Note d'auteur : Attention à ce chapitre, déluge de clichés et de facilités scénaristiques (et ça ne va pas aller en s'arrangeant xD), mais j'espère que ça vous plaira de voir qu'on avance encore ! :D Bonne lecture !
Chapitre 6
Personne ne prêta attention à elle, les Serpentard s'étaient mis à discuter de ce qui venait de se passer, tous complètement abasourdis. Quant aux Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor, ils étaient trop occupés à échafauder des plans de rechange si cela venait à mal tourner.
Hermione profita donc de cette diversion pour ouvrir la porte qu'elle supposait être la bonne. Elle risqua un œil dans le couloir, mais il était sombre et lugubre. Elle déglutit et referma la porte derrière elle. Sa baguette à la main, elle murmura :
— Lumos.
Une lueur émana de sa baguette et elle la dirigea autour d'elle, de façon à reconnaître les lieux. Elle n'était jamais venue ici. A vrai dire, jusqu'à ce jour, elle n'avait jamais remarqué cette porte et soupçonnait Malefoy de l'avoir faite apparaître pour pouvoir mieux se cacher. Que ce couloir était sinistre…
— Qu'est-ce que tu fiches ici ? siffla une voix derrière elle, la faisant sursauter.
Elle fit volte-face et pointa sa baguette dans la direction de la voix. Le visage dur et agressif de Malefoy était rivé sur elle et elle eut un hoquet de frayeur. Il avait l'air tellement méchant, comme ça… Elle recula mais Malefoy lui attrapa le bras sans délicatesse aucune pour la trainer dans un coin du couloir. Il saisit sa baguette, et souffla :
— Nox.
La pièce était seulement éclairée par un léger rai de lune, qui filtrait par un des soupiraux. Hermione se dégagea de l'étreinte de Malefoy, plus apeurée qu'une souris face à son chat. Malefoy gronda :
— Je peux savoir pourquoi tu m'as suivi ? Tu te rends déjà compte de la faveur que je t'ai faite, toute à l'heure, Granger ?
— Justement, répondit Hermione en essayant de paraître assurée. Je veux savoir à quoi je dois ça. Qu'est-ce que tu attends de moi, Malefoy ? Parce que, inutile de jouer les bons samaritains, tu ne fais jamais rien gratuitement ! Qu'est-ce que tu veux ?
— Que tu t'en ailles, déjà.
Hermione se dirigea vers la porte, folle de rage. Mais Malefoy la rappela :
— Attends.
— Quoi, encore ? répondit Hermione, plus qu'exaspérée. Tu ne sais vraiment pas ce que tu veux !
— Tu ne parleras à personne de cette salle, ni de ce couloir, ni de la porte qui permet d'y accéder, sans quoi je terminerai le travail d'Amycus ! Compris ?
Hermione acquiesça et ferma la porte. Elle s'adossa au mur, dans le noir. Elle avait une étrange sensation au creux du ventre. Elle avait l'impression d'avoir vu une autre facette de Malefoy. Tout d'abord, dans sa voix. Elle n'était pas traînante, mais tellement plus ferme et dure… Et bizarrement, elle trouvait ce timbre presque… envoûtant.
Qu'est-ce qui m'arrive ? pensa-t-elle. Hermione, réfléchis, il t'a empoisonné la vie pendant six ans, tu ne peux pas le trouver… envoûtant !
Malheureusement, c'était le cas. Elle se laissa glisser au sol et entoura ses genoux de ses bras. Ainsi dissimulée, personne ne pourrait la voir, et elle appréciait cette intimité soudaine. Elle pouvait ainsi parfaitement réfléchir à ses étranges pensées. Elle entendit la porte de la salle s'ouvrir et se recroquevilla encore plus. Malefoy passa devant elle et elle inspira discrètement. Son parfum lui parvint : c'était un délicat mélange d'herbes, mais il y avait également une arrière senteur d'encens. Elle se reprit.
Arrête, Hermione. Malefoy est un sale type de la pire espèce. Il t'a traitée comme une moins que rien, il t'a insultée… Et maintenant, tu essaies de déchiffrer son parfum ? Oui, il t'a défendue, toute à l'heure, et alors ? Une bonne action ne peut pas racheter toute les autres… Il est loin d'être parfait, et tu le sais. Alors pourquoi tu t'obstines ?
Oui, pourquoi s'obstinait-elle ? Sans doute voulait-elle croire que Malefoy avait encore quelque chose de bon au fond de lui… La preuve, il l'avait aidée… Elle, la Sang-de-Bourbe, qu'il détestait plus que personne… Qu'est-ce qui avait pu le pousser à faire cela ? Les remords ? Un soudain élan de générosité ? Soudain, elle entendit comme des plaintes. Un animal blessé ? Un hibou, alors. Elle espérait que ce n'était pas Hedwige. Elle se releva et se laissa guider à l'ouïe par les… pleurs ? Oui, c'était l'impression qu'elle avait, à présent. Elle murmura :
— Lumos.
Puis elle regarda sa montre Moldue en argent et vit qu'il était dix heures et demie. Plus qu'une heure et demie avant l'heure fatidique. Elle continua cependant à suivre le bruit et arriva à un couloir. Cette partie du château ne devait pas être connue de grand monde… Elle éteignit sa baguette et s'engagea dans le couloir, plus méfiante que jamais. Les pleurs se rapprochaient.
— Il y a quelqu'un ? chuchota-t-elle, sur le qui-vive.
