Note d'auteur : On progresse, on progresse, l'histoire avance lentement mais sûrement dans ce septième chapitre ;) Bonne lecture !

RAR Berenice : Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira tout autant ! :D


Chapitre 7

Malefoy ne réitéra pas sa demande. Il semblait avoir compris qu'elle n'était pas assez naïve pour se laisser prendre au jeu de ce Dom Juan. Hermione était cependant un peu déçue. Elle avait espéré qu'il la rappellerait une dernière fois, où qu'il l'obligerait à s'arrêter. Mais il n'en était rien. Elle n'était à présent qu'à deux couloirs de la Grande Salle.

Pourquoi pleurait-il, dans ce couloir ? Elle avait beau fouiller dans ses souvenirs, elle n'avait jamais vu Malefoy pleurer, aussi loin qu'elle se souvienne. Harry lui avait brièvement raconté son entrevue avec lui dans les toilettes des filles, l'année précédente. C'était la fois où Malefoy avait reçu le Sectumsempra… Hermione avait presque été contente d'Harry, même si elle désapprouvait cette forme de violence. Mais Malefoy lui en avait tellement fait voir, au cours de ces six années qu'elle ne pouvait même pas le plaindre.

Être charmée par lui, c'était autre chose. Elle n'éprouvait rien de plus qu'une légère fascination pour ce garçon si lunatique et si mystérieux. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se rappeler toutes les misères qu'il lui avait faites… Il était beau, Ginny avait raison. Elle s'en apercevait, maintenant. Mais cela n'enlevait en rien son côté démoniaque.

Soudain, son bras fut saisi fortement et elle fut tirée sur le côté.

— Je t'avais demandé de rester, fit une voix à son oreille.

Hermione se dégagea.

— Et moi, j'ai décidé de retourner à la Grande Salle, rétorqua-t-elle. Laisse-moi tranquille, Malefoy.

— Pourquoi tu ne restes pas ?

Hermione se retint de lui jeter un sort. Était-il vraiment idiot ?

— Tu te fiches de moi ? demanda-t-elle. Tu as besoin que je te rappelle que pendant plus de six ans, tu m'as rendu la vie impossible ? Qu'il y a moins de dix minutes, je me suis fait copieusement insulter parce que j'avais eu le malheur de vouloir voir ce que tu avais ? Que tu ne cesses de me critiquer sur la pureté de mon sang ? Que…

Elle n'eut pas le temps d'en dire plus, Malefoy l'attrapa par les épaules et déposa ses lèvres sur les siennes. Hermione eut l'impression qu'on lui avait jeté un Stupefix. Sans savoir pourquoi, elle ne se déroba pas à ce baiser. Les lèvres de Malefoy étaient si douces… Ses mains fermes sur ses épaules l'empêchaient de faire le moindre geste.

Si elle avait eu toute sa tête, elle lui aurait donné un grand coup de pied dans le tibia et serait partie en courant. Seulement voilà, elle n'avait pas toute sa tête. Le baiser de Malefoy avait le même effet sur elle qu'une bouteille entière de whisky Pur-Feu. Elle sentit l'emprise de ses mains sur ses épaules se faire moins ferme. Elle aurait pu en profiter pour se dégager, puis lui donner une gifle… Non, tout ce que ses bras firent, c'est passer derrière la nuque de Malefoy pour se rapprocher de lui.

Ce fut elle qui approfondit le baiser. A ce moment-là, elle eut l'impression d'être complètement soudée à lui. Il la souleva de terre, la tenant fermement par la taille pendant qu'elle resserrait son emprise autour de son cou. Elle sentit qu'il faisait quelques pas et la fraîcheur d'un mur toucha son dos. Elle sentait les mains de Malefoy la caresser à travers sa robe. Elle la trouva soudain très encombrante, mais ne fit rien pour y remédier. Ce serait lui qui s'en occuperait, s'il le souhaitait, elle n'avait pas envie de forcer les choses.

Elle respirait son parfum avec délectation. Ces effluves naturels lui donnaient l'impression d'être dans une prairie. La lavande… La menthe… Le thym… Elle perçut même une délicate touche de basilic. Elle passa ses mains dans ses cheveux si bien coiffés. Elle les parcourut de ses doigts, ayant l'impression de toucher un fleuve de soie dorée. Ils étaient si doux… Elle enserra à nouveau son cou avec passion.

La bouche de Malefoy quitta la sienne pour explorer d'autres horizons. Elle la sentit descendre le long de son cou, de sa gorge. Il y déposait des baisers papillons, d'autres plus possessifs. Lorsqu'il commença à descendre sur son décolleté, Hermione ne put retenir un petit gémissement. Il éloigna alors son visage et elle ouvrit les yeux pour découvrir qu'il la regardait, l'air interrogateur. Il semblait lui demander sa permission. C'était bien la première fois qu'il lui demandait sa permission pour quoique ce soit… Elle eut l'impression de se noyer dans l'abîme de ses yeux gris… Elle avait devant elle un véritable ciel d'orage : fascinant et effrayant à la fois… La lumière lunaire filtrait à travers quelques soupiraux, en haut du mur, elle pouvait donc le voir baigné de cette lueur fantomatique… Qu'il était beau…

— Tu es tellement belle, souffla-t-il comme s'il avait lu dans ses pensées.

Belle ? Elle ? Depuis quand ? Une fois encore, si elle n'avait pas eu les idées embrumées, elle lui aurait lancé une remarque cassante. Mais elle se contenta de rougir sous le compliment. Il avait l'air tellement sincère. Elle répondit d'une petite voix :

— Tu le penses ?

— Je n'ai jamais été aussi sérieux, murmura-il en l'embrassant dans le cou.

