Résumé : Quelques heures après la bataille, Kingsley, nouveau ministre de la magie s'entretient avec Harry. Lucius Malefoy, exige de rencontrer le Survivant pour sauver son fils et Snape… Qu'en est-il ? Bonne lecture à tous et bonne année 2008…

La quête des temps nouveaux

Chapitre 2 : Rencontre

Harry se sentait exténué, le regard de braise du nouveau ministre de la magie le sondait comme jamais. Kingsley attendait patiemment, il ne voulait surtout pas le brusquer ou le forcer à prendre cette décision sans qu'il ne l'approuve, mais le temps leur était désormais compté. Il ne se sentait pourtant pas le droit d'imposer son avis, d'user de sa position supérieure face à cet adolescent qui leur avait prouvé à tous sa valeur à de trop nombreuses reprises. Il respectait trop ce gamin aux pouvoirs incroyables, ce garçon courageux et intègre, honnête et droit qu'il avait appris à aimer et à respecter depuis sa rencontre il y a presque trois ans.

Il savait simplement que Drago Malefoy était réellement au plus mal. L'infirmière de Poudlard semblait de plus en plus démunie et inquiète. Madame Pomfresh lui avait fait part de son incompréhension face à la situation, juste avant qu'il ne se décide à rejoindre le brun dans le bureau directorial. Brusquement, le jeune blond avait sombré dans cette sorte de coma magique et il n'avait pas eu à suivre une formation de médicomage pour savoir qu'il souffrait terriblement. La réaction de Lucius n'était pas simplement celle d'un père soucieux, non c'était décidément autre chose, sa réaction allait bien au delà, et puis, le Mangemort était connu pour son sang-froid, son apparence imperturbable et glaciale. Il semblait profondément atteint, terrifié, il se rendait compte que son fils mourait. Il y avait une urgence, une exigence dans son ton qui ne laissait guère de doute au nouveau ministre de la magie. La seule chose qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi il avait besoin du Survivant pour sauver son enfant et quel pouvait être le rapport avec l'ancien espion dont il avait appris la mort lors du combat qui avait opposé Harry à Voldemort.

« Je… Je ne comprends pas !

- Moi non plus, Harry…

- Et puis quel est le rapport avec Snape ?

- Je l'ignore tout autant que toi, je te l'assure. Ecoute, la seule chose que je tiens pour acquis est qu'il ne m'a pas menti. J'ai usé du véritaserum, il s'est soumis de bonne grâce à mon exigence, il veut te voir pour sauver son fils et Severus. Je ne crois pas, Harry, que tu puisses vraiment faire fi de sa demande, tu as déjà tellement de poids sur tes épaules, te reconstruire en sachant que tu aurais pu leur venir en aide me semble une gageure.

- Que feriez-vous à ma place ?

- Je te l'ai dit, parle-lui !

- Vous resterez avec moi.

- Je doute qu'il accepte de se confier en ma présence.

- Il n'aura pas le choix, si nous le lui imposons.

- Nous ferons comme tu voudras, mais je doute que ce soit très judicieux si tu veux mon avis. Apparemment, il y va de la vie de Snape.

- Voldemort a reconnu devant vous tous qu'il l'a tué et je l'ai vu mourir ! J'étais avec Hermione et Ron, ils pourront vous le confirmer…

- C'est déjà fait ! Je suis allé leur demander juste avant de te rejoindre… Je ne peux rien t'expliquer d'autres, je te crois, sincèrement Harry… Mais, il ne m'a pas menti. »

Le jeune brun se dirigea rapidement vers la fenêtre et fixa le parc de Poudlard, le jour s'éveillait progressivement, les couleurs rouges sang du soleil perçaient à l'horizon, derrière la forêt interdite. Harry tenait toujours férocement sa baguette de houx, il la faisait jouer nerveusement entre ses doigts. Il se retourna brusquement au bout de plusieurs minutes pour faire face au nouveau ministre de la magie, les yeux d'émeraude se fixèrent dans le regard sombre de Kingsley. Il cherchait une solution dans le visage de cet homme mature, il lui faisait véritablement confiance, il était parmi les membres de l'Ordre du Phénix sur qui il pourrait s'appuyer à tout jamais, il le savait parfaitement et le ministre semblait vraiment croire en la démarche de Malefoy… Mais, il avait vu tout autre chose, il aurait voulu oublier les dernières heures, oublier qu'il avait vu mourir le Maître des Potions, que l'espion l'avait imploré de finir sa vie en plongeant une dernière fois dans les yeux verts de la petite Lily Evans à travers lui. Il avait plongé dans ses pensées, il avait découvert ses souvenirs, son lien étroit et profond avec sa mère depuis leur enfance, il savait qu'il l'avait aidé plus que quiconque tout au long de ses années, il avait sacrifié ses années pour racheter ses erreurs passées. Il l'avait guidé, y compris, dans les bois pour trouver l'épée de Godric Gryffondor grâce à son patronus.

