Note d'auteur : Bonne lecture de ce 4e chapitre !

RAR MG123 : Ca me fait plaisir que tu aimes ma fic :) Pour le Dramione, je ne suis pas fan des fics qui le mettent sur le tapis dès le 2e paragraphe, je préfère quand le contexte est mis en place, qu'il y a une histoire autour, donc même si ma fic est bourrée de clichés comme ça va augmenter par la suite, je suis contente de ne pas céder à cette facilité-là^^ Merci pour ta review !


Chapitre 4

Le jour du bal arriva très vite. C'était un jour pluvieux et orageux, les éclairs déchiraient le ciel. Un véritable temps d'apocalypse… La tension était à son comble, entre les trois maisons alliées et Serpentard. Des bagarres éclataient dans les couloirs, des insultes pleuvaient. Non, vraiment, Hermione imaginait autrement son premier bal d'Halloween. Elle gardait un excellent souvenir de celui du Tournoi des Trois Sorciers, et avait espéré que celui-ci y ressemblerait un tant soit peu, mais visiblement, ce ne serait guère le cas…

— Je me demande si on a eu une bonne idée, fit Ron au déjeuner. Imaginez un peu que les Carrow nous le fassent regretter…

— Évidemment que c'était une bonne idée, Ron ! protesta Hermione. Enfin, réfléchis, c'est l'honneur de la maison Gryffondor, qui est en jeu ! Braves et courageux, voilà ce que nous sommes, et c'est pour ça qu'on nous a envoyés ici. Sinon, on serait à Serpentard.

— N'exagérons rien, grommela Ron. Après tout, je n'aurais pas détesté être à Serdaigle, ils n'ont pas un tel sens de l'honneur, tout ce qui compte pour eux, c'est le savoir.

— Mais mon pauvre Ron, se moqua Hermione, jamais un Choixpeau magique n'aurait été assez fou pour t'envoyer à Serdaigle, c'est à peine si tu sais lire !

Il y eut quelques ricanements autour de la table et Ron se renfrogna. Hermione se mordit la lèvre, soucieuse de l'avoir blessé. Elle savait quelle sensation on pouvait avoir quand la personne à qui on avait avoué son amour vous humiliait en public… Ou du moins, elle s'en doutait, elle n'aurait guère apprécié.

— Désolée, se rattrapa-t-elle avec un sourire navré.

Ron haussa les épaules et ne répondit rien. Ils finirent de manger en silence et se levèrent ensemble de table pour retourner à la tour des Gryffondor. En chemin, ils croisèrent la petite troupe des soldats de l'ordre. Malefoy tenait Pansy par la taille et celle-ci riait – ou plutôt caquetait – à gorge déployée.

— Tiens, Granger et son Weasley, railla Malefoy. Pas trop déçus d'avoir perdu vos chers insignes de Préfets, tous les deux ? Que voulez-vous, il faut vivre avec son temps : nous, on a choisi le bon camp, celui du Seigneur des Ténèbres. Vous…

Il eut une moue dégoûtée et ne finit pas sa phrase. Il se remit à marcher, Pansy toujours agrippée à son épaule telle une sangsue. Hermione poussa un sifflement haineux à son égard lorsqu'il passa près d'elle mais il n'en tint pas compte.

— Tu as entendu ? demanda Ron. Il a dit « son Weasley ». Notre couple ne paraît pas si improbable, finalement…

Hermione rougit et s'empressa de rétorquer :

— Je n'ai jamais dit qu'il était improbable, Ron. Mais je n'ai pas de sentiments pour toi, c'est tout. Et arrête de faire allusion à ça, tu me mets mal à l'aise à chaque fois. Je t'ai dit que je voulais qu'on reste amis, mais si tu continues, je ne t'adresse plus la parole.

C'était direct, au moins. Ron se renfrogna à nouveau et ne dit plus un mot. Hermione soupira et fut soulagée de croiser Ginny, aux prises avec un garçon de Poufsouffle, Zacharias Smith.

