Premièrement, je tiens à m'excuser pour la longue période qui a suivit ma dernière publication. Je tiens à vous rassurer, je n'ai pas abandonner. J'ai la ferme intention de continuer cette fic.
Dimanche le 24 Novembre, cela faisait exactement une année, jour pour jour, que j'ai débuté cette histoire. Et je tenais à remercier tous les lecteurs (même ceux qui ne laissent pas de commentaires), et surtout, ceux qui ont réussi à passer par-dessus les premiers chapitres, qui sont franchement pas terrible comparés aux plus récents. En effet, au bout d'une année, on peut s'attendre à une certaine progression. Vous êtes peu nombreux à avoir lu les derniers, mais vous ne pouvez pas savoir comment c'est satisfaisant de voir que des gens apprécient ce que vous faites.
Ensuite, un grand, GRAND, ÉNORME merci à Skully-Bonbon, pour ton soutien inconditionnel, les pavés que tu m'envois en guise de commentaires à chacun de mes chapitres, sans exception. Enfin, merci d'avoir accepté de me prêter quelques-uns de tes persos (absolument géniaux) pour ce chapitre et le suivant.
«Peu importe si le début parait petit»
Henry David Thoreau
-Bon, faisons le point, veux-tu? Nous venons de traverser près de la moitié du continent, en presque quatre semaines. Et maintenant que nous sommes enfin à la lisière de cette maudite forêt -n'y voyez ici aucune tentative d'humour de ma part- tu me dis que tu ignores où nous pouvons trouver ce fameux elfe? demanda Maedhros, incrédule.
-Je n'ai jamais prétendu que je savais exactement où il se trouvait, se défendit Elenna en haussant les épaules, comme pour s'excuser.
-Ce n'est pas si grave, intervint Melian d'un ton égal. Nous chercherons, nous n'avons pas d'autre choix.
-Chercher? répéta le chasseur. Dois-je vous rappeler que nous ne sommes pas seuls dans cette forêt? La horde est aussi bien présente, et je ne sais pas pour vous, mais je préfèrerais éviter de les rencontrer.
-Ne me dit pas que tu as peur d'un tas d'os ambulants, le piqua Melian.
-Tas d'os ambulants? Je ne crois pas que ce soit la bonne façon de les percevoir.
La voleuse haussa les épaules de l'autre coté du petit feu qu'ils avaient prudemment allumé. Le trio avait choisi un endroit abrité pour dresser un campement sommaire, au centre d'un cercle de pierre à la base d'un promontoire rocheux. Malgré la proximité de lisière, les bois avaient déjà atteint leur pleine densité. Les conifères se serraient les uns contre les autres, parfois si près qu'il fallait contourner certains massifs. Même si ces conditions gênaient leur progression, les arbres leur conféraient un certain avantage, en masquant la mince volute de fumée montant des flammes.
-Heureusement pour nous, nous avons plus de chances de rencontrer une patrouille de worgens qu'autre chose. Leur flair devrait leur permettre de localiser rapidement notre piste s'ils la croisent à un moment, affirma Elenna.
-Honnêtement, je ne suis pas certain de vouloir de tomber nez à nez avec une meute de worgens en chasse, plaisanta Maedhros.
-C'est ça ou les réprouvés, à toi de choisir, répliqua Melian en s'adossant contre la pierre froide.
-C'est bon, pas la peine de le prendre sur ce ton, dit le chasseur en se rembrunissant. Je plaisantais, c'est tout.
-On le sait bien, c'est toujours ce que tu fais, asséna-t-elle.
-On peut savoir ce qui t'arrives? lui demande Maedhros. Tu es bien irritable ce soir.
Comme seule réponse, Melian se contenta de hausser les épaules. Elle se détourna et se dirigea silencieusement vers Onyx, qui somnolait non loin de la lumière réconfortante des flammes.
-Allez, j'y vais, c'est à mon tour, déclara soudainement Elenna. Je serai de retour dans une heure, comme convenu.
-Soit bien prudente, surtout, lui recommanda l'elfe.
-Quand ne le suis-je pas? répondit la druidesse avec un sourire en coin.
