plaie du mieux qu'il put, il y appliqua délicatement la pâte végétale. Il noua finalement un bandage en lin autour de l'abdomen de la jeune fille. À cet instant, Maedhros releva la tête. Sindar émettait un grondement sourd. En apposant une main sur sa nuque, le jeune elfe se releva et tendit l'oreille. Les échos d'une clameur venant de l'est lui indiquèrent qu'ils ne pouvaient rester ici. Il souleva doucement Melian et, en la tenant serrée contre lui, fit un signe de tête à Sindar. Ils se mirent en route, en direction d'Hurlevent. Maedhros ne savait pas encore comment Melian et lui pourraient traverser la cité en toute discrétion, surtout s'il devait la porter. Il haussa les épaules. Il trouverait bien un moyen.

*****
Ses affaires n'étaient plus là. Évidemment, elle était partie. Elle balaya tranquillement la chambre du regard, puis se détourna. Elle se glissa par la fenêtre. Elle savait où la retrouver, elle l'attendrait.

*****

Maedhros avait les yeux rivés sur les grandes portes de Hurlevent. Il n'y avait à l'extérieur que deux soldats, un de chaque côté de la voie blanche de la grande Vallée des Héros. Il savait cependant qu'une fois les portes franchies, ils croiseraient une douzaine de gardes arpentaient le long chemin pavé ou se tenaient immobiles de chaque côté. L'elfe soupira. Il aurait été assez aisé de passer sans attirer leur attention, mais s'il devait traverser la cité en transportant une jeune fille inconsciente dans ses bras...Heureusement, Melian lui épargna ce dilemme. Il tourna la tête dans sa direction en l'entendant remuer. Il s'approcha rapidement d'elle, partager entre le soulagement et l'inquiétude. Elle ouvrit doucement les yeux puis tenta de se redresser. Maedhros lui passa un bras dans le dos pour la soutenir. Melian se dégagea et se releva difficilement en prenant appui sur l'écorce crevassée de l'arbre près d'elle.

-Content de voir que tu vas mieux, lança Maedhros en levant les yeux au ciel.

Elle ne répondit pas immédiatement, sa main glissa le long de son armure, ses doigts s'insérèrent dans l'entaille crée par la lame qui avait mordu ça chair.

-Peux-tu marcher? s'enquit Maedhros.

-Bien sûr que oui! s'offusqua-t-elle. Je n'ai pas besoin de ton aide.

Elle retira sa main du tronc et fit un pas incertain en gardant la tête haute. Mais lorsqu'elle tenta d'en faire un deuxième, elle perdit l'équilibre. Elle sentit Maedhros passer un bras autour de sa taille afin de la retenir.

-En effet, je vois très bien que tu peux te passer de moi, dit-il, ironique.

Elle le foudroya du regard et tenta de se dégager, mais cette fois elle n'y parvint pas.

-Allons, acceptes l'aide dont tu as besoin, pour une fois. Ça te changera.

La jeune fille dut faire un effort démesuré pour retenir une réplique cinglante. Décidément, Maedhros avait un don pour la mettre en colère. Elle prit une grande inspiration puis, non sans difficulté, ils se mirent à avancer en direction d'Hurlevent.

Avant de pénétrer dans la cité, Maedhros remonta le capuchon de la jeune fille, afin de dissimuler une partie de son visage. Les grandes portes n'étaient plus qu'à quelques mètres. Ils les franchirent avec une certaine appréhension. Heureusement, l'attention des gardes n'était pas complètement dirigée vers eux. Le soleil avait entamé sa descente et bientôt la nuit reprendrait ses droits, mais il y avait encore un certain va-et-vient. Une situation qui leur était profitable. En effet, leur trio n'était pas des plus anodins. Maedhros soutenait Melian, qui serrait les dents en avançant. La douleur sur son flanc revenait peu à peu, de plus en plus cuisante. Pour compléter le tout, Sindar marchait en tête, les devançant de quelques pas. Quelques minutes plus tard, ils s'avancèrent dans le quartier commerçant de la cité. De chaque côté du chemin de pierre grise se dressaient échoppes et maisons. Ils continuèrent leur progression jusqu'à un grand tableau de bois, soutenu par deux colonnes immaculées. Là était épinglées les dernières nouvelles. Maedhros s'approcha du panneau et Melian en profita pour souffler. Elle s'adossa à l'une des colonnes et ferma les yeux.

