Note d'auteur : Ce cinquième chapitre devrait vous plaire, on fait enfin avancer le schmilblick :)
RAR MG123 : La réponse à ta question dans les chapitres à venir, qui vont se dérouler sur un laps de temps très court ;) Merci pour ta review !
Chapitre 5
Devant la Grande Salle, dont les portes étaient encore closes, les trois maisons alliées se retrouvèrent. Zacharias Smith dévisagea Harry et demanda :
— Ernie ? Tu es revenu ?
Harry avait effectivement pris l'apparence d'Ernie MacMillan. Hermione s'en rappelait maintenant, mais l'espace d'un instant, l'identité du garçon lui avait échappée.
— Heu, oui, répondit Harry. Ma mère m'a convaincu.
Smith regarda Ginny d'un œil torve, comme s'il appréciait très peu qu'elle se balade au bras d'Ernie après avoir repoussé ses avances. Celle-ci lui adressa un regard hautain en se rapprochant encore plus d'Harry.
La maison Serpentard fit alors son apparition, en même temps que les retardataires des trois autres maisons. Parmi eux, il y avait Ron, et Hermione eut beau se cacher derrière Ginny autant qu'elle le put, il la remarqua rapidement et se dirigea vers elle.
— Tu es ravissante, Hermione, lui dit-il en lui tendant son bras. On entre ensemble ?
N'ayant pas le cœur à le repousser, Hermione acquiesça et glissa sa main à l'avant-bras de Ron. Elle croisa le regard de Malefoy qui la regarda d'abord d'un air un peu intrigué, mais qui reprit bien vite ses airs méprisants et lui adressa un sourire très ironique auquel Hermione répondit par un haussement de sourcils exaspéré. Heureusement, Malefoy n'accorda aucune attention à Harry, étant sans doute persuadé comme tout le monde qu'il s'agissait d'Ernie. Lavande et Parvati ne semblaient pas avoir percuté non plus, et devaient penser qu'Ernie était venu dans la salle commune des Gryffondor pour attendre Ginny.
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent. Hermione écarquilla les yeux en voyant la décoration qui l'ornait. Jamais elle n'avait vu un décor aussi sinistre, elle se serait crue dans un cimetière hanté. Les murs étaient noirs, le ciel magique également, des toiles d'araignées étaient disposées un peu partout, et surtout, il y faisait très froid.
— Ca sent le piège, souffla Ginny à Hermione.
— Toi aussi, tu trouves ? murmura Hermione. Parfois, j'aimerais bien être encore en troisième année. Eux, ils auront une chance de s'en sortir, si ça tourne mal…
Ginny hocha la tête. Les Serpentard paraissaient parfaitement à l'aise. Ils lorgnaient du côté des trois maisons qui arboraient leurs propres couleurs. Les Carrow se dirigèrent vers le groupe mutin et Alecto vagit :
— Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous n'avez pas vu qu'il était obligatoire de porter du vert et argent ?
Luna répondit de son habituelle voix éthérée :
— On s'est dit qu'on devait porter nos couleurs, nous aussi. Vous savez, le bleu éloigne les Nargoles, j'ai déjà vérifié.
Il y eut quelques rires dans l'assistance mais Alecto n'esquissa même pas l'ombre d'un rictus. Elle attrapa Luna par le bras et la tira hors du groupe protecteur. Elle la tint immobile et lui pointa sa baguette sous le menton. Il y eut plusieurs cris de protestations parmi les rebelles et Ginny s'avança, menaçante.
— Si vous faites quoique ce soit… gronda-t-elle.
— Oh, la ferme, Weasley, cracha Amycus. On fait ce qu'on veut, jusqu'à nouvel ordre, c'est nous qui décidons ! Retourne dans les rangs, si tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose qu'à ta copine.
Ginny ne bougea pas. Hermione lui attrapa le bras pour la forcer à reculer. Alecto poussa Luna dans les rangs avec brutalité et Ron la rattrapa pour qu'elle ne tombe pas. Luna arrangea ses cheveux et dit d'une voix forte :
— Ce n'est pas cette attitude qui va nous inciter à porter les couleurs des Serpentard…
Un rai de lumière rouge fusa dans sa direction mais Harry avait été plus rapide en lançant un « Protego » informulé. Le sort fut arrêté par le puissant bouclier. Luna poussa un petit soupir de soulagement. Les Carrow fixèrent Harry/Ernie d'un air mauvais puis s'éloignèrent en parlant à voix basse. Zacharias se tourna vers Luna et cracha :
— Tu es complètement folle, tu veux tous nous tuer ?
— Moi, je trouve qu'elle a eu du cran, rétorqua Ginny. Ce n'est pas toi qui aurait tenu tête aux Carrow comme ça, on se demande ce que tu fais à Poufsouffle, c'est à Serpentard qu'on aurait dû t'envoyer !
— Tu cherches les ennuis ? siffla Smith en s'approchant d'elle, menaçant.
— Calme-toi, Zacharias, fit Luna, c'est très mauvais pour les nerfs, de s'énerver.
Il y eut à nouveau quelques rires et Smith se détourna de Ginny. Hermione, elle, regardait les Carrow, inquiète. Ils avaient vraiment l'air en colère… Elle regretta d'avoir entraîné tous les élèves là-dedans, ç'avait été son idée, après tout… S'ils avaient des ennuis, ce serait de sa faute, et elle savait que les Carrow ne plaisantaient pas en matière de punition. Luna l'avait échappé belle.