Sur ce, elle se changea en fauve. Arrivée à la limite du campement, elle se fondit rapidement parmi la végétation, ombre aussi noire que la noirceur ambiante. Elenna progressait rapidement dans l'entrelacs que formait la forêt des Pins-Argentés. La seule lueur qui aurait pu lui éclairer la voie était celle des étoiles, mais malgré toute leur volonté, les astres ne parvenaient pas à lui faire traverser la sylve qui s'étendait sous elles. C'était tout juste si elles parvenaient à l'effleurer. Pourtant, cela ne gênait pas Elenna, loin de là. Le félin qu'elle était devenue n'avait en aucun cas besoin de lumière pour y voir clair dans ce fouillis végétal.
Après le départ de la druidesse, Maedhros porta son regard vers Melian. Il l'observa en silence pendant quelques instants. Onyx avait appuyé son front contre son torse tandis que la voleuse lui caressait l'encolure. À un moment, elle pencha la tête pour lui chuchoter à l'oreille. Ses longs cheveux noirs, qu'elle avait détachés, formèrent un rideau qui se fondit dans la crinière de l'étalon. Intrigué, Maedhros se demanda ce qu'elle pouvait bien lui dire. Après une dernière caresse, Melian revint près du feu. Ce fut l'elfe qui brisa le silence.
-Et si tu me disais ce qui te tracasse tant? demanda-t-il doucement, la tête penchée sur le côté.
-Je ne vois pas de quoi tu parles, rétorqua-t-elle.
-Moi, je crois que oui. Et ne vas pas me dire que c'est à cause des tas d'os ambulants.
-Eh bien, ce n'est pas mon problème si tu ne veux pas entendre la réponse à ta question, rétorqua-t-elle sans tenir compte de la tentative d'humour.
Maedhros la fixa en silence, se contentant d'hausser un sourcil. Évidemment, il ne la croyait pas. Melian soupira.
-Je suis seulement inquiète, c'est tout, confessa-t-elle. Comment je vais réagir si en fait, ce gars-là ne peut pas nous aider? Si on se rend compte que c'était stupide, que tout ça n'aura finalement servi à rien.
-Ça n'aura pas été inutile, la détrompa le chasseur.
Il garda le silence, puis, peu à peu, un sourire étira ses lèvres.
-C'était bien essayé, reprit-il. Je dois t'accorder ça. Cependant ce n'est pas tout, il y a autre chose.
«C'est pas vrai, il va continuer encore longtemps, comme ça?» se demanda-t-elle.
Elle fit toutefois attention à ne pas laisser transparaître sa pensée lorsqu'elle répondit.
-Comment peux-tu en être sûr? Tu lis dans mon esprit, peut-être?
-Non, tu as raison, c'était idiot. Oublie ça, fit-il, sa phrase ponctuée d'un geste vague de la main.
Il savait pourtant qu'il était dans le vrai. Mais connaissant Melian, il était certain de ne pas avoir de réponse tant qu'elle ne serait pas prête à en parler. La voleuse ne se leurrait pas non plus. Maedhros n'était pas dupe, c'était évident. Elle était toutefois contente de le voir abandonner la partie. C'est à ce moment qu'Elenna revint.
-Tu as fait vite, dit donc, s'étonna Melian.
-Inutile de continuer, j'ai…
-Tu as eu des problèmes? lui demanda Maedhros en fronçant les sourcils.
-Non répliqua vivement Elenna. Mieux que ça. Je suis tombée sur la piste d'une patrouille de worgens. Je l'ai suivie sur une bonne distance, elle semble maintenir sa progression vers l'ouest.
-Alors nous devrions partir sans tarder, suggéra la voleuse.
-Je ne sais pas si c'est prudent, intervint Maedhros. Avec cette noirceur…
-Qui, parmi nous, veux-tu que ça dérange? répliqua-t-elle. L'absence de lumière n'est pas un problème. Et puis, si nous progressons sous le couvert de la nuit, nous diminuons nos chances d'être repérés.
-Très bien, allons-y, céda-t-il finalement. Nous verrons bien si nous pouvons les trouver.
Rapidement, les trois jeunes gens démontèrent le petit campement. Elenna éteignit le feu avec de la terre tandis que Maedhros se préparait. Melian, elle, se dirigea vers Onyx, chargée de leurs affaires. D'une main experte, elle posa la selle sur le dois du grand étalon, boucla les sangles et fixa les sacoches de chaque côté. Melian lui passa finalement la bride. L'animal se laissa faire. Il avait néanmoins redressé la tête, alerte. Ses naseaux frémissaient et ses oreilles pivotaient sans cesse, captant le plus de sons possible. Melian lui tapota l'épaule et retourna vers les restes mourants du feu, l'entrainant à sa suite. Maedhros venait tout juste de terminer de se préparé. Il fit rouler ses épaules afin de s'assurer que son carquois ne le gênait pas.