-Nous avons de la chance, déclara Maedhros en se redressant. Le prochain navire en direction de Teldrassil lève les voiles demain à l'aube. Nous pourrons…

Il s'interrompit quand ses yeux tombèrent sur Melian. Son visage était d'une pâleur effarante et une goutte de sueur perlait à sa tempe. Il constata aussi que malgré son apparente décontraction, elle était tendue. Il était évident que sa blessure se faisait encore sentir. Comme il ouvrait la bouche, Melian le devança.

-Demain à l'aube dis-tu? C'est un délai raisonnable ajouta-t-elle en se dirigeant vers la fontaine située devant la banque du quartier.

Maedhros alla s'asseoir sur la margelle du bassin, à ses côtés. Ils restèrent silencieux un moment. La place, normalement bondée, était à cette heure presque déserte, et le seul bruit audible était le ruissèlement de l'eau.

-Nous devrions penser à prendre une chambre à l'auberge, lança-t-il en voyant les dernières lueurs rouge et or disparaître.

-Nous n'avons qu'une seule nuit à passer à Hurlevent. Ce n'est pas nécessaire, nous pouvons dormir à la belle étoile, répliqua-t-elle.

-Es-tu sérieuse? lui demanda-t-il en la regardant de travers. Tu n'es pas encore remise et tu as besoin de repos. Le seul fait de marcher le temps d'entrer dans la cité t'as épuisée, ajouta-t-il, prudent.

-Je ne suis pas épuisée! protesta-t-elle en se levant d'un bond. Je suis juste…un peu fatiguée, voilà tout!

-Eh bien, dans ce cas tu ne me laisses guère de choix, annonça-t-il en se levant à son tour.

-Que veux-tu dire? s'enquit-elle, méfiante. Tu n'oserais pas…

Elle fut interrompue par Maedhros, qui s'était approché d'elle et qui l'avait soulevée du sol.

-Qu'allais-tu dire? s'enquit-il, moqueur.

- Je peux marcher, je ne suis pas handicapée! Dépose-moi immédiatement!

-Non, répliqua-t-il en la serrant d'avantage sur son torse tandis qu'il se mettait en marche.

-Maedhros, je te jure que si tu ne me poses pas dans la seconde qui suit, je…

-Que vas-tu faire? l'interrompit-il en s'arrêtant et en baissant les yeux vers elle.

Elle se contenta de le regarder en silence, ses yeux clairs chargés de colère.

-Aller, ne t'en fais pas, je te promets que te porter ne deviendra une habitude.

-J'espère bien, maugréa-t-elle.

-Là tu mens c'est certain. À la façon dont tu me regarde, il est évident que tu adores être dans mes bras, dit-il le regard pétillant de malice.

Melian ouvrit des yeux ronds. Devant son air ahuri, Maedhros ne put s'empêcher d'éclater de rire.

-Répète ça!? explosa Melian.

-Allons, je plaisantais. Ne t'énerves pas, tu vas épuiser tes dernières forces.

-Cela vaudrait mieux pour toi, marmonna-t-elle.

Lorsqu'ils arrivèrent devant l'auberge du quartier commerçant, la Rose Dorée, Maedhros avait encore du mal à recouvrer son sérieux et Melian, bien malgré elle, se trouvait toujours dans ses bras. Lorsqu'ils pénétrèrent dans le bâtiment, Maedhros consentit à la poser. Elle soupira de soulagement.

-Je peux vous aider? demanda alors une femme qui venait de pénétrer dans la salle.

La dame avait des cheveux roux, coupés assez courts et des yeux marron.

-Nous aimerions louer une chambre pour la nuit, s'il vous reste de la place, bien sûr, annonça Maedhros.

-Une seule? questionna-t-elle, un léger sourire aux lèvres.

Melian avait ouvert la bouche mais Maedhros la devança.

-Ce sera parfait, merci, répondit-il sans se soucier du regard brûlant que lui avait lancé la jeune fille.

L'aubergiste s'apprêtait à les conduire à l'étage lorsque son regard tomba sur le fauve aux côtés du jeune elfe.

-Je vous assure qu'il ne vous causera aucun problème, dit-il en lui décochant un sourire charmeur.

Comme pour lui donner raison, Sindar s'approcha et s'allongea paresseusement à ses pieds

-Dans ce cas, si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire à votre chambre, répondit l'aubergiste, rassérénée.

Elle monta l'escalier en bois sombre, suivie des deux jeunes gens. Ils s'enfoncèrent dans un couloir étroit, puis s'arrêtèrent finalement. L'aubergiste leur fit face puis désigna une porte sur sa droite.