Harry soupira profondément, il aurait donné n'importe quoi pour ne pas se retrouver face à un nouveau choix, de nouvelles responsabilités. Laisser derrière lui cette célébrité héritait de la mort tragique de son père et du sacrifice d'amour de sa mère, laisser derrière lui sa victoire contre le plus grand mage noir. Redevenir Harry, simplement Harry… comme il l'espérait depuis si longtemps maintenant. Mais, une peur indicible lui tenaillait le ventre, son cœur se serrait durement, il ne pouvait pas prendre le moindre risque, s'il y avait, ne serait-ce qu'une chance de sauver Snape alors il le lui devait, sans l'ombre de doute. Après une longue minute à fixer le ministre de la magie, il acquiesça, il ne faisait pas suffisamment confiance à sa voix pour confirmer ce simple mouvement :

« Merci Harry… Je le fais conduire jusqu'ici.

- Hmm… Bien… »

Le grand homme noir se retourna, dans une attitude sûre et décidée. Il referma la porte en chêne du bureau directorial de l'école de Poudlard, laissant le temps au jeune brun le temps de se préparer un peu à cette confrontation aussi inattendue que surprenante. Harry se dirigea vers le fauteuil sur lequel il se trouvait, il y a encore quelques minutes, avant la venue de Kingsley. Il s'installa, essayant de paraître le plus détaché possible, mâture et sûr de lui, le dos droit, la tête relevée, cependant cette mise en scène ne laisserait probablement guère de doute au mangemort. Il tentait de calmer les battements de son cœur mais ses doigts tapotant nerveusement le bois du bureau prouvaient sa tension et son angoisse de se trouver confronter avec cet homme. Au bout de quelques minutes, de légers coups donnaient contre la porte firent sursauter le brun. Il se retint de hurler et se concentra pour donner un visage qu'il espérait le plus neutre possible, avant d'asséner un simple 'Entrez'.

Le nouveau ministre de la magie pénétra, il lui adressa un discret mais chaleureux sourire qui réconforta quelque peu Harry. Derrière lui, à seulement deux pas, se tenait un grand homme, aux cheveux blonds, presque blancs. Son visage paraissait dur et sévère, froid et sobre, même si ses yeux trahissaient son exaspération d'avoir dû tant attendre pour le rencontrer. Sa robe légèrement abîmée par endroit rendait compte des dernières heures sombres, des combats acharnés qui avaient marqué à tout jamais leur vie à tous. Avant que ne la porte ne se referme, Harry entendit au loin les murmures de chant en son honneur, la petite mélodie de Peeves faisant de lui un héros ne cessait de résonner dans tout le château. Il se sentit aussitôt rougir. Pourquoi par Merlin tous ces gens glorifiaient son nom de mille louanges et le mettaient ainsi sur un piédestal alors qu'il n'avait rien accompli d'exceptionnel ? Il avait seulement eu la chance de posséder le pouvoir de la baguette des anciens. S'il avait pu affronter la mort, ce n'était que grâce aux trois reliques des frères Peverell. Ses yeux émeraude se reportèrent alors sur le prisonnier qui eut un petit sourire narquois devant son rougissement. Il était sur le point de lui hurler tout de suite qu'il pouvait aller se voir, lui et tous les siens mais le toussotement de Kingsley lui fit détourner son regard un instant du blond :

« Bien, Harry… Souhaites-tu que je reste avec vous ? »

Le brun savait quelle était la position du ministre à ce propos, il lui avait dit clairement qu'il ne désirait pas participer à cette rencontre même s'il avait laissé le choix au jeune homme. Harry appréciait l'attention de Kingsley à son égard, le fait qu'il lui parle comme à un égal, qu'il lui laisse son libre-arbitre ; il voulait cependant faire payer le sourire moqueur qu'il avait aperçu à l'instant sur le visage du blond, une furieuse envie de faire plier le masque de prétention et de dédain qu'arborait le prisonnier. Après tout, il n'était pas en position de force et une partie d'Harry souhaitait se venger de toutes les humiliations faites aux Weasley. Il voulait lui faire payer la torture de Mione et la mort de Dobby, même si objectivement il savait que le blond n'était absolument pas responsable des agissements de cette salope de Bellatrix et qu'il n'avait pas pris part aux combats de cette nuit, s'inquiétant seulement pour la vie de son fils. Il l'avait vu quand il avait entendu la discussion du blond avec Voldemort, juste avant que ne meure Snape et cet aspect du mangemort qui lui était complètement inconnu, l'avait surpris.

« Monsieur Malefoy, notre ministre va assister à cet entretien.

- C'EST UNE PLAISANTERIE, J'ESPERE !

- Bien, je vois que vous ne tenez pas tant que cela à cette rencontre…

- HARRY… »

Le ministre avait soupiré, il savait pour connaître suffisamment le brun qu'il jouait un rôle, le ton faussement hautain et assuré ne lui ressemblait en rien, il voulait se venger de Malefoy mais il doutait que le blond goûte à la plaisanterie.

« Oh ! Ca va, pas la peine de vous énerver… Je comptais bien lui parler seul, Monsieur le Ministre…

- Et depuis quand me donnes-tu du 'Monsieur le Ministre' ?

