Melian fut tirée du sommeil par une sensation d'engourdissement au bas du corps. Elle ouvrit les yeux à contrecœur et découvrit avec étonnement Sindar, allongé sur ses jambes. Quelques trois cents kilogrammes de muscles, de chair et de poils. En grommelant Melian se redressa et approcha timidement une main du flanc de l'animal. Comme il ne réagit pas, elle s'enhardit et posa sur lui ses deux mains. Elle prit une grande inspiration puis poussa de toutes ses forces. Le félin ne remua même pas.

-Sindar! Bouge de là! s'exclama-t-elle, exaspérée.

Le félin ouvrit un œil…pour le refermer aussitôt. On aurait pu le croire complètement immobile, si ce n'était de son oreille qui frémit face au soupir de Melian.
Maedhros entra dans la pièce à ce moment. La jeune fille remonta vivement la couverture, qui avait glissé sur son buste. Maedhros, un léger sourire sur les lèvres, fit mine de n'avoir rien vu.

-Bien dormi? s'enquit-il.

L'expression qu'il arborait laissait supposer à Melian qu'il n'était pas étranger au comportement de Sindar. Maedhros continua à parler, sans qu'il ne fasse cas du silence de Melian. Il commençait à s'y habituer…

-Prépare-toi, nous devons partir rapidement si nous ne voulons pas manquer le bateau en direction de Teldrassil.

-J'attends seulement que tu te retournes, dit-elle tout en le regardant d'un regard rempli d'avertissements.

-À vos ordres, madame, énonça-t-il tout en lui tournant le dos.

Melian posa alors les yeux sur Sindar. Même le grand fauve, difficilement impressionnable, jugea plus prudent de ne pas insister face à ce regard. Il se redressa, non sans prendre le temps de s'étirer voluptueusement, puis fit un pas sur le côté afin de libérer les jambes de la jeune fille. Melian ramassa son pantalon et sa chemise, puis lança un regard soupçonneux au félin. Sindar gardait ses yeux fixés sur elle. La jeune fille aurait juré y apercevoir une lueur…d'amusement? Résolue, elle lui tourna le dos puis s'habilla le plus rapidement possible tout en ménageant son abdomen. Elle s'approcha de Maedhros en fixant sa ceinture à sa taille. Elle trouvait rassurant de sentir le poids des lames jumelles de chaque côté de ses hanches.

-Prête? lui demanda Maedhros en la fixant de ses yeux violets.

«Décidemment, il est efficace», songea Melian en voyant qu'il avait empaqueté leurs affaires.

-Oui, ça va. Nous devrions manger à bord du navire seulement, proposa-t-elle en voyant la noirceur reculer peu à peu sous la lueur des premiers rayons flamboyants du soleil.

Maedhros hocha la tête. Il était du même avis.

-Allons-y, dit-il en approchant la main de la poignée de la porte.

À ce moment, Sindar qui était encore allongé se redressa rapidement, alerte. Il s'approcha doucement de la porte, museau et oreilles frémissants. Sous les regards étonnés des deux jeunes gens, il recula en grondant, canines dévoilées et poil hérissé. Maedhros se reprit rapidement et, se baissant au niveau du félin, le fixa du regard. Le fauve sembla se calmer, mais continua à émettre un grognement sourd. Melian, qui patientait durant leur échange fut surprise quand Maedhros leva vers elle un regard où se mêlaient appréhension et détermination.

-Tu dois partir. Maintenant, ajouta-t-il en voyant que la jeune fille ne réagissait pas.

-Pourquoi? demanda-t-elle.

Maedhros ne répondit pas. Tous deux, sens aux aguets, avaient entendu les lourds pas dans l'escalier. Le bruit d'une épée qu'on sort de son fourreau…Au regard qu'ils échangèrent, Maedhros sut que Melian avec compris. Des gardes d'Hurlevent. Coïncidence? C'était peu probable. Les pas se firent plus près, plus audibles.

-Va-t'en, articula-t-il silencieusement.