Les pleurs cessèrent immédiatement et elle entendit quelqu'un bouger précipitamment. La main crispée sur sa baguette, Hermione cessa de respirer, attentive au moindre bruit. Mais elle n'eut pas le temps d'esquisser le moindre geste quand une silhouette surgit de l'ombre et la précipita au sol, lui arracha sa baguette et lui tordit un bras dans le dos.
— Je t'avais dit de partir ! cracha Malefoy.
— Lâche-moi ! siffla Hermione. Lâche-moi ou je crie !
Cette remarque eut l'effet escompté et Malefoy la laissa tranquille. Elle se releva, épousseta sa robe et lui reprit sa baguette des mains. Elle fit de la lumière et la pointa sur le visage de son agresseur.
— Je peux savoir ce qui t'a pris ? lui demanda-t-elle. Jusqu'à nouvel ordre, je n'étais pas particulièrement dangereuse, dans mon attitude ! C'est une manie, chez toi, de maltraiter les gens ?
Malefoy lui jeta un regard hargneux et s'éloigna dans le petit couloir sombre.
— Eh ! cria Hermione. Je n'ai pas fini !
— Tais-toi, quelqu'un pourrait nous entendre ! gronda Malefoy.
— Qu'est-ce que ça peut faire ? rétorqua Hermione. Ce sont tes appartements privés ? Tu ne veux pas les partager ? Pourtant, tu l'as fait avec moi.
— Rectification, tu t'es invitée. Jamais je ne t'aurais mise dans la confidence.
— Pourquoi est-ce que tu m'as aidée, toute à l'heure ?
— Tu n'en démordras pas, hein ? T'es coriace, pour une Sang-de-Bourbe.
— Arrête.
— Arrête quoi ?
— De m'appeler comme ça. C'est dégradant. Mon sang n'est pas plus sale que le tien. Je te signale que ton grand seigneur est un sang-mêlé, lui.
— Ce n'est pas tout à fait pareil, railla Malefoy. Au moins, sa mère était une sang-pur. C'est tout de même mieux que… toi.
Hermione se retint de lui jeter un sort, par respect pour sa bonne action de tantôt. Mais s'il continuait, elle ne tiendrait pas longtemps avant de le changer à nouveau en fouine. Elle le rattrapa et trébucha sur une pierre mal celée dans le sol. Malefoy la rattrapa du bout des doigts mais le contact de cette peau froide sur la sienne provoqua un frisson à Hermione. Elle se dégagea rapidement.
— Pourquoi tu es comme ça avec moi ? demanda Hermione. Depuis notre première année, tu t'en prends à moi ! Pourquoi ?
Malefoy ne répondit pas et continua de marcher jusqu'à une bifurcation. Sa baguette pointée vers le sol, Hermione regardait avec précaution là où elle marchait. Où allait Malefoy ? Allait-il la livrer au Seigneur des Ténèbres ? Se jetait-elle bêtement la gueule du loup ?
— Où est-ce qu'on va, Malefoy ? demanda Hermione.
— Non, « Où est-ce que je vais ». Toi, tu me suis, mais je ne veux pas de toi, Granger. Tu te mêles de mes affaires, mais je ne t'ai rien demandé. Je te serais d'ailleurs très reconnaissant de me ficher la paix une bonne fois pour toutes.
Hermione arrêta de marcher. Ah, c'était comme ça ? Il ne voulait donc vraiment pas d'elle. Très bien, elle ne s'imposerait pas plus longtemps. Sans un mot, elle fit demi-tour. Heureusement, les couloirs étaient longs, donc ils n'en avaient pas pris beaucoup, elle retrouverait facilement son chemin.
— Où tu vas ? lui demanda Malefoy d'une voix forte.
— Je retourne dans la Grande Salle. Dans une heure, tes copains vont donner leur petit spectacle, je ne veux pas rater ça.
— Reste.
Hermione s'arrêta immédiatement. Avait-elle bien entendu ? Il lui demandait de rester avec lui ? Après lui avoir faire explicitement comprendre qu'il ne voulait pas d'elle ? Elle n'avait jamais rencontré quelqu'un d'aussi lunatique… Elle fit volte-face et le regarda, dans la faible lueur que diffusait sa baguette.
— Pourquoi ? demanda-t-elle.
— Parce que je te l'ai demandé, cette question ! répondit Malefoy, avec l'habituelle nuance ironique dans la voix.
— Ce n'est pas un très bon argument, depuis quand je t'obéis ?
Malefoy ne répondit pas, il ne bougea pas. Hermione resta où elle était, attendant une réponse. Voyant qu'il n'avait pas l'intention de dire quoique ce soit, elle refit demi-tour et se remit à marcher.
— Reste, répéta Malefoy.
Hermione continua à marcher. Elle trouvait cette situation complètement ridicule. Il se moquait d'elle, c'était évident. Il répéterait ça à chaque fois, pour voir si elle se retournerait. Eh bien, cette fois, c'était terminé, elle retournait dans la Grande Salle, point final.
Note de fin : Voilà, je vous avais prévenus, vous avez voulu lire quand même xD Le coup du parfum, du timbre envoûtant, du frisson quand il la touche, du "Reste"... Oh mon dieu mais j'ai tellement honte xD Soyons sérieux deux minutes, un type comme ça, aussi canon soit-il, même s'il sent bon, quand il se comporte comme ça c'est une bonne gifle et on le laisse tout seul hein, on se met pas à lui coller aux basques x) Enfin, j'espère que ça vous a plu en tout cas ! :) Merci d'avoir lu et à samedi pour la suite !