Soudain, la lumière baissa d'un seul coup. Hermione eut un frisson de peur. Que se passait-il ? Les Carrow montèrent sur une sorte d'estrade de plus de deux mètres de haut. Les Serpentard s'en approchèrent tandis que les trois autres maisons restèrent dans leur coin, la peur au ventre. Qu'allait-il se passer ? Hermione échangea un regard angoissé avec Harry qui hocha la tête d'un air entendu.
— Une nouvelle ère s'offre au monde, fit Alecto. Le Seigneur des Ténèbres va vous permettre de mener une vie dépourvue de peur, en travaillant à ses côtés. Les Moldus cesseront d'être une menace et nous pourrons user de la magie comme nous le souhaiterons ! Cette fête d'Halloween est donnée en son honneur, soyez-en dignes ! Si nous voyons le moindre petit mutin essayer de se rebeller, il le regrettera amèrement, croyez-moi !
Elle fixa Ginny de son regard vicieux mais celle-ci ne cilla pas, une lueur insolente au fond des yeux.
— A minuit, nous vous demanderons d'être rassemblés ici. Les moindres manquants à l'appel n'auront pas l'occasion de s'y représenter, si vous voyez ce que je veux dire…
Une musique s'éleva. Elle aurait sans doute pu être agréable à l'écoute si la situation n'avait pas été aussi angoissante. Hermione frissonna à nouveau, l'estomac pris dans un étau. Elle appréhendait fort l'heure maudite…
— C'est tellement prévisible, murmura Harry, alors que la lumière gagnait en intensité et que le volume de la musique montait. Il n'y aucun doute quant à leurs objectifs…
— Qu'est-ce que tu vas faire ? souffla Hermione.
— Ce qu'il faut. Si Voldemort se montre, je saurai quoi faire.
Sur ces mots, il s'éloigna. Les Serpentard avaient commencé à danser au rythme de la musique. Hermione regrettait que ce bal soit à si mauvais escient, car elle aurait donné n'importe quoi pour danser une valse. Seulement, elle ne voyait pas avec qui. D'ailleurs, dans les trois maisons alliées, personne ne dansait à part… Luna. Elle virevoltait entre les couples de danseurs, avec une élégance rare, les yeux fermés. Hermione avait l'impression de la revoir au mariage de Bill et Fleur.
— Elle nous trahit, siffla Smith. Pourquoi va-t-elle danser ?
— Peut-être parce qu'elle est la seule à se rendre compte qu'elle n'aura pas de problèmes en se rangeant de notre côté ! persifla Amycus en saisissant Zacharias par le bras. Viens là, toi, c'est quoi cette histoire de trahison ?
Zacharias se débattit mais Amycus le précipita au sol.
— Parle !
— Arrêtez, fit Hermione, il ne vous a rien fait.
Amycus se tourna vers Hermione. Bizarrement, tous les Serpentard avaient cessé de danser pour observer la scène. Hermione croisa le regard de Malefoy. Il était froid, inexpressif. Elle fut un peu déçue. C'était beaucoup plus stressant de ne pas savoir ce qui lui passait par la tête que de voir son habituel sourire narquois et son regard ironique. Amycus pointa sa baguette sur Hermione qui recula imperceptiblement. Elle n'était pas une héroïne, elle ne pouvait pas ignorer la peur qu'elle ressentait en voyant ce bout de bois pointé sur son cœur.
— Tu as quelque chose à dire, la Sang-de-Bourbe ? demanda le Mangemort.
Hermione se tut. Elle espérait un peu d'aide. Que faisait Harry ? Ou Ginny ? Ou Ron ? Elle tourna un peu la tête et vit qu'ils observaient la scène sans réagir. Elle comprit : ils préféraient sacrifier une seule vie – la sienne, en l'occurrence – plutôt que toutes les leurs, car la moindre baguette magique serait utile pour vaincre le mage noir.
— Ca va, Amycus, fit soudain une voix, ne gâche pas un sort pour elle, elle n'en vaut pas la peine.
Hermione se pencha pour voir qui avait parlé. Elle ne connaissait pas ces intonations dures et sèches. Mais en voyant tous les regards des Serpentard braqués sur une seule personne, elle comprit : Malefoy…
— Drago ! couina Pansy en sautillant sur place. Tu es fou ? Ce n'est qu'une Sang-de-Bourbe !
— Justement, répondit Malefoy en tournant les talons et en disparaissant dans la foule des Serpentard.
Amycus se tourna vers Hermione et persifla :
— T'as de la chance, Granger. Mais t'avise pas de recommencer ce coup là…
Hermione soupira de soulagement en le voyant s'éloigner. Puis elle chercha Malefoy du regard mais à l'évidence, il avait quitté la Grande Salle. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi l'avait-il défendue ? Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête, elle voulait des explications. Sans écouter Ron qui l'appelait, elle s'éloigna du groupe des trois maisons et se dirigea vers la porte que Malefoy avait dû emprunter.
Note de fin : Bon, je pense que la fin de chapitre a dû vous plaire ;) Comme pour beaucoup de clichés dans cette fic, je suis désolée pour le classique Serpentard=lâche, fourbe, adepte de décors glauques, comme s'ils étaient tous sans exception comme ça^^
Merci d'avoir lu et à mardi pour la suite !