Melian secoua négativement la tête, obstinée. L'elfe étouffa un juron. Évidemment, la jeune fille en faisait souvent à sa tête, mais il aurait bien aimé cette fois qu'elle lui obéisse. Il s'approcha prestement d'elle.

-Tu dois partir, siffla-t-il d'un ton sans appel. Nous ne pouvons pas les combattre, cela empirerait la situation. Pars! Je vais les retenir.

-Et tu crois qu'ils te laisseront faire, sans dire un mot? rétorqua-t-elle, une flamme dans ses yeux opalescents.

-On se retrouvera après, ne t'en fais pas. Allez, s'il te plaît Melian, quitte cette pièce, demanda-t-il plus doucement, en la vrillant de ses yeux violets.

Les pas s'étaient maintenant extrêmement rapprochés. Plus que quelques secondes, avant que les gardes ne pénètrent dans la pièce. Melian se résigna. Elle tourna le dos à Maedhros et se déplaça rapidement vers la fenêtre, qu'elle ouvrit le plus silencieusement possible. Elle se glissa dehors, la referma et disparue au moment même où un garde ouvrait la porte à la volée, épée dégainée et prêt au combat. Il fut suivit par deux autres gardes et une autre personne, une femme. En voyant celle-ci, Maedhros blêmit. Il sut immédiatement que s'il ne pouvait pas la retenir longtemps, Melian n'aurait aucune chance de s'en tirer.

-Où est-elle? demanda celui qui semblait diriger la petite troupe.

-Qui donc? répondit Maedhros, feignant l'incompréhension.

-Ne fait pas semblant, elfe. Il vaut mieux pour toi, et pour elle, que tu nous dises la vérité, dit l'homme en s'approchant de Maedhros, épée brandie.

Inconsciemment, en voulant protéger Melian, il faillit faire un pas pour se placer devant la fenêtre. Il n'en fallut pas plus à l'individu vêtu d'une armure en cuir souple. Ce presque mouvement confirmait ses soupçons, déjà bien présents. Elle fit un signe de tête aux gardes. Aussitôt ceux-ci se déplacèrent de façon à encercler Maedhros. Sindar rugit en dévoilant ses canines. Il bondit devant la fenêtre pour bloquer le passage à la femme.

-Retiens ton fauve, elfe, ou il va tâter de mes lames, dit-elle d'une voix qui dégageait une grande assurance.

Sindar cracha en réponse à la menace. Maedhros et lui échangèrent un regard. L'elfe lut dans les yeux du magnifique félin qu'il ne bougerait pas. L'animal retourna son attention sur la femme. Il se ramassa pour bondir. D'une formidable détente, il se propulsa vers l'avant. Sa cible, qui avait anticipé son coup ne fit que s'écarter puis se dirigea vers la fenêtre, qu'elle ouvrit. L'action n'avait duré que le temps d'un souffle. Maedhros voulut partir à sa poursuite, mais deux des gardes lui empoignèrent les bras afin de l'immobiliser.

-Melian! cria-t-il

Il se débattit mais un coup l'atteignit à la tête. L'elfe s'effondra, la vision brouillée. Maedhros lutta contre la noirceur qui l'envahit, en vain, lorsqu'un deuxième coup le fit sombrer. En voyant son plus proche ami à la merci des gardes, Sindar cessa de combattre, de peur d'envenimer la situation. Résigné, il suivit les gardes qui emmenaient l'elfe inconscient, non sans cesser de grogner, avertissant ceux qui s'approchaient trop.