— Non, Smith, je n'irai pas avec toi au bal. De toute façon, il n'a été demandé nulle part de venir avec un cavalier.

— C'était sous-entendu, personne ne va à un bal seul…

— Je ferai exception à la règle, alors. Fiche-moi la paix.

Smith eut une moue déçue mais n'insista pas. Ginny alla vers Hermione, l'air exaspéré.

— C'est le quatrième, aujourd'hui, je n'en peux plus !

Hermione se retint de lui dire que, de son côté, personne ne lui avait rien demandé, sans quoi elle en connaissait un qui se précipiterait sur l'occasion.

— Pourquoi sont-ils tous persuadés qu'il faut un partenaire pour un bal ? Ça a été le cas lors du Tournoi des Trois Sorciers, mais à ce moment-là, ce bal était une vraie fête. Là, ça ressemble plus à une messe noire…

Hermione haussa les épaules. Ginny avait raison, le mot bal était peu approprié pour ce genre de cérémonie qui, Hermione le sentait, serait sans doute plutôt sinistre. Elle s'attendait presque à ce que Voldemort vienne en personne à la fin pour signer des autographes… Ridicule !

~o~O~o~

Le soir, deux heures avant le bal, Hermione se prépara en compagnie de plusieurs filles de Gryffondor. Luna était venue leur tenir compagnie. Elle s'était habillée d'une jolie robe bleue roi, qui faisait ressortir celui de ses yeux. Malheureusement, elle n'avait pas renoncé aux radis en guise de boucles d'oreilles. Hermione se souvenait pourtant de la soirée de Noël donnée par Slughorn l'année précédente, et se rappelait que Luna avait pour une fois renoncé à ses excentricités.

— Tu ne veux pas que je te prête des boucles d'oreilles ? demanda Ginny avec une grimace.

— Non, non, répondit Luna. Ces radis éloignent les mauvais esprits. Et je risque d'en avoir besoin…

On ne pouvait pas lui donner tort, pour une fois. Ginny regarda la robe rouge qu'elle s'apprêtait à enfiler et dit d'une voix ironique :

— Dommage, pour une fois, j'aurais bien porté du vert, ça va bien aux rousses. Le rouge, ce n'est pas tellement ma couleur… Tu as de la chance, Hermione. Le rouge, c'est la couleur des brunes.

Parvati Patil avait revêtu un sari couleur vermeil. Elle s'appliquait à présent à se maquiller, cerclant de noir ses yeux, ce qui lui donnait un regard de biche. Lavande Brown, elle, ne pouvait pas se vanter d'être à son avantage. Sa robe n'était pas très élégante, et son maquillage faisait penser à celui que mettaient les gymnastes – joli de loin, affreux de près. Hermione, elle, était plutôt contente de sa trouvaille. Ses parents lui avaient envoyé par colis une belle robe de cocktail rouge carmin. Elle était très seyante, fendue jusqu'au genou, et d'un tissu très souple, qui suivait le moindre mouvement qu'elle faisait.

— Tu as de la chance, marmonna Ginny. Moi, je n'ai pas les moyens de m'offrir des habits aussi jolis…

— Oh, Ginny, arrête de râler ! Je vais t'aider à te maquiller et je te prêterai des bijoux, ça te va ?

Ginny sourit et alla s'habiller derrière un paravent. Hermione s'admira encore une fois dans un miroir. C'est vrai qu'elle était belle, cette robe. Et avec, Hermione avait l'impression d'être une autre. Elle ressemblait plus à une princesse qu'à une petite intello… Ce que c'était agréable de se sentir belle, pour une fois ! Elle songea à Ron et eut un petit sourire. Il avait intérêt à se tenir…

Les cinq filles sortirent du dortoir et allèrent attendre dans la salle commune. Un garçon dont elles ignoraient l'identité était assis devant la cheminée, le regard fixé sur les flammes. Il se retourna et son regard se posa sur Ginny qui le regarda également. Ils restèrent ainsi deux ou trois secondes avant que Ginny n'eût un sursaut et se précipitât vers lui pour le serrer dans ses bras.