-Voilà, leur dit-elle. Prenez le temps de vous installer. Le repas sera bientôt servi, vous pourrez vous joindre aux autres clients dans la grande salle. N'hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Sur ce, elle tourna les talons et disparut rapidement de leur champ de vision.

-Après vous, madame, fit Maedhros en s'effaçant pour la laisser pénétrer dans la pièce.

Lorsqu'elle fut entrée, elle balaya la chambre du regard. Elle était petite et avait un mobilier sommaire, mais elle était propre. Les chandeliers accrochés aux murs émettaient une lumière diffuse. Contre la cloison opposée à la porte se trouvait deux fenêtres et sous elles, un lit, simple, mais que Melian ne pouvait s'empêcher de trouver attirant. Évidemment, elle se garda bien d'en faire la remarque à Maedhros. Celui était entré à sa suite puis, après avoir refermé la porte s'était débarrassé de sa cape et avait déposé son arc, rejoint quelques instants plus tard par le carquois qui ne le quittait jamais. Leur regard se croisèrent un bref instant. Les yeux violets de Maedhros étincelaient dans la pénombre qui régnait, ce qui rendait son regard encore plus impressionnant. Melian se détourna et rabattit son capuchon sur ses épaules. Elle retira sa cape, puis alla s'asseoir sur le matelas en résistant à l'envie de s'y étendre et de ne plus bouger jusqu'au matin. Sindar, quant à lui, s'était allongé de tout son long au pied du lit et avait posé sa tête massive sur ses pattes. Seuls ses yeux étaient encore en mouvement.

-Peux-tu retirer ton armure? lui demanda-t-il en s'approchant.

-Pourquoi? répondit-elle, méfiante.

-J'aimerais jeter un œil à ta blessure. S'il te plaît, ajout-a-il dans un souffle en voyant qu'elle était restée immobile.

Melian poussa un soupir puis s'exécuta. Elle retira son corset de cuir, ne gardant que sa chemise en lin. Elle étouffa un gémissement lorsque son armure accrocha la plaie qui barrait son flanc. Bien qu'elle ait tenté de le dissimuler, Maedhros le perçut sans difficulté.

-C'est douloureux? s'enquit-il en soulevant doucement le bas de sa chemise afin de découvrir le pansement.

-Pas réellement…Bon d'accord, c'est un peu douloureux, rectifia-t-elle en voyant le regard que lui avait lancé l'elfe.

Maedhros leva les yeux au ciel puis, reportant son attention sur le pansement, lâcha un soupir de soulagement. Le bandage ne c'était pas imbibé de sang, ce qui signifiait que les plantes qu'il avait appliquées avait fait leur travail. Il le défi délicatement. La plaie était toujours bien visible, mais heureusement elle semblait saine et ne montrait aucun signe d'infection quelconque. Il l'effleura doucement du bout des doigts. Melian ferma les yeux. Les doigts de l'elfe étaient délicieusement frais. La douleur lui sembla moins vive. Elle tourna la tête en direction de Maedhros alors qu'il finissait de nouer un nouveau bandage. Elle surprit un sourire en coin sur ses lèvres.

-Agréable, n'est-ce pas? demanda-t-il en terminant son travail.

Melian se leva d'un bond et s'éloigna un peu en replaçant sa chemise. Elle entendit dans son dos le ricanement étouffé de son compagnon. Décidément, il semblait prendre un malin plaisir à la faire fâcher ou à l'embarrasser. La jeune fille se jura de ne plus lui donner satisfaction.

-As-tu faim? la questionna-t-il.

Melian se retourna et s'apprêtait à lui répondre mais elle n'en eut pas le temps. Elle attrapa la pomme qu'elle aurait reçue en plein visage si elle n'avait pas réagi aussi promptement. En poussant un soupir excédé, elle alla s'asseoir sur le sol, son dos appuyé contre le lit.

-Je ne sais pas si tu le sais, mais en général, lorsqu'on pose une question, on attend la réponse avant d'agir, maugréa-t-elle.

-Ce qu'elle est de bonne humeur, lança-t-il en s'installant à ses côtés.

Melian mordit dans le fruit afin d'empêcher une remarque désobligeante de franchir ses lèvres.

-Je n'ai pas attendu, car je connaissais la réponse. Cependant, je me suis dit que tu préfèrerais rester ici plutôt que de descendre. N'est-ce pas?

-Oui, répondit-elle. Trop de bruits, trop de lumière.

-Et ce ne sont pas deux choses que tu apprécies énormément, continua-t-il de sa voix mélodieuse.