*****
Dès qu'elle fut à l'extérieur, Melian se retourna et escalada la façade du bâtiment. Chaque mouvement qu'elle accomplissait se faisait cruellement sentir au niveau de son flanc, mais elle ne pouvait y prêter attention, pas après que Maedhros ait décidé de rester pour lui accorder une chance de s'en tirer. En méprisant sa douleur, elle se hissa jusque sur le toit de l'auberge. Ce seul effort l'essouffla, à un point tel que même dans cette situation, elle ne put s'empêcher de sourire. Que dirait Keryn en voyant son état? Elle l'aurait probablement regardée en secouant la tête. Penser à la voleuse qui l'avait amenée à découvrir son monde lui noua l'estomac. Melian se remua, ce n'était pas le moment de lambiner. Si elle était poursuivie, elle aurait du mal à s'échapper. Une vague d'angoisse la submergea, puis la jeune fille se calma en se disant que des gardes auraient bien du mal à la suivre, avec leurs lourdes armures et leurs armes encombrantes. Elle eut à peine le temps de se réjouir que des pas se firent entendre sur le toit du bâtiment adjacent, sous la fenêtre d'où elle était sortie. Un pas très, très léger. Et souple…si bien qu'elle faillit ne pas l'entendre. Melian retint un gémissement d'angoisse. En faisant volte-face, ses yeux tombèrent sur le toit de l'hôtel des ventes du quartier commerçant. Un saut facile, un peu plus d'un mètre…quand on n'a pas un côté raidit par un flanc déchiré…La jeune voleuse ne pouvait pas rester là, aussi elle décida de tenter le saut. Melian atteignit l'endroit visé, à son grand soulagement. Mais le choc du à son atterrissage propagea une onde de douleur dans son corps. Elle sentit la jambe de son côté blessé faiblir. Melian trébucha et tomba vers l'avant. Elle se rétablit en faisant une roulade puis se releva. Elle jeta un coup d'œil derrière son épaule, chose qu'elle regretta. Sa poursuivante, une femme vêtue d'une armure moulante en cuir s'apprêtait déjà à sauter. C'était une combattante expérimentée et qui, de toute évidence, était, elle, en pleine possession de ses moyens. Melian se mit aussitôt en mouvement, bien que ses chances aient énormément diminuées face à pareille poursuivante. Elle commença à courir, tant bien que mal. Elle sauta de toit en toit, avec une difficulté toujours grandissante, opposée à la distance de plus en plus petite qui la séparait de l'humaine. Melian avait à peine traversé le quartier commerçant. Elle ne s'en sortirait pas. La jeune fille s'apprêtait à sauter du toit d'un bâtiment quand une dague siffla au niveau de ses chevilles. En voulant l'éviter, elle perdit l'équilibre et se rattrapa d'extrême justesse à la corniche de la maison. Melian regarda en bas. L'atterrissage serait douloureux, mais elle n'avait pas le choix. Heureusement, la petite ruelle était déserte. La jeune fille lâcha prise au moment où des mains agrippèrent son poignet. Elle fut hissée sur le toit. Pour une fois, Melian aurait préféré tomber. Elle ne perdit pas de temps. Une fois rétablie, elle tordit le bras de la voleuse afin de dégager son poignet. Enfin, essaya de tordre son bras. Cette femme était une voleuse émérite, qui se trouvait face à une novice, qui, bien que douée, avait un sérieux désavantage. Le bandage n'était pas visible, mais à la raideur des mouvements de sa jeune adversaire, l'humaine sut précisément, sans aucun mal, où la jeune fille avait été atteinte. Malgré sa situation précaire, Melian n'avait pas l'intention de se laisser faire. Elle feinta sur la gauche, puis dégaina ses lames et plongea sur la droite. La voleuse était bien trop expérimentée pour se laisser avoir par une telle tactique. La femme aurait aimé laisser la jeune fille continuer, car elle semblait avoir des capacités très intéressantes malgré son jeune âge, mais elle devait faire vite. Lorsque Melian s'avança d'un pas et porta un coup au niveau de la taille, la voleuse esquiva souplement le coup, agrippa le bras de la jeune fille et le lui tordit derrière le dos. La jeune fille ne s'avoua pas vaincue. Elle tenta de se dégager, mais la prise de la voleuse était aussi solide que du roc. Comme Melian ne cessait de se débattre malgré sa mauvaise posture, la voleuse posa un geste afin de l'immobiliser. Elle frappa du poing, en tentant d'amortir un peu son coup, à l'endroit exact où une lame avait fraichement mordu la chair de la fille. Aussitôt, la voleuse la sentit s'affaisser, mais pas assez pour l'empêcher de continuer à tenter de se dégager. Avec un soupir qui démontrait le peu d'enthousiasme qu'elle avait à poser un tel geste, l'humaine retourna Melian et lui asséna un coup dans le ventre. Cette fois-ci, la novice ne put rester debout. Elle s'effondra sur les genoux, le souffle coupé. Son adversaire ne perdit pas de temps. La femme la frappa à la nuque. Elle rattrapa la jeune fille évanouie avant que sa tête ne heurte le sol. Elle la souleva et s'en alla en direction de la vieille ville.