-Allez, Elenna, annonça-t-il après avoir vérifié que tout était en ordre. On te suit.
La druidesse acquiesça, se changea en fauve et, Sindar à ses côtés, ouvrit la voie.
-Vas-y, dit l'elfe avec un geste de la tête. Je vais fermer la marche.
À son tour, Melian se mot en mouvement, avec moins de célérité que les deux félins par contre. Maedhros les suivit. Au début, leur progression était plutôt lente. Le petit groupe était ralenti par la présence du grand étalon. Melian étouffa un juron lorsque, pour la énième fois, ils durent retourner sur leurs pas afin de contourner un passage impraticable. Elle pesta en silence contre cette maudite forêt, qui donnait l'impression de faire saillir ses racines pile à l'endroit où elle posait les pieds. Contre ses branches tordues qui donnaient l'illusion de se tendre vers elle, qui semblaient prendre un malin plaisir à lui écorcher les joues. Elle sentait que Maedhros était presqu'à bout lui aussi. Au moment où elle allait perdre patience, ils débouchèrent sur un sentier dégagé. Elenna, qui les avait devancés, les y attendait, le fauve gris allongé à ses pieds.
-Sindar a pris un peu d'avance, expliqua-t-elle. Il assure que la piste reste dégagée sur plusieurs kilomètres. Nous devrions en profiter pour accélérer l'allure.
-C'est une excellente nouvelle, répondit Melian en sentant le soulagement l'envahir.
Elle resserra la sangle de la selle d'Onyx. D'un bond leste, elle se jucha sur le dos de l'étalon. Melian fronça les sourcils en voyant le petit sourire satisfait d'Elenna. Elle comprit lorsqu'elle sentit Maedhros monter derrière elle. La jeune fille se sentait bête de s'être laissée surprendre; ce n'était pas la première fois qu'ils procédaient ainsi. Malgré la noirceur, elle réajusta son capuchon afin d'être certaine de bien masquer son trouble. Elenna reprit la tête, devenue félin une fois de plus. Sindar bondit à ses côtés. Melian serra doucement les flancs d'Onyx. L'animal se mit en mouvement avec un manque d'enthousiasme évident, rendu nerver par l'absence de lumière. Melian avait cependant confiance: le sentier ne semblait pas trop tortueux. D'un claquement de langue, elle lança sa monture au trop, puis au petit galop.
Alors que l'aube commençait à pointer, Maedhros stoppa leur progression.
-Arrêtez! s'exclama-t-il.
-Qu'est-ce que…commença Melian.
Sindar dévoila ses crocs en grondant, Onyx renâcla. Au loin, la clameur d'un combat se faisait entendre. Les jeunes gens échangèrent des regards nerveux. Aucun d'eux ne voulait se trouver dans les parages si la horde prenait l'avantage dans cette mêlée…Ils préférèrent ne pas penser à ce qui leur arriverait si cette possibilité venait à se concrétiser. Melian se ressaisit.
-Je vais aller voir ce qui se passe, annonça-t-elle.
-Tu as perdu la tête ou quoi? répondit vivement Maedhros. Tu veux te faire tuer peut-être?
-Je vois que la confiance règne, répliqua Melian, acerbe.
Maedhros allait protester, mais elle le devança cette fois.
-Je ne me ferai pas prendre. Je n'ai pas l'intention de me jeter dans le combat, je veux seulement observer la scène.
Elenna posa une main sur l'épaule du chasseur. Celui-ci soupira, puis secoua la tête, vaincu.
-Quittez la piste, leur suggéra-t-elle. Je ne serai pas longue.
À peine sa phrase complétée, elle disparut dans les fourrés.
-J'espère qu'elle sait ce qu'elle fait, murmura Maedhros.
Melian avançait le plus rapidement possible, satisfaite de voir que sa progression allait bon train. Elle se guida à l'oreille. Lorsqu'elle sentit les combats tout près, elle se hissa avec habileté dans un arbre et continua à avancer ainsi, afin d'éviter d'éventuels combattants isolés et de dissimuler plus efficacement sa présence. Peu de gens pensent à lever les yeux, surtout en forêt.