- Depuis que vous hurlez mon prénom… »

Harry souriait pour la première fois depuis des heures.

« Je te laisse. S'il y a le moindre problème, appelle-moi, d'accord ?

- Bien sûr, ne vous en faites pas. J'ai survécu avec Voldemort, je devrais m'en sortir avec lui.

- HARRY…

- Allez-y, Monsieur. Je vous jure que tout se passera bien.

- J'espère. C'est important.

- Je sais… J'ai compris. »

Le ministre se retourna. Avant de se diriger vers la sortie du bureau, il décocha au Mangemort un regard sombre et menaçant, rappelant ainsi à Lucius ses dernières paroles. L'auror avait accepté de le conduire devant l'Elu mais s'il arrivait quoi que ce soit à l'enfant prodige, il savait qu'il ne vivrait pas assez longtemps pour revoir la lumière du jour. De toute façon, il devait convaincre ce sale petit gamin arrogant de l'aider, de sauver son fils alors qu'il était son ennemi personnel depuis leur entrée au collège de Poudlard. Il n'était pas dupe et savait que seul, le fait de sauver Severus pourrait peut-être convaincre le brun d'agir en leur faveur. Après tout, il avait vu le parfait héros prendre la défense de son meilleur ami devant tous pendant son combat. Après un dernier regard pour Harry, Kingsley referma la porte, laissant seul les deux hommes face à face. Les yeux gris de Malefoy dévisageaient le petit brun. Il semblait sonder son âme. Harry gigota légèrement sur le fauteuil puis se racla la gorge :

« Malefoy, asseyez-vous… »

Le survivant désigna le siège où il prenait toujours place lors de ses rendez-vous avec Albus pendant sa sixième année, c'était ici même qu'il avait entendu parler pour la toute première fois des horcruxes, qu'il avait découvert le passé de Voldemort à l'orphelinat, à Poudlard... Le blond foudroya du regard le brun, il n'avait visiblement pas l'habitude qu'on lui donne des ordres en dehors du Seigneur des Ténèbres. Il avait été obligé de se courber toutes ces années, de baiser l'ourlet de ses robes. Le poids du Serpent dans sa vie avait été encore plus pesant après son retour inattendu il y a trois ans, il ne supportait plus du tout de se soumettre à ses volontés, ces derniers mois étaient devenus pour lui simplement insoutenables. Le gamin venait de l'en débarrasser à tout jamais et rien que pour cela, il remontait dans son estime. Par contre, il n'aimait pas du tout cet air que se donnait le petit protégé du ministre, il avait pris place naturellement dans le fauteuil directorial, lui signifiant ainsi clairement qu'il lui était supérieur et cela jamais, il ne l'accepterait. Il lui fit savoir aussitôt :

« Non, je préfère rester debout.

- Comme vous voudrez… Après tout, ce n'est pas mon problème.

- De toute façon, je ne suis pas là pour une discussion mondaine avec le Survivant.

- Rassurez-vous ! L'idée d'entretenir avec vous une petite conversation badine et légère ne me serait même pas venue à l'esprit.

- Nous sommes au moins d'accord sur ce point. Shacklebolt vous a-t-il dit pourquoi je désirais vous rencontrer ?

- Apparemment, vous souhaitiez me voir au sujet de votre fils et de Snape, c'est bien exact ?

- Effectivement, Drago est au plus mal, je suppose qu'il vous a prévenu de ce fait...

- Oui, mais quel rapport avec moi ?

- Vous seul pouvez les sauver.

- Les ? J'ai vu mourir Snape, il y a seulement quelques heures et votre salopard de maître l'a annoncé à toute l'assemblée au cas où vous ne l'auriez pas remarqué ! Peut-être, étiez-vous encore trop occupé à vous prosterner à ses pieds pour l'avoir entendu se vanter de ce meurtre odieux ?»

Le blond sembla se retenir de toutes ses forces pour ne pas bondir sur le petit arrogant insupportable qui était face à lui. Il était épuisé, il avait soif et il détestait l'idée même de devoir implorer le Survivant :

« Ecoutez-moi, Potter, je ne me répéterais pas une seconde fois : utilisez à nouveau ce ton avec moi et vous en subirez les conséquences…

- VOUS N'ETES CERTAINEMENT PAS EN MESURE DE ME PARLER AINSI, MALEFOY…

- JE N'AI PAS TERMINE ! »

Le brun s'était relevé, renversant au passage le fauteuil où il avait pris place, le bureau d'Albus était la seule chose qui les séparait désormais. Les deux hommes se faisaient face, leurs yeux se défiaient littéralement, toute la haine, la rancœur, la colère entre eux semblait presque palpable. Lucius utilisa tout son sang-froid pour reprendre sur un ton un peu plus apaisé, il n'avait pas le choix, il devait convaincre ce morveux :

« Ce sale Serpent n'était plus mon maître depuis très longtemps, alors je vous prierais de ne plus jamais parler de moi en ces termes et pour finir, NON, Snape n'est pas mort… Du moins, pas encore… Mais le temps nous est désormais compté… Alors, écoutez-moi, Potter ! »

A suivre…