*****

Melian reprit conscience avec un mal de tête monumental. Elle attendit que le sol arrête de tanguer pour ouvrir doucement les yeux. La jeune fille ne voyait rien du tout. Elle ne pouvait évaluer les dimensions de la pièce où elle se trouvait, car elle était plongée dans une profonde noirceur. Puisque sa vue lui faisait défaut, Melian eut recours à ses autres sens pour la renseigner. Elle était étendue sur un matelas moelleux, recouvert d'un drap soyeux. Autant de luxe ne pouvait être associé à une geôle dans la prison d'Hurlevent… En tendant l'oreille, Melian ne distingua qu'un léger bruit de conversation, qui lui sembla très éloigné. Elle tenta de se redresser, pour qu'aussitôt une douleur sourde dans son ventre le lui fasse regretter. Comme si ce n'était pas suffisant, celle de son côté s'éveilla à son tour. Elle étouffa un gémissement, puis remua doucement chacun de ses membres pour vérifier l'étendue des dégâts. Hormis une douleur aux genoux, elle ne trouva rien de nouveau. En revanche, la jeune fille ne sentit pas le poids des lames de chaque côté de ses hanches, ni celui du couteau dissimulé dans sa botte. Une bouffée de panique l'envahit, elle n'aimait pas se sentir aussi vulnérable. Oubliant momentanément sa dernière tentative, peu fructueuse, elle essaya de s'asseoir, avant de se laisser choir sur le dos. Cette fois-ci, la souffrance qui découla de son geste fut plus virulente, si bien qu'elle ne put retenir un cri de douleur. En maudissant sa stupidité, Melian referma les yeux et se força à respirer lentement. À chacune de ses expirations, son mal s'atténuait légèrement. Des pas retentirent alors, plus près à chaque instant. Elle tendit l'oreille. C'était de petites enjambées rapides. Le loquet d'une porte dissimulée par la noirceur cliqueta puis le battant s'entrouvrit doucement. Une main apparue, suivi d'un être minuscule. Un gnome.

-Tu es enfin réveillée, s'exclama-t-il en refermant la porte puis en allumant les chandeliers aux coins de la pièce.

Melian le regarda sans comprendre. Elle ne savait ni où elle était, ni ce qui lui arrivait, ni qui était ce petit bonhomme. La jeune fille tenta prudemment de se redresser, beaucoup plus lentement cette fois-ci et s'aidant de ses bras plutôt que de solliciter ses abdominaux. Le gnome se déplaça prestement vers elle, plaçant un oreiller dans son dos de façon à ce qu'elle soit confortablement installée. Melian le regarda, méfiante. Le gnome, qui à première vue lui avait semblé maladroit, se mouvait avec une étonnante agilité sur ses jambes courtaudes.

-Allons, ne fait pas cette tête-là, je ne vais pas te manger, dit-il en lui adressant un clin d'œil de son regard brun chocolat.

Les yeux de la jeune fille tombèrent sur un bandage souillé, posé sur la table de chevet près du lit.