C'était une affirmation, non pas une question. Aussi, Melian choisit-elle de ne pas répondre.

-De bonne humeur et bavarde en plus, lança-t-il avec un sourire narquois.

«Encore ce sourire, pensa Melian. Décidément, c'est une malédiction.»

-Ne t'inquiètes pas, je comprends que tu préfères rester ici, dit-il, une lueur malicieuse dans l'œil. Il faut dire que ma compagnie est hautement plus agréable. Que veux-tu? Je suis né ainsi. Tu as beaucoup de chance de pouvoir me côtoyer de si près. J'ai une incroyable personnalité, un charme excepti…

-Et une modestie sans limite, le coupa Melian.

Maedhros ne put contenir un éclat de rire et Melian, malgré ses efforts, n'arriva pas à empêcher un sourire de naître sur ses lèvres. Lorsqu'ils retrouvèrent leur sérieux, les deux jeunes gens se regardèrent en silence un moment. Melian détourna la tête, légèrement embarrassée. Son regard tomba sur Sindar et de nouveau, elle ne put s'empêcher de sourire. Le grand fauve, à l'aspect si redoutable et au regard pénétrant dormait profondément. Allongé il y a quelques instants, Sindar était désormais positionné sur le dos, les pattes repliées au-dessus de lui.

-Au fait, Sindar ne mange pas, lui? demanda-t-elle à l'intention de son compagnon.

-Il n'a pas faim pour l'instant. Il a profité de notre présence dans la forêt d'Elwyn pour faire le plein, répondit-il.

Melian dirigea à nouveau son regard vers le félin.

-C'est vrai qu'il n'a pas l'air d'un fauve affamé, admit-elle, une note espiègle dans la voix.

De nouveau, un silence s'installa entre eux, seulement troublé par le bruissement du vent à travers le feuillage des arbres proches et par les grillons saluant l'astre nocturne de leurs stridulations. Une brise fraîche s'introduisit par l'une des fenêtres, et tourbillonna dans la pièce, faisant trembler la lumière des bougies. Melian frissonna lorsque l'air passa au travers du tissu de sa chemise. Maedhros se leva et alla fermer le volet qui était resté entrouvert. Après avoir placé le loquet pour le verrouiller, il se tourna vers Melian.

-Il est tard, annonça-t-il. Nous partirons demain à l'aube. Tu as besoin de repos.

À son grand étonnement, Melian ne protesta aucunement.

«Elle doit être plus épuisée qu'elle ne veut le laisser paraître, sinon elle me tiendrait tête» songea-t-il, amusé.
-Prends le lit, continua-t-il, je m'installerai au sol, continua-t-il.

Évidemment, Melian ne souleva aucune objection. Elle n'avait qu'une envie : s'allonger et ne plus bouger jusqu'au lendemain. Elle observa Maedhros tandis qu'il sortait une couverture soigneusement roulée de son sac. Il détacha les sangles qui la retenait, puis il l'étendit sur le sol. Par la suite, sans aucune gêne, il retira son plastron, sa chemise et ses bottes, ne gardant que son pantalon. Melian se sentit rougir légèrement. Heureusement, la pénombre ne permettait pas à l'elfe de le remarquer. Elle s'assit sur le bord du lit et retira ses longues bottes souples, puis hésita quelques secondes.

-C'est tout ce que tu enlèves, lui lança Maedhros d'un ton lourd de sous-entendus.

Il faillit s'étrangler de rire devant le regard furibond que lui lança la jeune fille.

-Allez, ne fait pas cette tête-là je plaisantais! Je vais me retourner le tant que tu te changes.

Melian se contenta de l'observer, méfiante.

-Ne t'inquiète pas, je te promets d'être sage, dit-il en lui tournant le dos.

Incertaine, la jeune fille attendit quelques secondes, puis elle enleva son pantalon et, avec des gestes lents et précautionneux, déboutonna sa chemise qu'elle retira. Melian s'étendit, ne gardant que ses sous-vêtements et ramena la couverture jusqu'à ses épaules. Maedhros se déplaça afin de souffler les bougies puis alla s'allonger. Il s'étendit sur le côté afin de lui faire face, appuyé sur un coude, la tête dans la main. Il la fixa de ses yeux violets.

-Tu sais, je suis content de voir que tu vas mieux, lui dit-il. Je me faisais du souci pour toi.

Melian ne répondit rien et Maedhros ne s'en offensa pas.

-Dors bien, acheva-t-il.

Sur ce, il remonta sa couverture jusqu'à son menton et se retourna, imité par la jeune fille.