Sa voix grave résonnait aux oreilles d'Hermione. Elle retint un nouveau gémissement lorsqu'il suivit la forme de sa mâchoire dans ses baisers.

— Pourquoi ? demanda-t-elle en essayant d'avoir les idées claires.

— Pourquoi quoi ? lui demanda-t-il en la regardant dans les yeux.

— Je ne comprends pas… Tu m'as persécutée pendant toutes ces années et là… Tu empêches les Carrow de me faire du mal, tu m'embrasses… J'avoue que c'est un peu… confus !

Il la reposa au sol avec délicatesse et s'accouda au mur. Il la surplombait d'une tête et elle dut lever les yeux. Ses traits étaient fins, délicats. Oui, rien à voir avec Ron… Ce dernier ne lui arrivait pas à la cheville. Il ne dégageait pas cette classe, cette prestance, cette élégance naturelle… Malefoy se passa une main dans les cheveux pour les recoiffer. Il répondit :

— Je suis aussi perdu que toi. Pendant toute mon enfance, mes parents m'ont répété que les Sang-de… heu, les nés-Moldus étaient anormaux, que c'étaient des parasites et qu'ils ne devaient pas exister. Quand tu baignes là-dedans, tu finis par adhérer à ces idées. Alors, quand j'ai su que tu en étais un, je m'en suis pris à toi. J'étais aussi jaloux de voir que tu réussissais mieux que tout le monde et j'essayais de me persuader que de toute façon, toute l'intelligence du monde ne remplaçait pas la pureté du sang.

— Tu vois que c'est faux, répondit Hermione.

— Désolé de te détromper, rétorqua-t-il avec un sourire en coin, j'adhère quand même à ces principes, encore maintenant. Simplement, je me suis rendu compte que tu méritais le titre de sorcière autant que moi. Il n'empêche que je suis toujours fier de prouver que ma famille ne compte que des sorciers depuis plusieurs générations.

Hermione acquiesça. Elle risqua une dernière question :

— Pourquoi… pourquoi pleurais-tu dans le couloir, toute à l'heure ?

Malefoy se braqua. Visiblement, il n'appréciait pas qu'elle lui rappelle son moment de faiblesse de tantôt. Il répondit d'une voix sèche :

— Je me suis laissé aller. Ça ne se reproduira plus.

— Il n'y a pas de honte à pleurer, Malefoy…

Elle se demanda comment il prendrait le fait qu'elle l'appelât toujours par son nom de famille après ce qui venait de se passer. Mais il ne sembla pas s'en formaliser.

— Pour moi, si. Mon père m'a toujours dit qu'il fallait surmonter ses faiblesses. C'est ce que je fais depuis plusieurs années, mais là… j'ai craqué.

— Qu'est-ce qui t'a mis dans cet état ? demanda Hermione, hésitante.

Il la regarda dans les yeux et elle eut l'impression que ses jambes allaient se dérober sous elle. Mais elle soutint son regard et attendit la réponse. Elle ne tarda pas à venir.

— Le Seigneur des Ténèbres m'a demandé… d'accomplir quelque chose, ce soir. Ce bal, c'était un moyen pour lui de m'y aider. Il… il va entrer dans Poudlard. Et je sais que Potter est là. Il a peut-être pris du Polynectar, mais vu comment Weasley a passé son temps cramponnée à lui, j'ai rapidement compris. Il m'a demandé de le tuer. Mais je… je ne sais pas si j'en serai capable. On m'avait déjà demandé de tuer Dumbledore, mais comme Rogue s'en est chargé à ma place, ça m'a épargné. Je n'ai… je n'ai jamais tué personne… Hermione. Je ne sais pas si j'en suis capable.

Il l'avait appelée par son prénom. Hermione en avait les larmes aux yeux. Malefoy se laissa glisser jusqu'au sol et s'assit contre le mur. Hermione s'assit à côté de lui. Elle vit que ses lèvres tremblaient et qu'il regardait obstinément vers le plafond pour que ses larmes ne coulent pas. Elle posa une main réconfortante sur son épaule. Allait-il la repousser ?

Non, il ne fit rien, mais continua à fixer le plafond poussiéreux et plein de toiles d'araignées.

— Tu ne veux pas tuer Harry ? demanda Hermione.

— Je n'ai pas dit que je ne le voulais pas. Ne te fais aucune illusion, je déteste toujours autant Potter. Mais je ne sais pas si je peux le faire, c'est là tout le problème. Tu te rends compte ? Même si Potter et moi sommes ennemis, ce sera quand même un meurtre, et je l'aurai sur la conscience toute ma vie…

— Est-ce que tu es heureux ?

— Pardon ?

— Oui, est-ce que tu es heureux ? Est-ce que ça te convient d'être au service de Tu-sais-qui, de contribuer à tuer des gens comme moi, de faire le mal… Tu pourrais être exempt de tout ça… Ne tue pas Harry. Il sait comment détruire Tu-sais-qui.

Malefoy demeura silencieux.


Note de fin : Je suis surprise de ne pas avoir de crampe aux muscles oculaires vu le nombre de fois où j'ai écarquillé les yeux devant ce que j'avais écrit xD Bon, on passera sur le coup classique du baiser pour faire taire la personne en face, à l'époque je trouvais ça hyyyyyper romantique et sauvage, aujourd'hui celui qui ose faire ça avec moi se prend un aller-retour x) Et puis j'ai la désagréable impression que plus ça va, plus Drago et Hermione sont OOC... :/ Bref, j'espère que ça vous a plu quand même, là on a fait un pas de géant dans le Dramione ;)

Merci d'avoir lu et à mercredi pour la suite !