-Je me suis occupé de ta coupure au flanc, précisa-t-il en suivant son regard. Sacrée blessure. Ne t'en fais pas, ajouta-t-il en voyant la jeune fille rougir d'embarras. Tu n'es pas la première que je rafistole, et tu ne seras pas la dernière. Tu dois être sacrément douée pour avoir échappée à Sloan pendant quelques minutes avec un tel handicap. Je crois bien qu'elle n'exagérait pas en nous parlant de toi. Tu l'as tellement impressionnée qu'elle est allée voir Mathias pour qu'il intercède en ta faveur auprès du roi lui-même, tu te rends compte? demanda-t-il en s'affairant autour de la jeune fille, examinant les hématomes sur ses genoux.

Melian portant ses mains à ses tempes. Le flot incessant de paroles l'étourdissait, les mots du gnome la rendait de plus en plus confuse à mesure qu'il nommait toutes ces personnes. Comme si elle était sensée connaître ces noms! Le gnome sentit son malaise.

-Pardonne-moi Melian, lui dit-il en s'arrêtant pour la fixer dans les yeux. Je suis peut-être allé un peu rapidement. Mon vrai nom te serait inutile. Ici, tout le monde me nomme Doc Mixilpixil, ou plus simplement Doc, ou encore Mix, si tu préfères.

Melian s'apprêtait à lui poser une question lorsque le petit être reprit son monologue.

-Enfin, toujours est-il que je pense que Sloan t'aime bien. Tu l'as sacrément impressionnée. C'est pourquoi elle a parlé à Mathias, elle aimerait qu'on te recrute, même si tu es vraiment jeune. Il va sûrement s'arranger avec le roi. Après tout, la plus part d'entre nous avons été recrutés dans les geôles d'Hurlevent. Je dois admettre que je suis surpris qu'une si jeune personne ait déjà commis un crime assez important pour mobiliser la garde d'Hurlevent. Un meurtre hein?

-Non! s'écria vivement Melian. Enfin, si, se reprit-elle. Mais je ne voulais pas, c'était un accident.

-Bien sûr, dit-il en ponctuant ses mots d'un clin d'œil complice. Mais ne t'inquiète pas, tout ça est derrière toi maintenant, et personne ne te reprochera quoi que ce soit une fois que Mathias aura calmé la garde.

Doc ouvrit la bouche pour continuer, puis la referma. Pour un voleur, Sloan lui reprochait souvent de faire preuve d'un «entrain excessif», selon ses propres mots. Il ne pouvait nier le fait qu'il aimait discuter de tout et de rien, mais cela n'altérait pas ses sens ou sa sensibilité. Il capta aisément le désarroi de la jeune fille. Il tira une chaise près du lit et s'y installa, sentant qu'après l'avoir bombardée de mots, sa patiente aurait plusieurs questions à lui poser. Melian ferma les yeux pour mettre de l'ordre dans le déluge d'informations qu'elle avait reçu. Elle était épuisée, mais elle voulait des réponses à ses questions.

-Tu as parlé de plusieurs personnes, commença-t-elle. Qui est ce Mathias, pour avoir autant d'influence auprès du roi? Et où suis-je, pour commencer?

-Je comprends mieux que tu sois si déroutée. Je croyais que tu savais, ou qu'au moins tu avais des doutes…Si j'avais su que tu ne savais pas, je te l'aurais dit bien plus tôt!

Devant le regard confus de Melian, il ne put s'empêcher de sourire.

-Eh bien, Mathias est le chef principal de notre ordre, dit-il en se levant. Tu dois te reposer maintenant, je vois bien que tu tombes de fatigue. Je reviendrai te voir dans quelques heures. Rendors-toi, ajouta-t-il doucement.

Il se dirigea vers la porte.

-Votre ordre? questionna la jeune fille, encore plus troublée, qui sentait la fatigue l'emporter.

La réponse de Mix, qui était sorti de la chambre, lui parvint de très loin, comme au travers d'un épais brouillard. Elle l'entendit à peine avant de sombrer dans un profond sommeil réparateur.

-Très chère Melian, bienvenue au quartier général du Si:7…