«Ils pensent à regarder où ils mettent les pieds» songea-t-elle, amusée.
Elle parcourait quelques mètres de plus de lorsqu'un hurlement sauvage lui glaça le sang. D'autres encore firent écho à cette première manifestation bestiale. Prudente, elle jeta un regard vers la petite clairière. L'endroit, qui avait du paraître calme auparavant était maintenant la scène d'un véritable massacre. Melian ferma les yeux pour lutter contre la nausée qui l'envahissait. Elle essaya plutôt de se concentrer sur l'aspect plus positif: l'alliance était sortie victorieuse de cette escarmouche. Elle ne vit aucun humain parmi les combattants qui circulaient sur le champ de bataille. Que des elfes, des nains et…des worgens. Melian frissonna à la vue de ce qui devait être la meute dont ils avaient suivi la piste. Les hommes-loups étaient bien plus impressionnants qu'elle ne l'aurait cru. Une lueur animale allumait leurs yeux et Melian se demanda s'ils avaient le plein contrôle d'eux-mêmes sous cette forme. Elle n'eut pas le temps de s'interroger plus longtemps; une légère brise venue de l'est traversa la clairière. Les worgens, qui avaient commencé à s'éloigner, s'arrêtèrent net. L'un d'eux leva la tête en humant l'air, puis se retourna lentement. Melian sentit plus qu'elle n'entendit les mots prononcés par le worgen.
-Nous avons été suivi.
Il envoya l'un des hommes-loups pour prévenir les autres de ses intentions, puis il s'enfonça dans la forêt avec quatre worgens à ses côtés.
Melian était inquiète quant à la réaction qu'auraient les pisteurs en tombant sur leurs proies. Les verraient-ils comme des alliés ou se montreraient-ils soupçonneux? La voleuse décida de rebrousser chemin, pour les retrouver. Elle était à mi-parcours lorsqu'elle sauta au sol pour rejoindre la piste et ainsi progresser plus rapidement. Cependant, dans sa hâte, elle ne fit pas attention à ce qui l'entourait. Aussi, lorsque ses pieds touchèrent terre, elle se retrouva nez à nez avec une elfe de sang. D'un bond, elles s'éloignèrent l'une de l'autre. Melian dégaina ses lames d'un même mouvement. Toutefois, elle hésitait à attaquer. La jeune fille remarqua dans les yeux verts de l'elfe aux cheveux blonds les mêmes doutes qu'elle sentait au fond d'elle-même. Melian s'était entraînée, d'accord. Mais en voyant la prise peu assurée qu'avait son adversaire sur son arme, elle renonça à combattre. Elle baissa ses lames. Un sourire reconnaissant étira les lèvres de l'elfe. Celle-ci fit de même avec sa longue épée qu'elle tenait à deux mains. Elle allait la rengainer lorsqu'une expression terrifiée apparue sur son visage. Une fraction de seconde, Melian crut à un piège, mais elle repoussa l'idée lorsqu'elle la vit faire demi-tour et détaler dans la direction opposée pour se cacher derrière un arbre. La voleuse, avertie par son sixième sens, se décala d'extrême justesse, à un point tel qu'elle crut sentir la lame s'enfoncer dans la chair tendre de sa gorge. Elle plongea en avant, fit une roulade, puis se releva en faisant volte-face pour découvrir son agresseur.
C'était aussi une elfe, mais contrairement à celle qui l'avait précédée, elle ne dégageait aucune innocence: qu'une noirceur et une cruauté incroyables. Elle envoya ses cheveux platine en arrière d'un mouvement sec de la tête. En voyant la jeunesse de son adversaire, un sourire torve étira ses lèvres. La lueur sardonique qui apparut dans ses yeux de glace et ses dagues acérées, dont les gardes étaient élimées par l'usage, indiquèrent clairement à Melian que, si elle baissait ses lames cette fois-ci, elle était morte. D'ailleurs, ses chances étaient extrêmement minces de l'emporter. Elle faisait face à une combattante expérimentée, qui se montrerait impitoyable. Melian en eut des frissons; on aurait dit un chat qui avait l'intention de s'amuser avec une souris, d'étirer le plus possible ses souffrances jusqu'à ce que sa victime la supplie de l'achever. La jeune fille devrait vendre chèrement sa peau. Elle serra les doigts autour du manche de ses poignards, puis expira et les détendit, tâchant de redonner à ses lames toute la vitesse et la précision qu'elles avaient. Melian, elle le sentait, en aurait grandement besoin. Et encore, cela ne suffirait peut-être pas…
Elenna se redressa, alerte. Maedhros porta son regard dans la même direction.