— Harry ! s'exclama-t-elle. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

Hermione la regarda, abasourdie. Ce n'était pas Harry… Puis soudain, Hermione comprit. Elle détailla l'inconnu et reconnut l'expression du regard de son ami, ainsi que les cheveux qui, quelque soit la potion utilisée, restaient toujours aussi indisciplinés. Il avait dû prendre du Polynectar.

— Comment as-tu réussi à rentrer ? murmura Hermione au cas où un professeur mal intentionné fût derrière la porte.

— J'ai mes entrées privées, plaisanta Harry en se détachant de Ginny. Non, sérieusement, je suis passé par la Forêt Interdite. Je sais, ça paraît complètement dingue, mais les centaures ont été plutôt sympas, pour une fois. Ils m'ont reconnu et m'ont guidé jusqu'à la cabane d'Hagrid. Pendant ma vadrouille, j'ai rencontré quelques élèves de Poudlard. Il y en a un, de Poufsouffle, qui n'y était pas retourné parce que ses parents craignaient qu'il ne lui arrive quelque chose. Alors, avec son accord, j'ai pris son identité. Ils ne devraient pas remarquer la différence.

— Mais pourquoi es-tu revenu ? demanda Ginny. C'est beaucoup trop risqué…

— J'ai entendu parler de ce bal. Et j'ai malheureusement peur que les Carrow n'en profitent pour créer des problèmes. Je ne vous ai donné aucune nouvelle, parce que ma quête commençait à être très encourageante. J'ai reçu l'aide d'énormément de gens, beaucoup étaient de l'Ordre. Et grâce à eux, j'ai réussi à trouver cinq horcruxes sur sept.

Hermione tourna la tête mais vit que Parvati et Lavande discutaient entre elles, elles n'avaient donc rien entendu.

— Je sais quels sont les deux autres, souffla Harry. Il s'agit de son serpent et de… moi.

Hermione lui posa une main réconfortante sur l'épaule. Elle n'avait pas besoin qu'il lui expliquât comme c'était possible, elle s'en doutait : la nuit où Harry aurait dû mourir, Voldemort lui avait sans doute transmis un fragment de son âme. Or, un horcruxe devait être détruit, c'était le seul moyen de vaincre le Seigneur des Ténèbres…

— On trouvera un moyen, Harry, murmura Hermione, ne t'en fais pas.

— Oui, répondit Luna d'une voix éthérée. Ce n'est pas compliqué, il suffit que tu meures.

Elle s'attira un regard assassin de Ginny mais Harry eut un sourire.

— Elle a raison, Ginny. Si c'est le seul moyen, je suis tout à fait prêt à prendre le risque. Réfléchissez : c'est ma vie contre celle de milliers de sorciers ! La balance va vite décider : ce sera moi.

Ginny se serra contre lui, les larmes aux yeux. Luna se pencha sur le côté et lui dit :

— Attention, Ginny, ton mascara est en train de couler.

Harry se tourna vers sa petite amie et l'embrassa. Elle eut un petit sourire. Ginny pleurait rarement, il devait se rendre compte de la peine que ça lui faisait de le laisser mourir. Mais Hermione n'était guère étonnée de la réaction de son ami. Elle savait depuis le début qu'Harry préférerait sacrifier sa vie plutôt que celles d'autres innocents, il se sentait déjà assez coupable d'être la cause de la mort de ses parents, à cause de cette stupide prophétie. Cette fois, il ne ferait pas les choses à moitié…


Note de fin : Une petite interaction entre Drago et Hermione, c'est mieux que rien n'est-ce pas ;) Ron fait vraiment gros lourd dans ce chapitre, je suis désolée pour ceux qui, comme moi maintenant, aiment ce personnage... Ceci dit, j'ai des potes qui sont de ce genre, je les apprécie beaucoup mais ils peuvent être tout aussi insistants sans pour autant être détestables, donc bon^^ Merci d'avoir lu et à vendredi pour la suite !