-As-tu entendu ça? souffla-t-elle.
Le chasseur n'eut que le temps d'ouvrir la bouche avant que les buissons devant eux ne se déchirent et laissent place à une bande de worgens. Onyx se cabra, se redressant de toute sa hauteur. Elenna s'empressa de le retenir par les rênes et de le rassurer. Sindar, lui, se glissa près de Maedhros, ses yeux jaunes allant d'un worgen à l'autre sans jamais faire de pause. Ceux-ci les encerclèrent afin d'être certains de ne leur laisser aucune échappatoire. Celui qui devait être le chef s'avança.
Il était plus grand que les autres. Une épaisse fourrure d'un gris sale couvrait don corps humanoïde. Ses bras musculeux se terminaient par des mains à cinq doigts aux griffes d'une longueur effarante. Il pouvait sans aucun doute égorger un adversaire sans grands efforts. Si son corps rappelait vaguement celui d'un homme, sa tête, elle, tenait presqu'entièrement du loup. Maedhros n'aurait su dire d'où venait cette parcelle d'humanité qu'il percevait. Sûrement du vague sourire qui découvrait en partie les crocs du worgen.
-Qui êtes-vous et que faites-vous par ici? leur demanda-t-il d'une voix basse et grondante.
Maedhros jeta un coup d'œil à Elenna. La druidesse lui renvoya son regard en tentant d'afficher une mine confiante.
-Je me nomme Maedhros, se présenta-t-il, et voici Elenna.
Les yeux prédateurs du worgen se braquèrent sur celle-ci. Elle ne se laissa pas impressionner.
-Nous voyageons depuis Hurlevent, afin de rejoindre Valion.
-Le vieux Fineramure? s'étonna-t-il. Que peuvent bien lui vouloir des gamins comme vous?
-C'est un bon ami de la famille, reprit-elle. Lorsque nous sommes arrivés dans la forêt des Pins-Argentés, nous n'étions pas certains de savoir où le trouver. Nous avons croisé votre piste par pur hasard et ce n'est pas dans un but hostile que nous l'avons suivie, je vous l'assure.
Son interlocuteur reste songeur un moment, puis estima que la situation ne présentait aucun risque.
-Je me nomme Jadod, se présenta-t-il. Éclaireur pour le Front de libération de Gilnéas, dirigée par le Seigneur Darius Crowley. Vous avez eu de la chance en croisant notre route, dit-il finalement. Vous n'auriez probablement pas réussi à trouver Valion sinon, puisqu'il se trouve beaucoup plus au sud, dans la région de Gilnéas, derrière nos lignes défensives. Nous vous conduirons au camp, mais je vous préviens. Une fois là, vous devrez vous débrouillez sans notre aide. Le temps nous est compté et nous avons fort à faire.
Il fit signe à ses combattants de se mettre en marche.
-Attendez, demanda Maedhros.
Jadod leva la main pour les stopper et reporta son attention sur le chasseur, attendant la suite.
-Nous ne sommes pas venus seuls. Une amie nous accompagne. Lorsque nous avons entendu les échos de votre combat, elle est partie en reconnaissance.
-Laura la retrouvera et la conduira en sûreté.
La concernée s'avança. Maedhros remarqua que c'était la seule femme du petit groupe. Néanmoins, celle-ci le dépassait d'une bonne tête.
-Ne pouvons-nous pas l'accompagner? demanda Elenna.
-Il vaut mieux ne pas tarder et se faire discrets, répondit Jadod. Le coin grouillera bientôt de réprouvés. Elle sera plus efficace seule. En route, maintenant, ordonna-t-il.
Les jeunes gens échangèrent un regard hésitant mais finirent par suivre la petite troupe. Laura leur adressa un signe de tête entendu. Lorsqu'ils se furent éloignés, elle ferma les yeux et huma l'air. Elle captait en effet l'odeur d'une troisième personne. Laura rouvrit les yeux et commença la traque.
